°*~**~*°.°*~**~*°
Chapitre 4
L'Avenue de Merlin
°*~**~*°.°*~**~*°
Le sous-sol n'avait pas été très intéressant en soi. Il y avait beaucoup de fenêtres, surtout à l'arrière de la demeure, mais les pièces étaient vides. Ils avaient quitté les lieux non sans prévenir un elfe qu'ils reviendraient dans l'après-midi.
Le village le plus proche était Datchworth, à une heure de train au nord de Londres. Severus les conduisit dans une grande Avenue : l'Avenue de Merlin. Pavée et piétonne, bien sûr, l'avenue semblait bien plus moderne que le Chemin de Traverse. Elle comprenait plus de quatre magasins de vêtements, tous vendant un style différent, un magasin alimentaire, un apothicaire, une librairie, une sorte de clinique privée hors de prix. Il y avait aussi quelques rues perpendiculaires comme la rue des sortilèges ou l'allée des sorciers.
Ils passèrent devant un cordonnier et une boulangerie sorcière, puis Severus les fit entrer dans un magasin d'ameublement.
- Bien. Si vous souhaitez vous installer au manoir, il nous faudra des meubles. Harry, j'ai assez d'argent pour vivre bien plus de dix vies. Alors, les enfants, prenez vraiment de belles choses. Des meubles qui, si possible, tiendront longtemps. Plusieurs décennies. Ne regardez pas les prix. Prenez ce qui vous plaît, et réfléchissez à la pièce que vous voudrez prendre pour vous. Et vos futurs bureaux.
- Je présume que la belle chambre du rez-de-chaussée te reviendra ? osa demander Harry avec un sourire amusé.
Surpris par le tutoiement, Snape l'observa avec un certain amusement.
- C'est l'évidence même, fils, répondit-il sérieusement alors qu'Hermione eut un sourire amusé.
- J'aimerais la chambre au-dessus de la bibliothèque… enfin, si cela vous convient, s'il vous plaît… demanda timidement Hermione.
- C'était l'évidence même, commenta Harry avant de se prendre un regard noir de sa meilleure amie.
- Je trouverai le moyen de vous payer un loyer, profess…
- N'y pensez même pas, Hermione, gronda Snape. Entendez par là que je vais me comporter comme un père pour vous, aussi bien que pour Harry. Je vais être énervant, chiant à souhait et tout ce que vous pouvez imaginer mais une chose reste certaine : c'est moi qui subviendra à vos besoin tant que vous n'avez pas la possibilité de le faire vous-même. Et, si vous veniez à gagner quelque argent que ce soit, mettez-le de côté et ouvrez un coffre-épargne. Je vous aiderai. Mais vous devrez d'abord économiser quelques années avant que je ne vous laisse vous débrouiller. Ce sera soit ça, soit vous déguerpissez de ma vie tous les deux.
- Moi je reste. J'aime bien les faux vampires.
- J'espère que je deviens sourd, marmonna Severus.
- Professeur…
- Severus, Hermione. Je m'appelle Severus.
- Je… soupira Hermione, qui finit par acquiescer. Si cela ne vous dérange pas… je veux bien. Je veux bien rester avec vous… Je n'ai de toute façon nulle part où aller et…
- Et je ne peux pas survivre sans elle, se moqua doucement Harry.
Severus leva les yeux au ciel et les poussa en avant.
- Allez me vider un peu mon coffre. Après, nous irons dans le magasin dont a besoin Hermione.
Les deux jeunes ne se le firent pas répéter deux fois. Ils firent le tour de l'immense magasin, les yeux pétillants d'idées et de joie.
- Vous avez fait votre choix ? demanda Severus après trente minutes. Il y a un second magasin, un peu plus loin. Si vous le souhaitez, nous pourrons y faire un tour aussi avant de prendre ce que vous aurez choisi.
- Oui d'accord, fit Harry.
Severus esquissa un léger sourire. Ses protégés semblaient un peu plus détendus et souriants. Il les emmena à l'extérieur et demanda à Hermione quel type de magasin elle cherchait. Rouge de gêne, elle fuya leur regard.
- Problème de femme ? demanda Harry en riant.
- Potter, on ne se moque pas des jeunes femmes, ok jeune homme ? répliqua Severus en haussant un sourcil.
Hermione souffla, légèrement énervée.
- J'ai besoin de serviettes hygiéniques et d'une pilule à la pharmacie.
- Pilule… fit Severus en fronçant les sourcils. Bon sang, Hermione, nous sommes des sorciers !
- Euh…
- Il existe toutes sortes de potions pour la contraception, les douleurs provoquées par l'ovulation, … cita Severus avant de se rendre compte qu'ils étaient au milieu d'une rue plus ou moins bondée et que son ancienne élève se ratatinait sur place.
Harry se racla la gorge peu discrètement.
- Navré, marmonna Severus en levant les yeux au ciel. Mais vous pouvez oublier la pilule. Soit vous prendrez des potions stockées chez l'apothicaire soit vous me demanderez ce qu'il vous faut exactement pour que je vous prépare cela moi-même. Après tout, je suis Maître en Potions et j'en ai déjà fait des litres et des litres pour Pomfresh et ses patientes. Pour ce qui est de votre premier besoin, je réitère : nous sommes sorciers et il y a des choses bien plus pratiques que… ça. Si vous vous demandez comment je peux bien connaître tout cela, jeunes gens, je vous rappelle que j'ai beaucoup secondé votre infirmière préférée, termina-t-il en jetant un regard amusé vers Harry.
- Ce n'est pas mon inf…
- Ah bon ? l'interrompit Severus. Pourtant tu y passais une bonne partie de l'année. Je croyais que tu étais fou amoureux d'elle.
Hermione ne put s'empêcher de rire, se détendant à nouveau. Harry leva les yeux au ciel, ayant compris que Snape se moquait de lui pour faire oublier à Hermione son indiscrétion.
Severus les emmena alors dans une petite boutique, située près d'un magasin alimentaire. Harry et Severus laissèrent Hermione vagabonder dans les rayons réservés aux femmes tout en observant quelques babioles inutiles.
- Va-t-elle prendre le moins cher ? demanda Severus.
- Je pense… murmura Harry, mal à l'aise. Je ne savais pas que… tout cela existait. On ne parle pas beaucoup des soucis de femmes à l'école. Ou même de ceux que les hommes peuvent rencontrer.
- Oui, alors que du côté moldu les adolescents y sont plus ou moins préparés. Mais c'est normal, Harry, que tu ne saches pas que tout cela existe. Au même titre que ton amie, vous avez grandi dans le monde des moldus et lorsque vous êtes devenus adolescents, vos parents n'étaient pas là pour vous guider ou, pour Hermione, pas assez présents puisque vous étiez toute l'année à l'école. Si vous aviez eu Narcissa ou Andromeda comme mère, je peux t'assurer que vous seriez au courant. Même Drago a plus de connaissances en la matière que vous deux réunis j'imagine.
- Vous… Tu es le parrain de Drago, fit Harry. Est-ce que… est-ce qu'il viendra au Manoir ?
- Si sa présence ne vous dérange pas. Sinon, je trouverai une autre solution. Généralement c'est moi qui vais rendre visite à la famille Malfoy. Mais depuis la Bataille, comme tu le sais, je n'y suis plus retourné.
- Je ne pense pas que cela gênerait Hermione. Elle est bien plus ouverte d'esprit. Quant à moi… je dois remercier Narcissa. Elle m'a sauvé la vie.
Severus acquiesça doucement avant de rejoindre Hermione. Harry l'observa reposer les produits à bas prix dans les étagères et prendre ceux qui semblaient être de meilleure qualité. Il l'entendit annoncer à la jeune femme qu'il était important de prendre soin de soi, et qu'il avait largement les moyens de lui offrir le meilleur. Harry sourit en voyant son amie rougir, vite entraînée à la caisse pour régler leurs achats.
Ils retournèrent ensuite dans la rue principale et choisirent quelques commodes, des chaises et une table bien plus jolies dans la deuxième boutique d'ameublement. Ensuite, ils allèrent à la première où ils avaient fait du repérage et prirent cinq grands lits pour deux personnes et quatre lits une personne - mais plus large que la normale - pour les autres chambres. Severus leur prit d'office un bureau chacun, dans un bois massif marron foncé qui firent briller les yeux d'Hermione. Ils choisirent aussi plusieurs étagères et Severus prit quelques magazines afin de choisir quels canapés seraient le mieux pour les autres pièces. Ils prirent aussi des chaises noires rembourrées, qui iraient parfaitement avec la table achetée dans le précédent magasin. Ils en prirent déjà un grand pour le salon du rez-de-chaussée.
- Il faudrait aussi des chaudrons et des ingrédients non ? demanda Harry.
- Effectivement, fit Severus alors qu'ils sortaient enfin du dernier magasin, les bras chargés de sacs remplis de meubles et d'objets miniaturisés.
