Coucou ! Ce chapitre arrive super vite après le précédent et j'en suis super heureuse ! A dire vrai, j'étais bloquée dans le récit à cause d'un évènement futur que j'avais en tête et qui me prenait le chou… Mais à force de réflexion, j'ai trouvé une solution à cet évènement embêtant et ça m'a tout débloqué d'un coup ! L'envie d'écrire est revenue, et je pense que tout va s'enchaîner assez vite à présent. La seule chose qui va me manquer est le temps puisque j'ai trouvé un stage (qui se termine en août). Alors j'espère tout de même trouver du temps pour écrire, mais ça ne sera toujours pas un rythme de croisière régulier. Mais en attendant, je vous laisse avec ce chapitre qui marque un sacré retour ! Enjoy !


— Excusez-moi de revenir aux Filles de Sappho, intervient Alie après avoir goûté au vin, mais autant le faire maintenant pour en être débarrassées. J'ai prévu les scénarios et les dates de tournages de la prochaine semaine d'Aphrodite et Vénus. Et l'invitée du trio sera Niyhla !

— Ah, sympa cette nouvelle ! s'enthousiasme Clarke.

— Niyhla c'est la blonde coupe au carré ?

— Tu essaies de rattraper ton retard Charmaine ? la taquiné-je.

— On fait au mieux pour s'intéresser au travail de la femme de sa vie…

— Comme c'est charmant !

— Merci Clarke !

Alie se met à rougir furtivement avant de se racler la gorge et de reprendre :

— Ce seront donc les vidéos pour le mois de février. On en tourne deux la semaine qui arrive, et la dernière ainsi que la séance photo se feront la semaine suivante.

— Et tu nous préviens seulement maintenant ?

— Pardon Lexa, je suis débordée avec l'affaire Jaha… Mais c'est pour mercredi et vendredi, ça ira ?

— J'ai cours exceptionnellement vendredi matin, répond Clarke, mais si c'est l'après-midi ça passera !

— On tourne dans l'ordre de diffusion, donc d'abord la vidéo avec Niyhla. L'idée sera un peu différente de celle que vous aviez faite avec Raven où elle était comme un présent que l'une avait offert à l'autre. Là, ce sera plutôt une sorte d'intrusion de la part de votre invitée. Je vous enverrai la trame par mail. Ensuite, pour la semaine de la Saint Valentin, une vidéo romantique à souhait, plein de baisers et de tendresse entre vous deux.

L'idée me serre le cœur. Le romantisme avec Clarke, je sais faire.

— Et pour la semaine d'après, le shooting photo aura lieu mardi, toujours dans cette idée de romantisme, ce sera à la façon d'un dîner aux chandelles. Avec Sinclair on aimerait le faire ailleurs que dans les locaux, pour avoir une véritable cuisine. On réfléchit encore si on loue un appartement ou non. Je n'ai pas envie d'amener LFS dans nos maisons… Et pour jeudi, on tournera la dernière vidéo duo du mois : ambiance chocolat chaud et cocooning.

— Il y aura vraiment du chocolat chaud ?! s'étonne Clarke.

Le regard d'Alie se met à briller. Je vois très bien où elle veut en venir.

— Crois-moi, il saura se rendre utile !

— Et c'est toi qui réalises ?

— Je ne sais pas encore, j'aimerais bien, mais comme j'ai dit tout à l'heure…

— J'aime mieux quand c'est toi qui réalises, dit ma moitié. Je n'ai rien contre Anya, elle a l'air très gentille, mais Indra…

— Mais zut ! s'exclame Alie. Qu'est-ce que j'ai raté avec Indra ? Tout le monde me dit la même chose ! Pourtant ses réalisations…

— Elle gère très bien l'équipe et a un œil très bon pour savoir où placer sa caméra au bon endroit, dis-je, mais c'est vrai qu'elle semble un peu froide.

— Il faudrait que je lui en parle.

— Je peux essayer si tu veux, surenchéris-je, si cela vient d'une fille, elle comprendra sûrement mieux le ressenti.

— Très bonne idée !

