Excalibur
16 Clairciel 3E 419, Haltevoie, Royaume de Ménévie
La salle de bal occupait les deux étages du château de refuge. Un escalier monumental servait au roi pour ses arrivés, communiquant avec ses appartements privés.
La pièce avait connu de meilleur jour. Un projectile avait heurté le mur extérieur brisant la plupart des fenêtres. Des débris divers, des morceaux de plâtre, des morceaux de verre crissaient sous les pas d'Archer. Les tableaux et les statues étaient tombés, des moellons arrachés au mur avaient brisés les dorures de la paroi opposé, un des lustres de cristal gisait au sol.
Alors que Sakura regardait l'ancien héros avancer depuis le haut de l'escalier, ce dernier ne tournait pas la tête et restait les bras ballants le long du corps, les mains vides.
Il écoutait...
Un bruit de chaînes retentissait par instant. La pièce était vaste et nourrissait de nombreux échos. Impossible de repérer Rider. À moins de la forcer à sortir de l'ombre.
Archer eut ce petit sourire supérieur que tout le monde détestait:
"Pour une femme qui insiste qu'elle est un 'monstre', je trouve assez étrange que tu ais si facilement accepté que l'on s'éloigne des blessés et des réfugiés dont Sakura a la charge. J'imagine qu'un vrai monstre aurait exercé quelque horrible chantage sur ces vies innocentes."
La réponse vient par une attaque soudaine.
Par réflexe, Archer sauta en hauteur faisant apparaître Kanshou et Bakuya alors qu'un poinçon de métal percutait le sol à l'endroit où il s'était tenu, défonçant une dalle de pierre. Dans un cliquètement de chaîne, l'arme revint dans la main de sa propriétaire.
L'ancien héros de l'arc se tourna vers le sommet d'un des murs. Rider se tenait accroché à la paroi, la tête en bas. En dépit de sa beauté, cette position elle la faisait ressembler à une araignée démoniaque. Son visage inexpressif et ses yeux invisibles, elle sortit un bout de langue rose pour lécher la lame de sa dague. Elle eut un petit rire moqueur :
"Pense ce que tu veux de moi, Archer. Mais ne crois surtout pas que je t'épargnerais. "
Le héros Emiya leva les yeux au ciel:
" Dans cette vie, comme dans la précédente, ma chance ne s'est pas amélioré. Toutes les jolies femmes que je rencontre veulent ma peau, je vais finir par croire que j'ai un défaut de personnalité."
Rider se laissa tomber au sol, accroupie, et bondit sur Archer... avant de s'effacer d'un seul coup. Emiya fit une roulade, se baissant in-extremis alors que la chaîne mortelle de son ennemie passait au-dessus de sa tête... lancé par Rider qui se tenait à présent dans son dos.
L'ancien chien d'Alaya se retourna, jetant d'un geste ses deux sabres chinois. Les Lames Mariées tourbillonnèrent dans l'air. La femme aux longs cheveux violets dévia Bakuya en se servant d'un fragment de chaîne tendu entre ses mains comme un bouclier et esquiva Kanshou d'un bond de côté.
La prestesse de l'ancien Servant de la monture, ne tira qu'un sourire ironique à son adversaire. Il avait invoqué de nouveaux exemplaires de ses armes préférées... et les premiers sabres revenaient déjà vers Rider.
Nombres d'ennemis d'Archer étaient tombés, victime de sa capacité à générer simultanément plusieurs répliques de Kanshou et Bakuya. Les lames équilibrées comme des boomerangs revenaient dans la main de celui qui les avaient lancées, magnétisées l'une par l'autre elles pouvaient effectuer de complexes figures que l'ancien Counter-Guardian avait eu des siècles pour maîtriser.
Sauf qu'une stratégie reposant sur une attaque dans l'angle-mort de son adversaire ne servait à rien contre Rider. Medusa portait un masque magique qui bloquait la malédiction de son regard... et la privait de la vue. Sa perception du monde reposait sur ses autres sens et sur la magie. Elle discernait le monde à 360° avec un luxe de détail incroyable.
Sans attendre que la première paire de sabre revienne sur elle, la femme se rua en avant, si vite qu'Archer n'eut pas le temps pour se mettre sur la défensive. Une nouvelle fois, elle s'effaça arrivée devant lui... se laissant tomber à terre pour balayer les jambes de son adversaire d'un mouvement en coup de faux.
Emiya ne lutta pas pour rester debout... ce qui l'aurait exposé à l'attaque de la dague qui déjà sifflait vers sa gorge. Il accompagna le choc, se laissant tomber au sol, roulant à distance il se retrouva sur ses talons. Sautant à distance, il échangea en plein air les Lames Jumelles pour son arc noir. Une pluie de flèches faites de prana lumineux s'abattit sur Médusa.
Néanmoins la femme au masque esquiva toutes les attaques par de rapides bonds de côté, avant de se ruer en avant.
Elle arriva devant l'archer en rouge alors qu'il touchait terre. Deux coups de pied le frappèrent en pleine poitrine et sous le menton, le projetant contre un mur.
Les mains sur la bouche, Sakura retint un cri de terreur.
"Acher-san!"
Ses yeux allaient de son protecteur à son amie, sans vraiment savoir qui elle souhaitait voir gagner. Une chose était cependant sûre, chaque coup porté la blessait autant que les participants. Une fois encore elle servait d'enjeu à un combat. Ce derniers'annonçait difficile pour les deux héros réincarnés.