Heureusement que le vendeur avait lancé un sortilège de poids-plume, mais c'était tout de même bien lourd.
Ils allèrent donc dans la rue des sortilèges et trouvèrent un grand apothicaire. Harry et Hermione observèrent leur ancien professeur regarder les rayons en fronçant les sourcils. Ils n'avaient jamais vu une boutique de potionistes - ou peu importe le nom que cela avait - aussi grande ni avec autant de chaudrons tout aussi différents les uns que les autres.
- Ne faites pas attention au prix, professeur, ne put s'empêcher de dire Hermione.
Harry pouffa devant le regard outré de Snape, qui finit par lever les yeux au ciel, légèrement amusé. Hermione fut quant à elle attirée par plusieurs vieux grimoires qu'Harry lui acheta sans discuter. Le brun prit aussi une panoplie d'ingrédients plus ou moins cher et plus ou moins rare.
- Hm. Qu'allez-vous faire avec tout cela, Pott… fit Severus avant de se reprendre. Harry ?
- Vous avez observé ces ingrédients comme si c'était la septième merveille du monde, répondit Harry en haussant les épaules.
- Mais ils sont chers…
- J'ai trois héritages sur les bras, et ils ne sont pas si chers que ça comparé à la pierre de lune ou l'élixir doré. C'est moi qui paye.
Severus grogna mais ne dit rien, posant quelques chaudrons sur le comptoir. Le vendeur les salua et observa tous les futurs achats de ses clients d'un oeil suspicieux.
- Bonjour Monsieur, fit aimablement Harry conscient que Snape ne serait pas assez aimable pour amadouer le vendeur qui semblait vraiment méfiant.
- Bonjour. Avez-vous réellement assez d'argent pour acheter… tout cela ?
- Bien évidemment, grogna Snape.
- Ne faites pas attention à mon père, il est toujours de mauvaise humeur.
Il se prit une pichenette derrière le crâne et grimaça.
- Auriez-vous la gentillesse de nous vendre également les meilleurs ustensiles qu'il soit pour la fabrication de toutes sortes de potions s'il vous plaît ?
- Harr…
Le brun lança un regard noir à son père qui, surprit, leva les paumes vers lui.
- Mon père a un immense don, et maintenant qu'il n'est plus professeur à Poudlard, j'aimerais qu'il ait la possibilité de faire ce qu'on attend de chaque grand maître de potions. Pour information, je suis l'héritier des familles Black, Potter et Prince. Je peux également demander à un Gobelin de vous assurer de notre bonne volonté pour payer la facture que vous nous donnerez.
- Non non non, c'est bon, je vais chercher ce qu'il faut, marmonna le vendeur en se dirigeant vers un rayon sur leur droite.
- Harry… soupira Severus en se pinçant le nez.
- Oui ? Ah, tu veux retourner à Poudlard ?
- Et puis quoi encore !
- Harry, ne l'énerve pas s'il te plaît, murmura Hermione.
- Je ne suis pas énervé, répliqua Snape en croisant les bras.
Harry et Hermione se tournèrent vers lui en haussant un sourcil. Severus ne put s'empêcher d'esquisser un sourire.
- Ne fais pas attention aux canines, Herm… Aïe, ça fait mal ! râla Harry alors qu'il venait de se prendre une claque sur les cheveux.
- Qui aime bien châtie bien, fit Hermione en riant.
- Voici ! fit le vendeur en revenant.
- Combien vous dois-je ? demanda alors Harry.
Severus et Harry payèrent, se partageant les frais. Severus les traîna ensuite dans un magasin de vêtements et vit Hermione hésiter en observant des habits plus ou moins originaux, dans un style sorcier mélangeant le gothique et le médiéval. Le rendu était spécial, mais Severus pensa brièvement que cela pourrait convenir à sa protégée.
- Allez donc essayer quelques vêtements, Hermione, fit-il en la poussant un peu. Harry, va te chercher cinq pulls et…
- Mais on m'a déjà acheté des v…
- Oui mais même s'ils s'adapteront à ton corps, tu as besoin de plus de vêtements. Ce n'est pas avec deux pulls et trois t-shirts que tu vas t'en sortir. De plus, tu as un dressing à remplir. Hermione, sans vouloir vous forcer la main, j'aimerais que vous preniez au moins cinq chemisiers, cinq pulls, trois gilets, quatre pantalons, deux jeans si vous le souhaitez aussi, et quelques jupes ou robes selon vos préférences. N'oubliez pas de prendre plusieurs t-shirts et des sous-vêtements. Vos vêtements sont usés et délavés. Non, ne me contredisez pas. Je sais que vous vous êtes toujours contentés de peu tous les deux, mais j'exige que vous ayez assez d'affaires convenables. Je vais pour ma part aussi me botter les fesses et chercher quelques vêtements.
Ils acquiescèrent alors et s'exécutèrent. Severus aida un peu Harry avant de rejoindre Hermione qui s'était perdue dans un rayon.
- Vous trouvez ce que vous voulez ? demanda Severus.
La brune ouvrit la bouche mais ne dit rien.
- Hermione…
- Je ne sais pas, prof…
- Severus.
- Je ne sais pas, Severus, hésita la jeune femme. Je ne sais pas ce qui m'irait.
Severus acquiesça, comprenant étrangement sa protégée. Il laissa sa main toucher les différents tissus posés sur des cintres et retira deux pulls.
- Déjà, vous pourriez essayer ceci. Je pense que vous devez mettre du S. Essayez aussi quelques t-shirts colorés, vous verrez dans la cabine ce qui vous convient le mieux.
Le regard de Severus accrocha une robe longue, rouge et verte.
- Hm, essayez cette robe aussi, fit l'homme en tendant le cintre à Hermione. Ne soyez pas gênée. Nous irons certainement chez les Malfoy un de ces jours et j'aimerais que vous soyez dans une tenue adaptée. Allez, filez.
Il regarda son ancienne élève partir en direction des cabines, les joues rougies par la gêne. Il secoua la tête et observa quelques écriteaux. Il prit d'office trois pulls noirs, deux violets et un rose sous l'écriteau "pulls s'adaptant selon les morphologies" et quelques débardeurs ainsi que des ensembles de pyjamas. Hermione ne semblait pas se décider.
- Elle n'ose pas, n'est-ce-pas ? demanda Harry en le rejoignant.
- Effectivement.
Harry soupira.
- Je peux lui choisir quelques affaires ?
- Bien sûr.
Harry lui fit un grand sourire. Il benissa la magie car les vêtements, même si légèrement trop petits ou trop grands, s'adapteraient au client selon la nécessité à l'aide d'un petit sortilège. Il prit alors quelques t-shirts supplémentaires, des pulls, deux jupes, quatre robes légères et une plus chaude, puis des pantalons moulants, d'autres bootcuts et deux gilets. Il donna le tout à son père qui approuva vaguement ses choix. Severus se dirigea vers les caisses alors qu'Hermione sortait de la cabine et rejoignait Harry.
- Alors ? demanda le jeune homme.
- Je vais prendre ce pull… et cette robe, elle me va bien je crois, fit-elle.
- Hermione ?
Les yeux couleur chocolat fixèrent ceux de son meilleur ami.
- Hé, ne tremble pas, Hermy, fit-il alors en la prenant dans ses bras.
- J'arrive pas à choisir… tu crois qu'il sera fâché ?
- Il veut juste qu'on se sente bien et qu'on ai nos propres affaires. Il y a d'autres magasins, nous pourrions y faire un tour une autre fois. Tu as pris des sous-vêtements ?
- N… non…
- Ok, viens, soeurette.
Hermione esquissa un très léger sourire et Harry l'entraîna dans le rayon. Harry semblait de bonne humeur et voulait que sa meilleure amie pense à autre chose qu'à Ronald ou la famille Weasley. Il grimaça devant tous les soutien-gorges.
- Prends-en… dix !
- Hein, mais un seul, ou deux suff…
- Non. Sinon c'est moi qui les choisis.
- Tu ne ferais pas ça !
- Si.
Hermione leva les yeux au ciel et prit enfin ce dont elle avait besoin. Ils rejoignirent Severus à la caisse et Hermione découvrit avec stupeur les dix sacs de vêtements que lui tendait le plus âgé.
- Ces dix-là sont pour vous Hermione, annonça-t-il en souriant. Harry, tu en as aussi dix. Pas de jaloux comme ça.
Le garçon leva les yeux au ciel. Son père paya ensuite pour ce qu'Hermione avait choisi elle-même et ils sortirent du magasin avec un sourire amusé.
- Merci beaucoup, fit Hermione, gênée.
- Pas de quoi, fit Severus. Maintenant, je crois que nous devrions rentrer au Manoir. Il va falloir annoncer aux elfes que nous restons, et que nous aurons besoin de leur aide.
