Point de vue d'Hermione :
Pendant que j'avais encore le coeur brisé à cause de ma dispute avec Ron, je n'étais pas surprise de découvrir que lui ne l'avait pas. J'ai eu l'impression qu'il était passé à autre chose en quelques secondes. Bien sûr, il sortait avec la très blonde, la très splendide Elizabeth Bennet, qui était célèbre pour elle, de faire ça à la légère de "changer de copain comme une chemise".
Quand je l'avais découvert, j'avais l'impression d'avoir été poignardé dans le ventre, et à chaque fois que je les voyais ensemble, j'avais l'impression que le couteau remuait dans mon estomac. J'avais tout ruiné ! Bien sûr, il était horrible avec moi par moments, mais il y avait cependant un bon côté de lui. Je l'ai beaucoup aimé ; Je ne pouvais juste pas supporter de le laisser partir. Je me rappelai la première fois où je suis tombé sur eux en train de s'embrasser dans le corridor tard la nuit.
Je retournais à la salle commune après une bonne partie de la nuit à la bibliothèque, chargé de plusieurs livres, regardant pour le bon escalier à prendre quand j'ai entendu le sifflement d'un chuchotement suivi par un gloussement. Je n'avais pas ralenti, j'avais l'habitude de ces sons venant des salles de classes vides et d'élèves excités.
Je tournais au virage du corridor et paniquai. Les cheveux roux de Ron étaient uniques, même dans le noir. Mais emmêlés dans ces cheveux roux se trouvaient les doigts pales de Elizabeth Bennet.
Ron était tout sauf coincé contre un mur par le corps d'Elizabeth, les yeux fermés alors qu'elle plaçait des suçons d'amour le long de son cou, riant de l'excitation qu'il y aurait à se faire prendre.
J'étais paralysée. Je voulais crier ou pleurer, mais ma gorge était serrée. Je voulais m'enfuir. Je voulais disparaître, m'évaporer. Au lieu de cela, je restai là. Alors quand Ron ouvrit ses yeux, il me vit. Et il fit un sourire sournois, baissant ses mains sur les fesses d'Elizabeth et les serrait brutalement, provoquant un cri très féminin d'elle. Il se réjouissait de mon choc.
Alors j'ai couru. Je sentis les larmes venir avant de monter l'escalier principal. Ginny passa toute la nuit à me réconforter. Je n'avais pas quitté le dortoir des filles pendant un jour entier.
Quelques jours plus tard, j'étais toujours inconsolable. Je faisais sans cesse la même chose, aller du lit au repas, de la classe au repas, puis au lit sans rien entre ça. Ginny avait tout essayé pour me remonter le moral pendant que Harry essayait de nous remettre ensemble, mais ni l'un ni l'autre d'entre eux ne trouva aucun succès. Ils ont tous les deux fait tout ce qu'ils ont pu pour empêcher les histoires des conquêtes de Ron m'atteindre, mais ils avaient encore moins de succès dans ce domaine qu'auparavant.
Pendant ce temps, la seule chose qui a réussi à garder mon intérêt sans me faire m'effondrer étaient les manigances de Malfoy, que Ginny m'a tenu au courant de ce qu'il se passait. Je ne lui avais jamais prêté attention avant, mais plus d'une fois je me suis retrouvée à le fixer pendant les cours et je me demande pourquoi il a pensé qu'il serait sage de dire à Pansy Parkinson d'aller au diable alors qu'il avait une autre fille sur ses genoux, ou pourquoi il essayait d'embrasser une fille au hasard qui lui avait donné ses livres quand ils étaient tombés. L'énigme ambulante qu'il était, Malfoy parcourait l'école comme si c'était lui qui la possédait, un sourire constant sur son visage, bien qu'en réalité, il était loin de l'être. Il n'avait réussi à obtenir la permission de retourner à Poudlard que par la peau des dents (NDA c'est une expression anglaise je pense..), et il était en libération conditionnelle par le ministère.
Néanmoins, il semblait que chaque jour, il était engagé dans une nouvelle aventure romantique ou qu'il commençait une bataille de chattes. Plus je me concentrais sur lui, plus je commençais à me demander pourquoi je ne l'avais jamais vu. J'ai remarqué ça la première fois quand j'errais dans les couloirs après les heures de travail en tant que préfète et j'avais entendu des bruits plutôt inappropriés.
Depuis cette nuit où j'ai aperçu Ron je prenais des soins particuliers pour m'éloigner loin de ces sortes de sons pendant mes patrouilles, mais j'étais perdu dans ma tête à trier la seule chose qui semblait pouvoir retenir mon intérêts ces jours-ci, la dernière catastrophe de Malfoy. Pour ainsi dire, j'étais tellement distraite que je fonçai droit dans le dos de quelqu'un.
