Note de la traductrice :
Coucou tout le monde ! J'espère que vous vous portez bien ?
Je tiens à vous remercier pour vos retour, les reviews/ fav/ follow sont ma seule récompense pour ce travail de traduction :)
Bonne lecture et à vendredi pour la suite !
Chapitre 3 : La fin de l'été
Une semaine plus tard, Snape fut autorisé à quitter l'infirmerie. La lumière bleue tout comme Wallace, avait disparu, cependant, l'homme était attendu au moment où les cours reprendraient à la rentrée. Harry exprima son aversion pour cela, même s'il n'osa le mentionner qu'au professeur McGonagall. Elle était d'accord avec lui, mais il y avait d'autres facteurs dont Harry n'était pas au courant.
« Nous n'avons personne d'autre, Harry, » lui dit-elle alors qu'ils se tenaient dans l'infirmerie vide. « Il était le seul candidat pour le poste et, dois-je ajouter, pas un mauvais candidat. Il a de l'expérience à la fois dans la magie noire et dans l'enseignement. Ses collègues et étudiants le reconnaissent comme un professeur brillant et ouvert d'esprit. »
« Ouvert d'esprit ? » Répéta Harry avec un soupir. « Il ne m'a pas semblé très ouvert d'esprit. »
« Il l'est », assura sa directrice de maison. « Il y a beaucoup de choses que vous ignorez sur lui, et avant même que vous le demandiez, je n'ai pas le droit d'en parler. Tout ce que vous devez savoir, c'est qu'Archibald Wallace, comme beaucoup d'entre nous, se méfie des Mangemorts pour une bonne raison. Il avait juste besoin d'être convaincu que le professeur Snape n'en était pas un. »
« L'est-il ? Convaincu je veux dire ? »
« Nous verrons s'il sera bien présent le premier septembre, n'est-ce pas ? » dit le professeur McGonagall. Elle hocha la tête en signe d'au revoir, puis se dirigea vers la porte, mais Harry l'arrêta.
« Et à propos de Snape ? »
« Professeur Snape, Harry », le réprimanda-t-elle doucement, « qui a-t-il à propos de lui ? »
« Ne va-t-il pas… Ce ne sera pas facile pour lui de travailler avec quelqu'un qui pense le pire de lui. »
« Le professeur Snape a eu affaire à ce genre de perception de sa personne pendant de nombreuses années », déclara McGonagall. « Une année de plus ne le brisera pas. »
Harry fut laissé seul dans l'infirmerie, et pour la première fois depuis un moment, il n'avait pas de liste de choses à faire pour passer le temps. Au lieu de cela, il sortit pour se promener.
Le parc était redevenu verdoyant. Les tâches d'herbe brûlées avaient repoussé grâce au travail dévoué du professeur Chourave, et les arbres brisés et noircis avaient été soigné. A présent les collines d'un vert éclatant attendaient ceux qui reviendraient à Poudlard et seul un monument rappelait aux gens ce qui s'était passé ici en mai.
Un petit obélisque avec rien de plus qu'une date gravée dessus se tenait sur l'une des nombreuses collines, sans nom. Alors qu'Harry passait devant, il y trouva une rose blanche, à la base du marbre. Il ne voulait pas y penser, mais les souvenirs vinrent d'eux-mêmes et il n'eut aucun pouvoir pour les arrêter.
Une année à rechercher les Horcruxes, de petites batailles et de combats, des longues journées d'hiver sous une tente de fortune. Harry ne se souvenait que du froid, de la faim, de la peur et de l'inquiétude constante. Il se souvint de s'être senti piégé dans cette tente, comme un oiseau dans une cage, sans aucune idée de l'endroit où aller, avec des ailes brisées et incapable de voler.
Où aurait-il volé ? Au Terrier apportant la dévastation aux Weasley ? Revenir dans le Surrey ? Il n'y avait aucun endroit où s'enfuir. Aurait-il volé pour se cacher dans le monde moldu où personne ne le connaissait, où il pourrait être juste une personne comme les autres et non le Sauveur ? Ou retourner à Poudlard, dans l'endroit qui était sa maison pour lui depuis de nombreuses années, où il s'était senti le plus heureux ?
Il ne se serait pas senti heureux ici à l'époque. Poudlard était alors complètement différent, rempli d'obscurité, de torture et de combats quotidiens pour la liberté. La trahison de Snape avait secoué le monde d'Harry, mais bien sûr, c'était aussi un mensonge, comme bien d'autres choses dans sa vie. Le voile sur la mort de Dumbledore avait été révélé lors de la bataille finale, et la vérité sur l'alliance de Snape avait renversé la vapeur.