Au même moment, lpremier tir de trébuchet fit sursauter le général Valendil.
Non, pas encore ! Pas si tôt !
La section de muraille défendue par ses soldats était dans un état misérable. Toute la nuit, les légionnaires impériaux avaient fait de leur mieux pour réparer les trous qui ouvraient leurs béances dans la pierre. Mais c'était un exploit impossible à réussir en aussi peu de temps.
Rapidement en haut des marches qui menaient au sommet de la tour, le général impérial attrapa la longue-vue que lui tendait le légat Leontius et s'accroupit derrière les hourds en partie disloqués.
Trois vagues de soldats étaient clairement visibles. La première était faite de Gobelins, sacrifiés pour « attendrir » les défenses. Derrière venaient de grands Orques. Ces troupes d'élite emmenaient avec elles mangonneaux, béliers, boucliers mobiles et tours de sièges. Les maigres rayons traversant le ciel de cendre jouait sur leurs armures d'orichalques. Pourtant, c'était la troisième vague qui constituait le plus grand danger. Les Orques et les gobelins étaient si nombreux que l'on aurait dit un océan d'armures. Les trébuchets étaient maintenant entré en jeu de tout côté fracassant la pierre des murailles, laissant de nouveaux impacts sur les tours, désagrégeant le mortier. Les pierres lancées par les couillards postées en haut des tours d'artillerie retournaient la terre meuble déjà grêlée de multitudes de cratères pour faire naître d'éphémères champignons de boues.
La marée de Gobelin qui montait à l'assaut s'ouvrit de blessures sanglantes. Arrivés aux vestiges du fossé, les humanoïdes pénétrèrent sur un terrain jonché de leurs morts. C'était le signe qu'ils étaient parvenus à portée des archers et des arbalétriers postés sur la troisième ligne de muraille. Les flèches, les carreaux se mirent littéralement à pleuvoir. Boucliers levés au-dessus de leurs têtes, les enfants de Nôme continuaient à avancer. Les longues échelles de sièges s'adossèrent aux murailles pour se couvrirent instantanément de guerriers avides de carnage.
Les mâchicoulis crachèrent des pierres, de l'huile bouillante, du sable porté au rouge mais les victimes étaient aussitôt remplacées. Certaines échelles furent repoussées et lâchèrent dans le vide des grappes de Gobelins qui tombèrent en hurlant.
Tout le monde savait que cette attaque serait vaine, réfléchit Valendil. Quant à la seconde, elle ne ferait qu'égratigner les défenses. Cela aussi tous le savaient. Pourtant, à moins d'un miracle, ce soir ils finiraient enterrés sous les ruines de Refuge.
L'écho de l'explosion se répercuta entre les remparts et les murs des maisons, semblable au rugissement d'un fauve. La porte Est venait d'être pulvérisée par une salve de boules de feu lancée par des chamanes orques. Des planches et des morceaux de maçonneries bombardaient les pavés, faisant reculer les défenseurs.
Alors que la bataille faisait rage tout autour de la ville. Le duel des héros continuait à l'intérieur du château royal.
Pour un humain ordinaire l'affrontement aurait été pratiquement invisible. Les deux Servants réincarnés recouraient à toute leur vitesse et leur agilité. Ils grimpaient aux murs, rebondissaient contre le toit, s'affrontaient entre ciel et terre.
Sakura voyait des mouvements flous suivis de gerbes d'étincelles lorsque les épées d'Archer rencontraient la chaîne de Rider.
Une nouvelle fois, le héros Emiya créa des doubles exemplaires de Kanshou et Bakuya. Lançant les premiers vers Rider en guise de feinte, il courut vers elle plié en deux. Bien sûr, Medusa arrêta les lames tourbillonnantes et bondit de côté pour les esquiver comme les sabres revenaient vers elle... comme l'avait prévu Archer. Et bien sûr, la femme masquée se retourna vers l'ancien chien d'Alaya comme il se préparait à l'attaquer. Se servant d'un segment de sa chaîne, elle bloqua... ce qui était encore une feinte.
Emiya fit rapidement deux pas de côté, passant dans le dos de son ennemie pour lui enfoncer Bakuya dans la hanche. Les réflexes et la souplesse de Medusa lui évitèrent une grave blessure. Néanmoins, le sang jaillit et la jeune femme fit un bond en arrière, le visage déformé par la douleur.
" Ennemi ou pas, tu es brillant Archer."
Le ton sincère et admiratif de Rider tira un bref sourire à Emiya:
" Je te retourne le compliment, être loué par un adversaire aussi dangereux que toi est flatteur."
Jetant ses deux lames vers son ennemi pour créer une nouvelle diversion, Archer sauta en arrière:
"I am the bone of my sword"
La première strophe de son incantation servait à renforcer ses Projections, les rendant plus résistantes tout accélérant le processus de création et diminuant le coût en prana pour chaque arme. Son arc apparut entre ses mains. À une vitesse impensable, il tira un nouveau barrage de flèches. Emiya savait pourtant que ce serait vain et que son adversaire esquiverait toutes ses attaques.
