Note de la traductrice :

Coucou tout le monde !

Voici comme promis le chapitre suivant, nous commençons à entrer dans l'histoire après ces 3 premiers chapitre de mise en place.

J'espère que la suite vous plaira.

Bonne lecture !


Chapitre 4 : La biche

Ron bâillait à côté de lui et Hermione lisait religieusement le Chicaneur. La cérémonie de répartition avait-t-elle toujours été aussi ennuyeuse ?

La chanson du Choixpeau n'était rien de plus qu'un plaidoyer pour accepter les Serpentard, non pas que Harry n'était pas d'accord, mais il la trouvait moins divertissante qu'auparavant. Une fois que le chapeau eut terminé sa performance, McGonagall monta sur l'estrade et appela nom après nom, tandis que des enfants effrayés s'asseyaient sur un tabouret et prenaient le Choixpeau sur leur tête.

Ils étaient tous incroyablement petits, avec la même expression à la fois émerveillée, excitée et effrayée sur leurs visages. Harry se demanda ce que cela devait être d'entrer dans une école où il y a seulement quelques mois une bataille faisait rage, où les élèves avec lesquels ces enfants dîneraient pourraient raconter des histoires de combats contre Voldemort.

Pour la première fois de sa vie, Harry n'était pas le seul héros de la Grande Salle. Il était toujours, de toute évidence, un visage que tout le monde essayait d'entrevoir, mais il remarqua le plus souvent les mêmes regards étranges et curieux que Ron, Hermione, Neville ou même Snape, McGonagall ou Hagrid recevaient également.

Ron commenta même qu'un deuxième année Serdaigle s'était glissé vers lui alors qu'ils attendaient les calèches et lui avait demandé une photo. Il avait rougi et renvoyé le garçon.

« Bon sang, Harry. C'est comme ça que ça va être à partir de maintenant ? » Soupira Ron.

C'était la première fois qu'Harry était présent et qu'Albus Dumbledore n'accueillait pas les enfants. Il sentit un étrange pincement au cœur alors qu'il levait les yeux au milieu de la table pour y trouver le professeur Snape. Ses doigts se tendirent, il semblait impatient comme s'il voulait que la fête de bienvenue se termine le plus tôt possible.

Mais les noms n'arrêtaient pas de défiler et maintenant, même le ventre de Harry était inconfortablement impatient. Cela produisit un grondement profond qui fit lever la tête de Ginny de son bras. Elle gloussa, fouillant dans sa poche pendant un moment, puis en sortit une barre chocolatée qu'elle avait achetée dans le train de Poudlard.

Elle cassa un morceau puis lança à Harry un regard provocateur. Harry sourit, ouvrit la bouche et attendit le chocolat. Elle le lança, sa visée parfaite et Harry grignota joyeusement le caramel. Le morceau suivant visait un peu au-dessus de sa tête et il dut s'étirer pour l'atteindre. Celui d'après était trop à gauche et il frappa Ron en plein visage.

Ils réussirent à étouffer leur rire, mais ils étaient encore assez bruyants pour que quelques visages se tournent vers eux. Harry pencha légèrement la tête et regarda la petite fille blonde en train d'être répartie, prétendant qu'il faisait attention.

« Poufsouffle ! » s'exclama le Choixpeau et toute la table sous les drapeaux jaune et noir se mit à applaudir.

Les yeux d'Harry s'éloignèrent avant même que l'enfant suivant ne prenne place sur le tabouret. Il regarda les professeurs, principalement Wallace qui discutait amicalement de quelque chose avec Hagrid. À côté d'eux, le professeur Chourave était assise, applaudissant toujours légèrement, puis Snape.

Snape le fixait. Son regard sombre était si intense qu'Harry voulût se cacher sous la table pour s'y soustraire . De toute évidence, Snape avait vu ce qu'ils avaient fait et l'avait désapprouvé. Et au moment où il s'était assuré qu'Harry comprenait cela, ses yeux sombres étaient déjà retournés pour regarder le prochain garçon être réparti à Serpentard.