Ils transplanèrent avec tous leurs achats, les bras et les poches remplis d'affaires diverses et variées.
°*~**~*°.°*~**~*°
Ils arrivèrent enfin sur le perron, et Harry s'apprêtait alors à ouvrir la porte alors qu'une elfe apparaissait devant eux.
- Les Maîtres sont revenus ! s'excalama-t-elle joyeusement. Je suis Lisya ! Je peux vous aider ?
- Si tu le souhaites, répondit Severus. Nous allons certainement emménager ici si cela vous convient.
- Ces lieux sont vôtres ! fit l'elfe.
- Oui, mais vous avez été habitués à être seuls, fit Harry. Est-ce que notre présence vous dérangera ?
- Mais… Voyons Maître Harry Prince ! s'exclama l'elfe. Nous avons attendu tellement, tellement longtemps votre présence.
- Bien, dans ce cas, fit Severus, allons déballer tout ce que nous avons acheté ! Est-ce que d'autres elfes pourraient venir nous aider ? Deux pour Harry, deux pour Hermione et deux pour moi. Nous avons des meubles pour le salon et la salle à manger, puis pour les chambres. Nous avons également acheté plusieurs vêtements qui devront être lavés.
- Fox-chéri, Myrabelle ! s'écria alors l'elfe.
Deux autres elfes apparurent, un grand sourire aux lèvres.
- Bonjour les Maîtres ! fit la plus jeune.
- Bonjour, répondirent-ils, amusés.
- Fox est le compagnon de Lysia, fit Lysia. Et Myrabelle est ma petite princesse de coeur. Ils iront aider… Miss Hermione !
- Merci, fit la jeune femme.
- Nara et Cian ! fit ensuite Lysia alors que deux pop se firent entendre. Vous pouvez aider monsieur Harry ?
- Oui ! Bonjour ! fit le dénommé Cian.
- Oui oui oui ! s'exclama Nara.
- Et pour monsieur Maître Severus… Kretha et Micka !
Deux autres elfes apparurent et les saluèrent un peu plus sobrement mais avec un immense sourire. Ils semblaient heureux de les voir Les trois sorciers entrèrent enfin dans le Manoir alors que les elfes prirent quelques sacs.
L'aménagement des différentes pièces leur prit tout le reste de la journée. Ils ne s'arrêtèrent que vers dix-neuf heures, épuisés. Severus avait fait le tour des pièces, demandant aux elfes de nettoyer ou de refaire la peinture à certains endroits et selon le goût de ses deux protégés. Si le deuxième étage et la chambre de Severus au premier étaient maintenant rénovés, il restait encore beaucoup de travail.
Les elfes annoncèrent cependant le repas du soir, sans que personne n'ait pensé à leur demander de le préparer.
- Merci infiniment, fit alors Severus avec surprise.
- Mais c'est bien normal ! s'exclama Drius, un elfe qu'ils n'avaient pas encore vu. Les légumes sont du jardin, et la viande provient du boucher de Datchworth !
- Merci, firent Hermione et Harry d'une même voix.
- Ca sent super bon, fit Harry.
L'elfe esquissa un sourire, heureux qu'une chose aussi "simple" plaise autant à ses maîtres.
- Est-ce que vos quartiers sont corrects ? fini par demander Severus en prenant place.
- Drius imagine, murmura l'elfe.
- Est-ce que je pourrai les visiter, après le repas s'il te plaît ?
Un éclair de peur passa dans les grands yeux de la créature.
- Ne t'inquiète pas, je ne vous retirerai pas vos quartiers, précisa Severus. Je veux juste m'assurer que vous soyez bien logés.
L'elfe parut dubitatif mais accepta de faire visiter leurs quartiers. de toute façon, il n'avait pas trop le choix. Un ordre était un ordre.
°*~**~*°.°*~**~*°
- Hermione ? fit Severus en arrivant dans la bibliothèque.
La jeune femme sursauta, ne s'attendant pas à ce que leur professeur revienne aussi rapidement de son tour chez les elfes. Harry était monté, accompagné de Cian et de Myrabelle pour discuter de l'amélioration des vieilles salles de bain du dernier étage.
- Oui ?
- Les elfes viennent de me montrer leurs quartiers, fit l'homme en grimaçant.
- Il y a un problème ? demanda Hermione en se levant.
- Ils vivent ainsi depuis quasiment un siècle, renfermés sur eux-mêmes et s'occupant toujours du domaine, faisant passer tout cela avant leurs propres lieux de vie. Les enfants sont presque tous entassés dans une seule pièce. C'est… totalement différent de ce que les elfes de Harry ont. Les lieux sont imprégnés d'humidité, les tapisseries horribles… Je m'en occuperai demain, mais si vous avez encore un peu d'énergie, j'aimerais aller au sous-sol pour voir ce que nous pourrions y faire. Voulez-vous venir ?
Hermione acquiesça. Elle était fatiguée mais n'arrivait pas à s'endormir, c'était d'ailleurs pourquoi elle était venue se réfugier dans la bibliothèque. Ils descendirent en silence et observèrent avec un peu plus d'attention les lieux. Il y avait quatre très grandes salles et une salle de bain en-dessous de celle près de la bibliothèque. Ils arrivèrent à la salle située sous la cuisine et sous le quartier des elfes.
- Je pense faire mon laboratoire sous le salon, fit Severus. Il y a heureusement des fenêtres un peu partout.
- Nous pourrions repeindre en blanc cassé et créer une mezzanine ?
- Une mezzanine… oui pourquoi pas. Que penseriez-vous d'en faire une extension du quartier des elfes ?
Le grand sourire d'Hermione le fit rire.
- J'étais certain que vous seriez pour.
Hermione ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.
- Ils sont nombreux, et si Breval, Kreattur, Enora et Rosie viennent aussi ici, ils auront aussi besoin d'espace.
- C'est très juste, approuva Snape.
- Il y a une porte qui mène à l'extérieur, sur la droite. Pourrions-nous…
Severus acquiesça et alla ouvrir la porte. Le soleil laissait doucement place à la nuit et il profita quelques secondes de l'air frais.
- Waou… c'est une belle terrasse, murmura Hermione.
- Il faudrait la rénover mais ce serait une belle surprise pour notre idée.
- Oui !
- Je vais m'occuper de repeindre les murs avec quelques sortilèges, pourriez-vous ouvrir les fenêtres ensuite ? Nous pourrions créer une mezzanine sur un des côtés ou même tout autour de la pièce en laissant la hauteur originale au centre, le plafond est assez haut pour faire deux niveaux. Ils n'ont d'ailleurs ni salle de bain ni cuisine…
- Ah bon ? fit Hermione.
- Oui… nous pourrions leur en créer sur la gauche de cette salle.
- Une salle de bain de luxe !
- Si vous voulez, rit alors Severus.
Hermione lui adressa un sourire resplendissant. Severus fit apparaître une table basse avec plusieurs magazines pris un peu plus tôt dans la journée.
- Je vous laisserai choisir les meubles pour nos elfes.
- Ok, fit Hermione en ouvrant les fenêtres alors que Severus lançait des sortilèges sur les murs.
L'odeur la fit grimacer et elle sortit quelques minutes, rapidement rejoint par Severus.
- On pourrait demander à Breval de récupérer les meubles que nous choisissons ? proposa Hermione.
- Bonne idée, je vous laisse faire. Je vais aller installer la cuisine.
- Vous en avez acheté une ?
- Oui, pendant que vous débattiez sur les lits que vous souhaitiez avec Harry, rit Severus.
Hermione secoua la tête, amusée. Snape semblait vraiment prendre leur cas à coeur et se détendait de plus en plus. C'était à la fois étrange et plaisant, car elle s'entendait très bien avec lui. Elle était certaine qu'elle pourrait parler de plein de choses et apprendre beaucoup de cet homme.
Elle l'observa, de loin, faire apparaître une cuisine miniature. La pièce faisait au moins dans les 35 mètres carrés et les elfes auraient largement ce qu'il leur faudrait. Il délimita le coin cuisine et fit apparaître une grande salle de bain juste au-dessus, puis une plus petite à côté. Les murs faisant dans les trois mètres de hauteur, les elfes auraient deux niveaux d'1,5m sur une partie de la salle.
Severus dessina un plan sous le regard attentif d'Hermione. Ainsi, le premier niveau serait destiné à une grande cuisine et un coin repas dans le coin à leur gauche, et à une petite salle de bain en-dessous des deux salles de bains du niveau 2. Sur la totalité du niveau 2 il y aurait huit chambres pour petits elfes dont la capacité maximale d'accueil de celles-ci serait de dix-huit, et six chambres pour adultes au premier niveau pour environ douze elfes. Près de l'entrée de la cuisine, Severus prévoyait de laisser une pièce vide qu'ils pourraient aménager comme bon leur semblerait.
