Bonjour ! On se retrouve avec un nouveau chapitre, je suis désolée je n'ai pas réussi à retrouver un rythme régulier, néanmoins, le prochain chapitre est déjà en cours d'écriture, c'est plutôt bon signe ! Mais avec le confinement le moral n'est pas trop là et c'est donc difficile pour moi d'écrire… En attendant que la joie revienne, je vous propose le chapitre 7 ! Enjoy :
La nuit fut courte. J'émerge aux alentours de 13h à cause d'une envie d'uriner. Je me lève doucement pour ne pas réveiller le petit monde qui dort. Clarke semble paisible, la tête à moitié enfouie dans l'oreiller. Je la regarde un instant avant de sortir. Lorsque je reviens, je vois Bellamy allongé aux côtés de sa sœur. Il a fini par aller se coucher, comme prévu. Sans défense, il a l'air beaucoup plus appréciable. Je ne réalise toujours pas sa façon qu'il a eu d'agir tout au long de la soirée. Est-il comme ainsi au naturel ? Clarke s'est-elle habituée au point de ne plus du tout y prêter attention ? Je trouve tout de même cela étrange pour une relation amicale, Bellamy avait l'air très intéressé par mon amante… A les voir tous les deux dans leurs songes, ils paraissent pourtant inoffensifs, mais lequel allait me faire le plus de mal ? Cependant, pourrai-je m'en plaindre vu tout le mal que j'avais déjà fait subir à Clarke ?
Au moment où je me glisse sous les draps à ses côtés, la jeune femme se retourne et ouvre les yeux, elle ma salut en silence. Je m'approche de son visage pour lui demander si elle a bien dormi.
— Pas assez, mais je n'ai plus sommeil… On se lève ?
— Un petit câlin avant…
Je me blottie tout contre elle et colle mon nez au-dessus de sa poitrine. Il y fait chaud et doux. Je ferme les yeux pour laisser la fatigue m'emporter quelques instants. Le silence de sa respiration m'apaise. Son odeur est comme un souvenir de nos premiers instants. Je finis par me redresser et l'inviter à se lever. Nous nous habillons le plus silencieusement possible avant de quitter la chambre. En bas, Lincoln est le seul survivant.
— Tu ne t'es pas couché ? demande Clarke en le saluant.
— Hey ! Non, je suis plutôt insomniaque, à cette heure je n'aurais jamais réussi à m'endormir. J'ai préféré faire le ménage.
En effet, la maison est propre, on en douterait qu'une fête avait eu lieu ici pour le 31. Il est en train d'essuyer un des plats en fonte qui avait servi au dîner.
— O' a de la chance de t'avoir.
— Je te vois venir Clarke, parce que je fais le ménage ?
— Oui…
— Allons bon, une féministe doit aussi apprendre à déconstruire ses schémas de penser. Ce n'est pas un exploit que je participe aux tâches ménagères.
— Ta rhétorique parfaite m'énerve toujours autant !
Les deux amis se mettent à rire sans que je ne saisisse réellement la portée de cet échange.
— Vous avez faim les filles ?
— Pas tellement, réponds-je.
— Un café serait parfait !
— Pour toi aussi Lexa ?
— Je n'aime pas vraiment ça… Un verre d'eau m'ira très bien.
— Et pourtant elle n'a pas bu d'alcool ! ricane Clarke.
— Pas trop la gueule de bois toi d'ailleurs ? lui demande Lincoln en s'affairant dans la cuisine.
— J'ai un peu mal au crâne je dois avouer…
— Alors un grand verre d'eau pour toi aussi !
Nous nous essayons face au comptoir qui sépare le salon de la cuisine et il dépose un verre devant chacune. Clarke boit le sien d'une traite avant d'accueillir son café avec envie. Je sirote mon eau à la même vitesse qu'elle sa boisson chaude.
— Ça se passe bien avec Octavia en ce moment ?
Clarke pose cette question en toute impunité. Le garçon se sert une tasse de café et s'assoit face à nous pour être à l'aise.
