Bon vous l'attendiez tous, il est enfin là, après beauuuuucoup d'attente (ce qui ne risque pas d'aller en s'arrangeant *kof kof*. Ce chapitre marque la fin de la première partie de l'histoire, parce que oui, y'en a une autre, je suis pas sortie de l'auberge au secours. Ce chapitre était censé être plus courts que les autres par manque d'inspiration, puis au final, j'ai des idées qui ont popé les unes après les autres, et finalement, il était beaucoup trop long, donc j'ai coupé en deux, ce qui fait que j'ai déjà un bout du chapitre suivant. Je publie ce chapitre juste avant ma rentrée (comme le précédent finalement, je publie mes chapitres à u an d'intervalle à chaque fois désolée). Je vais pas m'épancher plus longtemps, ce chapitre est juste un chapitre de transition, et je rappelle que y'avait un chapitre manquant en plein milieu de la fic, que j'ai rajouté en juillet, et que vous pouvez aller lire si vous ne l'avez pas déjà fait. Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 11 : Routine
-Je peux savoir où vous étiez hier ?
Gingka essuya le regard noir de son père, jetant un coup d'œil au blanc qui se tenait à côté de lui. Ce dernier arborait l'expression de celui qui n'en avait rien à battre. Pas d'aide à espérer de ce côté-là, Ryuga comptait bel et bien le laisser se débrouiller avec son paternel. Pour en revenir à celui-ci, le père de l'enquêteur croisa les bras et les dévisagea avec un air furibond :
-Je réitère ma question. déclara-t'il d'une voix froide – Je peux savoir où vous étiez ce week-end !!!??
-Nulle part. Mentit le rouquin.
Et il mentait très mal. Ryo se pinça l'arrêt du nez, se retenant visiblement de hurler son mécontentement. Il soupira, tentant de retrouver son calme. Puis il fit le tour de son bureau, ouvrit un tiroir, et en sortit un dossier, qu'il posa sur son bureau dans un geste qui était tout le contraire de doux. Le dossier claqua sur la table, interrompant le silence qui régnait dans la pièce et faisant sursauter le rouquin.
-Dans ce cas, j'espère bien que tu vas me trouver une explication plausible sur le pourquoi du comment ces preuves sont arrivées comme par magie sur mon bureau ce matin !! S'exclama Ryo.
Ryuga se retourna brusquement vers le l'enquêteur. Il n'avait pas fait ça quand même ?? Mais apparemment si, le rouquin avait juste déposé les preuves là en arrivant tôt le matin après leur petite expédition nocturne, en espérant ne pas se faire griller, ce qui venait de toute évidence d'échouer. Le blanc se mit un face-palm mental nan mais franchement ! Gingka n'aurait pas pu sortir ses preuves de sa manche de façon un peu plus subtile !? D'une façon qui leur aurait évité de se faire griller aussi facilement par exemple !!
-On n'a rien fait !! Se défendit l'enquêteur. Déterminé à mentir à son père jusqu'au bout.
Ryuga ne manqua pas de lever les yeux au ciel Gingka s'enfonçait encore plus. Son paternel avait clairement compris, il était inutile de continuer de mentir à ce stade. Et puis, faute avouée est à moitié pardonnée non ?
Comprenant que son fils ne lui dirait rien, Ryo s'assit dans son fauteuil, et commença à pianoter sur le clavier de son ordinateur, frappant si fort les touches qu'il aurait pu les casser.
-Et dans ce cas, comment tu m'explique ça !!!? Finit par Hurler Ryo en tournant l'écran vers eux d'un geste brutal.
Les yeux des deux acolytes s'agrandirent. Devant eux se trouvait une vue satellite des environs de Nagoya, et un épais trait bleu retraçait leur itinéraire de la veille. La preuve ultime en somme.
Le rouquin lança un regard accusateur au blanc. Car en effet, il s'agissait du signal retracé par la puce de localisation qu'il avait désormais sous la peau. Ryuga eu une grimace. Oups ?
-J'ai peut-être « oublié « ce détail… » Fit-il.
C'est vrai qu'il n'avait pas pensé à ça, il avait complètement oublié cette maudite puce électronique. Mais pour sa défense, il n'avait pas pour habitude de se balader avec ce genre de truc incrusté sous la peau !
Comprenant que cela ne servait à rien de discuter, le rouquin rentra sa tête dans ses épaules avec un air honteux sur le visage.
-Bon c'est bon, tu as gagné, reconnu le jeune homme, on est allés fouiner un peu…
-Parce que tu appelles ça « fouiner un peu » !?? Bon sang Gingka, est-ce que tu te rends compte du danger que représentait ta petite escapade nocturne !!!?
- « Notre » petite escapade nocturne ! Corrigea le blanc.
-Toi je m'en fous ! Lui cracha Ryo, avant de se reconcentrer sur son fils
Ryuga se ravachi sur sa chaise, fronçant les sourcils et enfonçant ses mains dans ses poches merci de lui rappeler qu'il ne comptait pour personne ! Ça faisait toujours plaisir !
-Tu imagines les conséquences si vous vous étiez fait prendre !! Reprit le roux en pointant les photos imprimées de leur infiltration, notamment celles des cobayes allongés sur les tables. Vous auriez pu finir à la place de ces gens ! Voire pire !!
-Oui oui, je sais…
-Et bien vu les risques que vous avez pris, vous n'aviez pas trop l'air au courant !! Parfois j'ai l'impression que tu prends ce genre de choses beaucoup trop à la légère ! Il y avait d'autres solutions bon sang !!
-D'autres solutions !!? Rétorqua Gingka. Parce leur demander gentiment pour faire une inspection ça aurait marché peut-être !!? Ils auraient eu le temps de tout planquer, et on n'aurait jamais rien su !!
-Bien que je comprenne ton point de vue, il n'empêche que c'était un risque bien trop grand à prendre ! Vous avez eu de la chance de vous en sortir sans mal !!
