Chapitre 17
Quand la vie prend un virage
.
…
Vacarme métallique qui le fit sursauter, la porte de la cellule de Baekhyun s'ouvrit encore une fois, le réveillant tellement brusquement, qu'il se crispa de peur et s'en fit mal à la main à en hurler.
« -Sortez ! Ordonna le policier qui tenait le battant grand ouvert.
Grimaçant, tenant sa main contre lui, Baekhyun se dit qu'il allait avoir du mal à s'habituer à ce bruit de porte tout droit venu des enfers, mais se leva et obéit.
Aucune résistance, ne pas empirer les choses, c'était sa résolution.
Toutefois, il se demandait où ce flic pouvait bien l'emmener.
...
Puis au bout de quelques mètres dans des couloirs gris et vides, ils arrivèrent dans une pièce tout aussi grise et vide.
L'homme, qui tenait son bras, le fit alors asseoir sur une chaise, avant de balancer, devant ses pieds, un carton contenant ses affaires et il releva les yeux sur lui.
« -Récupérez tout ça et chaussez-vous ! Aboya-t-il.
Obéissant encore, Baekhyun se dit que le docteur Kim Heechul avait dû lui obtenir un examen pour sa main. Mais pourquoi lui rendait-on ses clés et son téléphone portable dans ces cas-là ?
Une fois ses baskets enfilées, il ne put évidement pas faire ses lacets d'une seule main et se contenta donc de les glisser à l'intérieur de ses chaussures avant de récupérer le reste de ses objets personnels dans la boite.
Remontant son téléphone qui s'était ouvert quand le gars avait jeté le carton sur le sol, Baekhyun constata qu'il ne s'allumait plus. Batterie vide ou choc trop violent, il ne savait pas, mais il réalisa que c'était le moment d'en profiter :
« -Est-ce qu'il serait possible que je passe un coup de fil je...
« -Non ! Dépêchez-vous ! Le coupa-t-il en l'attrapant à nouveau par le bras pour lui faire passer une autre porte, donnant sur l'accueil, coté commissariat.
« -Je veux appeler un avocat ! Vous n'avez pas le droit...
« -Signez ça ! Poursuivit l'homme en le plaçant devant un bureau, ignorant totalement sa demande.
« -Non ! C'est quoi ?
« -Le papier qui atteste que vous avez bien récupéré tous vos effets personnels.
« -Quoi ? Mais il se passe quoi ? Je suis transféré ?
« -Signez ! Je n'ai pas que ça à faire !
Déglutissant, Baekhyun serra les dents. Heureux d'avoir prit les calmants salvateurs il y a peu et donc de pouvoir rester plus ou moins stable émotionnellement. Puis il signa la feuille et on le guida vers le comptoir.
De l'autre côté, dans la zone publique, un homme très grand, d'une cinquantaine d'années et en costume gris, le toisait et Baekhyun déglutit à nouveau.
L'homme, qui ne dit rien, ne semblait toutefois pas avoir le moindre grief vis-à-vis de lui, mais le regard noir et mauvais qu'il lança au flic en lui tendant un formulaire, qu'il avait à la main, ne laissait aucune équivoque en ce qui le concernait.
Sans discuter, le policier signa et tamponna alors le document, que l'homme reprit et plia soigneusement, avant de le glisser dans la poche intérieure de sa veste.
Silencieux, Baekhyun, lui, se contentait d'observer. Il se passait quelque chose et il saurait bientôt quoi, c'était évident.
Le policier lui attrapa ensuite le bras et à son plus grand étonnement, souleva la partir mobile du comptoir et le poussa de l'autre côté sans cérémonie, avant de s'en retourner à ses si précieuses « autres choses à faire ».
L'homme en costume entama alors le pas pour sortir du commissariat et Baekhyun, perdu, regarda autour de lui.
« Quoi ? Pas de menottes ? Rien ? Que se passe-t-il ? Je fais quoi ? »
« -Allons-y ! Dit l'homme en sortant à l'extérieur.
Le suivant, Baekhyun pressa le pas pour le rattraper.
« -Il se passe quoi ? Vous m'emmenez où ?
« -À l'hôpital.
Et voilà ! Tout s'éclairait tout à coup.
