Bonsoiiiiir ! Bon, alors. Si comme moi vous faites partie des 16 départements confinés, j'espère que ce chapitre vous remontera le moral…

Désolée aussi pour ma looooongue absence, je déteste faire ça ! Mais je suis en formation (qui se termine à la fin du mois) et je n'ai pas du tout trouvé le temps pour écrire. J'ai recommencé hier parce que j'en avais besoin (sans rire, ça m'a vraiment fait du bien avec le stress ambiant actuel). Alors merci à celles qui ont attendu, en espérant ne pas vous décevoir…

Je vous fait un petit résumé des chapitres précédents pour vous remettre dans le bain : Toutes les preuves sont rassemblées contre Jaha (qui n'est pas encore au courant) il n'y a plus qu'à lancer l'enquête. Lexa, Alie et Charmaine se sont rendues sur la tombe de Costia. Lexa y a croisé une ancienne amie qui l'a menée jusqu'à son père. Un grosse dispute a éclaté entre eux, et Lexa a définitivement tourné le dos à son paternel. Pendant ce temps, Clarke a eu une discussion avec Bellamy qui était toujours amoureux d'elle. Pour consoler le garçon, elle lui a donné un baiser. Un baiser d'adieu. Dans ce chapitre, Lexa et Clarke se retrouvent ! Au début, on retrouve Chamaine, Alie et Lexa dans le train du retour pour la capitale.

Enjoy :


— Lexa…

La voix d'Alie semble sortie d'outre-tombe.

— Oui ?

— Il faut que je te dise un truc… Je n'ai pas réussi, l'autre jour après la visite de l'appartement. Peut-être que ce n'est pas le bon moment aujourd'hui, mais il faut que je m'en débarrasse…

— Euh, d'accord…

— Ici ? s'inquiète Charmaine visiblement au courant. Tu es sûre ?

Alie regarde dans le carré d'à côté, tout le monde semble occupé. Dans le nôtre, la quatrième place est vide. Comme à l'aller, nous nous penchons les unes vers les autres. Le regard de ma sauveuse est froid et noir.

— C'est à propos de l'enquête qu'il va y avoir sur Jaha… Maître Blake va lancer une procédure pour qu'une enquête soit ouverte. Pour être exacte, il y aura deux enquêtes. Une pour mettre en évidence le harcèlement sexuel et moral que Jaha a fait subir à toutes les filles, ainsi que sa tentative de viol à l'encontre de Clarke. Et une à propos de l'incendie et du chantage dont il a fait preuve à ton encontre à propos de la mort de Costia.

— Cela me semble logique, c'est ça que tu n'arrivais pas à me dire ?

— Le problème vient de l'enquête sur la mort de Costia. Je n'ai aucun doute sur ta version des faits, Lexa. Mais dans ce que tu m'as raconté, oui Jaha a provoqué l'incendie qui a fait disparaître le corps de Costia, or c'est toi qui l'as poussée dans le vide. Je suis désolée de te lire dire ainsi mais, il y aura une enquête pour meurtre, et la principale suspecte, Lexa, c'est toi… Tu auras des circonstances atténuantes, évidemment, le chantage de Jaha va aussi entrer en compte dans l'annonce de ta peine, ton histoire, tout ton passé, le fait que ce ne soit pas prémédité, que ce soit un accident. Mais Maître Blake a été très clair avec moi, la mort de Costia reste un meurtre et ce crime doit être jugé en conséquence… Je suis désolée…

La nouvelle devrait m'accabler, pourtant, il n'en est rien. C'est tout à fait logique. Si pendant toutes ces années j'ai accepté de donner mon argent à Jaha c'était parce que j'avais peur qu'il me dénonce à la police pour meurtre. Jaha aurait fait en sorte de m'accuser de préméditation ou de crime infâme, ce qui était faux. Mais le meurtre était réel. Même s'il était accidentel, j'avais bel et bien ôté la vie de Costia de mes propres mains. Et en effet, je devais payer pour mon acte. Peut-être que c'est enfin là ma voie libératrice. L'occasion de renaître et de me faire enfin pardonner.

— Tu ne dis rien Lexa ?