Le professeur McGonagall le savait, mais elle avait fait le serment inviolable de ne jamais le révéler à personne. Elle semblait savoir tout ce qui se passait à Poudlard, mais même elle n'aurait pas pu prédire la rage de Snape dans la bataille. Il avait tué le serpent. L'éventrant avec une lame en disant à Tom Jedusor qu'il avait été dupé par Albus Dumbledore. Après son retour de la mort, Harry n'avait vu qu'un aperçu de Snape alors qu'il combattait Voldemort, mais il avait quand même remarqué quand le professeur avait mis le feu à la moitié du terrain pour sauver certaines personnes.
Puis la bataille avait pris fin, tandis que des souvenirs étrangers s'installaient dans la tête d'Harry. Ils n'avaient pas parlé avec Snape depuis, du moins pas de ce qui était important, et cela dérangeait Harry pour une raison quelconque. Ne devraient-ils pas au moins mentionner l'amitié entre la mère de Harry et le professeur Snape ? Ne devrait-il pas y avoir une trêve maintenant, qu'Harry savait qui était vraiment l'homme ? Ne devrait–il pas y avoir un certain changement au moins ?
Harry regarda la rose blanche au bas de l'obélisque, ses yeux presque collés aux pétales immaculés de l'herbe verte. Tant de choses s'étaient passées ici, tant d'âmes perdues, tant de vies achevées avant d'avoir pu être vécues. Cette bataille et les événements de toute l'année passée avaient changé Harry. Il se souvenait à peine de ses petites querelles avec Snape, des remarques sarcastiques de l'homme, de sa haine. Tout ce dont il se souvenait était les flammes vives qui rongeaient les terres protégeant un groupe d'enfants des mangemorts et de la lueur de l'épée de Godric Gryffondor au clair de lune, dégoulinant de sang dans la main de l'homme.
Combien d'années avait-il passé à haïr l'homme ? Pourtant à la fin il s'était avéré qu'il était un allié depuis le début, veillant sur Harry, toujours. Cela aurait dû changer les choses, n'est-ce pas ? Cela aurait dû susciter entre eux une sorte d'amitié, autre chose que de la haine. Et Harry, ne parvenait plus à s'accrocher au dégoût et la méfiance qu'il avait autrefois ressentie pour son professeur. Ses paroles à l'infirmerie étaient vraies, il faisait confiance à Snape pour sa vie. Il faisait confiance à Snape. Cela excluait par principe toute répulsion qu'il pourrait ressentir envers l'homme. N'était-ce pas réciproque ? Snape le considérait-il toujours comme un enfant paresseux et arrogant ?
Une tâche comme celle-ci briserait n'importe qui – sauf, peut-être… vous.
Les mots de Snape après la bataille, Harry pouvait s'en souvenir clairement. Les mots n'étaient pas lourds de dénigrements, ils ressemblaient même plutôt à un compliment. Pourtant, à l'infirmerie ce soir-là, Snape ne semblait pas avoir changé d'avis concernant Harry.
Même s'il en savait plus sur le passé de Snape, Harry ne connaissait pas plus l'homme qu'au cours des sept dernières années. Mais il lui faisait confiance, c'était sûr.
Il força ses yeux à quitter la rose et l'obélisque, ne voulant plus s'attarder sur un problème qui n'avait pas vraiment d'importance et regarda autour de lui.
Il n'y avait pas que le parc, le château s'était également amélioré jour après jour. Les gargouilles de pierre, comme de petites fourmis travaillaient à l'intérieur, mais il n'y avait plus grand-chose à faire. Les murs étaient tous réparés, et de nouvelles poutres avaient été placées. Les toits effondrés avaient été remplacé ainsi que les vitres brisées. De l'extérieur, Poudlard semblait aussi épargné par le temps et le passé que le premier jour où Harry y avait posé les yeux.
Ennuyé, Harry chercha quelque chose à faire. Il vit Hagrid à la lisière de la forêt. Le demi-géant faisait la lessive et Harry décida de s'approcher de lui.
« Bonjour, Hagrid, » sourit-il largement. « Tu as besoin d'aide pour ça ? » Demanda-t-il en hochant la tête en direction d'une gigantesque couverture qui dégoulinait d'eau.
