Hey hey ! J'ai mis du temps à écrire ce chapitre mais il est plus long que les précédents et je l'aime beaucoup ! J'espère que par cette chaude journée d'été il ne fera pas trop monter la température….. Enjoy !


J'ai enfilé un gros pull en laine pour éviter de mettre un manteau trop épais et d'en être embarrassé. Je n'ai pas de collants sous mon jean car en ce mois de décembre 2019 il ne fait pas très froid, mais une paire de gants dans mon sac. Une fine écharpe pour y réfugier mon nez au besoin, il n'y a plus qu'à glisser mes pieds dans des baskets montantes qui me permettront d'arpenter les allées du marché de Noël sans avoir d'ampoule. Je m'apprête à les lacer quand mon téléphone vibre dans mon sac. Pensant que c'est Clarke, je me précipite dessus, mais c'est Alie qui m'appelle. Je décroche quand même.

— Allô ?

— Je sors de chez Maître Blake.

— L'avocat ?

— Oui l'avocat Lexa ! Je viens de lui remettre le dossier, ça y est !

Mon cœur se serre puis se détend, soulagé.

— Et… Il t'a parlé de ses honoraires ?

— Ses honoraires ? Oh Lexa ! L'argent on s'en fou ! Jaha est cuit, tu m'entends ? Cuit, cuit !

Je ricane à travers mon téléphone face à sa réaction spontanée.

— D'accord, d'accord, et quelle est la prochaine étape ?

— Il m'a dit qu'il me recontacterait. Tu seras la première au courant.

— Je peux en parler à Clarke ? J'ai rendez-vous avec elle dans quelques minutes.

— Oh ! Je te dérange !

— Un peu, j'étais en train de mettre mes chaussures…

— Ahah ! Pardon ! Mais oui, bien sûr que tu peux le dire à Clarke. Allez, je te laisse alors, passez une bonne après-midi !

— Merci !

Est-il possible que je mette encore plus d'entrain à faire mes lacets ? Je me surprends même à siffloter en enfilant mon manteau. Un SMS à Clarke pour lui confirmer que je sors de chez moi et c'est parti.

Nous nous embrassons brièvement au sortir de la station de métro devant laquelle nous nous sommes retrouvées. J'aurais aimé en avoir plus, mais je n'ose pas encore. Peur de la brusquer en public, peur parce que nous sommes deux femmes. Je prends quand même sa main dans la mienne.

J'enquête sur la bonne avancée de ses révisions, nous arrivons à l'entrée du marché. Je lui apprends qu'Alie a déposé le dossier contre Jaha chez le père d'Octavia, nous passons sous l'arche sculptée dans un bois foncé sur lequel des lettres lumineuses ont été vissées pour former les mots « Bonne fêtes de fin d'années », deux leds sont déjà grillées. Elle me dit que Bellamy et Octavia seraient ravis que je fête le Nouvel An avec eux, nous passons devant un stand de vin chaud dont l'odeur âcre mais apaisante vient caresser le dessous de mes narines et me fait saliver. Je lui parle de mon Noël programmé avec Alie et Charmaine et à quel point j'ai hâte, nous voyons approcher un stand qui vend des boules de Noël peintes à la main. Nous nous arrêtons pour regarder. Toujours main dans la main. Elle m'explique que cette année elle fête Noël dans la famille de sa mère en province, l'année prochaine ce sera au tour de la famille de son père, nous quittons le stand pour en rejoindre un autre qui propose des porte-clefs en cuir en formes d'animaux hivernaux.

— Tu comptes acheter quelque chose ?

Je lui pose la question alors que nous continuons de déambuler dans l'odeur sucrée qui passe du vin chaud au chocolat fondu.

— Dans ce genre de marché je préfère regarder qu'acheter, c'est assez cher en général, et puis j'ai déjà quelques cadeaux, pour les autres je sais quoi offrir. Et toi ?

— C'est vrai que j'aimerais trouver deux cadeaux pour Alie et Charmaine, mais peut-être qu'ici ce ne serait pas assez original…

— Tout dépend de ce que tu cherches !