— Tu ne vas pas chercher ce genre d'informations auprès d'Octavia d'habitude ?
— Si ! Mais justement, pour une fois je voulais ton avis à toi. C'est rare que je me retrouve avec toi sans elle, alors j'en profite, tu es mon ami aussi !
— Ça me touche… Je dirais que tout se passe bien. On a évoqué l'idée de s'installer ensemble lorsqu'elle aurait terminé ses études, je pense que cela veut dire que tout s'annonce pour le mieux !
— Depuis combien de temps vous êtes ensemble ? demandé-je pour m'intéresser à la conversation.
J'ai aussi peur que Clarke parle de mon futur nouvel appartement duquel je lui avais offert le presque double des clefs. Sans savoir pourquoi, je voulais que cette information reste entre nous tant que je n'avais pas les véritables clefs en ma possession.
— Ça fera quatre an cette année que j'ai swipé du bon côté.
Devant mon regard interrogatif les deux amis se marrent. Lincoln reprend :
— On s'est rencontré sur une appli, tout simplement. On s'est liké tous les deux, on a bien accroché, après quelques jours à discuter on a décidé d'aller voir un film, et nous voilà aujourd'hui, quatre an plus tard, toujours ensemble.
— Ah bah comme quoi ! m'exclamé-je. Les détracteurs des rencontres Internet peuvent rager !
— Sans ça, nos chemins ne se seraient sans doute jamais croisés. La fille de bonne famille, étudiante à l'université de Droit qui rencontre le manutentionnaire élevé dans une banlieue crasseuse. Heureusement qu'Internet permet le brassage social !
— Oh, tu es un peu dur Lincoln, rouspète Clarke. Il y a bien des hasards qui arrivent dans la vie. Vous auriez pu vous croiser dans un train, dans un commerce, à un arrêt de bus !
— Évidemment, mais je ne suis pas sûr que je l'aurais abordée, ou bien qu'elle m'aurait abordé ! Les applis, ça aide à faire le premier pas. Il n'y a que la position géographique qui compte.
— Et la beauté, ajoute Clarke.
— Et la beauté, soit. Mais bon, dans la rue aussi, ou dans un bar, tu vas rarement draguer une personne que tu ne trouves pas à ton goût.
Leur conversation m'amuse. Je les regarde tour à tour en les dévorant des yeux. Surtout Clarke. Bien que le jeune homme ultra musclé soit très agréable à observer lui aussi. Sa chemise de soirée blanche qu'il a toujours sur le dos sculpte ses muscles d'une façon presque indécente, sa peau noire transparaît faiblement au travers du tissu. S'il s'était agit de Bellamy, j'aurais été jalouse que Clarke pose son regard sur lui… Cette pensée me fait tourner la tête pour me concentrer sur mon amante.
— J'ai toujours trouvé votre couple parfait, reprend Clarke, déjà parce que vous êtes beaux et que vos enfants seront forcément beaux ! Et je trouve surtout que vous vous complétez. Octavia t'apporte la culture qu'elle a acquise dans son milieu social et toi tu la fais redescendre sur Terre en lui montrant que la vie n'est pas aussi simple qu'elle le pense. D'ailleurs, sans sa rencontre avec toi, elle n'aurait jamais choisi de devenir avocate en Droit des étrangers. Qui l'aurait cru, elle qui a grandi dans une famille blanche de privilégiés. Un père avocat de Droit pénal, une mère journaliste, un pavillon en banlieue chique, on était quand même sur une bonne base pour virer extrême droite par ici haha ! Heureusement que les parents ont eu la présence d'esprit de ne pas mettre leurs gosses dans le privé et que les Blake ont croisé mon chemin ! Pardon je m'égare, de base je voulais dire qu'Octavia avait bien fait de tomber sur toi…
— Hahaha ! Tu ne peux jamais t'en empêcher Clarke ! Mais tu es dans le vrai. Ses amis l'ont aidé à ne pas rester enfermer dans sa bulle de Cadres sup'.
