Bonsoir ! Je suis navrée pour le temps qu'il m'a fallu entre le chapitre 4 et le 5… Et cela ne va pas aller en s'arrangeant… A dire vrai, je suis en vacances, c'est donc compliqué pour moi d'écrire, mais dès mon retour je m'y remets à fond !
En cette période de canicule, je vous laisse avec les fêtes de fin d'années de Lexa et Clarke ! Enjooooy
Je me suis décidée pour le cadeau de Noël d'Alie et Charmaine. A la gare, j'achète trois allers-retours modifiables pour ma ville natale. Dans mon super marché, je fais l'acquisition d'un paquet d'enveloppes blanches, je veux un emballage cadeau assez sobre. La blancheur de l'enveloppe dans laquelle je glisse les billets me rappelle l'enveloppe, abîmée par les années, dans laquelle je mettais l'argent destiné à Jaha. Elle avait disparu depuis des semaines, emportant avec elle mon amour pour Costia. Cette nouvelle feuille immaculée me ramène de nouveau à cet amour envolé, mais cette fois d'une façon positive. Ma sauveuse, sa future femme et moi allons enfin pouvoir faire notre deuil ensemble. Le deuil de cette amante, amie et première employée disparue. Une fois les billets bien emballés, je suis sûre de mon cadeau. Nous en avons besoin, c'est le seul et unique présent que je puisse leur faire.
Deux jours avant son départ en vacances, Clarke vient passer la nuit chez moi. Notre nuit d'amour est celle que j'espérais depuis des mois. Loin de l'enchaînement de positions des tournages et des gros plans sur nos culs, la douceur que j'aime tant est la maîtresse de la soirée. Je l'aime doucement, je l'aime lentement, je l'aime pleinement. Tout se déroule comme dans un cocon hors du temps, les aiguilles de mon horloge murale semblent ralentir pour nous laisser profiter. J'apprécie ses mains aimantes sur mes hanches, elle se délecte de mes baisers sur sa nuque. Nos bouches se redécouvrent, nos langues s'apprivoisent. Mes doigts détaillent chaque partie de son corps comme s'ils ne le connaissaient pas. Je la caresse entre les cuisses avec de lents mouvements qui la font profondément gémir au creux de mon oreille. Elle jouit de sa vraie jouissance, pas augmentée pour l'écran, presque silencieuse et suave. Je me laisse ensuite emporter par ses caresses de la langue, lentes et peu appuyées puis plus fortes mais empreintes d'amour. Mon orgasme est long et puissant car il prend le temps de monter et de s'épanouir en moi. Il entoure mes membres pour les doter d'un duvet de chaleur léger et souple qui protège mon corps pendant la montée, et l'accompagne lors de la descente. Je ne peux m'empêcher de la ramener vite contre ma bouche pour l'embrasser d'un baiser rempli de passion. Voilà, c'est comme ça que j'aimerais pouvoir lui faire l'amour à chaque fois. Pas sous des projecteurs, pas avec tant de cru. Mais peut-être que Clarke aime ça. Peut-être qu'elle apprécie tout particulièrement nos ébats en tournage et peut-être qu'elle voudrait installer un certain climat dans notre intimité. Ce que je ne pourrais lui refuser. Compromis. Il faudrait que j'aborde la question mais… Mais la réponse me terrorise. J'ai peur qu'elle m'avoue vouloir continuer à être actrice avec moi, pour pimenter notre relation. Pourtant elle sait que je veux arrêter. Mais, et si elle voulait réintroduire la caméra dans notre couple un jour ? Merde. Je veux être une nouvelle personne. Je prends mon courage à deux mains.
— Clarke ?
— Oui ?
Elle décolle son nez de mon épaule pour me regarder. Je n'ose pas baisser mon visage vers le sien et fixe le plafond.
— Tu préfères me faire l'amour comme maintenant ou comme en tournage ?
— Ne t'ai-je pas dit l'autre jour que l'un n'empêchait pas l'autre ?
