Les collines sanglantes
Dans cette région encaissée, une rivière tumultueuse traversait une gorge en une succession de cascades. Sur les deux rives, des chênes, ormes, frênes et peupliers dépouillés par l'hiver étendaient leurs branches nues parmi les falaises, les roches et les collines pentues.
Il neigeait faiblement. Des flocons dansaient dans le vent glacial qui soufflait dans ces collines. Le sol et les branches des arbres étaient couverts d'un manteau blanc. Même l'écorce était plaquée de neige en direction du nord, d'où venait la bise hivernale.
Métamorphosé par l'hiver, le paysage blanc était d'une confondante beauté. Néanmoins, les fées du froid et du vent avaient réalisés leur chef d'œuvre en sculptant des pendeloques de glace dans les cascades. Chaque stalactite était une véritable d'artiste, semblable à une création de verre filé.
On imaginerait un tel paysage dévoué à la paix et la contemplation...
Il n'en était rien...
Il s'agissait d'un champ de bataille.
Un pied écrasa une branche tombée au sol. D'autres pieds piétinaient la neige virginale, la transformant en boue... Une troupe courrait parmi les arbres de la forêt. On pouvait entendre leur respiration grondante. Des humanoïdes à la peau verte, leur bouche ouverte dévoilait des canines semblables à celles des porcs tandis que leurs yeux bridés s'illuminaient d'une lueur jaune et orangée. Grands, lourdement charpentés, ils portaient des cottes de maille, des armures de cuir ou de fourrure sous lesquelles roulaient des muscles puissants. Certains allaient tête nus, d'autres avaient des casques à cornes. Tous avaient une épée d'acier ou une hache dans une main, et un bouclier circulaire sur l'autre bras.
Ils arrivèrent au bord d'une falaise dominant la rivière. D'autres orques se trouvaient là, abrités par les arbres et les buissons, ils brandissaient de grands arcs et échangeaient des tirs avec des adversaires en contrebas... un combat qui ne tournait pas à leur avantage !
Un archer orque s'arracha au sol et heurta un arbre derrière lui, se trouvant épinglé au tronc par une flèche faite de prana translucide.
Leur chef, reconnaissable à son armure d'orichalque et à sa lourde hache de ce même métal vert, encouragea ses guerriers, désignant le bas de la pente d'un mouvement impérieux:
"Allez, par Malacath, attaquez ! Nous sommes plus nombreux que les peaux roses, mieux armés et surtout nous sommes les meilleurs guerriers de Tamriel! Personne ne peut battre un orque! Mes enfants (1), taillez-les en pièces! "
Ce discours était exactement ce que les orques aimaient entendre. Des mots forts, comme leur peuple, des mots impitoyables, chargés d'une longue colère et d'une haine séculaire. Depuis trop longtemps, les orques souffraient. Repoussés dans les montagnes inhospitalières, leurs enfants mourraient de faim et de froid tandis que les Brétons occupaient les plaines côtières propices à la culture et au commerce.
Le sentier que les guerriers orques suivaient descendait jusqu'à la rivière qu'elle franchissait par un pont étroit avant de rejoindre la grande route de Dwynmen. La région se trouvait à la frontière entre le royaume d'Alcaire et le duché de Phrygios, il s'agissait du territoire le plus à l'ouest à avoir été conquis par les orques au cours de la Grande Invasion.
La victoire des Brétons à Koeglin en faisait à présent une contrée disputée. Pour la première fois depuis le début de l'invasion, sept mois plus tôt, les humains avaient repris l'initiative. Ne se contentant plus de défendre les terres qu'ils contrôlaient encore, ils cherchaient à présent à reprendre ce que les orques leur avaient arraché.
Sauf, bien sûr, que les orques ne se laissaient pas faire. Ils étaient braves, ils étaient puissants et nombreux et la contre-attaque ennemie se résumait à une petite bande de deux cents de ces ridicules Brétons !
La victoire serait aisée... du moins elle était supposée l'être.
Parce qu'en vérité...
Shiro tirait si vite que l'œil ne pouvait suivre ses mouvements. Ses flèches prenaient l'air, l'une après l'autre, semant la mort parmi les archers orques qui les avaient pris en embuscade. À lui seul, le Héros aux yeux d'Ambre avait fait échouer l'embuscade sur leur flanc gauche.
Il ne s'agissait cependant que d'un des postes de tir surplombant la rivière qui avait creusé la vallée, permettant le passage d'une voie empierrée tracée par les Légions de l'Empire de Tamriel. Presque en face, les orques s'étaient installés sur un plateau rocheux. Position idéale qui leur permettait de croiser leurs tirs avec ceux de leurs camarades. Heureusement, cette position se trouvait à découvert et les archers de la petite expédition avaient repéré les tireurs orques alors même qu'ils prenaient position, leur infligeant de sévères pertes. Néanmoins, l'expédition de Vérandia se trouvait dans une situation délicate.
