La robe portait par Rin Tohsaka est similaire à celle qu'on lui voit dans le jeu " Fate Hollow Ataraxia". Je pense que cette fois, personne ne fera de reproche quant au fait que Rin est inutile.

La ville de "Torrent" est de mon invention... je trouve que vu la taille du royaume de Ménévie, il serait étrange qu'il n'y ait qu'une seule cité importante.

J'ai aussi inventé le prince Pélage, parce que je trouvais étrange que le roi de Ménévie n'ait pas eu de garçon de son premier mariage. Son nom est la version française d'un prénom romain très apprécié des auteurs des TES : " Pelagius".

The English translation will wait until tomorrow (11/26).

La bataille de la Bjoulsae

Sur les mondes détruits, le temps dors, immobile.

Le château de Tournelle gisait dans les décombres de ses murailles éventrées. Squelette de forteresse où saillaient des pans de murs noircis et des tours mutilées. Le feu couvait dans les ruines et le vent portait au lin l'odeur effroyable des corps brûlés.

Pourtant il y avait de la vie dans le castel dévasté.

Une silhouette en larme allait d'un corps à un autre identifiant... un garde avec qui elle avait discuté... le vieux Khajiit qui lui avait appris à lire... un écuyer qui s'était moqué d'elle... un adolescent de son âge dont elle se souvenait bafouillant une déclaration d'amour.

Artoria Draconis était morte en même temps que tous les habitants de la forteresse.

Avec ses larmes elle enfermait les souvenirs du père qui l'avait soutenue quant elle apprenait à marcher, la mère qui lui racontait des histoires. Sa deuxième enfance venait de prendre fin. La première n'avait pas été aussi heureuse. Uther Pendragon était mort quant elle avait huit ans et elle ne l'avait jamais rencontré. Sa mère... la duchesse de Cornouailles, la détestait.

Saber secoua la tête.

Pourtant, les souvenirs de sa première vie étaient ce qui lui donnait la force de continuer la visite des ruines. Elle n'avait pas trouvé d'être vivant. Partout gisaient les dépouilles des habitants, souvent entouré de cadavres de gobelin. Saber avait cependant trouvé une carte de la Ménévie et un sac à dos dans le poste de garde, une bourse sur un cadavre et un bâton de combat intacte entre les mains d'un garde.

Artoria Draconis, la fille d'Alain Draconis et Eveline Draconis était morte en même temps que ses parents mais Artoria Pendragon était bien vivante, désireuse de venger tout ce qu'elle avait perdue.

Pour cela, il faut d'abord atteindre Refuge, la capitale, pour prévenir le roi Eadwyre. Retenant un nouveau sanglot, Saber descendit le sentier escarpé qui permettait de descendre de la forteresse à partir de la poterne est. Il s'agissait du chemin le plus rapide, contournant tout l'escarpement de la route principale. Arrivée au pied du rocher supportant les ruines de Tournelle, Artoria arriva à une bifurcation.

Alors qu'elle hésitait son instinct l'avertit qu'une arrière garde des assaillants s'attardait à proximité du château dans l'espoir de cueillir des survivants sortant de leur cachette. Évitant les deux sentiers, Saber se glissa sous les épais feuillages des bois qui cascadaient sur les pentes des monts Wrothgar.


Pendant presque une demi-heure, Artoria se fraya un chemin dans les épaisses broussailles. Comme un lourd battement passait au-dessus de sa tête, elle se plaqua au tronc rugueux d'un chêne centenaire. Entre les feuilles, elle discerna un des monstres ailés qui avait attaqué le château. La créature portait une selle occupée par deux gobelins. Ces petits humanoïdes apparentés aux Mers - les elfes - formaient des clans guerriers très primitifs vivant du brigandage et du pillage des villages isolés. Comme les orques et les ogres, ils vénéraient Malacath, le dieu des proscrits. Certains peuples de Tamriel, comme les Aldmers, les avaient réduits en esclavage pour qu'ils combattent pour eux. Au nord des monts Wrothgar, les clans gobelins étaient vassaux des orques. Ces derniers plus forts, plus organisés, n'avaient aucune peine à s'imposer à leurs cousins chétifs, les payants en armes et en outils.

Attendant sans bouger que la patrouille se fut éloignée, Saber courut à petite foulée en direction du sud-ouest, contournant largement les ruines du château.

