L'épisode actuel explique quel est le point de divergence entre le Monde de Fate/ Dragoncrown et l'histoire normale des Elders Scrolls. Dans TES II : Daggerfall, l'envoyé de l'Empereur (l'Agent) résout le mystère de la mort du roi Lysandus un an après son assassinat. Alors que dans Dragoncrown, son fantôme continue à errer quinze ans après le meurtre.
Le Forgeron aux Yeux d'Ambre
La pièce était claire et fraiche, éclairée par deux fenêtres en haut d'un mur de fine maçonnerie blanche. Le sol carrelé de dalles de trois couleurs offrait un motif simple dans des tons pastel. Un incroyable capharnaüm d'objets s'entassait sur des étagères : pots de métal, théières, choppes, barres d'acier, lingots. De l'autre côté de la pièce se trouvait une forge complète avec une enclume et de nombreux outils spécialisés.
Au centre, sur un tapis élimé, un jeune homme aux cheveux roux se tenait à genoux devant un élégant sabre elfique à lame dorée. Malgré la jeunesse de ses traits et la lueur amicale qui brillait dans ses yeux bridés, son aspect physique mettait souvent mal à l'aise ceux qui découvraient le génial forgeron et Magus dont la célébrité s'étendait à des lieux autour de la Cité Impériale. Il n'était ni Impérial, ni Rougegarde, ni Bréton. Certains disaient qu'il venait d'Akavir... en tout cas, sa présence constituait un mystère.
Toute personne le regardant à cet instant précis se serait demandé ce qu'il faisait ainsi à fixer l'arme posée devant lui. Mais le regard du jeune homme n'était pas celui de n'importe qui... Structural Analysis. Il regardait en fait un modèle en fil de fer du sabre tandis que la structure entière de l'objet, depuis sa composition chimique jusqu'à son histoire s'imprimait en lui. L'arme s'appelait Ceymallari, elle était composée d'un alliage de 40 % de fer, 20 % de vif-argent, 40 % de pierre de lune. Le possesseur original, le roi-sorcier Imrahil de Ceyatarn, un puissant mage de guerre ayleid, avait le plus marqué Ceymallari.
Le jeune rouquin se leva, les yeux fermés, il prit une inspiration avant de tendre la main. Il ouvrit alors ses circuits magiques utilisant comme déclencheur le souvenir d'une certaine nuit dans une ville en feu...
Des lignes de lumières vertes semblables à des circuits imprimés apparurent sur son bras, filtrant au travers de la tunique beige portée par le jeune Magus.
Il commença alors à se concentrer sur les différentes phases de la variante améliorée du Projection Magecraft qui formait le seul mystère qu'il maîtrisait réellement :
Jugement du concept de création
Hypothèse de création
Duplication de la composition matérielle.
Imitation de la compétence de création
Compréhension de l'accumulation d'expérience
Reproduction des années accumulées
Exceller dans tous les processus de manufacture
Il ouvrit alors les yeux s'hypnotisant lui-même en se concentrant sur son incantation :
- Trace, On !
La Projection, magecraft également appelé Gradation Air était connue sur Terre comme un mystère méprisé que l'on utilisait généralement pour produire un objet nécessaire à un rituel et que le Magus n'avait pas. Les doubles réalisés par cette technique n'étaient que des enveloppes creuses, fragiles et qui se délitaient en quelques heures.
Un magecraft inutile.
Si le jeune Magus avait encore vécu sur Terre, le processus qu'il appelait Tracing, une variante améliorée de la Projection qu'il avait développé lui-même, aurait subjugué les Magi de la Tour de l'Horloge parce qu'elle dépassait tout ce qu'ils pensaient possible.
Devant la main tendue du jeune homme, des arcs éclectiques apparurent, dessinant une forme floue, composée d'une brume de particules de prana. Lentement, Ceymallari émergea, se densifia avant de devenir pleinement matériel.
Le rouquin saisit la lame en haletant... la première projection était toujours la plus pénible. Il fit quelques pas, en soupesant la copie de l'antique sabre. Soudain, l'arme s'anima, virevoltant dans ses mains en des moulinés parfaitement maîtrisés. Le Magus se mit à danser avec elle. Comme un maître de l'ancienne et acrobatique escrime ayleid, il sautait, pirouettait dans l'air, alors que Ceymallari lui transmettait sa mémoire... des années d'affrontements, de duels et de batailles alors qu'elle était maniée par le roi-sorcier Imrahil.
