Ryuga : Il va encore crêcher chez moi longtemps ??

Gingka : techniquement, c'est pas chez toi, c'est une fic !

Ryuga : Je crois que te voir te balader chez moi, même dans une maison imaginaire, ça me sort par les yeux.

Katatsu-chan : Tu supportes pas grand chose de toute façon.

Gingka : à part Kenta peut-être…

Ryuga : C'est quoi ces sous-entendus !? Y a strictement rien entre Kenta et moi, c'est juste un ami !

Katatsu-chan : Ooooooh mais il vient d'admettre quelque chose là !!

Gingka : C'est trop mignon

Ryuga : -_-'

Chapitre 6 : Sombre passé

Dans la noirceur de la nuit, une silhouette sombre se détachait. L'obscurité n'avait pas l'air de la déranger, ses mouvements étant aussi fluides qu'en plein jour. Elle marchait silencieusement, le long d'un couloir interminable. Pourtant, tout semblait jouer contre l'ombre. Tel une illusion sortie d'un rêve, le décor tanguait autour de lui, tandis qu'il continuait d'avancer. Son pas était hésitant ; il savait qu'il n'aurait pas dû être ici à ce moment précis. Il voulait fuir. Loin. Sortir de cet enfer.

Mais il ne pouvait pas. Il n'en avait pas la possibilité. Il ne devait pas hésiter, pas maintenant.

Puis d'un coup, la fin du couloir de présenta devant lui, le laissant en face d'une porte, fermée. À présent, il ne restait plus que celle-ci, lui barrant le passage. Le couloir avait disparu, le laissant seul dans une étendue sombre et sans fin. Il se saisit de la poignée, et toujours sans bruit, la tourna. La porte s'ouvrit, il la franchit, puis cette dernière disparut à son tour.

En face de lui, un simple lit, dans lequel reposait paisiblement sa cible, qui allait bientôt dormir pour l'éternité. Il sortit alors un revolver de sa poche, ainsi qu'un chargeur, qu'il enclencha dans l'arme. Le cliquetis provoqué réveilla la personne qui dormait. Cette dernière, les yeux encore embués de sommeil, ne comprit pas tout de suite la situation.

Ce fut quand il enleva le cran de sûreté de l'arme, que la cible prit toute l'ampleur de sa situation. La terreur se lisait dans ses yeux, suppliant du regard son tueur de la laisser en vie. Mais l'ombre la défiait du regard, impassible, et colla le revolver sur son front.

"Tue-la !"

Sans détourner le regard, l'assassin appuya lentement sur la gâchette...

Et le coup parti.

Ryuga se réveilla en sursaut et se redressa brusquement dans son futon, rejetant les couvertures. Paniqué, le blanc jeta un rapide coup d'œil autour de lui et reconnu alors les murs de sa propre chambre. Un cauchemar, c'était juste un cauchemar. Qui avait semblé bien trop réel à son goût. Ses vêtements étaient trempés de sueur, et lui collaient à la peau ; d'autres gouttes perlaient sur son front, il les essuya d'un revers de main, en poussant un soupir agacé, maudissant ces cauchemars occasionnels.

Le blanc mit plusieurs minutes pour réussir à calmer sa respiration et se calmer complètement. Immobile, il attendit que les battements de son cœur reprennent un rythme normal. Ce genre de rêves glauques lui arrivaient de temps à autre, et il se réveillait à chaque fois en sursaut et complètement affolé. Ses songes se ressemblaient tous étrangement : systématiquement, il se voyait en train d'ôter des vies innocentes, et ses cauchemars se finissaient toujours de la même façon.

Sachant pertinemment qu'il ne réussirai pas à se rendormir, Ryuga se leva et sortit de la chambre. Il s'arrêta quelques secondes dans le salon ; son regard se posant alors sur le rouquin qui dormait paisiblement sur le canapé. Il fut tenté d'aller le réveiller juste pour passer ses nerfs sur lui ; l'enquêteur ne faisait pas de cauchemars où il tuait des gens lui ! Il ne savait pas la chance qu'il avait !