— Ça fait une éternité que je n'ai offert de cadeau à personne…

— Oh tu sais, ça ne s'oublie pas ce genre de choses ! Tu aimerais leur offrir un cadeau utile ? Ou plutôt un présent personnalisé ?

— Personnalisé c'est mieux, mais je ne sais rien faire de mes dix doigts…

— Ouh ! pouffe Clarke en resserrant sa prise sur ma main. Je peux t'assurer que tu sais utiliser tes dix doigts…

Sa main se décolle légèrement de la mienne pour permettre à son pouce de venir caresser l'intérieur de ma paume dans un geste qui se veut affectif et coquin.

— Oui, mais à part ça… Toi tu sais dessiner par exemple.

— Mmh, tu n'as pas des photos de l'époque où tu vivais avec elles ? Tu pourrais faire un album. Même si avec Costia je comprends que ça puisse être délicat. Ou alors tu pourrais te filmer en train de leur rappeler des bons souvenirs que vous avez partagés. Ou plutôt les inviter au restaurant ou dans un endroit précis, si tu veux éviter le cadeau purement matérialiste.

— Ah, je suppose que je pourrais les amener sur la tombe de Costia mais…

— Tu as peur que ce soit trop morbide ?

— Oui…

L'odeur de sucré vient de se faire chasser par celle salée et grasse de Reblochon fondu. A droite de mon champ de vision, j'aperçois des patates s'en faire recouvrir.

— Je ne trouve pas, répond Clarke en se léchant littéralement les babines, tu as fait ton deuil, je l'ai bien vu. Je crois que ce serait un beau cadeau de permettre à Alie de faire le sien, et à Charmaine aussi. Apprendre la mort de son ancienne amie de la sorte n'a pas dû la laisser indemne. Tu peux acheter des billets de train et leur offrir en leur expliquant ta démarche.

— Tu sais embellir les choses Clarke.

— J'ai le droit de répondre que c'est toi qui embelli ma vie ou c'est trop cul-cul ?

Nous nous mettons à rire toutes les deux. Je n'oserais pas lui dire que ce genre de phrase me fait chavirer, quand bien même elle aurait été dite avec humour. Je la remercie pour son idée de cadeau, ce à quoi elle répond que c'était mon idée initialement, nous arrivons à hauteur d'un monsieur moustachu qui fait revenir une flopée de churros dans une friteuse.

— Là c'est trop ! s'exclame Clarke. J'en veux !

Ravie de pouvoir enfin lui payer quelque chose, je nous offre six énormes churros, tout dégoulinants de gras, les perles de sucres glissent dans les stries craquantes et chaudes. Un petit pot de pâte à tartiner maison accompagne le tout.

— Bon après-midi les amoureuses, nous lance le gentil monsieur avec un sourire sincère.

Pour fêter cette bienveillance, Clarke attrape une de mes gourmandises et me force à ouvrir la bouche pour croquer. Le beignet sucré me brûle le bout de la langue et me fait monter deux larmes.

— C'est bon ! finis-je par m'extasier une fois la douleur passée.

Pour goûter, Clarke croque dans mon churro, me tirant un râle de désespoir. J'en profite pour tremper un doigt dans sa réserve de pâte à tartiner. Heureusement que nous sommes des adultes raisonnables, sinon tout cela aurait bien pu se finir en bataille de nourriture. Nous continuons à déambuler entre les passants et les stands en nous réchauffant l'une à l'autre et grâce aux plaisirs gourmands de la nourriture.

Nous arrivons au bout de l'avenue qui accueille le marché, après avoir croisé d'autres pommes de terres enrobées de fromage fondu et agrémentées d'oignons, ainsi qu'une vendeuse de matriochkas de toutes les couleurs et deux jeunes fabricants de figurines en crochet.

— Tu es prête pour demain ? demandé-je à Clarke alors que nous passons sous la même arche en bois sculpté qui, de ce côté, nous remercie de notre visite.

— Oui ! Je ne vais pas me plaindre, ce n'est qu'une journée, trois épreuves. Et on a un projet artistique en groupe qui compte pour la moitié de la note, ça on l'a déjà rendu il y a une semaine. Ce sera plus éprouvant à la fin du second semestre, une semaine d'examens et le projet de fin d'année !

— Je te sens quand même excitée par tout ça.

