On se retrouve ce week-end pour la suite des événements entre Emori et Jaha, accrochez-vous et âmes sensibles s'abstenir ! Enjoy…


Flashback - Quelques jours auparavant : Point de vue Emori

— Ah tu te sens con hein ?! Ordure. Tu vas payer et c'est tout ce qui compte !

— Non, non, non, je ne peux pas, non… pas la prison, non…

Il se tourne vers la fenêtre et regarde au loin. Je la regarde aussi pour comprendre ce qu'il cherche. Et d'un coup, il se met à courir vers cette dernière.

Ni une, ni deux, je me lance à sa suite et l'attrape violemment par le col pour le tirer en arrière. Il tombe sur ses fesses, la fenêtre reste fermée. Je me pose devant lui, je le regarde de ma position de domination. Il fait pitié.

— Qu'est-ce que tu fais au juste Jaha ? Tu allais sauter ? Tu veux fuir en te suicidant ? Hahahah ! Non, ce serait trop facile ! Tu dois payer mon vieux, tu dois payer.

— Laisse-moi…

Le bougre tente de se relever mais je me jette sur lui pour le maintenir à terre. Mon poids suffit à l'immobiliser. Et je vrille. Mon passé remonte à la surface. Mon père à califourchon sur ma mère étalée dans le salon. Lui qui lui met des coups de poings, elle qui pleure, moi qui ne fais rien. Et le coup part tout seul. Mes phalanges fusionnent avec la joue de Jaha pendant quelques secondes. Le choc ravive la douleur causée par mon poing abattu sur le comptoir, Jaha tourne la tête pour tousser.

— Mais t'es cinglée ! Qu'est-ce qui te prends petite pute ?!

Un deuxième coup part, cette fois ma main s'est habituée à la douleur. Jaha tousse et quelques gouttes de sang s'échappent.

— Mais laisse-moi ! Je ne t'ai jamais rien fait à toi, qu'est-ce qui t'arrive bordel ?!

— Tu ne m'as rien fait ?! Tu as souillé toutes les filles ! Ces filles que j'ai choisies avec Alie, ces filles qui me respectaient et me saluaient tous les jours !

— T'es malade !

— Non !

Un troisième coup.

— C'est toi le malade ici ! Vieux pervers, tu pensais que parce que tu étais ami avec la patronne tu pouvais mettre des mains aux fesses à tout le monde comme ça ?

— Mais ce sont toutes des salopes ! Elles viennent ici pour se faire lécher la chatte, tu ne vas pas me dire que c'était une petite main aux fesses qui allait les choquer !

Un quatrième coup.

— Le consentement ça ne te dit rien à toi, mmh ? Elles ne venaient pas ici pour subir tes caresses dégueulasses, elles venaient chercher un travail. Et toi, du haut de ton statut de mâle tout puissant tu as cru pouvoir en faire tes choses. Et Clarke alors ?

— Quoi Clarke ?

Un sixième coup. Cette fois mon poing se retrouve immaculé de sang, je lui ai ouvert la lèvre.

— Putain mais tu vas me briser le nez à force, arrête !

Il essaie de se débattre mais mon poids le maintient toujours, je lui serre les côtes entre mes genoux pour lui faire mal et l'immobiliser.

— Tu vas me casser les côtes aussi, mais bon sang laisse-moi sale folle !

Je lui crache au visage.

— Réponds-moi ! Clarke ?

— Mais quoi Clarke ? Oui, oui j'ai tenté de la violer, oui si c'est ce que tu veux entendre.

— Ce n'est pas ce que je veux entendre, c'est la vérité ! Roan a témoigné !

— Pff, cette lavette…

Un septième coup qui lui brise le nez. Jaha hurle de douleur et se tient l'arrête à deux mains. Pendant qu'il est occupé à souffrir, je regarde autour de moi. Je repère un objet qui pourra sûrement m'être utile et je lui envoie un huitième coup, dans le thorax. Il tousse sous la surprise et crache du sang à mon visage, je ne prends pas la peine de l'essuyer.

— Putain, qui t'as appris à frapper comme ça ?

— C'est dans mes gènes, j'ai appris en observant. Pour la force, je fais du sport. Et Lexa ?

— Quoi encore avec Lexa ?

— Ton chantage là. Enfin non… attends…

La situation commence à me dépasser. Jaha tente de ma faiblesse pour m'attraper le visage et essayer de me blesser, mais il est trop sonné pour y arriver. J'attrape ses poignets pour l'immobiliser.

