Avant-propos de l'auteur: Il y a quelques mois de cela un lecteur a posté un long commentaire sur cette FanFic sous le pseudonyme de "Guest". Il a abordé de nombreux points. Toutefois, il s'est en particulier insurgé sur le fait que la magie était si peu utilisée dans les batailles. Selon lui, les jeteurs de sorts devraient radicalement changer les affrontements et il ne comprenait pas que mes combats restent aussi "traditionnels".
Ceux qui ont la curiosité de regarder mon profil on vu que je pratiquais des jeux de stratégie de manière "professionnelle". La réflexion de "Guest" n'avait rien de nouvelle pour moi, c'est le classique débat entre la "Nouvelle École" (qui croit qu'une nouvelle technologie change radicalement l'art de la guerre) et " l'Ancienne École" (qui pense que les nouvelles technologies ne rendent pas caduques les méthodes déjà connues).
Ce débat revient encore et encore dans l'histoire humaine. Il a eu lieu avec l'invention de la phalange oblique par Pagondas, celle de l'étrier, de la lance longue... et plus récemment avec le tank.
Pour bien comprendre le problème, il faut comprendre la magie... celle du monde des Elder Scrolls.
Les sortilèges sont imprécis, ont une portée utile d'une cinquantaine de mètres, se propagent en ligne droite et peuvent être esquivés par des individus ordinaires.
Donc, pour que des mages participent à une bataille, ils doivent être en première ligne afin d'éviter de toucher des alliés (friendly fire is not). Il ne doit pas non plus y avoir d'obstacle entre eux et l'ennemi.
Imaginons la situation suivante: Deux armées ayant un budget identique engagent chacun une force de combattants pour s'affronter dans une plaine nue, sans obstacle. La première dépense tout son argent pour se créer une force de 80 mages débutants. En face, pour le même prix, le tenant de " l'Ancienne École" engage des miliciens armés d'arbalètes... 2000 miliciens. Parce que des boutiquiers passant un jour par semaine à s'entraîner à l'arbalète sont bien moins chers que des mages ayant étudié la magie des années durant auprès de maîtres payés à prix d'or.
Le combat commence... arrivés à deux cent mètres, les arbalétriers ouvrent le feu sur les mages et commencent à reculer en tiroir (un rang tire, un rang régresse en rechargeant). Les mages sont trop loin pour riposter... les arbalètes sont précises... avant d'arriver à portée tous les mages sont morts!
Donc les mages sont inutiles en bataille ?
Non, pas du tout, mais j'ai pris un exemple idiot pour démontrer l'absurdité de la position de la "Nouvelle École".
Dans ma FanFic, les mages combattent à la bataille de la Bjoulsae, où ils interviennent par dessus la rivière Bjoulsae ripostant à des chamans orques. D'autres mages défendent les murailles de Refuge, pendant le siège, et ils y massacrent des hordes d'orques...
Dans les deux cas, les mages sont relativement à l'abri des tireurs et opèrent en soutien de forces plus traditionnelles. Ils se révèlent très efficaces.
Dans le monde des Elder Scrolls, la magie a un rôle très important dans les batailles. Lorsque Tiber Septim envahit Morrowind, les Dunmer (Elfes Noirs) livrèrent une bataille décisive aux légions cyrodilliennes sur les berges d'un lac. Le Dieu Vivant Vivec avait très bien choisi le site. Les berges marécageuses du lac gênaient considérablement les légionnaires en armure lourde. Alors que les troupes dunmers plus légèrement équipées s'y déplaçaient nettement plus vite. Retranchés sur l'autre rive, les Elfes Noirs attendaient les Impériaux, pensant qu'ils seraient obligés de diviser leurs forces pour les attaquer en tenaille. Les Dunmers pourraient alors profiter de leur mobilité supérieure pour harceler l'ennemi d'un côté tout en concentrant leurs forces sur l'autre branche de la tenaille pour l'écraser.
Sauf que les Impériaux sortirent du lac pour débarquer au milieu de la formation ennemie ! Ils avaient marché sur le fond grâce à des potions de Respirations Aquatiques.
Même une "simple" potion peut devenir un avantage déterminant dans une bataille.
Cela ne veut pas dire que l'utilisation de grands sortilèges soit totalement inconnue sur le champ de bataille.
Les Falmer (les Elfes des Glaces) commençaient invariablement toutes leurs batailles en déchaînant une tempête de glace sur leurs adversaires, celle-ci les gelait, les aveuglait, les dispersaient... en faisant des cibles faciles pour les Falmer, naturellement résistants au froid.
La plupart du temps, l'usage de la magie de bataille reste cependant discret. Les chevaliers (dans l'univers des T.E.S.) apprennent la magie d'illusion, en particulier le sortilège "Courage" qui leur permet d'arrêter la déroute d'unités alliés. Les mages de guerre de la Légion se jettent des sortilèges de protection avant d'attaquer leurs adversaires à l'épée.
Cependant, lorsque la magie intervient de manière plus directe, en particulier lorsqu'un mage puissant se trouve dans une armée, il doit s'exposer... Savoir quand et comment faire intervenir l'atout que représente un mage est l'essence même de l'art de la guerre.
L'Art de la Guerre
L'affrontement pour le controle de Koeglin durait depuis des mois.