— J'aime les cours alors c'est plutôt plaisant, même les contrôles. Il y a juste une matière qui me fait un peu peur, Histoire des Arts, parce que j'ai toujours été nulle en cours d'Histoire et que j'ai une très mauvaise mémoire des dates. C'est principalement cette matière que je révise depuis des semaines !

— Oh je vois ! C'est drôle, l'Histoire Géographie était l'une de mes matières favorites à l'école !

— Zut ! J'aurais dû te demander de l'aide pour réviser !

— Ah, je ne suis pas sûre d'être une bonne prof, et je suppose que j'aurais trop eu envie de te distraire…

— Une petite pause par ci, par là, ça ne fait pas de mal…

Elle se rapproche pour attraper ma joue et attirer ma bouche contre la sienne. L'échange et court car nous sommes en public, mais je profite de cet instant d'insouciance et de facilité que Clarke m'offre. Un grain de sucre perdu sur sa lèvre se retrouve contre ma langue. Je le savoure comme si je goûtais à son essence. Puisqu'il fait nuit et que seuls les lampadaires nous éclairent, je prolonge le baiser pour un temps, histoire de pouvoir profiter de sa présence. Clarke tente un bout de langue discret qui se glisse à peine entre mes lèvres. Elle le rattrape aussitôt et nous nous détachons, presque honteuses, les joues rougies par l'envie et la joie. Il est déjà 18h30.

— Le temps passe vite avec toi Lexa.

— Quatre heures sont quatre secondes. Tu veux rentrer chez toi ?

— Il est préférable.

— Je peux t'accompagner ?

— Avec plaisir !

Au bas de son immeuble, je me glisse entre ses bras en guise d'au revoir. Je vis de nouvelles sensations que je n'ai jamais connues. Avec Costia nous n'avions jamais été séparées.

— On se voit après-demain sur le plateau ? dit la blonde de façon purement rhétorique en se détachant pour mieux me regarder.

— J'essaie de me réjouir en me disant que je pourrais te faire l'amour et que c'est déjà ça…

— D'ailleurs, on n'a pas reçu de scénario.

— Qui sait ce que nous réserve encore Alie !

— J'ai quand même hâte…

Elle se penche à mon oreille pour continuer sa pensée :

— J'aime le son de tes orgasmes en tournage…

Son chuchotement aguicheur me pique la peau. J'ai appris à lui faire l'amour devant une caméra, moi aussi… Moi aussi je suis folle de ses soupirs surjoués et de ses cambrures trop prononcées. Elle se décolle de moi avant que j'aie eu le temps de le lui dire et elle me vole un baiser avant de me saluer et d'ouvrir la porte par laquelle elle s'engouffre, me laissant seule sur le trottoir avec mon désir naissant.

La veille du tournage, Clarke m'envoie un SMS de soulagement, ses examens sont enfin derrière elle, et visiblement elle est fière du travail fourni. Sera-t-elle aussi fière de nos ébats du lendemain ? Je ne lui ai jamais demandé ce qu'elle ressentait après chaque tournage. De la satisfaction ou du dégoût d'avoir exposé son corps et son intimité devant toutes ces personnes ?

Dans la loge, nous nous retrouvons comme un couple séparé depuis des jours. Je l'embrasse avec une envie non dissimulée. Je veux toucher chaque bout de sa chair et la couvrir de baisers. J'aimerais la traîner dans la douche pour lui faire l'amour, juste elle et moi, avant d'aller bosser. Mais il est déconseillé d'avoir un orgasme avant un tournage, moins de performance, moins de puissance, le psychique moins enclin à simuler correctement, un sentiment de honte pouvant naître après un premier orgasme. Je me retiens donc et me contente de l'embrasser avant de la laisser se glisser sous l'eau chaude.

Sur le plateau, il y a Alie à la réalisation, Roan et Monroe à la caméra, John au son, Maya à la lumière, Nathan qui patiente près du clap. Il manque juste Sinclair qui triture habituellement son appareil photo. Pas besoin de photos, je m'en réjouis. Le lit king size nous tend les bras. Je suis dans un ensemble mauve sous mon peignoir de satin, Clarke est seins nus, un morceau de tissu rose sur les fesses. Je connais Alie, je suis prête à parier que nous allons commencer directement dans l'action. D'ailleurs, elle s'approche de nous pendant que l'équipe règle les derniers détails.

