Chapitre 5

Après le diner, tous les pensionnaires de la colonie et les romains retournèrent respectivement dans leurs bungalows et dans leurs campements. Les tentes des romains étaient agencées en cercle, il était composé d'une bonne dizaine de rangées. Plus on se rapprochait du cœur du campement, plus les tentes étant grandes et commodes, proportionnelles aux grades des légionnaires. Sur chacune d'entre elles étaient toutes de couleur ocre, les lettres S.P.Q.R. étaient brodées en fil d'or. La tente qui se situait au centre, le rang le plus haut gradé donc celui des préteurs, se rapprochait plus du chapiteau que d'une simple tente de mercenaire.

Au lieu de retourner directement dans son bungalow, Annabeth se dirigea directement vers les tentes des préteurs dans le but de trouver Reyna. En effet, depuis l'annonce de la guerre ainsi que la réunion entre chefs, elle voulait s'entretenir avec elle. Des gardes étaient postés devant la grande tente. Ils n'ont vraiment pas confiance en nous, pensa Annabeth, ou bien en leur propre légionnaires … Cette idée lui fit frissonner l'échine. En effet, la stabilité du pouvoir romain avait été ébranlé juste après la guerre. En effet, Reyna et Jason avaient évité de peu un coup d'état. C'était un petit groupe de légionnaires qui n'étaient pas ravis de travailler avec les Grecs et étaient fermement opposés à leur installation, notamment celle d'Annabeth à vrai dire. Cette dernière était persuadée qu'Octave en faisant parti mais à défaut d'avoir des preuves, Octave restait au pouvoir avec ses deux comparses. La plupart des citoyens romains avaient été épuisés de la guerre et soutenaient leur gouvernement qui les avaient maintenus à flot durant ces sombres périodes. Grâce à cette confiance presque aveugle, les préteurs avaient réussi à mater la rébellion de ces mercenaires isolés.

- Bonsoir, je suis Annabeth Chase, fille d'Athéna, je demande à voir Reyna, fille de Bellone, dit Annabeth d'un ton ferme et assuré.

- Je regrette mais Reyna …, commença le garde de droite.

- Non, c'est bon, laisse-la entrer, lui coupa leur cheffe, viens Annatbeh, rentre.

Les deux gardes échangèrent un regard rapide. Annabeth n'en revenait pas de la taille de la tente. Elle était sobrement solennelle, il y avait une table de guerre sur laquelle était disposé des plans, des pions et des livres. Des grandes torches illuminaient la pièce comme si l'on était en plein jour. Il fallut quelques secondes à Annabeth pour s'habituer à cette soudaine clarté. Deux silhouettes lui apparurent, celles de Jason et d'Octave. Reyna observa Annabeth en attendant qu'elle prenne la parole mais Octave lui coupa court :

- Que fais-tu là Graecus ?

- Doucement Octave, je te rappelle qu'elle est l'une des nôtres, répliqua calmement Jason.

Annabeth la remercia en inclinant simplement la tête.

- Je veux uniquement parler à Reyna.

- Nous sommes trois au pouvoir, tu le sais très bien, répliqua cinglement Octave.

Reyna attendit la réponse d'Annabeth tandis que Jason changea son poids du corps frénétiquement de la jambe droite à gauche mal à l'aise sachant qu'Octave avait raison.

- Je peux vous assurer qu'aucune information qui ne sera échangé durant notre conversation n'a d'importance pour la sécurité de la Nouvelle Rome.

- Et si je juge que c'est le cas, coupa Reyna en regardant à leur tour ses deux collègues, je vous en ferai part.

Pendant ce temps-là, Percy chercha vainement Annabeth. Je passe ma journée à chercher ma copine pesta intérieurement Percy quand il la vit revenir prestement du camp des romains, le visage fermé et avec un regard empli d'une pointe d'irritation dedans. Est-ce que je … se demanda Percy en la voyant se diriger vers le bungalow d'Athéna, ok, nan, demi-tour toute.

Annabeth était contrarié de sa discussion avec Reyna. Lorsqu'elle entra dans son bungalow, elle se sentit soudain vidée et n'avait qu'une idée en tête retrouver Percy. Elle fouilla rapidement dans son petit coin pour trouver son pyjama ainsi que ses affaires de toilettes.

- Où tu vas ? demanda Malcolm avec un sourcil levé sachant pertinemment la réponse de sa sœur.

- Aux toilettes, répondit Annabeth plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.

Elle se dirigea d'un pas pressé vers le bungalow des enfants, enfin du seul enfant demi-dieux actuel, de Poséidon. En effet, la plupart des pensionnaires étaient déjà dans leur lit si ce n'est dans leur campement.

- Annabeth, dit calmement Chiron d'un ton calme, ou vas-tu ?

Mais qu'est-ce qu'ils sont tous a posé ces questions dont ils connaissent déjà les réponses ? Elle s'abstient de penser 'questions idiotes' cependant.

- Aux toilettes, mentit-elle.

- Annabeth, commença Chiron mais elle commençait déjà à tourner les talons, Annabeth, les toilettes sont de l'autre côté, ne me prend pas pour un idiot.

Elle regarda Chiron droit dans les yeux commençant à s'impatienter. Chiron continua :

- Tu ne peux pas aller le retrouver, c'est contraire au règlement vous le savez tous deux.

- Le règlement ? répéta Annabeth d'un ton railleur. Décidément je passe trop de temps avec Percy mister impertinent.

Chiron continua à la regarder dans le plus grand des calmes. Annabeth secoua la tête et commença à repartir.

- Annabeth non, dit plus fermement Chiron, au-delà que nous avons des invités et que vous devez montrer l'exemple en qualité d'hôtes et de modèles, il y a des adolescents ici, vous ne pouvez pas passer la nuit ensemble.

Il fit une pause, la voyant l'ignorer et continuer :

- Annabeth je serai obligé de vous réprimander.

- Nous réprimander ? s'écria Annabeth sentant sa colère monter, nous punir ? Tu crois qu'on n'est déjà pas assez puni ? Nous sommes encore en danger et il est hors de question que je passe un seul moment, une seule nuit loin de Percy.

Un violent sifflement se fit entendre derrière eux. Ils regardèrent en direction du fameux bruit en voyant des pensionnaires affolés et trempés. En se retournant, ils virent Percy le visage fermé.

- Annabeth ? en pointant de la tête son bungalow lui faisant signe de la suivre.

Elle se dirigea vers Percy et ils partirent ensemble. Percy se retourna furtivement en regardant les dégâts puis Chiron d'un regard incrédule.