La petite armée d'Artoria Pendragon peinait depuis deux jours dans cette région montagneuse. La route côtière était férocement défendue. Guet-apens et contre-attaque se succédaient. Là, ils cherchaient à s'emparer d'une barricade qui coupait la route de Dwynmen. Ne pouvant manœuvrer dans cette étroite vallée, Saber avait lancé une attaque frontale qui avait bien démarré... jusqu'à ce que des troupes d'archers se révèlent sur les deux flancs. À présent, des guerriers orques lançaient même des contre-attaques en plusieurs points de la colonne. Postés en haut des pentes, les peaux vertes faisaient rouler des ballots de vieux tissus enflammés, lançaient des rochers, avant de s'élancer à l'attaque, regroupés en de puissantes phalanges hérissées de pointes de lances ou de hallebardes.
L'air était empli de cris de guerre, de flèches et du vacarme des tambours de guerre de l'ennemi.
Shiro laissa l'arc d'Archer se disperser en papillons de prana bleuté.
"I'm the bone of my sword"
Kanshou et Bakuya, les lames jumelles apparurent entre ses mains. Il n'avait pas à se préoccuper du flanc nord, Merlin venait d'invoquer des racines aussi épaisses que des bras humains. Surgissant du sol, elles enveloppèrent les orques qui chargeaient, les immobilisant et les livrant sans défense aux archers brétons soudain boostés par un sortilège de soutien du Magicien des Fleurs. Par contre, sur sa gauche, un affrontement fait rage sur le tablier du pont. Les soldats de Vérandia résistaient, avantagés par l'étroitesse du passage. Cependant, ils souffraient...
Shiro Emiya courut de ce côté. Une fois encore, son cœur le pressait de venir en aide aux gens dans la détresse. Cependant, avant même qu'il arrive jusqu'à eux, un tourbillon d'énergie violette se forma sur leur rive de la rivière. Il en émergea un squelette armé d'un bouclier d'acier et d'une hache d'argent. Il voulut attaquer les Brétons à revers, mais le Forgeron aux Yeux d'Ambre, le faucha d'un revers négligent d'une de ses lames.
Une savante orque - une de leur chamane- devait avoir invoqué ce mort-vivant. S'il ne la neutralisait pas rapidement, elle continuerait à invoquer des créatures. La voix de Rin s'éleva de la gemme spirituelle qu'il portait autour du cou, comme un pendentif. Il s'agissait d'un Mystic Code créé par son amie. Il permettait de communiquer avec elle. Au centre de la petite armée, la Magus se concentrait sur le contrôle de plusieurs familiers qui volaient au-dessus du champ de bataille:
"Shiro l'invocateur se trouve sur l'autre rive. Tu vois le bosquet d'arbre sur la droite du pont ?" Le Héros aux yeux d'Ambre acquiesça " Oui, je vois, c'est là qu'elle est?!" "Exactement!"
Shiro lança ses deux lames jumelles en direction des orques. Tournoyantes, elles fauchèrent plusieurs assaillants avant de se dissiper. Le rouquin se concentra ensuite sur une arme qu'il voulait tester depuis qu'Artoria lui avait montré ses souvenirs de cette épée.
Il inspira et expira sur un rythme précipité, tendant une main devant lui. Ses Circuits Magiques s'illuminèrent sur ses deux bras. Des arcs électriques naquirent devant ses doigts, faisant apparaître une forme floue. Shiro serra les dents. La sueur ruisselait sur son visage tandis qu'il s'efforçait de donner forme à l'arme qui reposait à l'intérieur d'Unlimited Blade Work.
"Steel is my body and fire is my blood"
"I have created over a thousand blades"
Au troisième verset de son incantation, le processus de pré-projection s'acheva. Comme une pensée se cristallisant, l'épée à deux mains se matérialisa. Il s'agissait de l'aboutissement du processus de Tracing, le Magecraft dont le mystère était l'exclusivité de Shiro Emiya... de toutes les versions de Shiro, en fait. La longue épée était blanche si on exceptait sa poignée et une partie du fort de la lame qui était bleue, comme la pointe extrême. Ce glaive était lourd, d'un design simple et massif, particulièrement au niveau de la garde triangulaire.
D'après la légende, l'arme avait été forgée en incorporant les morceaux de Caliburn, l'épée brisée d'Artoria. On voyait là le glaive de Sir Gawain, le Chevalier du Soleil.
Shiro ne prit pas le temps de s'appesantir sur l'histoire de cette arme. Il avait plus urgent à faire:
"Ta volonté. Mon épée sainte est l'incarnation du soleil. Sous le commandement du roi, je brûlerai tout à la surface de la terre."
Le Forgeron aux Yeux d'Ambre jeta l'arme vers le ciel.
"La lame de cette épée sacrée est une copie du soleil lui-même. Sainte épée des étoiles, frappe une fois encore!"
