2 : Bleu nuit.

En symbolique et en psychologie, les besoins essentiels et naturels liés au bleu nuit sont les besoins : d'intégration, d'abstraction, de sommeil, d'obscurité, d'unité, d'harmonie, d'appartenance familiale, sociale et communautaire.

obscurité - sommeil - profondeur - les abysses - inconscient - dépression

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Il était minuit passé, Emma était assise sur le tapis du salon de Regina, regardant cette dernière jouer de la guitare. C'était un dimanche soir doux, comme tout leurs dimanches soirs. La blonde se sentait bien, et pourtant elle devait partir. Le lendemain elle devait être à six heure au labo pour son expérience avant d'aller en cours à huit, et elle devait dormir parce qu'elle était vraiment épuisée en ce moment. Alors elle profitait du moment, des notes de musique, de la brune qui avait l'air calme, et ce réellement pour la première fois de la soirée. Regina avait eu l'air ailleurs et triste depuis l'arrivée de la blonde, mais pourtant elle lui assurait que tout allait bien, alors Emma ne savait pas vraiment quoi penser mais elle ne pouvait pas la forcer à parler. Quand le morceau se termina, Regina releva la tête vers la blonde face à elle, qui lui sourit.

-C'était beau. Ça m'a encore donné plus envie de rester alors que je dois rentrer. Souffla Emma.

-Tu peux dormir ici. Remarqua la brune, un air plus grave que quand elle jouait sur le visage.

-Non, je dois être au labo à six heure, de chez moi je mettrais dix minutes à y être, alors que de chez toi je mets plus d'une demie heure, et je refuse de te réveiller si tôt. Expliqua la blonde en se levant.

La brune délaissa sa guitare rapidement pour se redresser elle aussi, et elle vint se coller à la physicienne qui l'enlaça.

-Serre moi plus. Murmura la brune, le visage réfugié dans le cou pâle.

Les bras autour d'elle se resserrèrent, la gardant comme dans un cocon protecteur.

-On se voit demain de toute manière, et tout ira bien. Assura Emma.

-J'aime pas quand tu es loin. Souffla la brune.

-Si tu veux, je pars quand tu dors, comme ça je serais plus avec toi. Proposa la blonde en caressant sa joue.

-Non, ça va aller. Embrasse moi et je te laisse partir. Sourit Regina.

La blonde pressa un baiser volant sur ses lèvres avant d'enfiler sa veste et d'attraper son sac pour aller avec elle vers la porte. Devant celle ci, elle enlaça de nouveau la jeune femme et embrassa son visage un peu partout avant de lui offrir un long baiser amoureux.

-Je t'aime, on se voit demain. Souffla Emma en faisant s'effleurer leurs nez.

-Je t'aime aussi. Murmura la brune en regardant les émeraudes pétillantes.

Emma sourit et l'embrassa une dernière fois pour quitter sa maison et rejoindre sa voiture. Le concert de Regina datait d'un mois auparavant, et donc la déclaration d'amour de la blonde aussi. Elle lui avait dit quelques fois, et puis il y avait eu ce doux matin. Elles s'étaient réveillées à peu près en même temps, et Emma l'avait embrassée longuement alors qu'elles étaient enroulées dans la couette. Elles avaient dormi chez la blonde, et même si le sexe n'était toujours pas à l'ordre du jour, elles dormaient souvent ensemble, se séparer était de plus en plus compliqué. Ce matin là, enlacées, la lumière passant à peine, le petit déjeuné pris au lit fait par la blonde et délaissé sur le côté ensuite, Regina avait pleuré. Pleuré parce qu'elle se sentait bien et heureuse en cet instant et que finalement elle n'avait pas vraiment l'habitude de ça et ce depuis longtemps. Elle avait pleuré tout en souriant doucement et Emma avait effacé les larmes tout doucement, en lui soufflant que tout allait bien. Et Regina avait sourit.

-Je sais que tout va bien, que je suis en sécurité et aimée. Et c'est ça qui me rend si faible et qui me fait pleurer. Je t'aime tant Emma. Et voir que tu m'aimes aussi comme ça me rend heureuse, et je n'ai pas vraiment l'habitude de ça. Souffla Regina.