— Si. Mais je te demande ce que tu préfères.
— C'est difficilement comparable, mais je choisirais l'instant que nous venons de partager.
Sa réponse me soulage. Elle reprend :
— Ce n'est que toi et moi, bien sûr que je préfère. Je suis plus libre, moi-même, pas dans la performance. En tournage c'est de la réalisation de fantasmes enfouis, ça nous permet de tester des choses qu'on n'aurait peut-être pas eu l'audace de faire dans le privé.
— Tu aimes aussi me faire l'amour en tournage donc ?
— Oui. Pourquoi ? Pas toi ?
— Si, bien sûr ! Mais c'est différent…
— C'est ce que j'ai dit… Lexa…
Clarke se redresse pour se poser sur le coude et me surplomber, cette fois je ne peux pas fuir son regard qui capture mes yeux.
— Tu as peur que je te quitte si tu n'es plus Aphrodite ?
Sa capacité à lire en moi me sidère toujours autant.
— Oui… Que tu aimes beaucoup trop les tournages pour pouvoir t'en passer une fois que j'aurais donné ma démission à Alie…
— Parce que je suis tombée sous ton charme en tant qu'Aphrodite ? Tu as peur que je ne sois pas capable de t'aimer si Lexa redevient juste Lexa ?
— Je… je n'avais pas réfléchi si loin, mais oui, le fond de mon angoisse provient sûrement de là. Tu m'as admirée près de cinq ans en tant qu'actrice du X, et cela fait à peine cinq mois que nous nous connaissons. Même si je reste encore une année chez LFS, l'équilibre ne sera pas rétablie. Et peut-être que tu as besoin de ce défouloir que constituent les tournages.
Sans que je ne puisse anticiper son geste, elle se baisse vers moi pour m'embrasser tout doucement. Sa main vient caresser mon visage de la tempe au menton, son regard se veut rassurant.
— Comme tu l'as dit, cela ne fait que cinq mois que nous nous sommes rencontrées et on ne peut jamais prévoir de quoi l'avenir sera fait. Une chose dont je suis sûre néanmoins, c'est que je développe pour toi des sentiments bien différents que ceux que tu m'évoquais pendant ces cinq dernières années. Je passe de l'admiration à l'amour, parce que j'apprends à connaître la femme véritable que tu es. Je me détache de l'image d'Aphrodite pour m'approcher de Lexa. Que tu sois actrice pornographique ou serveuse, je serais toujours amoureuse de toi et plus de jour en jour. En revanche je ne vais pas te mentir. Sûrement que nos tournages me manqueront de par le caractère totalement débridé qu'ils m'apportent, mais je sais qu'on arrivera à faire sans, à trouver un substitut si besoin, ou tout simple à fonctionner différemment. Pour moi ce n'est pas un problème. Je sais qu'on y arrivera. Je ne dis pas que cela sera forcément facile, surtout pour toi qui a connu les tournages depuis si longtemps, mais j'ai confiance en toi, et en nous.
C'est à mon tour de l'embrasser. Ses paroles, loin de la descente aux enfers à laquelle je m'attendais, me rassurent au-delà de l'espéré. Je capture ses lèvres avec une passion qui me submerge et demande à se déverser à creux de sa bouche. Le baiser devient si intense que mon envie d'elle refait surface en un rien de temps. Je n'ai même pas besoin de lui répondre, elle comprend que je suis rassurée à la manière dont nous refaisons l'amour. La nouvelle Lexa a eu raison, parler de ses doutes permets d'éviter les prises de tête en solitaire et les angoisses inutiles.
Le 24 décembre, je photographie ma tenue devant la glace. Une petite robe noire que j'avais trouvée dans une boutique non loin de chez moi. Avec mon salaire qui ne part plus, j'ai eu le loisir de redécouvrir le shopping. La photo est envoyée à Clarke qui comme réponse m'envoie sa tenue. Elle resplendit dans une robe blanche, on dirait presque une mariée. L'idée me gonfle le cœur, mais je me retiens de lui évoquer cette image.
