Note de la traductrice :

Bonjour tout le monde ! J'étais tellement pressée de publier le premier chapitre que j'en ai oublié une petite présentation de base .

Avant tout, je ne suis pas l'auteur de cette histoire, je ne suis qu'une humble traductrice. Cette œuvre appartient à Lizzy0305 qui m'avait déjà autorisé à traduire une autre de ses merveilleuses fanfictions.

Comme il s'agit d'une histoire plutôt longue, j'ai décidé de vous poster 2 chapitres par semaine, le lundi et le vendredi.

Il faudra s'armer de patience pour voir apparaître le Snarry mais je vous promets l'attente vaut vraiment le coup !

Bonne lecture !

Note de l'auteur :

Je sais que Harry et Severus interagissent à peine dans ce premier chapitre, mais je vous promets que cela changera plus tard, donnez-leur juste un peu de temps ;)

Je suis ravi que certains d'entre vous semblent aussi excités que moi à ce sujet ! J'espère que vous aimerez aussi le prochain chapitre :)

OoOoO

Chapitre 2 : Une journée tranquille

« Était-elle un Mangemort ? »

« Était-elle l'un de ses hommes ? »

« Est-elle morte ? »

« En avait-elle après Potter ou Snape ? »

« Est-ce que ça importe ? » sonna la voix du professeur McGonagall, faisant taire tous les autres. « Elle a échoué, c'est l'aspect le plus important. »

« Oui, mais y en a-t-il d'autres ? » Harry dut réfléchir quelques secondes pour identifier la voix qu'il devina finalement être celle de Slughorn. « Devrions-nous mettre des gardes aux portes ? »

« L'infirmerie est bien protégée. Personne n'entre ici sans mon autorisation ou celle de Poppy. »

« Sauf les amis de Monsieur Potter, bien sûr, » nota le professeur Flitwick avec une petite pointe de gaieté dans la voix.

Cela fit ouvrir les yeux à Harry et finalement regarder autour de lui. Il était en effet à l'infirmerie, il pouvait le dire même sans ses lunettes. La blancheur de la pièce n'était que trop familière. Ce dont il n'était pas sûr, c'était pourquoi ou comment il était arrivé ici.

Quelqu'un lui toucha l'épaule et il tourna la tête sur le côté. Des cheveux touffus et un large sourire l'accueillaient alors qu'Hermione l'aidait à mettre ses lunettes. Elle n'était pas seule. Ron était également assis à ses côtés, souriant également.

« Eh bien, bonne chance pour arrêter ces deux-là, » dit le professeur McGonagall. « Même Voldemort n'a pas réussi. »

Harry regarda ses amis avec une expression interrogative. Ron haussa juste les épaules tandis qu'Hermione prit un air timide. Ils avaient dû se faufiler ici pendant la nuit. Ils restèrent cependant tous silencieux, écoutant les professeurs parler.

« Que savons-nous d'elle ? » demanda le professeur Flitwick.

« Pas grand-chose, » répondit une voix grave. C'était Kingsley et Harry se demanda s'il était à l'infirmerie en train d'exercer ses fonctions d'Auror ou s'il avait été blessé lui aussi pendant la bataille. « Elle n'avait aucune pièce d'identité sur elle. Selon Ollivander, sa baguette appartient à un certain John Wilkes, un né moldu dont la baguette a été saisie par le ministère précédent. Beaucoup de baguettes qu'Ombrage et son petit gang ont confisqué ont fini par être détruites, mais certaines sont entrées sur le marché noir. Il n'y a aucun moyen de retrouver leurs traces. » dit Kingsley d'une voix calme. « Cependant, nous avons trouvé un tatouage sur elle. »

« La Marque des Ténèbres, je suppose, » murmura le professeur McGonagall.