-Peut-être, mais c'était notre seule chance de récupérer des preuves tangibles ! Fit Gingka en croisant les bras.
Pendant que les deux rouquins continuaient de se disputer, Ryuga assistait à l'échange d'un air absent. Apparemment ils n'avaient pas besoin de lui, donc le blanc avait déjà perdu le fil de la conversation, après tout ne rien écouter était toujours préférable à les écouter crier de son point de vue. Mais bon, ils avaient ramené leurs preuves et les forces de l'ordre allaient enfin pouvoir faire quelque chose contre ce Ziggurat. Tout est bien qui finit bien.
Le père et le fils continuèrent à se crier dessus pendant une bonne dizaine de minutes, puis Ryo fit un geste en direction de la porte :
-Bon ça suffit, sors d'ici !
-Avec grand plaisir ! Rétorqua le rouquin, qui fit volte-face, et se dirigea à grand pas rageurs vers la sortie. L'assassin, voyant que l'autre s'en allait, daigna se lever de sa chaise, et emboîta le pas à l'enquêteur.
-Pas toi. Déclara sèchement le père de Gingka.
Ryuga s'arrêta sur le pas de la porte, et se retourna vers l'autre. Le père de l'enquêteur se rassit sur sa chaise tournante dans un geste las, et se passa la main sur le visage, exaspéré et épuisé par l'attitude de son fils. Puis l'homme reprit contenance, releva les yeux vers Ryuga, qui était toujours immobile sur le pas de la porte, s'apprêtant à partir.
-Assieds-toi. Ordonna Ryo. Désignant la chaise que le blanc venait de quitter plus tôt.
L'assassin haussa un sourcil s'il lui demandait se s'assoir, c'est que ça allait durer un moment. Il fit donc demi-tour, et se dirigea vers la chaise. Mais il fut une fois de plus interrompu par le roux :
-Et fermes la porte.
Le blanc referma donc cette dernière dans un claquement sec, et alla s'assoir sur cette maudite chaise, conscient que l'autre allait lui faire une belle leçon de morale.
-C'est toi qui as eu cette idée débile ?
Comprenant qu'il ne gagnerait rien à mentir, le blanc préféra répondre cash :
-J'ai suggéré, il a accepté.
-Et tu étais conscient des risques…
-Bien sûr que oui, même si je ne pensais pas qu'on allait trouver ça…
Ryo frappa du poing sur son bureau, alors que le blanc gardait un visage impassible.
-Bon sang !!! Et tu as entrainé mon fils là-dedans !!!!
-Hé ! Je lui ai précisé que ça allait être dangereux !! Et puis vous croyez quoi ! Qu'on y est allé les mains dans les poches et qu'on a appuyé sur la sonnette !! Ba non figurez-vous, on s'y était préparé quand même !!
-J'en conclus donc que ce n'est pas la première fois que tu fais ce genre de choses… Dit Ryo.
Ryuga se figea. Il venait de se trahir, la police le connaissait en tant qu'assassin, pas pour autre chose, et le blanc aurait préféré garder ses autres compétences secrètes, pour les garder sous le coude au cas où. Mais là, il n'avait pas réfléchi.
-Bravo quelle déduction Sherlock ! Répliqua-t 'il néanmoins.
-Y'a-t-il d'autres informations à ton sujet que je dois savoir et qui pourraient mettre en danger mon fils ?? Demanda Ryo d'un air menaçant.
Ryuga serra les poings et se crispa, se refermant comme une huître, pas déterminé plus que ça à répondre à l'homme.
-Dois-je te rappeler que ta liberté conditionnelle repose sur ta coopération ? Tu n'es encore en liberté que pour les informations que tu pourrais nous donner ! Il ne tient qu'à ta conduite d'avoir droit à un aller simple vers la case prison !!
-Bon c'est bon, on en est sortis vivants, pas la peine d'en faire un fromage maintenant !
Au regard que lui lança le roux, le blanc devina qu'il se retenait pour ne pas se lever et lui coller une droite.
-Y'a-t-il d'autres informations te concernant que tu nous caches, où on doit encore s'attendre à des surprises de ta part ?
-Rien d'autre. Mentit Ryuga sans aucun remord.
Bien sûr que oui le blanc avait encore plus d'un tour dans son sac, et dire que la liste des choses qu'il cachait encore était longue était un sacré euphémisme, mais ça il n'allait pas le dire.
Soudainement Ryo se leva de son bureau, son regard sombre ne quittant pas le blanc. Il se rapprocha de ce dernier à grand pas, et ce pencha sur le blanc, si bien que leurs visages se touchaient presque. À cette distance, le blanc pouvait parfaitement voir l'éclat furibond qui brillait au fond des yeux de l'homme.
-Je te préviens, commença ce dernier d'une voix froide. Si tu remets une nouvelle fois mon fils en danger, peu m'importe s'il t'apprécie ou non, je te jure que je ferai en sorte que tu rentres illico presto dans la prison la plus sécurisée du pays, sous haute surveillance, et je peux t'assurer que j'ai des connaissances dans le milieux qui feront de ta vie un enfer, et que tu y restera croupir jusqu'à la fin de tes jours, sans aucun espoir de revoir un jour la lumière du soleil… Me suis-je bien fait comprendre ?
Ryuga déglutit bruyamment. Il avait beau avoir déjà été menacé dans sa vie, le père du rouquin lui faisait actuellement froid dans le dos. Ryo n'était pas quelqu'un qui s'énervait facilement, bien au contraire, il était plutôt facile à vivre et acceptait beaucoup de choses, alors quand il était vraiment en colère, mieux valait ne pas discuter avec lui, et ça le blanc le compris immédiatement. Et il avait parfaitement conscience que Ryo n'aurait aucun scrupule à appliquer ce qu'il venait de dire.
-Compris m'sieur. Répondit alors L'assassin en détournant le regard.