« Bien sûr, » vint la réponse et Harry poussa immédiatement la couverture avec sa baguette qui s'envola, se drapant sur la corde tendue. Il continua à aider avec les draps et les manteaux plus gros ou plus lourds jusqu'à ce que le grand panier soit vide sur le sol.
Hagrid lui tapota le dos. « Merci, Harry, » dit-il. « Limonade ? »
Ils s'assirent dehors à l'ombre, sirotant la boisson rafraîchissante. « Alors, comment s'est passé ton été ? » demanda le géant. « Plutôt occupé, n'est-ce pas ? »
Harry hocha la tête, « Ouais, j'aidais là où je pouvais. »
« Je vois. » Hagrid hocha de nouveau la tête, mais il y avait une étrange lueur dans ses yeux de scarabée. « Est-ce que Ginny Weasley avait également besoin d'aide ? »
Harry pouvait sentir la chaleur monter dans ses joues. Ginny et lui s'étaient rencontrés tous les jours cette semaine. Ginny arrivait le matin et partait tard le soir. Ils passaient une partie de leur à travailler sur le château, puis à déjeuner, à travailler un peu plus, puis à s'allonger dans l'herbe en regardant le coucher du soleil. Même si Harry devait admettre qu'il n'avait pas vu beaucoup de couchers de soleil la semaine dernière, car son attention était complètement ailleurs : à savoir sur les lèvres de Ginny. Ils s'étaient follement embrassés à chaque instant possible.
« Eh bien, c'est... » commença à dire Harry mais il aperçut le large sourire d'Hagrid.
« Harry », commença le demi-géant. « Vous le méritez tous les deux. Soyez heureux et amusez-vous. Vous avez travaillé dur pour cela. » Ils savaient tous les deux qu'il ne parlait pas de toute l'aide qu'il avait apportée à l'école.
Harry ne put s'empêcher de sourire en pensant à Ginny.
« Je suis bien avec elle, Hagrid. Elle est juste parfaite. »
« Elle ressemble beaucoup à ta mère, tu sais, » dit Hagrid. « Je veux dire les cheveux roux à part. Elle est très courageuse et fougueuse. Ce ne sera pas facile. »
« Mais ça en vaudra la peine, » sourit Harry.
« Alors comment vont Ron et Hermione ? Quand reviennent-ils ? »
« Oh, ils sont déjà de retour à la maison. Hermione est avec ses parents, Ron aide au magasin. L'entreprise est à nouveau en plein essor, les jumeaux ont donc besoin de toute l'aide possible. » répondit Harry en sirotant sa limonade. « As-tu vu Kingsley dernièrement ? Je ne l'ai pas revu depuis que Snape… depuis que le professeur Snape s'est réveillé. »
« Il était ici l'autre jour, » grogna Hagrid.
Harry rit. « Déjà de mauvaises nouvelles ? Il n'est ministre de la Magie que depuis quatre jours. »
« Quatre jours sans sommeil, d'après ce que j'entends », dit Hagrid. « Les procès commencent. Les Malfoy d'abord, puis le reste du groupe. Et ils ne savent toujours rien à propos de la sorcière qui t'a attaqué ainsi que le professeur Snape. Même Lucius Malfoy dit qu'il ne l'a jamais vue. »
« Ce ne serait pas la première fois que Malfoy mentirait… »
« Ils lui ont donné du Veritaserum, Harry. Tout le monde n'arrête pas de dire qu'elle est morte, alors qu'importe d'où elle vient. Ils ne comprennent pas ce que Kingsley soupçonne déjà. S'il y en avait un, il pourrait y en avoir d'autres. »
« Tu penses que nous sommes toujours en danger ? » demanda doucement Harry.
« Je l'ignore. »
OoOoO
Après le déjeuner, quand il quitta la hutte d'Hagrid, l'esprit d'Harry tournait encore autour de l'attaque. Il avait toujours supposé que lui-même était la cible, mais que se passerait-il si la femme en voulait à Snape. La question de savoir pourquoi elle voudrait tuer Snape est inutile car elle avait beaucoup trop de raisons. Au moment où Snape s'était révélé être l'homme de Dumbledore, tout le combat avait changé. Avec la mort de Nagini, Snape avait donné une chance à Harry d'achever Jedusor.