« Non malheureusement. Juste la lettre A. Cela ne semble pas être un travail professionnel cependant, c'est plus comme si… elle l'avait fait elle-même. Comme si elle l'avait gravé dans sa propre peau, avec des sorts coupants et de l'encre. » soupira-t-il. « Peut-être que si Severus se réveillait, il pourrait l'identifier, mais nous n'avons encore rien trouvé. Baguette inconnue, pas de nom, nous n'avons presque rien sur quoi continuer les recherches. »

« Êtes-vous en train de dire, » dit Minerva avec reproche, « qu'une folle a presque réussi ce que même Lord Voldemort n'a pas réussi à faire ? »

« Eh bien... » Les mots de Kingsley s'évanouirent. « Elle était probablement encore à l'intérieur lorsque la magie du château a été restaurée. Nous l'avons testé plusieurs fois depuis lors et aucun des sorciers noirs n'a été capable de traverser le dôme. Nous croyons- » Mais Minerva l'interrompit rapidement.

« Pardonnez-moi, Kingsley, mais je me fiche de ce que vous croyez. Mon directeur, qui a failli perdre la vie, est toujours inconscient et Harry Potter ne s'est pas réveillé au cours des cinq derniers jours non plus. Je veux savoir ce qui s'est passé. »

« Minerva, ma chère », tenta Flitwick. « Nous sommes tous inquiets, mais ce n'est pas une raison pour parler ainsi au ministre de la Magie par intérim. »

« Filius, je parle à mon ami, pas au ministre par intérim. »

« Laissez-moi vous rappeler que Severus n'est pas seulement votre ami, Minerva, il m'est aussi cher. » dit Kingsley calmement. « Et nous pouvons remercier Harry plus que- »

« Nous pouvons les remercier tous les deux plus que quiconque ne peut l'imaginer, » dit sévèrement le professeur McGonagall. « Notre vie, notre paix, notre avenir. Il est grand temps qu'on leur rende tout ça, Kingsley. Avec un peu de chance, Monsieur Potter et le professeur Snape se réveilleront bientôt, et je ne veux plus de tentatives contre leur vie. »

« Oui, Madame », déclara Kingsley résigné d'avoir perdu cette bataille.

« Puis-je le voir ? » Dit une voix timide, celle d'une jeune fille mais Harry ne la reconnut pas. Ron et Hermione semblaient également confus.

« Pas maintenant, chérie. Peut-être dans quelques jours, quand il se réveillera », lui dit Kingsley, puis ils entendirent le bruit de pas qui s'éloignent.

Mais le professeur Snape ne se réveilla pas au cours des deux jours suivants. Snape ne réveilla pas pendant plus d'un mois.

OoOoO

Le mois de Mai passa lentement et calmement comme si même les jours qui se réchauffaient chaque jour retenaient leur souffle en attendant le moment où Snape ouvrirait enfin les yeux. Le château n'arrêtait pas de se reconstruire, les gargouilles et les statues qui s'étaient battues si courageusement pendant la guerre portaient maintenant de lourdes pierres, des briques et du bois. Elles avaient reconstruit les murs et réparé des fenêtres comme des petites fourmis travaillant dans un but bien plus grand qu'elles.

Harry ne savait pas encore qui les contrôlait ou comment elles savaient que la fenêtre du septième étage était teintée de bleu avec un corbeau dessus, tandis que sur une autre une vieille sorcière laide transportait du bois de chauffage, mais tout était revenu à la normale. Les murs avaient été nettoyé par les elfes de maison, et Rusard continuait simplement de balayer, balayer et balayer toute la nuit et toute la journée, semblait-il. Jour après jour, le château était nettoyé ; de haut en bas, du plus grave au moins grave, les dommages avaient été réparés un à un. Tout le château guérit, mais au cœur de celui-ci, Snape resta immobile.

Harry était l'un des rares à rester pour aider. Tout le château était vide, même la plupart des professeurs étaient partis bien que selon McGonagall ils seraient tous de retour au début du nouveau trimestre. Kingsley lui rendait souvent visite, bien que ses fonction de Ministre par intérim l'aient rappelé et qu'il ne pouvait pas rester longtemps. Il vérifiait toujours l'état de Snape, prenait conseil auprès du professeur McGonagall, puis il repartait, construisant un monde meilleur.

Hermione envoyait des lettres régulières. Des oiseaux exotiques les livraient de la lointaine Australie. Ses parents avaient heureusement été retrouvé au bout de deux semaines et ils s'occupaient d'organiser leur retour. Ginny venait visiter Poudlard quelques fois par semaine, déclarant qu'elle n'était là que pour aider, mais Harry savait qu'elle avait un agenda différent. Chaque fois qu'elle lui rendait visite, ils travaillaient ensemble et parlaient, essayant de ramener ce qui avait été entre eux avant la guerre.

