Hey ! Après presque trois mois de pause, je vous présente de chapitre 6 de ce tome 2. J'espère pouvoir reprendre un bon rythme d'écriture, mais ce n'est pas gagné. Néanmoins, comme je l'ai déjà dit, cette histoire ira à son terme, restez donc à l'affût, la suite viendra !
Petit récap', Lexa et Clarke sont en train de fêter le Nouvel An chez Octavia et Bellamy. Enjoyez la suite de cette soirée !
Deux petites tables sont collées contre le mur, elles supportent boissons et amuses-bouches. De ce qu'Octavia m'explique, nous allons ensuite tous dîner autour d'une table, pour un vrai repas. Comme nous n'étions pas beaucoup, elle et son frère avaient préféré ce schéma à un buffet, ils trouvaient cela plus conviviale, plus familiale. A l'entente de ce mot une pression nouvelle appuie sur mes épaules, c'est belle et bien comme si je rencontrais la famille de Clarke. Mais au fond, cela me fait plaisir, mon cœur se sent enrobé d'une douce chaleur. Si elle me présente aux personnes qui comptent le plus pour elle c'est qu'elle tient réellement et profondément à moi…
A table je me retrouve entre Clarke et Octavia. J'aurais bien aimé m'asseoir près d'Atom avec qui j'ai fait plus ample connaissance et qui me plais beaucoup. A côté de Clarke se trouve Bellamy. Cette composition ne me choque pas à ce moment précis de la soirée, mais je me rendrais compte plus tard à quel point il allait chercher le contact de Clarke à tout prix.
Le repas est somptueux, ce sont Octavia, Lincoln et Bellamy qui ont cuisiné et ils y ont visiblement mis du cœur. Cassolettes d'écrevisses en entrée, rôti de pintade farcie accompagné de ses pommes de terre grenailles sauce gribiche pour le plat de résistance, et galette des rois maison en dessert. Ce dernier met m'intrigue, mais je comprends vite qu'il a été préparé pour amuser la galerie.
— Celle ou celui qui aura la fève, annonce Lincoln, devra se choisir une reine ou un roi. Ils auront ensuite obligation d'aller se déhancher sur la piste de danse les premiers. Je vous ressers un peu d'alcool si vous en ressentez le besoin !
Tout le monde se met à rire et je vois du coin de l'œil Octavia augmenter le son de la musique.
— Il nous faut une âme innocente pour se cacher sous la table et distribuer les parts. Lexa ?
Lincoln me désigne avec la pointe du couteau.
— Tu es la nouvelle du groupe, enchaîne Octavia.
— Allez, me dévoué-je avec entrain.
Je me glisse sous la table, aux côtés des jambes de Clarke, pendant que Bellamy est chargé de diviser la galette en huit parts. Mon amante en profite pour me caresser doucement l'épaule du plat de son mollet. Une fois la galette divisée, Bellamy me demande à haute voix à qui je souhaite distribuer les parts. La manœuvre m'amuse et m'offre des souvenirs d'enfance que je n'ai jamais vécu dans ma propre famille. Je me sers la dernière et remonte sur ma chaise, tout sourire. Les convives commence à piocher dans leurs morceaux de galette quand…
— Ah ah ! s'exclame Bellamy. Je suis votre roi !
Atom se marre en regardant son ami retirer la fève de sa bouche. Il s'agit d'une petite figurine à l'effigie d'un personnage que je n'arrive pas à identifier. Sûrement un dessin animé que je n'ai jamais vu mais qui doit faire écho dans la petite bande. Octavia tend à son frère une couronne argentée en papier et lui somme de choisir une reine. Bellamy fait mine de réfléchir et se tourne finalement vers sa voisine à laquelle il fait une petite révérence. Il pose la couronne sur le crâne de Clarke qui ricane à son tour. L'homme lui prend le bras et imite un baise-main dans lequel aucun contact n'a lieu. Octavia se frotte les mains et augmente encore le son. Alors qu'aucun des convives n'a terminé sa part de galette – et ce n'est pas un manque puisque personne ne semble avoir encore faim – Bellamy entraîne Clarke sur la piste de danse improvisée dans un coin du salon.