— Je ne voulais pas vous envoyer de scénario pour que vous n'y pensiez pas à l'avance. Mais j'ai quelques lignes directives à vous donner.

Nous l'écoutons attentivement. J'essaie de me visualiser la chose avec envie. Pourtant cela sera différent d'une impro, garder un scénario en tête vous retire le libre arbitre dicté par le désir. Tant pis, je suis là pour le travail, pas pour aimer Clarke. Baiser Vénus, c'est tout. La situation me serre le cœur. A quand la liberté ?

— Lexa ?

Clarke me tire de mes pensées.

— Ça va ?

— Oui, pardon, je réfléchissais. On pourrait peut-être terminer avec une de nous deux qui se lève pour sortir. Qu'est-ce que tu en penses Alie ? Pour faire le lien avec le prochain trio. Une des deux s'en va pour aller chercher la troisième, en quelque sorte.

— J'adore l'idée ! J'aimerais que ce soit toi Lexa.

— Parfait !

Tout le monde est prêt. Clarke et moi nous allongeons dans le lit, bien couvertes par le drap fin. En satin lui aussi. Je me blottis dans ses bras, en cuillère, elle est derrière moi. Je ferme les yeux et seuls le bruit du clap et l'action me font comprendre qu'il est l'heure.

Je reste les yeux fermés pendant que Clarke imite un étirement pour se réveiller. Sa bouche vient butiner ma nuque à la recherche de chair fraîche. Elle y dépose baisers et crocs. Ses morsures réveillent mes entrailles et un feu naît petit à petit entre mes jambes. Je fais semblant de dormir encore. D'un geste habile, Clarke fait valser le drap, il n'est plus que sur nos hanches, sa poitrine nue est offerte au spectateur. Sa main glisse contre mon ventre et passe très vite sur mon soutien-gorge en dentelle. Sa bouche descend embrasser mon épaule libre puis l'omoplate en dessous, ses dents croquent l'attache du sous-vêtement. Je ne sais pas qui le lui a appris, mais elle me le détache d'un coup de mâchoire puissant. Je feins de me réveiller dans un gémissement d'extase et commence à cambrer mon corps, qui ne ressent pas encore réellement l'envie. Mon soutien-gorge est retiré, la poitrine de Clarke se colle à nu contre mon dos libre. Sentir ses tétons déjà durcis contre moi me fait monter le rouge aux joues. Sa main trouve un de mes seins nus et s'y attarde pour faire monter le plaisir qui, cette fois, arrive bel et bien. Après un moment sur mon unique sein en libre accès, ma partenaire va rejoindre mon entre-jambe dont je lui libère l'accès en écartant les cuisses. Dans le mouvement, je pousse le drap pour nous libérer les fesses et les jambes. Vénus use de ses mains pour finir de virer le fin drap qui choit au sol.

Je garde les yeux fermés pour profiter des sensations de ses doigts se faufilant sous ma culotte mauve. Ils creusent entre mes lèvres pour venir chercher la fluidité qui me permettra de mieux profiter. Ses caresses habiles sur ma poitrine ayant fait son effet, elle glisse contre mon sexe avec une facilité qui m'émeut. J'ai envie d'elle, bel et bien envie d'elle. Je sens son corps qui commence à se cambrer conte le mien. Son sexe se moule contre mes fesses, je passe une main dans son dos pour la coller plus à moi. Elle gémit au creux de mon oreille, j'oublie l'équipe de tournage. J'ai l'impression qu'en accentuant ses va-et-vient sur mon intimité cela lui permet de ressentir du plaisir à son tour, par un mouvement de mon bassin qui vient butter contre son clitoris en demande.