L'affrontement était très difficile pour le Faker. Medusa était plus rapide et plus agile que lui. Invoquer des armes plus puissantes que son arc ou les Lames Mariées prenait du temps... un bref instant selon les normes des humains ordinaires... mais beaucoup trop dans un combat contre un héros de ce genre. Il n'avait d'autre choix que de continuer à contrer la force, l'agilité, et la rapidité supérieures de la gorgone avec ses tactiques et sa ruse. Peut-être qu'à force de lui infliger de petites blessures il l'affaiblirait suffisamment pour la vaincre ou gagnerait-il assez de temps pour réciter les trois premiers versets de son incantation et... matérialiser des armes plus puissantes.
Ou alors il consommerait tout son prana...
À moins que Medusa ne réussisse à lui porter un coup fatal.
Rider avait esquivé ses flèches et sauta sur Archer, ses jambes s'enroulèrent autour de sa tête, ses mains posées au sol, elle s'arqua pour projeter son ennemi à distance. Avant même qu'il ne touche le sol, sa chaîne s'était matérialisée, entourant le héros vêtu de rouge. Elle le fit tournoyer à grande vitesse, avant de le relâcher... il percuta violemment un mur.
Retombé au sol avec des débris de mur, Emiya cracha du sang. Il avait mal de partout. Heureusement, ses os et ses muscles Renforcés étaient aussi durs que l'acier. Il haleta:
"... Blanche..."
Medusa s'arrêta avec une expression de surprise sur le visage:
"Quoi?"
Crachant encore un peu de sang, Archer se releva:
"Ta petite culotte est blanche."
Une soudaine rougeur apparut sur les joues de la gorgone:
"On est en plein combat, tu pourrais penser à autre chose!"
Emiya écarta les bras en haussant les épaules:
"Je ne pouvais manquer de la voir alors que tu portes une jupe aussi courte et que tu enroules tes jambes autour de mon cou... j'avais littéralement le nez dedans."
Il termina sa déclaration en lui faisant un clin d'œil.
Medusa était maintenant complètement rouge... et Archer voyait presque de la vapeur lui sortir par le nez et les oreilles.
"Archeeeeeeeeeeeeeeeeer!"
"Enfin, je m'avoue surpris, une couleur si pure devrait être portée par une écolière innocente, pas par un 'monstre sanguinaire'. Vraiment, le rôle de monstre ne te convient pas, Medusa."
Elle se rua vers lui pour le faire taire, poing levé, enveloppée d'une aura rouge sang et Emiya eut un de ses petits sourires ironiques qui le rendait si détestable.
... Ou alors il pouvait tellement énerver Rider qu'elle perde son calme et fasse des fautes qu'il pouvait exploiter. Il se jeta de côté et Medusa frappa le mur... Les pierres explosèrent sous l'impact, ouvrant une brèche de trois mètres de diamètre dans le mur épais du château.
Archer déglutit...
... Enfin s'il survivait à la fureur d'une gorgone déchaînée!
Le roi Eadwyre arriva sur un grand destrier bardé de blanc, entouré par les Chevaliers de l'Ordre de la Rose. Le souverain de Ménévie ne portait pas de heaume, mais une armure de plates richement gravées le couvrait de la gorge aux pieds. Tous le reconnurent à ses traits ridés de beau vieillard, sa barbe et ses cheveux d'argent. Son front portait une couronne simple. Sans peur, Eadwyre rejoignit les soldats en déroute qui s'éloignaient de la porte brisée. Le vieil homme se tenait très droit. D'une main, il brandit une épée, serrant de l'autre un écu armorié représentant les trois roses de Ménévie.
Il ne prononça pas un mot, mais sa seule présence eut des effets miraculeux, les hommes se rassemblèrent autour de lui. Ceux qui paraissaient prêt à fuir ou à se rendre acclamaient à présent leur roi.
Alors, autour des Chevaliers de la Rose, des éléments disparates d'autres régiments se rassemblèrent: miliciens, arbalétriers, unités de garnisons… tout ce qui tenait encore debout.
Une porte fracassée pendait encore sur un de ses gonds à moitié arrachés. L'autre gisait au sol, sa moitié inférieure réduite à un monceau de bois brisé. Les piétinant, une troupe franchissait l'obstacle.
Des Orques!
Les colosses à peaux vertes brandissaient des cimeterres en forme d'éclair, des haches dentelées, des masses et de grands boucliers triangulaires. Leurs armures étaient en métal vert ainsi que leurs heaumes coniques ornées de queues de cheval.
Le roi Eadwyre se redressa sur ses étriers. De la pointe de son épée, il désigna l'ennemi :
"Chargez !"
Donnant l'exemple, Le noble vieillard se rua en avant. En l'espace d'un instant, l'air fut emplit du fracas des armes, des hurlements de douleur et de colère. Eadwyre se retrouva face à un premier adversaire. L'Orque était à pied, mais avantagé par sa puissante armure. Décochant un sourire vicieux, il frappa de toutes ses forces. Tirant les rênes de son cheval pour lui faire décrire un pas de côté, bouclier levé, le roi de Ménévie dévia l'attaque. Dans le même mouvement, il engageait la pointe de son épée sous le bras de son ennemi.
Touché au défaut le l'armure, l'Orque s'effondra, le cœur transpercé.
Son premier opposant l'avait sous-estimé. Les deux guerriers venant vers lui n'avaient pas l'intention de réitérer cette erreur. D'une manœuvre, ils s'éloignèrent de quelques pas avant de converger sur lui.