— Mais tu veux quoi Emori ?! J'allais sauter par la fenêtre de toute façon ! Alors vas-y, tue-moi ! C'est ce que je mérite non ?!

— Ta gueule ! C'est trop facile si tu le demandes !

Je croque dans son petit doigt gauche et le lui arrache. Je le lui crache à la figure. De nouveau, il pousse un hurlement d'effroi. Je lui rends ses mains pour qu'il constate.

— MAIS C'EST PAS VRAI, TU M'AS COUPÉ LE DOIGT ?! MAIS QU'EST-CE QUI NE TOURNE PAS ROND CHEZ TOI ?!

— JE REFUSE QUE LEXA AILLE EN PRISON ! Tu comprends ? Je ne peux plus te laisser partir maintenant. Lexa ne peut pas aller en prison. Pas maintenant qu'Alie a réalisé son rêve. Pas maintenant que Clarke est entrée dans la vie de Lexa. Lexa, elle ne souriait jamais. Et Clarke est arrivée. Elle a commencé à me sourire. Tu te rends compte ? Lexa, me sourire ?! C'était inespéré !

— T'es complètement frappée… Tue-moi au lieu de parler !

— Non ! Puisque tu veux mourir, je vais te faire souffrir un peu avant, sinon, où est l'intérêt ?

— Mais laisse-moi sauter par la fenêtre putain ! Et toi ? Hein ? Toi ? Tu t'en fiches de la prison ? Tu n'as pas une vie ? Un mec ? Une meuf ? Comment tu vas admirer ta Lexa en prison ?

— La prison je m'en tape. Ma vie est foutue. Ma mère est morte, mon père s'est suicidé, mon ex m'a largué parce que je ne gagnais pas assez d'argent. J'avais un date ce soir, mais à quoi bon ? J'ai raté Science Po', ça ne sert plus à rien maintenant. Je me suis crevé le cul pendant des mois voire des années pour ce concours, et tout ça pour quoi ? Continuer à bosser dans une société de films X… Alors j'adore Lexa, mais je préférerais la voir en tant qu'amie que toute ma vie derrière ce comptoir.

— Mmh, mmh, mais je m'en branle en fait de ta misérable vie. Enfin, donc tu veux la gâcher encore plus si je comprends bien ? La prison c'est pire que secrétaire, t'es au courant ?

— Mais ferme-là !

Un neuvième coup lui arrache trois dents. Un dixième à la suite le fait perdre connaissance quelques instants. Assez pour que j'attrape le cadre posé sur son bureau. Je le regarde pendant qu'il reprend connaissance.

— Tiens donc, Jaha a une petite famille, qui l'aurait cru ? Ta femme et ta fille ?

— …

Je l'oblige à répondre en lui donnant un onzième coup.

— Non, ma sœur et ma nièce…

— Intéressant.

Je frappe son crâne avec le cadre, du côté de la vitre pour qu'elle se brise. Je récupère un morceau de verre que je lui place sous la gorge.

— Bon, mon père a placé le bout de verre ici même. Il a suffi d'une belle entaille pour que ma mère se vide de son sang sur le tapis du salon. Beaucoup de sang, on aurait dit un cochon à l'abattoir. Mmh…

Ma vision se trouble et mon crâne commence à me faire mal. C'est comme si la raison voulait me ramener à la réalité. Mais il est déjà trop tard. Je ne peux plus faire marche arrière. En plus, maintenant, il est sûrement trop faible pour sauter par la fenêtre. Et quand bien-même, comment je vais expliquer aux flics son doigts coupé ? Trop tard. Autant me venger de mon père sur Jaha pour toutes les fois où il avait violé ma mère puis ma sœur. Moi, il ne m'avait jamais touché, parce qu'il voulait me façonner à son image, et pour cela il avait besoin de moi intact.

— Tu as réussi papa, regarde où j'en suis aujourd'hui.

Avant que Jaha ne comprenne, je lui enfonce le bout de verre dans l'œil. Il crie sa douleur dans un gargarisme de sang. Il s'évanouie encore. Je laisse le bout de verre en place et en attrape un second. Je me soulève un peu pour glisser et descendre sur son corps. Ce bout de verre, je l'enfonce entre ses cuisses, à l'endroit de son sexe. J'ai dû viser juste car cette nouvelle douleur le réveil.

— Mais qu'est-ce que tu fais putain ? Achève-moi…

Jaha se met à pleurer. Les larmes se mélangent au sang.