Et Poudlard guérit, tandis que le professeur Snape restait la seule personne malade dans le château vide. Il n'y avait aucune nouveauté dans son état et le fait qu'il ne soit toujours pas réveillé était un mystère pour tous. Ses blessures étaient complètement guéries mais il était toujours inconscient. Il était allongé dans un lit blanc, ses cheveux noirs étalés sur un oreiller immaculé, sa peau pâle sèche et fraîche au toucher, respirant calmement, les yeux bougeant derrière les paupières fermées comme s'il était en train de rêver - un rêve éternel dont il pourrait ne jamais se réveiller.

Puis Juin arriva et la chaleur du soleil d'été força Harry à se reposer davantage entre les sorts exigeants pour réhabiliter le château. Au début, il avait l'habitude de regarder Flitwick qui n'avait même l'air fatigué et avait appris beaucoup de lui, puis il avait rapidement commencé à faire les sorts lui-même. Les verres brisés se recomposaient, les murs des salles de classe se repeignaient d'eux-mêmes et plus Harry s'entraînait, moins cela lui demandait des efforts. Des sorts qui le rendaient essoufflé au début, il les faisait maintenant avec un simple mouvement de poignet, à peine concentré. La magie, c'était comme courir – plus vous le faites, plus vous vous fatiguez mais plus vos muscles deviennent forts.

Ils étaient déjà au milieu de l'été, l'anniversaire d'Harry approchait, mais il n'y avait toujours aucun changement dans l'état de Snape.

OoOoO

Cette journée, comme les autres, avait commencé tôt. Harry fit sa routine matinale consistant à se réveiller, à descendre dans la grande salle pour le petit-déjeuner, puis à courir à l'infirmerie avec son toast inachevé dans la bouche pour vérifier si Snape allait bien. Il dit bonjour à Madame Pomfresh, alors qu'il courait jusqu'au lit de Snape. Il termina son toast, lisant le journal à haute voix, tandis que Pomfresh administrait quelques potions à son patient. Ils discutèrent pendant un petit moment sur le corps inconscient, puis à huit heures pile la porte s'ouvrit, le professeur McGonagall entra et Harry reçut sa liste de choses à faire.

La liste n'avait rien d'intéressant, des petits travaux que les gargouilles avaient manqué, comme balayer et dépoussiérer. C'était comme si Harry était toujours à Privet Drive, il s'attendait presque à ce que tante Pétunia arrive d'un instant à l'autre, hurlant à cause de la chaleur ou de la nouvelle voiture du voisin, tandis que l'oncle Vernon se plaindrait des nouvelles au journal télévisé. Ses proches n'étaient heureusement pas venus.

Ginny arriva pour aider un peu plus tard ce jour-là, et ils n'arrêtèrent pas de travailler jusqu'à ce que le professeur McGonagall les envoie se reposer et déjeuner. Il était déjà midi passé, et Harry pensa que la pause était bien méritée. Ils avaient nettoyé la moitié d'un étage ce jour-là et s'étaient même insurgés lorsqu'un groupe de gargouilles avait marché sans se soucier des donjons immaculés avec leurs pieds sales.

Ils attrapèrent de la nourriture dans les cuisines et partirent s'assoir dehors sous un arbre près du lac.

« As-tu rencontré le nouveau professeur de Défense ? » demanda Ginny.

« Il n'est peut-être pas encore le nouveau prof de Défense, » dit Harry. « Snape doit aussi être d'accord. McGonagall vient de le prendre en entretien. »

« Mais tu l'as rencontré ? » Demanda Ginny avec excitation.