Sans un mot, les Orques frappèrent en même temps. L'écu royal arrêta un cimeterre, mais l'autre glissa sur l'armure de plate du souverain. Retenant un cri de douleur, Eadwyre de Ménévie riposta. L'épée enchantée du roi bossela un bouclier orque, repoussant l'agresseur. Néanmoins, pris à contre-pied, il encaissa une autre estafilade donnée par son second adversaire. Le premier orque revenait déjà à la charge, Le cimeterre de mordit profondément dans le bois de l'écu royal tranchant la partie supérieure de sa protection.
Eadwyre lança son cheval en avant. Le destrier se dressa sur ses pattes arrière frappant un Orque de ses sabots. Profitant de la stupéfaction du deuxième Orque, le roi frappa. La lame entama profondément l'armure d'orichalque, y laissant une marque d'où le sang jaillit. Néanmoins, avant que le roi ne puisse achever son adversaire, un mouvement de foule se produisit.
Alliés et ennemis mêlés l'arrachèrent à son combat, Eadwyre jura et leva son épée pour distribuer des coups autour de lui. Mais la bataille était confuse. Attaques et contre-attaques se succédaient rapidement. Les combattants au cœur de la mêlée, se trouvaient emportés d'un côté, puis de l'autre.
Repoussé de côté, le roi Eadwyre de Ménévie heurta le mur proche. Tout autour de lui, c'était un corps à corps féroce mélangeant chocs, cris et douleurs. Après avoir échangés quelques horions malhabiles avec des Orques aussi compressés que lui, un nouveau mouvement le rejeta dans une zone où les combattants avaient plus de liberté de mouvements.
Un Orque venait juste d'achever un des soldats de la garnison. Saluant de sa lame ensanglantée, l'humanoïde se lança immédiatement dans une brillante démonstration d'escrime. Un coup du plat de la lame fit chanceler le roi. Sa monture recula maladroitement, trébuchant sur des cadavres. Sans relâcher la pression, le colosse à face de sanglier continuait à attaquer et à lentement repousser son ennemi. Les ripostes d'Eadwyre se brisaient sur un rempart d'acier. Insensiblement, le vieux roi sentit ses coups se ralentir et s'affaiblir... il n'était après tout plus très jeune. Une terreur primitive palpita dans son ventre, un frisson glacé qui se répandit le long de sa colonne vertébrale, rapidement balayé par une colère noire. Eadwyre de Ménévie refusait de mourir ainsi!
D'un pivotement rapide du buste, le roi esquiva un nouvel assaut. Sa vitesse venait de décupler. Soudain, c'était lui qui repoussait son adversaire. Dans un tourbillon étincelant, le Bréton feinta et traversa enfin la défense adverse. En vain, l'armure d'orichalque était solide. Sans paraître blessé, l'Orque porta une nouvelle botte.
Le monarque de Ménévie se sentait de nouveau faiblir. La sueur le faisait cligner des yeux, et ses muscles endoloris étaient crispés par l'effort. Le temps s'étirait interminablement, l'adrénaline transformant les secondes en minutes. Un cri d'horreur inarticulé le ramena brutalement sur terre.
Un instant, son regard dériva pour capter celui, vitreux, d'un mourant. D'ailleurs, tout autour, il y avait presque plus que des morts et ceux qui les rejoignaient. Malheureusement, parmi les vivants, les Orques étaient plus nombreux...
Eadwyre n'avait plus fait attention au combat. Un second adversaire s'était approché. Armé d'une dague qu'il venait de planter dans son flanc.
Le roi riposta par réflexe, faisant sauter la tête de l'ennemi ricanant. Une main pressé sur la hanche, les traits livides, il s'efforçait de contenir le sang qui coulait.
Autour de lui, les survivants de son armée réagirent à sa blessure. Les chevaliers chargèrent et l'entourèrent. Pendant qu'un de ses gardes du corps, prenait les rênes de son cheval, les autres se jetèrent au beau milieu des Orques:
"Sire Alabore, amenez le roi en sûreté, nous retenons l'ennemi."
Haletant, Archer retomba sur ses pieds et chancela. Sa lèvre était fendue, son front écorché, son manteau rouge réduit à l'état de loques. Vu la douleur dans sa poitrine, il devait avoir plusieurs côtes cassées. Néanmoins, il venait une nouvelle fois de blesser Medusa.
La belle femme au corps sculptural qui se prenait pour un monstre portait elle aussi son lot de blessures... mais il ne fallait pas se leurrer, elles étaient moins graves que celles d'Emiya. Si les choses continuaient ainsi sa victoire était prévisible.
Néanmoins, l'ex-Servant de classe Archer avait survécu assez longtemps pour remplir un de ses objectifs. Il tendit la main en avant, se concentrant:
"I have created over a thousand blades."
Il s'agissait du troisième verset de son incantation. Entre ses doigts une lame noire se matérialisa. Sa garde était d'or comme son pommeau terminé par quatre griffes enserrant une gemme laiteuse. Durandal, dite l'Épée Sans Rivale, était incroyablement tranchante et ne nécessitait pas de prana pour être utilisée... un grand avantage vu son état d'épuisement.