Un petit soleil apparut là où l'épée éclata en faisceaux de lumière dorée, rayonnant de puissants et chauds rayons. Il en naquit une colonne de feu qui tomba devant Shiro. Le jeune japonais réincarné l'empoigna comme s'il s'agissait de l'épée elle même. Invoquant le nom du Noble Phantasm pour libérer sa force:
"Excalibur Galatine!"
Comme la lame de feu s'abattait vers le sol, les orques horrifiés levèrent les bras... mais rien ne pouvait résister au déferlement du feu solaire. Une lumière crue, insoutenable, les enveloppa... puis l'épée gigantesque, démesurée, toucha le sol de la colline, faisant exploser les arbres, les incinérant en un instant. La rivière entra en ébullition, crachant des nuages de vapeur.
Lorsque l'éclat aveuglant se dissipa, il ne restait plus qu'une longue tranchée creusée dans les collines. La brèche aux flancs noircis rougeoyait encore de multiples feux qui crachaient de la fumée noire vers le ciel. La rivière s'épanchait à présent dans la partie la plus basse de la cicatrice fumante, la remplissant pour créer un petit lac de forme allongé.
Il ne restait rien des orques qui s'étaient tenus là. En instant, quelques centaines d'entre eux avaient été incinérés.
Shiro déglutit... conscient du massacre qu'il venait de causer.
Toutefois, les cors de guerre orques sonnaient le repli et le Japonais réincarné frissonna en voyant les ennemis refluer en lui jetant des regards épouvantés. L'adolescent avait beau se dire qu'il avait écourté l'affrontement et finalement sauvé des centaines de vie, il revivrait longtemps cette scène de carnage...
Artoria Pendragon laissa retomber sa lame invisible. Les orques se repliaient en bon ordre, sans paniquer. Certains éléments couvrant les autres en retraite tandis que leurs archers continuaient à tirer sur ses forces. Ayant passé des années sur le champ de bataille, le Roi Arthur acquiesça lentement... Loin de leur réputation de barbare à peine capable de différencier la droite de la gauche, les guerriers à peau verte étaient organisés et connaissaient visiblement les pratiques de l'art de la guerre.
Face à la puissance que venait de libérer Shiro, le cœur de la plupart se serait brisé d'effroi. Abandonnant leurs armes et leurs boucliers, ils auraient pris la fuite de toute la force de leur jambe et n'auraient cessé de courir qu'à bout de force.
Néanmoins, les orques étaient d'une autre trempe. Même confrontés à l'inimaginable puissance d'un Noble Phantasm, ils ne montraient aucune peur. Un tel courage ne pouvait qu'inspirer le respect à un chevalier de la trempe d'Artoria Pendragon.
"Ne poursuivez pas l'ennemi dans les collines, il s'agit peut-être d'un piège! Rester en formation et suivez-moi, il faut sécuriser le campement ennemi. "
Les soldats de Vérandia ne discutèrent pas. Depuis deux mois qu'Artoria les dirigeait, ils avaient pris conscience que la jeune femme prenait toujours les bonnes décisions dans la bataille. Même réduits à une bande de moins de deux cent hommes, ils restaient confiants, magnétisés par le charisme de leur jeune chef.
Flanquée de Gonderic de Bel-Amant et du baron Estienne de Vignonne, qui avaient tout deux combattus à ses côtés lors de l'assaut de la barricade orque, Saber avançait prudemment. Attentive, elle parcourut du regard les fortifications grossières. Strike Air lui avait permis d'ouvrir plusieurs brèches dans le barrage de tronc d'arbres couchés et de tonneaux remplis de pierres. Au delà, s'étendait le camp des envahisseurs. Cependant, les seuls orques qu'elle vit étaient des cadavres gisant au sol.
Sur ses pas, les Brétons envahirent l'autre côté de la digue plantée d'épieux. Le cantonnement orque n'avait rien de luxueux, de simples tentes de peaux plantées en cercle autour de feux de camp. Ici et là des caisses et des sacs contenaient des vivres, tandis que des tonneaux fournissaient la boisson.
Artoria approuva d'un mouvement du menton.
En dépit des racontars que les Brétons colportaient sur leurs ennemis héréditaires, les orques n'étaient pas anthropophages. Ils chassaient, élevaient et cultivaient comme les humains. Donc, tout ce qu'ils mangeaient pouvait être consommé sans risque... bien qu'il ne s'agisse que de viande séchée, de pain bis et de mauvaise bière! Il faut dire que les orques n'avaient aucune culture culinaire. Ils se contentaient de rôtir ou de bouillir leurs aliments, ne connaissant que le sel pour unique assaisonnement, ignorant les sauces comme les épices. Une pensée bien déprimante pour Saber qui ne pouvait plus vivre sans les plats amoureusement mitonnés par son amant.
" La faim est l'ennemi."
Elle répétait souvent cette maxime à Shiro... certes, pour légitimer son appétit inextinguible. Mais cette expression traduisait une réalité de toute guerre. Le moral d'un soldat était dans son estomac.
"Emportez tout ce que vous pourrez saisir de nourriture, détruisez le reste!"