-Chaton, pleurs pour ça, tu mérites tout le bonheur du monde, tu es si parfaite. Murmura Emma en embrassant ses joues.

-Je suis pas parfaite Emma. Je-

-Ne dis pas n'importe quoi s'il te plait. Tu es mon bonheur. Mon amoureuse. Tu es mon soleil, quand je te vois je suis heureuse, et je ferais n'importe quoi pour toi. Assura Emma en la serrant dans ses bras, leurs corps relevés contre les oreillers.

-N'importe quoi, vraiment? Souffla Regina.

-Oui, tout ce qui est dans la mesure du possible et de l'humain je le ferais pour toi. Tout ce qui compte pour moi c'est ton bonheur. Appuya la blonde, embrassant son nez doucement la faisant sourire.

-Je t'aime Emma. Je t'aime tellement. J'ai confiance en toi plus qu'en personne d'autre, et ça m'a effrayé longtemps, mais maintenant je m'y fais. Assura la brune, les mains glissées autour de la jeune femme.

-J'ai tellement de chance de t'avoir. Je le sais. Sourit Emma.

Elles étaient restées enlacées à se souffler des mots doux et regarder un film le reste de la journée. Et Emma avait compris que c'était tout ce dont elle rêvait depuis toujours, Regina était celle dont elle rêvait depuis toujours. Elle était la simplicité et la complexité à fois, elle était la beauté et le naturel ensemble, elle était l'intelligence et l'humour avec la douceur et la tranquillité. Elle était tout ce qu'elle voulait depuis toujours. Alors Emma se coucha une fois de plus avec le sourire.
Le lendemain, la blonde arriva en retard et fila de suite en salle de cours. Mais à midi elle alla dans la salle des professeurs, pressée de retrouver sa petite amie. Elle eut la mauvaise surprise de ne pas la trouver là. Elle réchauffa son plat et patienta, mais personne ne vint. Elle finit par demander à trois de ses collègues, et le dernier lui annonça que Regina ne s'était pas présentée aujourd'hui, et que ce n'était pas la première fois que ça arrivait. Un peu inquiète, la blonde se mit dans son coin avec son téléphone et appela Regina.

-Salut mon joli soleil, c'est Emma, tu me manques. Les autres m'ont dit que tu n'étais pas là, alors tu dois être chez toi. Mais je m'inquiète c'est pas ton genre de louper les cours. Rappelles moi n'importe quand. Je suis inquiète, je t'aime. Souffla Emma avant de raccrocher.

-Salut. L'interrompit sa collègue d'histoire, Sabine.

-Oh salut, ça va? Se reprit la blonde essayant de supprimer son froncement de sourcil inquiet.

-Oui, merci. Juste, mes étudiants m'ont dit que Regina n'était pas là. Ce n'est pas le première fois, mais je sais que elle et toi êtes proches, alors je me demandais comment elle allait? Fit la brunette.

-Je..Je ne sais pas. Pourquoi tout le monde me dit que ce n'est pas la première fois? Interrogea Emma.

-Regina travaille ici depuis un moment, et elle a déjà été absente quelques jours, plusieurs fois. La première fois que c'est arrivé, le directeur est venu nous voir pour nous tenir au courant, apparemment c'est normal et prévu et c'est juste l'histoire de quelques jours. Expliqua Sabine. Pour tout te dire j'espérais que tu m'en apprendrais plus comme vous sortez ensemble.

-On a essayé de le cacher. Ça se voit tant que ça? Sourit doucement Emma, étonnée par ce qu'elle apprenait.

-Je connais un peu Regina, juste un peu, mais je l'ai jamais vue aussi heureuse et souriante avec quelqu'un. C'est dans la façon dont vous vous regardez, y a ce truc qui m'a fait penser que vous étiez ensemble. Et finalement je me suis rendue compte que je n'étais pas la seule à le penser. Sourit sa collègue.

-J'y peux rien elle est parfaite, je peux pas la regarder autrement. Gloussa la blonde. Mais je ne sais pas pourquoi elle est pas là, elle ne m'a pas prévue, j'irais le voir après mes cours. Expliqua-t-elle plus sérieuse.

-D'accord, tu as mon numéro, tu me tiens au courant? Demanda Sabine.