À cette pensée Ryuga se sentit extrêmement jaloux de la situation de son ennemi. Pourquoi n'avait-il pas eu droit à une vie paisible lui aussi ?? Pourquoi le destin s'acharnait sur lui ? Le blanc grinça des dents et quitta la pièce avant de finir par frapper le rouquin.

XxXxXxX

Ryuga s'efforçait de vider son esprit, de se concentrer uniquement sur la sensation de l'eau qui coulait sur sa peau ; mais peine perdue. Ses souvenirs refaisaient surface les uns après les autres : la première fois qu'il avait tué, puis une deuxième, une troisième... Et ainsi de suite...

Alors qu'il ressassait son passé, le blanc frissonna, et augmenta la température de l'eau.

"Tout ça pour quoi !?"

Oui, pourquoi !? Pour obéir aux ordres de Doji ? Pour protéger son frère ? Ou bien les deux. Il ne savait même plus lui même.

Il y a quelques années de cela, alors qu'il voulait juste offrir à Ryuto une vie normale après la mort de leur mère. Ryuga avait décidé d'être fort pour son petit frère ; il avait ravalé sa tristesse, l'avait enfouie au plus profond de lui même. Il s'était créé une sorte de carapace impénétrable, tout cela dans le but de protéger Ryuto.

Et Doji l'avait recruté. Il lui avait proposé à lui et son frère un toit pour vivre ainsi que la promesse de ne plus vivre dans la misère. Tout cela en échange de certains "services" de leur part. Proposition trop alléchante pour être ignorée. À ce moment, Ryuga pensait avoir pris la bonne décision pour son frère et lui. Et il se traitait à présent lui même d'idiot pour ne pas avoir refusé. Le blanc se doutait bien que l'homme qui les avait pris sous son aile n'était pas blanc comme neige ; il avait donc fait promettre à son frère de ne jamais se mêler des ses affaires, et avait décidé que lui seul suivrait les ordres de l'homme.

Doji avait tout appris à Ryuga : de comment se battre et mettre une personne hors d'état de nuire le plus rapidement possible, à pirater n'importe quoi avec un simple téléphone, en passant par diverses techniques de manipulation.

Les années étaient donc passées ; Ryuga suivant les ordres de Doji à la lettre. Puis était venu ce jour où l'homme lui avait demandé d'éliminer une personne gênante. D'abord réticent, Ryuga avait vite changé d'avis, poussé par Doji, qui avait menacé de se servir de son petit frère contre lui.

Son premier meurtre avait été désastreux. Il l'avait mené pourtant à la perfection, mais cela avait été désastreux pour sa santé mentale : les premiers jours, il se réveillait en hurlant toutes les nuits, si bien qu'il évitait de dormir,et il ne mangeait que très peu. Un changement brutal eu lieu ce jour-là au plus profond de lui même, et il se renferma encore plus.

Ryuga enchaîna alors meurtre sur meurtre, tuerie sur tuerie ; il était devenu en quelques semaines un assassin redoutablement efficace, et fut rapidement considéré comme le bras droit de Doji. L'homme en avait fait son sous-fifre favori, et désormais il demandait au blanc de l'accompagner partout.

Mais la nature humaine fait que même certains événements peuvent devenir une habitude. Et aussi étrange que cela puisse paraître, Ryuga ne ressentait plus la moindre émotion lorsqu'il fauchait ses victimes. Tuer, se salir les mains était devenu aussi ordinaire que de se lever tout les matins. À présent, il ne détournait même plus le regard lorsqu'il ôtait la vie à ses victimes, il les tuait sans la moindre émotion, sans la moindre pitié, le regard vide.