Lincoln se lève pour aller éteindre la lumière et faire rayonner des spots lumineux, la fête commence bel et bien. Il reste une heure à peine avant minuit.
La danse que partage Clarke et son ami ne me dérange pas au début, mais me semble de moins en moins amicale au fil des notes. Les bras du jeune homme viennent se creuser une place au sein des hanches de mon amante qui ne semble pas reculer ni refuser le geste. Ils sont amis de longue date, après tout, la proximité physique fait aussi partie de ce genre de relation. Les autres invités se joignent à eux pour danser, je préfère rester assise encore un peu pour observer. Et puis, je ne serais à l'aise qu'auprès de Clarke pour danser. Pour l'instant, elle est agrippée à son meilleur ami… C'est lorsque Bellamy pose le plat de ses mains sur le début des fesses de Clarke que mon sang commence à chauffer. La jalousie me fait tourner la tête. Ma mâchoire se resserre, la blonde se laisse complètement faire. Mes jambes frétillent, je suis prête à me lever, mais la musique se termine, et avant que la suivante ne démarre, Clarke retire la couronne pour la poser sur la tête de Bellamy. Le jeune garçon rit et approche ses lèvres de la nuque de sa partenaire. Cette fois, mon amante pose ses mains sur les épaules robustes du brun pour le repousser et empêcher le baiser. Elle semble avoir un rire gêné et se délaisse de l'homme sans ne rien lui dire. Elle se tourne, guillerette et arrive dans ma direction. Je décide de ne rien laisser paraître.
— Pardon de t'avoir abandonner si longtemps Lexa !
— Ce n'est rien…
— Tu viens danser avec moi ?
La main qu'elle me tend et son regard pétillant me font tout oublier. Je glisse mes doigts dans les siens et elle m'entraîne contre elle. Je me laisse aller sur son épaule, je me colle à son corps pour tournoyer au milieu des autres danseurs. Je n'entends même pas la musique, mes yeux fermés ne veulent qu'imaginer Clarke et moi, seules, enlacées. Je finis par retrouver la réalité pour venir l'embrasser doucement. Elle accepte le baiser et enroule ses bras autour de mon cou pour faire durer l'instant. Parfois le bout de sa langue s'aventure sur mes lèvres, nous restons discrètes. Un flash me tire de mon rêve éveillé. Nous tournons la tête vers une Octavia au regard espiègle qui agite un carré blanc dans les airs. Après quelques secondes elle le regarde et je remarque l'appareil photo Polaroid dans son autre main. Elle s'approche de nous pour nous tendre le carré blanc qui est à présent recouvert d'une image capturé d'un baiser entre Clarke et moi.
— Vous êtes belles ! s'enthousiasme-t-elle.
Clarke attrape le cliché pour mieux le regarder. Je me penche contre elle afin de le voir aussi.
— Oh, chuchote presque imperceptiblement la blonde, c'est vrai qu'elle est belle cette photo…
Le cliché m'émeut. Nos deux corps enlacés, nos deux visages si proches, toutes les deux dans nos tenus de soirée, le filtre un peu vieillot du Polaroid. Tous ces ingrédients donnent à la photo un aspect romantique et chaleureux.
— Je vais la ranger dans mon sac pour ne pas l'abîmer, dit Clarke.
Je décide de la suivre. Nous nous retrouvons seules dans la chambre. C'est le moment idéal pour lui offrir mon cadeau. Je me penche pour attraper mon sac et farfouiller dedans pendant qu'elle range sa photo. Avant que je n'ai eu le temps de mettre la main sur le paquet, je sens Clarke venir se plaquer dans mon dos. Sa bouche frôle mon oreille.
— Tu es magnifique avec cette coiffure Lexa.