« Ouais, » dit Harry. « Il a l'air cool », admit-il. Il avait rencontré l'homme la veille. Ils avaient été formellement présentés, après son entretien. « Il s'appelle Archibald Wallace. Il semble assez jeune, il a combattu dans les deux guerres. Il a même un tatouage cool sur son avant-bras gauche, comme un faucon. Il a dit qu'il l'avait eu à l'âge de dix-huit ans. » Harry sourit en ajoutant : « Parce que les faucons mangent des serpents, tu sais. »

Ginny éclata de rire. « Alors, nous pouvons espérer qu'il n'est pas un fou dangereux psychopathe ? »

« Ouais, je ne pense pas qu'il le soit. Mais encore une fois, je ne pensais pas que Quirrel en était un non plus. Ou Fol Œil. »

« Il n'y avait aucun doute avec Lockhart et Ombrage, n'est-ce pas ? »

En riant, ils se regardèrent. Des moments comme celui-ci se produisaient tout le temps, des moments qu'ils ignoraient généralement et détournaient le regard, prétendant qu'ils ne sentaient pas la chaleur se répandre, craignant que cela ne les conduise là où ils voulaient aller. Cette fois cependant, alors que la chaleur du soleil d'été brûlait la peau d'Harry, il prit une décision.

Ginny était magnifique alors que les rayons du soleil illuminaient ses cheveux roux flamboyants. Il écarta une mèche de son visage en l'embrassant doucement sur les lèvres. Elle soupira, soulagée qu'ils aient enfin osé sauter le pas, encore.

« Tu m'as manqué, » murmura-t-elle contre ses lèvres puis elle le poussa doucement au sol. Des cheveux roux soyeux caressaient la peau d'Harry pendant qu'ils s'embrassaient.

C'était la première fois depuis qu'il avait commencé à aider à reconstruire le château qu'Harry sautait ses tâches de l'après-midi et restait à se prélasser sous le soleil chaud avec Ginny sur lui.

Ils restèrent là jusqu'au coucher du soleil et même quelques heures après, parlant, s'embrassant et se caressant tendrement. C'était comme si ce premier baiser avait traversé un dôme qui les avait séparés l'année dernière. Ils étaient soudain de retour en sixième année, avec leur plus gros problème lié au Quidditch (« Tu ne joueras pas ? Mais qui sera le capitaine ? » « Je suis sûr que ce sera toi ! », leurs examens (« Je suis terrifié par les ASPIC. Bill dit qu'ils sont incroyablement durs. » « Nous nous entraiderons, Gin. Et en plus, Hermione sera de retour d'ici septembre. ») ou comment ils prendraient du temps l'un pour l'autre (« Nous ferons en sorte que ça marche, Gin. »).

Elle était heureuse, et cela rendait Harry heureux aussi.

Il était bien plus de sept heures du soir, quand ils se dirent enfin au revoir, de doux baisers les empêchant de s'éloigner. Ils riaient et s'embrassaient et riaient encore, incapables de lâcher prise, ils se sentaient presque ivres en trébuchant à l'extérieur des portes de Poudlard. Ginny transplana finalement à la maison, craignant que sa mère ne s'inquiète.

Alors qu'Harry se dirigeait vers le château, une ombre noire apparut devant lui. Il continua à marcher, soupçonnant qui serait le grand homme et ne fut pas surpris d'entendre la voix grave de Kingsley.

« Salut Harry ! Je ne t'ai pas vu de toute la journée. »

« Bonjour, Kingsley, » dit Harry alors qu'ils se serraient la main. « Comment vas-tu ? »

« Oh, je n'ai pas à te présenter le ministère, je crois. » Il éclata de rire. « Certes, la bureaucratie n'a jamais été mon fort. Je préfère une bonne bagarre aux heures de paperasse. Mais… lentement, les choses semblent aller mieux. Nous avons enfin un comité de guerre qui siégera pendant les procès. C'est une bonne nouvelle sur une bonne nouvelle aujourd'hui. »

Harry ne pouvait qu'être d'accord avec ça. Il se retourna vers les portes, alors qu'il décidait de sortir lui aussi. Ils discutèrent pendant un moment des efforts du ministère et de tous les problèmes qui avaient surgi depuis que Kingsley était ministre par intérim.

« Alors, à quand les élections ? » demanda Harry en plaisantant.