— Arrête, arrête… je suis désolé… je suis désolé…

— Personne n'est là pour entendre tes excuses. Bonne nuit Jaha.

« Bonne nuit Annelise », « Bonne nuit Annelise », « Bonne nuit Annelise », « Bonne nuit Annelise », « Bonne nuit Annelise ». La dernière phrase que mon père avait prononcé avant de trancher la gorge de ma mère.

Je retire le bout de verre logé dans son œil et je donne un coup sec pour entailler la chair de son cou. Le sang gicle instantanément. De nouveaux gargarismes sortent de sa bouche, mais aucun cri. Je sens son rythme cardiaque disparaitre à mesure que le sol se tâche de rouge. Il donne son dernier souffle mais le sang continue de couler. Je lâche le bout de verre avant de songer à le retourner contre moi. Je ne dois pas mourir, je ne veux pas qu'on croit qu'il m'a tuée la première. Je dois tout raconter, sans ne jamais évoquer cette histoire avec Costia. Parce que Lexa ne doit pas aller en prison, parce que Lexa doit vivre et aimer Clarke. Parce que Lexa a les mêmes yeux que ma mère.

Le sang s'est arrêté. J'en suis complètement recouverte. Ce n'est pas le premier cadavre que je vois, ce n'est pas la première fois que je vois autant de sang. Cela ne me fait rien. Aucune sensation. Je pense à John qui va se demander pourquoi je suis en retard, puis pourquoi je ne viens pas à son rendez-vous. Je me redresse, je glisse dans le sang et tombe sur Jaha, histoire de me salir encore plus. Je me relève et attrape le téléphone.

— Il y a eu un meurtre.

Je donne l'adresse aux policiers et je titube jusqu'à un coin de la pièce. Comme cette nuit-là. Je me roule en boule et je regarde tout le sang.

— Maman…maman…

Retour présent – Point de vue Lexa

Clarke termine de lire le témoignage glaçant d'Emori et un silence terne envahit la pièce. Un silence brisé par la musique provenant du salon, mais un silence tout de même. Je ne sais pas quoi dire. Je me suis très bien imaginé la scène et tous les détails.

— Je vais vomir je crois…

C'est Niylah qui ne se sent pas bien. Raven la soutient et ouvre la fenêtre pour nous rafraichir. La brise d'hiver nous fait un bien fou. Niylah va se pencher pour respirer un grand coup.

— Pardon, s'excuse Clarke, je ne voulais pas plomber ton anniversaire de rencontre Raven…

— C'est la mort de Jaha qui l'a plombé, ou Emori, je ne sais pas, mais pas toi, ne t'inquiète pas, je ne t'en veux pas. Au contraire même, je pense que j'avais très envie de connaitre les détails. Bon, je ne m'attendais pas à ça, mais au moins on est fixées…

— C'est horrible… finis-je par lâcher. Même si grâce à ça je n'irai pas en prison, même si Jaha était un connard, personne ne mérite de terminer comme ça…

— Visiblement Emori avait un lourd passé, intervient Niylah à la fenêtre.

— J'étais là quand elle a reçu son refus pour Science Po', si elle m'en avait parlé on aurait pu discuter, j'aurais pu lui dire que sa vie n'était pas foutue…

— Si tu commences à t'en vouloir Lexa, me dit Raven, t'as pas fini ! Personne ne pouvait imaginer ce qu'Emori allait faire. Personne ne pouvait rien faire. Les choses qu'on pourra dire sont que Jaha nous faisait du mal, et qu'Emori semblait gentille. Ça s'arrête là. Ni Niylah ni moi ne parlerons de Costia. Tu as ma parole.

— Tu as la mienne aussi.

— Je pense que tu as la parole d'Emori, répond Clarke, et tu as la mienne. Ce que j'ai lu est le témoignage fait à l'avocat et il mentionne Costia, mais je sais qu'il effacera ces passages et qu'Emori saura raconter les faits sans Lexa. Le meurtre de sa mère est un point suffisant pour justifier sa folie et son geste. Quant à Alie et Charmaine, elles ne diront rien. Il reste Roan, j'ai son numéro, je l'appellerai pour l'inviter à discuter.

— Anya est au courant aussi, non ? Je ne sais plus…

— T'en fais pas, on s'en préoccupera plus tard, me répond Clarke. Je suis désolée, j'avais vraiment besoin de partager ça, c'était trop lourd pour moi. Mais on devrait retourner s'amuser plutôt, non ?