— Non, c'est juste que… je ne suis pas étonnée. C'est ce que je redoute au quotidien depuis sa mort, alors il fallait bien que cela arrive un jour. C'est un fait, je l'ai poussée, je dois répondre de mes actes.

— Tu es courageuse.

— Merci Charmaine… Je ne sais pas vraiment ce que j'encoure comme peine, on verra bien. Maintenant que l'affaire est lancée, il n'y a plus qu'à attendre. Ne sois pas désolée Alie. Ce qui compte, c'est que Jaha tombe. Si je tombe aussi, tant pis.

— Je ne veux pas te perdre alors que je viens tout juste de te retrouver…

— Tu l'as dit toi-même, j'ai plein de circonstances atténuantes, ça devrait aller ! Une nouvelle page s'ouvre pour tout le monde ! Clarke et moi, Jaha et la prison, Charmaine et toi, tu vois ! Que du positif !

— J'aurais quand même voulu éviter que cette nouvelle année soit celle où tu ailles en prison, mais bon…

— N'en parlons plus tant que ce n'est pas fait, d'accord ?

Je leur tends la main comme pour conclure un pacte entre nous. Je préfère voir les choses au jour le jour. Dans cette nouvelle histoire, je n'ai aucune idée de ce qui pourrait m'arriver, alors rien ne sert de se monter la tête avant que les choses désagréables me tombent réellement dessus. Evidemment, c'est Charmaine la première qui glisse sa main dans ma paume. Nous échangeons un sourire puis nous tournons à l'unisson vers Alie qui finit par entourer notre poignée de mains dans les siennes.

— Pour parler d'un sujet un peu plus joyeux, dis-je après avoir quitté l'étreinte, le lit que j'ai commandé arrive dans mon nouvel appart vendredi, donc j'emménage ce weekend ! Je n'ai que mes vêtements à déplacer, tout le reste, je donne ou je jette et je rachète. Je veux faire peau neuve. Alors, Alie tu devais venir vendredi soir, mais finalement j'aimerais bien vous inviter toutes les deux dimanche midi pour une pendaison de crémaillère, en petit comité. Qu'est-ce que vous en dites ?

— Bien sûr, s'enthousiasme Charmaine, avec plaisir ! N'est-ce pas Alie ?

— J'ai déjà hâte de dîner dans le premier véritable appartement de Lexa !

Une vague de chaleur m'entoure. Oui, c'est vrai, ce sera mon premier logement tout à moi, rien qu'à moi. L'autre taudis ne compte pas, ce n'était qu'un lieu de passage.

Sur le quai du métro, je me sépare du couple avec regret. Cette journée avait été complètement folle, au-delà de tout ce que j'aurais pu imaginer. J'avais retrouvé mon père pour le perdre à nouveau, de façon définitive. Et tout ce que j'ai envie de faire pour l'instant est de me réfugier dans les bras de Clarke. Malheureusement elle n'est pas disponible… Je m'abstiens toute la soirée de lui envoyer un message, quoiqu'elle soit en train de faire, je n'ai pas envie de la déranger, et surtout, je ne voudrais pas l'alarmer en lui racontant à moitié les événements. Je préférais tout lui déballer d'un coup, en face à face.

Heureusement, en me réveillant le lendemain matin, je reçois un message de mon amante qui me demande si ma journée de la veille s'est bien terminée et comment je vais ce matin. Je l'informe de mon désir de la voir pour lui raconter et lui apprends que je l'invite vendredi afin d'inaugurer mon nouveau lit. Je profite du reste de ma journée pour commencer à trier mes affaires. L'objectif : virer le plus de choses possibles. Vendredi matin je dois claquer la porte avec juste ma valise et mon sac à dos.

Pour le mobilier, c'est simple, je n'emporte rien. Il est à moitié pourri de toute façon. Le propriétaire m'a autorisé à tout laisser sur place, il récupérera des trucs si besoin, et laissera le choix au prochain locataire. Pour mes vêtements, je fourre les trucs usés dans un grand sac poubelle. Ma robe vert émeraude, celle dans laquelle j'avais croisé Octavia pour la première fois dans ce fameux bar, est la première chose que je plie dans ma valise. Quelques sous-vêtements qui me viennent de LFS et que j'avais pu garder, trois pulls pas plus, de quoi tenir avant de refaire ma garde-robe, et une tenue de nuit. Une trousse de toilette, bref, j'ai l'impression de partir en vacances. Je réalise à peine que dans quelques heures je claquerai la porte une bonne fois pour toute.