Je ne tiens plus, je prends mon rôle d'actrice d'impro en main pour me retourner et embrasser Clarke à pleine bouche. Nos langues se heurtent, avides de se retrouver, de se mordre. J'aspire son muscle et le suce avec une gourmandise qui me ronge le creux du ventre. Je la mangerais. Mes doigts se glissent sous sa culotte pour la lui retirer. Elle m'aide et j'en profite pour me débarrasser de la mienne. Je ne sais pas si en nous précipitant nous fournirons une vidéo assez longue mais je m'en fiche. Je suis Aphrodite, je fais ce que je veux de Vénus, dix ou quarante minutes, Alie sait que la vidéo aura du succès.

Je laisse Clarke reprendre le dessus en montant sur moi. Sa main retrouve mon sexe et elle s'aide de sa cuisse pour faire pression contre cette dernière. Le geste est bon et me fait monter encore plus. J'agrippe ses fesses pour les malaxer, je gémis plus fort pour la caméra. Nous sortons nos langues face à Monroe qui vient de s'approcher de nos visages afin de réaliser un gros plan.

Je ne peux retenir l'orgasme qui m'assaille avec puissance. J'enfonce mes ongles dans le dos de mon amante qui semble s'en amuser et qui le fait savoir en léchant ostensiblement ma bouche. Je rêve de sa langue entre mes cuisses. Et pourquoi pas ?

— Lèche-moi, lui ordonné-je sans que cela ne soit prévu par la trame d'Alie.

Je sens un frisson parcourir l'audience. J'imagine John rougir en entendant l'ordre dans son casque. Clarke arbore un sourire en coin qui ne fait qu'accroître son envie de moi. Elle me mordille une dernière fois la bouche avant de descendre le long de mon buste pour déposer directement le bout de sa langue contre mon sexe chaud. L'orgasme m'a quitté mais mon corps est déjà en train de se cambrer de nouveau. Ses léchouilles lentes et douces font remonter le désir petit à petit jusqu'à le rendre encore plus intense qu'au début. Mes gémissements n'ont plus besoin d'être accentués, j'accompagne réellement ses mouvements de tête. D'ailleurs, ma main vient agripper sa chevelure pour lui signifier que j'aime ce qu'elle est en train de faire. Je la sens rire doucement entre mes cuisses. Elle glisse un doigt en moi que j'accueille dans un râle de joie. Deux doigts et je commence à perdre pied. Mon autre main s'attache autour d'une de ses épaules et la deuxième jouissance vient faire vibrer le bout de mes orteils pour remonter jusqu'à chauffer mes joues. Je pousse un cri que la fatigue de cette autre montée m'oblige à lancer. Je jouis. Vénus remonte lentement contre moi en croquant ma peau, à l'apogée elle vient aspirer ma langue tremblante et m'embrasse goulûment.

Dans l'intimité, j'aurais voulu apprécier quelques minutes pour reprendre souffle et esprit, mais je me dois de ne pas laisser le spectateur en suspend. Je me force à retrouver ma fougue et tâche de suivre le scénario d'Alie. J'entoure la taille de Clarke et l'aide à se hisser sur mon corps. Elle se retrouve à genoux, son sexe face à mon visage. Ses mains se posent à plat contre le mur devant elle. Ma bouche vient embrasser ce qu'elle me livre de son plein gré. Mes baisers la font cambrer puis gémir. Ma langue s'invite contre elle. Mes deux mains plaquées contre ses fesses, je la pénètre avec ma langue, lui tirant un gémissement plus prononcé que les autres. J'essaie de la maintenir contre moi en agrippant son cul qui s'agite de plus en plus. Je comprends bien qu'elle tente de rester le plus raide possible pour m'éviter de me fatiguer, pour éviter que cela ne dure trop longtemps. Elle veut jouir ? Ou elle préfère écourter ce moment de tournage ? Je risque un doigt à la commissure de ses fesses, Clarke ne me repousse pas, Vénus en demande plus.

Je caresse l'entrée de cet espace que je n'ai pas osé explorer dans l'intimité, la caméra nous permet de tout faire. Même si une sodomie doit être explicitement mentionner dans le scénario au préalable, je sais qu'avec Clarke je peux tout me permettre. Il y a comme un accord tacite entre nous. C'est avec le souvenir de son anulingus que j'ose pénétrer mon majeur dans cette partie de son anatomie. Le râle qui lui échappe est plus rude que le précédent, il montre une légère douleur, mais une douleur teintée de plaisir. Ma langue et mon doigt s'accordent pour jouer la même mélodie et il ne faut plus que quelques secondes à mon amante pour se délester d'un orgasme qui lui coupe la respiration. Ma langue se retrouve enserrée, c'est le signal qu'elle peut laisser là sa besogne. Mon majeur la quitte, ma bouche l'embrasse encore trois fois, Clarke descend pour retrouver sa place à mes côtés. Nous nous mettons face à face, je pose mes mains sur ses reins, elle pose les siennes dans mon dos. Nous échangeons un baiser que j'essaie de réduire en durée.