Mon cœur s'emballe. Je lâche mon sac pour me retourner et lui donner un baiser puissant. Cette fois je ne retiens pas ma langue qui vient directement chercher la sienne. Clarke a un petit rire et resserre son étreinte pour plaquer sa poitrine contre moi et m'embrasser de plus belle. Nous sommes interrompues par le bruit de la porte qui s'ouvre.
— Oups…
Nous nous retournons vers Bellamy, gêné d'avoir interrompu quelque chose.
— Pardon, je… Il est bientôt minuit alors je venais vous chercher…
— Oh pas de soucis Bel', on arrive !
Il referme la porte et je rougis, embêtée. Clarke sort son portable pour regarder l'heure, 23h50.
— Il nous reste dix minutes… m'apprend-elle avec un regard lourd de sens.
— Oui mais si on rate le compte à rebours je vais avoir la honte de ma vie lorsqu'on devra retourner en bas…
— Tu n'as pas besoin de plus de cinq minutes…
Son regard devient félin et elle retrouve ma bouche avec violence. Dans le mouvement elle me pousse pour me plaquer contre un des murs de la pièce. J'ai à peine le temps de comprendre ce qui m'arrive que mon envie d'elle est déjà à son paroxysme. Je le sens dans tout mon corps. Je sais que ma jalousie récente aide. Savoir qu'elle me veut à ce point m'électrise. En quelques secondes elle libère mon sexe et s'agenouille pour le trouver avec sa bouche. Sa langue humide me fait lâcher un soupire profond. Je retiens le reste de mes plaintes. Quoique la musique forte pourrait cacher mes cris les plus intenses. Je glisse mes doigts dans ses cheveux pour l'encourager. Et il s'avère que sa prédiction est exacte. En moins de cinq minutes je suis parcourue par un orgasme intense. Clarke m'offre encore quelques coups de langues avant de remonter m'embrasser. Le goût et l'odeur de mon intimité contre ses lèvres me gonfle la poitrine. Moi aussi j'aimerais la lécher… Elle s'éloigne et reprend son téléphone.
— Si j'étais toi je remonterai tout ça, il ne reste que quatre minutes avant minuit.
Je ris en me rhabillant et je l'attrape par la taille avant qu'elle n'ouvre la porte. Je la mords doucement dans le cou et je plaque une main sur sa bouche pour essuyer la zone qui fut précédemment en contact avec mon sexe.
— Il ne faudrait pas que les autres sentent une odeur inappropriée lorsque tu leur souhaiteras la bonne année…
Mon regard coquin la fait frémir. Je lui envoie une petite claque sur les fesses et nous rejoignons le salon en riant.
Tout le monde semble en effervescence, attendant patiemment le moment de hurler les dix dernières secondes de l'année. Les couples se tiennent la main, les amis sont bras-dessus bras-dessous, j'attrape le bras de Clarke pour me coller à elle. Bellamy nous regarde, je lis un message étrange dans ses yeux. Je n'ai pas le temps de m'en préoccuper, Octavia commence à hurler le nombre « dix » et tout le monde la suit en criant le « neuf ».
Au chiffre « un » mon cœur s'arrête, mes doigts pressent le biceps de mon amante que j'agrippe. Un cri formant les mots « bonne année » s'élève dans les airs et sors de mes poumons. La joie est à son comble, Clarke se jette sur ma bouche. Le baiser est court, elle le délaisse pour plonger son regard bleu dans mes yeux.
— Je te souhaite plein de belles choses pour cette nouvelle année Lexa, tu le mérites.
— Clarke… Toi aussi… J'espère apprendre à te connaître encore plus pendant l'année à venir. Bonne année…
Ma bouche retrouve ses lèvres tendres. Elle a encore le goût de mon sexe, tapi au fond de sa langue. Lorsque je m'en rends compte je me détache, je ne voudrais pas me donner en spectacle. Je frotte mon nez contre le sien et une sensation étrange me fait tourner la tête sur la gauche. Je surprends Bellamy en train de nous observer. Sa couronne lui glisse sur les yeux. Clarke se marre, n'ayant rien remarqué, et elle se jette à son cou pour lui souhaiter la bonne année. Le garçon me regarde par dessus son épaule avec un air de défi qui me fais frémir. Je n'ai pas le temps d'aller les rejoindre car Octavia me prend dans ses bras pour me souhaiter une heureuse année.