— Puis tu es venu compléter le tableau. Alors savoir que vous pensez emménager ensemble me remplit de joie !
— Comme si tu ne le savais pas déjà.
— Grillée… Évidement, Octavia me l'a raconté dès que tu as eu le dos tourné après votre discussion à ce sujet !
Lincoln se marre et termine son café d'une traite.
— Bon ! C'est pas tout ça, mais je comptais préparer à déjeuner pour tout le monde ! Vous êtes chaudes pour m'aider ?!
— Avec plaisir !
Ma vivacité fait râler Clarke. Mais elle est bien obligée d'accepter et nous nous mettons tous les trois aux fourneaux.
Lorsque toute la maisonnée finit par émerger, ils sont enchantés que nous aillons préparé un petit quelque chose pour leur réveil. J'observe Bellamy qui arrive un peu après les autres. Il porte un bas de pyjama qui lui tombe sur les hanches en laissant voir son nombril et un début de « V » assorti à un haut tout délavé qui portait autrefois le logo d'un groupe de musique. Ses cheveux sont ébouriffés et lui donnent un côté bestiale. Soit, il est très beau. Mais si Clarke avait voulu sortir avec lui elle l'aurait déjà fait depuis longtemps, de même si elle avait envie de coucher avec lui… Enfin, rien ne pouvait m'assurer qu'ils n'avaient jamais fauté ensemble avant mon arrivée… Une angoisse terrible me gagne. Et si le comportement de Bellamy de la veille était lié à une ancienne histoire d'amour entre eux ? Clarke m'en aurait parlé, non ? Non ?!
— Salut les gars, baille Bellamy en me tirant de mes pensées.
Il a complètement dessoûlé, on sent une gueule de bois sur son visage. Il est inoffensif. Gina et Atom, qui sont déjà attablés avec nous, le saluent et lui apprennent que Lincoln, Clarke et moi avons cuisiné. Lincoln le sert et il commence à manger sans même réfléchir. Puis il prend un grand verre d'eau qu'il boit d'une traite. De la même façon que Clarke l'avait fait. Le geste m'irrite. Et son regard tombe dans le mien.
— Eh bien Lexa, fait-il, j'ai quelque chose sur la figure pour que tu me dévisages comme ça depuis tout à l'heure ?
— Euh non je… Désolée, je n'ai pas fait attention…
— Allons bon ! s'exclame Octavia. Il est tellement beau mon grand frère qu'on finit par l'admirer sans s'en rendre compte !
— Oh redescend sur Terre O' ! ricane Atom. Il est beau soit, mais rien ne vaut MA beauté légendaire !
— Ah tiens ! se marre Gina. C'est ta beauté légendaire qui fait que tu es célibataire depuis plus de six ans ?
Tout le monde rient pendant qu'Atom imite recevoir une flèche en plein cœur. Il enchaîne en rappelant à Gina qu'elle est seule elle aussi, ce à quoi elle répond que cela ne fait que deux ans pour sa part. J'apprends ensuite que Bellamy sort d'une rupture assez fraîche, mais que visiblement il avait eu tendance à enchaîner les filles ces derniers temps. Que Tristan et Joséphine sont ensemble depuis près de deux ans et qu'ils habitent déjà sous le même toit. Et la discussion dévie sur Clarke et moi. Je suis finalement obligée d'aborder le sujet que je voulais garder secret…
— Finalement ça ne fait que quatre moi que nous sommes ensemble Lexa et moi.
— Quatre mois ! s'exclame Octavia. Depuis le temps que tu me parles de Lexa, j'ai l'impression que ça fait des années !
Clarke lui fait aussitôt les gros yeux et son amie se met à rougir en se rendant compte de sa bourde. Oui, en effet, cela devait faire plus de cinq ans que Clarke leur parlait de moi… J'essaie de ne pas trop y penser et de m'accrocher au fait que, malgré ces seuls quatre mois, son amour à mon égare semble réel.