En voyant son ennemi matérialiser une arme inconnue, Medusa se replia d'un bond. Son adversaire venait une nouvelle fois de changer de tactique et la gorgone avait appris que ce n'annonçait jamais rien de bon pour elle.
À tout point de vue, Archer était un héros très moyen. Cependant, il était aussi un guerrier comme elle n'en avait rarement vu. Intelligent, rusé, capable d'utiliser contre elle aussi bien son agilité, sa force... ou sa pudeur.
Son hésitation à son changement de méthode était justement le genre de faille qu'Emiya ne pouvait manquer d'exploiter. Le Héros au Manteau Rouge se jeta en avant. Bien sûr Rider bloqua l'attaque... sauf que sa chaîne se rompit, tranchée par Durandal. La lame fendit sa tunique, traçant une profonde entaille de son ventre à sa hanche. Le tissu déchiré s'imbiba aussitôt de sang.
Une fois encore, les réflexes de la gorgone lui avaient sauvé la vie. Si n'avait pas bondi en arrière, Durandal l'aurait tranchée en deux!
Elle arracha son masque:
"Gorgon Breaker!"
Medusa détestait recourir aux Yeux Mystiques de Cybèle. Néanmoins, eux seuls pouvaient lui sauver la vie. Son regard capable de transformer les gens en pierre chercha Emiya. Sauf que l'ancien chien d'Alaya savait depuis le début qui elle était, ayant "lu" son identité en inscrivant sa dague sans son Unlimited Bladework. Archer détourna les yeux... Malheureusement, contrairement à son ennemie, il ne pouvait voir sans regarder.
Rider sauta en hauteur, retombant pied joint sur Emiya. Se dernier culbuta à distance, esquivant l'assaut, et réussissant même à couper la gorgone au bras.
Il fallait en terminer vite, comprit la superbe femme aux cheveux violets. La bataille à l'extérieur durait depuis plus d'une heure... et leur affrontement aussi. Elle n'avait plus le temps à perdre. Rider se redressa et... s'enfonça sa dague dans la gorge.
Un jet de sang jaillit de l'horrible blessure, mais au lieu de tomber au sol le liquide rouge forma un disque devant Medusa. Il scintilla un instant avant de se transformer en cercle magique couverts d'une écriture inconnue à l'aspect dérangeant.
Un instant après la pièce s'illumina d'une clarté plus aveuglante que le soleil.
Archer identifia instantanément le danger et recourut à un des ses plus puissants Noble Phantasm:
"Rho Aias"
À court d'énergie, pressé par le temps, il n'eut le temps que de matérialiser la version à quatre pétales du légendaire bouclier d'Aias le Grand.
Transformé en lumière éblouissante, Rider se jeta sur le bouclier translucide.
Toutes les fenêtres des deux étages comprenant la salle de bal volèrent en éclat, répandant une lumière insoutenable.
Valendil courrait le long des remparts.
À quelques dizaines de mètres, une nouvelle tour mobile se préparait à dégorger des renforts sur le chemin de ronde. Un sifflement soudain, fit bondir son cœur. Par réflexe, il se jeta au sol et s'abrita maladroitement derrière les créneaux, son bouclier levé au-dessus de lui.
Un quartier de roche fracassa les hourds justes derrière lui. Un second projectile suivit, ébranlant la pierre des merlons. Au troisième, il y eut un bruit d'éboulement et des cris d'horreur. Rampant sur les coudes, le général impérial réussit à s'éloigner suffisamment pour éviter de finir comme ses suivants.
Remis sur pied, l'Aldmer ne put s'empêcher de regarder en arrière. Un large pan de muraille était privé de créneaux. Le chemin de ronde s'était effondré. Les armures de plusieurs légionnaires brillaient au milieu des éboulis. Son écuyer était parmi eux.
Un archer se porta à son aide:
"Vous n'avez rien ?"
" Ce n'est pas le plus important en ce moment. " De son épée, il montra le beffroi roulant. "Préparez-vous à repousser l'ennemi!"
Accolée à une brèche béante des murailles, la tour d'assaut venait d'abattre son pont-levis. Une horde de Gobelins en sortit, se jetant à la gorge des légionnaires impériaux. Les archers placés derrière les embrasures de l'engin de siège ripostaient aux tirs de leurs rivaux disposés sur les remparts. L'air était empli de traits emplumés. Néanmoins, cette danse sauvage était devenue trop familière à Valendil Ceberhas pour lui inspirer autre chose que tristesse et dégoût. La peur, il la réserva à un nouvel arrivant.
Haut de trois mètres cinquante, il avait une figure ronde et stupide, les lèvres minces s'ouvrant sur des crocs pourris, des oreilles décollées, pas un cheveu. L'ogre avait la peau d'un blanc sale couverte de crasse et de poussière, parsemée de cicatrices. Pour tout vêtement, le colosse portait un pagne de fourrure miteuse et envahie de vermines.
Hurlant un défi en une langue barbare, le monstre humanoïde balança devant lui une massue formée d'un jeune tronc d'arbre non écorcé. À son extrémité, une large pierre malhabilement taillée était retenue par des liens de cuir. L'arme primitive faucha une rangée entière de légionnaires. Les boucliers et les crânes volèrent en éclat, les plaques d'armures et les cages thoraciques furent enfoncées.
Avant d'avoir décidé s'il devait fuir ou combattre, Valendil se retrouva face au monstre.