Ryo ne répondit pas, fixant son interlocuteur pendant de pesantes longues secondes, avant de se redresser, et de réajuster sa veste de costume en soupirant. Il se dirigea ensuite vers son bureau, s'asseyant sur sa chaise. L'homme appuya ensuite sur le bouton de l'interphone qui se trouvait sur son bureau, appelant un agent pour lui demander de ramener Ryuga en salle d'interrogatoire. Un policier arriva quelques minutes plus tard, passa les menottes au blanc, et ils quittèrent tous les deux le bureau, Ryo lançant un dernier regard noir à l'assassin, avant que la porte ne se referme sur lui…
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Finalement Ryuga passa un bon moment en salle d'interrogatoire, répondant machinalement aux questions que le policier en face de lui posait. L'assassin commençait à en avoir assez, il s'ennuyait, et le type en face de l'aidait pas à égayer sa journée il lui posait des questions que le blanc jugeait bien inutiles. Ce n'était que des renseignements mineurs qu'on lui demandait, rien de franchement intéressant.
Il s'avachit sur le dossier de sa chaise, ravalant un bâillement, se retenant de lever les yeux au ciel. Il commençait à être distrait, préférant regarder les craquelures dans la peinture blanche qui recouvrait les murs de la salle d'interrogatoire, plutôt que l'homme qui parlait en face de lui. Commençant à trouver le temps long, il regrettait de ne pas avoir de montre, et comme par hasard, il n'y avait pas de pendule dans cette foutue salle, sûrement pour faire poireauter les potentiels criminels à interroger. Une manière de les faire mariner dans leur jus afin qu'ils crachent plus vite le morceau.
Ryuga en était à compter les craquelures, quand soudain la porte de la salle s'ouvrit avec fracas, dans un grand « boum » sonore :
-Ha Super vous êtes encore là !!
Gingka apparut par l'ouverture, dans une entrée plutôt bruyante, si bien que les deux occupants de la salle se retournèrent subitement vers le nouvel arrivant.
Voyant qu'il s'agissait du rouquin, le blanc lui adressa un regard suppliant, voulant presque dire « sors moi de là s'il te plait ! » Et son vœu fut exaucé : L'enquêteur, ne laissant même pas à son collègue le temps de réagir, s'approcha, et tira le blanc par le poignet, le décollant de sa chaise, avant de le tirer vers la porte.
-Je te l'emprunte !!! Il sera plus utile avec moi ! Lança Gingka à son collègue en souriant de toutes ses dents, avant de disparaître après avoir franchi la porte, faisant un dernier coucou de la main avant de disparaître complètement, entraînant le blanc. L'autre les regarda partir, bouche bée, n'ayant même pas eu le temps de protester.
Gingka tirait l'assassin dans les couloirs du QG, courant presque. Il avait l'air très excité. Mais au bout de quelques minutes à se faire traîner, et sous les regards curieux des différents policiers qu'ils croisaient, le blanc se lassa très vite, un peu mal à l'aise, et il arracha presque sa main de la poigne de l'enquêteur.
-On peu savoir où on va comme ça !?
Le rouquin s'arrêta subitement, se retournant vers son comparse, un sourire éclatant sur le visage. Il était tellement excité qu'il en avait presque des étoiles dans les yeux.
-J'ai ressorti des vieux trucs du placard, j'ai besoin de ton aide, je suis sûr que ça va te plaire !!
Finalement, l'enquêteur mena le blanc dans son bureau. La pièce était peu spacieuse, un bureau trônait face à la porte sur lequel il y avait un pot à crayon, ainsi qu'un téléphone fixe qui ne servait probablement jamais, vu la couche de poussière qu'il y avait dessus. Une chaise à roulettes juste derrière le bureau, des étagères à tiroirs collées au mur montaient jusqu'au plafond, certains étaient ouverts, Ryuga pu y distinguer des dossiers plus ou moins rangés. Des stores tirés couvraient les fenêtres, laissant pénétrer une lumière tamisée dans la pièce. Celle-ci était plutôt bien rangée, ce qui étonna l'assassin il aurait cru que le bureau du rouquin serait moins bien rangé que ça.
Gingka entraîna l'autre derrière le bureau, et l'assit sur la chaise.
-Bouge pas, je reviens. Fit-il, avant de repartir comme une flèche dans les couloirs, laissant Ryuga planté là, des questions plein la tête. Attendant le retour de l'autre, il mit ses mains dans les poches de sa veste, et s'assit sur la chaise, examinant autour de lui. Une horloge au-dessus de la porte lui indiqua qu'il était presque midi. Pas étonnant qu'il ait trouvé le temps long en salle d'interrogatoire !!
L'assassin baissa les yeux vers le sol, et se mit à jouer à faire rouler sa chaise sur le sol, puisqu'il n'avait que ça à faire. Il donna un coup sur le sol avec son pied, faisant pivoter la chaise sur son axe, la faisant tourner sur elle-même avec lui dessus. Il attendit qu'elle s'arrête, puis recommença. Au bout de la dixième fois, il arrêta la chaise de lui-même il avait le tournis…
Ce fut à ce moment que le rouquin revint dans la pièce, poussant la porte avec son pied, car ses deux mains étaient encombrées par une pile de dossiers qu'il tenait à bout de bras, et qu'il maintenait coincé avec son menton. En équilibre précaire, la pile menaçait de s'écrouler à tout moment.
Gingka les laissa tomber sur le bureau, sous l'œil médusé de Ryuga.
-C'est quoi tout ça !!!? Lâcha-t-il, effaré devant la taille de la pile.
L'enquêteur alla fermer la porte, puis se retourna vers le blanc :
-J'étais en train de fouiller dans les archives, quand je suis tombé sur la section des dossiers qui n'ont jamais été classés…
-Eh ben dis-donc, je ne te pensais pas si incompétent… Fit Ryuga en haussant les sourcils.