— Mais et donc, dit Octavia pour éviter le moment de gêne, vous avez des plans d'avenir déjà toutes les deux ou vous vous laissez plus de temps ? Ce qui serait compréhensible du coup.
— Je vais bientôt déménager dans un appartement plus grand, et Clarke pourra venir quand elle le souhaitera…
— Mais pour l'instant on ne préfère pas emménager ensemble. Tant que je n'ai pas de réelle indépendance financière ça me paraît une mauvaise idée. Et puis vivre ensemble si vite, ce n'est pas forcément bon, même si les sentiments sont là.
Pour conclure, sa mains se glisse discrètement sur ma cuisse. Le contact me rassure et m'enchante.
— Oui, vous suivez un peu le même schéma que Lincoln et Octavia, répond Atom.
— Mais vous avez raison, quatre mois c'est tôt, on ne sait pas si ça va durer cette histoire !
— Bellamy !
A ma grande surprise, c'est Clarke qui s'énerve contre le garçon. Je sens ma poitrine irradier d'une douce chaleur quand je comprends qu'elle s'apprête à nous défendre.
— Hier on était alcoolisés donc je t'ai laissé dire ce que tu pensais, mais maintenant que j'ai les pensées plus claires, je ne peux pas supporter que tu dénigres Lexa.
— Mais je ne la dénigre pas ! se défend Bellamy.
— Si tu n'es pas de cet avis, c'est que l'alcool t'a fait oublier tes propos de la veille. Et ce que tu viens de dire prouve clairement que tu penses que ça ne pourra pas durer entre Lexa et moi. Mais, Bellamy, tu es mon ami il me semble. N'es-tu pas censé être là pour souhaiter mon bonheur et ma réussite ?
— Justement, je suis ton ami, et en tant que tel je me dois de te prévenir de la souffrance. Vraiment, quel avenir tu peux espérer avec une actrice de boule ?!
— Bellamy !
Cette fois c'est Lincoln qui tonne en posant violemment les mains sur la table, faisant sursauter Atom au passage. La main de Clarke se crispe sur ma cuisse.
— Mais quoi ?! Depuis le début vous agissez tous comme si cette situation était tout à fait normale ! Mais vous vous rendez compte que Clarke est devenue actrice porno pour coucher avec cette fille là ?! Et en plus elle ose la ramener et nous la présenter comme si de rien n'était. Mais c'est n'importe quoi ! Vous êtes tous aveugles à ce point là ?!
Je sens les doigts de mon amante s'enfoncer dans ma chair. Un silence terrible suit cette rafale de méchanceté. Je n'arrive même plus à penser. Et soudainement, Clarke se lève d'un bon en m'attrapant par le bras.
— Viens Lexa, on s'en va. Visiblement nous ne sommes pas les bienvenues ici.
Je n'ai pas le temps de réagir que sa poigne me soulève de ma chaise et qu'elle m'entraîne à l'étage. J'entends d'autres chaises grincer, des voix s'énerver contre Bellamy et des pas nous suivre dans les escaliers. Lorsque nous arrivons dans la chambre pour prendre nos affaires, Lincoln est derrière nous.
— Je ne veux pas m'excuser pour lui Clarke, je n'aime pas du tout la façon qu'il a eu de vous dire ça. Mais, restez encore un peu, le temps de régler les choses.
— C'est hors de question, il n'y a absolument rien qui justifie sa réaction. Il peut penser ce qu'il veut je m'en fiche, mais il n'a pas le droit de me parler comme ça. Et il n'a surtout pas le droit de juger Lexa ! Non mais je rêve !
— Encore une fois, je ne cherche pas à l'excuser mais…
— Je t'arrête tout de suite Linc, je sais ce que tu vas dire. Le passé n'excuse rien. Il n'a pas à dire de telles choses.