Toutefois, à peine cinq cent mètres plus loin, elle s'immobilisa en entendant une explosion faire trembler les arbres. Intriguée, elle s'approcha, prenant bien soins de rester à couvert. Ayant passé son enfance dans la région, l'adolescente se souvenait de ruines elfiques dans cette direction. Sur place, elle découvrit une troupe d'une trentaine de gobelins et peut-être trois ou quatre fois plus, gisant au sol morts ou agonisant parmi les vestiges de l'ancienne cité direnni. Soudain...

- Fixiering Eile Salve !

Une rafale de Gandr Shot siffla dans l'air, percutant les gobelins avec la puissance d'une mitrailleuse. Les projectiles magiques étaient des malédictions si puissantes qu'elles prenaient une forme tangibles, des gouttes de ténèbres enveloppées d'une aura rouge sang. Ce fut un massacre. Le premier rang des humanoïdes s'effondra.

Un orque colossal reconnaissable à son faciès porcins, couvert d'une cotte de maille noire, dénoua un long nerf-de-bœuf à sa ceinture, cinglant le dos des gobelins pour les relancer à l'attaque.

Artoria a dégainé la cognée de bucheron, sa seule arme et observait l'affrontement, son cœur battant à coup redoublé dans sa poitrine.

Gandr Shot...

Ce sortilège en allemand...

Et surtout cette voix !

Se déplaçant pour mieux voir l'intérieur des ruines, Saber découvrit...

Une jeune femme à peine plus âgée qu'elle qui tient tête, seule, à la horde humanoïde. Elle porte une robe longue laissant les épaules nues, taillée dans le satin rouge, aux manches et au corsage bordé de tulle noire. Un collier de tissu vermeil et ébène complète sa tenue. Elle est coiffée en deux couettes ornée de rubans noirs, une Asiatique aux magnifiques yeux de saphir. Rin Tohsaka, le master d'Archer dans la Cinquième Guerre du Graal... et une amie très chère ! Un peu de rose apparait aux joues de Saber qui chassa le souvenir d'une maison en ruine dans la forêt des Einzbern.

Alors que cinq gobelins foncent sur Rin, la lance brandie, elle se tourna vers eux le bras droit tendu, soutenu par sa main gauche. Une pluie de Gandr cueille les humanoïdes, brisant leurs armures. Toutefois, elle n'a pas vu qu'un dernier monstre a escaladé un pilier, un poignard courbe entre les dents. Il est prêt à bondir...

Boostée par le Prana Burst, Saber bondit en avant et frappe. Le gobelin n'a que le temps de crier que sa vie s'interrompt. L'arrivée d'un second adversaire achève de démoraliser les monstres chétifs. Ils se replient en désordre. Cependant, l'orque qui les commande jette un coup d'œil vindicatif avant de s'éloigner.

- Saber !

Rin a aussi reconnue son amie. Les mains pressées sur la poitrine, elle dévisage l'ancien Servant avec surprise :

- Que... mais...

Puit secoua la tête et sourit :

- Tu sembles toujours surgir au bon moment.

- Rin, je suis aussi étonnée que tu puisses l'être. Comment es-tu arrivée sur Nirn ?

- Oh ? N'est-ce pas évident ?

Ses yeux s'étrécirent pour briller d'un éclat parfaitement maléfique assorti à son sourire tors :

- Je suis née sur Nirn. Il y a dix-sept ans ! Et mon dernier souvenir de ma précédente vie est de m'être évanouie à cause du sang perdu au cours de mon combat contre Kirei. Cet idiot de Shiro-kun et toi étiez sur le point d'empêcher la matérialisation du Graal... et vous avez échoué, n'est-ce pas ! ?

Saber acquiesça, résumant en quelques phrases le combat puis leur discussion avec Angra Mainyu, avant de terminer par sa nouvelle vie. Une main passée sur le ventre, se frottant ses lèvres de l'autre main, Rin écoutait avec intérêt. Elle finit par soupirer :

- Exactement ce que j'avais craint.

Artoria, une main sur sa hanche, pencha légèrement la tête de côté. Son regard se fit sérieux :

- Tu ne sembles guère surprise, Rin.

- Effectivement, J'ai déjà rencontré deux anciens Masters et un Servant. Je suppose que le vœu de donner une seconde chance à toutes les victimes de la Guerre du Graal en est la cause. Et je suppose que tout ce qui arrive maintenant est le danger que toi et Shiro devez arrêter...

Artoria acquiesça gravement :

- Je le suppose aussi, Rin. D'ailleurs... dois-je t'appeler Rin ?

- Oui, ce n'est pas le nom que j'ai reçu à la naissance, mais d'après la tradition des Magi de la Guilde, un nouveau invocateur peu s'inscrire sous le nom de son choix. Et j'ai pris "Rin Tohsaka".