Mais il n'était pourtant pas sûr de comprendre pourquoi on lui avait rendu ses affaires personnelles. Serait-il transféré dans une autre prison après l'examen. Ou alors allait-il directement à l'hôpital pénitentiaire ? Et puis quel rôle jouait cet homme là-dedans ? Était-ce son avocat commis d'office ?
Toutefois, chose positive, il n'était plus dans ce commissariat et il s'en sortirait peut-être mieux, si les flics autour de lui n'étaient plus les mêmes.
Puis, c'est une fois arrivé près d'une grosse berline noire, que l'homme en costume stoppa et se tourna vers lui.
« -Je suis Kim Kang Dae. Se présenta-t-il, tandis que Baekhyun s'approchait de lui en s'inclinant poliment. Jongin est mon fils.
Toujours penché en avant, Baekhyun ouvrit des yeux comme des soucoupes, avant de se redresser, face au père de son petit ami.
« -Je suis honoré de faire votre connaissance Monsieur. Dit-il en s'inclinant à nouveau davantage.
« -Je le suis aussi. Dit Monsieur Kim d'un ton paraissant sincère.
Mais l'homme le regardait d'un air étrange et Baekhyun en fut quelque peu mal à l'aise tout à coup.
Que savait-il ? Comment était-il arrivé là ? Et... Pourquoi venait-il de le sortir de prison ?
...
Puis au bout d'un long silence où aucun d'eux n'osa dire le moindre mot à l'autre, Monsieur Kim finit par bouger.
« -Allons à l'hôpital !
Acquiesçant, Baekhyun le suivit et ils montèrent dans la voiture.
Mais l'homme mit le contact et coupa à nouveau le moteur du véhicule dans la foulée.
« -Je sais qui vous êtes. Lâcha-t-il alors.
Baekhyun fronça le front et Monsieur Kim qui regardait fixement droit devant, se tourna vers lui.
« -Ce que je veux dire, c'est que je sais... ce que vous êtes... pour mon fils. Ajouta-t-il d'un ton plus bas.
Surpris, Baekhyun détourna toutefois le regard et baissa la tête.
« -Vous allez me demander d'arrêter de le voir ? Murmura-t-il, la gorge serrée.
« -Non.
Se redressant, à nouveau surpris, Baekhyun le regarda en penchant légèrement la tête de côté.
« -C'est la vie de mon fils. Cela ne me concerne pas. Et si son bonheur c'est... vous... quel père je ferais si je l'en privais ? On a tous bien assez souffert comme ça et Jongin mérite d'avoir un peu de bon dans sa vie.
Touché Baekhyun sourit.
« -Il est toujours parmi nous, c'est tout ce qui compte.
« -Merci.
« -Ne me remerciez pas... il va quand même me falloir un peu de temps pour que je m'y fasse, mais je l'accepte. Comme je vous l'ai dit, ce que mon fils fait de sa vie, ne concerne que lui. Et puis... j'ai pu constater que mon épouse vous connaissait aussi déjà. Elle semble vous apprécier beaucoup. Pourtant je sais quelle hâte elle avait d'être grand-mère, mais elle y a renoncé sans hésiter, elle vous a adopté, vous a accepté comme un second fils... et je ne peux aussi que m'incliner.
« -Je ferai en sorte d'en être digne et de toujours l'être.
« -Vous l'êtes déjà... Vous avez sauvé Jongin. Mais il faut que je vous dise... ce que vous avez fait...
Baekhyun baissa la tête, puis...
« -Merci.
Étonné, à nouveau, de ces mots qu'il ne s'attendait, encore pas, à entendre sortir de la bouche de l'homme de loi à ses côtés, Baekhyun le regarda, incrédule.
« -Park a eut ce qu'il méritait... Dit-il en remettant le contact pour sortir de sa place de parking. Même si ma profession devrait m'empêcher de dire une chose pareille.
Baekhyun secoua la tête, car il comprenait bien ce qu'il ressentait, il avait été aux premières loges.
...
Ils s'engagèrent ensuite dans la circulation en direction de l'hôpital et Baekhyun attacha sa ceinture de sécurité.
« -Co...Comment va Jongin ?
« -Il va plutôt bien... mis à part un traumatisme crânien léger, il ne présente pas de blessure interne et ses cotes sont intactes. Ses douleurs ne venaient que de ses grosses contusions et de ses muscles froissés. La danse l'a doté d'une constitution solide et c'est ce qui a permis ce miracle, d'après le médecin. Quelqu'un d'autre aurait eut beaucoup plus de dommages après un tel passage à tabac.