-Hé !! C'est pas les miens d'abord !! C'est tout ce qu'ont laissé mes prédécesseur ou certains de mes collègues actuels sur les dix dernières années !! Je finit toutes le enquêtes qui me sont attribuées moi, eux, c'est juste des flemmards qui sont incapables d'aller sur le terrain, et qui attendent qu'on vienne gentiment leur apporter des preuves !!
-Donc vous êtes tous des incompétents dans la police en fait ! Se moqua l'assassin.
-Non pas moi ! Fit l'enquêteur. Exemple : Le type qui était sur ton dossier avant moi était dessus depuis deux ans, et il n'a jamais rien capté parce qu'il ne levait pas le cul de sa chaise et n'allait pas sur le terrain ! Alors que moi, il m'a fallu à peine trois mois ! Conclut-il en fanfaronnant un peu.
Ryuga grogna en guise de réponse, puis reporta son attention sur la montagne de papier devant lui.
-Bon, si on s'y met maintenant, peut avoir fini avant la fin de la semaine… Soupira-t 'il rien qu'à l'idée de passer des heures carrées dans ces vieux dossiers poussiéreux.
-Ha mais c'est que la première pile ! Y'en a au moins vingt autres comme ça !
-Pardon ? Fit le blanc avec des yeux ronds…
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Ryuga étouffa un éternuement. Foutue poussière ! Bien que rangés, les dossiers n'avaient pas été touchés par âme qui vive depuis des années, si bien qu'aucun des deux comparses n'était étonné quand une araignée partait en courant quand ils ouvraient un dossier, détruisant l'endroit où la pauvre bestiole avait élu domicile.
Les deux comparses avaient abandonné le bureau, pas assez spacieux, pour migrer sur le sol, où ils étaient assis en tailleur, se passant les dossiers qui étaient étalés entre eux sur le sol. Pour le moment, il se contentaient de classer les dossiers par date, du plus ancien au plus récent. Apparemment, ils avaient été rangés en vrac dans les tiroirs des archives, ils se retrouvaient donc à trier, et il allait falloir faire la même chose avec les piles suivantes.
-Voilà ! C'est enfin fini ! S'exclama Gingka en se passant la main sur le front.
-Reviens sur terre, on n'a même pas commencé !
-Oui bon, laisse-moi apprécier cette petite avancée s'il te plaît, chaque chose en son temps…
Levant les yeux au ciel avec une expression amusée, le blanc prit le premier dossier, tout en dessous de la pile, l'un des plus ancien, et l'ouvrit. Il feuilleta rapidement les différents documents qu'ils contenaient, lisant en diagonale le profil de l'homme du dossier. Gingka se pencha au-dessus de son épaule.
-Ce dossier a plus de dix ans, ça m'étonnerait qu'on trouve quoi que ce soit d'intéressant…
-Petit dealer de drogue des quartiers, appréhendé plusieurs fois avec des remises à l'ordre et avertissement… La police ne l'a pas appréhendé ces dix dernières années… Énuméra l'assassin, résumant ce qu'il lisait à voix haute.
Il réfléchit quelques secondes, les sourcils froncés, les yeux rivés sur les feuilles, puis il se tourna vers Gingka :
-T'as pas un ordinateur ? J'ai besoin de vérifier un truc.
-Hum oui, je dois avoir ça quelque part… Fit l'enquêteur en se relevant.
Il se dirigea vers les étagères de son bureau, et les ouvrit une à une, jusqu'à trouver ce qu'il cherchait il débusqua un ordinateur portable dans le fond d'un tiroir, et le tendit à l'autre, avant de sortir également les deux câbles qui composaient le chargeur. Il donna l'extrémité à Ryuga, qui la brancha à l'appareil, tandis qu'il allait brancher l'autre extrémité sur une prise murale à côté de la porte. Il revint ensuite s'assoir à côté de l'autre, qui avait déjà allumé l'appareil.
Ryuga effectua une rapide recherche. Il tapa le nom de l'homme dans un des logiciels de la police logiciel qu'il avait trouvé très facilement, vu qu'il s'agissait de l'ordinateur de fonction du rouquin.
-Trouvé ! Tiens regarde, ce type est mort depuis neuf ans.
-Pas étonnant qu'il n'ait pas été arrêté depuis des années. Fit remarquer le rouquin en se penchant sur l'écran.
-Bon en tous cas, ça c'est réglé ! S'exclama le blanc en refermant d'un coup sec le dossier, et en le balançant sur le côté.
L'enquêteur ramassa le dossier que l'autre venait de jeter, et à quatre pattes, fit le tour de son bureau pour en ouvrir l'un des tiroirs. Il en sorti une sorte de tampon, qu'il plaqua sur le dossier, le décorant de la mention « classé ». Il rejoignit ensuite l'autre, qui de saisissait déjà du dossier suivant.
-Je pense qu'on peut refaire un tri comme ça. Suggéra Gingka.
-Mouais, sinon dans cent ans, on y est encore !
Les deux s'organisèrent donc une nouvelle fois Ryuga dictait les noms de chaque dossier, pendant que le rouquin les entrait dans la machine. Ils firent donc une deuxième passe de tri, coupant cette fois la pile en deux : une dont ils pouvaient déjà classer les affaires, car les victimes ou suspect étaient soit décédés, soit déjà en prison, et une deuxième où ils mirent les affaires en cours. Finalement, il y avait plus d'affaires classées que de non classées, puisque la plupart des dossiers commençaient franchement à dater.
Une fois leur tri terminé, ils passèrent à la suite. Ils prirent le premier dossier sur la pile d'affaires non classées, et l'ouvrirent à la première page…
Soudain, quelqu'un toqua à la porte, les faisant sortir de leur bulle. Ryuga jeta un coup d'œil interrogateur vers Gingka, ce dernier autorisant la personne à entrer, et Hikaru apparu dans l'ouverture.