— Eh bah, ça m'a l'air bien compliqué tout ce bazar, se lamente Charmaine en plaisantant, je suis bien dans mon petit travail de bureau !

— Fais gaffe ! Un jour Alie te proposera de bosser à ses côtés !

Les deux intéressées se mettent à rire de ma remarque, et je sens sur le visage de ma patronne que l'idée lui a traversé l'esprit. Si Clarke pouvait aussi passer côté bureau, nous serions un quatuor infernal. Toujours dans le milieu, sans montrer nos culs.

Clarke s'éclipse dans la cuisine pour en revenir avec le plat de lasagnes qui embaume instantanément la pièce. L'odeur qui s'en dégage lorsqu'elle coupe des parts me donne l'eau à la bouche. Et la première bouchée me fait vibrer les papilles.

— C'est bon ! me devance Charmaine.

— On s'y est mise à deux, répond Clarke la bouche pleine. C'est vrai qu'on ne s'en est pas trop mal sortie. Qu'est-ce que tu en penses Lexa ?

— J'adore !

Alie approuve nos dires et je me précipite sur ma fourchette fumante.

Avant le dessert, j'accompagne Charmaine qui va fumer sur le balcon. Comme par reflexe, nous regardons toutes les deux en bas. La rue est calme, pas de bar, pas de jeunes, aucun passant.

— C'est fini la rigolade ici, dit-elle en recrachant sa fumée.

— J'aurais bien d'autres façon de m'amuser !

Son regard passe du vide au mien, puis du mien à la baie vitrée donnant sur le salon. Je la suis et nous observons nos amantes respectives qui discutent.

— Qu'est-ce qu'elles se disent à ton avis ? me demande Charmaine.

— Alors là… De quoi une patronne et son employée pourraient bien discuter ?

— Elles sont amies maintenant, non ?

— Presque…

Mon invitée tire sur sa cigarette et souffle un peu trop fort.

— J'ai prévu de demander Alie en mariage le mois prochain.

En disant cela, ses yeux sont fixés sur sa future promise.

— Pour la Saint Valentin ?

— Je suis une romantique, qu'est-ce que tu veux !

— Haha ! Tu penses qu'elle va dire oui ?

— Je l'espère… Tu crois que c'est trop tôt ? Etant donné que c'est moi qui suis partie la dernière fois…

— Non, c'est le bon timing. Alie est à un moment charnière de sa vie, je crois qu'elle a besoin de cette stabilité sentimentale. Et puis, elle est raide dingue de toi !

— Je veux fonder une famille avec elle…

Charmaine écrase son mégot dans le cendrier improvisé que je lui avais apporté et pose ses mains sur son ventre.

— Mon avortement a été une déchirure, mais c'était la meilleure chose à faire. Je n'aurais pas pu élever un enfant toute seule. Là, maintenant, il y a Alie. J'aimerais pouvoir vivre cette aventure avec elle. Mais… Tu crois… qu'avec son métier, il peut y avoir un enfant dans sa vie ?

— Ah, je n'y avais jamais réfléchi de la sorte. Il est vrai qu'à un moment de la vie d'un enfant, cette question pourra être délicate, mais c'est à vous de définir comment amener le sujet, comment lui en parler. Et je suis sûre que tout se passera bien. De toute façon, vous avez le temps d'en parler.

— Oui, il faudra avoir des discussions sérieuses avant de se lancer. Merci Lexa. Tu as toujours su être de bon conseil. Ou une très bonne oreille.

— J'essaie ! Je n'ai jamais eu beaucoup de personnes de confiance à qui parler, alors je tente d'offrir cette confiance à ceux qui m'entourent.

— Viens là…

Elle ouvre grand ses bras en signe d'étreinte. Je me jette presque contre elle avant qu'elle referme son emprise. J'ai l'impression de revenir quelques années en arrière. Comme redécouvrir les bras d'une mère. Oui, Charmaine et Alie feraient de bons parents.

Nous finissons par revenir dans le salon où nos deux comparses semblent ne pas avoir vu le temps passer. Ces deux-là sont en train de tisser des liens qui me remplissent de joie.