Il était au moins aussi important pour la petite armée de s'emparer des vivres abandonnés qu'en priver l'ennemi et ainsi l'affaiblir.
"Dame Artoria ?"
Saber se retourna vers celui qui venait de l'appeler. Il s'agissait d'un sergent d'arme accompagnant un homme à la peau noir qui ne pouvait qu'être un Rougegarde. Le soldat salua:
" Dame Artoria, nous avons trouvé cet individu ligoté et bâillonné dans une des tentes."
Saber détailla plus attentivement l'homme qui venait d'être délivré. Encore jeune, il était rasé de près et portait une armure de cuir bouillie sur une tunique verte. Une cape à capuchon de même couleur l'enveloppait. Le Rougegarde s'inclina avec empressement:
" Mon nom est Nasrir, je suis druide de Kynareth. J'habite dans cette vallée avec mon épouse depuis deux ans maintenant. Ma maison est un peu au nord d'ici. Il y a une semaine de cela, les orques se sont installés ici et nous ont capturés... j'ai été séparée de ma Gwenda. Retrouvez-la, s'il vous plait."
"Gwenda ? Est-ce le nom de votre épouse?"
Le dénommé Nasrir acquiesça:
"Oui, une brétonne que j'ai épousé il y a cinq ans."
Une main posée sur sa poitrine, Artoria s'inclina légèrement en avant:
"Alors, ne craigniez rien. Moi, Artoria Pendragon, vous jure sur mon honneur de chevalier de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour retrouver Gwenda."
"... d'après son mari, les orques ont emmenés Gwenda dans les collines au sud de la rivière. Comme tu es le plus proche, Saber te demande d'aller voir."
Shiro acquiesça en entendant la voix de Rin monter de la gemme spirituelle qu'il portait comme un collier.
"D'accord, dis à Saber que je m'en charge."
Il y eut un silence puis...
"Fais attention à toi... non... non que je m'en soucie, mais je ne veux pas avoir à annoncer à Saber que tu t'es tué tout seul en essayant une nouvelle fois de jouer au héros comme l'imbécile d'idiot que tu es."
Shiro sourit de l'explication embarrassée de son amie tsundere.
"Merci de te soucier de moi, Rin."
"C'est... c'est normal de se soucier de son allié. Tu... tu... es un atout important pour notre armée, alors ne risque pas ta vie imprudemment."
La conversation terminé, Shiro renforça ses muscles et ses os avant de partir en courant, remontant le sentier qui avait permis aux orques d'attaquer. Vif comme le vent, il bondissait d'un arbre à un autre, attentif à tout mauvaise rencontre. Bien lui en prit... il y avait toujours des orques dans les collines. Une arrière-garde chargée de surveiller les mouvements des Brétons.
Il esquiva deux flèches tirées depuis l'orée des arbres et se tourna vers les guerriers en armure qui sortaient à sa rencontre:
"Trace On."
Les mots, à peine plus qu'un murmure, venaient à peine de quitter les lèvres d'Emiya que la paire de sabres chinois qu'il préférait se matérialisa entre ses doigts. La suite fut une démonstration d'escrime éblouissante. Le style de combat de Shiro n'était pas aussi gracieux que l'art de l'épée d'Artoria. Il maniait les lames mariées avec une brutale efficience, frappant les points faibles de l'armure de ses ennemis, n'hésitant pas à lancer une de ses armes pour qu'elle frappe un ennemi dans le dos, ou sautant à couvert pour courir vers un adversaire à l'écart.
Courageusement, les orques firent face sans esprit de recul... et périrent jusqu'au dernier.
Débarrassé de ses opposants, le Forgeron aux Yeux d'Ambre reprit sa route. À deux reprises, il fit face à d'autres orques. Comme le premier groupe, ils cherchèrent à l'arrêter sans guère plus de succès, même si une savante armée d'un bâton magique participa à l'un des combats.
Shiro Emiya était tout simplement trop rapide et agile pour ces balourds d'orques. Bientôt le dernier adversaire s'écroula dans une mare de sang.
Le magus avait attaqué ce groupe installé dans un petit campement bien dissimulé par des arbres et des buissons. Les tentes de peaux se trouvaient sur une arête rocheuse dominant la rivière. Depuis ce point, on jouissait d'une excellente vue sur la route, ce qui en expliquait que les orques y aient installé un poste d'observation.
Il trouva sur place une jeune femme ligotée et coupa ses liens:
"Vous êtes Gwenda ?"
"Oui, c'est moi... comment connaissez-vous mon nom? Qui êtes-vous?"
L'adolescent aux cheveux roux sourit:
"Je m'appelle Shiro, votre mari m'a envoyé vous retrouver."
"Je ne sais pas comment vous remercier. Je ne peux rien vous offrir en compensation, nous sommes des gens pauvres, de simples druides."
Mais Emiya se contenta de secouer la tête sans cesser de sourire:
" Venir en aide aux autres est une récompense suffisante."
Gwenda regarda son sauveur avec une expression d'incompréhension... dont Shiro avait l'habitude.
