Hello ! On se retrouve pour ce chapitre (posté tardivement, mais écoutez, puisque je ne peux pas retrouver un rythme régulier, dès que j'ai fini le chapitre je le poste tellement j'ai hâte de le partager avec vous, alors ça peut tomber à 11h du matin comme à 23h!) nostalgie ! Nostalgie d'une époque qu'on n'a pas connue, mais que Lexa a tant appréciée. Et des perspectives d'avenir plutôt réjouissantes… Enjoy !


Je sens Clarke sombrer contre mon épaule. Je lui caresse doucement les côtes pour la maintenir réveiller.

— Ne t'endors pas Clarke…

— Mmh, je sais… Je dois rentrer… Mais j'ai pas envie…

Son petit nez glisse le long de mon bras jusqu'à ce qu'elle remonte trouver ma bouche. Le baiser et chaste et bref. Je plonge mon regard dans le sien, ses iris reflètent l'ampoule orange, des plis creusent le coin de ses yeux parce que son visage tout entier me sourit. Pour lui donner l'impulsion, je me lève en m'étirant. Je lui attrape ses vêtements éparpillés sur le lit et je les lui donne. Alors que je m'apprête à enfiler mon sweat, son bras m'arrête.

— Non, je préfère te voir nue…

Mon souffle s'emballe et je lui souris avant de déposer un baiser sur son front. Elle se lève définitivement du lit et tire sur mes bras pour me forcer à me mettre debout et m'attirer à elle. Ses bras s'enroulent autour de ma taille vierge, mon sexe butte contre la matière rêche de son jean, elle glisse une main pour la poser sur mes fesses.

— On se voit avant notre dernier tournage de l'année ? demande-t-elle en glissant un doigt sous le replie de ma fesse gauche.

— Quand sont tes examens exactement ?

— Deux jours avant le tournage.

— Tu es sûre qu'il serait raisonnable qu'on se voit ?

— Non. Mais j'en ai besoin… La veille des examens je ne compte pas réviser, accepterais-tu de t'aérer l'esprit avec moi ?

— Tu as une idée précise en tête ? l'interrogé-je en posant mon nez contre le bout du sien.

— Mmh, j'aimerais beaucoup arpenter un marché de Noël avec toi…

— Oh ! J'aime l'idée !

Je l'embrasse doucement avant de reprendre :

— Je vais trouver le meilleur de la ville alors !

— Une sortie en amoureuses, ça te fait plaisir ? Je sais que tu en rêves depuis longtemps…

— J'aime le fait que tout ça devient de plus en plus officiel, toi et moi…

— Ce n'est plus que du sexe.

— C'est bien plus que ça, c'est…

Je n'ose pas aller plus loin. Tout est encore bien trop récent, je ne veux pas la faire fuir avec mon amour qui grandit de jour en jour.

— C'est ? s'enquit-elle en serrant ma mâchoire entre deux doigts.

— Rempli d'amour et de sentiments ?

— C'est une réplique de film ça, non ?

— Qui sait !

Je me détache de son étreinte pour la retourner et plaquer mon ventre contre son dos. Ma bouche vient embrasser sa nuque furtivement avant de lui rendre sa liberté.

— J'ai compris, je m'en vais !

Je ricane et la raccompagne à la porte.

— Travaille bien, lui lancé-je après un baiser d'au revoir.

— Bonne nuit…

Une fois Clarke loin, je me jette sous la douche.

— Tout va bien dans le meilleur des mondes, non ?

L'eau chaude pénètre dans ma bouche pendant que je soliloque. Il y a si longtemps que je n'ai pas su me réjouir du présent et des bonnes choses qui m'arrivent. Si j'avais su que cette blonde changerait ma vie à ce point…

Le lendemain, c'est un texto de Jaha qui me réveille. Simple et précis, il me donne rendez-vous à l'endroit habituel, un montant suit. Il n'a pas lâché l'affaire, il était donc bien sûr de lui lorsqu'il avait dit à Roan et Clarke que personne ne les croiraient s'ils parlaient. Ou alors, c'est un piège… Je m'empresse d'appeler Alie pour lui demander conseil. Elle me répond qu'elle me fait immédiatement un virement de la somme qu'il demande pour que je la retire. Elle vient à peine de donner le dossier à l'avocat, elle préfère que j'aille au rendez-vous pour ne pas que Jaha soupçonne quoique ce soit.