Baekhyun sourit, soulagé. Ce que c'était bon à entendre.
« -Et pour en venir à votre cas... Park n'a pas porté plainte contre vous et donc... s'il ne change pas d'avis, vous ne serez plus inquiété.
« -OK.
« -De l'autre côté, le rapport de police contre vous, a été invalidé par le juge instruisant l'affaire, qui est un ami de longue date et si vous voulez porter plainte contre ces policiers qui vous ont clairement privé de vos droits, une procédure peut-être engagée dans l'heure, il attend juste mon appel.
« -Non. Je ne veux pas.
« -Vous êtes sûr ?
« -Oui, tout ce qui compte pour moi c'est que Jongin soit toujours en vie et qu'il aille bien.
« -Oui, parce que ce n'est pas le cas de toutes les victimes de Park.
Baekhyun baissa la tête.
« -C'est bien Hiroki qui était enterré dans la cave ?
« -Oui. Hiroki Uchi a été formellement identifié. J'ai compris que c'était un de vos amis, je suis désolé.
Les yeux clos, la tête toujours baissée, Baekhyun souffla doucement pour rester calme.
« -Par contre, les enquêteurs cherchent toujours l'identité de la seconde victime. Vous avez une idée de qui cela pourrait être ?
« -La seconde victime ? C'est-à-dire ?
« -D'autres restes humains ont été découverts dans la cave de Park.
« -Ah bon ?
« -Je croyais que vous le saviez.
« -Non, pas du tout.
« -Hé bien, malgré le fait qu'ils soient non identifiables, car le sol de la cave, très acide, à beaucoup détérioré les restes, on sait tout de même, d'après les premières constatations du légiste qu'il s'agit d'une jeune femme, entre vingt-cinq et trente ans... mais on ne sait rien d'autre... à part qu'elle a eut le crâne fracassé à plusieurs reprises à l'aide d'un marteau, qui a été retrouvé sur les lieux et que ses os brisés sont certainement dus à une chute dans les escaliers... ce sont exactement les mêmes blessures que pour Uchi.
...
« -Je ne sais pas qui ça peut être. Dit Baekhyun en réfléchissant, puis… Mon Dieu, c'est horrible de penser qu'un assassin ait pu être mon ami.
« -Oui j'imagine que ça doit être perturbant. Mais Park a des antécédents psychiatriques graves vous savez ! Il n'est donc pas étonnant qu'il en soit venu à tuer.
« -Vraiment ? Il est schizo, un truc comme ça ?
« -Entre autre oui.
« -Merde... de mieux en mieux... Comment peut-on se tromper autant sur quelqu'un ?
« -Ne vous reprochez rien. Le psy affilié au tribunal dit que le charme fait partie du processus. En principe, les malades comme Park sont beaucoup aimés... en fait, ils savent très bien manipuler leur monde pour qu'on les aime et ce, dès les premières minutes.
« -C'est... j'ai pas les mots...
« -Vous avez là un pervers narcissique de très haut niveau, mais pas que, car Park a développé toute une flopée de pathologies, dont la schizophrénie, qui font de lui un fou dangereux, au final.
« -On a rien vu venir, rien.
« -Vraiment pas de jeune femme ayant mystérieusement disparu de la circulation, dans votre entourage, l'année passée ?
« -Aucune... Mais je peux demander à mon groupe d'amis.
« -Non surtout pas. ! L'enquête va se poursuivre, ils seront certainement interrogés. Dit-il alors qu'ils pénétraient enfin dans le parking de l'hôpital. Et vous aussi ! Alors surtout, rappelez-vous, que nous ne sommes pas censés savoir ces choses et surtout pas censés avoir eut cette conversation non plus. Tout ceci doit rester entre nous, tant que l'affaire n'est pas révélée au grand jour. Ne créons pas un vice de procédure qui pourrait rendre sa liberté à Park.
« -D'accord. Je comprends. Vous avez raison, il ne faut pas qu'il s'en sorte !
« -On est d'accord.
...
Puis, après un moment à tourner dans les allées du parking bondé, Monsieur Kim pu enfin garer sa voiture et ils en descendirent.