La forêt autour du port avait été coupée par les défenseurs, autant pour élever le mur de bois qui entourait à présent leur cité, que pour dégager les alentours et discerner les mouvements des gobelins.
Au milieu des souches qui émergeaient de la neige sale piétinée par des milliers de pieds, les humanoïdes s'agglutinaient autour de leurs chamans. Ceux-ci dansaient au milieu des cercles formés par les guerriers qui les accompagnaient en frappant leurs armes grossières contre leurs boucliers.
C'était un son effroyable, tam-tams et flutes se mélangeaient alors que des excités frappaient comme des sourds sur des casques brétons dont certains reposaient encore sur des têtes coupées.
Les chamans, en pleine hystérie, se tordaient grotesquement et poussaient des glapissements. Ils portaient des robes de fourrures ornées d'ossements, de plumes, de crânes de petits animaux et avaient le visage dissimulé derrière des masques hideux.
Installé sur une tour branlante fait de troncs noués par des liens végétaux, le Grand Shaman Grutbug se tenait accroupis dans un nid de fourrure sale. C'était un vieux gobelin au visage peinturluré, il portait une cape en peau de loup, et le crâne de cette bête couvrait sa tête.
Il se redressa soudain et se mit à hurler, écumant :
- Bronk... uglakush! Gûl ! Gorgol mluuk goba muluk malikob sheg glob skai ya hoi!
Au vu des cris haineux qui lui répondirent et des guerriers gobelins qui brandissaient leurs armes, il ne venait probablement pas de lancer une invitation pour le thé de 5 heures.
L'assaut sur Koeglin était éminent.
Les gobelins se rassemblaient juste au-delà de la portée des mangonneaux brétons. Ils étaient déjà deux ou trois mille, regroupés autour du totem des différentes tribus participant au siège.
La foule des guerriers faisait un spectacle terrifiant. Leurs armes rouillées, leurs armures mélangeant fer corrodé, cuir pourris, peaux sales, fourrures et os leur donnaient un aspect barbare et répugnant. Certains montaient des loups géants au pelage sombre et hérissé. Ils accompagnaient les piaillements de leurs maîtres de hurlements sinistres.
Ailleurs, on avait parqué des durzogs. Les redoutables sauroïdes dressés comme des chiens de guerre étaient eux aussi pris dans la frénésie guerrière de leurs maîtres. Ils sautaient sur les barrières de leurs enclos, grognaient et en venaient parfois à se battre entre eux.
Comme une mer agitée par la tempête, cette foule se grossissait de plusieurs fleuves de guerriers gobelins qui se déversaient depuis les campements proches abandonnés par leurs garnisons.
Toujours plus de guerriers convergeaient. Des escarmoucheurs armés d'arcs, des Cogneurs, des Berserker, des chefs de guerre, des sorcières... Ici et là, parmi eux, on voyait une créature différente. Parfois une sorte de gorille à trois yeux, enchaîné et tiré par des gobelins gesticulant qui l'effrayaient en agitant des torches. Ces trolls réduits en esclavage étaient cependant moins terrifiants que les colosses aux muscles noueux qui marchaient parmi la foule. Leur peau était d'un blanc sale, ils n'avaient aucune pilosité. Leur tête ronde, leur bouche molle ouverte en un rictus stupide leur donnaient l'aspect de crétins complets. Leur vêtement se limitait à des bracelets de cuir clouté aux poignets et un pagne de fourrure décoré à la ceinture de crânes humains. Pour seule arme, ils tenaient un énorme gourdin... presque un tronc d'arbre.
Les chroniques rédigés par la suite estimèrent que l'armée des gobelins était forte de 7000 humanoïdes.
Un silence tendu régnait sur Koeglin. Les miliciens se serraient frileusement les uns contre les autres. Assis, enveloppés dans leurs manteaux, certains sommeillaient. La grande majorité se contentait d'attendre.
Deux chevaliers étaient à genou parmi eux. L'un d'eux tenait une longue-vue dirigée vers l'attroupement des gobelins et commentait ses découvertes à son voisin. Ce dernier soupira:
- J'espère que ce tintamarre infernal va bientôt s'arrêter !
- Ce sont les chamanes qui prient le dieu Malooc pour qu'il leur accorde courage et invincibilité dans la bataille. Lorsqu'ils arrêteront, l'assaut commencera...
- Cette attente est insupportable, plutôt cela commencera mieux ce sera.
De nombreux miliciens approuvèrent.
Cependant, tous étaient conscients du caractère désespéré de la bataille qui se préparait. La garnison assiégée, essentiellement des levées et des mercenaires, représentait seulement 2 000 hommes. L' "armée" d'Artoria Pendragon - leur seul renfort depuis le début du siège- ne comptait que deux cent combattants.
Ce fut les deux mangonneaux de la garnison de Koeglin qui ouvrirent les hostilités. Les guetteurs installés sur les miradors qui dominaient les défenses extérieures avaient établis une série de repères. Lorsqu'une troupe de gobelins franchirent ceux qui signalaient qu'ils étaient à portée des lance-pierres construits par les défenseurs, ils donnèrent des instructions de pointage.
À leurs pieds, les artilleurs s'activèrent, faisant tourner leur machine de guerre. Puis, deux costauds s'activèrent sur le cabestan du treuil pour tendre le bras avant de soulever un boulet de pierre recouvert de poix et le poser dans la cuillère.