« Potter ! » cria Kingsley en se retournant. « Ne joue pas avec moi, mon garçon ! » Il rit quand il vit le sourire d'Harry. « Tu sais ce qui est en jeu ici. »

« Ne t'inquiète pas, » dit Harry en lui tapotant l'épaule. « Je rigole. Je ne pouvais pas oublier que c'est dimanche, même si je le voulais. Le professeur McGonagall l'ajoute à ma liste de choses à penser tous les jours. Je serais là. Tu auras le vote du Sauveur, Kingsley. »

« Très apprécié », déclara l'homme, reconnaissant. « Je doute fort que je pourrais le faire sans tout ton soutien. »

« C'est aussi pour ça que tu es venu aujourd'hui ? Session d'assistance de dernière minute avec le portrait de Dumbledore et McGonagall ? » demanda Harry. « Tu n'as pas à t'inquiéter, tu sais. » dit-il d'un ton rassurant.

Shacklebolt s'arrêta et attrapa l'épaule d'Harry, soudain sérieux. « Oh non, Harry non. Ce n'est pas pour ça que je suis ici aujourd'hui. Severus s'est réveillé. »

Les yeux écarquillés, Harry demanda : « Quoi ? Quand ? » Mais il s'éloignait déjà de Kingsley.

« Cet après-midi. Va ! » Kingsley rit, donnant une petite poussée pour renvoyer Harry. « A dimanche, Harry ! »

Mais Harry l'entendit à peine, tandis qu'il courait à toute vitesse vers le château.

Snape s'était réveillé.

OoOoO

Snape n'était pas seul. Le professeur McGonagall était là avec lui. Harry pouvait entendre leurs voix, mais Snape était le plus éloigné de l'entrée – le plus proche du bureau de Poppy – et il ne pouvait pas les voir. Il y avait aussi une troisième voix, qui semblait vaguement familière à Harry, bien qu'il ne puisse pas encore la situer.

Il se rapprocha, ne voulant pas s'immiscer même s'il était impatient de voir Snape. Au lieu de cela, il regarda à quelques mètres de distance pendant que les trois personnes parlaient. Il ne lui fallu pas longtemps pour reconnaître l'homme qui lui tournait le dos. De longues mèches noires qui atteignaient le haut de son dos tandis qu'Archibald Wallace parlait avec un ton serein et poli. Il expliquait ses expériences précédentes. Snape regarda l'homme à la peau sombre avec un léger intérêt.

Il semblait que Snape voulait rattraper son retard dès que possible, mais comment le professeur McGonagall pouvait déjà lui permettre de travailler, Harry ne comprenait pas. Là encore, il doutait qu'il n'y ait pratiquement rien que l'on puisse ne pas permettre à Snape de faire.

Illuminé sous les nombreuses bougies de l'Infirmerie, l'homme était assis sur son lit, rasé de près et menait un entretien comme s'il n'avait pas passé près de deux mois dans le coma. Le seul signe qu'il était effectivement malade était les bouteilles de potion sur la table de nuit et la chemise de nuit qu'il portait.

Étrangement, maintenant que ce moment était enfin arrivé, Harry ne savait pas quoi dire. Il avait attendu cela, mais ce fut seulement à ce moment qu'il réalisa qu'il ne savait pas pourquoi. Snape et lui étaient aussi amicaux qu'un lapin et un renard pouvaient l'être et il n'y avait aucun doute dans son esprit de qui était qui dans cette métaphore. Techniquement, ils s'étaient dit adieu après la sixième année d'Harry en se jetant des sorts juste après que Snape ait tué Dumbledore. Puis un an plus tard, lors de la bataille de Poudlard, la véritable alliance de Snape avait été révélée. Harry avait vu ses souvenirs, l'avait regardé se battre héroïquement, puis l'avait aidé à restaurer la magie de Poudlard. Ils avaient porté les morts ensemble sans dire un seul mot, puis ils avaient été attaqués et c'était tout.

Pourtant maintenant, alors qu'il observait l'homme, son regard strict évaluant les réponses de Wallace et ses traits comme un faucon observant une proie, Harry ressentit une étrange sorte de soulagement. Soulagement que l'homme qui une fois de plus lui avait sauvé la vie ne soit pas mort. Soulagement que la guerre n'ait finalement pas exigé une autre vie.

« M. WALLACE ! » Le professeur McGonagall cria presque soudainement, sautant de son siège.

Wallace pointait sa baguette sur Snape, qui tenait ses mains en l'air, se rendant. Sans baguette, il ne pouvait pas faire grand-chose.