Sans un mot, ils se dirigèrent ensuite vers le bâtiment et son tourniquet de verre, dans lequel ils se faufilèrent dès qu'ils en eurent la possibilité.
Et ils pénétraient dans le hall, quand un toc toc, contre la vitre du tourniquet qu'ils quittaient, les fit se retourner.
Baekhyun reconnu alors le docteur Heechul, qui lui faisait signe depuis le sas voisin de celui qu'ils venaient de quitter et il se stoppa.
« -Vous connaissez cet homme ? Demanda Monsieur Kim.
« -Oui c'est le médecin qui a été désigné d'office pour moi au commissariat. Il essayait de m'aider, il s'est occupé de ça. Dit-il en lui montrant ses mains.
Monsieur Kim fronça le front en découvrant leur état et n'eut le temps de rien dire, que déjà, le docteur Heechul arrivait à eux.
« -Monsieur Byun, vous avez pu appeler un avocat, je suis content.
« -Non… Non, Monsieur n'est pas mon avocat, c'est…
« -Kim Kang Dae. Dit-il en lui serrant la main.
« -Le juge ?
« -Oui.
« -Oh ! Je suis honoré Monsieur. Dit-il en s'inclinant respectueusement. Je suis le docteur Heechul.
« -Monsieur Byun m'a dit que vous aviez essayé de l'aider.
« -Oui. Ses droits étaient clairement bafoués et… et il avait besoin de soins et je … d'ailleurs, puisque vous êtes là, il faut qu'on monte au service de chirurgie de la main.
« -Vous n'avez pas pu m'obtenir d'examen ?
« -Si si, mais demain ! Comme je ne pouvais pas être sûr de pouvoir vous faire venir aujourd'hui, on a fixé ça pour demain, mais la proposition première du chirurgien que j'ai pu voir, c'était de faire ça au plus vite, dès aujourd'hui ! Allons-y tout de suite !
« -Non.
« -Comment ?
« -Non je, je veux voir m…
« -Votre compagnon ?
« -Oui. C'est vraiment important.
« -Il va bien vous savez. Et je lui ai dit que vous aussi, comme vous me l'avez demandé.
« -Je vous remercie, mais, je veux quand même aller le voir. Il n'y a qu'ainsi que je serai apaisé, je le sais. Mais vous, allez voir le chirurgien. Dites-lui que je suis là, que je suis prêt, vous savez ou me trouver.
« -D'accord. Je remonte le voir et je vous tiens au courant.
« -Je vous remercie beaucoup docteur.
L'homme fit non de la tête, gêné et sourit.
« -Dépêchez-vous d'aller voir votre ami. À tout de suite ! Dit-il en s'éloignant déjà, tandis que Baekhyun acquiesçait.
Puis retournant son attention sur Monsieur Kim, ils se sourirent légèrement.
« -Suivez-moi. Dit l'homme en prenant la direction des ascenseurs. Allons voir Jongin.
« -Je vous suis.
...
« -Vous avez vraiment cogné fort à ce que je vois. Dit Monsieur Kim, quand les portes de la cabine se refermèrent sur eux. Ces blessures sont très significatives. C'est douloureux ?
« -Oui, très et certains de mes doigts ne se tendent plus.
« -J'espère que vous ne resterez pas trop handicapé.
« -Le docteur m'a dit que je ne pourrai certainement plus jouer de piano, mais je n'ai pas de regret.
« -Vous êtes pianiste ?
« -A nouveau depuis peu oui. En fait l'ironie, c'est qu'après une longue pause, j'avais décidé de m'y remettre…
« -Le destin est cruel parfois.
« -Je me dis que peut-être je ne pouvais pas avoir les deux…
« -C'est-à-dire ?
« -Le piano et le danseur…
« -… Ma fille jouait du piano elle aussi. Dit tout à coup Monsieur Kim, quand les portes de l'ascenseur s'ouvrirent. Peut-être que moi non plus, je ne pouvais pas avoir les deux.
« -…
Baekhyun ne répondit pas et suivit Monsieur Kim, qui prit le couloir de droite, sans ajouter quoi que ce soit lui non plus.
L'homme venait de lui parler de sa défunte fille et Baekhyun s'en sentait quelques peu honoré et touché. Depuis combien de temps cela n'avait pas dû arriver ? Peut-être que toute cette mésaventure allait régler beaucoup de choses et même les plus inattendues.