Un officier portant une torche mit le feu au projectile, puis tira un levier. Brutalement relâché, le bras vient frapper la butée... et le boulet enflammé quitta la cuillère. Sa trajectoire ignée passa au-dessus du rempart avant de retomber au milieu d'une masse de gobelins, écrasant plusieurs petits monstres, projetant autour de lui pierres, fumée, flammes... il rebondit, retomba plus loin, rebondit encore... tuant, blessant à chaque fois, semant terreur et désorganisation.
Les archers mercenaires étaient des vétérans. Ils portaient des armures de tissu sous un plastron d'acier. Des casques de modèles variés : cervelières, bourguignotte, chapel-de-fer protégeaient leurs têtes. Leurs arcs d'if, presque aussi grands qu'eux, étaient puissants, mais peu précis... toutefois ils n'en avaient guère besoin, ils se contentaient de viser la masse des ennemis. Ils étaient si nombreux que leurs chances de toucher était importante.
"Paré à encocher"
L'ordre avait été crié par un officier qui se tenait parmi les tireurs. Il avait dégainé son épée et regardait un guetteur sur un des miradors. Ce dernier avait levé une main...
"Encochez"
Avec ensemble, chaque archer leva le bras par dessus son épaule gauche pour tirer une flèche du carquois battant dans leur dos. Ils la placèrent sur la corde, mais restèrent l'arc baissé... anxieux. L'ordre suivant ne tarda guère:
"Paré pour le tir en cloche!"
Ils levèrent leurs arcs presque à la verticale.
Sur la tour d'observation le guetteur venait de baisser le bras. L'officier se tourna vers la masse de gobelins qui courraient vers eux. Certains portaient des échelles, d'autres poussaient des béliers.
" Feu!"
Les archers tendirent leurs arcs dans un grand craquement, et relâchèrent la corde... en l'espace de quelques secondes des centaines de flèches prirent l'air, bondissant vers le ciel avant que la gravité face son œuvre, les rabattant vers le sol. Elles retombèrent à la verticale sur les envahisseurs. Moins d'une moitié des traits tuèrent ou blessèrent... les autres se fichèrent dans le sol. Cependant, même ses flèches ne furent pas inutiles, car elles créaient des obstacles de même que les morts et les blessés qui avaient roulé à terre.
L'assaut des gobelins fut ralentis là où les tirs avaient fait le plus de victimes, créant un phénomène d'accordéon qui désorganisa l'avancée des assiégeants.
Sur un des miradors se tenait Shiro. Il surveillait le champ de bataille. Il tendit la min droite et des papillons de prana bleu se condensèrent en une flèche qu'il posa sur le grand arc noir d'Archer. Le trait fila, mortel, imparable...
Là-bas, loin de la portée maximale des arcs ordinaires, un chef de guerre gobelin chevauchant un puissant loup poussa un cri de douleur et de surprise... Par réflexe, il porta les mains à son plastron où saillait une flèche. Puis ses yeux se brouillèrent et il glissa de sa selle.
Le forgeron aux yeux d'ambre cherchait déjà une nouvelle cible.
Une sorcière gobeline avançait avec les guerriers de sa tribu. Vêtue d'une robe d'un gris sale, elle ressemblait aux autres humanoïdes et son sexe ne pouvait être deviné que par les deux petites bosses sur sa poitrine. Elle brandissait un grand bâton terminé par la tête momifiée du chef de guerre d'un clan rival... Elle le brandit en direction du rempart et aussitôt un tourbillon de givre se manifesta, frappant les créneaux, blessant et gelant les défenseurs.
Shiro tira et la sorcière fut rejetée en arrière, une flèche entre les deux yeux.
Le Magus continua, sans se presser, calme, concentré... une flèche sur un autre chef de guerre, sur un porte-étendard conduisant un assaut, une flèche enflammé pour un troll, une flèche daedrique contre un ogre.
Les gobelins avaient eu aussi des machines de guerre, des pierriers. Il s'agissait d'ancêtres assez primitifs du trébuchet. Il fallait des dizaines d'artilleurs pour les actionner par des mouvements de va-et-vient. Bien que les projectiles n'aient ni la portée, ni le poids des boulets lancés par les mangonneaux brétons, ils étaient précis et visaient une des portes.
Cette dernière commençait déjà à vibrer sous les coups et se briserait sans doute bientôt. Des centaines de gobelins se rassemblaient déjà dans l'attente de la ruée - forcément victorieuse- qui les attendait.
Sauf qu'une magus vêtue d'un pull à col roulé rouge et coiffé de couettes venait d'arriver en courant, ses jambes illuminées de lignes de lumière bleue. Elle s'arrêta devant la porte et releva sa manche gauche. Son Magic Crest rayonnait, formant un dessin labyrinthique. Les yeux fermés, concentrée, elle tendit l'autre main vers le battant endommagé:
" Das Schließen Vogelkäfig Echo."
Une fine membrane de lumière rouge recouvrit l'extérieur des portes. Le Boundary Field élevé par Tohsaka ne vibra même pas quand un rocher rebondit sur lui. La jeune japonaise croisa les bras d'un air satisfait, puis redressa le nez avec un soupir hautain : " Amusez-vous bien, ce n'est pas en jetant des cailloux que vous briserez un de mes sorts !"