Harry ne voulait pas commencer le trimestre avec des points pris à sa Maison, alors après cela, il fixa ses yeux sur le Choixpeau et s'assura d'applaudir aux moments appropriés.

« Où va le professeur Snape ? » chuchota Hermione quelques minutes plus tard.

Harry était tellement concentré sur la répartition de Jeremy Thomson (Gryffondor) qu'il n'avait même pas remarqué que Snape s'était levé et s'était glissé hors de la pièce par la porte arrière qu'Harry avait également utilisée après que la Coupe de Feu ait craché son nom.

« Peut-être qu'il a juste besoin de pisser, » dit Ron avec un haussement d'épaules. « Ou peut-être est-il allé se jeter de la tour d'astronomie. Honnêtement, je ne le blâmerais pas ; la répartition n'a jamais été aussi longue. Je meurs de faim. »

Juste au moment où il terminait la phrase, le dernier enfant à répartir s'assit (Annabelle Warren, – Serpentard) et McGonagall dit : « Que le festin commence. »

« Oh, oui ! » sourit Ron, déposant déjà des tonnes d'ailes de poulet dans son assiette.

« C'était étrangement rapide, tu ne penses pas, Harry ? » demanda Hermione.

Harry devait admettre que cela faisait un moment qu'il n'avait pas assisté au festin, mais Dumbledore avait l'habitude de dire quelques mots de plus avant que la nourriture n'apparaisse.

« Peut-être qu'ils le font différemment, maintenant. » dit-il à Hermione, avant qu'un canard rôti n'attire toute son attention.

« — Non, » dit-elle doucement. « Regarde ! »

Elle poussa Harry dans les côtes, qui dut dire au revoir à son canard alors qu'une fille de cinquième année prenait le bol et le passait le long de la table. Il gémit misérablement, son odeur le hantant encore quelques secondes, puis soupirant, il se tourna vers l'endroit où Hermione regardait toujours.

Il réussit à apercevoir le professeur McGonagall en train de disparaître derrière la même porte que Snape.

« Qu'est-ce qui se passe ? » murmura-t-il, mais Hermione n'avait pas la réponse à cela.

Ils regardèrent tous les deux la porte pendant quelques minutes de plus, mais rien ne se passa. Personne d'autre ne se leva pour partir, les autres professeurs restèrent pour profiter du repas, pourtant Harry avait une étrange sensation au creux de l'estomac. Quelque chose n'allait pas. Et s'il y avait une autre attaque ? Et si la lumière bleue scintillante était de retour autour de Snape ?

Il regarda Ron et Hermione alors qu'il demandait : « Devrions-nous… ? » Il n'avait pas à finir la question, ils savaient ce qu'il voulait dire.

Ron secoua la tête.

« Harry, je suis sûr qu'ils peuvent gérer ça tout seuls. »

Dans l'expectative, Harry regarda Hermione, mais elle secoua également la tête.

« Tu ne peux pas juste t'en mêler, Harry. »

Harry roula des yeux vers ses amis, puis retourna à son assiette, prenant du poulet et des pommes de terre. Il prit une bouchée et mâcha, mais il sentit à peine les saveurs, son esprit était tout simplement trop occupé. Retournant les pires des scénarios dans sa tête.

Déterminé, il se leva, mais Ginny lui prit la main.

« Ne pars pas, Harry, » dit-elle doucement. Son ton était étrangement suppliant, comme si Harry repartait à la guerre et n'était pas seulement en train de quitter la Grande Salle.

« Tout ira bien, Gin. » Il sourit et retira sa main.

Elle lui lança un regard étrange, pas vraiment froid, mais ce n'était pas celui d'amour qu'il s'était habitué à voir ces dernières semaines.

« Tout ira bien, » répéta-t-il avec une pointe de rire dans la voix.

Il lui tourna le dos, et juste au moment où il était sur le point de se diriger vers la porte, un chat familier apparut devant lui. Personne ne l'avait remarqué, sauf leur petit groupe, et ils le reconnurent tout de suite.