Pendant cette discussion, Clarke tournoie dans la pièce pour rassembler nos affaires et les ranger à la va-vite dans nos sacs. Elle me balance presque le mien entre les bras quand tout est terminé. Lincoln essaye de la retenir lorsque nous descendons les escaliers. En bas, Octavia et Atom sont là également mais rien à faire, Clarke ne les écoute pas. Elle les salue brièvement, je n'ai pas le temps de dire un mot, et nous nous retrouvons dehors, attaquées par le froid inattendu de cette première journée de l'année. Elle me laisse quand même le temps d'enfiler mon manteau et elle reprend ma main pour me tirer vers la station.
Dans cette longue marche rapide, elle ne dira aucun mot. Et je n'oserai briser le silence. Il y a peu de monde dehors, le ciel est menaçant, un chat passe à côté de nous. Je n'ai pas le temps de réfléchir au sens de sa phrase « le passé n'excuse rien » mais je la retiens. Quelques pas avant la gare, Clarke s'arrête, sa main me lâche. Elle titube jusqu'à une rambarde et s'appuie dessus. Son visage se tourne vers le mien, des larmes ruisselles. A-t-elle pleuré toute la durée du trajet ? Son expression de profonde douleur me blesse. Je m'approche tout doucement et passe un bras autour de sa taille.
— Clarke…
— Comment a-t-il osé… Je croyais… Je croyais qu'il avait tourné la page… Pourquoi a-t-il toujours le besoin d'être aussi méchant…
Pour le moment je ne cherche pas à lui poser de questions, elle a besoin d'être rassurée, de sentir ma présence. Je me colle un peu plus contre elle. Je me fiche bien du fait que quelqu'un pourrait nous voir, je veux juste sécher sa tristesse.
— Il a dit ça sur le coup, mais il finira par s'excuser, j'en suis sûre Clarke…
— Tu ne le connais pas… J'ai rarement vu quelqu'un d'aussi certain de ses propos et idées… Mais je m'en fiche de ça… Moi ce que je veux c'est qu'il t'accepte, qu'il t'aime, qu'il nous approuve… C'est mon ami de toujours, c'est important pour moi… Je… Comment… Je ne pourrais jamais choisir entre lui et toi…
— Tu n'as pas besoin de choisir. On n'en n'est pas là. Il peut encore changer d'avis, il ne me connaît pas et il n'a émis que des préjugés.
— Je ne sais pas, son comportement d'hier soir était vraiment étrange… Je me suis laissée faire en plus, quelle conne ! Il faut vraiment que j'arrête de boire…
— Ce n'est rien Clarke. Ça va aller. On va rentrer.
— Je peux venir un peu chez toi ?
— Bien sûr mon amour.
— J'aime quand tu m'appelles comme ça…
Je ne sais absolument pas quoi lui répondre, alors je m'avance pour déposer mes lèvres contre les siennes, tout simplement. J'ai l'impression que le baiser fait redescendre une pression accumulée sur mes épaules. Elle m'aime, c'est certain, quoique Bellamy ait pu faire hier ou par le passé… Je ne la perdrai pas.
Nous nous détachons, son visage est sec à présent.
— Merci, fait-elle en posant son front contre le mien.
Ses mains viennent caresser tendrement mes joues.
— Merci d'être là, merci d'être qui tu es… C'est faux ce que Bellamy a dit. Rien n'est une illusion dans notre relation. Les circonstances de notre rencontre sont exceptionnelles, mais tout est vrai entre nous…
— Je sais Clarke, je sais, ne t'en fais pas… On y va ?
Elle plonge son regard azur dans le mien. Je m'y perds un instant, j'ai l'impression que j'aurais eu un vertige si je n'avais pas été accroché à elle. Puis elle détourne les yeux et nous nous engouffrons dans la station.