— Elle a raison, approuve Niylah, on est venues là pour faire la fête. Soit, c'est horrible, mais bon, on ne va pas se gâcher la vie pour ces deux tarés ! Allez, zouh !

Je suis un peu irritée qu'elle mette Emori dans le lot des tarés, mais je n'ai pas envie de relever. Il vaut mieux, il est vrai, retourner s'amuser pour se changer les idées. Et je crois que je vais me descendre un ou deux verres de sangria histoire de. Moi qui ne bois jamais…

Nous retournons dans le salon en feignant l'insouciance. La pire des stratégies serait de laisser entrevoir notre malaise et d'attirer l'attention sur nous. Par chance, personne ne semble avoir remarqué que nous nous sommes isolées ensemble. Clarke et moi allons rejoindre Ontari à qui nous n'avions pas encore parlé de la soirée. Elle nous remercie de l'avoir invitée. En disant cela je vois son regard se perdre derrière nous. Clarke se retourne et sourit :

— Le gars là-bas, j'ai remarqué que tu lui parlais, ça colle on dirait ?

— Je suis démasquée ! répond Ontari. Il s'appelle Jules, il est très sympa ! Il n'arrête pas de rire à ce que je lui raconte, et je crois que c'est un rire sincère haha !

— Tu sais ce qu'on dit, homme qui rit, à moitié dans ton lit !

Ontari et moi nous mettons à rire après la vanne de Clarke. C'est ce moment que choisit le prénommé Jules pour nous répondre.

— Qu'est-ce que tu leur as raconté pour qu'elle rit comme ça Ontari ?

— Oh, pour une fois ce n'est pas moi ! C'était le chef-d'œuvre de Clarke !

— Et j'ai le droit d'être mis dans la confidence ?

— Secret de femmes ! réponds-je pour sauver Clarke d'un embarra.

— Ben voyons ! Tu me présentes tes amies ?

— Clarke et Lexa. Elles travaillent avec moi. Enfin avec, enfin… tu vois quoi !

— Ahahah ne sois pas gênée, oui je vois. Je crois que Raven m'a déjà parlé de Lexa. Je ne sais pas si je peux dire que je suis enchanté de mettre un visage sur un nom dans ces circonstances du coup…

Ce Jules a l'air plutôt marrant, il est vraiment en train de réfléchir sérieusement.

— Parce que tu n'avais aucune idée de ce à quoi je ressemblais ?

— Le porno lesbien, très peu pour moi, alors, non, je n'ai jamais eu la curiosité de chercher !

— Un bon gars ! s'exclame Clarke.

Je regarde tout ce petit monde parler et sourire comme si de rien n'était, et finalement je me rends compte que la vie reprend vite son court après les horreurs. Des gens meurent tous les jours…

La musique se coupe, interrompant les conversations et danses des invités. Un ami de Miles s'éclaircit la gorge avant d'annoncer que c'est l'heure d'ouvrir les cadeaux. Raven et Miles se sentent gênés mais leurs amis les forcent à s'asseoir sur le canapé et tout le monde va retrouver ses affaires pour ramener les cadeaux. Je fais un détour dans ma chambre pour attraper le mien. Lorsque je reviens, un petit cercle s'est formé autour du canapé. Je m'y faufile et me retrouve à côté d'Anya qui me sourit. Cela me fait tout drôle de la voir ici.

Quand vient mon tour, après un set de mugs de couple kitch à souhait, des t-shirt assortis et autres babioles en tous genre, Raven semble ravie de me voir approcher avec un petit paquet.

— Venant de toi Lexa, je suis sûre que ça va nous plaire.

Mon amie laisse le soin à Miles de déballer le présent et ils découvrent un petit recueil de poèmes.

— Je n'avais pas d'idées, et puis au rayon librairie je suis tomber sur ce livre. Ce sont des poèmes célèbres, d'autres un peu moins, qui racontent différentes histoires d'amour et d'amitié. Je me suis dit que ça collait.

Raven est sincèrement touchée par le geste. Je la vois remettre l'ouvrage dans son emballage pour ne pas qu'il s'abime. Et déjà, la valse des cadeaux reprend. Clarke m'avoue avoir honte de ne rien offrir mais je lui fais remarquer qu'elle n'est pas la seule.