-Ho pardon, vous êtes occupés… S'excusa la jeune fille en les voyant tous les deux assis par terre, au milieu d'une mer de papiers éparpillés par terre.
-Pas de soucis Hikaru ! Répondit le rouquin. Tu voulais quelque chose ?
-On a prévu au dernier moment un pique-nique au parc avec tout le monde ce midi… C'était pour savoir si tu étais partant… Finit la bleue en jetant un coup d'œil vers le blanc.
Les deux jetèrent un coup d'œil à la pendule. Complètement absorbés dans leur travail, ils n'avaient pas vu le temps passer.
-Bien sûr que je suis partant ! Répondit l'enquêteur en fermant prestement le dossier, et en sautant sur ses pieds avec un grand sourire.
L'assassin lui, resta assit, ne sachant pas trop où se mettre, il ne savait pas bien s'il était le bienvenu dans leur petite rencontre, mais la réponse lui semblait plus proche du « non » que du « oui ». Finalement, ce fut L'enquêteur qui trancha la question le saisissant par le poignet pour le remettre sur ses jambes.
-Aller du nerf !! Se moqua-t'il gentiment, ce à quoi répondit le blanc en levant les yeux au ciel.
La jeune secrétaire jeta un regard inquiet à Gingka, qui lui adressa un sourire rassurant. Elle craignait que la présence du blanc ne crée un autre fiasco, comme la dernière fois qu'ils avaient mangés ensemble.
Avant de quitter la pièce le rouquin attrapa quelques dossiers, et les fourra dans un sac à dos qu'il mit sur son épaule, avant de sortir avec les deux autres, fermant la porte à clé derrière lui. Les trois jeunes gens se dirigèrent ensuite vers la sortie du commissariat. Une fois sortis, ils retrouvèrent Kenta, le jeune stagiaire de la bande, qui les attendait à l'extérieur du bâtiment. Il leur adressa un coucou de la main tout en souriant de toutes ses dents. Puis soudainement, Gingka sembla se souvenir de quelque chose, et il s'adressa à ses amis :
-Attendez moi là ! J'ai oublié un truc ! Déclara-t'il avant de repartir en courant vers le commissariat.
Il réapparu quelques minutes plus tard, marchant tranquillement vers eux, discutant avec un jeune homme aux cheveux vert et des cicatrices en dessous des yeux, et qui semblait être en train de râler vu l'expression renfrognée qu'il arborait.
-He bien ! Il n'y a bien que Gingka pour faire sortir le grand Kyoya Tategami de son bureau ! Hikaru d'un ton moqueur.
Arrivant à sa hauteur, le dénommé la toisa, les mains dans les poches et le regard noir. La bleue ne sembla pas s'en formaliser elle avait l'habitude du caractère de cochon du balafré. Finalement, Kyoya haussa les épaules, et se mit en marche, ne daignant même pas se retourner pour voir si on le suivait, et le petit groupe se mit en marche.
Quelques minutes plus tard, ils arrivaient enfin au parc, où leurs amis déjà présents les attendaient, leur adressant de grands signes de la main. Il y avait là Madoka, Tsubasa, Hyoma et Benkei.
-Salut ! Les salua la brune en faisant un geste de la main. Comme c'est le jour de congé de Benkei et Tsubasa, je me suis dit qu'il serait dommage de ne pas profiter du beau temps !
-Kyoya-san !! Appela Benkei, les yeux remplis d'admiration.
-Yo. Se contenta de répondre ce dernier, daignant tout de même sortir une main de la poche de son jean pour le saluer. Et ça, venant du balafré, s'agissait déjà d'une énorme marque d'affection.
-Bon, puisqu'on est tous là, si on allait acheter de quoi manger ! Fit Hyoma.
Tous acquiescèrent, et ils se mirent en quête d'un restaurant qui proposait des plats à emporter. Finalement, après quelques minutes de recherche et un vote à main levée, ils jetèrent leur dévolu sur un restaurant de sushis. Chacun commanda, et ils décidèrent de payer séparément. Mais quand vint le tour de Gingka …
-Zut ! Je crois que j'ai oublié mon portefeuille ! Fit-il en fouillant frénétiquement chacune de ses poches.
-Je peux payer pour toi si tu veux. Se manifesta Kenta.
-Hors de question. Décréta l'enquêteur. Ton salaire de stagiaire, c'est une misère, alors il est hors de question que tu débourses un rond pour moi !
-Comme quoi, certaines choses ne changent pas depuis le lycée… Soupira Kyoya en levant les yeux au ciel.
-Comment ça ? S'étonna le rouquin.
-Ne me dis pas que tu ne te souviens pas de tous les goûters que je t'ai payé à la pause de 10h quand on était au lycée !! Mon porte-monnaie s'en souvient encore monsieur « j'ai tout le temps faim » ! Renchérit le balafré.
-Personne ne t'obligeais à payer monsieur « je suis tout le temps de mauvaise humeur » ! Rétorqua Gingka en lui tirant la langue.
Madoka, qui pressentait que les deux allaient continuer à se chamailler, intervint :
-Bon ça suffit, je vais m'en charger. Trancha-t'elle en ressortant sa carte bleue.
-Mais quand elle présenta sa carte au vendeur, celui-ci lui répondit :
-Le monsieur aux cheveux blancs là-bas a déjà réglé mademoiselle. Fit-il en désignant Ryuga.
Tout le monde se retourna vers ce dernier, un peu étonnés. Alors que tout le monde se mettait à le fixer, le blanc répliqua sèchement :
-J'ai faim, et vous êtes lents. Se justifia-t'il.
Tsubasa jeta un regard en biais au rouquin :
-Il n'est pas censé être en liberté « conditionnelle », et n'avoir droit à aucun effet personnel lui ? Demanda-t'il d'un air suspicieux.
