On se retrouve une semaine après le précédent chapitre pour la suite de l'anniversaire de Clarke. Attention, ça s'annonce chaud chaud… Enjooooy !
Arrivées sur la piste de danse, Octavia colle derechef son corps contre le mien. La chipie sait ce qu'elle veut. A aucun moment je n'aurais pu penser qu'elle s'intéressait aux femmes. Non Lexa, tu ne mettras pas Octavia dans ton lit. Hors de question de coucher avec ta petite amie et sa meilleure amie en même temps. Je n'ai pourtant bu qu'une gorgée d'alcool, dans le verre de Clarke.
Raven danse avec Clarke, pas de façon sensuelle, non, elles s'amusent comme deux jeunes adultes légèrement alcoolisées. Bellamy lui, est toujours collé à son inconnue. Alors je décide de m'amuser moi aussi. J'entre dans le jeu d'Octavia. Je me colle à elle et j'imite sa façon indécente de se trémousser. C'est un exploit pour la timide que je suis. Mais c'est comme si mon aveu à Clarke à propos de mon goût prononcé pour le sexe avait libéré un truc en moi. Comme si une barrière mentale avait sauté, me permettant aujourd'hui de beaucoup plus me lâcher. Pour Octavia qui ne me connait pas, il ne doit y avoir là rien d'exceptionnel. Je suppose qu'à ses yeux, puisque je montre mon cul sur Internet, je suis capable des pires folies dans la réalité. C'est faux. En tous cas, ça l'était. Aujourd'hui, et avant d'être privée de la liberté que je me suis interdite de mon plein grès pendant toutes ces années, je décide de profiter. Je suis une nouvelle Lexa. Espérons juste que Clarke ne m'en veuille pas.
Je sens bien qu'Octavia n'est plus vraiment maitresse de la situation, aussi, j'essaie de l'empêcher un minimum de faire des bêtises. Je récupère ses mains pour les remettre sur mes hanches lorsqu'elles descendent trop bas sur mes fesses. Je fais en sorte qu'elle ne pose jamais sa tête contre mon épaule. Bref, je garde cet échange dans un cadre amicale et festif, rien de plus. Cela n'empêche pas nos corps de se déhancher sur la piste comme ceux de deux ados complètement insouciantes. Cet instant me procure un bien fou. Toute contre elle, la musique à fond, son odeur qui me fait tourner la tête, j'ai l'impression de rattraper mes années de début de majorité que je n'avais pas eu le droit de vivre correctement.
Ma partenaire de danse semble également bien s'amuser. Outre ses mains baladeuses, elle est complètement transportée dans un autre monde. Tout lui sourit et elle se déchaîne sous les basses sourdes. Le moment est brisé par l'arrivée de Clarke qui se colle dans mon dos et passe ses mains sur mon ventre. Pendant un instant, les doigts des deux femmes s'enlacent. Un feu monte en moi. Mais Clarke repousse gentiment les mains d'Octavia. Cette dernière revient à la réalité et regarde son amie dans les yeux, puis les mieux. Elle s'approche pour me déposer un baiser sur le front, un « merci » au creux de l'oreille, avant de reculer et de se retourner vers Raven qui est seule à présent.
— Je croyais que tu ne voulais pas danser, me dit Clarke lorsque je me retourne face à elle.
— Elle en avait tellement envie…
— C'est gentil de ta part, mais tu es à moi…
Sa bouche bute contre la mienne avec une insistance qui me saisit le cœur.
— C'est fou ce que les Blake essayent de nous séparer, reprend-elle en plaisantant.
— Je ne sais vraiment pas ce qui a pris à Octavia.
— L'alcool. Sobre elle est parfaitement hétéro, quand elle se met à boire elle veut embrasser toutes les filles qui lui passent sous la main. Bah tiens, regarde !
Je desserre de l'étreinte de Clarke pour observer Octavia qui est en train d'embrasser… Raven !
— Mais non !
Raven la rabroue légèrement, elle qui avait déjà dû mettre un stop à son frère. La sœur avait visiblement été plus douée !
— Sacrée O' ! s'exclame Bellamy qui vient d'arriver à nos côtés. Je peux t'emprunter Lexa ?