L'ogre ramena sa massue par dessus son épaule. Le tronc d'arbre fractura un pan des créneaux, sans le toucher. D'un bond, l'Elfe venait de passer sous le bras du Troll, sortant de son champ de vision. Très bête, la créature resta les bras ballants. Tout s'était passé trop vite pour sa cervelle épaisse.
Malgré la gravité de la situation, le prince se prit à sourire. Bon tacticien, il savait utiliser les faiblesses de l'ennemi. Relevé, il fonça vers les Gobelins qui suivaient le combat. Surpris, ils marquèrent un temps d'arrêt. Délai suffisant pour qu'il ouvre une poitrine et éclate un visage.
Derrière lui, les légionnaires poussèrent un cri victoire et se lancèrent à l'attaque du Troll qui leur tournait le dos. Lances et flèches se fichèrent profondément dans sa peau, mais il en fallait beaucoup plus pour blesser la terrifiante créature. Changeant une fois de plus d'avis, elle se tourna vers ses Impériaux.
Pris au piège de la masse de Gobelins qui chargeait. Valendil réalisa un peu tard sa témérité. Un tranchoir le frappa en plein visage. Son casque détourna une partie du choc, mais pas assez. Le nez brisé, l'Elfe chancela. Son armure dévia une autre lame cherchant son cœur. L'épée levée, le général de l'Empereur reculait maladroitement. Ses ennemis avaient vu sa faiblesse et l'accablaient àprésent de coups.
Il se retrouva au sol sans comprendre comment il y était arrivé. De part et d'autre de sa tête, deux jambes l'avaient enjambé. Surpris le général reconnut les bottes standards de la légion impériale, les protège-tibias en acier, et même la jupe de lamelles de cuir cloutées qui protégeaient les cuisses des officiers impériaux. En contre-plongée, Valendil découvrit finalement le visage de son sauveteur.
Sa lance tenue dans le creux d'un bras rejeté en arrière, un pied en avant dans le prolongement de la main qu'il tendait en direction des gobelins, Leontius leur fit signe d'avancer.
L'arme tourbillonna, lançant des éclairs. La pointe plongea dans une poitrine offerte, le talon frappa un adversaire à la gorge. Maniée comme un bâton de combat elle projeta un Gobelin par dessus les créneaux et brisa les côtes d'un second. En l'espace de quelques secondes, le vide avait été fait tout autour du légat impérial.
Pendant ce temps, les autres Impériaux avaient réussis à tuer l'Ogre. Ne brillant pas par leur courage, les gobelins reculèrent.
Profitant de l'intermède, deux légionnaires remirent leur chef debout pour l'entraîner vers un escalier. Valendil se laissa faire, bien trop proche de l'évanouissement pour protester.
Dans la salle de bal complètement dévastée, fumante, Archer se releva péniblement. Il était vivant grâce à Durandal. La lame légendaire contenait trois miracles, l'un d'entre eux l'avait sauvé alors que Rho Aias se brisait en mille morceaux.
À l'autre bout de la pièce, Medusa avait remis son masque et grimaçait de frustration.
"Ce que tu peux être tenace! Qu'est-ce que je dois faire pour être débarrassé de toi?"
Malgré ses blessures, Emiya réussit à lui offrir un sourire sarcastique:
"Ficher le camp ? Tu ne me verras plus et moi je serais débarrassé de toi. C'est une proposition gagnant-gagnant, non ?"
"Non! Je dois ramener Sakura."
La gorgone sembla hésiter puis elle baissa la tête, le flot de ses cheveux violets masqua son visage, empêchant de vois son expression.
"Je n'ai plus le choix... tu veux la preuve que je suis un monstre sanguinaire? La voilà: Blood Fort Andromeda!"
Un pentacle rouge sang se matérialisa sous ses pieds, presque identique au cercle magique qu'elle avait précédemment utilisé. Tout autour du château du roi, des sceaux de moindre importance apparurent. Ils formèrent un dôme d'énergie rouge, alimenté par des flots d'énergie qui décrivaient comme des rivières. Ces flots se concentraient en un point ou elles formèrent une sorte de boule... non de paupière. Celle-ci s'ouvrit, révélant un œil rouge !
Dans tout le château, les gens tombaient au sol, respirant difficilement alors que la malédiction du Blood Fort Andromeda absorbait leur force vital, la transmettant à Medusa.
Sakura avait regardé tout l'affrontement sans bouger du sommet de l'escalier ni intervenir. Mais cet horrible Magecraft changeait tout:
" Rider! Arrête immédiatement, il y a des femmes et des enfants, des blessés et des malades dans le château!"
Tous les habitants de Tamriel avaient un don inné pour la magie, même si certains peuples (comme les Nordiques) refusaient de la pratiquer. Les Brétons avaient de surcroîts une forte résistance à l'ensorcellement. Ils étaient bien moins désarmés face à cette malédiction que ne l'étaient des lycéens japonais du XXIème siècle. Cependant, pour résister il fallait être en pleine possession de ses moyens... ce qui n'était pas le cas des blessés. Affaiblis, ils ne pouvaient survivre très longtemps à cette malédiction.
"Rider!"
Mais son amie ne bougeait pas, elle se tenait comme honteuse, visage baissé, fuyant le regard de celle qu'elle avait appelé "petite sœur" le matin même.