La tactique du Grand Chaman Grutbug était simple, mais efficace. Les gobelins utilisaient pierriers et béliers pour attaquer simultanément deux portes situées aux extrémités du mur de bois, forçant les défenseurs à diviser leur attention entre ses deux points chauds.
De plus, des groupes moins importants d'humanoïdes se servaient d'échelles pour investir différents points du rempart. Cela obligeait les Brétons à garder des effectifs tout au long du mur de bois... et donc les privaient d'hommes là où ils étaient le plus nécessaires.
Heureusement, le chemin de ronde était étroit. Un seul homme pouvait le tenir contre les gobelins... enfin, en théorie, parce qu'il n'y avait pas un homme qui pouvait en tuer des dizaines à lui seul... n'est-ce pas ?
Au cours des derniers mois, Gonderic de Bel-Amant avait développé un style de plus en plus défensif. Bien que Shiro lui ait - une fois encore- remis un exemplaire tracé de Durandal avant le début du de la bataille, le chevalier faisait davantage confiance en son armure et son bouclier féérique.
Son écu levé, il attendait patiemment les gobelins qui ne pouvaient pas le contourner. Il parait leurs attaques, pliant légèrement les genoux pour encaisser... et ripostait lorsque son adversaire hurlait de douleur après avoir reçu les dégâts retournés par le Noble Phantasm. Il suffisait alors d'une attaque de Durandal pour achever la créature.
Pendant qu'il arrêtait ainsi la masse des gobelins, les archers sur les miradors et les plateformes de défense de la seconde ligne de palissade pouvaient tranquillement aligner les humanoïdes... Leurs flèches tuaient ou blessaient au moins un adversaire par minute, élaguant lentement le nombre des assaillants. La plupart des têtes-de-pont des humanoïdes ne pouvaient malheureusement compter que sur humains ordinaires qui ne survivaient que quelques minutes à la ruée des petits monstres verts. Néanmoins, même là, les défenses créées par Mordane Hawkstone se révélaient très efficaces et les pertes ennemies se multipliaient.
Cependant, les gobelins qui venaient d'escalader les échelles déployées contre une section du mur de bois découvrirent qu'un individu en armure lourde et brandissant une épée à deux mains les attendait avec impatience :
"Ben alors, minables petites pucelles ? On s'est arrêté en chemin pour discuter? J'espère pour vous que c'était avec un concessionnaire de cimetière et que vous avez réservé une place, mes avortons chéris! En tout cas, j'ai une amie qui désire faire votre connaissance... "
Dans sa main, sa claymore d'ébonite s'embrasa...
Quelques instants plus tard, les gobelins commencèrent à refluer. Certains se jetant même dans le vide en dépit des pieux planté dans le fossé et le talus. Il pouvait sembler incroyable qu'un seul homme déclenchât une telle panique... Mais la plupart des gens qui avaient rencontré Estienne de Vignonne chuchotaient qu'il s'agissait en fait d'un daedra d'Oblivion déguisé...
La porte nord-est se trouvait à l'endroit où le mur de bois rencontrait la falaise qui dominait le port et sous laquelle s'étendait les grottes des contrebandiers.
Des combats violents se déroulaient en ces lieux. Les battants étaient à présent hérissés de flèches. De nombreux gobelins morts et mourants témoignaient d'assauts intrépides à chaque fois repoussé.
Néanmoins, l'ennemi ne renonçait pas. Une nouvelle attaque se préparait. Un bélier protégé par un toit de solides planches de bois s'avançait vers la porte. Au bout de chaînes oscillait un tronc de bois équarris dont l'extrémité taillée en pointe était recouverte d'une tôle d'acier grossièrement martelée.
Entre chaque gobelin qui poussait la machine de siège avançait un autre qui levait un grand bouclier pour le protéger.
Les archers brétons se mirent à tirer et leurs flèches firent quelques dégâts... seulement, les petits monstres ripostèrent par des volées de flèches qui les obligèrent à rentrer la tête à l'abri des créneaux.
"Repliez-vous, je m'en charge."
Les défenseurs se retournèrent vers la petite femme qui venait de parler... Elle semblait désarmée, mais son armure, et particulièrement son gantelet droit, était tachée de sang. Aucun n'osa la contredire, ils l'avaient vu se battre. Des humains ordinaires ne feraient que la gêner.
Restée seule sur la section du rempart dominant la porte, Saber se campa fermement, serrant Excalibur entre ses mains. Ses yeux se rétrécirent, révélant un esprit ferme et décidé. Le vent se mit soudain à tourbillonner autour de la femme chevalier, faisant danser ses cheveux, plaquant sa robe bleue sur ses jambes et faisant cliqueter les lames d'armures qui la recouvraient.
Son Noble Phantasm apparaissait maintenant comme une lumière bleue fluctuante alors que les multiples couches du fourreau d'air d'Excalibur se défaisaient. L'épée vibrait, transmettant ses vibrations à ses bras, mais Saber réussissait à rester immobile en dépit de la puissance qui se condensait autour d'elle:
- Ô vent...
Artoria Pendragon ramena l'épée près de son oreille tout en reculant un pied pour se mettre en fente. Puis, soudain, Saber se fendit comme si elle voulait trancher un adversaire devant elle :
-... Strike Air: Hammer of the Wind King!