Je suis étonnée, mais Clarke me laisse à son meilleur ami. Elle va rejoindre les filles et décolle Octavia pour laisser à Raven le soin de respirer un peu. Elle se retrouve finalement collée-serrée à sa meilleure amie. Moi, je pose mes bras sur les épaules de Bellamy qui invite timidement ses mains sur mes hanches.
— Je voulais te présenter des excuses.
— Ah, Octavia m'a dit que ce ne serait pas pour ce soir.
— Elle aime bien me sous-estimer ! Je suis désolé pour mon comportement du nouvel an. Je n'aurais pas dû agir de la sorte. J'aurais dû parler à Clarke beaucoup plus tôt, je ne voulais pas vous causer de tort.
— Si tu le penses sincèrement, et si tu ne comptes pas recommencer, alors je te pardonne Bellamy.
— Merci…
Nous continuons un peu notre danse en silence, mais la soirée commence à tirer sur sa fin et toute la troupe se retrouve assise autour de la table, épuisée.
— Waaaah ! râle Clarke. Je suis explosée ! Je me suis levée tôt ce matin, et il est déjà…
Elle regarde l'heure sur son téléphone.
— Ah bah ce n'est plus mon anniversaire !
— On ne va pas tarder de toute façon, répond Bellamy.
— Merci pour ce soir, reprend Clarke, c'était super, vous êtes les meilleurs !
La tablé s'enorgueillit un peu de ce compliment et amorce des levés de chaises et des départs. Je pose son manteau sur les épaules de Clarke qui caresse ma main tendrement. Je lui dépose un baiser dans la nuque avant de quitter le bar.
— Ah, Lexa, j'ai dit à ma mère que je dormais chez toi.
— Je n'ai pas mon mot à dire je suppose ?
Raven se marre avant de nous dire que Miles l'attend probablement, endormi sur le canapé. Octavia et Bellamy qui rentrent en taxi se proposent pour la raccompagner chez elle en faisant un petit détour. Nous attendons donc le taxi avant de nous saluer. Je fais promettre à Raven de caler prochainement des dates pour le parc d'attraction.
Avant de partir, Octavia m'offre une énorme accolade, Bellamy doit presque la décoller de moi. Ils s'y mettent à deux avec Raven pour l'asseoir dans le taxi.
— Elle ne tient absolument pas l'alcool, dis-je à Clarke alors que nous faisons des saluts de la main au taxi qui s'en va.
— On a mal mangé ce soir et elle a trop bu… Mais tu as apprécié son côté collant, je me trompe ?
Je hausse les épaules devant son regard mi inquisiteur, mi amusé.
— Que veux-tu, j'aime les belles femmes !
— T'es infernale hahaha !
Elle attrape ma taille et m'amène à elle. Son étreinte me surprend et me grise. Clarke m'embrasse avec passion, faisant monter la tension. Je la pousse dans la ruelle, cette ruelle où nous nous étions déjà embrassées passionnément à la fin de l'année précédente, et je la plaque contre un mur. Je l'emprisonne et donne encore plus d'insistance au baiser qui chauffe rapidement. Mes mains peuvent difficilement devenir baladeuse à cause de la présence de son manteau, et pourtant, ce n'est pas l'envie qui m'en manque.
— Tu m'embrasses de la sorte parce que tu n'as pas pu avoir les lèvres d'Octavia ?
— Ça te plairait si c'était le cas ?
— Je suis tombée sous ton charme en te regardant t'envoyer en l'air avec d'autres femmes… Oui, ça me plairait.
Je m'approche de son oreille :
— Alors, oui… j'avais très envie de l'embrasser sur la piste de danse… Son corps chaud collé contre le mien…
Je sens Clarke frissonner. L'exercice est nouveau pour moi et il me rend déjà toute chose.
— Attends, chuchoté-je soudain en réalisant quelque-chose, vous vous êtes déjà embrassées Octavia et toi ?
— Comme je te l'ai dit, elle change de bord quand elle boit trop, et moi aussi j'aime les belles femmes… Mais je suppose que pour cet enfant Blake, ça ne te dérange pas, mmh ?
L'image de mon amante et sa meilleure amie en train de s'embrasser sensuellement réveille mon désir. C'est à mon tour de frissonner.