Une fois ma valise pleine, je la ferme et m'assoie sur mon lit. Je balaye d'un coup d'œil l'appartement. Et soudain je me souviens qu'il me reste une chose à jeter. Je l'avais oublié avec tous ces évènements. Je m'allonge sur mon lit et glisse ma main en-dessous pour en ressortir la boîte à chaussures. Je l'ouvre. La photo de Costia et moi, et la boîte en plastique noire. Je prends la photo et la regarde. J'hésite à la déchirer. J'ai dit au revoir à Costia. Mais ça ne veut pas dire que je ne peux pas garder de souvenir d'elle ? Et puis, Clarke n'a jamais vu son visage… Je décide de la glisser entre l'écran et le clavier de mon ordinateur pour ne pas l'oublier et ne pas l'abîmer. Puis, j'ouvre la boîte noire qui contient mon costume de Heda.

— Je n'ai plus besoin de toi. Ma vie est à la capitale maintenant.

Je sors la perruque et le binder et les ajoute au sac poubelle. Je jette aussi la boîte en plastique et la boîte à chaussures. Maintenant tout est prêt. Je me laisse tomber sur mon matelas. Je sens que je vais bien dormir cette nuit, le renouveau m'enchante.

— Ah sauf que… le procès… et si j'allais en prison ?

Soudain, alors que j'avais cru que cela ne m'atteindrait pas, une angoisse monte en moi. Oui, dans l'idée je suis prête à payer pour mon crime, mais dans les faits, c'est tout autre chose… Faire de la prison, ce n'est pas rien… Même si je suis assurée d'avoir un job à la sortie grâce à Alie, est-ce que je supporterai l'enfermement ? C'était pour cette raison que j'avais cédé au chantage de Jaha, par peur de perdre ma liberté. Et tout ça pour quoi ? Pour quand même atterrir en prison… Enfin, Alie a dit que j'aurais des circonstances atténuantes, ça n'aurait sans doute pas été le cas si j'avais laissé Jaha me dénoncer avec ses mensonges. Pour le moment, il faudrait que j'arrive à ne pas précipiter l'avenir. Tant que l'enquête ne commence pas, je suis libre.

J'essaie d'aller me coucher l'esprit tranquille. Demain, Clarke m'attendra en bas de l'immeuble pour que nous rejoignions ensemble mon nouvel appartement. Bien que je n'aie pas besoin d'aide pour porter mes maigres affaires, elle avait insisté pour venir. J'avais refusé qu'elle monte, je ne veux pas faire de ce départ un souvenir avec elle. C'est mon départ, ma page qui se tourne.

Le rêve qui m'habite cette nuit-là est fortement étrange et très brouillon. Un mélange de barreaux et d'adieux. Clarke et Alie en pleures, Jaha sournois et goguenard, comme si lui avait échappé à la prison. Mon père, déçu et en colère. La conclusion, juste avant que mon réveil sonne, est plus positive et plus nette, il s'agit d'une chevelure rousse, je reconnais Costia même si je ne vois pas son visage, qui s'élève dans les airs et semble remplie de gratitude.

Je tends le bras pour éteindre ma sonnerie et lire le message non lu de Clarke :

Clarke : « J'arrive dans une trentaine de minutes, j'espère que tu es prête pour ta nouvelle vie mon amour ! »

Lexa : « Merci pour ton soutient… Je suis prête, on ne peut plus prête ! J'ai hâte de recevoir mon lit cet aprèm et de l'inaugurer avec toi… »

Toute fière de ma réponse, je me lève et termine les quelques restes de nourriture que contiennent mes placards.