Alie porte un tailleur noir que je lui ai déjà vu arborer à la veille de rendez-vous importants, Charmaine a opté pour des vêtements plus simples, un jean noir très foncé et un chemisier qui laisse apercevoir la naissance de ses seins. Elles sont bien assorties.
L'enveloppe qui contient les billets de train me semble peser lourd dans mon sac. Si nous n'ouvrons les cadeaux que le 25 au matin, il va falloir que je pense à autre chose. Un petit sapin garni le salon, quatre cadeaux sont à son pied, je vais y ajouter mon enveloppe sous le regard de mes deux hôtes qui ne font aucune remarque.
La succession de plats du dîner me font complètement mettre mes peurs de côtés. Alie et Charmaine se sont surpassées. Tout est succulent, je suis complètement repue lorsque l'heure du coucher arrive.
— Je ne vais jamais pouvoir m'endormir avec tout ce que j'ai avalé ! m'exclamé-je alors que Charmaine ouvre la porte fenêtre pour aller fumer.
— Serait-ce une excuse pour repousser le moment de retourner dans ton ancienne chambre ? me demande Alie une fois que nous sommes seules.
— Au fond, peut-être…
— J'ai mis des draps neufs si ça peut te rassurer. Et tu peux toujours venir dormir avec nous si c'est trop difficile pour toi.
— Tel l'enfant que vous n'avez pas encore haha ?
— Voilà, ce sera un bon entraînement !
Rire me détend, Charmaine revient et nous allons nous coucher. Peu désireuses de traîner, bien trop pressées que la nuit passe pour pouvoir ouvrir les cadeaux. Un retour à la normal qui nous excite beaucoup plus que Noël en elle-même.
Le silence qui règne dans la chambre me donne des sueurs froides. J'ai l'impression que Costia va ouvrir la porte d'une seconde à l'autre et venir m'enlacer. Je ferme les yeux pour chasser cette idée, c'est Clarke que je devrais imaginer. Je me glisse sous les draps et attrape mon téléphone portable pour lui souhaiter une bonne fin de réveillon. Elle ne me répond pas, c'est qu'elle doit s'amuser et profiter de sa famille. J'ai déjà hâte de lire sa réponse le lendemain. J'éteins la lumière pour éviter de regarder ce papier peint qui fait remonter en moi trop de souvenirs. C'est dans ce décor que la première vidéo d'Alie a vu le jour. C'était aussi dans cette chambre que j'avais le plus fait l'amour à Costia. Je ferme les yeux. Le trop plein de nourriture m'empêche d'être assez paisible pour trouver rapidement le sommeil, ça et mon esprit qui turbine à fond. J'essaie de faire le vide et parvient à mes oreilles un bruit lointain. Un son que j'ai déjà entendu et que je connais, un son auquel nous nous étions habituée Costia et moi, qui nous donnait même parfois envie. Le doux bruit des gémissements d'Alie et Charmaine étouffé par l'épaisseur des murs. Fins et subtiles, nous n'avions pas tout de suite compris de quoi il s'agissait, mais il n'avait pas fallut longtemps à nos esprits en alerte pour réaliser que les échos s'apparentaient à des couinements de plaisir. Nous avions ri lorsque nous avions compris, puis nous avions été gênées, imaginant qu'elles pouvaient nous entendre nous aussi. Et la vie s'installe, et tout devient routine et habitude. Je me souviens que leurs gémissements étaient plus forts après une grosse engueulade… Ce soir, ils sont presque imperceptibles, mais mes oreilles habituées ont su reconnaître leur mélodie.
Je n'y aurais pas cru, et pourtant, c'est bien l'écho de leur union qui m'aide à trouver le sommeil. Je me réveille vers cinq heures du matin pour aller uriner. En passant proche du salon j'observe le sapin, comme un enfant espérant apercevoir le Père Noël, et pourtant, j'avais déjà vu les cadeaux à son pied la veille au soir. Je retourne me coucher avec la joie de pouvoir les ouvrir en me réveillant dans quelques heures.
