Bonjouuuur ! Désolée pour le retard de ce chapitre, ohlala je galère à écrire parce que je sais que la fin approche, j'écris cette histoire depuis presque 3 ans il me semble, alors je crois que j'ai peur de la fin… Mais bon, pour le moment, Clarke et Lexa sont toujours là et aujourd'hui, elles déjeunent chez les Griffin ! Enjoy… !
Clarke a parlé de moi à ses parents, parents qui ont accepté de me recevoir à diner ce week-end. C'est le grand jour. Ce moment tant redouté que je n'ai jamais vécu. Les derniers parents que j'avais croisé avaient été peu compréhensifs… Me revient en mémoire la réaction de la mère de Costia lorsqu'elle m'avait surprise, nue, devant son frigo. Là au moins, les parents de Clarke, selon ses propres dires, semblaient ravis et excités de faire ma connaissance. Clarke leur avait déjà présenté des filles. En revanche, elle ne leur avait pas dit dans quel domaine je travaille. Espérons qu'ils n'auront pas la même réaction de choc. Je ne sais pas non plus si Clarke a décidé de leur révéler qu'elle bosse avec moi, et que c'est donc ainsi que nous nous sommes rencontrées. Visiblement elle compte se décider au dernier moment. Cette hésitation m'irrite un peu sans que je ne puisse le contrôler rationnellement. Evidemment, c'est logique qu'elle ne souhaite pas révéler cela à ses parents, mais c'est plus fort que moi, je ne peux m'empêcher de le prendre personnellement. J'ai l'impression qu'elle ne m'assume pas et qu'elle ne veut pas leur avouer tout ce que notre rencontre signifie. Bon, c'est sûr qu'elle n'allait pas leur dire qu'elle m'adulait depuis des années et que c'est ça qui l'avait fait postuler chez Les Filles de Sappho. Mais au moins dire que c'est le lieu de notre rencontre. Mais bien sûr, lorsque je formule cela à voix haute, c'est impossible à dire à ses propres parents… C'est pourquoi je préfère ne pas parler de mes craintes à Clarke, l'imbroglio dans son esprit doit être déjà assez compliqué pour que j'en rajoute. Le stress aussi doit la ronger. Je suppose, parce que le mien me rend complètement folle. Mon sommeil récupéré s'était envolé depuis quelques jours. J'avais une peur bleue de rencontrer son père et sa mère. Encore une peur irrationnelle puisque je me doute bien qu'ils sont des êtres très gentils et accueillants. Malheureusement, ce genre de hantise ne se contrôle pas et vous ronge jusqu'à ce que le moment fatidique arrive. Je me rassure en me disant qu'une fois franchi le palier et les salutations lancées, tout ira beaucoup mieux. Il faut juste sauter le pas !
Le pire pour moi, est que nous n'allons pas à ce déjeuner ensemble. Je dois me rendre toute seule chez les Griffin qui m'attendent, Clarke compris. Je ne lui en veux pas, c'est assez logique, mais cela m'est encore plus difficile. Pour ne pas arriver en retard, pour prendre mon temps et éviter de courir afin de ne pas être en sueur, je prends vingt minutes d'avance. J'ai essayé de bien m'habiller mais sans en faire trop, pour ne pas paraitre vulgaire. J'ai donc opté pour un jean noir qui fait un peu habillé, que j'avais choisi avec Clarke pour ce genre d'occasion, et une chemise (que j'avais galéré à repasser, pour une résultat plutôt satisfaisant). Niveau maquillage, sobre aussi, un peu de mascara et un rouge à lèvre très léger. J'ai hésité pour l'eye-liner, étant donné que je sais très bien l'appliquer, mais je me suis dit que c'était un peu trop. Une pointe de parfum, encore choisi avec Clarke, mes cheveux coiffés simplement, tombant sur mes épaules, et le tour était joué !