— Coquine… En fait, tu as un petit côté voyeuriste aussi…
— Il y a des chances, c'est l'effet des trios…
—Tu as dû prendre ton pied à regarder toutes mes premières vidéos quand j'ai fait le tour des filles de Sappho…
Je ne lui réponds pas, à la place, je l'embrasse goulument.
— On rentre ? se plaint-elle, haletante contre ma bouche.
Encore une fois, je laisse le silence lui répondre. J'attrape sa main et je la traîne jusqu'au métro. Cette scène ressemble à celle de la dernière fois. Mais je sais que là nous irions jusqu'au bout.
Nous courrons pour ne pas rater le dernier métro. Nous courrons pour pénétrer dans le hall de mon immeuble. Nous courrons pour sortir de l'ascenseur. Nous courrons dans le couloir jusqu'à ma chambre.
Elle me retire mon manteau, je finis par me déshabiller moi-même, Clarke en fait autant. Je n'ai pas le temps de penser à la jeter sur le lit, qu'elle me plaque contre le mur de la chambre. Elle prend sa revanche.
— Et j'aurais le droit de coucher avec Octavia ? demande-t-elle comme pour reprendre la discussion que nous avions laissé sur le trottoir.
— Pourquoi ? Tu en as envie ?
— Quand je l'ai rencontrée, elle m'intéressait un peu…
— Je vois le genre… Mais non Clarke, tu es à moi.
Je reprends le ton qu'elle a employé après ma danse contre son amie. Maintenant que l'idée d'Octavia a été imprégné dans nos esprits, il est temps de se taire pour profiter un maximum. Je sens déjà mes cuisses se tremper sous l'effet de mon désir intense.
Clarke appuie sa poitrine imposante contre moi, m'empêchant presque de respirer. Son corps tout entier m'emprisonne. J'aime ça. Sa bouche ne veut plus quitter la mienne, sa main vient caresser ma joue, ma nuque, mon épaule, descend le long de mon bras, caresse le bout de mes doigts, et suit leur direction : mon entre-cuisse qui l'attend. Sa paume entre en contact, elle se fait tremper instantanément. Il suffit alors d'un léger mouvement de cette dernière pour me donner un plaisir intense. La sensation de chaleur et d'humidité me brûle le clitoris et fait ressentir à tout mon être une énorme plénitude. Je n'ai même pas le temps de profiter que je jouis déjà au creux de sa main.
— Pardon, je n'ai pas pu me retenir…
— Salope…
L'insulte sort comme une évidence. Alors que personne en tournage n'avait jamais osé me la dire, alors qu'Alie sûrement en serait choquée et déçue, l'entendre fait gronder en moi un feu encore plus ardent. Pour signifier à Clarke que je n'en suis pas outrée, je lui morts la lèvre fiévreusement. Elle comprend que son affront a eu l'effet escompté. Je la laisse m'embrasser en réponse puis j'appuis sur ses épaules pour lui faire comprendre, non, pour l'obliger à descendre le long de mon corps. Un son de victoire émane de sa bouche et elle me laisse la pousser jusqu'à ce que sa langue rejoigne mon sexe encore en demande. Je grève mes mains à son crâne pour la forcer à me lécher et à ne surtout pas reculer. Je veux sentir la puissance de son muscle contre mon clitoris gonflé par son précédent orgasme. Je sens mon cœur battre contre sa langue. La sensation n'est que pure extase. Je mets un peu plus de temps à jouir que la fois précédente, mais l'apothéose débarque quand-même beaucoup trop vite à mon goût. Clarke dépose des baisers au creux de mes cuisses avant de se redresser. Elle s'essuie ostensiblement la bouche pour me prouver à quel point elle m'a fait de l'effet. Malgré la pénombre je vois son regard luire.
Je la pousse jusqu'au lit sur lequel elle prend place. Mon corps se place au-dessus d'elle, nos poitrines se touchent à peine lorsque je descends vers son oreille pour lui demander :
— Qu'est-ce que tu veux… ?
C'est la première fois que je lui laisse le choix.