Charmaine et Alie nous quittent un peu après minuit pour ne pas rater le dernier métro. Clarke et moi débarrassons pour être tranquilles le lendemain.

— Tu as cours demain matin ? demandé-je à Clarke au moment où elle me rejoint sous les draps.

— Je commence à 10h, j'ai mis un réveil. Il faudrait que je parte d'ici vers 9h20.

— Oh…

— Je te manque déjà, mmh ?

Elle se penche vers moi pour attraper mon menton et m'embrasser tendrement.

— Je reviens vite, c'est promis…

Ce soir nous tombons de fatigue sans faire l'amour. S'endormir, épuisée par manque de sommeil, dans ses bras est toujours un doux moment pour moi.

Mercredi après-midi je me retrouve dans la loge, seule. Clarke et Niyhla ne sont pas encore arrivées. J'ai beau avoir déménagé, ici, rien n'a changé. Je me déshabille pour aller me récurer sous la douche. Cela me semble étrange de ne plus tourner qu'avec Clarke. L'introduction de Niyhla aujourd'hui me ramène un vent de nostalgie.

Lorsque je sors de la douche, c'est sur elle que je tombe. Je suis enroulée dans ma serviette.

— Oh ! Salut Lexa !

— Ça va ?

— Oui et toi ?

— Prête pour perdre ton souffle avec Aphrodite et Vénus ?

— Oh là là Lexa ! Tu sais ce que je pense de Clarke, tu t'en souviens… Et tu sais ce que je pense de toi… Tu vois, parfois, j'aime être payé pour ce job !

Sa réponse me remonte le moral et efface mon léger blues. Elle a raison après tout, zut ! Je suis payée, et bien aujourd'hui, pour m'envoyer en l'air avec de jolies nanas, c'est parfait !

Je repense au scénario qu'Alie nous a envoyé la veille et une chaleur monte en moi. Ce tournage risque d'être vraiment plaisant. Je laisse ma place à Niyhla sous la douche, le temps pour Clarke d'arriver et de me déposer un baiser discret avec d'aller à son tour sous l'eau chaude.

— Je stress un peu, me dit la deuxième blonde, cela fait un temps que je n'ai pas tourné en trio !

— C'est vrai que tu préfères les duos…

— Enfin, je dis ça, mais je sais que ça va être cool ! Surtout, comme je le disais, avec vous deux…

Clarke sort de la douche à ce moment précis et a un geste qui me surprend. La poitrine à peine protégée par sa serviette, elle s'avance vers notre invitée et lui vole un léger baiser. Puis, elle se retourne vers moi et me dépose le même cadeau sur la bouche.

— Ainsi, tout le monde part sur un pied d'égalité ! On s'habille ?

Trop désarçonnées, Niyhla et moi observons Clarke se mettre nue et se diriger vers le portant pour attraper sa tenue. Un pull en laine banche assorti d'un slim bleu ciel, une grosse paire de chaussettes d'intérieur.

— Bon, moi j'y vais ! Je vous laisse vous habiller, c'est étroit ici. On se retrouve là-haut !

— Sacrée Clarke ! s'étonne Niyhla une fois qu'elle a refermé la porte.

C'est à son tour d'aller se changer. Moi je reste au milieu de la loge en me demandant pourquoi Clarke nous a laissé seules. Est-ce qu'elle me test après ce que je lui ai raconté sur Raven ? Mais elle sait très bien que j'embrasse facilement mes partenaires en loge, sans arrière-pensée. Ou alors… elle tient justement à ce que j'ai ce moment privilégié avec Niyhla, de ces moments que je ne peux plus avoir puisque je ne tourne qu'avec Clarke. Elle veut me rendre ces instants humains qui font que j'arrive à ternir dans ce milieu… Clarke…

Une fois prêtes, nous grimpons à l'étage pour rejoindre le studio au lit king size. C'est finalement Anya qui nous dirige. Nathan est fidèle à son poste. Monroe et Monty à la caméra, Jasper au son et Maya à la lumière. C'est comme avant. Un tournage comme les autres. Je regarde les techniciens qui s'affairent, Clarke qui discute avec Anya (ce que je n'avais jamais réussi à faire depuis tout ce temps), et Niyhla qui me regarde avec un sourire en coin.