Comme toutes les personnes présentes, Sakura était affectée par la malédiction... Emiya également, le héros voulait attaquer Medusa, la forcer à arrêter, mais il avait l'impression de marcher dans un liquide épais. Accablé, il peinait à seulement rester debout... alors que les blessures de Rider étaient en train de se refermer, soignées par l'énergie vitale qu'elle volait à des innocents.
Les larmes plein les yeux, Sakura Tohsaka saisit la main de Rider:
"Je pars avec toi. Épargne les habitants du château!"
Medusa acquiesça.
"Laisse aussi Archer tranquille. Je veux que tu me le promettes!"
La voix grave de la gorgone lui répondit:
"Oui, Sakura, je promets de disperser Blood Fort Andromeda et de laisser les habitants du château en paix - y compris Archer- si tu me suis sans résister."
"Alors je te suis."
Sakura se sacrifiait une fois encore, elle avait l'habitude. Le champ d'énergie rouge s'effondra en un instant. Lorsque Rider releva la tête, aucune émotion n'était visible sur son visage. Elle ne prononça qu'un mot:
"Bellorophon!"
La lumière argentée qui apparut se condensa sous la forme d'un magnifique pégase. Sautant sur son dos, Medusa aida Sakura à monter puis la monture chargée de ses deux cavalières défonça un mur pour sortir à l'extérieur.
Le temps qu'Archer gagne la brèche, Bellorophon n'était plus qu'une comète d'argent s'éloignant à grande vitesse vers le nord-est.
Emiya s'assit à même un tas de décombre. Il était si fatigué qu'il s'abandonna à l'obscurité qui menaçait de l'engloutir. Avant de perdre conscience, le héros réincarné se félicita d'être encore en vie. Ce n'était pas terminé! Il retrouverait Sakura... Il connaissait la jeune fille depuis très longtemps et, bien qu'elle l'ignorât, il la considérait comme une sorte de petite sœur. Il s'agissait à présent d'une affaire personnelle.
Midi approchait.
La bataille de Refuge avait atteint son point critique. La porte est était tombée et on se battait à présent dans les rues. Sur les remparts, les défenseurs reculaient où s'enfermaient dans les tours pour résister aux masses d'ennemis qui continuaient de monter à l'assaut des murs.
Tout semblait perdu.
À ce moment, les masses de nuages et de fumées qui stagnaient sur la ville furent soulevées par un vent venu de baie d'Illiaque. Pour la première fois depuis des jours, le soleil illumina le champ de bataille.
Un des gardes gobelin en poste sur l'une des tours surplombant les tranchées extérieures protégeant les camps Orques d'une attaque vit la lumière du soleil luire d'un reflet métallique; Intrigué, il plissa les yeux découvrant... des soldats en train de s'assembler. Des milliers de soldats, des dizaines de milliers de soldats, des chevaliers en armure, des trébuchets et des mangonneaux, des mages en robe... Au dessus de cette masse en arme qui achevait de préparer son attaque, des étendards: le royaume de Daénia, celui de Cambrie, le duché de Phrygios, le duché de Vérandia, le duché de Boralis, le royaume d'Alcaire... Tous les royaumes de l'Ouest s'étaient rassemblés en une immense armée!
L'expédition de secours était enfin arrivée devant Refuge.
Artoria Pendragon se tenait sur la colline, les yeux fermés, sans prêter attention au vent qui jouait avec ses cheveux ou à la robe bleue qu'elle portait sous son armure. Jambes écartées elle tenait Excalibur à deux mains. L'épée sacrée était bien visible, débarrassé de son fourreau de vent. La lame rayonnait d'une lumière dorée alors que le roi Arthur l'élevait au-dessus de sa tête.
"Mettons fin à tout ceci"
Un instant, une aura bleutée entoura la petite femme blonde, puis elle s'harmonisa avec le rayonnement doré de l'épée. La lame et son portur s'unirent en une torche de lumière doré qui en quelque instant atteignit une dizaine de mètres de haut. Brillante comme le soleil, cette lumière chaude et vivante n'éblouissait pas.
"Rassemblons le souffle de l'étoile. Le torrent lumineux de la vie."
Et le Monde répondit à la prière du Roi Arthur. Les fleurs des champs, les brins d'herbes et les arbres s'illuminèrent d'une faible aura dorée. Chaque lueur engendra à son tour une minuscule fée ressemblant à une étincelle.
Des milliers, des millions de ses flammèches s'assemblaient formant des torrents qui tourbillonnaient autour des soldats brétons émerveillés puis se réunissaient en fleuves plus vastes qui tous convergeaient sur Excalibur.
Artoria serra les dents alors que la flamme dorée atteignait à présent plus de trente mètres de haut. Jamais encore la lame sacrée n'avait rassemblé autant d'énergie... Sauf que Nirn n'était pas la Terre et que la magie y était bien plus présente.
"Ex...
Le Roi Arthur abaissa Excalibur en un coup puissant, comme s'il fallait trancher un ennemi se trouvant devant elle.
... Calubur !"
Lorsque la lame se trouva à l'horizontal, l'énergie rassemblée dans la torche dorée fut libérée. Ainsi qu'un barrage s'effondrait sous le flot d'un fleuve en cru le pouvoir en furie du Monde s'élança contre le camp des orques.