Un tourbillon de vent sembla surgir de la lame, comme une trombe horizontale qui fila vers les gobelins qui entouraient le bélier. Des mottes de terres soulevées par le puissant souffle bombardèrent les humanoïdes soudains immobilisés qui levaient désespérément les bras dans une puérile tentative de défense... car le vent forcissait encore... et encore.
Un premier gobelin s'arracha au sol dans un hurlement suraigu aussitôt avalé par la tempête. Il précéda ses camarades qui quittèrent le sol pour être projeté à des dizaines de mètres de hauteur. Le bélier lui-même ne pouvait résister. Il se retrouva démantibulé par la puissance de l'ouragan, planches, tronc, chaînes, roues, désassemblés, brisés, furent emportés...
Lorsque Saber baissa Excalibur - redevenue invisible- les débris retombèrent. Le bélier n'était plus une menace. Quand aux gobelins... disons qu'ils étaient beaucoup moins solides qu'une machine de siège.
Repoussés une première fois avec de lourdes pertes, les gobelins s'étaient rassemblés pour attaquer une nouvelle fois... et être repoussés à nouveau.
La bataille durait depuis quatre lorsque le troisième assaut vit les pierriers enfoncer une section des remparts. Aussitôt l'ennemi convergea par la brèche. Bien entendu, la défense en profondeur joua son rôle. Les assaillants perdirent du monde dans des guets-apens ou en attaquant les barricades. Pourtant les trolls, les ogres et les monteurs de loups emportèrent cette résistance... même si (à nouveau) cela leur coûta de lourdes pertes.
Les miliciens armés de lances et de boucliers avaient formés un hérisson maintenant péniblement à distance les attaquants. Néanmoins, isolés et attaqués par de nombreux ennemis, ils ne faisaient que vendre chèrement leur peau.
Toutefois, un homme d'aspect jeune et vêtu d'une robe claire ornée de rubans de couleurs s'avança d'un air dégagé... à peu près aussi à l'aise que s'il allait ramasser des champignons. Comme trolls, ogres et gobelins se retournaient sur lui, Merlin sourit:
"Je ne fais que passer, ne vous dérangez pas pour moi".
Il tendit son bâton et une pluie d'or tomba sur les miliciens brétons exténués, refermant leurs blessures et leur rendant leur vigueur.
Le gobelin dirigeant la troupe brandit son sabre et le désigna à ses comparses:
- Mllugulu garri mug duc, zaï.
Bien que ne comprenant pas un mot de gobelin, Merlin approuva vigoureusement :
- Oui, oui... Garry à un mug de duc! Merci de me l'apprendre, je l'ignorais, mon ami.
Les humanoïdes eux avaient compris et se ruèrent vers lui pour le tuer conformément à l'ordre que leur chef leur avait donné. Mais aucun ne l'atteint... le demi-incube avait frappé le sol de son lourd bâton de magicien... et des racines aussi épaisses que des bras humains sortirent du sol pour immobiliser loups de guerre et guerriers.
Merlin leva les yeux sur le sommet d'une maison transformé en fortin. Il sourit à la jeune mage accroupie sur le toit:
"Je vous laisse la suite... Sa Majesté m'a donné l'ordre de soigner les blessés, pas de participer aux combats".
Agacée d'avoir été vue alors qu'elle se pensait discrète, Toksaka se redressa sans un mot. Sur son avant-bras droit, son Magic Crest s'illumina une nouvelle fois, alors qu'elle accédait aux archives magiques stocké dans ces Magics Circuits légués par ses ancêtres:
" Fiexiering Eile Salve!"
Le Gandr shot était une malédiction runique parmi les plus utilisées par les Magus de la Terre. Lorsque Rin Tohsaka en usait, elle pouvait concentrer assez d'énergie magique pour que la malédiction devienne capable d'interférence physique, lui donnant une puissance d'arrêt comparable à une balle de revolver. C'était ce que l'on appelait un Finn Shot. Néanmoins, certains des ancêtres de Rin étaient encore plus compétents qu'elle et le "Démon Rouge" venait de faire appel à leur savoir stocké dans le Crest de sa famille. Leur Finn Shot égalait une mitrailleuse en puissance et en cadence de tir...
Le doigt tendu, elle focalisa un véritable barrage de projectiles noirs auréolés de rouge sur les monstres immobilisés dans les racines. L'un après l'autre, ils s'effondrèrent percés de trous sanglants...
Le bruit ressemblait au tonnerre, les gobelins occupés à attaquer les postes de défenses hérissés de pieux n'y prêtèrent pas attention jusqu'à ce qu'ils débouchent dans l'allée qu'ils s'efforçaient de conquérir...
Les chevaliers en lourdes armures d'acier étincelant avaient le visage invisible derrière des heaumes armets à visière et portant des panaches de crin colorés. Un écu aux armes de quelque noble maison au bras gauche, une lance longue de plusieurs mètres dans la droite, ils montaient de puissants destriers caparaçonnés. Au-dessus d'eux flottaient une bannière montrant une un gantelet serrant une épée, le tout surmonté par une couronne.