-Bien sur. Accepta Emma.

La femme la laissa et la blonde passa le reste de sa pause à manger en envoyant des messages à sa petite amie, tous restant sans réponse. Tout le reste de la journée fut ainsi. Emma surveillait son téléphone pour des nouvelles de sa petite amie, mais rien, elle attendait toujours. Alors quand à seize heure son cours se termina, elle attrapa ses affaires et couru presque à sa voiture. Elle balança ses affaires sur son siège passager, et démarra la voiture pour aller rapidement à la maison de la brune. Devant celle ci, elle se gara et descendit pour la rejoindre. Elle toqua à la porte et sonna de nombreuses fois mais rien n'arriva. Après dix minutes, elle sonna de nouveau.

-Regina! Regina, chaton, c'est moi! Emma. Appela la blonde en toquant.

Mais rien. Alors elle appuya longuement sur la sonnette une dernière fois mais quand ça ne donna pas plus de résultats, elle soupira. Elle regarda vers la rue, essayant de voir si il y avait quelqu'un qui faisait attention à elle, et quand elle fut sure que non, elle contourna la maison, passant au dessus de la petite barrière qui séparait le terrain devant l'entrée du jardin arrière. Elle fit le tour de la maison, essayant d'ouvrir les portes, que Regina laissait trop souvent ouverte. Mais pas aujourd'hui forcément. Finalement elle trouva la petite fenêtre de l'arrière cuisine ouverte. Dans un soupir, elle alla attraper la chaise de jardin pour se rendre plus grande et passa une jambe par la fenêtre. Puis le haut de son corps, et alors qu'elle était pliée, en deux, elle donna une impulsion avec son pied sur la chaise pour basculer vers l'intérieur. Elle eut un peu de mal, mais finit par trouver un appui sur le meuble en dessous, et avec des difficultés et un manque d'équilibre elle arriva finalement à mettre les pieds au sol.

-Okay, étape une, rentrer, réussie. Étape deux trouver mon amoureuse. Se reprit-elle, se parlant à elle même.

Elle quitta l'arrière cuisine, fit le tour des pièces de vie mais les trouva vides. Elle alla dans la chambre d'amis, celle de Regina, et les dressing mais toujours rien. Finalement, elle ouvrit la porte de la salle de bain, et vit enfin la brune dans la pénombre de la pièce, seulement éclairée par la porte qu'elle venait d'ouvrir. Elle n'était pas maquillée, pas coiffée, dans un vieux pull sans forme, un pantalon de pyjama et des grosses chaussettes, un plaid lâchement posé sur ses épaules. Il ne faisait pas froid pourtant, encore moins dans la maison, et pourtant la femme avait l'air livide. Mais c'était plus que ça. Emma remarqua de suite le regard sans vie, l'absence de réaction de la brune, elle était comme morte, assise -recroquevillée sur elle même- totalement immobile.

-Gina? Appela doucement la blonde en s'approchant. Mais le silence lui répondit, et elle s'agenouilla près de la baignoire. Regina, mon soleil, qu'est ce qui se passe?

Mais la brune laissa simplement sa tête retomber sur ses genoux pliés, le regard dans le vide. Emma essaya plusieurs façon de l'appeler, de lui parler, de la regarder, elle caressa même sa joue, mais tout ce qu'elle obtint c'est un mouvement de recul et l'impression toujours plus envahissante que sa Regina n'était pas vraiment là. Après une demie heure à lui parler sans que rien ne change Emma se découragea.

-Je reviens tout de suite. Souffla-t-elle avant de quitter la salle de bain.

Elle avait besoin d'aide. Elle savait en ayant discuter avec la brune, qu'elle voyait une psychiatre pour l'aider avec ses angoisses, et ses émotions. Depuis que sa fiancée l'avait abandonnée elle l'a voyait plus qu'avant, même si finalement elle avait vu une psychiatre pour la première fois très jeune. Et en cet instant, Emma se sentait si désarçonnée, impuissante et inutile, qu'elle ne voyait pas d'autre solution que d'appeler cette personne à l'aide. Elle se sentit coupable de chercher dans les affaires de Regina, voulant trouver des informations pour appeler la psychiatre. Elle trouva finalement son sac à main laissé dans l'entrée avec dans celui ci le téléphone de la brune. N'ayant pas trouvé de carte de visite ou de carnet d'adresse, le téléphone était son dernier espoir. Seulement le téléphone fonctionnait par reconnaissance faciale, et elle ne pu l'ouvrir.