Un Magus possède des affinités, la première est élémentaire. Elle reflète quelle énergie (air, eau, feu, terre... plus rarement autre chose) lui était la plus compatible. La seconde affinité est l'Origine, qui constituait la racine de son pouvoir...
Le jeune homme aux yeux d'ambre avait pour élément " épée" et pour Origine... "épée". Il était une Incarnation, une épée sous la forme d'un homme. Sa proximité... non, son identité avec le concept "épée", lui avait permis de créer le mystère Tracing, un magecraft qui permettait de créer une copie d'une lame presque parfaitement identique à l'original.
Alors que le rouquin sourit, satisfait d'avoir rajouter une arme à son arsenal sans cesse grandissant, un feulement digne d'une bête furieuse résonna dans toute la maison :
- J'ai faimmmmmmmmmm !
Le jeune homme secoua la tête et sourit de manière embarrassée. Une fois encore, il avait oublié l'heure.
- Trace, Off !
Le double de Ceymallari se dissipa en particules bleutées. Toutefois, les plans de l'arme étaient en lui. En dépit de toutes ses recherches sur son étrange pouvoir, le Magus ne comprenait pas comment il stockait ses armes. Il était évident que sa mémoire ne pouvait pas retenir le schéma nucléaire d'une épée, et la position de chaque atome par rapport à ses voisines ! Alors, des centaines d'armes... Mais depuis quelques mois, il avait trouvé un début d'élément de réponse... il rêvait de plus en plus souvent d'un désert où flottait des nuages d'incendie. À l'infinie, le désert était planté d'épées. Il avait reconnu Caliburn, Excalibur mais aussi les deux épées jumelles qu'utilisait Archer (Kanshou et Bakuya) ; de même que l'épée-hache en pierre que Berserker avait manié ; Gae-Bolg la lance de Lancer ; ou des armes extraites de la Gate of Babylon de Gilgamesh comme Gram, Durandal, Houtenki et Dánsleif.
Cela expliquait pourquoi les matérialisations de ses armes devenaient plus faciles après la première fois. Il stockait les plans "quelque part". Où ? Un univers parallèle ? Le monde de ses rêves peut-être...
Il secoua la tête, la réflexion n'était pas son point fort et il avait un "monstre" à nourrir.
Ramassant Ceymallari (l'original) avant de quitter la pièce, il sourit à l'elfe noire qui l'attendait à la porte. Cette dernière portait une simple robe sombre sous un tablier blanc et s'inclina avec déférence :
- Bonjour, maître Shiro.
- Bonjour, Endroni.
La jeune dunmer sourit avec adoration à son jeune maître (1) :
- Je suis heureuse que vous sortiez enfin de votre atelier. Harassa devient intenable.
- Nourrir les tigres doit être dans mon karma.
- Pardon, jeune maître ?
- Rien, Endroni, je me comprends.
Shiro Emiya, humain de la Terre réincarné sur Nirn par la volonté du Saint Graal, se dirigea vers la cuisine.
Le repas se terminait et réunissait les trois membres de la petite maisonnée d'Emiya Shiro. D'abord, Endroni. Il s'agissait d'une ravissante elfe noire. Petite et délicate, elle avait les oreilles pointues et la peau gris-noire. Ses cheveux étaient acajous et ses yeux avaient un iris et une sclérotique rouges... presque indiscernables l'un de l'autre. Elle suivait Shiro depuis son enfance, ayant d'abord été la servante de son père... Talus Sepronius, un officier de la Légion Impériale en poste à Fort Phalène, près de Balmora. Le jeune Japonais s'était réincarné là, sur l'île de Vvardenfell, dans la province impériale de Morrowind. Il avait grandi sur cet archipel de lave à l'ombre du Mont Écarlate, patrie des Dunmers, ces elfes adaptés aux tempêtes de cendre, aux animaux répugnants comme les kagoutis (une sorte de croisement entre un mini-tricératops et un bébé T-rex) les chiens de Nyx (des insectes géants) et les Braillards des falaises, des lézards ailés.
Puis son père et sa mère avaient été rappelés à la Cité Impériale par ordre de l'Empereur Uriel Septim VII. Favoritisme qui leur avait côté la vie peu après... les aléas d'une intrigue de cour. Les parents de Shiro avaient été assassinés tous les deux par la Confrérie Noire. Néanmoins, les meurtriers l'avaient payé de leur vie. Shiro, à peine âgé de huit ans, les avaient vengés, armé d'une paire d'épée. L'exploit était parvenu jusqu'aux oreilles de l'Empereur qui avait récompensé l'orphelin en lui donnant une maison à la Cité Impériale et un revenu.