Artoria avait bien repérée l'étendard du seigneur de la guerre Agraggush, le chef de l'armée assiégeante. Les remparts de bois et les tours de défense se trouvant sur le trajet de l'attaque furent réduits en néant. Le faisceau percuta le centre du camp, les régiments en ordre de bataille, les chamanes,... et le seigneur Agraggush sur son trône.
Une sphère de lumière dorée se matérialisa dévorant la chair, les armures, soufflant les palissades avant de rattraper les régiments qui s'avançaient vers les remparts. En un instant des milliers de soldats furent consumés, les machines de guerre s'enflammèrent, les trous roulantes furent jetés au sol.
Puis sa soif de destruction apaisée, la lumière d'Excalibur se rua vers les étoiles qui l'avaient engendrée en une colonne éblouissante. Il y eut ensuite une gigantesque explosion, haut dans le ciel. Les nuages chassés par le souffle laissèrent place à un ciel printanier, bleu et pur. Partout, les petites fées retombaient vers le sol en une pluie d'étincelles dorées.
Plusieurs minutes s'écoulèrent dans un silence impressionnant.
Les soldats brétons avaient assistaient à toute la scène, les yeux éberlués, la bouche ouverte. Ils tendaient à présent les mains vers les petites fées... émerveillés du spectacle et encore saoulé par la beauté destructrice d'Excalibur.
Les orques avaient subis l'attaque, des milliers de combattants avaient disparu ainsi que leur chef. Le déchainement d'énergie ressemblait à la colère d'un dieu... dans un sens ils avaient raison. C'était trop pour eux, les survivants restaient là à regarder l'immense cratère où s'attardaient encore quelques fées. Ils n'arrivaient tout simplement pas à penser.
Puis...
"À l'attaque"
"Chargez !"
"Pour Camlorn!"
"Chevalier du Royaume des îles, chargez!"
L'armée de secours se mit en branle. Ils pénétrèrent dans la large brèche ouverte par Excalibur, quelques poignées de survivants fuirent à leur approche ou furent massacrés. Les régiments se séparèrent certains prirent à revers les troupes qui montaient à l'assaut des remparts. Pris entre deux feu, encore sous le choc de l'immense explosion qui venait de tuer leur chef suprême, orque et gobelins n'offrirent qu'une faible résistance.
Le gros de l'armée orque se trouvait autour de la porte est occupée à forcer le passage à l'intérieur de Refuge.
Paniqués, terrifiés,des gobelins désertèrent, fuyant vers le nord. Les deux tiers des chefs de tribus Orques suivirent le mouvement. Mais les Orques étaient les Orques... les tribus les plus fanatisées, celles qui étaient piégées dans la capitale de Ménévie ne voulurent ou ne purent se replier.
Les combats continuèrent pendant des heures. Les actes d'héroïsmes ou ce que les plus sensés appellent "les morts inutiles" continuèrent pendant plusieurs heures. Néanmoins, le cours de la bataille avait été retourné par la puissance d'Excalibur.
À l'approche de la nuit seuls quelques Orques encerclés continuaient encore le combat. Le soleil se couchait sur une victoire inespérée. Un bon tir de l'armée d'invasion avait été anéantie, son chef tué avec tout son état-major, le reste était en déroute.
Artoria Pendragon entra dans la ville sur un destrier blanc à la robe immaculé. Le puissant cheval de guerre portait une barde bleu et une têtière d'acier étincelant qui s'harmonisait avec la robe-armure de sa cavalière.
Autour d'elle se trouvait les autres héros de la campagne: Shiro Emiya, le Forgeron aux Yeux d'Ambre, Magus et archer qui créait des armes d'un simple geste; Rin Tohsaka, le Diable Rouge, maîtresse de la Magie des Joyaux; Merlin, le Magicien des Fleurs, aux innombrables pouvoirs.
La population s'attroupait autour d'eux, jetant des fleurs, applaudissant. Des femmes pleuraient et plus d'un homme essuyait discrètement une larme.
Huit mois d'horreur et d'angoisse venaient de prendre fin. La guerre n'était pas finie, mais pour la première fois, le peuple de Ménévie était confiant.
Des héros les protégeaient.
Note de l'auteur: Avec ce chapitre se termine la seconde partie de Fate Dragoncrown. Je suis désolé du nombre de chapitre de batailles qui se sont succédé sans temps mort. Je comprends que cela ait semblé long... disons que j'ai bien été obligé d'en passer par là pour faire avancer le récit.
Un mot du combat entre Archer et Rider. Le premier a bien plus de fan que la seconde et son combat contre Berserker dans Fate/ Stay Night montre bien qu'il est fort. Quand à Rider, c'est le premier Servant à tomber aussi bien dans cette route que dans Unlimited Bladework, ce qui fait que bon nombre de gens la sous-estiment. Mais là, ils combattent sans Master... c'est à dire sans Rin (pour Archer) or il s'agit de la meilleur Master de la Cinquième Guerre du Graal, puissante et excellente tacticienne. Et sans Shinji pour Rider... je ne devrais même pas avoir besoin d'insister sur le fait qu'un tel Master est pire qu'un poids mort. En fait, Medusa est le quatrième Servant en termes de puissance parmi ceux qui participèrent à la Cinquième Guerre du Graal du Fuyuki. Elle n'est surclassée que par Artoria, Heraclès et bien sûr... Gilgamesh.