Les escaliers qui rejoigneraient le quartier des elfes au-dessus seraient situés dans le coin avant droit, donnant aussi accès au second niveau du sous-sol. La porte menant à la terrasse serait juste à côté des escaliers.
Ils choisirent ensuite les meubles de salle de bain et le reste de l'aménagement, réfléchissant aux différents sols dont ils auraient besoin. Ils demandèrent à Breval de commander et prendre pour eux ce qu'ils souhaitaient. L'elfe, heureux, leur fit promettre de le présenter aux autres elfes qui avaient, de toute façon, dû se rendre compte de sa présence. Il promit à son tour de ne rien dévoiler sur le projet des deux adultes. Vint ensuite l'heure d'aller dormir.
°*~**~*°.°*~**~*°
Harry se réveilla tôt le matin, souriant devant le rayon de soleil qui traversait les vitraux présents de chaque côté de son grand lit. Il avait rarement aussi bien dormi, peut-être même jamais. Il alla doucement s'observer dans le miroir, s'habituant à sa nouvelle apparence. Il se sentait bizarrement mieux ainsi. Comme soulagé.
Il prit aussi le temps d'apprivoiser sa pièce et sortit quelques affaires du sac qu'il avait apporté de Godric's Hollow. Les cadres photo iraient certainement dans son futur bureau mais les objets de décoration resteraient probablement dans sa chambre. Severus avait déjà vérifié l'absence de sortilèges de traçage ou d'autres sortilèges malveillants.
Il alla prendre sa douche avant de rejoindre le rez-de-chaussée. Il fronça les sourcils en entendant un petit elfe pleurer à chaudes larmes.
Harry s'avança doucement, pour ne pas effrayer le petit corps tremblant au bout du couloir, près de la salle à manger. Il s'accroupit alors, et tendit un mouchoir au petit être.
- Hey, qu'est-ce qu'il y a ? fit-il doucement.
Les gros yeux rouges s'ouvrirent brusquement et le petit sembla horrifié.
- Dé-Désolé !
- Ne sois pas désolé, fit Harry d'une voix douce. C'est normal de pleurer quand on est triste.
L'elfe acquiesça doucement, essuyant ses larmes avec son t-shirt sale.
- Prends le mouchoir.
- Va pas me libérer ?
- Non, ce n'est pas un vêtement et je ne veux pas te libérer.
- Accord, fit l'elfe en prenant délicatement le mouchoir en papier. J'ai fâché ma maman.
Harry esquissa un sourire amusé.
- Ca arrive, fit-il. Mais je suis sûr qu'elle t'aime quand-même.
- Sûr ?
- Certain.
- Je voulais… une tartelette aux framboises. Mais peux pas. Maman a dit… pas assez de Gallions pour nous.
Harry fronça les sourcils et aperçut Severus en bas des escaliers. L'adulte les observait discrètement mais ne semblait pas vouloir affoler le petit.
- On verra, d'accord petit ? Je verrai ce que je peux faire pour aider.
- Vrai ?
- Vrai !
- Maman a besoin de linge, elle veut pas que j'en parle à Maître Severus. Mais mes frères sont petits et il n'y a pas assez de lits… sont cassés les autres. Faut pas dire !
- T'inquiète pas. Sèche-moi ces larmes, d'accord petit ange ?
- Ange ? Moi ? Moi elfe !
Harry rigola et lui fit un sourire bienveillant.
- File rejoindre ta maman et lui faire un câlin. Je vais aller voir ce que nous pouvons prendre pour le petit déjeuner.
L'elfe acquiesça et repartit, pieds nus, en direction du quartier des elfes.
Severus rejoignit alors Harry en souriant doucement.
- Bonjour, Harry. Il va falloir rénover leurs quartiers, fit-il. Et leur donner de quoi vivre normalement, à eux aussi. Bien dormi ?
- Oui et v… toi ?
- Ca va, oui. Breval viendra dans une demi-heure environ pour déposer quelques meubles au sous-sol, j'aurai besoin de ton aide pour poser quelques cloisons.
- Pas de souci. Hermione dort encore, je ne voulais pas la réveiller.
- Qu'elle dorme, elle en a besoin je pense.
- Oui, approuva Harry. Elle semblait épuisée hier.
- Hm, et en plus on est resté assez longtemps en bas pour rénover une pièce. Je te montrerai après avoir pris un bon petit déjeuner.
Harry secoua la tête, amusé. Ils se préparèrent du café et Harry prépara des oeufs brouillés. Heureusement que Severus avait fait quelques courses, ils n'avaient rien demandé aux elfes et ne voulaient pas encore les déranger dans leur routine. Ils mangèrent tranquillement dans la salle à manger alors que Breval apparut.
- Breval est là ! fit joyeusement l'elfe de Harry.
- Hey, bonjour ! s'exclama Harry. Tout va bien ?
- Oui !
- Dis, je suis heureux que tu sois là, fit Harry. Est-ce que tu sais s'il y a un moyen d'ouvrir un coffre juste pour les elfes ?
- Juste pour les elfes ?
- Pour vous et pour ceux qui vivent ici.
- Breval pense que oui ! Faut demander au gestionnaire. Breval peut le faire au nom de maître Harry. Ce serait au nom des Prince ?
- Oui, répondit Severus.
- Combien de Gallions devons-nous mettre dedans à l'ouverture ?
Les deux hommes se concertèrent du regard.
- Cinquante mille Gallions, répondit Severus. Ca fait un peu plus de 350 000 euros, ils auront assez pour vivre plusieurs décennies tout en continuant leur potager et les ventes sur les marchés. Il faudrait aussi ouvrir des catégories dans le coffre à raison de dix Gallions par semaine par elfe, même pour les plus jeunes.
- D'accord.
- Même pour vous, fit alors Harry.
- Mais…
- Ce n'est pas discutable, fit Harry en riant. Tu voulais quelque chose ?
- J'ai transféré les meubles demandés par Maître Severus et Maîtresse Hermione en bas.
- Très bien Breval, fit Severus. Allons donc voir cela de plus près…
Ils se rendirent alors tous les trois dans le sous-sol et Harry eut une exclamation de surprise.
- C'est bien plus chaleureux comme ça !
- N'est-ce pas ! fit Severus. Allez, viens, nous avons du travail !
Ils finirent alors la salle de bain à l'aide de Breval, Kreattur et Enora. Rosie les rejoignit également une demi-heure plus tard avec ses petits. Elle s'occupa de préparer des chambres pour enfants pour les petits elfes : les parents seraient logés au même niveau que la cuisine, et les enfants proche des deux salles de bains. Harry organisa aussi une salle de jeux et Rosie proposa d'aller chercher du linge de maison pour elfe ainsi que divers produits spécifiques. Harry et Severus approuvèrent joyeusement et Breval installa plusieurs étagères et commodes. Vint ensuite le centre de la pièce où Enora installa un grand poêle à granulés, avec des poufs dispersés çà et là. La mezzanine donnait sur le salon, protégée par un petit muret en briques grises et des fenêtres coulissantes dans un bois noir. Severus lança un sortilège pour que les plus jeunes ne puissent pas sauter par ces mêmes fenêtres. Des escaliers furent placés dans le coin avant, près de la porte qui donnait sur l'extérieur, mais ils ne traversaient pas encore le plafond puisque les elfes ne connaissaient pas le projet de leurs nouveaux maîtres.
- Rosie a une idée ! s'exclama alors la jeune elfe.
- Ah ? demanda Harry.
- Enora et Rosie pourrions appeler tous les elfes dehors, nous présenter et présenter mes anges. Nous pourrions parler de l'aménagement de l'extérieur, et durant ce temps vous reliez ces escaliers au salon elfe avec Kreattur et Breval !
- Bonne idée ! approuvèrent Breval et Harry.
Les deux elfes disparurent alors de la salle. Quelques minutes plus tard, Kreattur leur confirma que les trente elfes étaient bel et bien dehors. Severus transplana à l'étage et vérifia que rien ne gênerait leurs travaux. Il fit disparaître le bois moisi qui jonchait le sol à cet endroit et lança un sortilège de nettoyage sur toute la pièce. Breval vint l'aider, et ils transpercèrent le sol à l'aide de plusieurs sortilèges. Severus fit apparaître une rampe ainsi qu'une rambarde, protégeant ainsi l'accès à l'extension. Kreattur nettoya les nouveaux escaliers de marbre et Harry rejoignit les elfes à l'extérieur après avoir déblayé le premier étage du Manoir côté elfes, afin de s'assurer qu'ils ne reviennent pas immédiatement dans leurs quartiers.
Severus se mit alors à nettoyer les lieux de fond en comble et de lancer des sortilèges contre l'humidité. Le vieux linge, délavé et usé par le temps, fut remisé dans un placard et il fit apparaître le linge acheté par Rosie. Breval installa une grande table à manger dans la nouvelle cuisine des elfes ainsi qu'un autre coin cuisine-repas au rez-de-chaussée du manoir, dans le quartier des elfes, près des nouveaux escaliers.