Cette fois ça y est, c'est le grand départ. J'enfile mon manteau, avec la clef du nouvel appartement au fond d'une poche, je pose mon sac à dos sur mes épaules, le poids de mon ordinateur portable me pèse comme un boulet de pénitence… J'attrape ma valise et ouvre la porte d'entrée. Non, de sortie. Je sors et ne me retourne pas en fermant la porte. J'ai laissé ma clef à l'intérieur comme convenu avec le propriétaire qui viendra avec son double. Voilà, il n'y a plus de retour en arrière possible. Il est temps d'aller de l'avant. Mon portable vibre au creux de ma main, Clarke m'attend. Je dévale les escaliers – dans la mesure du possible puisque je traîne ma valise – et me retrouve en bas en un rien de temps. En poussant la porte du hall je découvre le visage de mon amour, radieux.

— Prête pour ta nouvelle vie ?

— Oui !

Elle sourit encore plus et s'approche de moi pour attraper la poignée de ma valise, au passage, elle dépose un baiser sur ma joue. Il est doux et chaleureux. J'ai hâte de pouvoir la serrer dans mes bras et de lui faire découvrir mon nouveau chez moi, qui deviendrait peut-être notre chez nous.

Le trajet en métro me semble bien trop long. Même ses doigts enroulés dans les miens ne font pas passer les minutes. Surtout qu'elle demande déjà à ce que je lui raconte mon voyage sur la tombe de Costia.

— Je préfère être posée pour tout t'expliquer.

— D'accord, moi aussi je voudrais te raconter quelque chose…

— Toi d'abord si tu veux !

— Non, toi d'abord !

Nous finissons tout de même par sortir de la rame. Lorsque nous arrivons au pied de l'immeuble, Clarke semble impressionnée.

— Wow ! Alie n'a pas blagué !

— Et tu n'as pas encore vu l'intérieur !

Je fouille dans ma poche pour trouver le trousseau de clef. J'active le bip de la porte blindée et nous pénétrons dans le hall chic.

— J'aimerais bien voir la tête des voisins s'ils savaient le métier qu'exerce la nouvelle locataire !

— Clarke !

Elle se marre en poussant la seconde porte qui mène à l'ascenseur. Une fois à l'étage, je me racle la gorge avant de mettre la clef dans la serrure. J'ai envie de rendre le moment solennel. J'ai même l'idée folle de prendre Clarke dans mes bras pour la soulever et lui faire passer le porche… Mais j'ouvre la porte normalement et mon amante entre dans l'appartement à ma suite. Elle découvre pendant que je referme.

— Ça a l'air immense !

Avant de lui répondre je regarde l'heure. Le lit devrait arriver dans mon de trente minutes.

— La taille du lit va te plaire aussi…

Je m'approche d'elle et me colle dans son dos. Je la sens pouffer et elle se retourne pour me faire face. Avant de l'embrasser je la regarde.

— Tu es belle…

— Embrasse-moi Lexa…

Pas besoin de le répéter, je me précipite sur sa bouche pour la capturer. Notre premier baiser ici. Mon cœur s'emballe. Ah… Elle ne sait pas encore que je risque la prison… Je me détache, j'ai envie de pleurer mais je me retiens. Par je ne sais quel miracle, je suis sauvée par la sonnerie de l'interphone. Ce sont les livreurs, le lit est déjà là !

Ils montent en un rien de temps et nous laissent les cartons avant de me laisser signer un reçu.

— On doit le construire nous-même ?! s'offusque Clarke lorsqu'ils quittent l'appartement.

— Pardon, habitude pauvre, j'ai oublié de souscrire au service d'assemblage… Mais ça va être drôle !

— Je crois qu'on n'a pas la même conception du fun Lexa…

— Allez viens ! Je pourrais te raconter tout ce que j'ai à te dire en même temps.

Très bonne idée, ça m'évitera d'avoir à la regarder dans les yeux en parlant et à y lire un possible jugement ou une quelconque peur.

— Mais ça pèse un âne mort en plus !

— Arrête de râler Clarke et au boulot !