-Pfff, technologie de mon cul. Jura-t-elle.

Elle bidouilla le téléphone, essayant de trouver quelque chose et finalement la liste des trois noms d'appels d'urgence s'ouvrit. Elle eu un sourire de quelques secondes, en voyant que son nom était dans la liste. Le second nom était celui de la meilleure amie de la brune, Zelena, qui habitait en ville, et que la blonde avait rencontré une fois déjà, une femme pétillante et adorable qu'elle avait beaucoup apprécié. Connaissant ce nom, elle croisa les doigts pour que le troisième qu'elle ne connaissait pas, Belle French, soit celui de la psychiatre de sa petite amie. Elle appuya sur le numéro et approcha le téléphone de son oreille.

*Bonjour Regina.* Salua la femme.

*Bonjour ce n'est pas Regina.* Fit précipitamment la blonde. *Je suis Emma, la-*

*Je sais qui vous êtes. Regina m'a beaucoup parlé de vous.* Interrompit la femme.

*Alors vous êtes bien sa psy?* S'assura Emma.

*Effectivement. Je connais Regina et la suit depuis plusieurs années. Un soucis?* Demanda Belle.

*Oui, vous pourriez venir? Je m'inquiète beaucoup pour Regina.* Fit la blonde qui sentait la panique l'envahir.

*D'accord, je fais au plus vite.* Accepta la doctoresse, en raccrochant.

Emma éteignit le téléphone, et le serra dans sa main dans un soupir. Elle allait obtenir de l'aide, elle allait comprendre ce qu'il se passait et par dessus tout Regina allait aller mieux. Elle retourna rapidement dans la salle de bain et s'assit près de la baignoire où Regina était toujours n'ayant pas bouger. Assise elle laissa tomber sa tête sur le bord de la baignoire et fixa la femme. Elle était inquiète. Peut-être qu'elle l'était trop. Mais elle était plus amoureuse que jamais de la brune, et avait besoin de toujours la savoir en sécurité. Elle voulait la protéger du monde, des gens, sans l'enfermer. Elle essayait toujours d'apaiser ses angoisses, et elle avait eu l'impression de réussir souvent. Mais aujourd'hui, en cet instant, assise sur le carrelage bleu gris de la salle de bain à regarder la femme immobile, elle avait l'impression d'avoir échouer, de ne rien comprendre et d'être incapable de protéger celle qu'elle aimait. La sonnette de l'entrée la fit sursauter, alors que Regina ne bougea pas. Alors la blonde se leva rapidement et alla ouvrir.

-Dr Belle French? Interrogea de suite la blonde, en voyant la petite femme dans une robe, sur des talons, les cheveux bruns dans une tresse lâche sur son épaule.

-Oui c'est moi. Acquiesça la femme compatissante.

-Génial. Venez. Invita Emma en lui ouvrant la porte, pour ensuite la guider vers la salle de bain. Je sais pas ce qui se passe. J'avais pas de nouvelles de la journée alors j'ai couru ici et comme elle m'ouvrait pas je suis passée par la fenêtre. Je suis là depuis moins d'une heure, elle a pas bougé, ni parlé. Expliqua-t-elle rapidement.

Elles s'arrêtèrent à l'entrée de la salle de bain, et Belle regarda une minute, et posa son sac.

-Je vais lui parler. Vous me laisser avec elle, et je viens vous parler après. Proposa Belle.

Emma hocha la tête, et en se tordant nerveusement les doigts, elle alla dans le salon. Incapable de se calmer, de patienter, elle tourna en rond autour de la table basse, passant cent fois devant la cheminée et la fenêtre en donnant à chaque fois un coup d'oeil vers l'extérieur, puis la porte. Elle attendait impatiemment de voir la psychiatre revenir. Après une demie heure, Belle arriva avec son sac, et le posa sur la table basse.

-Déjà, sachez que Regina va bien. Je l'ai mise dans son lit, elle ne m'a pas parlé. Commença la femme.