Ryuga avait bien sûr décidé de taire cette situation à son petit frère, sachant très bien qu'il prendrait tout cela très mal. Ryuto était au courant pour la plupart des magouilles que Doji imposait à Ryuga, et n'avait jamais protesté. Mais le cadet se doutait bien que quelque chose n'allait pas avec son aîné depuis quelques temps : les cauchemars, la fatigue apparente de Ryuga et ses cernes sous les yeux... Ryuto n'était pas dupe.

Un soir, il avait attendu que son grand frère rentre, jusque tard dans la nuit, déterminé à découvrir ce qui clochait. Quand Ryuga était rentré, le regard vide et couvert de sang, le cadet n'avait pas eu besoin d'explications. Ce dernier s'était précipité sur son frère en pleurant et s'excusant, car il savait que Ryuga faisait ça pour qu'il continue de mener une vie normale.

Ryuga continuait donc de tuer, encore et encore. Toujours plus. Puis un jour, exécutant encore les ordres de Doji, il s'était rendu chez sa victime, et au moment d'achever cette dernière, un sourire morbide s'était dessiné sur son visage.

Ce fut cet événement qui le sortir de cette espèce de torpeur dans laquelle il s'était plongé pour ne pas sombrer complètement. Il ne se reconnaissait plus lui même, il s'était amusé à tuer cet innocent de plus.

C'en était trop. Il n'en pouvait plus, il allait finir par devenir complètement fou ! Il voulait que tout ça s'arrête !!

Quand Ryuga se rendit compte de cela, il eu l'impression que tout son monde ; déjà construit sur des bases fragiles ; s'écroulait. C'était comme s'il avait terminé sa descente au enfers et qu'il était au fond du trou, s'il était possible de descendre plus bas. Sans espoir de pouvoir remonter un jour...

Après cet assassinat de plus, il était alors revenu à l'appartement que Ryuto et lui occupaient ; faisant le trajet dans un état second, déconnecté de la réalité. Une fois rentré, Ryuga avait fermé la porte à double tours ; chose qu'il ne faisait que depuis récemment, ne se sentant pas en sécurité lorsque celle-ci était ouverte.

Il s'était appuyé contre la porte, et là, un immense sentiment de panique l'avait prit. Il avait l'impression d'avoir totalement perdu le contrôle ; de sa vie, de son avenir, de son corps... Il fut pris de vertiges et tomba à la renverse.

Le bruit alerta Ryuto, qui se précipita dans l'entrée, pour y découvrir son frère allongé par terre, tremblant de tout ses membres. Affolé, il se précipita aux côtés de son frère aîné pensant que ce dernier était blessé, mais il n'en était rien. Ryuga respirait de façon irrégulière ; ce qui était anormal ; tentant de reprendre son souffle, sans succès. Ryuto comprit rapidement que son frère faisait une crise d'angoisse.

Ryuga avait l'impression de complètement perdre pied. Il sentait son cœur cogner bien trop rapidement dans sa poitrine, et résonner jusque dans son crâne ; tout tournait autour de lui. Il tentait de retrouver sa respiration, mais cette sensation de boule dans sa gorge ne voulait pas partir.

Ryuto tentait de rassurer son frère, mais ce dernier semblait sourd à ses paroles. Les yeux exorbités, Ryuga tentait de trouver un point d'accroche, quelque chose pour ne pas perdre totalement le contrôle, il s'efforçait de respirer. La crise dura de longues minutes ; qui parurent interminables à Ryuga puis quand il eut recouvré à peu près l'usage de son corps, il lâcha dans un souffle :

-Ryuto, faut qu'on dégage.

-Hein !? Maintenant !?

-Oui maintenant. Pas de discussions. Tu emportes tout ce que tu juges utile et on se casse d'ici ! Lui déclara Ryuga, ayant presque totalement récupéré.

