Bonjour ! Merci pour votre suivi assidu, je vous laisse profiter de ce long chapitre ! N'hésitez pas à me faire certaine suggestion et commentaire ! Bonne lecture !
Edit : j'ai édité ce chapitre après l'avoir posté la veille. L'histoire ne varie nullement mais je voulais aborder certains moments clefs d'une autre manière.
Chapitre 8
Les jeux de stratège qu'avait mis en place Chiron une dizaine de jours auparavant était une véritable calamité. Même si les Grecs et Romains avaient appris à cohabiter et à s'entrainer ensemble, s'entendre sur les choix de stratégie et coopérer sur une certaine ligne défense ou d'attaque était une pointe plus complexe. Grossièrement, on peut catégoriser deux types de soldats romains, les meneurs et les menés. La plupart des romains étaient des missionnaires écoutant aux ordres de leurs supérieurs, ils n'avaient que peu de base de stratégie et ils étaient là pour suivre le commandement et donc étaient mal à l'aise à prendre part aux décisions de leur équipe. Quant à la minorité qui elle donnait les ordres, n'étaient pas habituer à être tant à débattre sur ce qu'il fallait faire. Les Grecs quant à eux étaient bien plus versatiles, ils touchaient un peu à tout mais ne maitrisaient rarement un sujet de façon approfondie. Si l'on comparait la « tête pensante » des Grecs et des Romains, ils étaient une dizaine contre trois respectivement, les décisions n'étaient ni abordées ni discutées de la même manière.
Chaque équipe était composée d'une bonne dizaine de romains et de grecs au total. Ressemblant à Capture l'étendard, ils devaient défendre leur position et étendre leur territoire. Il y a donc deux tâches à accomplir : se défendre et attaquer. Au départ, ils étaient une quarantaine d'équipe, pour un total de cinq cents pensionnaires. Depuis le commencement, les trois-quarts des équipes avaient été dissoutes, manquant de cohérence dans leurs manœuvres. Il restait donc une dizaine d'équipe soit un peu plus de cent pensionnaires encore dans la course. Si au début du jeu, la meilleure ligne de défense était l'attaque, la stratégie devenait plus délicate à mesure que le nombre d'équipe se réduisit.
Annabeth regardait silencieusement son équipe diviser en deux, un camp de guerriers grec et un de guerriers romains. Ils étaient tous assis autour d'une longue table en chêne, dans une des grandes tentes romaines et débattaient depuis plus d'une heure sur la meilleure stratégie à adopter. Depuis le commencement du jeu, on voyait nettement la fracture entre les deux camps, mais à mesure que la pression montait, leur vague coopération se brisait morceau par morceau.
- Je ne fais pas confiance à l'équipe numéro neuf pour créer une alliance, contesta Elisa, une petite romaine pâlotte aux cheveux d'une noir profond.
- Pourquoi ça ! C'est un des territoires les plus grands et juste à côté du notre, on devrait coopérer avec eux avant que l'on se fasse envahir ! répondit un fils d'Apollon.
- C'est bien pour ça qu'on ne doit pas former d'alliance avec eux ! Ils vont se retourner contre nous, défendit un autre romain.
- Ta stratégie c'est de t'allier avec les plus faibles alors ? demanda Paul un fils d'Hermès.
- Oui, ceux qui ne sont pas susceptible de nous assainir un coup de poignard dans le dos !
- Mais non, tu as tout faux ! Ce sont eux qui sont les plus gourmands et qui risquent de nous trahir, le territoire neuf est tellement grand qu'il pensera qu'il est invincible et par péché d'orgueil se laissera avoir ! répliqua un des plus jeunes frères d'Annabeth
- Super donc ta stratégie c'est de planter nos alliés ! s'offusqua un guerrier Romain
- Pas étonnant pour des Grecs … murmura un autre
- On formera une alliance avec l'équipe neuf ! repris le fils d'Apollon ignorant délibérément la pique du romain juste en face de lui.
Tous les regards se tournèrent vers Annabeth, chacun des camps attendant sa réponse en espérant qu'elle prenne son partie. Elle n'avait pourtant clamé aucune autorité particulière, son aura naturelle imposait le respect et comme avec les sept, c'était elle qui était chargé de départager les oppositions. Elle s'efforçait d'être neutre en tout occasion.
- Je pense que trahir nos alliés n'est pas, n'est jamais, un bon plan, je préfère que l'on s'allie avec des camps plus restreints comme celui du trente-deux.
Le camp des Grecs fulminait contre cette prise de position en pestant, de mauvaise foi, qu'Annabeth prenait toujours le parti des Romains. Peu importe quel camp elle choisissait elle était rejetée par l'un des deux et celui qu'elle soutenait à un moment donné se retournait aussitôt contre elle lorsqu'elle était défavorable à leurs idées. Elle était déchirée en deux en permanence.
- C'est l'heure de la pause, allons déjeuner, conclu Annabeth n'ayant pourtant aucune envie de se restaurer.