Harry regarda la scène, baguette déjà en main. Il s'avança tranquillement vers eux, prêt à désarmer (ou pire) l'homme dès qu'il bougerait.

« Quelle honte ! » Wallace grogna. « Un Mangemort qui dirige Poudlard ? » gronda-t-il.

Ce n'est qu'à ce moment-là qu'Harry réalisa que les larges manches de Snape étaient retroussées et que la Marque des Ténèbres était nettement visible. L'insulte laissa une couleur légèrement rose sur la peau pâle de Snape, mais le directeur resta immobile.

« Je ne suis pas un Mangemort, » dit lentement Snape. « Je vous assure, M. Wallace, si j'en avais été un, Albus Dumbledore ne m'aurait jamais nommé directeur. »

« Vous osez pointer une baguette sur un homme malade dans sa propre école, c'est une honte, M. Wallace, » siffla McGonagall. « Arrêtez ça tout de suite. Severus Snape a été disculpé il y a longtemps. Il a combattu Tom Jedusor sur ces mêmes motifs il y a plus de deux mois. »

Snape remarqua l'approche d'Harry, et avec seulement un léger mouvement presque imperceptible de ses yeux, il fit signe à Harry de ne pas bouger d'un pouce. Harry s'arrêta mais ne baissa pas sa baguette.

« Après la bataille, Harry Potter a été attaqué par une femme inconnue en présence d'un Mangemort et vous me dites- » commença à dire Wallace, mais le professeur McGonagall le fit taire en tirant également sa baguette et en la pointant sur Wallace.

« La vie d'Harry Potter a été sauvée par le professeur Snape, directeur de cette école et membre fidèle de l'Ordre de Phénix ! » dit-elle sévèrement. « M. Wallace, merci pour votre temps, mais votre candidature a été refusée. Maintenant partez ! »

« Professeur McGonagall, » la voix de Snape coupa le silence soudain. « Je suis parfaitement capable de licencier ou d'embaucher les professeurs que je veux voir ou non enseigner dans cette école. »

« Severus, vous ne pouvez pas me dire- » dit-elle mais cette fois, ce fut Snape qui l'interrompit.

« Je peux et je veux. Vous savez aussi bien que moi que les références de M. Wallace sont parfaites pour nos besoins. Sa tâche sera d'enseigner aux enfants, et je suis sûr qu'il sera plus que capable dans ce domaine. Tant qu'il garde pour lui son mécontentement envers ma personne, je ne vois aucune raison pour laquelle il ne pourrait pas travailler ici. Qu'en dites-vous, professeur ? » Snape baissa enfin les mains et regarda Wallace avec espoir.

« Si vous pensez que je laisserai un Mangemort rester en tant que directeur de Poudlard pendant une minute de plus- » grogna Wallace, mais il fut de nouveau interrompu.

Le professeur McGonagall se déplaça rapide comme l'éclair alors qu'elle désarmait l'homme, puis pointait sa baguette sur le visage de Wallace, la tenant à quelques centimètres de lui.

« N'appelez plus le professeur Snape un Mangemort en ma présence. » dit-elle d'un ton mortellement calme.

« Minerva ! » cria Snape.

Il attrapa sa baguette sur la table de chevet mais sa main se figea dans l'air. Une lumière bleue scintillait autour de lui, étrange et à peine visible. Il fixa ses propres doigts brillants pendant quelques secondes, puis son regard se dirigea lentement vers Wallace.

« Qu'avez-vous fait ? » demanda Snape d'une voix presque menaçante.

« Qu'essayez-vous de faire, Snape ? » s'écria Wallace en reculant. « Je ne vous laisserai blesser personne dans cette école. » Il siffla puis attrapa la baguette de Minerva, qui était distraite par la lumière bleue pulsante émanant de Snape. « Cela se termine maintenant ! » L'homme cria, pointant sa baguette vers le directeur.

« Oui en effet, » fut tout ce qu'Harry dit, sa voix résonnant doucement parmi les murs carrelés.

Wallace se retourna, mais avant même qu'il ne puisse prononcer un autre mot, Harry fit un geste du poignet. L'homme passa devant lui et ne s'arrêta pas jusqu'à ce qu'il soit à l'extérieur de l'infirmerie.

« Ne revenez pas, » murmura Harry.