Je pensais émerger seule, c'est la porte qui grince qui me tire de mes rêves. Je fais mine de dormir encore pour laisser Alie me sauter dessus. Je ne peux retenir un rire franc qui provoque celui de mon amie et de Charmaine visiblement non loin de là. Alie est avachie sur moi, en travers du lit. Elle tourne son visage vers le mien, ses cheveux sont encore en bataille.
— Bien dormi Lexa ?
— Ça peut aller !
— De toute façon on s'en fiche ! enchaîne-t-elle. C'est l'heure des cadeaux !
A peine a-t-elle le temps de finir sa phrase, qu'elle se lève et tire sur mes bras pour me forcer à bouger. Charmaine me récupère alors que je titube vers la porte. Nous rions encore avant de nous diriger au salon. Les cadeaux sont toujours là, mon enveloppe blanche faisant pâle figure au milieu.
— Mon cadeau pour vous en dernier, dis-je avant tout autre chose.
— Comme tu voudras !
Alie se jette en tailleur au pied du sapin et prend dans ses mains deux paquets. Charmaine fait de même, je les imite et attrape mon enveloppe. Alie débute en me tendant un cadeau. C'est une longue boite rectangulaire pas très large. J'ai peur que cela soit un sextoy, mais lorsque je retire le papier rouge et que j'ouvre la boîte en carton, j'y découvre un stylo flambant neuf et un papier roulé en tube. Mon instinct se porte vers le stylo. De très bonne facture, il brille sous les éclats de la lumière. Sur le bouchon est joliment gravé la marque Mont Blanc.
— Merci, dis-je sans trop savoir quoi dire d'autre face à cet étrange présent.
— Le plus important c'est la feuille, pas le stylo.
Intriguée, je déroule le tube blanc qui dévoile un contrat que je ne comprends pas tout de suite. En bas de page figure mon nom et mon prénom. Je lis l'en-tête, il s'agit d'une agence immobilière. Je relève les yeux vers Alie pour l'interroger du regard.
— J'ai trouvé un bel appartement pas très loin d'ici, il fait soixante-dix mètres carrés, trois chambres, une salle de bain, une cuisine spacieuse et bien équipe, et un magnifique salon qui donne sur une petite terrasse. Parfait pour vivre seule, parfait pour vivre à deux, ou à trois… Le loyer est dans tes moyens, si tu y vis avec quelqu'un vous pourrez mettre de côté, il ne manque que ta signature en bas du contrat. Bien sûr, on peut aller le visiter avant que tu signes.
Je n'ai pas les mots. J'ai à peine eu le temps de chercher un logement, je n'avais regardé des annonces qu'avec Clarke, et voilà qu'Alie m'avait mâché le travail.
— Merci… répété-je la voix un peu coincée. Je ne sais pas quoi te dire Alie… C'est trop… Merci.
— Ce n'est rien. J'ai discuté longuement avec l'agent qui m'a vendu le terrain des futurs locaux et il m'a trouvé cet appart magnifique. J'ai hâte que tu le vois, oh Lexa, tu vas l'adorer !
Ses yeux brillent, on dirait que c'est elle qui a reçu un cadeau. J'en suis toute émue. Je m'approche d'elle pour la serrer dans mes bras et lui chuchoter de nouveaux remerciements.
C'est au tour de Charmaine de me tendre son cadeau en précisant qu'il n'arrive pas à la cheville de celui de son amante. Son petit paquet vert dévoile une jolie boîte en tissu contenant un bracelet en or fin. La chaîne est d'une délicatesse infinie et en son milieu trône une petite perle d'un rouge intense et foncé. Il est tout simple mais très élégant. Je tends mon poignet à Charmaine pour qu'elle me l'attache, l'or et le rouge se marient parfaitement avec ma carnation.