Snape était un héros parmi tant d'autres, en particulier parmi les membres de l'Ordre. Étant donné que Kingsley avait promis de blanchir son nom, maintenant même ceux qui ne connaissaient pas toute la vérité étaient d'accord pour dire que Snape servait la Lumière, ainsi, le nombre de ses ennemis, même si la guerre était terminée, restait innombrable. Mais l'attaque s'était produite juste après la bataille, l'alliance de Snape n'était connue que de ceux qui étaient là cette nuit-là. La femme, devait être un Mangemort ou quelqu'un au service de Voldemort.
Il était plongé dans ses pensées en rentrant au château. L'école était encore presque vide, mais il n'était pas seul cette fois.
Le professeur Snape, une silhouette sombre et solitaire sous le soleil éclatant de l'été, se tenait à côté du mémorial. Il avait une expression illisible sur son visage alors qu'il fixait le marbre blanc. Son regard était si intense qu'il pouvait presque convoquer les âmes décédées et leur ordonner de revenir.
Harry voulait l'approcher. Il voulait y aller et poser des questions sur sa mère. Il voulait parler de la guerre, de Dumbledore, et de cette année où ils ne s'étaient pas rencontrés. Il voulait parler de la forêt de Dean. Pourtant, il ne bougea pas.
Alors que Snape se tenait là, les yeux rivés sur l'obélisque, il semblait plus intimidant que jamais, et Harry se sentit soudainement inquiet. Rien n'avait changé entre eux au cours de l'année écoulée. Pourquoi s'attendait-il à voir un homme différent maintenant qu'il en savait plus sur son passé, il ne savait pas. Ce qu'il savait avec certitude cependant, c'était que Snape était Snape, le professeur cruel qui avait enseigné à Harry pendant six longues années. Les choses n'avaient pas changé, ne pouvaient pas changer simplement parce qu'il avait vu des souvenirs. Pourquoi le feraient-elles ?
Leur passé commun était toujours le même et aucune bataille, victoire ou seigneur des ténèbres ne changerait cela.
Juste au moment où il était sur le point de partir, il fut remarqué. Snape leva son regard et le regarda droit dans les yeux. Harry hésita un instant, mais avant qu'il ne puisse décider d'aller voir Snape ou de s'enfuir, le professeur commença à marcher vers lui à la place.
Sa foulée était exactement comme dans ses souvenirs : intimidante et puissante. Il n'y avait plus aucun signe de ses blessures, du moins pas dans la façon dont il se déplaçait. Alors qu'il s'arrêtait à plusieurs mètres d'Harry, ses robes s'enroulèrent autour de ses jambes.
« Bonjour, M. Potter. »
« Professeur Snape, » dit Harry. « Je reviens juste chez Hagrid. » Il ajouta rapidement comme s'il avait été surpris à rôder autour du château bien après minuit.
Snape fronça les sourcils, sentant l'inconfort d'Harry.
« Vous êtes libre de marcher jusqu'au parc du château, M. Potter, pas qu'un couvre-feu ou des restrictions vous aient arrêté auparavant. »
Harry détourna le regard, réprimant son agacement immédiat. Ses yeux se posèrent sur une gargouille, qui travaillait toujours sur le mur du château.
« Des créatures magnifiques, n'est-ce pas, les gargouilles ? » nota Snape, tandis que son regard suivait celui d'Harry. « Elles servent loyalement l'école, se battent vicieusement quand cela est nécessaire, réparent parfaitement le château sans un seul ordre, mais quand tout est en paix, elles restent inactives, sans but. »
Ses yeux revinrent à Harry alors qu'il continuait. « Ne soyez pas comme ces gargouilles, M. Potter. Votre vie ne s'est pas terminée avec la guerre, alors sortez et vivez-la. Je ne souhaite pas vous voir ici avant le 1er septembre, est-ce bien compris ? »
« Est-ce que vous me chassez, monsieur ? » Demanda Harry plus surpris qu'offensé.
« Oui, M. Potter, je le fais. »
« Après tout ce que j'ai fait ? »
« Tout ce que vous avez fait est la raison exacte pour laquelle je vous renvoie. »
« Vous voulez dire que je ne peux pas revenir pour finir l'école ? » demanda Harry irrité.
« Non, » dit Snape avec un calme forcé dans la voix. « Vous êtes invités à revenir au premier septembre comme tous les autres étudiants. Pas un jour avant. »
« Pourquoi me renvoyez-vous, professeur Snape ? » demanda Harry.
Snape n'était pas en colère contre lui. Il avait passé suffisamment de temps face à un Snape en colère pour le reconnaître. C'était quelque chose qu'Harry n'avait jamais vu. Inquiétude, peut-être.