— J'ai peur qu'il me fasse du mal Alie…

— J'aimerais venir en back-up, mais s'il me voit… Ah !

— Quoi ?

— Peut-être que Charmaine pourrait t'accompagner. Si elle vient sur les lieux avant et qu'elle se cache dans les décombres. Tu te sentirais plus à l'aise ?

— Je crois oui… Mais, Jaha était un ancien collègue de Charmaine, il l'a connaît aussi…

— Je suis prête à parier que depuis le temps, ce petit connard nombriliste l'a oubliée. Elle a changé, et lui aussi d'ailleurs. C'est toujours moins risqué que quelqu'un de l'équipe ou moi-même, c'est notre meilleure solution. A moins que tu veuilles demander à un ou une amie de Clarke, mmh ?

— Non, tu as raison...

— Parfait, je lui demanderai !

Après avoir raccroché, je sors pour retirer l'argent au distributeur, fais quelques courses et rentre un peu moins guillerette que la veille. J'informe Clarke de la situation par texto. S'ensuit un long échange de messages auquel elle est forcée de mettre fin pour retourner travailler.

Je n'ai pas de nouvelles d'Alie jusqu'au lendemain lorsqu'elle m'apprend que Charmaine est en route. Quelques minutes plus tard, c'est à mon tour de sortir. Jaha n'a pas été tendre dans sa démarche, d'habitude il me laisse au moins une semaine pour retirer l'argent, là, il m'a donné rendez-vous le lendemain. C'est de plus en plus louche…

J'arrive avant l'heure devant les anciens locaux. Je n'aperçois pas Charmaine que je sais pourtant déjà sur place. Je m'adosse à ma poutre habituelle en tentant de prendre un air décontracté, il ne faudrait pas que mon stress nous trahisse, ou bien une trop grande assurance. Alors que le soleil commence sa descente, la silhouette dégoûtante de Jaha apparaît. Il me sourit de son air machiavélique que j'aime lui coller.

— Lexa, dit-il simplement.

Je tends mon enveloppe sans répondre. Il l'attrape, l'ouvre, compte et la range dans une poche intérieure de son gros manteau d'hiver qu'il s'empresse de refermer. Puis, il porte ses mains à sa bouche pour souffler sur ses doigts et se les réchauffer.

— C'est dommage que les flammes soient éteintes depuis longtemps Lexa, ça nous aurait tenu chaud.

Sa remarque me fouette en plein cœur. Il ne doute de rien, même après s'être fait surprendre par Roan. J'ai envie de lui crier la vérité mais je me retiens en serrant les dents.

— Tu n'es pas d'accord ? demande-t-il pour me forcer à lui répondre quelque chose.

Ce faisant, il se rapproche de moi, je sens bientôt son souffle brumeux enrouler mes narines. Si Charmaine nous observe… Je ne crains rien… Mais… Je ne tiens plus.

— Jaha ?

Mon ton interrogatif le surprend et le fait s'arrêter dans son avancée.

— Oui ?

— Je me demande bien pourquoi tu as mis autant de temps à me contacter… Notre dernière entrevue remonte à loin… Dis-moi… Tu n'aurais pas eu peur par hasard ?

Je me décolle avec la dernière partie de ma question et arbore un regard qui se veut menaçant. J'essaie de ne pas dévoiler tout mon jeu pour ne rien gâcher.

— Peur ?

— Je ne suis plus la seule au courant… Tu sais bien que maintenant il y a Roan et Clarke dans la confidence. Et Roan… Je ne sais pas, il m'a l'air de pousser plutôt lourd à la salle…

J'use de ce cliché sexiste car il constitue en ma seule défense crédible. Évidemment, l'avocat et le dossier béton contre lui, feront beaucoup plus de mal.