Saber battit des paupières, impressionnée :

- Tu es déjà invocatrice de la guilde ?

Rin rougit avant de repousser une de ses couettes d'un geste machinal et de bomber le torse :

- Évidemment, je suis un génie. À titre personnel, je dois vous remercier Shiro et toi parce... ah... ça attendra. Il y a plus urgent !

Elle sortit une lettre de sa manche et la tendit à Saber :

- Il s'agit d'un pli adressé au comte de La Roche par le Maître de la Maison de Guilde de Refuge. Hélas, nous avons été attaqués en chemin et j'ai été obligé de continuer à pied.

Artoria lit quelques lignes et sursauta :

- Un mage a trahis et aidé les orques à attaquer ?

Rin hocha froidement la tête :

- Le Magus en question s'appelle... Shinji Matou. Tu comprends mieux pourquoi je ne suis pas vraiment étonnée de te rencontrer ?

- À présent, oui.

- Je resterais bien discuter avec toi mais... je suis fatiguée par les combats que je mène depuis ce matin. J'ai un moyen de rentrer chez moi, à Torrent mais je ne peux pas t'emmener.

La jeune Magus hésita et Saber sourit :

- Ne t'inquiète pas pour moi. Je peux m'en sortir seule.

Rin acquiesça, hésita, et prit son amie dans ses bras. Après un moment, elle fit un effort pour rompre le contact :

- Promet-moi de venir me voir très vite, j'ai des milliers de choses à te raconter.

- D'accord. Bonne chance à toi !

- À toi aussi.

Rin tira un médaillon d'un étui à sa ceinture. On y voyait un pentacle complexe. Elle l'imprégna de prana avant de prononcer un mot de commande :

- Erinnerung !

Le cercle magique gravé sur le fétiche apparut sous ses pieds tandis qu'elle devenait translucide. Un instant plus tard, il ne restait plus que des particules lumineuses qui se dispersaient.

Artoria hocha la tête. Un sort de téléportation qui avait probablement ramené Rin chez elle, une précaution utile en cas de voyage dangereux.


Saber se tourna en direction des collines couvertes d'arbres qui cascadaient depuis les monts Wrothgar en direction des plaines de Havretempête. Le fleuve Bjoulsae ondulait dans ce paysage paisible… enfin pas totalement paisible. Une haute colonne de fumée montait dans le ciel. Vu la direction, au sud-est, ce devait être la ville de Torrent en train de brûler. L'adolescente serra les lèvres... Rin ! Refusant de s'inquiéter de ce qu'elle ne pouvait changer, elle reprit sa marche.

Artoria suivait un sentier qui rejoignit une route plus large qui descendait vers le sud-ouest. La chaussée défoncée était envahie par une épouvantable cohue. Des charriots sur lesquels on avait entassés de maigres biens voisinaient avec des brouettes, des gens à pieds, hommes, femmes, enfants. Ils avaient des visages hantés. Ils marchaient sans parler, sans un regard à droite ou à gauche, les traits tirés, les yeux fixés par terre ou en avant. En dépit de leur épuisement, ils avançaient.

Peu désireuse de se mêler à eux, l'écuyère suivit un chemin parallèle à la route. Elle atteignit ainsi une petite ferme misérable construite aux limites d'un minuscule lopin où ne poussait que des cailloux. La porte était grandes ouverte. Il n'y avait aucun bruit. Saber serra la cognée de bûcheron, sa seule arme. Des fruits étaient abandonnés sur la table, un tabouret gisait au sol. On aurait dit qu'un coup de vent avait jeté le contenu du buffet au sol

"Il y a quelqu'un ? " Nul ne répondit et Saber haussa les épaules. Pour calmer sa faim, l'adolescente mangea rapidement les fruits abandonnés. Elle était sur le point de repartir quand des appels horrifiés retentirent à l'extérieur. La jeune fille courut jusqu'à l'entrée du chemin qui conduisait à la fermette. La petite route qu'elle avait longé y était visible… et c'était la panique. La raison lui apparu lorsqu'une ombre éclipsa un instant le soleil. Un… non, trois… oui trois volatiles géants tournaient dans le vent. On aurait dit des lézards avec des ailes de chauve-souris et un long cou sinueux terminé par une tête au lourd bec garnis de dents. Quoi que soient ces horreurs et le nom qu'on leur donne, elles servaient de montures. Chacune portait deux humanoïdes sur des selles de cuir.

Des gobelins !

