Etrangement le Dr Johann Krauss s'occupait de leur départ.
Les mauvaises langues diront surtout qu'il avait hâte de les voir partir. D'autres diront encore qu'il n'avait pas apprécier le coussin péteur placé sur sa chaise lors de la dernière réunion de briefing… encore moins apprécier le fou rire des fautifs quand Red et Yellow manquèrent de rouler sous la table en se tenant les côtes.
Toujours les mauvaises langues diront qu'il n'avait pas envie que la petite équipe parte en retard et que Maria Sucric ne vienne les chercher sur son solex infernal.
Le fait est que dans le garage il avait fait préparer un 4x4 afin que Red, Blue et Yellow puissent aller à la ferme.
- « Agent Sucric ! Tout est prêt, j'ai fait vérifier le plein. » Dit le Dr Krauss en voyant arriver Zoé.
- « C'est gentil. Mais sinon mamie serait venu nous chercher. » S'amusa la pyrokinésiste.
- « NON SURTOUT PAS ! » L'homme au scaphandre essaya de reprendre son calme. « Je voulais dire… c'est tout naturel. »
Hellboy et Abraham arrivèrent bien charger de leurs affaires, le démon essayant de cacher quelque peu la caisse de transport du chat.
- « Hé Zoé ! »
Il s'approcha pour l'embrasser, passant discrètement la caisse à Abe qui se dépêcha de la porter dans le 4x4.
- « ça va ? » Demanda t-il à sa chérie en laissant sa main de chair sur sa joue. Autant par geste affectif que pour s'assurer qu'elle ne tourne pas la tête vers la voiture.
- « Impec. »
- « J'espère que vous passerez de bonnes vacances. Moi je vous dit au revoir. J'ai du travail. » Dit Johann Krauss en s'en allant.
Le couple le regarda partir.
- « Lui aussi il aurait besoin de vacances. » Dit Yellow.
- « Mouais… pas sûr que ce soit son truc les vacances, le tourisme, les chaussettes dans les sandales. »
Zoé éclata de rire.
- « Et si on charger le reste des affaires ? » Les coupa Blue dans leur moquerie.
Hellboy ramassa au sol un lourd sac appartenant à Abe.
- « T'as mit des briques là dedans ? »
- « Ce sont mes livres. »
- « Tu pourrais tout mettre sur tablette. » Râla le démon en mettant le sac dans le coffre. »
- « Ce n'est pas pareil. » Répondit l'amphibien.
- « Un homme sage a dit. Les livres c'est comme les boobs, c'est mieux de les voir en vrai dans les mains qu'en numérique. » Dit la jeune fille.
- « Je ne sais pas si Stan Lee était un homme sage mais je suis assez d'accord avec lui. » Avoua Abraham.
- « Ouais bah ramène tes boobs et tes valises Zoé ! » Râla Hellboy après qu'une des valises n'est glisser et manquer de lui tomber sur le sabot.
La pyrokinésiste s'installa au volant et bientôt, la voiture bien charger, ils prirent la route, se disputant pour le contrôle de l'auto-radio.
Le démon coté passager avait ouvert la vitre et laisser son bras sur le bord de la portière, fumant un cigare, s'amusant des gens qui le prenaient plus ou moins discrètement en photo à chaque feux rouges.
Blue à l'arrière, la caisse du chat caché près de lui, piochait dans un autre sac de livres.
Le trajet se passa sans trop d'encombre, la ville faisant bientôt place à la campagne et à un air moins pollué.
Tous entasser dans le 4x4, Abe toujours à l'arrière essayait de finir de lire son livre, chahuter par les valises mal attachés à coté de lui. Dieu qu'il détestait les routes de campagnes !
Red quand à lui observait le paysage.
Revenir à la campagne lui faisait moins mal qu'il ne l'aurait crut. Comme si ses souvenirs douloureux de la perte de Liz cicatrisaient très lentement.
Zoé était tout sourire, saluant plusieurs personnes sur la route, roulant en dépassant toute les limitations de vitesses, connaissant ces petites routes par coeur. Elle chantonnait avec la musique de l'auto-radio.
« Vive Les Vacances
Vive l'insouciance
Les jours d'affluence
Sur les routes de France
Les embouteillages
Dans les ptits villages »
Non loin de la ferme on entendit un grand « BRAOUM » qui fit relever à Abraham la tête de son bouquin.
- « Tiens ? On va avoir de l'orage. » Il regarda par la vitre ouverte. « Pourtant je ne vois pas de nuages. »
- « C'est une détonation d'explosifs ça Blue. » Répondit le démon un peu nerveux qu'un nouveau danger les attendent.
- « ça doit être mamie qui fait péter les taupes ça. » Dit nonchalamment Yellow.
- « Pardon ? » Reprit le démon.