A contre cœur, je termine l'échange en déposant un ultime baiser sur le bout de son nez et en quittant le lit. Je lance à Vénus un clin d'œil coquin et sors du champ des deux caméras.

— Coupez.

Le retour à la réalité est comme d'habitude. Mon sexe se détend et mon esprit s'embrume. Je n'en peux plus. Je ne veux plus de cette vie. Je regarde Clarke allongée dans le satin, complètement déboussolée. Je sais qu'elle aime beaucoup plus ce travail que moi. Etais-je la même à mes débuts, aux côtés de Costia ? Avec seule Alie comme spectatrice directe ? La blonde finit par reprendre ses esprits et je lui apporte son peignoir. La patronne nous remercie, nous saluons l'équipe avant de retourner dans la loge.

— Je ne t'ai pas fait mal ?

C'est la première parole que je lui lance une fois que nous sommes seules dans le couloir.

— Tu veux dire avec ton doigt dans-

— Oui.

Je la coupe, je n'ai pas envie de l'entendre prononcer la chose. Elle secoue la tête par la négative. Je presse le pas par peur de croiser Jaha et nous nous retrouvons dans la loge. Clarke fonce contre ma bouche pour me voler un baiser. Il a une saveur différente que ceux durant le tournage.

— Je te veux, tout suite, juste toi et moi…

Je ne me fais pas prier. Cette fois, je la pousse dans la cabine de douche. Le troisième orgasme qu'elle me donne me tord les tripes. Mon corps sait les enchaîner, mais il fatigue à force. Mes genoux fléchissent, je me retrouve assise dans le bac.

— Ça va Lexa ?

— Oui… c'était juste… trop bon…

Étrangement, une gêne passe dans le regard de Clarke. Je l'efface en capturant ses lèvres. Ma main se glisse entre ses cuisses et je la pénètre sans plus de fioriture. Sa jouissance aussi est différente. J'ai l'impression que cet échange était plus mécanique qu'autre chose. J'aurais eu envie que le moment soit beaucoup plus doux et plus intime.

— On ne devrait pas faire l'amour après les tournages, dis-je. Cela me semble faux.

— Faux ?

— J'ai l'impression que c'est de la masturbation. Je veux faire correctement l'amour avec toi.

— Oh, mais Lexa. Il y a tant de façon de faire l'amour. Il est vrai que c'était rapide et intense, mais cela ne nous empêche pas d'être plus douces et profondes. Si tu me permets l'expression.

— Tu viens dormir chez moi samedi soir ?

— Je ne peux pas, samedi c'est le 22 décembre, je pars dans ma famille.

— Oh…

— Mais je suis en vacances depuis hier Lexa, je peux venir dormir chez toi demain soir…

Mon baiser réponse est une invitation indirecte. Là, je pourrais lui faire l'amour comme j'en ai envie et comme j'aime. La posséder, rien que pour moi et tout doucement.

Nous nous douchons gentiment avant de nous rhabiller chaudement pour affronter le froid glacial. Lorsque nous arrivons à l'accueil, je suis étonnée de trouver John accoudé au comptoir qui discute avec Emori.

— Il la drague ou c'est moi ? me chuchote Clarke à l'oreille alors que nous sommes toujours dans les escaliers.

— Il me semble qu'Emori a déjà un copain…

— Aïe…

Emori nous voit descendre et nous ouvre, John se retourne pour nous regarder. Il semble gêné, comme pris sur le fait.

— Bon, je vais y aller alors puisque visiblement je suis le dernier !

— Bonne soirée John.

— Bonne soirée Emori !

Clarke et moi saluons Emori en cœur et nous nous retrouvons dehors avec John.