— Je… non…

C'est la première fois que je vois le doute s'installer au fond de ses yeux. Mais la peur animale disparaît en un tour de main et son visage se fronce de toutes parts pour exprimer la colère. Il fonce sur moi et me prend à la gorge avant de coller son front au mien.

— Je n'ai peur de rien Lexa, je ne sais pas pour qui tu me prends, pour qui tu te prends ! Je fais virer cette lopette de Roan quand bon me semble, c'est moi qui tiens les rennes.

Il presse ma trachée entre ses doigts, je prie pour que Charmaine vienne me sauver. Mais Jaha lâche aussi vite la pression qu'il avait donné l'assaut et il recule en amorçant un demi-tour.

— Le mois prochain, même date, même heure, cent de plus. Ce n'est que ce que tu mérites Lexa.

Je le laisse partir sans rien dire. Le mois prochain, j'espère que je n'aurais pas à le recroiser.

Je reste prostrée contre ma poutre pendant un temps qui me semble incroyablement long. Je me masse la gorge, plus de peur que de mal. Enfin, Charmaine sort des décombres.

— Je voulais m'assurer qu'il était bien parti. Tu vas bien ?

En posant sa question, elle arrive à ma hauteur et me prend dans ses bras d'un geste d'amour qui m'avait tant manqué depuis qu'elle avait quittée Alie.

— Ça va, ça va, je crois… Il ne m'a presque pas touchée.

— J'ai voulu intervenir mais il t'a lâchée et en se retournant je me suis doutée qu'il allait partir. C'était mieux que je ne vienne pas…

— Tu as raison, on a préservé notre piège.

— Tu es sûre que ça va ?

— On finit par s'habituer à la violence…

Charmaine m'étreint de nouveau. Lorsque nous nous lâchons, elle jette un œil tout autour d'elle.

— Alors c'est là que…

— C'est vrai que tu as appris la mort de Costia récemment…

— J'étais loin de m'imaginer sa disparition. Parfois, quand mon esprit se perdait dans mes souvenirs d'Alie, vous étiez là vous aussi et j'essayais de m'imaginer vos vies, dans et en dehors de la pornographie.

— Et qu'est-ce que ça donnait ? Costia et moi non-actrices de X ?

— Ah ! J'imaginais Costia vendeuse dans une boutique de prêt-à-porter, et toi, plutôt serveuse dans un petit bar sympa !

— Hahaha ! C'est vrai que Costia aimait bien la mode, quant à serveuse… Oui, des jobs accessibles sans diplôme.

— Mon esprit était terre à terre. Je ne voulais pas vous rêver astronaute ou écrivaine.

— On n'a pas besoin de diplôme pour écrire.

— Tu aimes écrire ?

— Non.

— Alors tu vois !

Son ton cinglant me fait rire. Jamais je n'aurais pensé pouvoir sourire en ce lieu morbide. Le décor néanmoins arrête ma joie.

— On peut s'en aller Charmaine ?

— Viens…

Elle enroule son bras au mien et nous tire loin des décombres.

— J'espère que je ne reviendrais plus jamais ici.

Ma protectrice hoche la tête en signe d'approbation, je sens qu'elle non plus, bien que ce soit la première fois, n'éprouve pas le désir de fouler à nouveau ce sol cramé.

— Tu veux venir dîner à la maison ? me propose Charmaine une fois devant la station de métro.

— Ta maison ou celle d'Alie ?

— J'ai rendu les clefs de mon appartement il y a une semaine…

— Bonne nouvelle !

— Plutôt oui ! Mais j'ai peur de trop la brusquer, cela ne fait pas si longtemps que ça que je suis revenue dans sa vie.

— Elle n'a jamais cessé de t'aimer, après une pause il suffit de cliquer sur lecture pour que tout reprenne son cours comme si rien n'était arrivé.

— Rien je ne sais pas, mais tu as raison Lexa, je vais essayer d'avoir cette idée à l'esprit.

— Alors, je veux bien venir dîner chez vous, qui était un peu chez moi aussi.