Une seconde détonation, de loin ils virent des carottes sauter a environs dix mètres du sol sans que ça n'inquiète la jeune pyrokinésiste. Abe se montra suspicieux tandis que Red se demandait où il était encore tomber.
La voiture entra dans la cour de la ferme pour y trouver une partie du potager exploser ainsi que la porte des toilettes extérieur. Des câbles d'explosifs qui traînaient au sol, et Maria Sucric à genoux devant un détonateur, installer derrière sa table de jardin, un casque de la seconde guerre mondiale sur la tête.
Elle chantait joyeusement en faisant aller une autre charge d'explosif.
- « Mais dans ce coin de terre
Un petit pont bizarre
Enjambe un nénuphar
Au mi-lieu des fougèèères »
Zoé donna un coup de klaxonne, la vieille femme se releva en retirant son casque, agitant les bras en l'air en signe de bienvenue.
- « Les enfants ! Vous êtes là ! Bah vous en avez mit un temps ! j'vous ai pas entendu venir avec tout ça ! »
La jeune fille stoppa le 4x4 et en descendit rapidement pour courir enlacer sa grand-mère qui lui rendit son étreinte.
Red et Blue descendirent à leur tour du véhicule.
- « Vous ne nous avez pas entendu… avec les explosions ? » Demanda prudemment l'homme poisson.
- « Une taupe c'est ça ? » Ironisa le démon en sortant un cigare d'une de ses poche.
Maria approuva et lâcha sa petite fille pour tirer sur les câbles afin de les rouler pour les ranger.
- « Bin ouais. J'savais bien qu'ça m'resservirai leurs explosifs aux boches. Ça faisait bien péter des ponts en quarante ça peut bien casser la gueule à une taupe. »
Elle roula rapidement les câbles, faisant penser qu'elle avait l'habitude de ce genre « d'exercice » laissant plus ou moins incrédules les deux créatures devant elle.
- « J'ai bousiller quatorze rangs d'carottes, mais au moins y aura pu d'taupes. » Elle regarda ses invités. « Et bin rester pas planté là ! Bon d'là ! Venez rentrer vos affaires ! Ah et l'pichon t'aura la paix dans l'étang j'ai pu d'canards. J'ai zigouiller l'dernier. Encore un qui aurait pas dut aller fourrer son bec dans mes dahlia ! »
- « M… merci... » Bredouilla Abraham ne sachant trop que dire.
Hellboy mâchouilla son cigare hésitant à l'allumer vu la caisse de vieilles grenades qu'il voyait sous une des fenêtre non loin de lui. Regardant l'étang et l'état des dit dahlia qui avaient effectivement morfler… il sentait qu'il n'allait pas s'ennuyer pendant ces vacances.
L'âne derrière eux les surprit avec un grand « HI HAN ! » qui provoqua la colère de la vieille femme.
- « AH TA GUEULE MACRON ! »
Le démon éclata de rire tandis qu'Abe ne savait toujours pas quoi penser de la manie de Maria de nommer ses animaux de la ferme avec des noms d'hommes et femmes politique.
La ferme était vieillotte, La maison faisait un angle, comptant quelques fenêtres, un toit de vieilles tuiles rouges. La porte d'entrée était ouverte et laissait voir un vieux rideau de perles en plastique multicolore bien usé mais rappelant les couleurs du cirque.
Contre le mur était quelques clapiers à lapins et un vieux tonneau avec de la paille qui servait de niche à la chienne, une planche de bois indiquait son nom « Ratatouille », quelques plants de dalihas ci et là.
Du même mur, coller à la maison était une porte coulissante donnant sur ce ce qui semblait être la chèvrerie, il y avait visiblement un étage au quel on accédait depuis une échelle, un écriteau indiquait « chambre froide ».
Dans la cour il y avait une table de jardin et plusieurs chaises non loin de la porte d'entrée. Le reste de la cour était plutôt vaste, il y avait un petit tas de fumier et le fameux petit plant d'eau où il y avait encore une pancarte « baignade interdite » qui avait été repeinte et sur la quelle on pouvait lire « Abraham Palace ».
Le tout était refermer par un petit muret plus ou moins en ruine qui comme le reste de la ferme avait dut connaître les deux guerres.
Le muret allait jusqu'à un potager près du quel était une grande grange assez classique derrière la quelle était un vieux pigeonnier qui était à l'abandon. Tout était fait des mêmes pierres grisâtres que la maison.
Des toilettes extérieurs, un cabanon de bois était adosser au mur de pierre, les planches d'un bleu délavés ne laissaient aucun doute que Zoé avait dut tenter de le repeindre en mode Tardis.
La grange comptait un box qui donnait sur l'extérieur et qui abritait le fameux âne, Macron. Juste à coté de lui il y avait une petite porcherie et quelques barrières où deux cochons dont un de belle taille se roulaient dans la boue.
Red se demanda si eux aussi avaient des noms en lien avec la politique.