« Vos ASPIC seront exigeants, et être un héros de guerre vétéran ne vous excusera pas d'étudier. Vous en avez assez fait, il est temps de vous reposer. En plus, cela m'exaspère de vous voir errer sans but comme un petit chiot perdu. »
Harry ne crut pas à cette excuse un instant, mais en resta là, et ils commencèrent à marcher vers l'entrée principale. Il sentit qu'il devrait planifier son été, mais tout ce à quoi il pouvait encore penser était le passé. Peu importe leurs sentiments personnels l'un pour l'autre, Snape lui a sauvé la vie, et sans son aide, il n'aurait jamais pu vaincre Voldemort. Il estima qu'une reconnaissance quelconque était de mise.
« Puis-je dire quelque chose, professeur ? » demanda-t-il avec hésitation.
Snape ne le regarda pas alors qu'il répondait : « Si vous le devez, M. Potter. »
« Je ne connaissais pas ma mère, mais je pense qu'elle ne serait plus en colère contre vous. Elle vous aurait pardonné vos erreurs. Je sais que vous vous en fichez probablement, monsieur- » Harry essaya de dire rapidement mais Snape l'interrompit.
« Non, je ne m'en fiche pas. »
Ils marchèrent tranquillement pendant un moment, Harry regrettant à moitié ce qu'il venait de dire, mais Snape reprit la parole.
« J'ai rempli ma dette envers Lily Evans mais ce n'est plus de son pardon dont j'ai besoin », dit-il rapidement comme s'il avait peur que ses mots le trahissent et ne sortent pas de sa bouche. « Ce n'est pas elle que mes actions ont rendu… orpheline. »
Harry s'arrêta net dans son élan. Cela pourrait-il être vrai ? Se pourrait-il que pendant toutes ces années, il ait attendu qu'Harry le pardonne de toutes les actions qu'il avait commises ?
Snape s'arrêta aussi, quelques mètres plus loin, mais ne se retourna pas pour faire face à Harry.
« Je ne pourrais jamais vous pardonner, » dit Harry, et Snape se tendit tout de suite. Ses mains se serraient, et Harry ne put s'empêcher de remarquer la même lumière bleue scintillante autour de l'homme qui avait causé une telle dévastation à l'infirmerie. « Je ne pourrais jamais vous pardonner, parce que… il n'y a rien à pardonner. Ce qui est arrivé à ma mère et à mon père n'est pas de votre faute. C'est Pettigrow qui les a trahis. C'est Tom Jedusor qui m'a choisi et non Neville comme son égal, et c'est lui qui a tué mes parents. »
Pendant un instant, il n'y eut rien, puis Snape soupira profondément, passant ses doigts dans ses cheveux qui étaient plus long que jamais, réalisa Harry. Presque aussi long que ceux de Ginny.
« Partez maintenant, M. Potter, vous devez faire vos bagages. Molly Weasley vous attend pour le dîner. »
Harry sourit, connaissant suffisamment Snape pour se rendre compte que c'était le plus proche d'une acception qu'il aurait jamais pu obtenir. Il s'approcha de l'homme et lui tendit la main.
« Rendez-vous le premier septembre, professeur Snape, » dit-il.
Snape regarda sa main pendant un moment, puis la prit. Ses doigts étaient très froids, mais sa prise était forte.
« Au revoir, M. Potter. »
Harry réalisa qu'il n'avait jamais vraiment touché Snape auparavant. C'était probablement le premier contact qu'ils aient jamais eu. C'était étrange à quel point une simple poignée de main pouvait être personnelle, combien cela pouvait en dire. Cela n'avait duré que quelques secondes, mais cela rappela à Harry ce moment en mai, quand ils se tenaient au milieu d'un cercle, tenant le bras de Snape alors qu'ils restauraient la magie de Poudlard. Un frisson parcourut le corps d'Harry et il lâcha la main de l'homme. Il hocha la tête et se tourna pour partir mais quelque chose attira son attention.
Les gargouilles retournaient toutes à leur place, redevenant des statues de pierres figées.
« C'est fait, » dit solennellement Snape à côté de lui, ses yeux sur les créatures de pierre. « Poudlard est guéri. »
Harry regarda son professeur, puis la main de l'homme qui, il y a quelques instants seulement, bouillonnait de lumière bleue. Poudlard est peut-être guéri, mais qu'en est-il de tous les autres ? Et Snape ?