Dans le métro, j'essaie de calmer les palpitations de mon cœur. C'est compliqué, j'effectue quelques exercices de respirations pour tenter de m'apaiser. Etrangement, le temps passe super vite. J'arrive devant chez Clarke avant même de penser à lui envoyer un SMS. Je le fais quand même par formalité. Elle me répond qu'elle descend me chercher. C'est déjà ça, je me sens un peu mieux.
En arrivant en bas, elle me fait un rapide baiser.
— Tu vas bien ?
— On va dire ça… et toi ?
— Mes parents sont détendus, mais un peu stressés quand même haha ! Le repas va être délicieux, ça me permet d'être un peu plus zen !
— La nourriture apaise les âmes !
Avant qu'elle n'entre dans le hall, je la retiens pour lui demander si elle a pris sa décision.
— Je vais leur dire la vérité, oui. Je n'ai pas envie de mentir sur la nature de notre rencontre. Je vais juste omettre le fait que je me suis engagée chez LFS pour toi. On pourra simplement dire qu'on s'est rencontrées là-bas, ça te va ?
Je suis très heureuse de ce choix, mais d'un coup cela me semble insurmontable. Pauvres parents, ils ne sont clairement pas prêts pour ce déjeuner. Apprendre qu'ils ont deux actrices pornographiques à table… Je n'ose imaginer le dessin. Finalement, Clakre aurait dû leur en parler avant, au moins pour elle. Là, je sens que cela va faire beaucoup trop pour eux…
— Bon, l'objectif, commence Clarke avant de pousser la porte d'entrée, c'est de leur révéler notre rencontre à la fin de la journée. Comme ça, ils auront d'abord appris à faire connaissance avec toi et verrons d'abord la femme que tu es. Je ne veux pas qu'ils te catégorisent d'entrée de jeu, ni qu'ils nous jugent.
— Ça marche, le plan me semble bon.
— J'espère que ma mère ne va pas mettre les pieds dans le plat dès le début du repas…
Clarke m'offre un dernier baiser avant de pénétrer dans l'appartement. Il y a quelques secondes de latence qui me paraissent des décennies, le temps que les paternels comprennent que nous sommes là et qu'ils viennent à notre rencontre.
— Bonjour Lexa ! s'exclame le père avec un sourire adorable.
— Bienvenue à la maison, suit la mère d'une voix accueillante.
— Bonjour, réponds-je avec timidité, merci de m'inviter chez vous.
— C'est un plaisir ! dit la mère. Cela faisait déjà quelques temps qu'on avait compris que Clarke nous cachait quelque chose, ou quelqu'un, et cela nous fait très plaisir de te recevoir !
— Bon, s'impatiente faussement Clarke, on ne va pas rester dans l'entrée, mmh ?
Et elle attrape ma main pour me traîner jusqu'au salon où les parents nous suivent. Une grande table y est dressée et des amuses-bouches sont déjà disposés sur la table basse en face du canapé et des fauteuils. Les Griffin m'invitent à prendre place sur le canapé, Clarke m'y rejoint sans trop se coller à moi. La mère, Abby, se place sur le fauteuil à ma gauche, le père, Marc, sur celui à ma droite. J'ai ordre de les appeler par leur prénom et de les tutoyer, c'est déjà une bonne chose.
Cette première demi-heure m'est difficile. Je redoute une question fatale à chaque instant. Clarke, en revanche, semble très habile pour diriger la conversation dans le sens qu'elle désir. Ainsi, après avoir trinqué, nous entamons une discussion sur les élections qui ont lieu le weekend prochain. Une sueur me gagne, je n'ai jamais voté de ma vie. Je n'en ai tout simplement pas eu l'occasion, ou plutôt, je n'ai jamais pris le temps de m'inscrire sur les listes après mon déménagement sur la capitale, ni pris le temps de me renseigner sur mes possibles idées en cette matière. Et je suis alors tout étonnée de découvrir que Clarke, elle, a des idées très fermes à ce sujet. Elle sait exactement pour qui elle va glisser son bulletin dans l'urne. Je découvre une nouvelle facette qui me plait. Une femme engagée et qui veut se battre pour ses idées.