— J'ai honte, chuchote le garçon avec une intention claire d'engager la conversation.

— Pourquoi ça ? demande Clarke.

— Vous m'avez vu en train de…

— De draguer Emori ? complété-je.

Il rougit, c'est attendrissant.

— Maya et Jasper, répond John, Harper et Monty, je me suis dit que moi aussi je pouvais tenter ma chance…

— Je te dis ça parce que tu m'as l'air d'être un type bien John, mais il me semble qu'Emori est déjà prise. Cependant, je peux me tromper.

— Ah… Je suppose que je peux continuer si je ne suis pas trop lourd et qu'elle saura m'arrêter quand j'irais trop loin… Enfin j'espère ! Je ne veux pas passer pour un connard…

Alie choisit vraiment bien ses employés. Je pose une main sur l'épaule de John. Il est le remplaçant de Jasper en tant qu'ingénieur du son et c'est très rare de le voir sur les tournages. J'ai donc eu peu l'occasion de discuter avec lui. Néanmoins, il est évident qu'il se rapproche plus d'un Roan que d'un Jaha.

— Mais j'y pense ! s'exclame soudain le garçon. C'est la première fois que je tourne avec toi Clarke. Je suis enchanté de te rencontrer. Enfin… Oui… Du coup… Je t'ai déjà vu en vidéo mais… Je m'enfonce.

Clarke part d'un rire franc.

— Ne t'en fais pas, je me doute bien que pas mal d'entre vous regardent les vidéos. Les actrices les premières ! Il n'y a pas à en rougir. Sinon on devrait faire un autre métier, mmh ?

— Ouf, merci de me rassurer ! Mais, comme je ne suis pas là souvent, j'avais peur de dire une bêtise. Vous savez, enfin non, vous ne savez sûrement pas mais, je fais ça par plaisir, pour remplacer Jasper quand il n'est pas dispo, mais j'ai un autre travail à côté. Alors du coup, je peux mieux passer pour un pervers… Je m'enfonce tout seul là, oui, je sais…

Je me joins aux rires de mon amante. Je n'avais pas imaginé qu'il était si drôle et maladroit, précipité dans sa manière de s'exprimer.

— Et quel est ton véritable métier ? le questionne Clarke alors que nous commençons à quitter les lieux.

— Ah ! Rien de bien fou, je travaille dans une boîte de location de matériel vidéo. J'ai fait un BTS orienté sur le son, c'est pour ça que je m'y connais. J'aurais aimé être ingénieur du son, mais la réalité de l'emploi en a voulu autrement. Jasper et moi on était dans la même classe. J'ai trouvé ce job dans la boîte de loc', il a trouvé ce poste chez LFS. En parallèle, je le remplace quand il n'est pas libre, en parallèle, il est caissier dans un magasin de jeux vidéos. On fait ce qu'on peut pour payer son loyer !

Alie les paie bien, mais Alie ne leur fournis pas un temps complet. Il est logique que chaque employé de LFS, hormis Emori et les actrices beaucoup mieux payées, soient obligés d'avoir un second job pour payer les factures. Ce milieu n'est pas une vie, pour personne.

— Et puis, c'est pratique, je peux rentrer à pied ! Je tourne ici, vous prenez le métro je suppose ?

— Oui.

— Eh bien bonne soirée ! Et bonnes fêtes de fins d'année !

Nous avons à peine le temps de lui répondre qu'il disparaît dans la rue opposée.

— Il est… surprenant ! s'exclame Clarke.

— C'est le moins qu'on puisse dire ahah !

— Il est encore tôt, ça te dirait de dîner au restaurant ?

— Avec plaisir !

— Laisse-moi te faire découvrir un endroit…

Elle glisse sa main dans la mienne et je me laisse guider à travers les couloirs du métro.


Dans le tome j'essaie de présenter des personnages que l'on n'a pas encore vus, mais je vais finir par manquer de nouveaux... quoiqu'il m'en reste encore pas mal. J'aime déjà beaucoup John, j'espère que je pourrais le développer un peu plus ! Surtout qu'il risque de se prendre un vent par Emori le pauvre…

A bientôt pour la suite, et passez un bon début d'été !