Deux fois encore, avant que le soleil ne se couche, la petite armée d'Artoria fut attaquée. Néanmoins, ces nouvelles embuscades furent retournées contre les orques grâce à l'aide du couple de druides. Leur connaissance de la région permettant de guider des contre-attaques par des sentiers ignorés des envahisseurs.
La nuit n'eut rien de paisible.
Des commandos orques se glissèrent à plusieurs reprises aux abords du camp. Malheureusement pour eux, les sentinelles brétonnes qui l'entouraient étaient surtout là par habitude. La véritable défense de leur cantonnement était un Bounded Field. Avant chaque attaque, un carillon retentit prévenant les défenseurs de l'assaut, tandis que les flèches se brisaient impuissants contre un rideau d'énergie rougeâtre. Les factionnaires fournis en potions de vision nocturne n'avaient plus alors qu'à riposter et percer de traits des adversaires impuissants.
Gonderic de Bel-Amant secoua la tête. Avec Estienne de Vignonne, il faisait parti des six "héros" qui étaient l'espoir de l'expédition de Vérandia. La seule raison pour laquelle les miliciens ordinaires ne désespéraient pas de se retrouver isolés dans ces collines au milieu d'innombrables ennemis.
Pourtant, ils n'étaient pas à la hauteur des vrais héros comme Artoria Pendragon, Shiro Emiya ou Rin Tohsaka (qui avait créé le Bounded Field protégeant le camp). Gondéric voyageait avec eux depuis plus de deux mois et connaissait à présent leur histoire... ils venaient d'un autre monde et avaient été réincarnés pour contrer Angra Mainyu.
Merlin était un être encore plus impressionnant. Le chevalier jeta un regard vers le Magicien des Fleurs, en train de se réchauffer les mains à un feu. N'ayant pas besoin de dormir, il arpentait le camp chaque nuit pour participer à la défense.
Tohsaka lui avait expliqué ce qu'était un "Esprit Héroïque". L'idée lui tira un frisson... À part un dragon, un prince daedrique ou un dieu qui pouvait lutter contre un "Servant"?
Merlin se retourna vers lui et lui fit un sourire qui fit frissonner le chevalier de Vérandia. Gonderic se pressa vers la grande tente au centre du camp avant que le magicien ne décide de lui faire une de ses horribles blagues.
Soulevant le pan de tissu formant l'entrée du pavillon de toile, le chevalier de Bel-Amant dû se faire violence pour contenir le sentiment de jalousie qui menaçait de le submerger.
Sur le sol, couvertures et draps étaient froissés découvrant... plus que couvrant, trois corps étroitement enlacés. Shiro se trouvait au centre, Artoria était lové contre lui, un bras passé autour de ses épaules. Sur la gauche, en miroir de l'autre femme, Rin avait la tête posée sur la poitrine du garçon. Mais sa main tendue plus loin touchait le bras de la femme-chevalier, comme pour s'assurer qu'elle était bien là et qu'elle n'allait pas l'abandonner.
Les visages des trois adolescents endormis reflétaient paix et affection. Gonderic soupira en se rappelant une chose que sa mère lui avait un jour dit. On ne ment pas en dormant. Personne ne pouvait plus nier l'amour qui unissait ces trois jeunes gens après les avoir vu ainsi. C'était adorable et une part de lui ressentait chaleur et tendresse en les regardant... Mais une autre part dont il n'était pas particulièrement fier s'irritait!
Ce n'était pas que Gonderic soit particulièrement attiré par Tohska et Artoria... enfin plus qu'un homme normal pourrait l'être par deux jeunes femmes aussi belles. Cependant, dans des moments comme celui-ci, le chevalier avait envie d'hurler " Pourquoi lui et pas moi !?"... En fait, il s'agissait d'une sorte de réaction universelle qui pouvait être appelé "l'effet Shiro".
Hésitant à réveiller le trio, Gonderic de Bel-Amant vit Artoria battre des paupières et se redresser plaquant le drap sur sa poitrine. Bien que juste réveillée, sa voix était aussi claire qu'au milieu de la bataille:
"Bonjour, sire chevalier. Est-ce déjà le matin?
Le fils du nouveau duc de Vérandia approuva d'un hochement de tête:
"En effet, dame Artoria. Je suis venu vous réveiller... bien qu'il me peine de troubler ainsi votre repos."
Se frottant les yeux d'une main, Saber suspendit son mouvement pour regarder Shiro qui s'étirait. Un doux sourire apparut sur ses lèvres... Une expression qu'elle n'avait qu'en regardant son amant ou leur amie.
"Dans mon cœur est inscris le vœu égoïste de rester dans leurs bras pour l'éternité" L'expression d'Artoria se durcit soudainement. " Néanmoins, sire chevalier, cela attendra... Nous avons une guerre à remporter." Elle eut un petit rire bas... "Et réveiller Rin va bien me prendre une heure."