— T'en fais pas Lexa, je te donnerai des cours de politique si tu veux !
— Hahahaha, s'esclaffe Abby, attention à lui laisser développer ses propres opinions tout de même ! Tu sais Lexa, ma fille a tendance à te faire croire que seules ses idées sont les bonnes !
— Je n'ai pas encore eu le plaisir de goûter à ce défaut !
— Ça viendra ! répond Marc. Des années qu'on la subit la petite furie !
Tout le monde se met à rire sauf Clarke qui fait semblant de faire la moue. Puis nous passons à table. Abby ouvre une bouteille de vin blanc pendant que Marc va chercher le plat. La mère s'approche de mon verre mais je le couvre avec ma main.
— Merci, mais je n'ai pas l'habitude de boire, l'apéritif me suffit amplement, sinon je vais commencer à dire ou faire des bêtises.
Le père, qui arrive les mains chargées, et la fille ricanent.
— Une fille bien ! s'exclame la mère. La modération c'est la clef ! Mais je ne vais pas me priver…
Elle se sert alors un verre avant de servir sa famille. Clarke se moque gentiment et tout le monde prend place.
Je les observe interagir entre eux et une pointe de jalousie me gagne. Je n'ai jamais eu de famille. Ma mère morte lorsque j'étais enfant, mon père ne prenant pas autant soin de moi, il était facile d'avoir eu une expérience de vie de famille complètement ratée. Mais plus je les regarde s'amuser plus je me dis que je peux accéder à ce bonheur. Si ma relation avec Clarke dure, ses parents finiraient peut-être par m'adopter en quelque sorte. Et puis il y a Charmaine et Alie aussi, comme deux mamans, juste un peu plus âgées que moi. La famille se cache parfois dans des personnes que nous ne soupçonnons pas.
Lorsque je commence à attaquer le superbe poulet aux morilles qu'on dépose dans mon assiette, mon stress est complètement envolé. Je me sens bien et en sécurité. Tout ce qui compte est que je sois avec Clarke. La suite du repas se passe aussi à merveille. Le déjeuner tire en longueur tant ses parents ont des choses à raconter et des sujets à aborder. J'arrive moi aussi à leur parler de certaines de mes expériences de vies sans pour autant révéler mon activité. Et c'est au moment où la mère de Clarke me pose cette question que je vois leur regard changer et adopter une profondeur encore plus bienveillante :
— Et alors Lexa, tu lui as déjà présenté tes parents ?
Au début, la question jette un froid. Clarke me lance un regard paniqué. Je la rassure en posant ma main sur sa cuisse. Je vais tout expliquer.
— C'est-à-dire que je n'ai plus vraiment de parents.
— Oups, j'ai fait une gaffe, se retire Abby.
— Non, ce n'est rien, tu ne pouvais pas te douter. Ma mère est morte lorsque j'étais enfant. Mon père m'a fait porter le fardeau et ne m'a pas vraiment élevé dans l'amour. A mes 18 ans, lorsqu'il a compris que j'aimais les filles, il m'a viré de chez lui. Avec ma copine de l'époque, que les parents avaient aussi mise dehors, nous sommes venues ici pour trouver refuge. J'ai revu mon père il y a quelques temps, il ne m'a toujours pas pardonné. Je lui ai fait mes adieux.
Je préfère rester soft pour ne pas les choquer. Et je ne veux pas m'étaler non plus.
— Je suis désolé, me répond Marc sans que je ne m'y attende. Je ne parle pas de ta mère évidemment, mais les personnes comme ton père devraient être interdites de faire des enfants. Fonder une famille amène des responsabilités, et quoi qu'il arrive, un père se doit d'être là pour ses enfants. Un être humain normalement constitué ne devrait jamais faire passer son petit égo avant le bien-être de sa descendance. Je ne tolère pas ce genre de comportement. On ne fait pas des enfants pour les virer de chez soi.