— Il est superbe, remercié-je mon amie en admirant le bijou.
— Alie était presque jalouse, ironise Charmaine, mais c'était mon idée pour toi, je ne l'ai pas laissé te le voler !
— Il a dû te coûter une fortune !
— C'est que j'avais quelques Noël et anniversaires à rattraper !
C'est au tour du couple de s'échanger leurs présents. Alie offre à Charmaine un double de ses clefs, décidément elle est très appartement, auquel pend un porte clef refermant en son creux une photo du couple. Kitch à souhait, mais l'idée semble beaucoup plaire à Charmaine qui roule une pelle indécente à sa partenaire. Les joues en feu, Alie ouvre son paquet. Il s'agit d'un collier, sertie de la même perle qui orne mon poignet, un peu plus grosse et montée sur une chaîne en argent. A côté, une paire de boucles d'oreilles assorties.
— Il n'y avait pas que des bracelets, lance Charmaine sous le regard étonné de son amante. Et puis, je me suis dit que vous feriez la paire comme ça toutes les deux !
Alie lui saute au cou pour inonder ses joues de baisers.
Et le moment fatidique arrive. Tout comme Alie, j'ai choisi un cadeau plus sentimental que matériel. Pendant un quart de seconde j'ai envie de déchirer mes billets et de partir en courant. Mais je respire un bon coup et tend l'enveloppe à ma sauveuse. Alie la retourne dans tous les sens avant de l'ouvrir et d'en sortir les billets de train. Elle comprend immédiatement lorsque ses yeux se posent sur la ville de destination.
— Il y a quatre billets ? demande Alie en les tendant à Charmaine pour qu'elle puisse voir.
— Un aller-retour pour chacune, j'ai deux autres billets pour moi à la maison. J'aimerais qu'on y aille toutes les trois. Les dates sont encore modifiables…
— C'est une très bonne idée Lexa, me dit Charmaine en me posant une main amicale et légère sur l'épaule.
Alie reprend les billets et les fixe. Elle regarde l'heure et le jour, semble réfléchir, puis les remets dans le papier blanc.
— Il faudra acheter des Lys blanc, énonce-t-elle simplement.
— Je m'en occupe, réponds-je.
— Non, non, ce sera la première fois que je vais lui rendre visite, c'est à moi d'acheter les fleurs.
Une larme coule sur sa joue. Charmaine l'essuie. Je pense que la scène va s'arrêter là, mais une marrée de larmes vient mouiller le visage d'Alie, nous laissant toues les deux démunies. Nous décidons de la prendre dans nos bras à l'unisson. Alie cale son visage entre nous et se laisse aller à des sanglots que je ne lui avais jamais connu. Elle avait déjà pleuré lors du dîner où Clarke s'était enfuie, mais sa tristesse aujourd'hui n'a rien de comparable. Comme si elle voulait évacuer toute sa peine aujourd'hui et épargner ce spectacle à Costia.
Ma main cogne par intermittence contre celle de Charmaine alors que nous prodiguons des caresses réconfortantes dans le dos d'Alie. Petit à petit ce geste à son effet et mon amie se calme, se détache et nous regarde tour à tour, les yeux rouges et le nez coulant. Elle sourit. Malgré cet air triste, elle sourit.
— Merci Lexa, jamais je n'aurais été capable de le faire sinon.
— Ah là, je me sens un peu nulle de t'avoir faite pleurer un 25 décembre !
— Non, c'était nécessaire. Le meilleur cadeau que tu pouvais me faire.
Alie va sécher ses larmes, et sa morve. Pendant que Charmaine jette les emballages, je déverrouille mon portable. Clarke me souhaite un joyeux Noël que je m'empresse de lui retourner avec une photo du bracelet à mon poignet et une description du contrat de location. Elle me répond immédiatement avec une photo de ses cadeaux et une joie non dissimulée pour mon « futur nouvel appart ». C'est avec la photo que je me rends compte que je n'ai toujours pas trouvé le cadeau de Noël de Clarke… J'avais pensé à un bijou, mais c'est bien trop impersonnel. Quant à fabriqué quelque chose de mes mains, exclu étant donné mon talent artistique. Un week-end à la montagne maintenant que j'ai de l'argent à dispo ?