— Quoi ?

— Rien, rien ! Tu as l'air heureuse aujourd'hui Lexa. D'habitude les pré tournages n'ont pas cet effet sur toi.

— Que veux-tu ! J'ai grandi il faut croire !

Nous rigolons et Nathan demande un peu de silence pour expliquer la scène à l'équipe. C'est vrai, il n'y a pas de séance photo, il faut donc bien expliquer les mouvements et positions qui seront réalisés pour que tout le monde puisse travailler au mieux.

Le temps que les préparatifs se finissent, Clarke nous rejoint pour nous demander si nous sommes prêtes.

— Tu n'étais pas encore arrivée quand je l'ai dit, mais tourner avec vous deux aujourd'hui est un honneur, alors, je suis plus que prête !

— Je sens qu'on va bien s'amuser… répond Clarke à Niyhla avec un air coquin.

Je n'ai pas le temps de m'en amuser ou de m'en offusquer que nous devons déjà nous mettre en place. Et tout commence…

Niyhla sort de la pièce, nous laissant Clarke et moi seules devant les caméras. Lorsque l'action est lancée, nous commençons à nous embrasser, habillées sur les draps. D'abord gentiment, puis avec plus de passion. La tension monte très vite, dans le jeu et dans mon corps. J'ai tout de suite envie d'elle. Cette ambivalence me surprend. Ces derniers jours chez moi nous avions pu faire l'amour rien qu'entre nous. Là il s'agit de recommencer devant un public. C'est presque comme si j'ai oublié comment faire. Je me force à penser à Clarke en gardant la trame du scénario dans un coin de ma tête.

Mon amante me retire mon pull et je laisse ses mains caresser mes flancs mis à nus. La chaleur monte, je retire le haut de Clarke et viens embrasser ses seins par-dessus son soutien-gorge. Elle me dégrafe le mien, sa bouche vient embrasser mon téton déjà dressé.

C'est à ce moment que la porte s'ouvre dans un grincement presque théâtral. Je laisse ma besogne et me retourne en direction de Niyhla qui vient d'entrer.

Anya coupe l'action. Les caméras changent de place. Nous rejouons l'arrivée de Niyhla et nous pouvons continuer. La jeune intruse parait faussement surprise et s'avance vers nous. Je joue la honte et tente de cacher ma poitrine, mais Clarke se colle contre mon dos, attrape mes mains et me les retire, laissant ma poitrine s'exposer à Niyhla qui s'en mord la lèvre inférieure. Je tente de me débattre, Clarke lâche mes mains pour venir serrer mon cou et me contenir. La seconde blonde vient s'agenouiller en face de nous et retire ces doigts qui tentaient de me violenter. Avant de lâcher la main de Clarke, elle embrasse sa paume et y dépose une léchouille. Moi, coincée entre les deux, je les regarde tour à tour. Leurs pupilles se croisent et le feu nait. Niyhla a envie d'elle, j'arrive à le ressentir.

C'est cette dernière qui fait le premier pas en capturant mon menton entre son pouce et son majeur. Ce geste lui permet de venir m'embrasser en toute quiétude. Pendant ce temps, Clarke dégrafe son soutien-gorge pour nous mettre à égalité et colle tout son buste à nu contre le mien. Je frissonne de plaisir. Ses mains atterrissent sur mes seins finissant de m'exciter totalement. La langue de Niyhla contre la mienne, mes mamelons malmenés, je n'ai plus de choix autre que l'abdication. J'agrippe le bas du pull de l'intruse pour le faire passer au-dessus de sa tête. Surprise, elle ne porte pas de sous-vêtement. Clarke passe alors de ma poitrine à la sienne et se met à alterner. Niyhla fait de même, elle embrasse Clarke, puis revient à ma bouche pour mieux repartir contre celle de mon amante. Nous nous retrouvons si proches Niyhla et moi que ma poitrine entre en contact avec la sienne. L'échange est doux et agréable.