J'ai reculé rapidement, une excuse déjà prête sur le bout des lèvres quand j'ai remarqué ce que j'avais percuté. Une sorcière aux cheveux noirs et fins que j'ai reconnue comme Alex Russo était rapidement en train de se faire rhabillée par un autre sorcier, ses cheveux bouffis et ses lèvres gonflées témoignaient de ce que j'avais interrompu. Elle a gloussé et avait l'air un peu penaude, mais je l'ai à peine remarqué depuis que j'ai braqué mon regard sur le visage du sorcier. "Malfoy." ai-je soufflé, je ne savais pas si ce mot m'avait vraiment échappé des lèvres. Je m'attendais à ce qu'il soit arrogant, mais il devint pâle et ses yeux se sont élargis et lui donnait l'apparence d'un enfant pris la main dans une boîte à biscuits.
"Uhm, salut ?" dit la sorcière dans un distinct accent américain, agitant sa main devant mon visage. "Ça fait 5 minutes que tu le regardes." J'ai immédiatement rougi et baissé le regard, juste à temps pour voir la sorcière heurter le sol. Je levai le regard rapidement, mais Malfoy avait disparu, apparemment laissant tomber son.. rencard ?
Dès lors, j'ai commencé à prendre note qu'il arrivait en retard à tous les cours, et les quittait tous tôt. Certains qu'il a juste séché, ce qui lui a valu une bonne partie des retenues. Chaque fois que je rentrais dans une pièce, même la bibliothèque ou la grande salle, il allait partir. C'est devenu exaspérant, au point que je l'ai souvent cherché exprès, juste pour voir comment il s'échapperait à chaque fois. Pendant tout ce temps, le flot constant de rumeurs qui l'entourait s'est ralenti à un faible murmure quand il a apparemment décidé de ralentir sa mission apparente de coucher avec chaque fille de Poudlard et aussi certains gars pour être remplacé par des rumeurs comme quoi Ron avait pris sa place du playboy de l'école.
"Ne peux-tu pas l'oublier ?" demanda Ginny, pendant que le portrait de la salle commune des Gryffondors basculait vers l'avant. Elle m'avait suppliée pendant des jours pour arrêter mes efforts pour reconquérir Ron. "S'il-te-plaît, Hermione, ce n'est pas bon pour toi. Je l'aime, mais vous n'êtes pas fait pour être ensemble. Et ça vous déchire."
"Non." soupirai-je. "J'ai juste J'ai besoin qu'il revienne." Ma voix a craqué au dernier mot.
"Je suis désolée Hermione. Je sais à quel point c'est dur." se rattrapa-t-elle rapidement. "Peut-être que tu as juste besoin d'un rebondissement." dit-elle avec un clin d'oeil, pendant qu'on entrait dans la salle commune. "Pleins de mecs seraient intéressés de sortir avec toi."
Mes pensées allèrent immédiatement vers Malfoy, mais j'ai soufflé et repoussé l'idée pour ce qui semblait être la millionième fois. "Je ne suis pas encore prête à l'abandonner maintenant."
Alors que nous marchions dans la salle commune, j'ai remarqué Harry assit à côté du feu, jouant aux échecs avec quelqu'un que je ne pouvais pas voir. Ginny s'est dirigée vers le fauteuil à côté d'Harry, mais elle s'est éloignée quand elle a vu qui jouait avec lui.
"Ron ?" demanda-t-elle. Il se tourna pour faire face à elle, et ses yeux se sont posés sur moi. Il avait le même regard passionné dans ses yeux, le genre qu'il avait quand il était très concentré sur quelque chose auquel il s'intéressait ou qu'il ne voulait pas gâcher. Dans ce cas-là, les échecs. Mais je pouvais toujours me rappeler les jours où il me regardait comme ça. Mon coeur s'est serré quand j'ai vu le regard s'évanouir quand il a réalisé que c'était seulement moi.
Ron se retourna face à Harry, bougeant une pièce et sans doute gagna la partie avant de se lever. "Je vais voir Elizabeth." déclara-t-il avec arrogance, me provoquant volontairement.
"Tu fais ça !" criai-je dans son dos alors qu'il s'éloignait à grands pas, ignorant la façon dont mes yeux ont naturellement capté un million de petits détails à son sujet que je n'ai jamais pu désapprendre.
Ginny et Harry me regardaient avec une expression étrange. "Je vais bien." répondis-je irritée. Ils continuèrent à me regarder fixement, sceptique. "Je le suis !" cédai-je, levant les yeux au ciel et je m'enfuyais dans le couloir principal, ignorant le regard des Gryffondors. Tout le monde pensait que j'étais une folle furieuse ! Comment pouvait-il faire ça comme si tout était ma faute !