— Alie ?
— Oui ? me répond mon amie le nez encore tout encombré.
— Je n'ai toujours pas de cadeau pour Clarke… Je voudrais lui offrir quelque chose le 31.
Charmaine, qui a entendu ma question, se mêle au débat. Il nous tient toute la matinée pendant que nous dégustons un brunch de 25 décembre, telle le voulait notre tradition. Les œufs brouillés à la tomates de Charmaine m'avaient grandement manqué…
Le 31 décembre arrive à une allure folle. Mon cadeau pour Clarke est finalement bien au chaud dans mon sac à dos. Nous avons rendez-vous à 20h en bas de mon immeuble pour arriver à l'heure dans la maison familiale des Blake qui se trouve en périphérie de la capitale. De ce que j'avais compris, Octavia avait déménagé deux ans auparavant pour s'installer avec son petit ami, mais Bellamy vit toujours avec leurs parents. Paternels qui ne seront pas là ce soir. Apparemment il n'y aurait pas trop de monde, mais je ne sais pas ce que cela peut bien vouloir dire dans l'esprit de Clarke. Il est prévu que nous dormions sur place.
J'appréhende un peu de rencontrer ses amis, bien que j'ai déjà vu Octavia et Bellamy et que Clarke ait déjà dîné avec Alie et Charmaine, il demeure dans cet acte comme quelque chose d'officielle qui me met la pression. L'étape suivante étant la rencontre des parents…
Je tresse mes cheveux en m'observant dans le miroir pour m'appliquer, une éternité que je n'avais pas arboré cette coiffure, j'espère ainsi faire plaisir à mon amante. Mon portable vibre au moment où j'attache le dernier petit élastique. Je réponds rapidement avant de courir partout pour rassembler mes affaires, vérifier que je n'oublie rien, et je sors en trombe. Je transpire presque lorsque j'arrive devant la blonde. Elle se marre en comprenant que je me suis pressée et dépose un léger baiser sur mes lèvres avant de m'attraper le bras pour me traîner jusqu'à la station.
Le trajet est assez long bien que le temps passe toujours à une vitesse folle à ses côtés. J'ai envie de poser ma main sur sa cuisse dans les transports, mais je me retiens de peur d'attirer l'attention. Ridicule étant donné qu'on pourrait me reconnaître, nous reconnaître, et qu'être actrice de porno lesbien pourrait être plus préjudiciable que d'être tout simplement en couple avec une femme.
Les lampadaires nous guident de la gare un peu glauque jusqu'au quartier résidentiel de la maison des Blake. Cela me fait drôle de me dire que je vais boire, manger et dormir dans la maison de l'avocat qui va assurer ma défense contre Jaha. Ce monde est si petit.
Clarke pousse un portail blanc et nous empruntons un chemin dallé. Juste devant la porte – qui arbore un fier « Joyeuses fêtes de fin d'années » – elle s'arrête et glisse sa main dans la mienne.
— Pas trop stressée ?
— Tu sais bien que si…
— Ça va aller Lexa, ils t'adorent déjà !
— J'espère que tu ne sous entends pas qu'ils adorent déjà Aphrodite…
— Non ! Tu sais bien que je leur ai parlé de toi en tant que Lexa, la femme que j'aime, pas la star du X.
— Oh…
Sa réponse m'émeut. Pour la remercier, je me penche sur ses lèvres et lui donne une baiser plus profond que devant mon immeuble. Elle se laisse aller et je sens même poindre le bout de sa langue. En nous décollant, je la regarde en riant et lèche mon pouce pour essuyer de son rouge à lèvre bordeaux qui a bavé. Elle me rend la pareil pour effacer le maquillage que j'ai voulu lui voler et son index s'écrase sur la sonnette. C'est un jeune homme que je n'ai jamais vu, brun les cheveux courts, notre âge, qui vient nous ouvrir.