Alie est surprise de me voir arriver aux côtés de son amante. Elle lui dépose un léger baiser sur la bouche avant de venir m'enlacer et de s'enquérir de la mésaventure de l'après-midi. Charmaine arrive mieux à la rassurer que moi, l'image des doigts de Jaha autour de ma nuque semble la hanter et la faire entrer dans un épisode de culpabilité assez monstrueux. Nous décidons de changer de sujet et de ne plus évoquer Jaha pour la soirée. Toutes les trois, nous nous mettons aux fourneaux. Il ne manque plus que Costia pour que la capsule temporelle soit parfaite. Mais soit, il est plus facile de cuisiner à trois qu'à quatre dans la cuisine d'Alie. La cuisine d'Alie et de Charmaine. Elles sont toutes les deux en train de mettre la table au salon quand j'y arrive avec une baguette de pain et des serviettes. Les voir se chamailler pour décider où poser le troisième couvert me faire sourire. Décidément, la vague de nostalgie qui m'entoure n'est pas prête à s'en retourner dans l'Océan.

— Vous n'avez qu'à la poser à ma place, interviens-je pour trancher.

— Ta place, hein ? me répond Charmaine avec un air complice.

Elle fait aussitôt glisser l'assiette vers le bord de table où j'avais pris l'habitude de manger lorsque nous vivions toutes les quatre. Nous prenons place, et instinctivement, nos regards se tournent vers la place, vide, de Costia.

— Je vous propose qu'on trinque en sa mémoire aujourd'hui, lance Alie en même temps qu'elle lève son verre remplie d'eau.

Nous l'imitons, amusées, et des gouttelettes s'échappent sur la nappe lorsque nous trinquons.

— Elle aurait aimé voir vos retrouvailles, dis-je en reposant mon verre pour attraper ma fourchette.

A ces mots, Alie glisse sa paume sur la main de Charmaine qui lui renvoie un sourire.

— Je crois que vous êtes mon couple préféré sur Terre, ajouté-je avant de croquer dans une feuille d'endive. Ah, Raven et Miles ne sont pas mal non plus !

— Je suis un peu jalouse, répond Alie, j'aimerais bien être amie avec certaines des actrices moi aussi.

— Lexa et Clarke, lui dit Charmaine, ça fait déjà deux.

— Soit, mais c'est différent. Et Lexa est amie avec tout le monde !

— Détrompe-toi ! Toutes les filles m'estiment oui, mais nous ne nous fréquentons que dans les locaux. Il n'y a que de Raven que je suis vraiment proche, et depuis peu je me rapproche de Niylah.

— Oh, je pensais que… Encore une fois, j'ai des années à rattraper avec toi…

— Ne te blâmes pas Alie !

Cette fois je lui envoie ma phrase en la regardant dans les yeux. Mon regard se veut rassurant. J'aimerais qu'on essaye de ne plus aborder de sujets qui la fassent culpabiliser.

— Qu'est-ce que tu fais pour Noël Lexa ? me demande ma patronne entre le plat et le dessert.

— Euh, c'est-à-dire que… En général je ne fais rien… Et il est peut-être un peu tôt pour envisager de le passer dans la famille de Clarke…

Un sourire en coin se dessine sur le visage d'Alie.

— Tu voudrais passer le réveillon du 24 décembre ici, avec nous deux ? Tu pourrais même dormir là. On ouvrirait les cadeaux le 25 au matin, comme…

— Comme avant, complète Charmaine avec un air gourmand.

— Avec plaisir, ça fait si longtemps que je n'ai pas fêté Noël, pourtant j'aimais tellement cette période de l'année…

— On t'accueillera aussi pour le Nouvel An si tu le souhaites ! s'exclame Charmaine.

— J'aimerais bien prévoir quelque chose avec Clarke. Mais je ne lui ai pas encore demandé.

— Ne tarde pas, il y a des personnes qui prévoient leur soirée de la Saint Sylvestre dès le mois de novembre haha !