Alors que je marchais dans les couloirs, mon esprit s'emballait, je ne savais même pas où j'allais. À la fin, mes pieds m'ont amené jusqu'à la tour d'astronomie. En tournant au coin du couloir, j'ai aperçu une petite éraflure sur les murs de pierre. Je l'ai faite ici quand j'ai été distraite en embrassant Ron, ma jambe donnait des coups de pied en arrière et avait marqué la pierre. Il semblait que chaque endroit de Poudlard était incrusté de Ron. Il n'y avait pas moyen de lui échapper, même si je l'avais voulu.
D'un coup, la tristesse me frappa comme un poids-lourd, m'écrasant avec ce qui semblait être une force inévitable. Je glissai le long du mur et repliai mes genoux contre ma poitrine, mon corps était secoué par de violents sanglots. Pourquoi ne puis-je pas le faire revenir ? J'ai enfoui ma tête dans mes mains. J'avais envie de m'arracher les cheveux.
Soudain, il y a eu un accident et j'ai levé les yeux pour voir un Malfoy à la mâchoire ouverte au-dessus d'une pile de livres qu'il avait apparemment fait tomber. Ses cheveux blonds ébouriffés étaient beaucoup plus indisciplinés que d'habitude, et ses joues étaient rouge vif.
Totalement incapable de l'aider à ce moment-là, je l'ai simplement regardé avec mes yeux tachés de larmes avec une respiration saccadée qui faisait trembler mon corps, l'expression la plus gênante que j'ai jamais pu avoir sur mon visage.
Après que Merlin a eu su combien de temps, Malfoy a relâché un soupir qu'il semblait avoir retenu. "Hermione ?"
J'ai regardé ailleurs. "Oh regardez, il parle." ai-je soufflé.
"Qu'est-ce que tu-Je veux dire comment-mais tu-" bégaya Malfoy.
J'ai baissé la tête jusqu'aux genoux, ne rencontrant toujours pas ses yeux. "Va-t'en, c'est tout Malfoy. C'est ce que tu fais de mieux, non ?"
Il était silencieux à présent. Alors il partit. Bien. Ou peut-être.. pas ? Est-ce que je voulais qu'il parte ? Soudain, il y eu du mouvement à côté de moi alors que Draco s'effondra contre le mur et glissa vers le bas pour s'asseoir à mes côtés. Doucement, il me tendit la main, comme pour me toucher l'épaule, avant de chanceler et de laisser tomber son bras là où sa main frôlait à peine la mienne. "Qu'est-ce que tu veux dire ?"
"Tu m'évites depuis le début. Je ne sais pas pourquoi, mais je l'ai remarqué."
"Correcte.." Il étudia ses mains. "Désolé à propos de ça, au fait."
Je me suis moqué. "Tu es le dernier de mes soucis en ce moment."
"Ron ?"
"Ouais."
Silence.
"Tu veux qu'il revienne ?"
"Quoi ?" demandai-je, surprise.
"Tu veux qu'il revienne ?"
"Je.. ouais. Dommage que je n'arrive pas à le toucher, sinon il serait à moi. Bon sang, ma meilleure chance en ce moment, c'est quelque chose de fou, comme.. Je ne sais pas, des leçons sur le sexe." rigolai-je sans humour pour moi-même.
Le visage de Malfoy était de marbre, illisible. "Je peux t'aider."
Je rigolai à nouveau. "Ah ouais ? Comment ça ?"
"Je peux t'apprendre.. des choses. Merlin sait que j'ai de l'expérience."
J'ai plissé les yeux, mais il a refusé de rencontrer mon regard. "Tu es en train de plaisanter, non ?"
Malfoy m'a souri tout à coup. "Eh bien, pourquoi pas ? Tu veux quelque chose, et je suis dans une position privilégiée pour te le fournir." Il sauta sur ses pieds, me tirant vers le haut avec lui.
"Mais-"
"Excellent, c'est réglé, alors." Il agita sa baguette et ses livres s'empilèrent et vinrent planer à ses côtés.
"Attends-"
Draco m'a saisi les deux mains et m'a fait me taire. "On se voit plus tard." s'arrêta-t-il, se penchant plus près de moi et plaçant un léger effleurement d'un baiser sur ma joue avant de me murmurer la fin de sa phrase à l'oreille. "Granger."
Et là il est parti. Je me suis détourné de là où il se tenait, regardant par la fenêtre. "Huh."
Dans quoi me suis-je embarquée ?
2155 mots !