Avec Wallace à l'écart, il regarda à nouveau Snape, mais l'homme n'était pas en meilleure forme. La lumière bleue qui sortait de lui était de plus en plus épaisse, comme si elle s'accumulait.

« Appelez Poppy et ne vous approchez pas ! » Dit Snape au professeur McGonagall, qui envoya immédiatement son Patronus. « Je ne sais pas ce que c'est. » Alors qu'il regardait la lumière, la peur traversa ses yeux. Harry se rapprocha, mais le professeur Snape lui aboya dessus. « Qu'est-ce que je viens de dire, Potter ? »

Madame Pomfresh se précipita à travers la pièce, la baguette déjà levée. Snape attrapa également sa baguette pour évaluer quel sort Wallace avait pu utiliser sur lui.

« NON ! » cria Madame Pomfresh, mais trop tard.

Au moment où la main de Snape toucha sa baguette, la lumière bleue éclata. Il changea de couleur à la dernière minute, passant du bleu clair au blanc et Harry réalisa soudain qu'il avait déjà vu cela auparavant. Il leva un bouclier tout comme Minerva et Poppy, et la magie blanche brillante s'écrasa contre eux comme la vague d'un tsunami.

C'était comme combattre une énorme vague d'eau avec rien d'autre qu'un parapluie. Mais il tint bon. McGonagall et Pomfresh n'eurent pas cette chance, leurs boucliers s'étaient effondrés et la fin de la vague les prit au dépourvu. La magie de Snape les plaqua contre le mur. Effrayé, sachant ce que cette magie avait fait auparavant, Harry se précipita vers McGonagall en cherchant d'abord son pouls sur le poignet mince.

Un soupir de soulagement sortit de sa bouche quand il la trouva vivante. Madame Pomfresh allait bien aussi alors qu'elle clignait des yeux comme une chouette vers Harry, incertaine de ce qui venait de se passer.

Snape était assis sur son lit, l'air terrifié.

La porte s'ouvrit à la volée et Wallace entra en courant. Il s'arrêta un instant à la vue de la destruction créée par la magie de Snape. Au moment où il atteignit McGonagall et Madame Pomfresh, les femmes étaient debout, bien qu'encore légèrement secouées, et chancelantes. Minerva lança des regards craintifs à Snape, mais elle resta silencieuse et calme.

Le ton qui était autrefois serein et poli était sauvage comme le tonnerre maintenant.

« J'accepte le poste, professeur Snape. » Dit Wallace méchamment. « Vous êtes un danger pour cette école, et je vais vous surveiller. Si jamais vous blessez Potter ou quelqu'un d'autre, je m'assurerai que vous pourrissiez à Azkaban. »

« Il ne le fera pas, » dit Harry, mais il ne sentit pas la confiance qui résidait dans sa voix. « Le professeur Snape a toute notre confiance, professeur Wallace. Je lui confierais ma vie. »

« Alors, avec tout mon respect, M. Potter, vous êtes un imbécile, » répondit-il alors qu'il sortait en trombe de l'infirmerie.

Ils se tenaient autour des décombres en regardant les ravages causés par la magie de Snape.

« Êtes-vous sûr de vouloir travailler avec lui, Severus ? » Demanda doucement Madame Pomfresh. « Vous ne semblez pas avoir calmé la relation explosive entre vous deux. »

« Il n'y a personne d'autre, » dit doucement Snape, faisant tournoyer sa baguette dans sa main. La lumière bleue avait disparu et il fit facilement léviter son oreiller sans autre accident.

« C'est un idiot, professeur. » dit Harry. « Je ne peux pas croire- » Il essaya de continuer mais il fut brutalement interrompu.

« Votre présence vient d'empirer les choses un million de fois, Potter. Je suis parfaitement capable de mener mes propres batailles, merci », ricana Snape.

Harry s'éloigna des mots tranchants comme s'il s'agissait de véritables sorts.

« Oui, » renifla doucement McGonagall, inspectant les débris autour d'eux. Elle époussetait ses robes, alors qu'elle regardait le professeur Snape et haussait un sourcil. « Je pense que nous pouvons tous le voir, Severus. »


A suivre...

A bientôt pour la suite

Bises

Gaeill