A plusieurs dizaines de mètres de là, Harry occupait les elfes en leur demandant leurs noms, et discutant avec les plus âgés. Il leur demanda ce qu'ils voulaient faire du terrain, et les elfes lui expliquèrent que, un peu plus loin derrière un bosquet d'arbre, se trouvait un grand lac peu profond qu'ils aimeraient nettoyer. L'eau, en soit, n'était pas très sale remarqua Harry, mais il y avait des algues et plein d'herbes qui cachaient la beauté du lac. Il leur annonça qu'il en parlerait avec Severus et qu'ils pourraient éventuellement rajouter des poissons. Les plus jeunes, enthousiastes, approuvèrent.
Les elfes lui parlèrent également de la présence de quelques pandas roux un peu plus loin et de chats probablement sauvages.
Une vingtaine de minutes plus tard, Severus les rejoignit et annonça aux elfes qu'il avait revisité leurs lieux de vie. Les plus âgés affichèrent une mine déconfite et anxieuse.
- Les Maîtres vont nous renvoyer, n'est-ce-pas ? demanda un petit elfe.
- Nous avons utilisé trop de place, Drius est très désolé, nous pouvons réduire notre occupation !
- Oh oui ! s'exclama Kretha, une autre elfe.
- Hors de question, fit Severus.
- Ces lieux vous appartiennent, et vous êtes nombreux, intervint Harry. Et comme nous l'avons déjà dit, nous ne vous renverrons pas. Nous vous gardons.
- Nous allons mettre en place quelques règles de base comme dormir la nuit, alterner les weekend, et au moins un à deux jours de congé par semaine et par elfe. Certains d'entre vous pourront aider Kreattur et les autres elfes de Harry pour l'entretien d'une autre de ses demeures, ou encore aller aider à Poudlard si certains le veulent. Mais votre lieu principal de résidence restera ce domaine. Le Manoir est assez grand pour vous loger, et si nous venions à manquer de place, nous pourrons toujours construire des extensions sans oublier la bâtisse de l'autre côté, qui est en ruine et qui faudra en partie reconstruire.
- Congé ? murmura Drius.
- Vous avez besoin, comme tout être vivant, d'un moment de repos, fit Hermione qui arrivait vers eux en bâillant. Bonjour Harry, bonjour Prof… Severus.
- Bonjour, Hermione, firent les deux hommes.
- En ce qui concerne votre lieu de vie, reprit Severus. J'ai nettoyé comme j'ai pu ceux que vous habitez déjà, Breval et Kreattur m'ont aidé à réparer les fuites et nous avons enlevé tout ce qui était moisi. Cependant, nous avons aussi pris la liberté d'installer une sorte de petite cuisine avec un coin repas au rez-de-chuassée de votre antre, ainsi que des escaliers qui descendent au sous-sol.
Les elfes ouvrirent la bouche, et les observaient étrangement.
- La salle qui est sous vos quartiers et sous la cuisine a été aménagée en deux niveaux : une mezzanine tout autour comprend plusieurs pièces dont deux salles de bain et quelques chambres. En-dessous se situent quelques pièces pour les elfes adultes ainsi qu'une petite salle de bain, une cuisine, et un endroit pour manger. Le centre est réservé à un petit salon autour d'un poêle. Tout le linge qui est entreposé dans les différentes commodes ainsi que les objets et la vaisselle vous appartiennent.
- Merci… murmurèrent quelques elfes, surpris.
- Un coffre a été ouvert sous mon nom, fit Harry. Mais les Gobelins savent que celui-ci vous appartient. A vous, comme à Rosie, ses petits, Kreattur, Breval ou encore Enora que vous venez de rencontrer. Des sortes de "sous-coffre" ont été organisés et chacun de vous, même les plus jeunes, auront un salaire à raison de dix Gallions par semaine. De plus, nous avons mis à votre disposition cinquante mille Gallion.
- Les maîtres sont-ils sérieux ? demanda l'une des elfes les plus âgés, choqué.
- Oui, répondirent Harry et Severus d'une même voix.
L'attroupement d'elfes vint s'agripper à leurs jambes en les remerciant, les larmes aux yeux. Severus, mal à l'aise, ne sut pas trop comment réagir, mais Hermione et Harry gérèrent parfaitement la situation à son plus grand soulagement. Severus finit par demander aux elfes d'aller remplir les différentes armoires de nourriture et fixa les heures de repas. Lisya leur annonça avoir nettoyé tous les vêtements des maîtres et les placer incessamment sous peu dans les divers dressings.
Une nouvelle vie commençait, et ils en étaient tous heureux.
.
°*~**~*°.°*~**~*°
Cela faisait quelques semaines qu'Hermione et Harry vivaient sous le même toit que leur ancien professeur de potions. Une certaine routine s'était installée et Harry se baladait souvent avec les elfes Lysia ou Breval sur le domaine. Il en profitait pour placer de la nourriture à certains endroits clés pour les pandas roux qu'il avait pu apercevoir de loin, mais aussi pour les chats. Hermione et lui avaient fabriqué un petit cabanon pour eux, mais jusqu'ici seuls deux chats s'y réfugiaient la nuit.
Hermione avait voulu rejoindre une bibliothèque du côté moldu et avait fini par y trouver un emploi de bibliothécaire quatre jours par semaine. Cette petite pause à l'écart du monde des sorciers lui faisait un bien fou, et elle en profitait pour ratrapper tout ce qu'elle avait loupé depuis son départ à Poudlard quelques années plus tôt.
Puis il y avait aussi eu, lundi dernier, le procès de Narcissa et Drago auquel Hermione et Harry avaient témoigné pour eux. Même si le peuple sorcier avait eu vent du fait que Narcissa avait sauvé la vie du Survivant, Harry appuya sur le fait que sans Drago et sa mère, ils seraient certainement tous en train de se cacher de Voldemort ou de rendre leur dernier souffle. Ses paroles, dures et directes, avaient beaucoup choqué mais eurent pour mérite de faire comprendre qu'ils avaient permis au peuple anglais de survivre à cette deuxième guerre.
Pour fêter cela, en quelque sorte, Drago et Narcissa furent invités au Domaine des Prince le premier vendredi du mois de juillet 1998. Ce fut Hermione qui, avec Breval, les accueillit près du bois et les conduisit jusqu'au manoir. Drago fut surpris par l'élégance de la jeune femme mais ne fit pas de commentaire, suivant sa mère par automatisme plus que par volonté. Il se demandait vraiment ce que Harry - qui avait étrangement changé - et Hermione lui voulaient.
Severus et Harry les accueillirent à leur tour et ils rejoignirent la très grande salle à manger. Narcissa, un sourire apaisé collé aux lèvres, remercia une fois de plus Harry de leur avoir évité Azkaban.
- Je vous en prie, répondit Harry. Sans vous, nous serions certainement tous morts, d'une manière ou d'une autre. Comment allez-vous ?
Drago, surpris par la question qui semblait sincère ne sut quoi répondre.
- Nous allons bien, répondit Narcissa. Nous aurons encore besoin de temps et Drago doit trouver une bonne école afin de devenir avocat.
- Tu veux être avocat ? demanda Hermione.
- Oui, marmonna Drago.
- C'est un souhait très ancien, mais mon époux n'était pas pour. Drago devait gérer le patrimoine mais, avec tout ce qu'a détruit… Vous-Savez-Qui, et tout l'argent qui s'est envolé, le patrimoine des Malfoy n'est plus aussi prestigieux qu'il y a quelques dizaines d'années.
- C'est vraiment un beau projet, commenta Hermione. J'avoue que je ne connais pas trop les débouchés du côté sorciers. A Poudlard, on avait l'impression qu'il y avait soit l'école soit le Ministère.
- Il y a plein de métiers divers et variés, répondit Narcissa, mais il est vrai que Poudlard n'informe que peu sur les possibilités qu'offre notre monde.
- C'est bien dommage en effet, intervint Severus. Vous avez fait un bon trajet ?
- Très bien, parrain, marmonna Drago.
- Parle sur un autre ton, jeune homme, le rabroua Narcissa.
- Il a le droit d'être en colère, commenta simplement Severus.
- Mais il n'a pas le droit de te manquer de respect.
- Certes…
- Tu étais hospitalisé avant de te volatiliser dans la nature et nous étions sous surveillance, rajouta Narcissa, il est donc normal que nous n'ayons pas été informé de ta survie avant la préparation du procès.
Severus s'excusa tout de même auprès de son filleul et les invita à prendre place autour de la table. Le repas les attendait.
Le repas commença tranquillement, Harry et Hermione posant quelques questions à Drago qui répondit par monosyllabes. Le jeune blond brûlait d'envie de demander à son parrain ce que les Gryffondor faisaient à leur table.