— Je suis heureuse d'avoir fait ta connaissance Lexa, j'espère bien te voir un peu plus souvent !
— Ce sera avec plaisir ! Et je ne t'ai jamais remerciée… Pour avoir donné les coordonnés de ton père afin qu'il défende mon cas et celui des autres filles…
— Ne me remercie pas, c'est son travail ! Moi je n'ai fait que le mien en tant qu'amie. Tu mérites justice Lexa.
— Merci.
Elle me fait un clin d'œil avant qu'Atom ne vienne l'attraper pour lui faire la bise. En à peine quelques secondes j'ai fait le tour des invités, souhaitant du bonheur à de quasi inconnus, ne me reste que Bellamy. Je m'approche de lui avec méfiance, Clarke est dans les bras de sa meilleure amie, elles ne sont pas très loin. Je toise le garçon.
— Bonne année.
J'essaie de ne pas paraître trop froide. Il se penche pour déposer un baiser sur chacune de mes joues, il a l'air d'être insistant. A son odeur, je comprends qu'il a trop bu.
— Bonne année Lexa. J'espère que tu rendras Clarke heureuse. Je t'attends au tournant !
— Comment ça ? lui réponds-je sur la défensive.
— Si tu lui fais du mal, je serais là pour la consoler…
Je n'ai pas le temps de rétorquer car Clarke et Octavia arrivent sur nous. Le jeune homme me lance un clin d'œil avant de se faire happer par l'accolade de sa sœur. La blonde passe de l'autre côté pour prendre Bellamy en sandwich. Il en profite pour glisser son bras autour de sa taille. Mon cœur se serre.
— Parce que tu vois Lexa, reprend Bellamy pour terminer son idée, tous les trois nous sommes les meilleurs amis du monde, rien ne pourra jamais nous séparer. Rien ni personne.
— Arrête Bellamy, ricane Clarke qui a visiblement trop bu elle aussi. Tu vas lui faire peur !
— Mais ouais, c'est quoi ça Bel ! s'exclame la sœur. Laisse une chance à Lexa quand-même !
Le garçon ouvre la bouche pour me répondre, mais se ravise, sans doute un moment de lucidité qui perce les effets de l'alcool, et il se contente de me sourire, un peu faussement. Je ne relève pas, j'essaie de ne pas voir son affront comme une attaque, j'essaie de me dire que, depuis le début de la soirée, son comportement est dû à l'alcool.
Clarke se détache de ses deux amis afin de venir se coller à moi, elle m'entraîne contre elle pour nous faire valser au milieu des autres invités qui n'ont pas tardé à se remettre à danser. Bellamy et Octavia font de même, j'oublie ma rancœur.
La fête se prolonge jusqu'en début de matinée, il fait encore nuit mais on sent que le soleil n'est plus très loin de la ligne d'horizon. Clarke a arrêté l'alcool et je sens qu'elle a bien désaoulé. C'est le moment idéal pour lui offrir mon cadeau. Je monte discrètement à l'étage pour aller le chercher. Il tient dans une toute petite boîte cadeau que j'avais trouvée histoire de rendre la présentation impeccable. De retour dans le salon, je me penche à l'oreille de Clarke pour lui chuchoter de me rejoindre dans le jardin. Je dois chuchoter car la musique est éteinte depuis longtemps, tout le monde à présent est assis où il a trouvé de la place et discute paisiblement et lascivement de divers sujets. Mon amante me regarde avec un petit sourire en coin et se lève, le corps visiblement ankylosé par la fatigue et les quelque restes d'alcool, et se joint à moi. Nous sortons sans nos manteaux mais ce premier matin de l'année n'est pas très froid. La veille encore j'aurais pu me promener en pull. Je cache le paquet dans mon dos, je crois qu'elle ne l'a pas aperçu. Nous nous adossons au mur de la maison.