Le rôle me revient de retirer le bas de notre invitée. Je m'acharne avec sa braguette et nous nous y mettons à trois pour la mettre à nu. S'en suit un effeuillage sensuel de Vénus puis de ma propre personne. A ce moment, Anya coupe encore, les caméras changent de place, à peine le temps de reprendre notre souffle et on y retourne.

Niyhla et Clarke s'acharnent à deux pour me pousser contre le matelas. Aujourd'hui, c'est moi le jouet et je n'en veux pas à Alie. C'est rare que le rôle de soumise et de proie soit donné à Aphrodite. Si elle veut détonner avec ce nouveau duo, elle a totalement raison. Et maintenant, je décide de me laisser complètement aller. Les deux blondes se positionnent de tel sorte que chacune peut m'embrasser une joue. Leurs bouches dérivent rapidement vers la mienne et nos trois paires de lèvres se croisent, se choquent et se nouent dans un échange de fluide réconfortant. Le bout de la langue de Niyhla me brûle le sexe, tandis que celui de Clarke ravive une sensation forte au fond de mon cœur. Mes mains viennent chercher le haut de leur nuque pour m'y accrocher. Ce n'est pas écrit, mais j'ai envie de prendre un peu les devants. Je capture les lèvres de Clarke pour venir y introduire ma langue, je la garde près de moi. De l'autre main, je force Niyhla à descendre sur mon corps pour qu'elle appose ses baiser sur mes seins libres. La jeune femme connait son métier, ainsi que son désir, et se laisse complètement faire. Ses crocs enroulent un de mes tétons, me faisant mordre le bout de la langue de Clarke. Je ressens cette dernière s'amuser de la situation.

Ma main quitte la nuque de notre invitée pour venir caresser ses épaules, son dos, et la naissance de son cul. Je me surprends à vouloir prendre une fesse à pleine main, comme pour l'encourager. De l'autre, j'essaie de descendre dans le cou de mon aimée, puis contre sa poitrine. Caresser ses seins m'excite encore plus.

Clarke lâche soudainement ma bouche pour s'approcher de mon oreille, elle chuchote très bas « je te rappelle que c'est toi la soumise ici… » avant de morde dans mon lobe. Un cri de surprise mêlé au désir m'échappe et la femme s'affairant sur ma poitrine se stoppe pour nous observer. Elle remonte nous embrasser chacune notre tour avant de s'approprie les lèvres de Clarke pour elle seule. Cette vision augmente encore mon envie d'elles. Puis, comme le veut le scénario d'Alie, elles se détachent pour retrouver mes seins, chaque bouche le sien. Je ferme les yeux pour exulter. C'est une douce torture.

Soudain, un flash blanc s'impose derrière mes paupières. Arriverai-je à vivre sans les tournages ? Je n'ai pas appris à faire. J'aime ça. Cette sensation de me faire posséder par quatre mains en même temps. Si j'arrête tout, je n'aurais plus que Clarke. Et ce ne sera pas pareille. Dans l'intimité je me cache derrière cette image de fille prude et tendre, mais la réalité est tout autre. Jamais je n'aurais accepté de baiser Costia devant la caméra d'Alie si je n'avais pas en moi ce désir pervers d'exhibition et de sexe cru. J'en ai besoin, fondamentalement et profondément. C'est pour ça que j'avais couché avec Raven chez elle. C'est pour ça que j'ai été contente de revoir la loge tout à l'heure, et que j'ai été très heureuse de voir Niyhla arriver la première. Même si j'aime Clarke, c'est comme si mon corps aurait toujours envie d'en posséder d'autres que le sien…

Je suis sortie de mes pensées par la langue de Clarke qui descend le long de mes côtes et par celle de Niyhla qui reprend le chemin vers mon visage. Tout à fait en même temps, elles déposent un baiser sur mes lèvres. Celui entre mes cuisses me fait exploser le cœur. Je sens que je suis chaude et humide contre la bouche de Clarke. Cette situation m'a excitée au-delà de ce que j'avais en tête. Je m'agrippe aux épaules de Niyhla pour l'embrasser avec une rage passionnelle qui, en fait, ne me surprend pas. Oui, j'ai toujours eu ça en moi. Je suis une traînée.