Après ce moment de calme, l'ambiance commence doucement à redescendre. Les visages baillent et beaucoup s'affaissent sur leurs chaises. Et déjà, les premiers invités nous quittent, lançant le bal des départs. Vers trois heures du matin il ne reste plus que Miles, Raven, Ontari, Clarke et moi. Nous commençons à jeter les déchets et à remplir le lave-vaisselle. Ontari embarque sa table pliante après nous avoir souhaiter une bonne nuit.

— Vous pouvez dormir ici, proposé-je au couple restant. Il est tard, vous n'allez pas payer un taxi maintenant.

— Ça ne te dérange pas ?

— Mais non Mils, tu penses bien ! Je vais vous sortir des draps !

— Je viens t'aider !

Raven part à ma suite, laissant Miles et Clarke seuls dans le salon.

— Je me demande bien ce qu'ils peuvent se dire ces deux-là.

— Raven haha ! Ils ont bien dû trouver un sujet à Wandyland, alors ce soir aussi !

Elle m'aide à border le lit et à glisser une couette dans la housse. Nous nous essayons sur les draps avant de retourner chercher nos moitiés.

— J'espère que je ne vais pas faire de mauvais rêves, chuchote Raven très doucement.

— A cause de ce que nous a lu Clarke ?

— Oui… j'ai du mal à imaginer Emori faire des actes aussi abominables… Même Jaha ne méritait pas de mourir comme ça…

— Je suis d'accord… Mais elle m'a sûrement sauvé de la prison, alors, je ne sais pas trop quoi dire. Je crois même que je me sens encore plus mal qu'après le décès de Costia. Deux personnes sont mortes à cause de moi maintenant…

— Oh Lexa, je suis désolée… Mais tu n'es pas responsable de la mort de Jaha. En plus, visiblement, il avait des pensées suicidaires, il aurait sans doute fini par le faire, une fois que tu aurais été en prison. Là au moins, tu es libre. Quant à Costia, c'était un accident. Clarke est au courant, je suis au courant, les personnes qui comptent pour toi sont au courant. Et c'est juste ce dont tu as besoin. Tu portes ce fardeau et nous sommes toutes la pour t'aider et te soutenir. La monde et la justice n'a pas besoin d'être au courant. Ta punition est ton regret éternel. C'est largement suffisant. Tu garderas le secret toute ta vie, et nous serons là dans les moments où il refera surface pour te hanter.

Je veux lui répondre mais Clarke et Miles débarquent dans la chambre d'amis.

— Bah alors, s'étonne ma blonde, on pensait que vous vous étiez endormies en faisant le lit !

— Pardon, on discutait ! s'exclame Raven en s'allongeant sur le matelas. Mais maintenant que tu le dis, je suis rincée !

— On vous laisse dormir, dis-je en me redressant. Bonne nuit les tourtereaux.

— Bonne nuit les filles, nous salut Miles, encore merci pour ce soir, j'ai passé une soirée magique.

— Nous aussi, on s'est beaucoup amusées !

Je leur fais un signe de la main et nous rejoignons ma chambre. Comme Raven, Clarke se jette sur le matelas.

— Je suis épuisée moi aussi !

Elle se glisse sous les draps et retire sa robe tant bien que mal. Je la regarde se débattre en souriant, trouvant l'ordre de ses tâches peu logique. Je retire ma robe et j'éteins avant de la rejoindre. Elle se blottie contre moi et plonge son nez dans ma nuque.

— Vous parliez d'Emori avec Raven tout à l'heure ?

— En effet…

— J'aurais pas dû fouiller…

— Arrête Clarke. Allons dormir, ça vaudra mieux.

Je lui réponds sèchement car je n'ai pas envie de la consoler. Oui, en effet, peut-être que j'aurais préféré ne rien savoir. Mais c'était fait et Raven venait tout juste de me consoler avec ses paroles réconfortantes, je préfère les garder en tête plutôt que de repenser aux mauvaises choses.

— Oui, pardon Lexa, ça doit surtout être dur pour toi. J'arrête de me plaindre, promis.

Comme si elle avait lu dans mon esprit.

— Je t'aime va !

Elle m'embrasse pour me répondre et un de ses je t'aime se perd dans le baiser. Nous nous endormons, mortes de fatigue. Par chance, l'alcool incorporé m'empêche de rêver cette nuit-là.


Bon, il fallait que Jaha paie salement, sinon, ce n'était pas drôle ! Là au moins, on est tranquille et on peut doucement avancer vers la fin de ce tome ! (à voir s'il y en aura une troisième !)