— Pénètre-moi… fort…
Sa voix halète et trahit son désir qu'elle ne peut plus retenir davantage. Avec cette information en ma possession, je décide de jouer un peu. Je plaque mon corps contre le sien pour lui faire sentir chaque parcelle de ma peau nue. Je sens qu'elle frissonne à mon contact, ses pores sont en ébullition. Je crée un peu d'espace pour y glisser ma main et épouser ses formes. Clarke comprend mon petit jeu et en devient encore plus folle. Petit à petit, je descends vers son sexe, mais je le contourne sans jamais l'atteindre. Je veux qu'elle inonde les draps.
Au moment, enfin, où j'effleure son but, elle gémit incommensurablement, démesurément. Je pause le plat de ma main et constate à quel point elle est humide. Je n'ai aucune difficulté à la pénétrer d'un coup, sans préavis. J'y introduis derechef deux doigts et vais au plus loin. Là, je capte dans ses yeux qu'elle s'oublie.
Ses dents viennent croquer dans ma clavicule lorsque le plaisir devient trop intense pour elle. De mon côté, je m'efforce de donner de l'élan à mon poignet pour faire les meilleurs va-et-vient.
— Quand-est-ce que tu me prends avec un gode-ceinture…
La phrase est dite si naturellement que l'idée est tout de suite approuvée par mon cerveau. Maintenant qu'elle le dit, je ne rêve que de ça. Et pourtant, l'exercice pour moi a toujours été difficile en tournage, et Costia et moi n'en avions jamais possédé un. Maintenant que j'ai Clarke à ma merci, livrée totalement à son désir et à mon bon plaisir, je ne souhaite que d'une chose : acquérir ce Graal pour répondre à tous ses fantasmes.
Je n'ai pas le temps de lui promettre que je lui en offrirai un car son orgasme arrive dans une fulgurance qui lui fait perdre la tête. Elle me mord un peu trop fort, me tirant une grimace que je ne peux retenir. Heureusement, elle dégage ses dents pour retomber sur le matelas, épuisée.
Je m'allonge à ses côtés, le bras endolori, mais sereine. Les nimbes de la nuit nous emportent toutes les deux.
Quelques jours plus tard, je me retrouve une énième fois dans ce terrain vague à l'odeur de brûlé. J'ai beau y aller tous les mois depuis des années, je ne m'y fais toujours pas. Et encore moins depuis que je sais que je risque la prison pour les évènements qui ont eu lieu ici. Je ne m'habitue pas non plus à la présence de Jaha. Derrière ma poutre, je le vois arriver, une envie de vomir me gagne. Pas une envie créée par un dégoût, plutôt par cette haine intense qu'il m'inspire. Je sors de ma cachette pour lui faire face. Hors de question de lui laisser voir mes émotions.
— Lexa, toujours présente.
— Ai-je vraiment le choix ?
Il ricane pour toute réponse. Je lui tends l'enveloppe.
— Viens.
Je n'ai pas le temps de réaliser qu'il me demande de le suivre puisqu'il agrippe aussitôt mon bras et m'entraîne vers les décombres. L'odeur de brûlé devient plus forte. Et cette impression de sentir un corps calciné, ce qui est impossible depuis tout ce temps. Je n'essaie même pas de me débattre. Je sais que Jaha ne peut plus rien me faire, il est déjà aller trop loin, et de toute façon, nous l'avons en ligne de mire. Il me faut encore être patiente, alors je le suis sans broncher. Il nous entraîne jusqu'au milieu de la grande pièce qui devait servir de studio de tournage à LFS. Tout est encore intact et n'a pas bougé depuis la dernière fois où j'y avais mis les pieds et trouvé un petit morceau de l'ancien logo de la boîte. Il s'arrête, resserre son emprise sur mon poignet. C'est douloureux mais je ne dis rien.
— Comment as-tu pu ?
Jaha me pose cette question en regardant en l'air. Il observe la mezzanine d'où Costia été tombée.
— Comment as-tu pu la retirer à ma vie ?
Je ne comprends pas très bien. Le silence qui suit me rappelle qu'en effet, il avait semblé éprouver des sentiments pour Costia. D'où sa haine et son esprit de revanche.
— Hein, Lexa ? Comment as-tu pu te prendre pour Dieu et me retirer cette femme ?