Je mets toute mon envie dans ce baiser. J'ai envie de lui montrer que je la veux, tout autant que Clarke. Le reste de mon bassin se cambre sans les coups de langue de mon amante. Lorsqu'un de ses doigts pénètre en moi, Niyhla lâche le baiser pour me laisser gémir. Nos regards se croisent un instant et je peux lire dans le sien un moment de plaisir intense. Mais quelque part au fond de son âme je lis de la peur. Elle a peur d'être ici contre moi, elle a peur de mon désir. Elle a peur de faire ce métier. Mais pas moi. Moi, je suis Aphrodite, je n'ai jamais eu peur. Jamais. J'aime ce métier je… Alors que quelques jours auparavant je voulais le quitter… Non… Je ne peux pas… Je ne peux pas vendre mon corps ma vie entière. Je ne peux pas fonder une famille en tant qu'Aphrodite. D'un coup, mon cœur se serre, je ne sens plus le majeur de Clarke. L'air vient à me manquer. Je ferme les yeux, je force. Mon bassin arrête de cambrer. Ma respiration se coupe. Je suis allongée et pourtant je me sens tomber.

Qui suis-je ? Au final, qui suis-je et de quoi ai-je réellement envie ? Si la prison est mon destin, comment…

Le vide se fait dans mon esprit et je me sens partir…

— Lexa ! … Lexa !

Doucement, je reprends conscience de mon corps sur le matelas. Mon prénom est répété par plusieurs voix différentes. Petit à petit j'arrive à ouvrir les yeux. Clarke, Niyhla et Anya sont penchées au-dessus de moi.

— Lexa ! lance Clarke apeurée. Tu vas bien ?

Je tente de me redresser, on ne m'en empêche pas. Je constate que personne d'autre n'est dans la pièce. Alors que nous étions en train de tourner. Je ne comprends pas.

— Où sont les autres ? demandé-je avec une petite voix qui me surprend.

— Tu as fait comme un malaise, me répond Anya. J'ai fait sortir l'équipe le temps que tu reprennes conscience.

— Oh…

Mes deux partenaires de jeu ont un peignoir sur les épaules et je me rends compte que le mien a glissé sur mes cuisses lorsque je me suis redressée.

— Je suis désolée… Je ne comprends pas ce qui m'a pris… Tout se passait bien et puis…

— Ce n'est rien, tempère Anya, ce sont des choses qui arrivent. Comment tu te sens ?

— Je crois que ça va…

Clarke s'approche doucement et me dépose un baiser sur le front. A côté, je vois Niyhla qui caresse le dessus de ma main posée sur le matelas.

— Tu nous as fait peur, dit cette dernière.

— Pardon, mais vraiment ce n'est rien. On peut reprendre le tournage si vous voulez.

— T'es folle ! s'exclame Clarke.

— Non, surenchérit Anya, on expliquera à Alie ne t'en fais pas, on peut tourner un autre jour.

— Non, non, je vous jure, je vais bien. On peut terminer, s'il vous plait ? Comme ça on n'aura pas besoin de recommencer, on reprend où on s'est arrêtées.

— Tu es sûre ? s'enquiert Niyhla. Comme ça, de but en blanc, tu veux reprendre ?

— Ce n'est pas un problème, sauf si vous ne voulez pas…

— Ça ne me gêne pas, répond Niyhla, c'est plutôt pour toi…

— Si tout le monde est d'accord, je suis pour reprendre. Clarke ?

— Si tu penses que c'est faisable… Allons-y…

— Je vais chercher l'équipe alors…

Anya se lève du lit et sort de la pièce, nous laissant seules.

— Tu es sûre Lexa ? demande encore Clarke.

— Oui, oui.

— Mais qu'est-ce qui s'est passé ? s'inquiète Niyhla.

— Je n'ai pas mangé depuis ce matin, ça doit être ça.

Je sens bien que mon mensonge passe auprès de Niyhla mais pas auprès de Clarke. Tant pis, à elle, je pourrais lui expliquer plus tard. Et de toute façon, j'ai réellement envie de reprendre, ne serait-ce que pour oublier l'événement étrange qui vient de se dérouler.