-heeem… Se contenta de répondre le rouquin, alors qu'il se grattait l'arrière du crâne avec un air coupable.
-De toute façon, il ne vérifie rien. Répliqua l'assassin en désignant l'enquêteur.
-Franchement Gingka. Tu pourrais faire un peu plus attention quand même ! Il pourrait être armé et tu n'en saurais rien du tout !! Réprimanda la bleue.
-Ha tu parles de ça ? Continua Ryuga en sortant l'un de ses couteaux d'une de des manches.
Alors que tous les yeux se fixaient sur lui, horrifiés, il arborait un air blasé, comme s'il était complètement normal qu'il sorte une arme blanche en plein milieu d'un restaurant.
-Donnes-moi ça. Fit sèchement le rouquin, avant que ses amis ne puissent ouvrir la bouche.
Le blanc leva les yeux au ciel, retourna le couteau entre ses doigts et tendit la poignée de l'arme à l'autre, tout en tenant cette dernière par la lame.
Gingka empocha rapidement l'objet. Le planquant dans une des poches, avant de jeter un coup d'œil discret autour d'eux afin de vérifier qu'aucun des autres clients n'avaient vu ce qu'il venait de se passer. Puis il jeta un regard noir à ses amis pour leur dire de se taire, autant pour ne pas attirer l'attention sur eux que pour s'éviter un commentaire sur la façon dont il gérait l'assassin.
Ils purent finalement emporter leurs commandes et sortirent tous ensemble du restaurant. Si après ce petit incident, les autres semblaient s'être désintéressés de l'assassin, ce dernier remarqua que le type aux cicatrices sur les joues l'observait de temps en temps du coin de l'œil. Alors qu'ils marchaient vers le parc, le blanc et le rouquin fermaient la marche, marchant côte à côte. Ryuga se pencha vers l'autre, et lui chuchota dans l'oreille :
-Tu sais que c'est pas le seul couteau que j'ai sur moi hein ?
-Oui, je suis au courant, mais eux, ils ne le savent pas. Rétorqua-t 'il en désignant ses amis qui marchaient gaiement devant.
Ryuga pouffa.
-c'est juste histoire de garder la face en fait.
-Tais-toi un peu, c'est de mon honneur dont on parle là ! Se défendit le rouquin en pouffant à son tour.
-Ils ont raison, je suis dangereux, et tu ne surveilles rien. Lui rétorqua un peu sèchement le blanc, remettant du sérieux dans la conversation.
-Je te fait confiance, c'est différent. Répondit Gingka d'un ton doux.
Le blanc resta silencieux quelques instants, dévisageant l'enquêteur, puis répondit :
-Tu ne devrais pas.
-Peut-être, mais j'ai quand même envie de te faire confiance.
-T'es vraiment bizarre. La moindre personne censée se serait déjà enfuie en courant. Tu n'as aucune raison de me faire confiance, et pourtant tu le fais quand même, et puis…
L'assassin laissa sa phrase en suspens, puis finalement referma la bouche, choisissant de ne pas terminer sa phrase, ravalant le « je ne mérite pas ta confiance » qui s'apprêtait à sortir. Finalement, son visage se ferma complètement, et il remit ses mains dans ses poches, regardant droit devant lui, l'air de dire que cette discussion était terminée.
Mais comme s'il lisait ses pensées, le rouquin lui mit alors la main sur l'épaule, faisant revenir l'attention de l'assassin sur lui.
-Oui, mais je ne suis pas une « personne censée » comme tu dis. J'ai envie de te faire confiance, et puis…. Il y a une chose dont je suis sûr, c'est que… tout le monde a droit à sa chance… Conclut le rouquin, offrant à Ryuga un sourire rassurant, ses yeux pleins d'espoir.
À ces mots, les yeux du blanc s'écarquillèrent, un peu surpris, et il fixa l'autre, un peu embarrassé et ne sachant pas comment réagir, incapable de contenir la chaleur qui lui remplissait le torse aux mots de l'autre, qui le regardait toujours en souriant. Finalement, le rouge lui monta aux joues, et il détourna les yeux, se mettant la main sur le visage en poussant un gémissement gêné.
Les mots du rouquin le touchaient en plein cœur. Ce dernier était un soleil à lui tout seul, il suffisait qu'il place une phrase bien dégoulinante d'espoir, et qu'il lui dise qu'il croyait en lui, et soudainement, Ryuga remettait en question toute sa vie qu'il avait passé dans l'obscurité, se disant qu'avec l'autre, il pouvait devenir quelque chose d'autre, devenir une meilleure version de lui-même, quelque chose de plus grand. Le rouquin aurait pu le détester, le haïr, et le traiter de moins que rien, comme tout le monde, mais non, il pensait réellement qu'il pouvait l'aider à aller de l'avant, à se sortir de là. Gingka était décidément bien trop gentil.
Finalement, ils arrivèrent au parc, et se trouvèrent des places assis dans l'herbe, sous un arbre, et commencèrent à casser la croûte tout en discutant de tout et de rien. Kyoya jetait toujours des coups d'œil vers le blanc de temps à autre. Bien sûr, ce dernier l'avait remarqué et lorsque le vert le fixait, il lui renvoyait des regards noirs. Mais cela ne semblait pas déranger plus que ça le balafré, qui les soutenait aisément.
-Alors c'est lui le fameux Ryuga. Finit-il par déclarer.
-Non non je suis le pape. Répondit cyniquement le blanc, en levant les yeux au ciel.
-Heuu, oui pourquoi ? Fit Gingka.
Kyoya eu un sourire amusé :
-Je comprends parfaitement pourquoi il t'intéresse !! Il correspond à tout tes critères ! S'exclama-t 'il en fixant le rouquin, se foutant clairement de sa gueule.
-De quoi ?? Quels critères ?? Demanda l'assassin, qui ne comprenait rien du tout.
Gingka quant à lui, se mit soudainement à rougir furieusement, très gêné.