Cela sonnait plus comme un ordre qu'une proposition, et Ryuto s'était exécuté. Ce soir là, les deux frères avaient réuni leurs maigres affaires, puis ils étaient partis. Ryuga avait récupéré toutes ses économies, en avait confié les trois quarts à son cadet en lui ordonnant de partir à l'autre bout du globe. Il se fichait bien de ce que Ryuto pourrait faire, tant que qu'il ne se faisait pas repérer par Doji et qu'il était en sécurité.

Après avoir envoyé son petit frère aussi loin qu'il le pouvait pour le mettre hors de danger, Ryuga avait quitté la ville, s'était installé à l'autre bout du pays et avait élu domicile dans un petit studio miteux.

Les premières semaines avaient étés horribles, il ne dormait pas, ne sortait pas, et restait toujours la main crispée sur un de ses nombreux couteaux, persuadé que Doji allait débarquer d'un instant à l'autre. Il tentait sans cesse de se persuader que ce n'était pas possible : il avait tellement brouillé les pistes que l'homme n'avait aucun moyen de savoir où le blanc se terrait. Il en était devenu complètement paranoïaque, si bien qu'il fallu un certain moment à Ryuga pour s'ôter cette idée de la tête et reprendre un rythme de vie normal.

Puis après ça, il s'était sérieusement demandé ce qu'il allait bien pouvoir faire. Sans aucun diplôme ni formation en poche à l'âge de dix-sept ans, il ne se voyait pas aller à l'école, ni même trouver un petit boulot et trimer toute sa vie.

Il ne se voyait pas non plus reprendre une vie normale après avoir traîné dans la criminalité pendant toutes ces années. Complètement impossible. Le blanc avait donc fait des recherches, avait trouvé quelques groupes mafieux et avait proposé d'être leur informateur ; préférant mettre de côté les assassinats pour le moment.

Ryuga avait rapidement fait ses preuves auprès de ces groupes, et rapidement gagné de jolies sommes d'argent. La suite vous la connaissez : il s'était acheté un appartement, qu'il occupait encore aujourd'hui, exécutait quelques meurtres de temps en temps...

Ryuga avait pris la fuite. Il avait fui son ancien employeur, fui son ancienne vie. Il ne recevait que rarement des nouvelles de son petit frère, mais tant que ce dernier était en vie, il ne s'inquiétait pas.

Cela faisait deux ans que le blanc n'avait pas revu son ancien employeur, et il n'avait pas hâte que cela arrive !

XxXxXxX

Ryuga tourna le bouton de la douche, coupant la cascade d'eau qui tombait sur lui. Une main appuyée sur le mur, il contempla les rougeurs que l'eau chaude avait provoqué sur sa peau, puis se décida enfin à bouger.

Il s'habilla rapidement et alla chercher une plaquette de chocolat dans sa cuisine. Parce qu'on sait tous que le chocolat est un antidépresseur naturel et que ça remonte le moral. Mais dans le cas présent, Ryuga avait juste envie de chocolat.

Le blanc regarda rapidement l'heure : 00 :42. Autrement dit, la nuit était loin d'être finie.

Ryuga alla chercher son ordinateur portable dans sa chambre. Ordinateur qu'il mis longtemps à trouver, au vu du bazar qui régnait dans sa chambre. Ryuto l'avait pourtant aidé à ranger la dernière fois qu'il était venu, mais le rangement avait tenu moins d'une semaine.

Avec son ordinateur, il alla s'installer sur la table de la salle à manger et se concentra sur l'objectif qu'il s'était fixé : mettre Reiji hors d'état de nuire. Quelques minutes plus tard, le chat vint le rejoindre et s'installa sur ses genoux en ronronnant.

XxXxXxX

Le rouquin s'éveillait lentement, après avoir fait une nuit plutôt reposante. La première chose qu'il entendit fut le cliquetis familier que font des doigts pianotant sur un clavier.