Je délaisse mes affaires dans l'entrée et nous nous y mettons à deux pour transporter les cartons dans la grande chambre. Ma moitié se plaint que je la fasse travailler avant-même de lui avoir fait visiter les lieux. Je lui vends le tour du propriétaire comme une récompense pour son futur travail. C'est lorsque nous transportons le matelas qu'elle ajoute qu'une autre idée germe dans son esprit à propos de cette récompense…

Nous nous mettons au travail sérieusement mais avec allégresse. Je suis vraiment très heureuse de ce moment que nous partageons, j'ai l'impression d'être une véritable adulte. Ce que je n'avais pas vraiment été jusqu'ici, quand bien même je travaillais dans un milieu réservé aux adultes…

— Alors Lexa, tu me racontes ? me demande Clarke alors que nous bataillon pour ouvrir les grandes boîtes. Je vois bien que tu évites le sujet.

— C'est faux ! Enfin si, peut-être un peu… C'est-à-dire que… J'ai fait une rencontre imprévue lorsque je suis retournée chez moi…

Et je lui conte toute l'histoire. De ma rencontre avec mon ancienne meilleure amie jusqu'à la dispute avec mon père. Pour l'instant je ne parle pas de la prison. Chaque chose en son temps.

Elle est forcée de lâcher sa vis lorsque je lui répète la dernière phrase que j'ai dite à mon géniteur.

— Tu lui as dit de retenter son suicide quand même…

— Je sais, j'ai parlé sous le coup de la haine. Mais je pense qu'il n'est pas assez bête pour recommencer. Il voulait attirer l'attention, il l'a eu. Il a retrouvé sa fille pour la perdre. Tant pis pour lui. Je n'ai plus rien à faire avec lui.

— Et ça va toi ? Je veux dire, de l'avoir revu et de le perdre à nouveau ?

— Je n'ai perdu mon père qu'une fois, le jour où il m'a jetée dehors. Là, c'était comme irréel. Mais j'en avais besoin pour tirer un trait. Maintenant je peux avancer sans cette crainte qui me retenait. Je m'en fiche de savoir ce qu'il peut penser de moi à présent.

— Alors c'est ce qui compte. Je suis fière de toi Lexa.

— Merci… Et… Il s'est passé quelque chose d'étrange après. J'ai… Tu ne vas jamais me croire… J'ai vu ma mère…

— Comment ça ? Je croyais qu'elle était décédée ?

— Oui, oui, depuis des années mais… Je l'ai vue, dans les couloirs de l'hôpital. Elle était là. Elle m'a ouvert l'accès au toit du bâtiment. Mais quand je suis redescendue il n'y avait plus personne. Et je n'ai pas rêvé, ni halluciné ! Je ne sais pas si c'était vraiment elle, mais je l'ai vue…

— Tu sais, parfois dans la vie il y a des choses qui ne s'expliquent pas et c'est tout aussi bien comme ça.

— Donc tu me crois ?

— Si tu dis que tu l'as vue, oui je te crois. J'aurais bien aimé être là-bas avec toi, mais je te crois.

— A ton tour de me raconter !

— J'étais chez Octavia et Bellamy ce jour-là. De base je ne devais voire qu'Octavia, tu sais comme j'étais fâchée envers son frère. Mais elle m'a tendu un piège, elle a tout fait pour que j'aille lui parler. Alors on a discuté lui et moi. De son comportement du nouvel an et… et de notre passé…

— Votre passé ?

Soudain j'ai peur, mes vieilles angoisses refont surface. Ils étaient sortis ensemble ces deux-là ?

— Oh, je vois la peur dans ton regard Lexa, dit-elle en s'approchant de moi, mais non, je ne t'ai rien caché, enfin rien d'important. C'était il y a longtemps, au lycée. Il m'a tourné autour un moment, je me suis vaguement laissé faire au début, mais j'ai fini par le repousser. Enfin, on a quand-même eu le temps d'échanger deux baisers à l'époque. Et c'est bien là le problème. Depuis tout ce temps il était encore persuadé d'avoir une chance avec moi…

— Depuis le lycée ?

— Oui… Il a passé toutes ces années à faire semblant d'être mon frère alors qu'il voulait être mon amant.