Je suis assez émue par ce qu'il vient de dire. J'aurai rêvé que mon père nous tienne ce genre de discours le soir où les parents de Costia nous avait viré et où nous étions allées nous réfugier chez lui.
— Si ça peut te rassurer Marc, mon père paie actuellement sa lâcheté.
— En tous cas, ajoute Abby, tu es la bienvenue dans cette famille Lexa. Si un jour tu as besoin d'aide, n'hésite pas.
— Bon, sauf si tu me largues comme une vieille chaussette hein !
Tout le monde éclate de rire à la réponse de ma moitié.
— Ça devrait aller, dis-je entre deux rires, en tous cas je vais essayer de ne pas te manquer de respect si un jour notre histoire devait arriver à sa fin.
Et sans m'en rendre compte, je venais d'imposer le sujet.
— Ne parlez pas de la fin les filles, racontez-nous plutôt comment vous vous êtes rencontrées !
Je vois Clarke fusiller son père du regard, mais le bougre ne semble pas s'en rendre compte. Alors ça y est, c'est le moment. Mais après le discours de Marc, il est impossible qu'il le prenne mal, n'est-ce pas ? En tous cas, il vient juste de dire qu'il ne tournerait pas le dos à sa propre fille. Alors, ça devrait aller…
— J'espère que tu étais sincère dans ton discours papa, parce que ce qu'on va vous dire va demander beaucoup d'indulgence et de compréhension de votre part.
Je suis étonnée du ton solennel et soudainement sérieux de Clarke. Je la laisse mener la barque.
— J'aurais dû vous le dire plus tôt, pour éviter ce moment peut-être gênant qui va suivre, mais je n'ai jamais réussi à vous en parler. Je crois que j'avais besoin de Lexa à mes côtés. Et maintenant que vous avez vu à quel point c'est une fille formidable, j'espère que vous n'allez pas changer de regard sur la femme qu'elle est, et que vous n'allez pas nous juger.
Je regarde les parents tour à tour pour voir leur réaction. Ils ont l'air complétement perdu.
— En fin d'été de l'année précédente, j'ai signé un contrat avec un studio pour jouer dans des films pornographiques.
La révélation a l'effet d'une bombe, moi-même elle m'attaque. A aucun moment je n'aurais cru qu'elle sorte cette phrase avec tant de facilité. Elle qui avait hésité jusqu'au dernier moment. Je regarde de nouveau les parents, le visage d'Abby a complétement changé de couleur. Quant au père, ses sourcils se sont froncés. Mais ils ne disent rien, je vois bien qu'ils attendent une suite, plus d'explications.
— C'est là que j'y ai rencontré Lexa qui y travaille depuis quelques années déjà. Lexa et moi, on s'est rencontrées sur un tournage. Donc vous l'aurez compris, nous avons couché ensemble avant de faire connaissance.
Sa dernière phrase me semble de trop. Comme un détail inutile à leur révéler. Enfin, après tout, ce genre de situation est quasiment du jamais vu dans l'histoire de l'humanité, alors il n'y a aucune façon acceptable de décrire notre rencontre.
— Je ne sais pas trop ce que je peux ajouter de plus. Juste vous dire que, entre Lexa et moi, c'est du sérieux, que je l'aime bien au-delà de son aspect physique. Et que c'est réciproque. Quant à mon petit job d'étudiante… Je ne peux pas vous révéler toutes les raisons et les cheminements qui m'ont poussé à signer un contrat dans une société pornographique, de films lesbiens j'ai oublié de préciser, mais vous m'avez toujours appris à être libre, à suivre mon instinct, et c'est ce que j'ai fait. Evidemment, je ne vais pas faire ce métier toute ma vie, c'est juste le temps de mes études. Je compte bien bosser dans le milieu artistique pour lequel je fais des études. Mais j'ai besoin de ce job encore un peu. Je sais que c'est difficile à avaler tout ça, je suis vraiment désolée de ne pas avoir réussi à vous le dire avant de vous mettre Lexa sous le nez. Mais vous voyez, c'est une fille respectable. Et moi aussi…
Tout de même, elle montre enfin un signe de faiblesse. Pour conclure sa tirade, sa voix s'était faite toute petite et honteuse. Sûrement qu'elle s'est rendu compte de l'énorme révélation qu'elle vient de faire.