Le quatrième jour de voyage dans les collines de l'ouest d'Alcaire ne fut pas exempt d'assauts ennemis. En fait, la première embuscade avait été tendue sur un plateau vers lequel montait la voie Impériale. Tandis que l'infanterie orque postée en haut de la montée cherchait à contenir Artoria, Gonderic et Estienne chargeant à la tête d'une centaine de combattants, des archers tiraient sur les Brétons du haut de la falaise... pour se faire décimer par les flèches de Shro et les Finn Shots de Rin.
Occupé à jeter des "buffs" sur ses alliés, les soigner et à utiliser des "debuffs" sur ses ennemis, Merlin secoua la tête. Il ne comptait plus le nombre d'attaques orques ayant tourné en déconfitures complètes. Pourtant les humanoïdes continuaient à les harceler, comme à fortifier chaque endroit favorable à la défense. Encore, encore et encore... leur obstination dépassait la cadre du simple courage. Elle commençait à lui paraître anormale.
Surtout, c'était complètement vain...
Au premier rang des Brétons, Artoria Pendragon ramena son épée invisible près de son oreille. Une aura bleutée palpitait autour d'elle, se mêlant à une lueur dorée qui filtrait depuis l'intérieur du fourreau d'air d'Excalibur:
" Starlight Divergence !"
Cinq cônes de vent naquirent d'Excalibur, chacun d'eux enveloppait une décharge d'énergie. Dans l'étroit chemin de montagne, ils furent l'équivalent d'un cataclysme. Les orques retranchés sur la crête furent jetés dans le vide, déchiquetés par les explosions ou bombardés de rochers tombant de la falaise. Un massacre...
Merlin secoua la tête et frappa le sol de son bâton, faisant sortir du sol des racines qui immobilisèrent les survivants... rapidement criblés de flèches par leurs archers.
Oui, de telles tactiques étaient complètement vaines contre eux. Attaquer en masse avec des guerriers ordinaires ne pouvait conduire qu'à sacrifier beaucoup de monde sans résultat. Son roi pouvait tuer un millier de guerriers à elle toute seule, armée d'Excalibur. De plus, son armure de prana la rendait pratiquement invulnérable aux attaques ordinaires.
Le plateau rocheux était occupé par un village... les maisons étaient réduites à des murs effondrés, des charpentes calcinées. Le seul bâtiment intact était la chapelle de Syrabane (2). Une femme en robe blanche et dorée se tenait sur son seuil, elle les salua puis baissa son capuchon, révélant la peau dorée et les oreilles pointues d'une Haute Elfe:
"Soyez les bienvenue à Brass Moor, ou ce qu'il en reste, libérateurs d'Alcaire." D'une main, elle désigna les ruines du village. " Je m'appelle Eldacaraima. Je suis prêtresse de Syrabane. "
Saber qui chevauchait en tête de colonne, tira sur les rênes de son cheval et s'inclina:
"Je suis Artoria pendragon, chevalier de l'ordre de la Rose. Capitaine de cette compagnie de l'armée du duc de Vérandia."
Si entendre qu'un chevalier de Ménévie se trouvait à la tête d'une armée d'un pays se trouvant de l'autre côté de Haute-Roche surprit la prêtresse, elle ne le montra pas. Au contraire, l'Aldmer acquiesça:
"Dame Pendragon, les orques ont respecté la chapelle de mon dieu. Mais ils ne m'ont libéré que pour que je sois leur messagère. Les habitants de ce village ont été capturés par les orques lorsqu'ils ont pris la région, il y a un mois de cela. Nombreux sont ceux qui sont morts du fait des mauvais traitements. La savante de la tribu a transformé les morts en zombies ou en fantômes, ils errent dans les cavernes où les orques se sont établis. Les villageois encore vivants travaillent à la scierie qui se trouve sur la rivière au sud d'ici. Thorak gro Buramog, chef de la Tribu de la Dent Cassée m'envoie vous dire que si vous attaquez son campement, il les mettra à mort sans hésiter. Il vous ordonne d'abandonner les lieux et de rebrousser chemin vers Koeglin si vous ne voulez pas qu'il mette sa menace à exécution."
Comme le visage d'Artoria se glaçait de colère, Eldacaraima reprit très vite la parole:
"Pour ma part, je vous enjoins à attaquer les orques au plus vite. Les villageois souffrent de la faim et du froid, la moitié d'entre eux sont déjà morts. Il vaut mieux risquer leur vie en attaquant le repaire de Thorak que la certitude de voir leur agonie se poursuivre entre les mains de ces barbares. Je vous demanderais aussi de retrouver mon épée, la Lame Glacée du Monarque (3). Elle a été volée par le troll Vhruk."
Artoria fronça les sourcils:
" Un troll ? Je les croyais trop stupides pour voler une arme."