-Mais pourquoi elle me parle pas et ne me voit pas et ne réagit pas? Marmonna Emma, toujours paniquée.

-Regina est atteinte d'une maladie psychiatrique, elle a été reconnue quand elle avait à peine une dizaine d'année. Pour celle ci elle a un traitement, et elle n'avait apparemment pas pris son traitement ces deux derniers jours, ce qui lui a déclenché une crise violente. Résuma Belle, restant assez évasive.

-Quoi comme maladie? Et pourquoi elle me l'a pas dit? S'empressa d'interroger la blonde.

-Je ne peux pas vous le dire, elle doit le faire elle même. Et elle ne vous l'a pas dit, parce que vous représentez un pilier pour elle, elle vous aime, et elle a peur que vous preniez vos jambes à votre cou quand vous le saurez. Expliqua la doctoresse.

-Mais je ferais jamais ça, je l'aime, je veux être présente pour elle, mais si elle me dit pas, je ne peux pas. Soupira Emma, agacée.

-Elle voulait vous le dire, elle cherchait le bon moment et la manière de vous le dire, alors soyez juste patiente. Proposa Belle.

-D'accord. Accepta la blonde, soupirant. Qu'est ce que je peux faire là, pour elle? Demanda-t-elle.

-Juste être là, même si elle ne parle pas, ne bouge pas, lui parler de tout, de rien, sans faire pression sur elle pour qu'elle parle. Attendre qu'elle le fasse d'elle même. Et s'assurer qu'elle prend un comprimé tout les jours. Je lui en ai donné un là. Et si elle ne veut pas manger, ne la forcer pas, ne la forcez à rien, mais faites la boire de temps à autre. Expliqua la femme. Soyez là pour elle, patiente, douce, attendez qu'elle soit prête. Elle vous aime, et il y aura des moments compliqués, des moments comme ça, des moments où vous aurez l'impression de ne servir à rien. Mais il y aura aussi des moments de calme, de bonheur, des moments comme vous en avez depuis le début, des moments sans soucis, sans vague, et c'est pour eux que vous devez vous montrez patiente et présente même dans la complexité.

-Je le ferais. Tout. Je ferais n'importe quoi pour elle. Assura Emma, les larmes aux yeux.

Belle s'approcha et posa sa main sur son bras.

-Tout ira bien. Appuya-t-elle. Je dois vous laisser, n'hésiter pas à m'appeler au besoin. Sourit-elle doucement.

-Merci. Merci d'être venue. Souffla la blonde.

La psychiatre lui offrit un sourire et la laissa, quittant la maison. Emma soupira, effaçant ses larmes, et alla vers la chambre de Regina. Celle ci était couché sur son flanc, les mains sous son menton, les jambes repliées, la couette remontée sur elle. La blonde retira ses chaussures et vint se coucher face à elle. Elle fit exactement ce que lui avait dit Belle, et lui parla de tout et n'importe quoi. La nuit arriva et Emma surveilla la brune qui finit par s'endormir. Le lendemain, au réveil, la blonde apporta le petit déjeuné, avec l'espoir que Regina mange. Mais elle passa le reste de la journée comme la veille au soir.
Quarante huit heures après que la blonde l'ai trouvée, Regina se leva finalement du lit alors que la physicienne était sous la douche. Alors quand elle en sortit, elle paniqua en ne voyant pas sa petite amie dans le lit et accouru pour finalement la trouver assise dans le canapé, avec un verre de jus de fruit. Emma soupira en la voyant, et quand les yeux bruns atterrirent sur elle, elle lui sourit.

-Salut. Souffla Regina.

-Salut. Sourit Emma en s'approchant dans son pyjama. Elle s'assit près de la brune. Comment tu vas?

-Ça va. Je..Minute par minute. Murmura la brune.

-Je comprends pas tout. Belle ne m'a pas dit grand chose, juste que tu avais une maladie, et que tu savais pas comment m'en parler. Souffla posément la blonde. Sache que je serais toujours là une fois que tu me l'auras dis, je t'aime, et je veux que t'aille bien, c'est tout.

Regina baissa le regard sur son jus de fruit, puis se décala pour se coller contre la blonde qui passa ses bras autour d'elle.