Un des cousins stupides des dragons s'abattit sur une charrette remplie d'enfants apeurés. Un trio de gobelins sauta de selle et s'attaqua à leurs parents. Le sang de Saber ne fit qu'un tour. Elle prit la cognée à deux mains. Dans sa poitrine, le cœur de dragon s'activa : Prana Burst. Un instant plus tard, elle avait rattrapé l'attelage. Son arme siffla et trancha le cou d'un premier monstre humanoïde. Les deux autres gobelins connurent une fin tout aussi expéditive.

Hélas, d'autres montures aériennes tournoyaient au-dessus de la colonne de fugitifs, plongeant sur les hommes pour les arracher au sol et les lâcher du haut du ciel. Les gobelins vidaient également de carquois, glapissant de contentement. Autour d'elle, c'était un carnage. Les réfugiés terrifiés coururent se réfugier sous les arbres et Saber suivit leur exemple.

Après avoir marché plusieurs heures, elle arriva jusqu'à un large cours d'eau. D'après sa carte, ce devait être la Bjoulsae. Ce fleuve coupait la Ménévie du nord au sud, slalomant sur de nombreux kilomètres avant d'atteindre la baie d'Illiaque un peu à l'est de Refuge. Il y avait un pont au sud de sa position. Sauf que la route semblait s'y diriger tout droit et que... Tendant l'oreille elle écouta les rumeurs d'une bataille : cors de guerre, fracas d'armes, cris.

Bénédiction de la Dame du Lac.

Aucune étendue d'eau ne pouvait arrêter le légitime porteur d'Excalibur. La bénédiction continuait à la protéger, courant à la surface de l'eau, Saber atteignit en un instant l'autre rive du fleuve.


Marchant vers le sud, elle sortit de la forêt en haut d'une colline surplombant la route royale là où elle traversait le fleuve. Le pont de pierre se trouvait disputé dans un combat acharné, les hennissements des chevaux répondaient aux cris des combattants et au heurt de l'acier contre l'acier. Sous l'arche de pierre, l'eau avait prit une teinte rouge et le courant transportait des cadavres.

Au plus fort de la mêlée, un chevalier en Grand Harnois de plates, son heaume armet surmonté d'une couronne d'or et d'une tête de pégase ailé combattait un ogre musculeux et bavant.

Autour de ces deux figures, symbolisant à merveilles les armées qui s'affrontaient : hommes d'armes, hallebardiers, arbalétriers combattant sous l'étendard orné de trois roses de la Ménévie face aux archers gobelins, mercenaires barbares, Crevassais vêtus de fourrure et orques en armure d'orichalques qui brandissaient des étendards noirs. Le ciel était traversé de flèches, de viretons, d'éclairs, de stalactites de glace et de boule de feu.

Le noble chevalier dirigeant l'armée de Ménévie ne pouvait être que le prince Pélage, le fils aîné du roi. Son épée fendait les masses de gobelins convergeant sur lui. L'ogre attaqua, brandissant au-dessus de sa tête une énorme hache de métal vert. Il y eut des étincelles lorsque les lames se heurtèrent. L'épée du prince Pélage ne se brisa pas... Mais le cheval s'agenouilla, incapable de supporter la puissance de l'impact.

Malgré cela le prince n'était pas encore vaincu, il se redressa et voulut frapper. À ce moment, une flèche lui perça le flanc. Un double cri, d'horreur et de jubilation traversa le champ de bataille... la défaite de la Ménévie semblait proche.

Sauf que Saber avait traversé les rangs brétons pour ramasser la magnifique épée de Pélage et détourner le coup mortel destiné à mettre fin aux jours de l'héritier du trône.

En dépit du visage calme que l'adolescente montrait à tous, elle était terrifiée par sa propre impétuosité. Sa seconde vie lui avait rendu un corps humain encore peu entraîné au combat. Elle ne disposait pour toute arme qu'une épée d'acier ordinaire, certes une arme forgée pour un prince, et face à elle...

Un cri ébranla le ciel, exprimant une colère brutale et primitive.

L'ogre atteignait près de trois mètres. Son corps couleur d'ivoire salle était difforme du fait de sa musculature massive. Son crâne chauve et imberbe avec sa grande bouche baveuse et ses yeux ronds ne pouvait pas paraître plus stupide. Le monstre était vêtu d'un pagne de fourrure avec deux crânes humains attaché à la ceinture. Il avait aussi des bracelets de force, en cuir clouté, aux poignets. Sa hache massive devait être moins aussi longue qu'un homme adulte.

Tout le courage du monde ne pourrait rien contre un coup bien visé.