Un par un la tente se désemplissait aussitôt, chacun étant désormais de mauvaise humeur en quittant leur QG. J'ai plus l'impression que ça nous sépare que ça nous rapproche ces jeux … pensa Annabeth en voyant repartir ces compagnons, Chiron j'espère vraiment que tu sais ce que fait … La fille d'Athéna n'était pas d'accord avec les prises de positions de son mentor, elle pensait que coller à tout prix ensemble deux univers totalement différents était une erreur. Elle avait la conviction qu'il fallait qu'ils apprennent à coopérer tout en ayant deux camps bien distincts chacun ayant leurs propres fonctionnements. Ils pouvaient apprendre des uns des autres mais dans des sphères plus étroites, à plus haut niveau.
- Toi aussi tu as l'impression que ça se passe mal ? lui dit Piper qui l'avait rejointe pour aller déjeuner.
- Même toi tu l'as remarquée ? répondit Annabeth assez abruptement mais Piper ne se vexa nullement, elle avait saisi ce que voulait vraiment signifier sa meilleure amie.
- J'ai remarqué que quand on finit le jeu Capture l'étendard, chacun des demi-dieux arrivent à dépasser leurs différends. Tout se finit quand on arrête le jeu. Ici, je ne vois que de la rancœur et tensions.
Annabeth ne répondit pas, elle ralentit pendant quelques instants essayant de calmer ses crampes d'estomac en se appuyant légèrement sur la zone.
- Tu devrais prendre du nectar pour ça, fit Piper ayant remarqué le changement d'allure d'Annabeth ainsi que son incofort.
- Pour des brulures d'estomac ? Non, ce n'est pas la peine.
- Tu vas finir avec un ulcère si tu ne détends pas un peu !
- Je suis presque sûre que les demi-dieux ne peuvent pas en avoir, se moqua légèrement Annabeth, Piper roula des yeux à sa remarque.
Nico passa devant elle, à quelques mètres des deux jeunes femmes. Il avait la tête baissée et se dirigeait en direction opposée de la majorité des pensionnaires, c'est-à-dire le réfectoire.
- Tu lui as parlé depuis ces dernières semaines ? tenta Annabeth
- De qui ? Nico ? Je n'en ai pas eu l'occasion à vrai dire … , mais …, reprit Piper en haussant les épaules, je ne lui ai jamais vraiment parlé ou été vraiment amie avec lui …
- Hmm, fut la première réponse qu'Annabeth trouva à faire à la remarque de Piper, je ne sais pas, j'ai l'impression qu'il m'évite depuis quelques semaines.
- Tu crois que ces sentiments envers P … commenca Piper
- Non, non, ce n'est pas ça, coupa Annabeth intimement convaincue que ça n'avait rien avoir avec sa relation avec son ancien coup de cœur Percy.
Annabeth couru rattraper Nico, plantant Piper par la même occasion. Elle souffla en continu pour essayer de soulager tant bien que mal ses violentes remontées acides qui lui brulaient l'œsophage tout au long de sa course.
- Eh, Nico, eh, ça va ? commença Annabeth pâle mais déterminée à lui parler.
- Bonjour Annabeth, la regarda Nico, voyant son malaise il lui demanda si elle se sentait bien.
- Oui, oui, rien, ce n'est pas un monstre qui va finir par me tuer mais le stress causé par la venue des romains, tenta de plaisanter Annabeth, elle n'aperçut qu'une vague réaction de sa part et ce n'était clairement pas de l'amusement. « Tu as pu voir un peu ta so…, enfin Hazel » se reprit Annabeth de justesse, c'était un sujet toujours délicat. Elle comprenait partiellement son embarrât, Malcolm était son frère (même si elle s'en aurait bien passée ces derniers temps), en revanche les fils de son père, qui techniquement sont ces demi-frères, n'étaient pour elle aucunement ses frères.
- Annabeth, je ne veux pas te paraitre rude mais laisse-moi tranquille, répondit Nico d'une façon neutre.
- Je sais que tu peux te sentir déchirer entre romains et grecs, essaya Annabeth pensant comprendre son malaise, mais …
- Non, la coupa sèchement Nico, ne pas me sentir à ma place, ça je connais.
Annabeth le regarda et se décida à partir vers le réfectoire mais Nico lui prit le bras pour la retenir. Ce n'était pas un geste anodin de sa part, le contact physique n'étant pas son fort et clairement pas dans ses habitudes. Annabeth s'arrêta plus choquée du geste que par lui-même.
- Annabeth, je …, tenta Nico essayant de choisir ses mots, je sens la mort, d'accord ?
Annabeth hocha la tête, ne comprenant pas vraiment où il venait en venir. On était certes en guerre mais pour l'instant il n'y avait pas plus de morts que d'habitude. Nico la regarda intensément, priant qu'elle comprenne par elle-même. Il reprit :
- Je sens la mort, oui mais ça veut dire aussi … finit Nico en détournant le regard.
- Que par extension, tu sais quand quelqu'un est en vie, comme lorsqu'on était … lorsque Percy et moi n'étions plus là, je sais, continua Annabeth, mais que veux-tu dire par là ?
Nico finit par la regarder une nouvelle fois en secouant la tête, il commença à s'éloigner lorsqu'un son de corne résonna dans la vallée. Annabeth tenta de lui demander plus d'explication, quand l'alerte sonna, cette fois le camp était attaqué, de façon imminente.