Arrivées chez moi, elle file sous la douche pour décompresser. Après une dizaine de minutes, je m'approche de la porte pour lui demander si je peux la rejoindre. Elle m'invite. En pénétrant dans la pièce pleine de buée, je suis charmée de la découvrir nue, la peau ruisselante. Elle accroche le pommeau en hauteur et me fait signe de venir sous l'eau chaude. Je me déshabille en vitesse et saute à ses côtés. Aussitôt là qu'elle me plaque contre le mur humide pour m'embrasser. Ses mains ne tardent pas à trouver mes hanches et à les pétrir. En l'embrassant j'avale un peu d'eau, mais ça ne rend le moment que plus intense. Sa langue est toute chaude, son corps brûlant. Ses doigts dansent sur mes seins, je n'en peux plus. Comme une partie de sexe réconciliatrice, cet échange nous libère et nous rapproche. Elle lâche ma bouche pour aller sucer mes seins. Je ferme les yeux et apprécie l'eau qui coule sur mon visage. Elle descend encore et sa langue appuie contre mon clitoris. Elle me lèche sans plus attendre. Je pose ma main sur son crâne pour l'inviter à continuer. Mes gémissements résonnent dans la petite pièce. J'espère qu'aucun voisin n'est dans sa salle de bain en même temps que nous…
Je jouis à une vitesse fulgurante. Clarke remonte croquer mon lobe d'oreille.
— Je voulais te pénétrer…
— Il ne fallait pas être aussi bonne…
Elle ricane et retourne m'embrasser. C'est à mon tour de la pousser contre la paroi mouillée. Je prends encore moins de pincettes qu'elle. Je la connais, quand elle est dans cet état, il n'y a pas besoin de faire grand-chose. Un point qui lui permet d'être actrice sans trop de problème. Je lui pince un téton pour la faire réagir, elle lâche un petit cri de surprise. Alors je descends derechef ma main entre ses cuisses et la pénètre sans plus attendre.
— C'est ça que tu voulais me faire ?
— Oui…
Elle s'agrippe à mon dos et me mord la nuque. Mes va-et-vient deviennent bestiales. J'ai l'impression que c'est ce dont elle a besoin pour oublier sa peine. Une violence qui lui permettrait de s'échapper. Je continue de la pénétrer au rythme des mouvements de son bassin. Ses ongles se plantent dans mon dos, ils s'enfoncent. Il ne faudrait pas qu'elle m'abîme mais je ne lui dis rien. Je la laisse totalement faire. Ses crocs se plantent encore dans mon cou. Je l'entends gémir, l'eau qui coule atténue les bruits mais les rend encore plus mélodieux. Pendant un quart de seconde je me dis qu'Alie aimerait voir ça. J'essaie d'effacer l'idée. Je continue. Clarke jouit. Elle jouit comme elle en est capable en tournage, sans la retenue qu'elle s'impose souvent avec moi. Ce simulacre de tournage me fait tourner la tête. D'habitude nous ne sommes pas aussi libérées en privé. Je suis complètement déroutée. Je me retire et me recule pour coller mon dos au mur à l'opposé. Nous nous regardons un long moment. Elle reprend son souffle. Je doute, mais j'ai encore envie d'elle. Mes yeux se font suppliant. Clarke éteint l'eau et se jette sur moi. Ses doigts déchirent mes muqueuses et me font plisser les yeux. Mais je ne lui dis rien. De toute façon, après quelques va-et-vient la douleur se transforme en plaisir. Bien que mon esprit soit perturbé par la scène qui se déroule sans qu'il ne puisse rien y faire, mon corps et transpercé par un orgasme puissant. Un de ceux qui me font tourner la tête et voir des tâches noires. Mes jambes lâchent, je m'écroule dans le fond de la douche. Clarke me rejoint sans se douter de rien, elle se colle à moi et m'enlace.
— Merci, j'en avais besoin… C'était bon…
Je ne réponds rien. Je pense la même chose mais je n'ai plus la force de parler. Je me blottis contre son épaule. Ne reste que le bruit de nos respirations et celui de la chute des gouttes d'eau quittant le pommeau. Mes oreilles bourdonnent. Je ferme les yeux, je respire profondément. Cette nouvelle année s'annonce pleine de rebondissements.
J'étais obligée de faire passer Bellamy pour un connard… A voir ce qu'il nous réserve pour la suite… En espérant pouvoir poster vite, bon courage à tous en cette période difficile !