L'équipe revient, avec des airs plus ou moins inquiets sur leur visage, me faisant comprendre que le moment avait dû être très déstabilisant à vivre pour tout le monde. Il y a une certaine lenteur pour que tout se remette en route. Mes deux partenaires et la réalisatrice s'assurent plusieurs fois de ma bonne santé et de mon envie de continuer, mais je n'en démords pas.

Nous nous remettons nues, Clarke revient entre mes cuisses, Niyhla toute proche de mon visage, et Nathan lance l'action.

Cette fois, je me jure de ne pas réfléchir. Je prends les baisers des blondes comme ils viennent, ainsi que leurs coups de langues. Après quelques instants, Clarke me pénètre déjà et Niyhla vient se mettre au-dessus de mon visage, comme le prévois le scénario, pour que je lui fasse profiter à son tour de ma langue experte.

Le tournage se termine sans encombre. Je comprends qu'il n'y a que moi qui ne mime pas l'orgasme, les filles ayant dû être trop perturbées par l'incident. Et vite, nous saluons l'équipe et nous nous retrouvons toutes les trois dans la loge exiguë.

— Je suis vraiment désolée pour tout à l'heure, dis-je aux filles alors que nous sommes toutes les trois rhabillées.

— Tu n'as pas à t'excuser, me gronde Niyhla, tu as fait un malaise, ce n'est pas ta faute tout de même !

— Mais j'ai bien senti que vous étiez un peu mal à l'aise après…

— On a eu peur, c'est tout, répond Clarke, et ça nous a coupé dans nôtre élan. Mais on a fait notre travail, tu vois, mmh ?

— Oui, d'accord…

— Moi, j'ai quand-même été contente de jouer avec vous deux ! C'était vraiment un bon tournage.

Sans que je ne m'y attente, Niyhla se baisse vers moi et m'embrasse. Pas comme le léger baiser que Clarke nous avait donné tout à l'heure, non, un baiser plus proche de ceux que je lui ai volé en tournage. Sa langue enfourche la mienne avec une passion effrayante.

— Puisque je risque de ne plus tourner avec toi de si tôt… Allez, je vous laisse !

Et avant que nous puissions réagir, Niyhla a déjà quitté la pièce.

— Eh bas ! s'étonne Clarke. Elle est vive celle-là !

Je commence à rire quand je vois son regard changer. Clarke s'approche à son tour de moi. Je suis assise sur la banquette, elle vient se poser sur moi, ses genoux de chaque côté de mes cuisses. Elle attrape mon menton et me force à l'embrasser elle aussi.

— Je sais que tu l'as vu Lexa, dit-elle contre ma bouche, je n'ai pas joui… Et j'en ai extrêmement envie…

Sa phrase me rend dingue. Sûrement que j'arriverai à me contenter de Clarke en fin de compte. Sauf en prison… Ça suffit ! Je chasse mes pensées et me rue sur la bouche de mon amante. Dans la passion, nous basculons à terre. J'ai le reflexe de ralentir notre chute et de passer mes mains derrières le crâne de Clarke pour qu'elle ne se cogne pas. Mais elle a tant envie de moi qu'elle ne se rend compte de rien. Une fois au sol, elle ne se prive plus pour caresser mes fesses et venir mordre mes seins qui se sont retrouvés devant sa bouche.


Alooooors ! Ça faisait longtemps que je n'avais pas écrit une scène de tournage, et ça m'avait manqué. J'ai donc eu l'occasion de développer un trait de la personnalité de Lexa : à savoir qu'elle est vraiment paumée la pauvre haha ! Perdue entre l'envie d'arrêter de vendre son corps et l'envie de continuer à jouir de sa position. Tout ça crée des batailles dans son esprit que son corps n'est pas de force à combattre. On verra bien si elle arrive à se confier à quelqu'un et comment le futur se profile pour elle…

J'espère revenir vite vers vous avec la suite des aventures de Lexa et Clarke (et Jaha, on ne l'oublie pas ce bâtard haha !)