- Je vois bien toutes tes questions, Drago, finit par dire Harry à voix basse. Ton parrain vous l'expliquera au salon après le repas. Il ne voulait pas en parler dès les premières minutes.
- Tu es… bizarre Potter, marmonna Drago.
Hermione eut un rire amusé, ce qui le fit froncer les sourcils. D'habitude, les altercations démarraient au quart de tour dès qu'il ouvrait la bouche.
- Je ne sais pas si c'est parce que tes cheveux sont plus longs, mais ils ont l'air un peu plus foncés et ton visage a l'air moins rond. J'ai même eu du mal à te reconnaître la première fois que je t'ai vu.
- Tu sauras tout en temps voulu, grogna Severus. Harry, Hermione, …
- On va chercher le dessert, répondirent les deux jeunes adultes.
Ils avaient bien compris que le plan de Severus tombait à l'eau : les deux Malfoy n'attendraient pas la fin du repas pour avoir des explications.
- Vas-tu enfin nous dire ce que tu nous caches ?
Severus se pinça l'arrête du nez et soupira. Il leur expliqua alors sa sortie d'hôpital, son arrivée dans un petit appartement aménagé dans l'ancien QG de l'Ordre, puis les souvenirs donnés par Harry. Sans rentrer dans les détails, il leur annonça que le Survivant était en réalité son fils - et celui de Lily - et non celui de James Potter. Ils avaient donc levé le sortilège quelques jours plus tard, après avoir récupéré Hermione au Terrier.
- Et pourquoi Weasmoche et sa soeur ne sont-ils pas ici, dans ce cas ? demanda Drago en croisant les bras.
Au même moment, Hermione revenait dans la pièce suivie de près par Harry.
- Parce que ce sont des connards, avait sèchement répondu Hermione.
- Langage, jeune fille, gronda Severus.
- Désolée.
- Même raison qu'Hermione, répondit Harry.
- Je ne comprends pas, fit Drago en se levant, face à ses ennemis de toujours.
Ce fut Harry qui répondit, demandant à Hermione de poser les desserts sur la table.
- Molly, Ronald et Ginny ont signé un contrat avec Dumbledore en 1985, expliqua-t-il froidement. Les autres, mis à part Percy, n'étaient pas au courant.
- Harry… l'interrompit Severus.
- Non, je crois qu'il doit savoir, surtout si nous devons nous côtoyer régulièrement. Tu es son parrain et tu es mon père, hors de question que tu le délaisses à cause de moi.
Drago le regarda, légèrement perdu.
- Donc, je disais. Ils ont signé un contrat avec Dumbledore pour m'attirer dans leurs filets, m'apprivoiser et me guider sur le chemin que Dumbledore voulait que je suive : mon futur sacrifice de ma vie pour le monde sorcier. Ronald était pertinemment au courant des plans de Dumbledore. Ginny quant à elle, était fascinée par mon histoire, racontée par sa mère. Elle est tombée amoureuse de moi, mais cet amour a vite disparu au cours de sa première ou deuxième année. Percy lui a donc trouvé une potion pour attiser ou raviver l'attirance au moins physique. Molly lui a raconté tellement de conneries auxquelles Ginny a cru depuis sa plus tendre enfance. Ginny croyait, entre autres, qu'ils étaient excessivement pauvres et qu'elle devait se marier avec moi ou au moins se fiancer pour récupérer mon héritage déjà bien entamé par Dumbledore.
- Ronald, tout comme Ginny et Molly, continua Hermione d'une voix légèrement brisée, étaient payés pour nous accueillir. Ils avaient un salaire prélevé dans les coffres des Potter gérés par le Directeur. Ronald… Ronald était payé pour se marier avec moi, afin que Ginny ait la liberté d'amadouer Harry. Il… Ronald a dit qu'il aurait même dû avoir une prime s'il m'épousait, mais que comme Dumbledore n'était plus là, tout cela n'avait plus aucune importance.
Narcissa se leva à son tour et posa discrètement une main sur l'épaule d'Hermione qui détourna les yeux. La mère de Drago l'attira contre elle, par instinct, alors que Drago observait les deux Gryffondor la bouche entrouverte, choqué.
- Sans oublier que ton chat est mort de sa faute, grogna Harry. Mais en bref : on s'est fait manipuler, je l'ai su en allant à Gringotts avec ton parrain. Nous y avons rencontré Arthur et William Weasley qui étaient tout aussi choqués que nous. Monsieur Weasley nous a alors demandé de venir en début de soirée. Hermione était au Terrier et il a expressément demandé à ce qu'elle rentre avec nous après cette "conversation". Il a alors annoncé à sa famille qu'il était maintenant au courant de tout ce qu'avait fait Molly derrière son dos, et donc aussi Ginny et Ron. Il leur a aussi annoncé qu'ils étaient loin d'être pauvres, que leur mode de vie était un des sujets de discorde entre Dumbledore et lui. Il a tenu à me rembourser… c'était environ cinq cent trente mille Gallion. Et il ne faut pas oublier que Dumbledore avait aussi proposé un salaire à Hermione qui avait été outrée et ne s'en souvient plus : Dumbledore l'a oublietté. Je pourrais porter plainte et traîner la famille Weasley dans la boue si je le souhaitais. Mais j'étais tellement choqué… termina-t-il d'une voix basse et cassée.
- Asseyez-vous, murmura Severus.
Ils reprirent place à table, chacun dans leurs pensées.
- Arthur, William, Charlie et les jumeaux Weasley restent dans notre cercle de… d'amis, finit par dire Severus. Ronald a été envoyé je ne sais où loin d'eux, Ginny a quitté le pays volontairement après s'être excusée auprès de Harry. Elle a été beaucoup manipulée par sa mère, et je pense qu'elle n'avait pas réellement conscience du problème avant que son père ne l'apprenne. Quant à Monsieur Ronald Weasley, ce garçon nous a tous surpris par son dédain.
- C'était mon… je croyais qu'il était mon meilleur ami.
- Et il trouvait ça normal d'être payé pour l'être, fit durement Hermione.
Drago secoua la tête, les observant avec une once d'inquiétude.
- C'est vraiment une bien triste histoire, soupira Narcissa en observant Hermione.
- Ils étaient comme une famille pour Harry, fit Severus. Il a grandi chez sa tante, la soeur de Lily. Pétunia a jalousé sa soeur des mois durant avant de l'insulter de monstre. J'ai fait un petit tour chez eux...
- Non ? fit Harry, se redressant brusquement.
- Si, Harry, et crois-moi nous allons porter plainte devant la justice sorcière. Dumbledore a volontairement envoyé un enfant chez un couple de moldus qui le traitaient moins bien qu'un elfe. Pétunia a osé me dire qu'elle avait été assez gentille pour lui offrir un placard sous l'escalier comme chambre. Si Dumbledore le savait...
- Il l'a su, puisque ma première lettre de Poudlard était adressée à Harry Potter le placard sous l'escalier, marmonna Harry. Je croyais que tout le monde savait ?
- Pott… Harry ! fit Severus, exaspéré. Sérieusement ? Les lettres sont envoyées automatiquement, personne ne connaît les adresses qui sont notées sur les enveloppes !
- De toute façon après j'ai eu une chambre…
- Une chambre, tu parles d'une chambre ! Avec des verrous, Harry, des verrous ! Une prison miteuse.
- Parrain… voulu interrompre Drago. Je ne crois pas qu'il veuille qu'on entende…
- Harry, ose me dire qu'il est normal qu'un enfant, peu importe lequel, vive dans un tel taudis !
Harry lui lança un regard noir. Severus sembla se calmer instantanément, observant leurs invités.
- Désolé, je n'aurais peut-être pas dû…
- Je pensais que tout le monde savait de toute façon.
- Heureusement que je ne connaissais pas ces détails, sinon je t'aurais encore plus fait la misère à l'école, marmonna Drago.
- Ton père t'aurait ordonné de le faire et je lui aurais mis un coup de pied bien placé avec mes meilleurs talons, répliqua Narcissa. Alors, jeunes gens. Je propose le tutoiement pour tout le monde, ce sera beaucoup plus simple. Non, Severus tais-toi.
Harry et Drago échangèrent un regard surpris mais amusé.
- Ensuite, Harry, sache que tout ce qui a été dit ici restera entre nous. Que ce soit pour ton enfance ou les Weasley. Hermione et toi êtes les bienvenus au Manoir, même si je pense que nous allons emménager dans une autre de nos demeures car le Manoir Malfoy rassemble trop de mauvais souvenirs. Entre ce que vous savez et les parents de Lucius… ce sera mieux pour tout le monde. Bref, que faites-vous de vos journées sinon ? Harry ?
- Je… Severus passe la plupart de son temps au laboratoire et Hermione a trouvé un emploi dans une bibliothèque moldue.
- Moldue ? s'exclama Drago. Mais je croyais que tu voulais aller au Ministère ?