Soudain j'imagine Bellamy se palucher devant nos vidéos, une envie de vomir me gagne. Clarke doit le sentir car elle s'approche de moi après avoir vissé le dernier élément du sommier. Nous nous asseyons sur les lattes à nu, elle prend ma main dans la sienne avant de continuer.

— En réalité il pensait que moi aussi j'avais des sentiments pour lui mais que je ne voulais pas me l'avouer. J'ai dû lui expliquer que ce n'était pas le cas et que ça n'avait pas été le cas à l'époque non plus. Il a eu mal, mais je crois qu'il a compris, et qu'on va pouvoir avancer normalement lui et moi maintenant. Mais…

— Mais quoi ?

— C'était plus fort que moi. Tu sais comme je l'adore, je lui devais ça. Enfin, je voulais lui faire plaisir. Je… je l'ai embrassé. Rien de très approfondie, juste un rapide passage sur ses lèvres. Pour tourner la page.

Mon esprit bouillonne et se met à réfléchir à toute vitesse. Puis-je vraiment lui en vouloir d'avoir embrassé son meilleur ami alors qu'elle avait baisé toutes Les Filles de Sappho ? Puis-je vraiment lui en vouloir d'avoir offert un baiser à un être cher alors que j'avais couché avec Raven sans lui dire ? Puis-je vraiment être jalouse alors que… Merde ! Oui !

— Tu te fous de moi ?

— Lexa, ne t'énerves pas…

— J'étais en train d'affronter mon père, c'était une déchirure, horrible, pendant que toi tu roulais des pelles à Bellamy ?!

— Lexa ! Ne laisse pas ta colère crasse prendre le dessus ! Je lui ai donné un smack, un seul smack. Ce n'était rien !

— Eh bien puisque ce n'est rien, je peux te le dire alors ! J'ai couché avec Raven.

— Oui bah merci je sais, comme avec toutes les autres.

— Non, je veux dire, en dehors du tournage. Chez elle.

La nouvelle semble la stopper net dans ses réflexions. Elle se redresse et va chercher les cartons de la tête de lit. Elle déballe tous les éléments et commence à assembler.

— C'était quand ?

— Juste après l'annonce de la création du duo Aphrodite et Vénus.

— Avant que tu tombes sur le poster dans ma chambre ?

— Euh, oui… Avant que je ne tombe amoureuse de toi… Si ça peut te rassurer.

— Parce que tu essayes de me rassurer là Lexa ? Tu ne viens pas de me l'avouer pour me mettre en rage justement ? Parce que tu voulais m'envoyer une pique parce que l'histoire avec Bellamy t'a blessée ?

— Euh…

Me voilà déstabilisée à présent. Elle sait me cerner. Oui… J'avais juste voulu me venger en lui révélant pour Raven… Maintenant qu'elle a compris la démarche je me sens totalement stupide. Ce n'était pas ainsi que j'aurai voulu lui révéler ce fait…

— Donc tu as couché avec Raven. Si je recolle les morceaux, c'était au tout début de notre relation, alors qu'on se sautait dessus sauvagement mais qu'on allait trop vite pour faire les choses bien ?

Je n'ose pas lui répondre. Pendant qu'elle s'énerve, elle continue à construire le meuble.

— Donc bon, au final nous n'étions pas vraiment ensemble. Et puis, même si tu as eu le coup de foudre pour moi, tu ne pouvais pas savoir que c'était réciproque. Et vu ce que tu as appris sur moi de toute façon… Mmh, je suppose que je ne peux pas t'en vouloir pour Raven… Mais… ça fait mal. C'était bon ?

— Pourquoi tu demandes ça ?

— C'était bon ?

— Bah comme en tournage… Mais…

— C'était différent ? Oui, comme toi et moi, c'est normal, sans la caméra…

— Pardon Clarke… pardon…

— Non, c'est moi. J'aurais dû te le dire dès le départ pour Bellamy. Je suis désolée de l'avoir embrassé, j'aurais dû penser à toi…

Cette fois je me lève pour aller à sa hauteur. Je lui retire l'outil qu'elle a dans les mains et je la force à me regarder :

— J'étais en plein doute au moment où j'ai couché avec Raven, aujourd'hui je n'ai plus aucune hésitation. C'est toi que j'aime, c'est avec toi que je veux partager ma vie, il n'y a qu'avec toi que je veux faire l'amour… Et regarde, même dans le travail ça sera le cas. Rien que toi et moi.