Le temps de finir sa nuit, Gingka se releva paresseusement, et se retourna vers le bruit pour apercevoir Ryuga qui tapait son clavier à toute vitesse. Il remarqua aussitôt les cernes sous les yeux de son ennemi, constatant que ce dernier n'avait pas dormi de la nuit.

-Ça va ? S'enquit le rouquin

Surpris par la question, Ryuga arrêta net ce qu'il était en train de faire et se tourna vers le policier, étonné que son ennemi s'enquise de son état.

-... Ça va ? Redemanda Gingka, un peu gêné par le regard du blanc qui restait fixé sur lui.

-Ça ne te regarde pas... Répondit-il enfin, avant de détourner le regard et de reconcentrer sur ce qu'il était en train de faire.

Ryuga avait passé la nuit à faire des recherches sur le net pour tenter de trouver Reiji. Il était allé sur des forum, y avait interrogé les gens. Le serpent ne passait en général pas inaperçu, il n'avait eu donc aucun mal à trouver quelques pistes, qu'il allait falloir qu'il creuse. On pouvait tout trouver sur internet, il suffisait de savoir où chercher...

XxXxXxX

Le reste de la matinée se passa sans encombre et sans que les deux jeunes gens n'échangent un mot. Gingka était allongé sur le divan, les mains croisées derrière la tête. Il regardait le plafond, faute d'avoir autre chose à faire. Ses blessures le faisaient encore souffrir, mais la douleur restait supportable.

Quitter l'appartement de Ryuga lui paraissait complètement idiot :

De un, sortir à l'insu de Ryuga était quasi impossible, le rouquin le savait parfaitement.

De deux, il n'était pas suffisamment en forme pour aller jusqu'à chez lui à pieds, ni même aller faire une simple promenade.

Il eu un pincement au cœur en pensant à ses amis. Ces derniers devaient sûrement s'inquiéter énormément, étant donné que le rouquin n'avait pas donné de nouvelles depuis plusieurs jours. Son absence avait dû être remarquée depuis un certain moment, il n'était pas venu au boulot depuis son agression.

Gingka espérait tout de même que la police n'avait pas lancé de recherches. Mais connaissant son père, ce dernier avait sans aucun dû stopper toute activité des forces de l'ordre pour retrouver son fils.

Le rouquin entendit des bruits de pas sur le sol, et le blanc fit son apparition dans la pièce quelques secondes plus tard. Le rouquin se redressa sur ses coudes, tandis que Ryuga se dirigeait vers lui.

-Tiens. Lança ce dernier en lâchant une pile de tissus sur le rouquin. J'ai lavé tes vêtements.

Gingka prit la pile d'habits et vérifia qu'il y avait tous ses effets.

-Merci, mais ce n'était pas la peine de t'embêter avec ça...

-T'aurais préféré les récupérer couverts de sang ? Répliqua Ryuga d'un ton ironique.

Gingka esquissa une grimace, puis répondit :

-J'étais dans un si sale état que ça ??

Le blanc hocha la tête dans une réponse affirmative. Le rouquin triturait nerveusement ses habits fraîchement lavés, puis remarqua que quelque chose clochait :

-Où est mon écharpe ???? Demanda-t-il, paniqué.

Effectivement, l'écharpe manquait à l'appel. La seule chose à laquelle le rouquin tenait absolument. Il retourna ses affaires dans tous les sens pour tenter de la trouver. Mais peine perdue, il fallait qu'il se rende à l'évidence, il avait perdu sa précieuse écharpe.

-Où est mon écharpe ?? Redemanda désespérément Gingka en relevant la tête vers le blanc.

Ce dernier ne manqua pas la lueur affolé dans le regard de l'enquêteur. Celui-ci devait sacrément tenir à ce bout de tissu miteux. Ryuga ne connaissait pas le pourquoi du comment qui faisait que son ennemi paniquait pour une simple écharpe, mais ça avait l'air important.