- Je voulais, confirma Hermione. Ron a déchiré la proposition d'apprentissage de Kingsley et après… je me suis dit que quelques semaines ou mois loin du monde des sorciers ne pourrait pas me faire de mal.
Drago acquiesça, semblant comprendre le dilemme.
- Et toi, Harry ? demanda Narcissa.
- J'apprends des trucs sur la gestion du patrimoine : j'ai hérité des familles Black et Evans en plus des Potter, Evans c'est la famille moldue de ma mère. Et je cherche encore ce que je voudrais faire… pas Auror en tous cas, j'ai assez donné. Puis il y a les elfes et des animaux sur le domaine qui ont besoin de soins. Mais nous avons encore du mal à les approcher.
- Quoi comme animaux ? demanda Drago.
- Des panda roux et des chats, répondit Hermione.
- Des panda roux ? s'exclama le blond alors que Narcissa eut un doux rire.
- Oui, tu aimes bien ces bêtes-là ? demanda Hermione.
- Elles sont trop mignonnes !
- Entièrement d'accord ! rigola Harry. J'ai lu quelques livres sur…
- Tu as lu des livres ? fit Hermione.
Harry leva les yeux au ciel alors que Drago pouffait.
- Ca m'arrive, à l'occasion.
- On pourra les voir ? demanda Drago.
- Les livres ou les pandas ?
- Les panda, Potter !
- Va falloir m'appeler Prince maintenant, rigola Harry.
- Puis quoi encore, c'est moi le prince !
Harry, Hermione et Drago explosèrent de rire sous le regard amusé de Narcissa et Severus. Ce nouveau trio qui se formait sous leurs yeux promettait d'être intéressant.
°*~**~*°.°*~**~*°
Le mois d'août arriva bien vite, et Hermione s'octroya une semaine de congés non payés. Après tout, la plupart des moldus étaient partis en vacances et la Bibliothèque était de plus en plus vide.
Severus était allé avec elle à Gringotts au début du mois pour lui ouvrir un coffre : elle avait toujours eu son argent de poche moldu jusqu'à la sixième année et avait retiré tout l'argent de son compte épargne moldu avant de s'effacer de la mémoire de ses parents. Depuis, elle stockait son argent dans un petit sac-sans-fond.
Severus avait insisté pour lui verser une somme de départ et demandé au Gobelin l'ouverture d'un coffre-épargne. Le Gobelin avait accepté puis proposé de faire une recherche approfondie sur la généalogie de la jeune femme. Severus avait accepté même si Hermione semblait désintéressée.
Harry, qui avait refusé de fêter son anniversaire en juillet - seuls Severus et Hermione avaient donc été présents pour la petite soirée -, avait demandé à Severus s'il était possible qu'ils invitent Luna, Andromeda, Teddy, Narcissa et Drago pour un goûter improvisé durant le mois d'août. L'ancien professeur de potions avait réfléchi puis finalement accepté, après lui avoir proposé d'inviter également Minerva McGonagall qu'ils devaient encore remercier de les avoir poussé l'un vers l'autre. Sans elle, Harry ne serait jamais allé à Sainte Mangouste. Puis il demanda tout de même à Harry d'en parler avec Narcissa avant d'inviter sa soeur. Mais la mère de Drago avait approuvé joyeusement et les invités étaient arrivés quelques heures plus tard.
*~*°.°*~*
Hermione avait préparé, avec quelques elfes, un petit coin au bord du lac : quatre bancs bien confortables, des poufs, une table basse en bois et un petit buffet. Il y avait aussi un petit parc de jeux pour Teddy qui riait aux éclats.
Harry observait tout ce petit monde avec une joie non feinte. Severus s'était chargé d'expliquer la situation à Andromeda il y a quelques jours déjà, et elle avait été touchée par l'initiative de ce goûter.
Luna parlait joyeusement avec Hermione, surprenant la brune par ses connaissances en matière d'héritage et de droit sorcier. Elle pensait que Luna était principalement adepte de toute sorte d'animaux mais s'était visiblement trompée : la jeune femme était douée dans plusieurs autres domaines et semblait moins rêveuse que lorsqu'ils étaient à Poudlard. Le professeur McGonagall qui, au début, s'était tenue en retrait et observait tout ce petit monde interagir, avait fini par entamer une discussion avec Andromeda et Narcissa. Les trois femmes avaient fini par rire ensemble et échanger plusieurs conseils de tricot, ce qui amusa grandement Drago et Harry.
Cela faisait une heure déjà que les invités parlaient, riaient, partageaient toute sortes d'informations. Même Severus avait fini par les rejoindre et discuter avec Andromeda, Narcissa et son ancienne collègue avec laquelle il avait déjà discuté un peu plus tôt. Hermione s'éloigna discrètement du groupe pour souffler un peu et profiter du paysage. Non loin de là, il y avait un grand verger laissé à l'abandon. Tout appartenait au domaine, mais l'immensité de celui-ci la surprenait toujours. Elle inspira lentement, s'adossant à un arbre. Ses pensées allèrent vers Narcissa qu'elle appréciait de plus en plus, puis vers Drago qui s'était excusé à maintes reprises de toutes les insanités qu'il lui avait dites. Elle sourit en revoyant Harry éclater de rire à une blague de Luna. La jeune fille l'étonnait toujours plus : jamais, à Poudlard, elle ne s'était autorisée à faire de l'humour. Elle restait volontairement à l'écart, et sa manière d'être semblait être une carapace pour la protéger du monde qui l'entourait.
- Hermione ? finit par demander Drago alors que tout le monde était parti se rassasier au buffet.
- Oui ?
- Tu sais… j'adore les animaux, fit Drago en s'installant à même le sol.
Hermione, surprise, s'assit à son tour. Drago avait l'air apaisé depuis qu'il venait voir son parrain.
- Ma mère a découvert un refuge moldu pas très loin d'ici… j'ai cru qu'elle allait ramener tous les chats à la maison, fit-il avec amusement. Et j'ai pensé à toi.
Il fixa les yeux noisettes de sa nouvelle amie et lui adressa un sourire triste.
- Je sais que ton chat te manque, et que tu es triste. Mais je suis certain que, où qu'il soit, il n'aimerait pas te savoir malheureuse.
Il la vit déglutir et pencha la tête sur le côté.
- Il y a beaucoup de chats là-bas, certains ont déjà le regard chargé de tristesse. Je sais que Severus adore les chats, et qu'il y a quatre ou cinq chats qui se baladent sur les terres ici. Harry et moi les avons vus, de loin. Mon parrain serait d'accord pour que tu viennes avec moi, et Harry aussi, pour aller en adopter quelques-uns. Je parie que certains descendent des fléreurs. Il y en a un qui semble avoir des yeux remplis d'intelligence ! Je suis sûr qu'il te fera craquer. Mais on n'a pas le droit d'en prendre plus de deux par personne. Alors, je me suis dit qu'on pourrait aussi y aller avec Luna et ma mère, comme ça nous en prenons plusieurs. Harry a déjà eu l'idée de prévoir une pièce supplémentaire, accolée au salon avec une baie vitrée, qui ne serait que pour les chats. Est-ce que… est-ce que tu voudrais venir ? Je ne te demande pas de remplacer ton chat, bien au contraire. On ne peut pas remplacer un être vivant ayant fait partie de la famille, que ce soit un chat ou un être humain. Mais il y a tellement de chats malheureux là-bas, qui ont besoin d'amour et de soins. Nous pouvons leur donner tout cela.
Hermione acquiesça doucement, fixant à nouveau le sous-bois et le verger. Les éclats de rire, au loin, la firent sourire.
- Pourquoi pas… murmura-t-elle. Severus est vraiment d'accord ?
- Oui, il l'est.
- Dans ce cas… d'accord. Vous voulez y aller quand ?
- Maintenant.
- Hein ?
- Main-te-nant, fit Drago en se relevant.
Il lui prit d'office la main afin de l'aider à se relever. Surprise par le geste, elle haussa un sourcil qui le fit rire.
- Allez, viens ! Harry est encore plus impatient que moi.
Hermione leva les yeux au ciel, amusée malgré elle. Les garçons avaient un certain don pour la sortir de ses mauvais souvenirs.
- Et tu es trop belle pour être laissée à l'écart en train de ruminer je ne sais quel souvenir désagréable. Allez, viens, fit Drago avec un peu plus de fermeté.
Il garda sa main dans la sienne, comme pour s'assurer qu'elle le suivrait bien.
°*~**~*°.°*~**~*°
Tout le monde était en balade dans un coin reculé, afin de rejoindre un refuge pour animaux abandonnés. Andromeda avec Teddy dans les bras, Narcissa à ses côtés suivie de Minerva, Severus, Harry, Drago et Hermione.
Drago demanda à Minerva si elle pouvait communiquer avec les autres chats et leur demander comment ils allaient.