-Je suis bipolaire. Admit Regina dans un murmure.

-D'accord. Alors ces deux derniers jours tu étais dans une phase dépressive, c'est ça? S'assura la blonde qui connaissait un peu cette maladie.

-Oui. Aggravée parce que j'avais pas pris mon traitement. Murmura la brune. Elle se décolla de la blonde, posa son verre et la regarda dans les yeux. Il y a des fois où ça arrivera, pas parce que je ne veux pas me soigner, mais parce que des fois je ne veux pas les prendre c'est tout ou parce que des fois je vais pas bien et je ne pense plus a rien. Des fois je parlerais pas pendant des jours. Et des fois je m'enfermerais dans le noir. Des fois je pourrais rien faire, parce que j'en serais incapable. Des fois je te verrais même pas quand tu te mets en face de moi, parce que des fois j'ai l'impression que mon corps et mon esprit son comme dissociés. Elle baissa le regard. Et j'aurais beau t'aimer du plus que je le peux, se sera comme ça quand même, c'est en moi. Souffla-t-elle.

-Et je t'aime comme tu es. Je t'ai toujours aimée pour ce que tu étais, ça ne change rien. Assura Emma en caressant sa tête. Tu aurais juste dû m'en parler, que je sache comment agir, pour comprendre.

-Le premier jour après les vacances de Noël, on a mangé dans le labo. Rappela Regina. Je te l'ai plus ou moins dit, j'ai juste pas dit les mots "bipolaire" et "maladie", je voulais pas te faire peur ou te voir paniquer.

-Et ce jour là, je t'ai assurée que ça ne me ferait pas fuir. Je te le rappelle, je connais mes limites, et tout ça je peux faire avec. Je te veux toi, c'est tout. Toi tout entière. Appuya la blonde. Mais c'est vrai que tu me l'avais plus ou moins dit ce jour là, seulement les deux mots les plus importants ont été omis. Sourit-elle en caressant sa joue.

-Alors tu restes quand même? Demanda la brune.

-Bien sur. Sourit Emma. J'aurais envie de te poser des questions malgré tout sur ta maladie, quand tu te sentiras prête pour ça.

-On pourrait en parler maintenant. Avec un chocolat chaud si tu veux bien. Proposa timidement Regina.

-Hmmm. Tu retrouves l'appétit, j'adore. Sourit grandement la blonde en pressant un baiser sur sa joue. Je reviens de suite.

Elle partit en cuisine, préparer le chocolat, et revint ensuite pour discuter du trouble bipolaire avec Regina. Elle lui posa des questions sur la maladie en générale, puis elle osa l'interroger plus sur sa vie, sur sa maladie à elle. Et quand elle n'eut plus de questions, elle vit que Regina était épuisée, par cette discussion mais aussi par la phase dépressive de laquelle elle sortait doucement. Alors elle lui proposa un film, et elles se blottirent dans le canapé. Emma pressa un baiser dans les cheveux bruns quand elles furent installées, un geste pour se rassurer que tout allait de mieux en mieux. Ce n'était pas la relation qu'elle avait imaginé, mais elle voulait Regina plus que tout, et pour ça elle devait la prendre avec sa bipolarité, et au fond ça lui était égal, parce qu'elle l'aimait malgré tout.

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"Sois compréhensif, renseigne toi, lis, pose des questions aussi quand il voudra bien y répondre. Essaie de pas le brusquer surtout. S'il veut dormir, laisse le dormir, s'il veut pas parler, l'oblige pas à parler.
Il y aura des moments où tu pourras juste le regarder et tu te sentiras impuissant, mais c'est comme ça. Guette les signes aussi. Quand il va pas bien ou quand il va trop bien, tu pourras pas y faire grand chose, mais tu pourras au moins anticiper. En fait, soit juste là pour lui mais seulement quand il en a envie, ou quand il en a besoin.
Et quand il en a pas envie ou besoin, attends le parce qu'il reviendra toujours vers toi. Et le plus important Lucas, profites des moments cool. Il y en aura, plein même et ces moments justifieront tout les autres."
- Skam France, à propos du personnages d'Eliott qui est bipolaire (et amoureux de Lucas)