À leur tête, le baron Mordane Hawkstone abaissa sa longue haste:
"Pour Koeglin, pour Alcaire, pour les dieux de Haute-Roche"
Son cri de guerre fut repris en cœur par ses chevaliers qui chargèrent dans la masse des gobelins. Les lances transpercèrent, des ennemis furent jetés au sol, piétinés par les montures des preux. À présent enfoncés dans la horde qui se déversait dans les fortifications, les chevaliers lâchèrent leurs hastes inutiles pour empoigner l'arme suspendus à l'arçon de leur selle: hache pour certains, masse d'armes pour d'autres.
Penchés sur l'encolure de leurs destriers, ils frappaient à droite et à gauche, rougissant le sol du sang des gobelins.
Le baron de Koeglin continuait cependant à crier en brandissant son épée:
"À moi, à moi ! Ô mon peuple ! Ralliez-vous à moi ! Pour la victoire!"
Et ses hommes l'entendirent. Les levées désespérés, les miliciens déconfits, les mercenaires encerclés, tous l'entendirent et le courage leur revint. Ils se lancèrent dans une contre-attaque générale.
La bataille atteignait son apothéose, tout allait se jouer là.
Du moins le croyaient-ils...
À quelques centaines de mètres de là, le Grand Shaman avait suivi toute la bataille au travers d'une boule de cristal posée sur un socle devant son nid de fourrure. Il se pencha alors vers un individu impatient qui attendait l'occasion d'agir:
-Maintenant!
L'individu à la peau gris-noire et aux yeux complètement rouge grimaça un sourire carnassier:
- Ces sales N'gwah vont payer.
Et le Dunmer prononça une courte formule magique, agita son bâton et... disparut... littéralement. À un instant il était là et l'instant d'après il ne restait qu'un tourbillon d'énergie violette. Il venait d'activer un sort de Rappel.
Le Grand Shaman Grutbug acquiesça lentement.
La plupart des chefs de guerre attaquent leurs ennemis depuis la périphérie et s'efforcent de progresser vers le centre. Ce qui laisse à l'ennemi le temps de se construire une carapace. C'était idiot... et aussi difficile que de briser une noix entre deux doigts.
Non, il fallait attaquer l'ennemi dans son cœur, là où il n'avait pas de carapace.
Personne ne louait jamais l'intelligence des gobelins. Avec raison, la plupart étaient de parfaits crétins... la plupart. Parce que la société des gobelins était une pure méritocratie. Ainsi, pour arriver au rang de chef de guerre, il faillait battre son prédécesseur en combat singulier et tous ceux qui le défieraient pour le conserver. Toutefois, la ruse et l'assassinat étaient la voie des chamanes... les chamanes stupides ne vivaient pas longtemps... et surtout ils ne devenaient pas Grand Chaman.
Rusé et cruel, le Grand Shaman Grutbug avait sacrifié des milliers de ses semblables pour une simple diversion.
Seulement, on ne faisait pas de plus grands égoïstes que les gobelins. Et s'ils n'étaient pas aussi lâches et faibles individuellement, jamais il n'y aurait eu de tribus gobelines...
Shiro jura, cela ne lui arrivait rarement... Il avait passé toute la bataille avec l'impression désagréable d'avoir oublié quelque chose.
Puis il avait sentit un courant de prana très fort. Il s'était tourné en direction de la source et avait Renforcé ses yeux pour découvrir ce qui se passait.
Erebel R'en! Le mage elfe noir que l'on supposait être le traître qui avait permis aux gobelins d'attaquer la ville avant-hier.
Il le reconnut. Il est vrai que le tatouage en forme de main de gloire sur la joue d'Erebel R'en aidait beaucoup, il s'agissait d'une caractéristique peu fréquente.
Le jeteur de sort dunmer venait de se matérialiser juste derrière Artoria. Il portait une robe jaune et orange très criarde et un bâton en chitine d'insecte géant de Vvanderfell. A son cou se trouvait une amulette de jade représentant un scarabée.
Il jeta une sphère de cristal au sol et murmura une incantation.
Des créatures humanoïdes se matérialisèrent. Ils portaient des armures daedriques noirs et rouges ainsi que des heaumes représentant des visages hurlants ornés de courtes cornes recourbés et une crinière de crins rouges faisant office de chevelure:
"Des drémoras!"
De tous les habitants du plan d'Oblivion, les Daedras étaient ceux qui offraient le meilleur compromis entre la puissance et la discipline. Peuple de mages, de forgeron et de guerriers, ils formaient le gros des légions des seigneurs daedriques...
L'instinct de Saber tenait de la précognition. Même attaquée à revers par des adversaires apparus par magie, elle réussit à esquiver l'attaque du premier drémora et à sauter à distance pour se remettre en garde.
Ses yeux parcoururent rapidement les rangs de ses nouveaux ennemis. Quatre individus en armures aussi horribles qu'étrangement belles. Ils se ressemblaient tous... sauf que chacun avait une arme différente: un no-dashi (1) daedrique, une épée et un bouclier, une masse d'arme et un bouclier, un katana... mais de sa main gauche, le dernier jeta un éclair de feu qu'Artoria esquiva.
Derrière eux se trouvait un mage dunmer, visiblement leur incocateur.
Quant à ses alliés... les soldats ordinaires fuyaient. Néanmoins, elle vit du coin de l'œil Gonderic et Estienne remonter la foule paniquée.