Il se passe alors une chose que je n'avais pas prévu du tout : la mère de Clarke se met à pleurer. Marc lance un regard assassin à sa fille avant de passer ses bras autour des épaules de sa femme. Mon angoisse remonte d'un coup. À tout moment je suis prête à me faire jeter de chez eux.
— Pourquoi tu ne nous en as pas parlé plus tôt Clarke ? demande sa mère qui reprend contenance mais toujours avec les larmes aux yeux. Si tu avais besoin d'argent il fallait nous le dire, et puis si tu voulais travailler, il fallait nous demander conseil, on t'aurait aiguillé. Pourquoi tu t'es engagée dans… là-dedans ?
Cette femme allait fuir le mot pornographie comme le nom de Voldemort. Et si Clarke était surtout entré chez LFS pour pouvoir coucher avec moi, je ne voyais pas comment elle pouvait répondre à sa mère.
— Ce n'était pas qu'une question d'argent maman, et je voulais m'accomplir par moi-même. Vous êtes des parents très attentionnés, peut-être trop parfois, et là je voulais le faire seule. Oui, j'aurais pu être serveuse au fastfood du coin, ou caissière, mais je n'en avais pas envie. J'avais besoin de me secouer, je voulais quelque chose qui sorte de l'ordinaire. Je fais une école d'Art, ce n'est pas pour rien ! J'ai ce besoin de la création artistique. Et pour moi, ce qu'on fait dans ce studio, c'est de l'Art. La mouvance des corps et la jouissance, ça fait partie d'un process que je voulais étudier et vivre.
Alors là, je suis bouche bée. Elle ne m'avait jamais raconté cela. Je savais pourquoi chaque fille de Sappho était là, je pensais le savoir pour Clarke aussi. Soit elle ment pour ne pas dire l'entière vérité, soit elle ne m'en a jamais parlé. Et je penche pour la deuxième option vu le ton de sincérité que je peux entendre dans sa voix. Elle voit vraiment quelque chose d'artistique dans Les Filles de Sappho, tout comme Alie en a le souhait depuis le début. Si elle était là, elle en aurait les larmes aux yeux.
— Tu sais Clarke, répond sa mère en reprenant un peu contenance, je ne pleure pas parce que tu as choisi cet étrange métier, je pleure parce que tu me l'as caché. Et aussi un peu parce que tu as mis du temps à me parler de Lexa, toi qui d'habitude me raconte tout. Maintenant, je comprends pourquoi ce silence. Me parler d'elle aurait induit la conversation sur votre lieu de rencontre. Je suis désolée de ne pas avoir créé de terrain assez bienveillant pour que tu puisses m'en parler avant. Et puis, je m'inquiète pour toi. Si de mauvaises personnes tombent sur ces vidéos ? Si certains veulent s'en servir un jour pour nuire à ta carrière ?
— Je pars du principe que j'assume tous mes actes. Si une personne cherche à me faire du mal avec l'image de mon corps nu, c'est simple, je le devancerai. On ne peut faire de reproche à une personne qui dit « Oui ? Et alors ? », et ça finit par se retourner contre celle qui à chercher à nuire. Je ne m'inquiète pas pour ça. Je ne m'inquiète pas non plus du fait que vos parents ou qu'une autre personne de la famille puisse tomber dessus. Il y a vraiment très peu de chances. Ce qui compte ce qu'on ne m'y ait pas forcé, que cela se passe bien, et que je m'en aille le jour où ça ne m'ira plus. Pour le moment, tout est ok.
Je me mets à regarder le père qui n'a rien dit depuis le début. Il a toujours les bras enroulés autour des épaules de sa femme. Clarke cherche son regard qu'il semble fuir. Abby ne répond pas à ce que vient de dire sa fille. Ils assimilent tous les deux. Je ne sais pas si je dois dire quelque chose ou non.