— Tu voulais prendre l'air ? me demande-t-elle tout simplement.
— Je voulais me retrouver un peu seule avec toi. Pour t'offrir ceci…
Je dévoile la petite boîte. Un sourire ému et coquin s'imprime sur son visage.
— Oh, attends, je vais chercher le tien !
Avant que je n'ai eu le temps de répondre, elle se précipite dans la maison et reviens quelques secondes plus tard, toute essoufflée, avec une pochette cadeau très élégante.
— Je veux t'offrir le mien en dernier, lui dis-je sans lui laisser le choix.
Elle ricane et me tend son cadeau. Je lui offre le mien en lui intimant de ne pas y toucher. Mais elle est trop occupée à scruter ma réaction pendant que j'ouvre son présent. La pochette cartonnée dévoile une parure de sous-vêtements aux couleurs acidulées. Dans les tons turquoises et mauves, une dentelle fine.
— C'est magnifique, soufflé-je, ça a dû te coûter une blinde…
— On s'en fiche du prix ! J'avais envie de te faire plaisir. Je ne dis pas que tes sous-vêtements sont nuls hein, mais il m'a semblé comprendre que tu n'en avais pas acheté depuis longtemps, et je vois bien comment tu baves sur ceux de LFS, alors…
— Merci beaucoup…
Je m'approche doucement pour lui donner un baiser.
— A ton tour.
Je remets la parure dans son emballage et je l'observe scruter la boîte sous toutes ses coutures. Ses yeux pétillent de curiosité. Elle l'ouvre pour en sortir un petit porte-clef auquel pendouille maladroitement une réplique de raton laveur. Je me mords l'intérieur de la joue, fière de la confusion que j'arrive à lire sur son visage. Elle le porte à hauteur de son regard pour l'observer. Je vois que sa fatigue ne l'aide pas à comprendre. Je vois aussi qu'elle hésite à me remercier. Je la coupe avant qu'elle ne se sente mal à l'aise.
— L'important ce n'est pas le porte-clef, bien que je trouve ce raton laveur très mignon, mais c'est ce que tu y accrocheras.
— Ce que j'y accrocherai ? répète-t-elle visiblement complètement perdue.
— Tu te souviens de l'appartement qu'Alie m'a trouvé ?
— Évidemment.
— Eh bien je me disais qu'une fois les clefs en ma possession je pourrais t'en offrir un double. Ainsi, tu pourrais venir me voir dès que l'envie t'en prendrais. Je ne te demande pas d'emménager avec moi parce qu'il est encore trop tôt pour ça, tu me l'as dit toi-même, alors je te propose le double de mes clefs. Joyeux Noël et Bonne Année, Clarke.
— Lexa…
Son incompréhension se transforme en surprise puis en une émotion forte que je n'arrive pas vraiment à deviner. Elle sert le petit animal au creux de sa main et fonce sur moi pour m'enlacer. Ses bras s'enroulent autour de mon buste et je me retrouve complètement plaquée contre elle. Sa chaleur me réchauffe le corps et l'âme, je ferme les yeux pour profiter et pour nous imaginer dans mon futur appartement. J'ai hâte de le visiter pour pouvoir me projeter encore plus.
— Merci, souffle-t-elle au creux de mon oreille, c'est le meilleur cadeau que j'ai eu cette année. Enfin, l'année dernière je veux dire, enfin, tu me comprends !
Mon être est parcouru d'un soubresaut provoqué par le rire. Je la sers un peu plus pour lui signifier ma compréhension. Je blottis mon nez dans sa nuque.
— T'as le nez froid ! s'exclame Clarke en frissonnant.
— Pardon !
Je commence à me détacher mais elle exerce une pression pour que je garde ma position.
— Non, reste, je vais te le réchauffer.