Le guerrier au no-dashi fonça en avant, il y eut un bref engagement. L'épée invisible de Saber et le long katana se heurtant en jetant des gerbes d'étincelles. Comme ils restaient bloqués in crossada, fer croisés, chacun pesant pour faire céder l'autre, un arc électrique naquit des deux lames et frappa un mur à deux mètres de distance.
Voyant l'occasion de frapper, le drémora armé d'une épée et d'une masse se jeta en avant. Saber pivota sur une hanche avec la grâce d'une danseuse, se dégageant de son premier adversaire d'un coup de pied. Elle para l'attaque du deuxième ennemi... mais pas complètement... son bras gauche se couvrit de givre.
Le coin de la bouche de Saber se releva en un sourire... elle aimait le défit, elle allait être servi. Chaque adversaire était plus fort qu'un humain, avec des armes et des armures enchantés et au moins un d'entre eux utilisait la magie.
Le jeteur de sort voulut attaquer, mais à ce moment une flèche transperça son plastron. L'attaque n'était pas suffisante pour le tuer, mais elle le blessa... surtout, il courut se mettre à l'abri, cherchant des yeux l'adversaire qui l'avait attaqué.
Le sourire d'Artoria s'accentua. Elle savait que le trait avait été tiré par Shiro, la précision et la rapidité dépassait tout ce qui était humainement possible.
Erebel R'en qui observait le combat commençait à le trouver un peu trop équilibré. Il toucha le fétiche à son cou, un puissant objet magique appelé "l'Amulette d'Admonestation". Un rayon de glace en surgit et frappa Artoria.
Saber se retrouva instantanément changé en statue de givre. L'écrin gelé l'immobilisait complètement et drainait son énergie vital.
"Terminez-là avant que nos ennemis se réveillent, bande d'incapables!" Jura Erebel R'en
Les drémoras n'aimaient guère leur invocateur, mais le sort ne leur laissait pas d'autre choix que d'obéir. Ils s'approchèrent, levant leurs armes pour frapper la forme immobile.
Cependant, Artoria n'était pas sans défense. Elle s'était réincarnée dans la chair d'une brétonne, la race la plus résistante à la magie de tout Tamriel et le Sang du Dragon amplifiait encore ce don. Sa résistance à la magie restait inférieure à celle qu'elle avait eu en temps que Servant avec un corps de prana...
Certes, mais elle avait récupéré son plus grand atout...
"Avalon"
La forme du fourreau d'or d'Excalibur apparut devant Saber, flottant dans l'air. Il rayonnait d'une lumière dorée qui enveloppa le linceul de glace. L'instant d'après il commençait à se fissurer tandis qu'une éblouissante lueur d'or filtrait par les lézardes. Il explosa alors et Artoria apparut libre, auréolée de lumière...
Erebel R'en jura et tendit son bâton. Une impressionnante décharge électrique en sortit et fila vers Saber... disparaissant avant de la toucher. Car Avalon, l'Everdistant Utopia est un Bonded Field semblable à une "forteresse portable" rendant son porteur invulnérable à toutes les formes de Magecraft et même aux Cinq Vraies Magies.
Le mage Elfe Noir battit en retraite, épouvanté...
"Aucun mortel ne peut... c'est impossible... Je..."
Une volée de gandrs le frappa à cet instant. L'armure d'ostalium qu'il portait sous sa robe lui sauva la vie. Il recula une main sur sa hanche blessée sortant une potion de soins, il l'absorba avant de se retourner sur Rin qui le regardait d'un air furieux:
- Et si tu t'en prenais à un magus, renégat ?
Comme Gonderic de Bel-Amant et Estienne de Vignonne avait rejoint le combat, l'affrontement devint soudain si complexe qu'il devint impossible à suivre pour un observateur extérieur. Quatre drémoras et un mage dunmer affrontaient Artoria, Rin, Shiro et les deux chevaliers brétons.
Sortilèges et armes magiques se heurtaient dans des démonstrations de talent et de puissance étonnantes. Aucun des adversaires pouvaient être qualifiés de faible et le combat clouait de terreur et d'admiration tout ceux qui le voyaient. Toutefois..
À elle seule, Saber avait été capable de faire jeu égal contre tous les adversaires. Épaulée par ses amis, le Roi des Chevaliers pouvait sans peine l'emporter.
Après un échange rapide de coup contre le drémora armé d'une épée et d'un bouclier, elle bloqua l'assaut de celui qui utilisait un no-dashi et se concentra sur cet ennemi alors qu'Estienne prenait son précédent adversaire.
Les drémoras ressentaient la peur... et le respect. Bien que cruels et méprisants envers les humains, ils étaient honorables à leur manière. Empoignant son long katana avec fermeté, le démon d'Oblivion salua de sa lame. Saber répondit de même.
Avec un cri brutal, l'humanoïde cornu se rua en avant en une attaque misant tout sur un seul mouvement. On pouvait penser qu'il s'agissait d'une erreur... un pari brutal... En fait, c'était un choix réfléchi et sa seule possibilité pour gagner.
Le drémora avait compris qu'il n'avait aucune chance de l'emporter dans un combat prolongé. En face, Artoria comprit la manœuvre... l'anticipa avec son superbe instinct... et se contenta de faire un pas de côté avant de faire siffler son épée à l'horizontal.
Le mouvement, pour simple qu'il soit, avait été parfaitement été chronométré. Elle avait frappé au moment où l'adversaire était en déséquilibre et où sa lame emportée par son élan sifflait dans le vide.