Gingka se sentait mal : la seule chose qui le reliait à sa défunte mère avait disparu ! Le seul souvenir qui lui restait d'elle ! Le rouquin appliqua ses mains tremblantes sur son cou, comme si la sensation du manque de l'écharpe l'étouffait. "Non,non,non !!" Ce n'était pas possible, il fallait qu'il la retrouve !!!

La respiration du rouquin s'accélérait de seconde en seconde. Il était complètement affolé par la perte de son écharpe. Les larmes lui montèrent aux yeux et se mirent à couler sur son visage.

Le blanc remarqua que Gingka respirait trop rapidement et prenait de grandes inspirations, comme s'il était essoufflé. "Ne me dit pas qu'il fait une crise d'angoisse juste pour une putain d'échappe ?!"

Le cerveau du rouquin fonctionnait à toute vitesse. Essayant d'ignorer l'étaut qui l'empêchait de respirer, il essayait de se remémorer les endroits où il avait pu perdre son écharpe. Il avait dû la perdre au moment de son agression. Le rouquin essayait de prendre de grandes inspirations, tentant de se calmer. Mais cela ne fonctionnait vraiment pas. Il avait l'impression que quelque chose s'était glissé dans sa gorge et cela l'empêchait de respirer. Gingka se sentit petit à petit perdre pied.

Dans sa détresse, il aperçut rapidement la silhouette de Ryuga qui quittait la pièce sans même lui accorder un regard... Puis ce fut le trou noir...

Flashback

-Maman ! Maman ! Regarde ce que j'ai trouvé !! Cria un petit garçon.

L'interpellée arrêta ce qu'elle était en train de faire, pour se tourner vers le petit garçon aux cheveux roux qui sautillait à côté d'elle.

-Qu'y a t-il mon chéri ? Demanda sa mère avec un sourire.

-Regarde, regarde ! Répondit joyeusement l'enfant en lui tendant une grosse pierre, dans laquelle était incrustée un fossile d'escargot.

-C'est joli hein !?

-Oui Gingka, c'est très joli...

-Je peux la garder !!!? Demanda l'enfant en coupant la parole à sa mère.

-Bien sûr que oui. Lui affirma la femme, en ébouriffant la chevelure rousse de son fils. Tu l'as trouvée, elle est à toi !

Le sourire de l'enfant s'élargit encore plus. Des étoiles brillaient dans ses yeux, alors qu'il admirait encore sa découverte.

-Mais dis moi Gingka...

L'enfant releva la tête, croisant le regard nettement moins heureux de sa mère, il comprit qu'il allait se faire gronder...

-Où est-ce que tu as encore été trainer ? Tu est couvert de boue... Finit-elle en soupirant.

-Heuuuu... Fit l'enfant en faisant semblant de ne pas comprendre.

-Qu'est-ce que je vais faire de toi petit cochon ! Déclara la mère en riant, pinçant les joues de son fils entre ses doigts. Allez ! Au bain !

À l'entente du mot "bain", le rouquin glissa entre les doigts de la femme et tenta de lui fausser compagnie. Mais celle-ci le rattrapa sans problème, enleva son écharpe et l'attacha avec.

Voyant que son fils faisait la moue, la mère eu un petit sourire un coin qui ne laissait rien présager de bon. Elle se précipita sur lui et commença à lui faire des chatouilles. Riant aux éclats, l'enfant suppliait sa mère d'arrêter. Mais l'écharpe lui empêchant tout mouvement, il ne pouvait rien faire contre sa tortionnaire. Ce petit manège de complicité entre la mère et le fils dura quelques minutes, puis la séance de guillis se termina aussi vite qu'elle avait commencé.

La femme prit alors son fils dans ses bras, puis se dirigea vers une bâtisse, non sans avoir oublié de ramasser la pierre qu'avait trouvé le rouquin.

-Maman ?

-Moui ?

-Il rentre quand Papa ?

-Ce Weekend mon ange.