Le testament du père de Shiro avait eu une conséquence un peu... ennuyante.
En effet, avant d'être en poste en Vvardenfell, Talus Sepronius avait d'abord été cantonné en Elsweyr où il avait noué une solide amitié avec un potentat local. Ce dernier était l'exécuteur testamentaire de Talus, chargé entre autre d'assurer la survie de Shiro jusqu'à l'âge adulte. Ayant pris son engagement au sérieux, il avait envoyé son meilleur guerrier...
Vous n'avez jamais entendu parler des Khajiits ?
De tous les peuples intelligents de Tamriel, ils sont les plus étranges. Ils n'ont pas une forme bien établie. L'apparence d'un Khajiit dépend de la position des deux lunes (Masser et Secunda) dans le ciel au moment de sa naissance. En l'espace de quelques semaines, ils se développent sous huit formes distinctes.
Deux d'entre elles (Alfiq et Senche) se déplaçaient à quatre pattes ressemblant respectivement à un gros chat et un énorme tigre, les autres étaient humanoïdes. Les Ohmes et Ohmnes-raht étaient très proches des elfes des bois (les premiers n'ayant ni queue, ni fourrure pouvaient facilement être confondus avec les Bosmers). Les Cathay, Dagi, Suthay et Suthay-raht formaient un peu les "khajiits de référence" car ils étaient les plus courants. Ils avaient un corps humanoïde couvert de fourrure, une tête de félin, une queue et des griffes, ils différaient surtout par la forme des jambes (humanoïde ou féline).
Do'Harassa était une Pahmar.
Comment décrire les Pahmar ? Imaginer qu'un tigre mangeur d'homme se tienne sur ses pattes de derrière, porte un pectoral d'acier, un cimeterre à la ceinture et parle ! Rajoutons que les Pahmar sont les plus grands des Khajits : deux mètres trente pour plus de deux cent kilos de muscle !
Telle était Do'Harassa.
Lorsqu'elle marchait à côté de Shiro dans les rues de la Cité Impériale, les passants faisaient un détour. On les comprenait...
Toujours affamée, carnivore, Harassa dévorait de manière goulue l'équivalent d'un cheval entier chaque jour. La nourrir ressemblait à la punition de Sisyphe aux enfers. En plus, elle adorait la cuisine de Shiro et prenait prétexte de son serment de veiller sur lui pour ne pas manquer un repas !
Et dire que dans sa précédente vie, Shiro avait trouvé Taiga Fujimura envahissante.
Repue - pour les trois prochaines heures- Do'Harassa se laissa tomber en arrière avec un bruit de gorge étrangement semblable à un ronronnement. Shiro échangea un coup d'œil amusé avec Endroni. Il fallait profiter de ces bonnes dispositions de la Khajiit pour une discussion pénible.
- Harassa ?
Grognement de la "bête" à moitié endormi...
- Harassa ?
- Quoi ?
Shiro secoua la tête et leva les yeux au ciel :
- Tu sais ce que tu dois faire lorsque je serais parti ?
La Pahmar se retrouva en un instant sur ses pieds :
- Il EST HORS DE QUESTION QUE TU ÉCHAPPES A MA SURVEILLANCE !
Tandis qu'Endroni se bouchait les oreilles avec un cri de douleur, Shiro ramassa les bibelots tombés au sol.
- Harassa... cela ne dépend pas de moi. J'ai reçu des instructions d'une personne très haut placée. Je dois partir... pour quelques semaines ou quelques mois. Tu devras rester ici et...
- Alors je viens avec toi !
Shiro fit un effort héroïque pour ne pas montrer son agacement... ce n'était pas comme si la conversation était nouvelle. Il l'avait informé de la situation quinze jours plus tôt.
- Tu ne peux pas. Je dois agir seul.
- Personne ne peut te contraindre à...
Il la coupa.
- On ne me contraint pas, je suis volontaire. Toutefois, je ne peux pas être pensionné par l'Empire et refuser de rendre service. De plus, je ne peux décemment pas rester bras croisé si quelqu'un a besoin d'aide.
Endroni eut un petit rire, masquant sa bouche dans un geste charmant :
- Maître Shiro cherche toujours à aider les gens. Il est si gentil. Jamais il ne refuse d'aider les commerçants à porter les chargements ou à nettoyer leurs boutiques. Il est connu dans toute la Cité Impériale pour son dévouement.