L'Aldmer eut un sourire triste:
"Il ne s'agit pas d'un troll ordinaire. Il appartient à une race plus rare et plus ancienne que les trolls à trois yeux communs en Cyrodiil, Bordeciel et Solstheilm. Les trolls ancestraux sont capables de parler, d'utiliser des armes. Ils sont plus grands, avec de longs bras. Ils ont la peau verte, couverte de touffes de fourrure sale, un gros nez... et seulement deux yeux. En dépit du nom de "troll" ils ne sont pas apparentés au troll commun (4)."
Artoria s'inclina plus bas encore:
" Gardez le cœur en paix, dame Eldacaraima. Sur mon honneur de chevalier, je vous jure que je prévaudrais dans ce combat. Thorak et Vhruk périront. D'une manière ou d'une autre, les souffrances des habitants de Brass Moor prendront fin aujourd'hui."
Après avoir résumé les objectifs de la bataille (prendre le camp des orques, libérer les prisonniers, tuer Thorak et Vhruk, retrouver la Lame Glacée du Monarque), Saber se tourna vers son petit état-major. Merlin était silencieux, Gonderic et Estienne étudiaient la carte que Rin avait dessinée grâce à ses familiers envoyés en reconnaissance.
Sans surprise, Shiro s'insurgea:
"Nous ne pouvons pas attaquer. Les orques tueront les otages!"
Le cœur d'Artoria se serra... une part d'elle-même revoyait une conversation identique avec ses chevaliers, là-bas en Bretagne... Elle avait sacrifié un village aux Saxons pour remporter une bataille.
"Shiro, nous essaieront de sauver les villageois mais... si nous n'attaquons pas les orques termineront le barrage et la forteresse sur le fleuve Issen. Ils pourront alors tenir la frontière avec le duché de Phrygios et repousser l'armée de secours. Il y aura des milliers de morts... et les orques vaincront. La ville de Refuge sera prise, la population passé par l'épée... ce massacre sera un sacrifice suffisant pour faire renaître Angra Mainyu. Entre la certitude de la fin du monde et le risque de perdre quelques dizaines de villageois, je ne considère pas qu'il y ait vraiment le choix.
Les deux amants se défiaient du regard. Shiro connaissait l'histoire du Roi Arthur, la vérité derrière la légende, il savait que la femme qu'il aimait avait sacrifié des innocents. Et il refusait qu'elle recommence:
"Il doit y avoir un moyen de sauver ces gens!"
Le visage de Saber avait pris la consistance de la pierre. Les yeux durs, elle ne répondit pas.
" Peut-être que c'est possible en fait."
Artoria et Shiro se retournèrent vers Rin qui venait de parler. La Magus en rouge posa un doigt sur la carte:
"Les orques ont laissé ouverte une des portes de la palissade entourant leur camp. Évidemment, il ne s'agit pas de celle qui se trouve près de l'enclot des esclaves. Ils ne sont pas stupides. Imaginons que quelqu'un s'infiltre dans leur camp, gagne l'entrée de la seconde porte et l'ouvre de l'intérieur ? Les bois sont à quelques dizaines de mètres de cette porte. Nous pourrions cacher des hommes et attaquer avant même que les orques comprennent que nous sommes là."
Estienne de Vignonne se redressa:
"Impossible ! Il faudrait que l'homme que nous envoyons passe par la seconde porte qui est gardée par une dizaine d'hommes, puis traverse tout le camp ennemi. En plein jour ! Sans se faire repérer! C'est impossible!"
Rin eut un de ses sourires machiavélique qui faisaient froid dans le dos. Une main passée sur le ventre, un doigt levé, elle se tourna vers le rouquin:
"Shiro, tu peux nous rappeler ce que t'a offert Corvus Direnni en guise de présent d'adieu?"
Le changement de sujet parut un instant surprendre le jeune Magus, puis son visage s'illumina de compréhension:
"Une... une cape d'invisibilité."
Le sourire de Rin s'accentua:
"Maintenant, écoutez mon plan de bataille..."
Pendant qu'elle planifiait l'assaut, Tosaka observait à la dérobée Saber et Shiro. Bien qu'elle préfère qu'on la considère comme une Magus classique, froide, logique, impitoyable, Rin cachait en fait un tempérament de grande sœur, se souciant secrètement des autres. Sauver les villageois lui importait presque autant qu'Emiya. Toutefois, rien ne pouvait lui faire plus mal qu'une dispute entre Shiro-kun et Saber-chan. Elle les adorait. Elle ferait n'importe quoi pour les garder heureux et près d'elle.
Depuis l'époque de la Cinquième Guerre du Graal de Fuyuki, Rin Tosaka était la tacticienne du trio qu'elle formait avec Shiro et Saber. Elle avait aidé ses amis à vaincre Berserker et Gilgamesh. Défaire quelques orques ne constituait pas un problème.
Protégé par la cape d'invisibilité de Corvus Direnni, Shiro se glissa jusqu'au cabestan contrôlant la seconde porte du camp. Avant que les orques ne comprennent ce qui se passait, Rin et Merlin surgirent à la tête d'une partie du corps expéditionnaire. Ils se ruèrent à l'intérieur du camp. Certains gardes réagirent alors, se mettant à courir vers l'enclot aux esclaves, sans doute pour tuer les otages... mais des racines surgirent du sol et les immobilisèrent.