— Clarke ! s'exclame le garçon. Ce qui fait de toi Lexa ! Enchanté, je suis Atom, mais tu peux m'appeler Tom ! Parce que entre nous, Atom, c'est un peu ridicule… Mais je ne t'en voudrai pas si tu tiens à prononcer mon prénom en entier !
— Tom ! le rabroue Clarke. Laisse-la respirer !
Il se marre, d'un rire assez marqué qui entraîne celui de ma partenaire et qui me pousse aussi à sourire.
— Clarke ! Lexa !
Octavia vient de débarquer derrière l'homme qui bouche l'encadrement de la porte. Elle le pousse en s'appuyant sur ses épaules et il fait mine de chanceler. Octavia nous invite à entrer et referme derrière nous.
— C'est toi qui ouvre maintenant ? demande Clarke à Atom.
— Je passais près de la porte... chuchote l'intéressé avant de se reprendre, je suis groom maintenant ! J'ai décidé de changer de voie, d'ailleurs mesdames je vais prendre vos affaires.
Il mime un geste de la main qui nous invite à nous débarrasser de nos sacs puis de nos manteaux. Atom prend les doudounes avec soin et tourne sur lui-même afin d'aller les accrocher contre le mur. Octavia s'empare des sacs avant qu'il ne fasse n'importe quoi.
— Fais pas attention à lui, me dit Octavia, il est né pour faire le pitre. C'est un ami d'école d'ingé de Bellamy.
— Je ne te permets pas, se défend Atom en se tournant vers nous. M'enfin, c'est grâce à mon humour et mon sens de l'auto dérision légendaire que je suis devenu ami avec ton frère puis avec toi et Clarke ! Alors, je ne m'en plaindrai pas. Mais sur ce, gentes dames, je vous laisse, je m'en vais dans les lieux d'aisance, ma destination première…
Clarke secoue la tête vivement, désespérée, et les deux m'entraînent dans le salon.
— Vous êtes arrivées les dernières, nous apprend Octavia.
Tous les convives sont donc là, Clarke n'avait pas menti, il y a peu de monde, me voilà rassurée. Je reconnais Bellamy qui discute avec une jeune femme. Mais Clarke et Octavia m'amènent vers un groupe de trois qui discutent avec un verre à la main. Il s'agit de Joséphine, Tristan et Lincoln. J'essaie de retenir au maximum ce qu'on me dit d'eux. Lincoln est le compagnon d'Octavia, cette information devrait être facilement assimilable, et travaille en tant que manutentionnaire dans une firme dont le nom m'échappe. Tristan est un ami d'enfance de Bellamy et Octavia, il termine ses études littéraires. Joséphine est sa petite amie, elle était chargée de TD dans la fac de Tristan, aujourd'hui elle est en passe de devenir prof dans la dite fac. Clarke me présente brièvement, sous ma gêne palpable, et nous amène ensuite saluer Bellamy et une certaine Gina, amie de fac de Clarke.
Les présentations sont faites, la glace est brisée, je crois que le réveillon de la Saint Sylvestre peut commencer. Une boule de chaleur monte en moi, il va falloir que je sociabilise pendant des heures avec ces gens. J'avais eu du mal à l'anniversaire de Milles auquel Raven m'avait invitée, mais ce soir il y a Clarke à mes côtés, serait-ce suffisant pour me mettre à l'aise ?
Plein de choses importantes dans ce chapitre qui vont permettre d'avancer dans le récit : la future visite de la tombe de Costia, l'arrivée de Bellamy et Octavia dans l'intrigue, Clarke et Lexa qui sont de plus en plus proches… Je vous promets un tome 2 rempli d'action !
Profitez de l'été, sortez masqués, et bon courage !