- Monsieur Malfoy… Bien sûr que je le peux, mais je ne pense pas que me transformer devant des moldus soit très judicieux et je doute qu'ils me laissent entrer en tant que chat.
Hermione ne put s'empêcher de pouffer, rapidement suivie par Luna.
- Harry, tu aimes les chats ? demanda la blonde.
- Je pense, et toi ?
- Moi aussi. Tu sais… Ca me fait plaisir de te revoir. Tu as l'air beaucoup mieux dans ta peau ainsi, tu es soulagé n'est-ce pas ?
Son regard bleu presque envoûtant fit sourire Harry qui acquiesça. Luna avait toujours su le sonder, su le comprendre. Depuis qu'elle lui avait dit qu'elle aussi voyait les sombrals, ils avaient discuté de plus en plus souvent.
- Je me sens mieux, oui. La guerre est enfin finie et… il soupira, ne sachant pas comment formuler ce qu'il voulait lui dire.
- Tu as un semblant de famille.
- C'est ça, fit-il les yeux brillants.
Ils arrivèrent enfin au refuge et se présentèrent à l'accueil. Andromeda se présenta comme vivant avec Teddy et les autres personnes se présentèrent comme vivant seuls et pouvant prendre soin des chats des autres en cas de départ de vacances par exemple. L'hôtesse acquiesça, en souriant.
- Nous aimerions donc voir les chats, s'il vous plaît, fini par dire Severus. Et nous verrons ainsi si l'un d'eux nous choisira.
- Très bien. Vous préférez les chatons ou les chats ? Il y a eu énormément d'abandons cette année, et nous sommes presque saturés.
- Peu importe, les deux pourraient convenir, répondit Andromeda.
- Pareil, répondirent Drago et Harry d'une même voix.
La jeune femme les conduisit alors dans un enclos extérieur, où quelques cabanons protégeaient les chats du vent. Ils se séparèrent les uns des autres afin de voir chaque chat un à un.
Luna sursauta alors qu'un petit chaton blanc aux yeux verts se frotta contre sa jambe en ronronnant.
- Toi, tu veux de l'amour n'est-ce-pas ? fit-elle en souriant.
- Il est très beau, murmura Harry en s'accoupissant près de son amie.
- Maouw ! fit le chat.
- Et il le sait, rigola Luna.
- Tu le veux ?
- Je… fit-elle en se retournant brièvement. Je veux bien le prendre, mais je te le laisserai d'accord ? Je le récupèrerai dès que j'aurai trouvé un endroit où me loger. Mon père n'est pas trop fan des chats.
- Tu sais… tu peux t'installer à la maison si tu veux. On peut en parler avec Severus.
- Oh Harry… tu as un coeur en or. Mais parles-en d'abord avec le professeur Snape.
- Aucun problème ! fit Harry en souriant. Oh, regarde le chat noir là-bas !
Harry se releva alors que le chaton blanc se lovait dans les bras de son amie.
- Attention, monsieur, intervint un des bénévoles du refuge. Ce chat, deux couples ont déjà voulu le prendre et le bonhomme a feulé. Il n'est absolument pas sociable.
- D'accord… je vais essayer de l'approcher, on verra.
- A vos risques et périls, jeune homme ! fit l'homme, septique.
Harry approcha doucement le dos de sa main vers le museau du chat. Il devait avoir un an, et l'observait avec de grands yeux dorés. Le félin renifla sa main à une distance raisonnable et pencha la tête avant de se rapprocher davantage.
Le brun lui fit gratouilla spontanément le cou et le chat se mit à ronronner.
- Harry ! l'appela alors Hermione.
- Monsieur, je vais prendre ce chat, annonça-t-il au bénévole qui haussait les épaules.
Mais avant que Harry ne puisse rejoindre son amie, il vit le chat noir se rapprocher d'un petit chaton tigré et roux et lui faire sa toilette.
- Je prendrai aussi le petit roux, monsieur.
- Très bien, faites.
Harry rejoigna Hermione qui lui tendit une cage.
- Tout va bien ?
- Oui… je vais dans l'autre enclos, il y a plus de chatons là-bas.
- Ok, moi je prend les deux sur le caisson en bois là-bas. J'ai flashé sur le noir et il semble être proche du chaton, je ne veux pas les séparer.
- D'accord, fit Hermione avant de l'embrasser sur la joue.
La jeune femme fila alors, rejoignant une bénévole qui l'attendait patiemment.
Harry retourna rapidement auprès de ses deux nouveaux chats et approcha bien plus facilement le plus jeune. Luna les rejoignit avec une cage dans laquelle étaient le petit chaton blanc et un autre couleur crème. Ils mirent ensemble les deux chats du brun dans la grande caisse de transport et retournèrent à l'accueil où ils firent les papiers d'adoptions. Harry en profita pour faire un don et ils attendirent les autres.
Le petit groupe se retrouva finalement à l'extérieur du refuge avec quatorze chats et chatons :
Luna avait adopté un petit chaton blanc yeux verts nommé Snow et un couleur crème yeux verts, prénommé Crevette. Harry avait pris ses deux coups de coeurs : le chat noir aux yeux dorés, Helios, certainement un fléreur croisé, qui avait un an environ, puis le petit chaton tigré roux qu'il avait appelé Salazar.
Hermione et Severus avaient respectivement pris un chaton roux foncé, un chaton crème et blanc, un chat noir de deux ans aux yeux verts et un chat de six ans qui était tigré blanc et noir avec les yeux jaunes. Le chat avait un regard atrocement triste, et semblait être au refuge depuis presque un an. La bénévole avait expliqué à Severus que les chats de plus de six mois n'intéressaient que très peu les visiteurs.
Adromeda craqua pour un chaton aux poils bleus (bleu étant à peu près la désignation pour un noir dilué) et un chat tigré gris et blanc - certainement un chat ayant des origines de fléreurs - qui allait sur ses huit ans.
Narcissa était longuement restée devant deux chats qu'elle avait finalement aussi adopté : un chat blanc aux yeux bleu clair et une tortie aux yeux verts. Drago, quant à lui, pris un chaton blanc et noir aux yeux verts.
Et, contre toute attente puisqu'elle ne pensait pas en prendre, Minerva prit sous son aile un petit chaton bleu aux yeux dorés.
- Tout va bien, Harry ?
Harry se retourna vers Severus, un sourire resplendissant collé au visage.
- Nous avons fait une bonne action aujourd'hui ! s'exclama alors Narcissa.
Ils se dirigèrent vers le bois et transplanèrent au Domaine du Trèfle loin des regards indiscrets. Severus dévoila l'annexe, qui avait déjà été préparée par les elfes quelques jours plus tôt sans qu'Hermione ou Harry ne le sachent, et ils installèrent les chats de Luna, Harry, Hermione et Severus au salon, leur donnant d'abord accès à cette pièce et à l'annexe.
La soirée débutait et les elfes proposèrent un grand repas que personne ne put refuser - cependant, Minerva demanda à Severus si son époux et ses enfants pouvaient se joindre à eux, ce que tout le monde accepta, surpris que la nouvelle Directrice de Poudlard ait une famille dont personne n'avait entendu parler jusqu'ici.
°*~**~*°.°*~**~*°
Les mois et les années passèrent. Luna se mit en couple avec Harry, et Drago fit la cour à Hermione. Plus proches que jamais, Drago et Harry étaient devenus de très bons amis. Drago avait réussi haut la main ses examens et était devenu l'un des meilleurs avocats du monde Sorcier. Hermione avait ouvert une bibliothèque dans une rue sorcière de Londres mais avait tout de même rejoint le Ministère à temps partiel, avec Harry, au Département de la Justice Magique.
Ronald n'était presque plus qu'un lointain souvenir, même si Arthur, William, Charlie, Fred et George venaient régulièrement leur rendre visite. Le Manoir en ruine avait été reconstruit et Severus y avait élu domicile, laissant le plus grand manoir à ses deux protégés : Harry et Hermione. Il rencontra une moldue quelques années plus tard, lors d'une promenade avec Harry, avec qui il garda contact. Celle-ci venait régulièrement lui rendre visite et Severus avait fini par lui avouer ses origines sorcières. La femme, Amanda, avait alors eu beaucoup de question et lui avait assuré que cela ne changerait rien aux sentiments qu'elle éprouvait pour lui.
Non loin du presque couple, Harry et Hermione espéraient sincèrement que leur père de coeur referait sa vie et serait pleinement heureux.
Hermione donna trois fils et une petite princesse à Drago : Helios, l'aîné, Regulus en hommage au frère de Sirius, Leo et Helena Malfoy. Quant à Luna, elle avait enfanté trois enfants : Ethan, Rosemay Lily et Mika Prince.
Tous vécurent heureux, fondant leurs familles sur de meilleures bases, prônant la joie et la bonne humeur.
°*~**~*°.°*~**~*°
FIN
°*~**~*°.°*~**~*°