Le gros de la garnison, en attente près de la porte vit un cristal tomber parmi eux. Un instant plus tard, la gemme spirituelle explosait en une énorme boule de feu.
L'attaque de Rin avait brisé la ligne de défense. Surpris, choqués les orques furent taillés en pièces par les assaillants.
Simultanément, l'attaque contre la première porte fut lancée par Artoria, Gonderic et Estienne.
Thorak gro Buramog tenta d'arrêter la charge des Brétons et tomba sous l'épée de Saber. Cette dernière ne réalisant qu'après coup avoir éliminé le chef ennemi en voyant les orques se débander.
La bataille était presque finie et avec elle la libération des collines.
Laissant le nettoyage du camp aux soldats, Artoria, Rin, Shiro, Merlin, Gonderic et Estienne entrèrent dans les cavernes. Il s'agissait de grottes naturelles creusées dans le calcaire par une rivière maintenant disparue. Les stalactites tombaient des plafonds et les stalagmites montaient d'un sol couvert de grandes flaques d'eau. Ici et là brûlaient des torches.
Le "dongeon" était un classique du genre, des pièges, des monstres (surtout des zombis et des fantômes), quelques coffres contenant des objets précieux. Partout le sol était couvert de squelettes et de cadavres décomposés de villageois.
Mais le petit groupe triomphait de tout, Shiro utilisait Structural Analysis pour découvrir les pièges et le Tracing pour projeter les clefs des coffres. Ils n'avaient donc pas besoin de voleur pour désamorcer ces mécanismes. face à un groupe où tous étaient à la fois compétent en magie et excellent combattant, les ennemis n'étaient tout simplement pas de taille.
Ils arrivèrent dans la dernière grotte, servant de salle du trône au troll Vhruk.
Comme le monstre humanoïde cherchait à marchander, Artoria but une potion de Compréhension des Langues et s'avança pour discuter. Hélas, Vhruk se croyait immortel et sa négociation se résumait à une intimidation maladroite: " Moi Vhruk puissant. Invincible. Aucune arme tuer Vhruk. Vous partir sinon Vhruk tuer vous !"
Le troll incarnait à merveille le darwinisme social si cher à Malacath. Les chefs avaient de gros muscles et un petit cerveau.
Le combat était inévitable et il fut bref.
Les guerriers orques et la savante furent éliminés en quelques instants avant que Saber affronte Vhruk en duel. Elle coupa le monstre en deux de l'épaule à la hanche... puis utilisa une fiole d'huile de feu intense pour incinérer le cadavre qui continuait à régénérer même après la mort.
Ayant trouvé la Lame Glacé du Monarque dans un coffre près du "trône" de Vhruk, ils la rapportèrent à Eldacaraima.
Les orques étaient en déroute...
Leurs chefs étaient morts...
Les villageois étaient sauvés.
Ils avaient gagné la bataille.
(1) Les guerriers orques sont littéralement les enfants de leur chef. Le code de Malacath dit que le chef de tribu doit obtenir sa place en affrontant son prédécesseur dans un duel à mort, de sorte que le plus fort dirige. Le chef ainsi désigné est le seul à avoir le droit d'enfanter. Toutes les femmes de la tribu sont donc ses épouses (ou ses filles, lesquelles finiront par épouser le chef d'une autre tribu) et tous les jeunes mâles sont ses enfants. La société orque tient à la fois du darwinisme social et du patriarcat dans ce qu'ils ont de pire. Beurk !
(2) Syrabane: archimage Altmer doté d'un anneau magique légendaire (l'anneau de Syrabane). Il joua un rôle clef dans la défaite des Sloads (un peuple de nécromancien) en trouvant un remède à la peste thrassienne qu'ils avaient répandu dans la baie d'Illiaque autour de 2200 1E. Après sa mort, il fut divinisé. Il est à présent connu comme un "dieu cadet" avec la magie pour domaine. Alors que Magnus est le principal dieu de la magie, adoré par les jeteurs de sorts confirmés, Syrabane protège les apprentis. Chez les Hauts Elfes, les Elfes des Neiges et les Brétons, les élèves des écoles de magie sont placés sous son patronage.
(3) La lame Glacée du Monarque et une épée magique qui doit ses pouvoirs à l'âme d'un "Monarque" de glace, une variante plus puissante de l'atronach de glace. Note : cette arme n'est pas du contenu officiel des TES mais apparait dans plusieurs mods (contenus additionnels créés par les joueurs) depuis TES III Morrowind.
(4) Il s'agit du troll de TES I Arena. D'après le bestiaire de ce jeu, ils sont au service de puissants magiciens (créés par eux?). Jagar Tharn - l'usurpateur du trône impérial- les envoyaient éliminer ses opposants. Bien que décrits comme stupides, ils sont cependant assez intelligents pour que le joueur puisse les convaincre de le laisser en paix.