Dans leur petit village de campagne, il n'y avait pas grand-chose, à part des vaches peut-être, c'est pourquoi le père partait travailler en ville pendant la semaine.

-Maman ?

-Oui ?

-Plus tard, je ferais comme Papa, j'irais attraper les méchants...

Fin du flashback

-...Hagane...

-Hé Hagane !!

Gingka sentait qu'on le secouait, et pas des plus doucement. Péniblement, il ouvrit un œil, puis deux, et se retrouva face à face avec Ryuga, qui avait l'air... Inquiet ? Le rouquin se redressa en position assise, puis demanda sans grand entrain :

-Qu'est-ce que tu...

La question de Gingka resta en suspens, stoppée net par la stupéfaction : Ryuga lui tendait un bout de tissu couvert de sang et de boue, qui avait dû être autrefois de couleur blanche. Le rouquin reconnu tout de suite de quoi il s'agissait, c'était son écharpe !!

Il tendit la main vers celle-ci, mais s'arrêta. Il regarda tour à tour Ryuga, puis l'écharpe, puis Ryuga, puis l'écharpe...

Gingka ne comprenait pas, pourquoi le blanc aurait-il été chercher son écharpe ? Le rouquin regarda son homologue dans les yeux, mais il ne put déceler dans ceux-ci que l'honnêteté la plus totale... Et quelque chose d'autre aussi, quelque chose comme : "prends-la j'ai pas qu'ça à foutre !"

Pour éviter de finir par se faire frapper, le rouquin se saisit de son écharpe. Il se sentit extrêmement soulagé lorsque celle-ci toucha ses doigts. Même si elle était désormais méconnaissable tant elle était sale, Gingka la serra contre son cœur comme si sa vie en dépendait. Alors que le blanc faisait demi-tour, Gingka l'interpella :

-Ryuga !

-Quoi ?

-Pourquoi tu est allé chercher mon écharpe ? Questionna le policier.

-Ça avait l'air important non ? Fit Ryuga en faisant demi-tour et s'asseyant nonchalamment sur le divan, à côté du rouquin.

-Oui... C'est très important pour moi, cette écharpe a appartenu à ma mère... C'est le seul souvenir qu'il me reste d'elle... Elle est morte quand j'étais petit, un cancer l'a emportée, les médecins n'ont rien pu faire.

Pourquoi il parlait de ça ? C'était des souvenirs douloureux, qu'il ne confiait pas à grand monde. Et de toute façon Ryuga devait bien s'en ficher de sa vie !

-C'est pas comme si tu pouvais comprendre ! Continua le rouquin, pour couper court à la conversation.

Gingka n'avait pas envie de parler de ça avec son ennemi. C'était compréhensible, mais les mots sortaient de sa bouche comme un flot, qu'il n'arrivait pas à arrêter :

-C'est pas comme si tu savais ce que ça fait de ne rien pouvoir faire ! ...

-De se sentir impuissant de ne pas pouvoir sauver les personnes auxquelles tu tiens... Compléta Ryuga en lui coupant la parole.

Gingka se tourna brusquement vers son ennemi, qui avait terminé sa phrase comme s'il avait lu dans son esprit. Il pouvait voir sans peine que le regard de Ryuga s'était voilé de tristesse.

-Crois-moi, je sais ce que ça fait... Soupira alors ce dernier.

Le rouquin regardait à présent Ryuga d'un air étonné. Alors lui aussi avait perdu sa mère ? À présent qu'il savait ça, Gingka se sentit plus proche du blanc, comme s'ils partageaient une souffrance commune.

Le rouquin se sentit coupable de lui avoir parlé de cette façon. Ça avait dû être difficile voire pour le blanc aussi. Perdre un être cher n'était pas une expérience anodine.

-Et... Comment c'est arrivé ?

Gingka savait que le sujet devait être sensible pour Ryuga, mais n'avait pu résister à l'envie de lui demander.