— Tu oublies les trios.

— Arrête, comme si ça ne te faisait pas plaisir !

— Grillée… Oui, j'aime te voir embrasser et lécher une autre femme, je l'avoue… Mais seulement si je suis là !

— Qui aurais cru que cette discussion te ferait avouer ça haha !

— Hé, ne deviens pas si légère ! Je suis quand-même blessée… Mais bon, merci de me l'avoir dit, et merci de t'être excusé…

— Non, merci à toi de me l'avoir dit tout de suite pour Bellamy. On est quitte. Enfin si tu es d'accord ?

— Oui, va pour cette fois… Et… moi aussi je t'aime Lexa…

Elle me tombe dans les bras puis se jette sur ma bouche. Le baiser est plus chaud que ce que j'avais imaginé. Le désir monte en moi d'un coup. D'où cela vient-il ? De l'ambiance dispute ou de la brève discussion fantasme qui venait d'avoir lieu ? Toujours est-il que j'ai très envie d'elle à présent. J'intensifie le baiser pour lui faire comprendre. Le message semble passer puisqu'elle me pousse à travers la pièce jusqu'à ce que mon dos cogne contre un mur. Je fais une petite grimace.

— Désolée, dit-elle, mais on n'a pas encore déballé le matelas alors…

Je ne réponds pas et rejoins sa bouche, mes mains en profitent pour glisser sous son pull et trouver sa peau nue que je sens frissonner. Je n'ai pas envie d'attendre. Je suis avide aujourd'hui. Je déboutonne son jean et glisse ma main contre sa culotte. Elle est chaude et déjà moite. Mais je ne voudrais pas m'avancer trop vite. Je baisse son pantalon dans un mouvement rapide et habile et le laisse à ses chevilles. Je remonte aussitôt pour poser ma langue sur son cou. Puis je passe ma main sous sa culotte. Mes doigts glissent contre elle avec une facilité déconcertante.

— C'est de m'imaginer avec Raven qui te fait cet effet ?...

— Et toi Lexa ? C'est de m'imaginer sur la bouche de Bellamy qui t'as rendue si entreprenante ?

L'idée me dégoûte et je fais la moue. Clarke se marre avant de répondre :

— Ne pose pas de question idiote alors ! J'a envie de toi parce que… Parce que t'es bonne merde !

Nous nous marrons toutes les deux, mais je stop son rire pour lui tirer un gémissement en pénétrant deux doigts en elle. Elle se mord la lèvre avant de venir mordre la mienne. Mes va-et-vient se font intenses tandis que mon désir ne fait qu'augmenter.

Je suis impressionnée par la vitesse à laquelle elle atteint l'orgasme. Je me retire pour la laisser reprendre ses esprits mais elle agrippe ma main pour la laisser proche de son sexe.

— Encore… chuchote-t-elle au creux de mon oreille.

— Gourmande…

Je retire quand même ma main, pour observer la détresse dans son regard. J'ai un sourire vainqueur avant de descendre entre ses cuisses pour y déposer un baiser. C'est ma langue qui vient prendre le relais. Je l'entends gémir plus fort lorsque nos muqueuses entrent en contact. J'y donne du mien. Cela m'avait manqué… Je lève les yeux pour l'observer en douce, elle à plaqué ses paumes contre le mur en face d'elle afin de trouver un équilibre. Ses yeux sont fermés, on dirait qu'elle essaie de profiter du plaisir au maximum. Elle est infiniment belle…

Sa main se glisse dans mes cheveux pour m'encourager. Cette seconde fois, elle met plus de temps à jouir. J'avale ma salive avant de remonter l'embrasser. Mon amante a à peine le temps de reprendre son souffle qu'elle me retire mon pull d'un seul mouvement. J'en suis presque étonnée lorsqu'il se retrouve à terre à nos côtés. Ses mains glissent sur mes hanches et me font brûler de l'intérieur. Comme si des braises venaient de se poser sur mes flancs. J'attrape son visage pour ramener sa bouche à mes lèvres. Sa langue me manquait déjà. Je m'agrippe à sa nuque avec force. Clarke dégrafe mon soutien-gorge et précipite le bout de ses doigts contre mes seins. Je sens mes tétons se dresser instantanément. Elle se met à jouer avec, telle une abeille qui s'obstine contre le pollen. La sensation de plaisir m'enveloppe et me soulage. Cette dose de bonheur me tord le bas-ventre d'envie.