...
Puis l'homme s'arrêta devant la porte quatre-cent huit et lui sourit en le priant, d'un signe, de pénétrer dans la chambre le premier et Baekhyun lui sourit en retour, nerveusement.
Il espérait fortement que la vue de Kai, referme instantanément la cage, toujours obstinément ouverte, emprisonnant la bête tapie dans le fond et qu'ils poursuivent leur vie tous les deux comme avant.
Toutefois, quand il allait frapper à la porte, il regarda ses mains beaucoup trop douloureuses, avant de se tourner vers Monsieur Kim, qui réalisa tout à coup son handicape pour ce simple geste et frappa lui-même quelques coups contre l'épaisse porte de la chambre.
Un « oui » étouffé leur parvint alors depuis l'intérieur et Baekhyun dissimula quelque peu sa main droite contre sa cuisse, avant d'enfin entrer, le cœur battant.
…
Mais la chose à laquelle Baekhyun n'avait pas pensé, c'est ce que la vue de l'état du visage de Kai provoquerait en lui et c'est immobile qu'il serra les dents en sentant une vague de rage le traverser.
« -Baek ! S'exclama Kai. Tout aussi figé que lui, parce qu'il était là, mais aussi parce que son père se tenait derrière lui.
Puis Baekhyun se précipita tout à coup vers lui, enroulant ses bras autour de son cou et Kai ne lui rendit pas son étreinte.
Pas qu'il n'en avait pas envie. Oh non, serrer Baekhyun dans ses bras et l'embrasser, c'était son désir le plus cher. Mais la présence de son père était un détail qu'il ne pouvait tout de même pas occulter.
Toutefois, croisant son regard, il le trouva différent et l'homme lui sourit.
« -Papa je… Commença-t-il gêné de la situation.
Baekhyun redressa alors la tête, se tournant vers l'homme, lui aussi et sourit à son tour.
« -Merci Monsieur Kim.
Kai les regarda tour à tout et Monsieur Kim acquiesça.
« -Je vais vous laisser tous les deux. Ta mère et Lucie sont rentrées ?
« -Maman ? Oui mais…
« -On reparlera plus tard mon fils. J'y vais, j'ai du travail. Poursuivit-il. Bonne chance pour tout à l'heure Baekhyun.
« -Merci.
« -À plus tard Jongin.
« -À plus tard.
Puis l'homme sortit tranquillement et Baekhyun se tourna vers Kai qui le regardait en fronçant le front.
« -Je ne comprends rien… tu… Que fais-tu là ? Comment ? Et mon père, c'est… Pourquoi bonne chance ? qu'est ce qui se passe ?
Baekhyun émit un petit rire et posa sa main gauche sur sa joue, avant de déposer un baiser sur ses lèvres abîmées, puis un second… et quand les bras de Kai s'enroulèrent autour de lui, c'est le corps rempli de frisson, qu'il l'invita délicatement à un baiser plus profond, que Kai lui rendit avec soulagement et un plaisir certain.
Puis ils s'interrompirent et Baekhyun sourit.
« -Ton père m'a fait libérer. Je suis libre.
« -C'est vrai ? C'est finit ?
« -Oui, pour moi c'est terminé. Comme… Commença-t-il en fermant les yeux, serrant les dents pour se canaliser. Comme… il n'y a pas eut de plainte contre moi, les flics n'avaient aucune raison de me garder enfermé. Sans parler qu'ils n'ont respecté aucun de mes droits, mis à part celui de voir un médecin. Mais c'était surtout pour se couvrir eux.
« -Se couvrir eux ? Pourquoi ?
« -À cause de ça. Dit-il en lui montrant finalement ses mains. Pour ne pas en être tenus responsables.
« -Merde tes doigts…
« -C'est de ça que ton père parlait en me disant bonne chance. Je dois faire réparer ça au plus vite. Je dois passer sur le billard dans pas longtemps, normalement. Mais parlons plutôt de toi. Tu vas bien ? J'étais très inquiet. Dit-il en caressant son visage ravagé. Je n'avais pas moyen d'avoir de tes nouvelles et je…
« -Beaucoup de bleus, mais tout ça va s'effacer vite… je vais plutôt bien je dirais. Et c'est à toi que je le dois. Je ne serai jamais ressortit de cette cave si tu n'étais pas venu. Tu m'as sauvé la vie Baekhyun.