-Elle a été tuée... Dans un règlement de comptes entre deux gangs, poignardée dans l'abdomen... vidée de son sang en cinq minutes...

-Désolé... S'excusa le rouquin, un peu honteux d'avoir posé la question.

Un silence pesant s'installa alors. Chacun comprenait la souffrance de l'autre.

Mais Ryuga ne resta pas en place longtemps, et quitta la pièce quelques minutes plus tard, laissant le rouquin seul avec son écharpe.

XxXxXxX

Gingka allait beaucoup mieux. Il pouvait enfin bouger librement, et trottait dans le salon, trop heureux de pouvoir enfin bouger. Il était reconnaissant envers Ryuga de l'avoir sauvé et soigné, mais il devait à présent passer aux choses sérieuses...

Un après-midi, le rouquin fit semblant de dormir, attendant que le blanc quitte les lieux. Une fois qu'il entendit la porte d'entrée claquer et le cliquetis dans la serrure, le policier sauta de dessous les couvertures "La fouille peut commencer !!"

Il devait trouver des indices ou des preuves, qui lui permettaient d'en savoir plus sur Ryuga. Il songea que ça serait pas mal de connaître son adresse, comme ça, il pourrait venir l'arrêter alors que le blanc ne s'y attendrait pas. Mais malheureusement pour lui, l'assassin n'était pas un imbécile, et préférait éviter ce genre d'options.

Gingka n'avait donc aucun moyen de savoir où pouvait bien se situer l'appartement. Ryuga avait fermé tous les volets automatiques, que le rouquin avait bien tenté d'ouvrir, mais le blanc avait dû trafiquer le système électrique pour qu'il ne puisse pas les ouvrir. Gingka tenta de se servir d'Internet pour se géolocaliser, mais là aussi, Ryuga avait tout coupé. "Il a vraiment pensé à tout !!" Pensa le rouquin en soupirant de dépit.

Le rouquin fouilla donc l'appartement de fond en comble, sans trouver quoi que ce soit d'intéressant. Mais il avait jusque là sciemment évité la chambre de Ryuga, son éthique l'empêchant de pénétrer dans l'espace personnel du blanc. Gingka finit tout de même par céder à la curiosité et tourna la poignée… Sa surprise fut totale lorsqu'il vu le bordel sans nom qui régnait dans la chambre. Le reste de l'appartement était bien rangé pourtant !!

Le rouquin pouffa : jamais il n'aurait pensé que la chambre de son pire ennemi et assassin puisse être aussi mal rangée que celle d'un enfant de six ans ! Il ne s'attendait vraiment pas à ça ! Cette image ne collait pas du tout avec l'idée qu'il s'était faite de Ryuga jusque là !

-Ça va ? Je te déranges pas trop !?

Le fou rire de l'enquêteur s'arrêta net. Il se retourna lentement, pour de retrouver face à un Ryuga passablement énervé ! Vu la tête que ce dernier tirait, il ne donnait pas cher de sa peau !

-Puisque t'as l'air d'aller bien et que tu cavales partout, je suppose que tu peux dégager d'ici !? Lança le blanc, une veine battant sur sa tempe, preuve de son agacement.

Ryuga s'avança vers le rouquin, qui devant la tête à faire peur de l'autre, recula, mais finit par se heurter à un mur. Il n'avait plus aucune échappatoire...

XxXxXxX

L'enquêteur se réveilla quelques heures plus tard, allongé par terre à même le goudron. Il se redressa, et vit qu'il se trouvait dans une petite ruelle. Étonné de se retrouver là, il tâta l'arrière de sa nuque, où une douleur lancinante était apparue entre temps. Il se remémora les instants qui avaient précédés sa perte de connaissance, et il comprit alors :

-Mais il m'a assommé ce connard !!

Gingka : en fait t'es hyper violent comme mec !

Katatsu-chan : C'est pas une nouveauté ça Gingka…

Ryuga : parce que c'est que maintenant que tu le remarques !?