Avec mon salaire qui ne part plus dans les mains de Jaha, j'aurais même de quoi leur acheter un cadeau. Enfin… Enfin ma vie redémarre. Noël, Nouvel An… L'image de mon père me vient à l'esprit. Même si nos relations avaient toujours été compliquées, nous fêtions toujours Noël tous les deux. Il n'avait pas de frère ni de sœur et avait rompu presque tout contact avec la famille de ma mère, je n'avais pas de cousins. Le 24 décembre c'était lui et moi, et le 25 nous allions chez ses parents. Le 26 il m'amenait chez ma grand-mère maternelle, la seule qu'il voulait me faire connaître. Quand je croyais encore au Père Noël, je me réveillais chaque 25 décembre aux aurores pour courir au pied du sapin que mon père avait garni de cadeaux. Je me revois encore les ouvrir sous ses yeux pétillants. Ces festivités nous offraient une parenthèse illuminée. En grandissant, le rêve s'était terni mais nous le célébrions toujours ensemble, jusqu'à ce que je fuie avec Costia. Mon dernier souvenir heureux avec mon père était un 25 décembre.

— Ça va Lexa ?

— Oui, oui, pardon, je pensais à mon père, ça faisait longtemps que je n'avais pas pensé à lui…

— Tu ne l'as jamais revu ? me demande Charmaine.

— Jamais. La dernière fois que je suis allée sur la tombe de Costia, j'ai croisé Finn et… Il m'a donné des nouvelles de mon père, apparemment il perd un peu la boule. Je suppose que je ne ferais qu'empirer la situation si je tentais de renouer contact maintenant. Après toutes ces années… Je n'étais qu'une enfant la dernière fois que je l'ai vu… Maintenant… Il ne me reconnaîtrait même plus.

— Tu as envie de le voir ? me questionne Alie.

— Je ne sais pas. Je le déteste, tu sais bien. Il m'a jetée à la rue sans regret. Mais il reste mon père, la seule personne qui m'a élevée, alors… Ce n'est même pas que j'ai l'impression de lui être redevable de quelque chose, c'est que j'ai des bons souvenirs avec lui, et que je l'ai aimé à une époque de ma vie.

— Peut-être que tu devrais réfléchir à l'idée, propose Charmaine. Sans forcément l'envisager pour le moment, mais y penser. Comme pour t'y habituer, et savoir si tu veux le revoir ou non.

— Je peux faire ça en effet, ça ne me coûte rien.

— Et si tu as besoin de soutien, ajoute Alie, tu sais où nous trouver.

Son regard bienveillant me rassure. Et je sais que Clarke aussi sera là maintenant.

Je ne tarde pas trop pour éviter de rater le dernier métro et remercie mes hôtes avant de filer. Je m'habitue déjà à pouvoir dîner avec elles dans cet appartement que j'aime tant. Oh, je n'avais pas eu le temps d'aborder le fait qu'elles vivaient de nouveau officiellement ensemble, j'en parlerais à Alie la prochaine fois que nous nous verrions toutes les deux.

Je rentre chez moi l'âme et le cœur légers. Pendant le trajet, je cherche sur mon smartphone les plus beaux marchés de Noël de la ville. Je compte bien passer un des meilleurs Noël de ma vie.

Un SMS d'un numéro inconnu vient troubler mes recherches :

Unknown : Coucou, c'est Charmaine. Alie vient de me donner ton numéro. Comme avant ;).

Je secoue la tête, amusée, avant de lui répondre et de l'ajouter à mes contacts. Toutes mes craintes à son sujet sont envolées. Je me rappelle soudain qu'elle m'avait avoué vouloir demander Alie en mariage, l'emménagement était une première étape. J'ai déjà hâte, soit qu'Alie m'annonce la nouvelle, soit que Charmaine m'explique comment elle compte s'y prendre… Je ferme ma navigation Internet les mains tremblantes, je manque d'échapper mon téléphone sur le bitume de ma rue.

Lexa : Charmaine ?

Charmaine : Oui ?

Lexa : Alie n'est pas dans les parages ?

Charmaine : Ahahah ! Non ! Elle est devant la télé, je viens de finir la vaisselle.

Lexa : Parfait ! Je viens de me souvenir que tu m'avais parlé d'une demande en mariage… Tu t'es installée chez elle, c'est la prochaine étape !

Charmaine : Ahahah ! Bien joué Lexa. Mais je t'ai dit cet aprèm que j'avais déjà l'impression d'aller vite, je ne vais pas la brusquer avec une demande tout de suite. Je vais attendre le bon moment.