« -Ça n'aurait jamais dû arriver. Ne me remercie pas. C'est de ma faute. Si j'avais su voir…
« -Non ! Ne te reproche rien. C'était ton ami. Tu ne pouvais pas te douter qu'il était barge.
« -C'est aussi ce que dit ton père, que ce n'était pas décelable, mais quand bien même…
« -Arrête ! C'est terminé maintenant. Accepte juste ma gratitude, car elle est sincère.
« -Alors accepte la mienne…
« -Pour quelle raison ?
« -Pour avoir convaincu ton père de me sortir de prison.
« -Ah mais ce n'est pas moi. Avec Chen on a tout essayé, il a tenté de te contacter au commissariat, on a cherché qui pouvait être ton avocat… mais c'est ma mère qui n'est pas passé par quatre chemins et a parlé à mon père.
« -C'est vrai ?
« -Oui. Elle était furieuse de te savoir en prison, alors que tu m'avais sauvé et on ne peut pas arrêter une mère en colère.
Baekhyun sourit, touché. Après son père, Kai était la deuxième personne, aujourd'hui, à lui offrir une nouvelle mère, en la personne de madame Kim et c'était doux dans son cœur.
« -Je ne sais pas comment elle a fait pour le convaincre de se mouiller là-dedans, sans qu'il pose trop de questions mais…
« -Il sait.
« -Quoi ?
« -Ton père sait pour nous, elle lui a tout dit.
« -Il sait ?
« -Oui. Dit Baekhyun dans un sourire. Et nous avons … sa bénédiction, en quelque sorte.
« -…
Kai en resta muet.
« -Il m'a dit qu'il lui faudrait quand même un peu de temps pour s'y faire, mais qu'il l'acceptait, car c'est ta vie et qu'il n'avait pas son mot à dire quant à tes choix.
« -Wow.
« -Je t'avoue que j'ai eut peur, quand il m'a dit de but en blanc qu'il savait ce que je représentais pour son fils.
« -J'imagine.
« -en fait, je ne sais pas non plus ce que ta mère a pu lui dire, mais je crois que ton père a prit un virage à cent quatre-vingts degrés et qu'il est en train de revoir sa façon de penser.
« -Tu crois ?
« -Il m'a parlé de ta sœur.
« -De TaeYeon ?
« -Oui.
« -C'est incroyable…
« -Et c'est une bonne chose… tout est en train de changer…
Ému, Kai posa son front contre le sien et Baekhyun sourit. Il était heureux pour lui et pour les changements positifs de sa vie à venir. Heureux que Kai ait à nouveau une famille unie.
Puis ils s'embrassèrent avec toujours autant de douceur et quelques coups donnés à la porte les interrompirent, tandis que le docteur Heechul entrait directement.
« -Excusez-moi, c'est encore moi. Monsieur Byun, c'est le moment d'y aller. Le chirurgien vous attend. Il veut vous examiner et vous passerez au bloc dans la foulée.
« -OK.
« -Quoi ? Maintenant ? Paniqua Kai.
« -Oui, c'est ce que je te disais tout à l'heure.
« -C'est de la chirurgie ambulatoire. C'est l'histoire de quelques heures et je vous le ramène. Assura le docteur.
« -Oui, ne t'inquiète pas. On se revoit vite. Dit Baekhyun en caressant sa joue bleutée, avant de déposer un baiser sur sa bouche.
« -OK.
« -A tout à l'heure...
« -A tout à l'heure. Dit Jongin en l'embrassant à son tour. Tu me manques déjà.
Baekhyun, le cœur serré de le quitter si vite après l'avoir enfin retrouvé, se laissa alors entraîner pas le docteur qui l'incitait à partir de sa main dans son dos.
Puis, le temps d'un petit signe du bout des doigts et Baekhyun était partit, laissant un Kai désemparé.
Il aurait tant aimé l'accompagner pour le soutenir jusqu'au bout. Pensa-t-il en regardant le cathéter sur le dos de sa main, qui l'empêchait de déambuler à sa guise.
.../…
Le prochain chapitre sera le dernier !
J'espère que vous avez apprécié celui ci :-)