OoOoO
Le reste de juillet et août s'écoula en un clin d'œil. Harry se sentit à nouveau comme s'il avait douze ans. Il passait l'été avec son meilleur ami, jouait au Quidditch dans le jardin à l'arrière, débroussaillait la cour, aidait Mme Weasley à cuisiner, expliquait à M. Weasley ce qu'était une Game Boy et bien sûr, s'asseyait avec Ginny à l'ombre d'un arbre pour l'embrasser ou parler comme un garçon normal de dix-huit ans était censé le faire. La vie était belle et Harry se sentait heureux.
Ils rendaient régulièrement visite aux jumeaux, Harry aidait même au magasin avec Ron. C'était un plaisir immense et cela ne ressemblait pas du tout à du travail. Il contribua même à certains des nouveaux produits.
Mais les feuilles commencèrent à jaunir et l'été parfait d'Harry toucha à sa fin. Retourner à Poudlard maintenant était presque aussi douloureux que d'en partir. Il savait qu'il devait revenir, il devait passer ses ASPIC pour devenir Auror, mais une partie de lui voulait rester ici pour toujours, dans les bras de Ginny, allongée sous le ciel orangé, profitant de la chaleur du soleil couchant.
C'était si rare qu'ils soient seuls. Ron les suivait habituellement, conscient d'être la troisième roue, mais ils ne pouvaient pas faire grand-chose à ce sujet. Mme Weasley ne leur permettrait pas de rester longtemps seuls, même si maintenant ils étaient tous les deux majeurs.
Ginny sentait bon comme l'été et Harry enfouit son nez dans son cou. Il prit une profonde inspiration, se sentant presque tremblant alors que l'odeur enivrante et fleurie lui montait à la tête. Il l'embrassa dans le cou et elle gloussa. Même sa peau avait un goût doux comme les fleurs, même s'il savait qu'elle ne portait aucun parfum.
« Nous pourrions être vus, Harry, » lui sourit-elle, mais elle l'attira ensuite sans s'inquiéter dans un baiser.
Avec des baisers brûlants occupant ses lèvres, les mains d'Harry exploraient son corps, glissant sur ses bras, dans ses beaux cheveux longs . Il sentit soudain une chaleur brûlante au creux de son ventre, quelque chose à laquelle il s'habituait de plus en plus pendant leur temps seul.
« Tout va changer demain, n'est-ce pas ? » demanda Ginny en s'écartant, enfouissant sa tête dans le creux du cou d'Harry.
« Pourquoi dis-tu ça, Gin ? » demanda Harry en retour surpris. « Nous serons dans la même année, nous aurons presque les mêmes cours. Je resterai dans la tour Gryffondor comme tout le monde aussi. »
« J'ai juste le sentiment… C'est stupide, je ne sais pas. Peut-être parce que la dernière fois... »
Il la serra plus fort. « Gin, la dernière fois que j'ai dû partir, c'était la guerre, et j'étais recherché. » Il lui fit un petit bisou. « Maintenant, je ne suis qu'un mec normal. »
Ginny rit, « Harry, je t'aime, mais tu ne seras jamais normal. »
Il ne répondit pas et l'embrassa. Ses lèvres chaudes bougeant avec les siennes, ses cheveux soyeux passant entre ses doigts. Sa poitrine douce sous sa paume assurait à Harry qu'il menait une vie parfaitement normale et que son retour à Poudlard ne changerait rien à cela.
Le lendemain, pas même vingt-quatre heures plus tard, Ginny reconnaîtrait le moment exact où tout avait commencé à changer. Mais elle regarderait de côté, espérant qu'ils pourraient, une fois de plus, sauver leur relation.
Pour Harry, il faudrait des mois pour accepter la vérité.
Il se tiendrait au sommet de la tour d'astronomie avec la main de Snape sur sa poitrine quand il se rendrait compte qu'il ne serait jamais normal. Il aurait une seconde de lucidité avant d'être poussé par-dessus bord, où il se souviendrait de ce jour. Il se souviendrait du doux parfum de Ginny, du goût de ses lèvres, de la courbe de ses hanches. Et à cette seconde, lorsque son corps basculerait par-dessus la balustrade, il se rendrait compte qu'une vie normale était bien au-delà de sa portée, pourtant il ne se plaindrait pas ; il s'en délecterait.
A suivre...
A bientôt pour la suite
Bises
Gaeill