-Je… Je vois pas du tout de quels critères tu parles !! Se défendit-il, en espérant que Kyoya allait vite se taire.
Mais ce dernier semblait déterminé à l'afficher, car son sourire s'agrandit, et il déclara innocemment :
-Mais si tu sais ! Plutôt beau gosse, bien goalé et forte tête…
Tout le monde se tourna vers le rouquin en ouvrant de grand yeux, même Ryuga, mais lui, il n'avait pas compris.
Finalement, Madoka prit la parole, venant au secours du rouquin :
-Tiens tiens, ça me rappelle une certaine personne… Lança-t'elle en jetant un regard en biais au balafré.
-C'est bien ce que je disais, exactement son type de gars… souligna une nouvelle fois Kyoya, alors que le rouquin se liquéfiait littéralement sur place.
Hikaru se tourna alors vers l'enquêteur :
-Franchement Gingka, t'as des goûts bizarres : toutes les racailles beaux gosses ténébreux que tu trouves, tu les ramasse par la petite cuillère, et tu sors avec ensuite… Fit-elle en jetant un regard lourd de sous-entendus au balafré, tout en croquant dans son sandwich.
-Hé qu'est-ce que t'entends par « racaille » !! S'exclama le vert, piqué au vif.
-Tu sais très bien de quoi je parle, « monsieur le chef de gang » ! Railla-t 'elle.
-Erreur de jeunesse, c'était au lycée bon sang ! Se justifia-t'il alors en levant les yeux au ciel.
Alors que les deux continuaient de s'envoyer des piques, Ryuga, lui, avait arrêté de suivre la conversation. Leurs petites histoires ne l'intéressaient que très moyennement, surtout s'il s'agissait de leurs histoires de lycée. Après tout il n'était personnellement jamais allé à l'école, alors les entendre parler de leurs souvenirs de jeunesse, merci bien. Même s'il refusait de l'admettre, le blanc était en réalité jaloux que toute la petite bande ait eu la chance d'aller au lycée, d'avoir fait des rencontres, et s'être fait pleins de souvenirs heureux. C'était quelque chose qu'il aurait bien aimé faire lui aussi, n'en déplaisent à tous les enfants qui se plaignent d'aller à l'école ils ne savaient pas la chance qu'ils avaient…
Ryuga se perdit ainsi dans ses pensées, grignotant tranquillement ses sushis. Il regardait les nuages défiler, changer de forme et disparaitre dans le ciel. La conversation à côté n'était plus qu'un lointain brouhaha qui parvenait à ses oreilles, il ne faisait plus attention à ce qu'ils disaient…
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-Au fait Gingka, t'en est où dans ton enquête de scientifique fou ? Questionna alors Kenta.
-Ho ziggurat ? C'est terminé.
-Quoi déjà ? S'étonna Madoka.
-Oui, confirma la bleue, ils se sont infiltrés de nuit dans le laboratoire de Ziggurat. Ryo les a engueulés ce matin. Dit-elle.
-Ha c'était pour ça qu'il hurlait dans son bureau ? Fit Kenta.
-Dit-lui de se calmer la prochaine fois, on l'entend crier à l'autre bout du bâtiment… Ajouta le balafré.
-Bon sang c'était pour ça cette question bizarre au téléphone l'autre jour ????! S'exclama alors la brune, interloquée. La prochaine, fois que tu me demandes des trucs comme ça, rappelle-moi de ne pas te répondre…
-Tu y est allé tout seul ??? C'est pas du tout ton style ! S'étonna Tsubasa.
-Non il était avec Ryuga.
-Pardon ??! S'étouffa l'argenté, avant de jeter un regard noir vers le blanc, ouvrant la bouche pour s'apprêter à faire des reproches.
Mais Gingka l'arrêta immédiatement, afin d'éviter un nouveau scandale. :
-Calme toi, c'est moi qui lui ai demandé. Déclara-t 'il.
-D'ailleurs j'ai jeté un coup d'œil vite fait aux photos que vous avez ramené…Vous êtes des malades de vous être aventurés là-dedans… Gronda la bleue.
Elle avait raison, tout cela aurait pu très mal se terminer pour eux s'ils avaient été pris… Madoka, qui sentait que la discussion prenait une tournure un peu trop sombre, eu la présence d'esprit de changer de sujet :
-Et donc maintenant, qu'est-ce que tu vas faire ? Tu as fini toutes tes enquêtes en cours non ?
-En tout cas, je ne sais pas ce qu'ils faisaient ce matin, mais ils étaient assis au milieu d'une mare de paperasse !
-« Ils » ? interrogea Madoka.
-Oui ! S'exclama Gingka, tout excité. Ryuga m'aide.
-Il t'aide ? Et en quoi cet assassin pourrait-il bien « aider » ? Railla Tsubasa.
-Hé ! Il est parfaitement capable de se rendre utile ! Contra le rouquin, défendant le blanc. Il commençait à en avoir assez que l'argenté descende son acolyte plus bas que terre à chaque fois qu'il en avait l'occasion.
-Et donc vous êtes sur quoi ? Demanda Kenta.
-On a ressortit toutes les enquêtes non classées des archives ! Commença à expliquer l'enquêteur, tout excité. On a commencé à les trier, et vu que Ryuga s'y connais bien en méchants, ça va être plus facile de boucler tout ça !
Alors que le blanc, entendant son nom dans la conversation, tourna le regard vers le petit groupe, Madoka demanda :
-Comment ça « il s'y connait en méchant » ?
-Eeeh bien… Commençaà expliquer le rouquin, avant de se faire couper la parole par l'assassin :
-Contrairement à ce que vous semblez tous penser ici, mon boulot ne consiste pas que « à tuer des gens ». Je fais principalement des missions de surveillance, d'espionnage, et du transfert d'informations. Je suis donc plus au courant que la police de toutes les magouilles qui se passent dans cette ville.