L'immense khajiit détourna le regard, fuyant l'enthousiasme de la Dunmer. De manière étrange alors que les hommes-chats et les elfes noirs faisaient figures d'ennemis héréditaires (les seconds réduisant les premiers en esclavage), Harassa adorait littéralement la servante. Bien que généralement pas très futée, la Pahmar avait aussi bien compris que celle-ci était amoureuse de son maître et soulignait souvent devant les intéressés qu'Endroni avait tout pour faire une bonne épouse dont un joli corps " avec tout ce qu'il fallait où il fallait" et des talents reconnus de cuisinière. Accessoirement, cela avait permis de répondre à une grande question scientifique... Oui, les elfes noirs peuvent paniquer et rougir d'embarras.
Cependant, cette fois, le soutien de la jeune dunmer la gênait :
- Oui, mais on ne peut pas venir en aide à tout le monde, c'est impossible.
Shiro acquiesça :
- Je le sais bien. Mais cela ne m'empêchera pas d'essayer.
- Tu vas partir !
Shiro sourit tristement en voyant des larmes dans les yeux de tigre de son immense amie :
- Pour quelque temps, en tout cas.
- Mais qui va me faire à manger ?!
Le Magus soupira... on pouvait compter sur l'égoïsme d'Harassa pour gâcher les grandes scènes d'adieu larmoyantes.
La Cité Impériale avait édifiée quatre mille ans plus tôt par les Ayleids, les hauts-elfes de l'intérieur, une race elfique à présent éteinte. Vue du ciel, a ville ressemblait à une immense roue dont le moyeu était formé par le plais impérial dominé par la Tour d'Or Blanc. Des murailles intérieures, qui faisaient comme des rayons, divisaient la cité en plusieurs quartiers.
Le quartier des jardins elfiques étaient dévolue à l'habitation. Les rues soigneusement empierrées étaient bordés de magnifiques bâtiments de pierre blanche avec de grandes fenêtres garnies de vitres à petits carreaux enchâssés dans du plomb. Des lanternes accrochées aux bâtisses permettaient que les rues soient éclairées la nuit venue. Des gardes en armures impériales patrouillaient au milieu des va-et-vient des citadins.
Shiro passa sous un porche et s'immobilisa dans une cour intérieure, à l'affut d'un éventuel suiveur. Toutefois, personne n'attachait ses pas aux siens.
Sous un arbre se trouvait un accès aux égouts. Grace à une clef, il décadenassa la trappe et se glissa dans la pénombre. Au bas d'une échelle métallique, il se retrouva dans une vaste salle voûtée aux allures de cathédrale. Au centre se trouvait un collecteur alimenté par plusieurs petits canaux. La lumière tombait d'une grille dans le plafond et prenait une étrange teinte verte. L'odeur... disons qu'il vaut mieux ne pas décrire le remugle qui prenait à la gorge. Descendant un humide escalier de pierre, Shiro entra dans un tunnel plus sombre avant d'arriver à une canalisation ouverte serrée entre deux quais empierrés. Il le franchit par un pont fait de quelques planches et s'immobilisa.
Ses sens affûtés l'avertirent d'un danger.
En un instant, deux sabres chinois apparurent entre ses mains. Kanshou et Bakuya, les lames jumelles représentaient le Yin et le Yang. Bien que leur projection ne soit qu'un Noble Phantasm C-, elles étaient devenues les lames préférées de Shiro. Peut-être en souvenir de l'Archer de la Cinquième Guerre du Graal qui s'était sacrifié pour le sauver ou tout simplement parce que le style de combat d'Archer lui convenait à merveille.
Les gobelins surgirent d'un couloir latéral. Ces humanoïdes à peau verte, grand comme des enfants de douze ans infestaient les sous-sols de la ville, grouillant dans les égouts et les antiques tombeaux oubliés.
Avec une habilité consommée, Shiro se servit de ses lames pour parer les attaques. Il détestait tuer... mais après avoir vécu sur Vvardenfell, il ne pouvait ignorer que Nirn ne ressemblait pas au Japon policé. Tuer ou être tué n'était pas une simple vue de l'esprit. Les gobelins n'avaient pas été provoqués. Ils n'avaient aucune haine particulière contre lui. Ils ne le connaissaient même pas. Simplement, dans leur esprit primaire c'était un humain solitaire et comme ils étaient nombreux ils oubliaient leur lâcheté coutumière pensant avoir un butin facile.
Se forçant à contre-attaquer, le Magus pivota sur une hanche imitant un des magnifiques mouvements d'Archer... de manière assez sommaire mais efficace. Un premier gobelin s'effondra, éventré. Deux autres périrent tandis qu'il sautait, retombait derrière eux... laissant deux arcs de sang sur sa trajectoire.