Sans s'occuper de Saber, l'ogre détendit une de ses puissantes mains, arrachant le prince de selle, le soulevant au-dessus de sa tête avant de l'envoyer en direction de plusieurs de ses hommes qui s'effondrèrent pèle-mêle. Devant cette terrifiante démonstration de force, les soldats hésitaient à avancer et on ne pouvait guère leur en vouloir.

Ce que voyant le monstre anthropophage se rua en avant, balayant plusieurs hommes dans de grands mouvements de sa hache. Certains hallebardiers voulurent réagir mais furent arrêtés par un parti de gobelins qui se rua sur eux.

Tenant l'épée du prince, Saber s'efforça de se rappeler ce que les gardes de Tournelle lui avaient appris sur ces monstres. Ce sont des humanoïdes de grande taille, presque des géants. Ils vivent dans les montagnes et les régions reculées de Cyrodiil et de Haute-Roche. Mais on les rencontre aussi dans les armées orques où ils sont renommés pour leur puissance, leur sauvagerie et... leur tempérament cannibale.

Tournant lentement autour de l'ogre, Artoria l'étudia attentivement. Le monstre grognait mais semblait attendre l'attaque. Heureusement, le monstre était loin d'être indemne. Il se battait depuis le matin et les soldats du prince avaient réussi à le blesser à plusieurs reprises... Toutefois, il ne faudrait pas le sous-estimer. La créature restait redoutable.

Soudain, l'ogre bondit en avant. Cependant le fer de la hache s'enfonça dans la pierre. Artoria s'est effacé de côté et son épée frappa une profonde estafilade dans la poitrine. Le sang jaillit aspergeant la robe souillée de l'adolescente.

Comme elle chancelait, l'ogre attaqua à nouveau. Saber sauta et l'énorme hache se contenta de lui entailler légèrement l'épaule.

Resserrant les pattes sur le manche de son arme, le monstre grogna.

Prana Burst, Artoria franchit les quelques enjambés la séparant de l'ogre en un éclair. L'épée siffla ouvrant une troisième estafilade sur la poitrine. Néanmoins, l'ogre réagit avec une rapidité stupéfiante pour sa taille. Un revers magistral filait sur Saber qui para désespérément. Soulevée par le choc, elle heurta violemment la balustrade du pont.

La créature se rua en avant, arme levée, bien décidé à terminer le combat. Sauf qu'Artoria a roulé sur une épaule et s'est redressée dans le mouvement. Avec la même rapidité sidérante que précédemment elle s'est ruée en avant et la lame du prince trancha le manche de sa hache... faisant tomber le fer au sol !

Malheureusement, le monstre projeta violement le fragment restant à la tête d'Artoria qui chancela, la lèvre fendue, les yeux envahis de larmes. Le poing du monstre frappa l'adolescente au ventre et l'épée du prince lui échappe. L'autre main se referme déjà sur sa gorge. La plaquant au sol, il serrait pour lui briser la nuque.

La main d'Artoria se referma sur une lance de gobelin poissée de sang. Le monstre hurla de douleur et de terreur lorsque le fer s'enfonça dans son œil. Il lâcha prise et l'écuyère roula de côté. Elle se redressa, frappa au ventre pour ouvrir une nouvelle plaie. L'ogre s'est effondré et le dernier coup est porté par la jeune fille exténuée, couverte de plaies et de bosses.

Autour de Saber, la bataille restait furieuse mais les hallebardiers commençaient à repousser les gobelins démoralisés par la mort de leur leader. Cependant, les tirs de flèches reprirent de plus belle et des hommes d'armes du prince s'approchèrent de Pélage agonisant et d'Artoria pour lever un mur de boucliers. Relevant la visière du chevalier, la jeune fille découvre son visage exsangue, ses lèvres pâles qui esquissent un sourire :

- Damoiselle, vous m'avez évité de connaître le sort réservé aux victimes d'un ogre. Ma vie s'achève... mais je reposerais parmi mes ancêtres... je vous en remercie. Prenez mon cheval, et allez avertir mon père de ma défaite. Qu'il assure la défense de Refuge, notre salut repose à présent dans la puissance de ses remparts. Allez, partez et emportez ma bénédiction.

Le cœur plein de tristesse, Artoria fit ses adieux au prince, puis enfourcha son étalon blanc qu'elle lança sur le chemin du sud, laissant loin derrière la féroce bataille qui reprit dans son dos, alors que l'ennemi lançait toute sa puissance à l'assaut.


Premiers combats très durs pour Saber qui n'a encore qu'une faible partie de sa puissance.

Le quatrième chapitre "Effondrement" est déjà écris mais attendra la traduction en anglais de celui-ci pour être posté.