Lexa : Grrr. Et ce sera quand le bon moment ?!

Charmaine : Je le saurais quand ce sera le bon moment justement ! Petite impatiente !

Lexa : Bon, bon, et si je ne connais pas la date, je peux connaître les modalités ?

Charmaine : Les modalités ?

J'ouvre la porte de mon appartement et jette littéralement mes chaussures et mon manteau dans la pièce avant de me ruer sur mon lit pour lui répondre :

Lexa : Comment tu comptes faire ta demande ?!

Charmaine : Ahahah ! J'ai quelques petites idées mais rien de certain encore. Mais je te fais la promesse Lexa, que je te raconterai tout avant de le faire. Peut-être même que tu pourrais être ma complice !

Lexa : Ooooh oui ! COMME AVANT !

Je ris toute seule devant mon écran, je sais qu'elle aussi rit. Je me lève pour aller me laver les mains et me brosser les dents. J'enfile mon pyjama à la va-vite et me glisse sous les draps en espérant pouvoir continuer cette discussion.

Charmaine : Je vais retourner dans le salon, sinon Alie va croire que je mijote quelque chose, mais je te tiens au courant de l'avancement du projet secret !

Lexa : Héhéhé merci ! Passez une bonne fin de soirée !

Charmaine : Toi aussi, bonne nuit !

Un peu déçue d'avoir été coupée dans mon élan, j'envoie un message à Clarke :

Lexa : Tu dors ?

Sa réponse met cinq minutes à arriver, cinq minutes pendant lesquelles j'ai le temps d'imaginer comment Charmaine pourrait s'y prendre pour demander Alie en mariage.

Clarke : Non, pas encore ! Mais je suis dans mon lit, fini les révisions pour aujourd'hui, pfiou ! Tu as passé une bonne journée ?

Lexa : Oui ! Enfin… Elle a mieu fini qu'elle n'a commencé…

A la demande de Clarke, je lui écris un énorme pavé pour lui résumer la journée, en commençant par Jaha, en finissant par Charmaine. Je balance sans scrupule l'idée de la demande en mariage. Je sais que l'intéressée ne m'en voudra pas. Dans la réponse de Clarke je sens qu'elle est en rogne contre Jaha, mais le reste semble l'apaiser.

Lexa : Et ça me fait penser que… Je voulais te demander ce que tu faisais pour le 31 décembre ? J'aimerais le passer à tes côtés…

Clarke : Oh ! Comme chaque année je fais une soirée avec Octavia, Bellamy et d'autres de nos amis, mais tu es la bienvenue évidemment ! Sauf si tu préfères quelque chose de plus intime, je peux annuler et passer la soirée avec toi, petit dîner aux chandelles…

Bien que la perspective de pouvoir lui faire l'amour à minuit pile me ravisse, l'idée de rencontrer, officiellement cette fois, ses amis, m'attire. Je déteste habituellement ce genre d'événements, j'ai encore en mémoire l'anniversaire de Raven durant lequel j'avais été mal à l'aise, mais si une nouvelle vie commence pour moi, il faut que je prenne aussi de nouvelles résolutions.

Lexa : Je serais ravie de rencontrer tes amis et de fêter le Nouvel An avec toi et eux !

Clarke : Super alors, je préviens tout de suite O' !

Nous discutons encore quelques minutes mais elle est forcée d'aller dormir, son réveil sonne tôt le lendemain. Je me force également à rejoindre le sommeil. Mon esprit embrumé oublie Jaha pour ne retenir que les événements prochains qui s'annoncent tous plus agréables les uns que les autres.


Il est vrai que cela va me faire tout drôle d'écrire les fêtes de fin d'année alors que l'été arrive actuellement, mais pourquoi pas ! Ça nous donnera un vent de fraîcheur si canicule il y a (et canicule il y aura…). En espérant pouvoir faire une intrigue avec le père de Lexa (j'hésite encore tant il y a de sujets à traiter dans ce tome).

On se retrouve vite, je l'espère, pour le chapitre suivant !