— Je ne vous demande pas de me comprendre ou d'accepter tout de suite, mais voilà, j'ai répondu à la question. C'est comme ça qu'on s'est rencontrées Lexa et moi. Et au moins, c'est original !
Je ne suis pas sûre que la touche d'humour à ce moment soit la bienvenue…
D'un coup, Marc se lève et fait le tour de la table pour venir auprès de Clarke. Il lui lance une gifle. Pas une gifle monumentale, mais tout de même un geste que Clarke doit sentir passer. Néanmoins, elle ne bronche pas.
— Ça s'est pour t'être lancé dans la pornographie sans nous l'avoir dit avant, puisque, bien sûr, nous t'aurions dit non.
Puis, il se penche vers sa fille et la prend dans ses bras pour la serrer fort contre son torse.
— Et ça s'est pour avoir eu le cran de te lancer dans ce milieu et de vouloir en assumer toutes les conséquences. Je t'ai bien éduqué ma fille.
La réaction du père choque toute la pièce. Il lâche sa fille qui le regarde avec de grands yeux interrogateurs.
— Quoi ? Ecoute Clarke, la bêtise est déjà faite, je ne vais pas t'engueuler. Et puis, visiblement dans ton aventure tu as rencontré une femme charmante, alors ce serait hypocrite de ma part de ta réprimander.
— Ce sont plutôt tes parents à toi qui t'ont bien éduqué, répond Clarke avec une certaine émotion dans la voix.
— Pff, vous êtes ridicules tous les deux, dit la mère en souriant. Allez, on n'en parle plus. Sauf si vous voulez nous en parler évidemment. Mais tu as répondu à ma question, et j'en ai plein d'autres !
Finalement, je n'aurai pas eu à sortir un mot à ce sujet. La conversation reprend son cours comme si de rien n'était. Abby a sûrement changé de discussion pour éviter de me mettre mal à l'aise et de se mettre elle-même dans l'embarras. La situation me semble surréaliste. Une enfant vient d'avouer à ses parents qu'elle gagne de l'argent en baisant devant des caméras et la scène s'est terminé par un câlin et des rires. Tout va bien. Monde de fous. Dans mon petit village de coincés, ils seraient tous décédés sur le champ devant tant d'inepties. Enfin, au moins, mon stress est reparti et la fin de journée est très agréable.
Vers dix-huit heures, je fais la bise à ses deux parents et les remercie de m'avoir bien reçu. Ils me répondent tous deux qu'ils sont très heureux d'avoir fait ma connaissance. C'est à peine si j'arrive à croire que Clarke leur a raconté toute la vérité. Cette dernière décide de me raccompagner jusqu'à la bouche de métro.
— C'est fou comme ça s'est bien passé ! s'exclame-t-elle une fois que nous sommes seules.
— Je n'aurais jamais cru que tu puisses leur dire avec un tel sang-froid, tu m'as impressionnée Clarke !
— C'est vrai ? Je t'impressionne héhé ?
Elle s'approche de moi avec une démarche féline et m'attrape la main.
— Et il n'y a pas que ça. La façon passionnée dont tu as défendu tes idées politiques, et puis ta vision sur la pornographie d'Alie. Je ne savais pas que tu y voyais une chose aussi noble.
— Ah ! Au début je l'ai dit pour les rassurer, puis je me suis rendu compte que c'est la réalité. Tout ce que j'ai dit est vrai.
— Alors oui, je suis impressionnée !
Elle rougit légèrement, ce qui est très rare chez elle, et s'approche pour m'embrasser avant que nous continuions notre route.
— En tous cas ils sont très sympas !
— Ils t'ont adoré aussi, ça se voit ! Tu reviens quand tu veux Lexa !
— Avec plaisir !
Bon, ça c'est fait, et ils l'ont bien pris ! Je me demande bien où va aller la suite de cette histoire… Je vais trouver l'inspiration, je vous le promets ! On se retrouve bientôt pour la suite !