— Lèche-moi les seins… soufflé-je dans un demi-soupir timide.

Je l'entends rire doucement avant de s'exécuter. La sensation humide contre mes mamelons ne fait que renforcer le feu qui me consume. J'aurais dû lui en demander plus tout de suite, mais maintenant je n'ose plus. Alors j'espère.

Et sa main tant attendue me déleste de ma braguette et glisse pour, à l'instar de la mienne quelques instants plus tôt, constater sur mon sous-vêtements les effets qu'elle me procure.

— J'aime ruiner tes petites-culottes…

Sa phrase me choque et m'électrise à la fois. Son vocabulaire me pince le cœur car il me rappelle les tournages et en même temps, il a un effet monstre sur ma libido. Je ne réponds rien. A la place, je retire moi-même mon jean. Clarke en profite pour sortir ses chevilles du sien histoire de se donner plus de facilité de mouvement. Ma culotte ne fait pas long-feu non plus.

Elle plaque son corps contre moi pour m'emprisonner entre le mur et sa personne. Je sens les mailles de son pull chatouiller le bout de mes seins. Mais je n'ai plus le temps d'y penser car enfin sa main vient épouser mon sexe chaud. Je sens mon fluide l'inonder en un rien de temps. La boule de feu qui me consumait déjà descend entre mes cuisses et me procure une sensation de douce brûlure. Son majeur se met à faire de lentes caresses contre mon clitoris gonflé, accentuant ma folie. Elle caresse, et petit à petit elle glisse en moi avec facilité. Son doigt mon comble. Mais j'en veux plus.

J'attrape sa main et lui caresse l'annulaire pour l'inviter à se joindre au majeur. Mon amante comprend le message et me pénètre une seconde fois. Là, c'est mieux… Même si la fougue et la rapidité sont là, nous sommes loin de nos débuts où la précipitation ne finissait qu'en frustration. Maintenant je la guide vers mon plaisir et elle m'écoute.

Je l'aide à me pénétrer plus facilement lorsque je sens l'orgasme poindre. Je ne lâche pas son poignet jusqu'à ce que j'exulte d'un râle qui s'engouffre dans son épaule. La jouissance m'assaille et me fait renaître. Je sens mon âme qui brûle à présent.

— C'est bon… lâché-je sans m'en rendre compte.

Une nouvelle fois, je l'entends rire légèrement. Elle retire ses doigts et les amène à sa bouche. Elle les suce avec un regard avide qui, encore, me gêne et m'intéresse. Je suppose qu'elle à cette nature en elle. Alors que moi je ne l'utilise qu'en tournage, Clarke aime aussi ce petit jeu dans l'intimité. Il allait falloir que je m'habitue. Et. Je suis déjà en train d'apprécier… Lorsque ses doigts retombent sur mes côtes, je viens appréhender mon propre goût dans sa bouche. L'idée me plaît, la saveur peut-être moins. Mais je l'embrasse tout de même et la serre dans mes bras. Son pull me gratte à nouveau.


Alors, j'ai l'impression qu'il ne se passe pas grand-chose ici, pourtant ce chapitre est assez long ! Je vais faire au mieux pour écrire la suite, pour vous, mais aussi pour moi finalement, ça m'avait grandement manqué et il a suffi que je m'y remette pour que les mots viennent naturellement.

J'espère que vos vies vont bien, que vous gardez la tête haute malgré ces temps difficiles… Je… je ne sais que dire de plus, on vit tellement un moment compliqué… Si certaines ont besoin de soutien, n'hésitez jamais à m'envoyer un message ou à vous parler les unes les autres, il faut se soutenir !

A bientôt !