Il lança alors Kanshou de sa main gauche... ratant un gobelin. Les survivants ricanèrent et foncèrent, avides de tirer profit de son erreur.
Sauf qu'il s'agissait d'une feinte...
Shiro avait fait sienne la dangereuse technique de combat d'Archer qui consistait à laisser des failles dans sa défense pour canaliser les attaques de ses ennemis. Elles lui permettaient de prévoir où ils allaient frapper... et donc de les piéger.
Un des gobelins ne comprit pas ce qui le tua. Kanshou et Bakuya étaient magnétisées l'une par l'autre et équilibrées comme des boomerangs. L'épée de Gan Jiang revint vers celle qui représentait son épouse tranchant l'adversaire qui se tenait sur sa route. Pivotant sur lui même, Shiro la récupéra d'un mouvement fluide et tua deux autres humanoïdes en des gestes fulgurants. Ce que voyant, les rescapés s'égayèrent en tout sens.
Avec un soupir, le jeune rouquin dissipa ses lames.
Suivant des pictogrammes dessinés dans certaines salles, Shiro arriva à un escalier qui le conduisit dans une ruine monumentale. Un hypogée aux murs garnis de colonnes parfois brisées. Ses sens acérés détectèrent la présence de plusieurs gardes en armes dispersés dans les galeries surélevés. Toutefois, la lumière provenant d'une grille scellée dans la voûte ne lui permit pas de les voir clairement.
Il y avait toutefois deux personnes près d'un mur. L'une d'elle était assise dans un grand fauteuil, et l'autre se tenait derrière.
Comme il approchait un sortilège alluma une torche. La lumière révéla le mage comme étant un haut-elfe bien connu dans la cité impérial, puisqu'il s'agissait d'Ocato de Primeterre Haut Chancelier de l'Empereur et son mage de guerre.
Assis sur le fauteuil, les traits accusés, les cheveux réduits à une couronne de cheveux gris se tenaient Uriel Septim VII :
- Veuillez m'excuser de vous avoir fait appeler dans ces lieux sinistres, mon ami, mais il me fallait veiller à ce que notre rencontre se passe loin des yeux indiscrets.
Shiro s'agenouilla :
- Votre Impériale Majesté, je suis à vos ordres. Commandez et j'obéirais.
- Relevez-vous, il n'est pas besoin de ce genre de simagrée, là où seuls mes amis peuvent m'atteindre. Vous vous demandez pourquoi tout ce secret ? L'Empire fait face à un grand danger. Il y a quinze ans de cela, le roi Lysandus de Daguefillante a trouvé la mort dans des circonstances mystérieuses. Mes agents n'ont jamais trouvé qui l'a assassiné et pourquoi... d'ailleurs la plupart d'entre eux sont morts où ont été contraint à la fuite. Lysandus était un loyal sujet et vassal. Plus que ça c'était un ami fidèle et un homme bien. J'ignore pourquoi ce noble souverain n'a pas trouvé le repos, mais son fantôme erre à la nuit tombé à la tête d'une armée de morts-vivants qui ravage son ancien royaume ! Il faut refermer les mâchoires d'Oblivion et ramener son âme à la paix.
Shiro acquiesça :
- Bien, Votre Majesté, je m'y emploierais.
Une expression trouble passa sur le visage de l'empereur.
- Pendant que vous serez en Haute-Roche, j'aimerais également que vous vous employiez à régler une mission secondaire, mon ami. Peu avant la mort de Lysandus, j'ai envoyé une lettre à son épouse la reine-mère Mynisera. Un courrier... personnel qui n'est jamais arrivé à son destinataire. J'aimerais que vous le retrouviez et que vous le détruisiez.
- Oui, Votre Majesté.
L'Empereur acquiesça et fit un signe à Ocato. Le mage plongea la torche dans une bassine de sable. La lumière disparut. Dans l'obscurité revenue, Shiro entendit cependant la voix de l'empereur s'adresser une dernière fois à lui :
- Dormez bien, mon ami. Demain, un long voyage vous attend.
(1) C'est l'effet du véritable Noble Fantasme de Shiro... UBW ? Non UHW... Unlimited Harem Work : Eroge Main Protagonist ! Sous l'effet de ce Noble Phantasm, la moitié... non les deux tiers des êtres de sexe féminin (pour la plupart jolies et sexy... comme par hasard) apparaissant dans ses aventures tombent amoureuse de Shiro... qui ne s'en aperçois évidemment pas !