Le moment qui suit est une étreinte silencieuse. Seuls le bruit du vent et quelques chants d'oiseaux nous enveloppent. Il me semble reconnaître une ou plusieurs mésanges. Des restes des apprentissages de mon père… Mon père… Peut-être qu'il serait enfin temps de reprendre contact. Le frère de Costia m'avait appris qu'il sombrait dans la folie, mon retour pouvait soit accentuer son mal, soit le calmer. Dans les deux cas, j'avais une certaine responsabilité auprès de cet homme qui m'avait élevée et nourrie pendant des années. Quand bien-même il m'avait viré si lâchement de sa vie. Justement, mon pèlerinage sur la tombe de Costia avec Alie et Charmaine serait l'occasion parfaite pour le revoir. Pour l'instant je ne veux pas partager cette idée avec Clarke, il faut que je la médite, et puis, je ne veux pas gâcher ce moment que nous partageons.
Moment auquel nous sommes obligées de mettre fin lorsque la porte vitrée qui s'ouvre nous ramène à la réalité. C'est Bellamy qui passe la tête par la fenêtre.
— Tristan et Joséphine rentrent chez eux, je pensais que vous voudriez leur dire au revoir.
Nous le suivons à l'intérieur. Certains sont toujours affalés sur les canapés, d'autres sont déjà en train de faire la bise au couple qui s'en va.
— Content d'avoir fait ta connaissance, me dit Tristan après avoir baisé ma seconde joue. J'espère que nous aurons l'occasion de faire plus ample connaissance !
— Ce serait avec plaisir, vous formez un couple très sympathique tous les deux.
Joséphine sourit à mon compliment avant de me faire la bise à son tour. Tout le monde les saluent et ils passent la porte d'entrée qui dévoile un ciel de plus en plus clair.
— Si certains veulent aller se coucher, intervient Octavia, n'hésitez pas. Je sais que certains vont vouloir faire une nuit blanche complète.
Mon corps choisit ce moment précis pour déclencher un bâillement sonore que je ne parviens pas à retenir. L'assemblée se met à rire et Clarke glisse sa main dans la mienne.
— Eh bien, je pense que nous on va essayer de dormir un peu.
— Je vais vous suivre, dit Octavia en se frottant les yeux.
— Je ne vais pas tarder non plus, répond Atom qui a les yeux rouges.
Nous nous souhaitons des bonnes nuits et bonnes fins de soirée, ou de mâtinée, avant de nous diriger toutes les trois vers la chambre. En plus du grand lit qui y trône, il y a un matelas deux places au sol.
— Le grand lit est pour vous, nous apprend Octavia, je vais dormir par terre et Bellamy me rejoindra s'il veut se reposer.
Un frisson dont je n'arrive pas à définir la nature me parcourt l'échine lorsque je m'imagine dormir dans la même pièce que son frère. Je m'arrange pour me mettre du côté du lit qui est le plus proche du matelas à terre. Ainsi, Clarke sera le plus éloigné possible de son meilleur ami duquel je n'ai toujours pas digéré le comportement et les propos.
Nous nous glissons toutes les trois sous les couettes, Clarke se blottit contre moi.
— Merci de m'avoir invitée, lui dis-je doucement.
— Je l'aurais forcé s'il elle ne l'avait pas fait, me répond Octavia en riant.
— Alors merci Octavia haha !
— Hé ! s'exclame Clarke. Je comptais l'inviter depuis longtemps !
— Avec toi, on ne sait jamais.
— Ne vous battez pas, merci pour cette belle soirée.
Les deux amies me répondent à l'unisson. Je m'endors en quelques secondes alors qu'elles commencent une discussion.
Je ne sais pas encore très bien où je vais avec Bellamy qui insiste autant auprès de Clarke, mais je vais essayer de créer un peu de suspense autour de lui et de sa relation à Clarke. Je vais réfléchir aussi à comment bien développer l'histoire avec le père de Lexa. En espérant vous retrouvez vite ! Et en espérant aussi que nous n'allons pas vers un nouveau confinement (même s'il me permettrait d'écrire...)