— Arrête ton cirque Jaha. Elle n'était pas faite pour toi. Elle ne t'aurait jamais aimé. Au contraire, tu devrais me remercier, je t'ai évité des années de souffrance et d'éconduite.
Il se retourne vers moi pour me toiser. Je distingue ses yeux se remplir de larmes.
— Tu ne m'apprends rien. Je sais très bien qu'elle était amoureuse de toi et que jamais je n'aurai fait le poids. L'aimer en cachette m'allait très bien. Son sourire et ses courbes faisaient de moi un homme heureux et tout m'allait très bien.
L'idée me révulse. Je l'imagine aisément construire un hôtel à l'effigie de Costia et regarder en boucles nos vidéos.
— Et donc c'est pour ça que tu as brûlé son corps Jaha ? Parce que tu l'aimais ?
— Je l'aime toujours ! Jamais je ne l'oublierai ! Si j'ai brûlé les preuves c'étaient uniquement pour pouvoir me venger sur toi par la suite. Jamais je ne te pardonnerai. Tu m'entends Lexa ? Ce chantage durera toute ta vie !
Je ne réponds pas. Je ne veux pas que derrière un mensonge il comprenne la vérité du procès qui s'annonce. Et d'un coup l'idée me frappe, même s'il va aussi en prison, il jubilera tellement de voir que je plongerai avec lui. Ma peine vengera la mort de son amour. Eh bien soit. Ce qui compte avant tout c'est qu'il soit enfermé. Tant pis si je dois le suivre et s'il s'en amuse.
— Tourne la page mon vieux, tenté-je comme réponse, moi je l'ai tournée. C'est à ton tour.
Je n'ai pas envie de l'aider à faire son deuil, mais si cela peut lui permettre de me lâcher le poignet et de me laisser rentrer chez moi…
— Tu l'as oubliée ? Monstre…
— Je ne l'ai pas oubliée, je ne l'oublierai jamais moi non plus, j'ai juste fait mon deuil et je suis passée à autre chose. Vraiment, tu devrais essayer. On se sent plus léger. Et qui sait, peut-être que tu cesseras ce harcèlement à mon encontre.
— Je ne te harcèle pas, je te fais payer pour ton crime. Un peu d'argent tous les mois, qu'est-ce en comparaison d'une vie humaine ?
Sa remarque glace mon cœur. Mais j'essaie de ne pas me laisser attrister ou attendrir par son discours.
— Je ne pourrai jamais la ramener, il faut s'y faire. Tu penses bien que je m'en suis voulu pendant des années de l'avoir poussée ce jour-là. Et je m'en veux toujours. J'ai seulement appris à vivre sans elle et à aimer quelqu'un d'autre.
— Je ne veux pas en aimer une autre, il n'y a qu'elle qui compte.
J'ai envie de lui hurler à la figure qu'il ne la connaissait même pas, qu'il lui avait à peine parlé et qu'il ne connaissait Costia que par ses vidéos d'elle, que ce n'était pas de l'amour mais un désir maladif. A quoi bon ? Je ne suis pas son amie, aucun intérêt à tenter de le raisonner. Il peut bien penser être amoureux d'elle, ce n'est pas mon problème.
Profitant de sa détresse et de quelques larmes qui commencent à perler sur ses joues, je me dégage et récupère mon bras.
— A dans un mois Jaha.
C'est moi qui pose le rendez-vous pour une fois. Il ne cherche pas à me rattraper et me laisse m'éloigner. Avant de tourner dans la rue, je me retourne pour le regarder. Il est tombé à genoux à l'endroit où Costia avait perdu la vie. L'image me brise mais je ravale ma salive et contiens mes larmes. Je le laisse à sa détresse et je retourne chez moi.
Je n'ai pas le temps de repenser à cet évènement étrange qui ferait passer Jaha pour un être humain doté d'une sensibilité pareille à celle du commun des mortels. Ce soir je me concentre sur ma journée de demain : ma sortie à Wandyland avec Clarke, Raven et Miles.
J'ai une très bonne nouvelle pour vous, le chapitre suivant est bouclé et sera posté samedi prochain !
En attendant samedi, profiter du déconfinement et prenez soin de vous !