La tête encore casquée du drémora rebondit dans la neige alors que le démon tombait à genou avant de s'effondrer.
Shiro eut quelques difficultés contre le mage de guerre drémora. Non seulement son katana était empoisonné- il devait remercier Structural Analyse pour s'en être aperçu- mais en plus, la plupart de ses propres armes étaient inefficaces contre lui. En tant que daedra, il s'agissait d'une créature surnaturelle invulnérable à toutes armes qui n'étaient pas faites de mithril, d'ébonite, d'adamantium, de daedrique ou d'orichalque.
Décidé à combattre le feu par le feu, il traça alors le Croissant Daedrique, une puissante arme originaire des plans d'Oblivion qui ressemblait à un croissant de lune presque aussi grand qu'un homme. Cette arme proscrite par l'Empire rappelait de mauvais souvenir, en particulier l'assaut de Mortecime par les légions de Mehrunes Dagon.
Elle était d'un maniement étrange puisqu'il fallait la tenir au milieu et combattre en dansant avec elle. Toutefois, la particularité d'Unlimited Blade Work faisait qu'il maniait chaque armement stocké en son sein comme s'il en était le possesseur original.
Lorsqu'il frappa pour la première fois le mage de guerre démoniaque, l'ennemi se retrouva paralysé tandis que son armure s'écaillait vaincu par la malédiction de l'arme.
Shiro éprouva un léger remord à tuer le daedra mais... sa lecture de son katana lui avait appris qu'il s'agissait d'un guerrier brutal qui avait le sang d'innombrable innocents sur les mains. En fait, l'arme elle même avait été forgée en sacrifiant un de ses semblables pour lui donner sa puissance. De plus, comme tous ses pareils, sa mort ne serait que temporaire. Un jour ou l'autre, il serait réincarné.
Shiro leva le Croissant Daedrique, faisant naître une sphère de lumière verte entre les deux lames. L'éclat enveloppa le démon qui hurla avant de disparaître... expulsé vers les Royaumes Extérieurs.
Vive et rapide grâce au Renforcement, entraînée aux arts martiaux depuis l'enfance par Kirei Kotomine, Rin était bien plus qu'une simple Magus.
Elle tourbillonnait autour d'Erebel R'en, l'assaillait de grandrs, effectuait un salto arrière pour lui envoyer un de ses cristaux spirituels puis retombait au sol pour s'éloigner rapidement.
L'Elfe Noir jetait flammes et éclairs, congelait et créait des nuages empoisonnés... mais jamais ses sortilèges ne touchaient le "Démon Rouge". Elle se moquait littéralement de ses efforts, se riant de lui comme elle échappait à ses attaques... puis le frappait dans le dos.
Il avait essayé de l'hynoptiser, de lui jeter des malédictions... sauf que ses Circuits Magiques chassaient son influence sous un flot de prana.
Erebel R'en avait utilisé toute ses potions de soins ou de restauration magique. Ses anneaux, son bâton et son amulette n'avaient plus de charges.
Rin avait attendu ce moment, elle bondit... son coude s'enfonça dans son sternum et il s'effondra frappé comme par la charge d'un rhinocéros.
Les deux derniers drémoras avaient été retenus par les chevaliers brétons. Gonderic avait blessé à plusieurs reprises son ennemi... mais Estienne se trouvait plutôt en difficulté lorsque Shiro était arrivé pour trancher en deux son adversaire. Le dernier démon tomba, transpercé par Excalibur.
Le Grand Shaman Grutbug avait suivi l'affrontement dans sa boule de cristal. Ouvrant un coffret, il en tira une potion qu'il absorba. La chaleur qui l'envahit chassa pour un moment les effets de l'âge.
Descendant de son estrade, il rassembla un groupe d'ogres autour de lui et commença une prière au dieu Malooc...
Les Dunmer n'étaient pas les seuls à connaître la téléportation. Au cours de la guerre qui les avait opposés aux Rougegardes, les gobelins avaient amplement utilisé ce pouvoir que leur dieu leur avait octroyé, notamment pour ravitailler leurs forteresses assiégées.
Le Grand Shaman Grutbug disparut avec les ogres et reparut derrière les troupes brétonnes qui combattaient contre les gobelins qui déferlaient depuis la brèche dans le mur de bois.
Laissant derrière lui les troupes qu'il avait amené, il se téléporta à nouveau pour réapparaitre derrière une des portes de la muraille de bois.
Avant que les défenseurs ne se remettent de sa surprise, il se mit à danser et à sauter, virevoltant en brandissant son bâton... des flammes sortirent de ce dernier. Montant, elles formèrent une sphère qui grossit, grossit... atteignant un volume d'un bon mètre:
"Gash!"
À cet ordre, le projectile de feu fila et se heurta aux battants. L'explosion fut très violente, projetant des troncs, de la terre et des cadavres dans toutes les directions. Ayant levé un bouclier magique pour se protéger, Grutbug fut à peine secoué. Il sourit à la vue de l'énorme cratère qui avait remplacé un pan des fortifications. Alors que la fumée et la poussière retombait, il entendit le piétinement de milliers de pieds. Des ombres sortirent des nuages de cendres... les gobelins entraient par la seconde brèche.
(1) Katana à deux mains.