-Oh je vois, pratique pour compléter les dossiers ! Fit Hikaru.
-Ouep ! D'ailleurs j'en ai apporté quelques-uns que j'ai pris au pif dans la liste ! S'exclama l'enquêteur en se saisissant de son sac à dos, sortant quelques dossiers de celui-ci.
Ryuga se tourna alors vers le rouquin, qui ouvrait le premier dossier sous l'œil de ses amis.
-Alors… Fit Gingka, lisant les premières lignes. Affaire de vols de vélos en série…
Le blanc pouffa de rire des vols de vélos franchement !
-Sérieusement !? Je m'attendais à mieux !
-Oui bon, c'est pas ma faute hein ! Se défendit le rouquin.
-T'as des noms dans le dossier ? Questionna l'assassin.
Gingka lui donna les quelques noms qu'il trouva dans le dossier.
-Cherche pas plus loin, ce gang de minables a été démantelé l'année dernière. L'informa le blanc.
Gingka releva les yeux du dossier, dévisageant l'autre.
-Tu est sûr ?
-Archisûr. Confirma-t'il. Ils volaient des vélos un peu partout dans la ville, c'était une bande organisée qui faisait du business de vélos volés sur internet. Sauf qu'un jour ils n'ont pas fait attention, ils ont volé des vélos qui appartenaient aux membres d'un autre gang, et ça n'a pas loupé, y'a eu un gros réglage de comptes ! Expliqua brièvement Ryuga.
-Pfff tout ça pour des vélos… Souffla la bleue.
-Le business, c'est le business! Fit l'assassin.
-Sauf qu'il y a des moyens plus légaux pour se faire de l'argent ! S'offusqua Tsubasa.
-Tu serais jaloux si tu voyais le chiffre sur mon compte en banque… Rétorqua le blanc en levant les yeux au ciel.
-Bref ! Fit madoka, essayant encore une fois de calmer le jeu. Si tu passais à la suite Gingka ? Suggéra-t'elle.
L'interpellé hocha la tête, se saisissant du dossier suivant.
-ugh, ce dossier-là est moins marrant… Fit alors le rouquin en grimaçant.
-C'est quoi ? Questionna Kenta.
-Une affaire de prostitution… Un type tenait un réseau dans la ville, il enlevait des jeunes filles, et les enfermait dans des maisons closes… Un truc assez sordide, y'en avait plusieurs dans la ville, et seulement une a été démantelée par la police. Et le type n'a jamais été retrouvé…
-Tu peux classer cette affaire là aussi. Le coupa Ryuga.
-Hein ? Comment ça ? Demanda Gingka.
-Le type est mort.
-Et comment tu peux savoir ça !? L'accusa Tsubasa, refusant une nouvelle fois de faire confiance à l'assassin.
-C'est moi qui l'ai tué. Déclara alors le blanc dans le plus grand des calmes.
Un long silence s'installa dans le groupe suite à cette déclaration. Tous les regards s'étaient tournés vers Ryuga, qui venait de déclarer qu'il avait tué un homme comme s'il s'agissait de la chose la plus normale du monde. Si tous le dévisageaient avec de grands yeux sans piper mot, le blanc lui, était complètement déphasé.
Après un très long silence, une exclamation retentit finalement dans le petit groupe :
-MERCI ! S'écria Madoka.
-Hein ? S'étonna Ryuga.
-Hein ? S'étonnèrent les autres.
Si le premier ne comprenait pas du tout pourquoi une personne lambda approuvait autant le fait qu'il ait tué quelqu'un, les autres ne comprenaient absolument pas la réaction de la jeune fille, qui d'ordinaire était quelqu'un d'extrêmement pacifique.
-Tu vois que tu peux te rendre utile ! Fit-elle en prenant les mains du blanc et les serrant, des étoiles pleins les yeux. Pour ce coup-ci, tu as mon entière approbation !!
-Ho je commence à comprendre…On vient de heurter la corde sensible… Fit Hikaru en poussant un soupir, désespérée par l'attitude de son amie.
Les autres, ne comprenant toujours pas, se tournèrent vers elle, demandant plus d'explications. Pendant ce temps, La jeune fille serrait toujours la main du blanc, ce dernier, complètement confus, et n'ayant vraiment pas l'habitude des contacts physiques, dévisageait la brune avec un air complètement perdu, ne sachant pas comment réagir face à la réaction de Madoka, qui le félicitait littéralement d'avoir tué un homme, chose que le blanc savait être mal, et également face à cette brusque intrusion dans son espace vital. L'assassin était complètement crispé.
-Disons que ça vient de titiller son côté féministe… Expliqua la bleue au reste du groupe.
Comprenant immédiatement pourquoi l'avocate avait réagi au quart de tour, le petit groupe hocha la tête, certains pouffant de rire. Ils connaissaient leur amie, et son côté extrémiste sur le sujet, donc sa réaction fut parfaitement comprise par le petit groupe.
-Lâche-le, tu lui fais peur. Finit par dire Gingka en pouffant de rire, prenant les mains de la jeune fille pour lui faire lâcher l'assassin, ce dernier paraissait prêt à bondir en arrière.
-Merci d'avoir tué ce sale con !!! S'exclama la jeune fille en lançant son poing en l'air.
-Calmes-toi Madoka… Fit Hikaru.
-Nan mais c'est vrai quoi ! Continua la brune. Tous ces connards à qui on devrait couper les couilles !! Enfin un qui a ce qu'il mérite !
La jeune fille continua à s'offusquer sur le traitement de la gent féminine, pendant que le petit groupe se contentait d'écouter. Une fois que l'avocate était lancée sur ce sujet-là, elle ne s'arrêtait jamais.
A côté, Ryuga ne semblait pas se remettre de la réaction bizarre de Madoka. Gingka s'approcha de lui en rigolant :
-ça va tu vas t'en remettre ??