« Professeur, » murmura Harry en s'accroupissant vers elle. « Qu'est-ce qui se passe ? »

Le chat ne parla pas et ne reprit même pas sa forme humaine puis elle s'enfuit en courant, se précipitant inaperçue sous les tables. Harry savait exactement où regarder pour la voir ensuite.

Comme prévu, elle l'attendait à la petite porte de derrière, derrière la table des professeurs. Harry était prêt à courir après elle, mais Hermione lui attrapa le bras. Avant même qu'il ne puisse lui demander ce qu'elle voulait, elle sortit rapidement sa baguette et lui lança un sortilège de désillusion.

Harry tressaillit lorsqu'il sentit le sort, comme un filet de boue froide, le long de tout son corps.

« Vas-y, Harry, » le pressa Hermione. « Et fais attention. »

Personne ne le vit alors qu'il traversait la Grande Salle et au moment où il arriva à la porte, McGonagall était redevenue humaine et elle annula le sort sur Harry.

« Professeur, que s'est-il passé ? »

Il y avait une petite coupure sur le front de McGonagall et du sang en coulait. Cela effraya Harry quand il le remarqua.

« Votre baguette, M. Potter, » dit-elle avec insistance, sa voix haut perchée comme si elle était légèrement paniquée. « Nous n'avons pas de temps à perdre. »

Harry sortit sa baguette de l'étui et McGonagall ouvrit une porte et le poussa avant même qu'Harry ne puisse dire un mot, ou peut-être demander un peu plus d'informations.

La porte se referma derrière lui et un sort explosa dans le mur à quelques centimètres de son visage.

« Préparez vos charmes de protection les plus avancés ! » Vint l'ordre aboyé de l'autre côté de la pièce.

Harry reconnaîtrait la voix de Snape n'importe où, mais le côté froid et calculateur avait disparu de son ton maintenant. Il était pressé et anxieux et Harry ne perdit pas un instant. Immédiatement, il avait un bouclier en place, vibrant avec une force bleu clair.

« Professeur Snape, qu'est-ce- » Il ne put même pas finir, Snape lui lança un autre sort. La boule de magie enflammée explosa contre son bouclier, l'enveloppant de flammes ardentes pendant un instant. Harry esquiva, roula sur le sol et se cacha derrière une table brûlée. Connaissant la force des sorts de Snape, il ne fit pas seulement confiance à son bouclier de fortune et leva un autre bouclier avec sa baguette.

Cela sembla être une bonne idée, car un instant plus tard, une autre explosion calcina la table, mais son bouclier était resté heureusement intact.

« Que diable se passe-t-il ? » cracha-t-il, enlevant la cendre de ses robes.

Snape se tenait dans un tourbillon de magie bleue, sa baguette, crachant des flammes de l'enfer.

« Professeur ? » demanda Harry, essayant de se rapprocher.

Cela sembla finalement fonctionner et attira l'attention de Snape. Un autre sort vola vers lui et fit exploser son bouclier de part en part. Harry sauta, glissant sur du verre brisé et du bois éclaté, puis se réfugia dans un petit recoin entre les murs.

« Je ne peux pas le contrôler, » cria finalement Snape. La lumière bleue électrique autour de lui s'agitait et pulsait comme si elle voulait éclater. Il semblait à Harry que Snape avait aussi un bouclier autour de lui, presque comme une bulle, mais sa fonction différait de celle d'Harry.

Alors qu'Harry voulait repousser les sorts, Snape semblait vouloir contenir la magie qui sortait de lui.

« Qu'est-ce que c'est ? » cria Harry en retour. Ce devait être un sortilège, pensa-t-il. Wallace avait dû maudire Snape. L'homme ne se souciait pas que le professeur puisse être blessé, ou même n'importe qui d'autre. « Devrais-je demander à Wallace d'annuler le sort ? »

« Ne bougez pas ! » cria Snape en retour. « Attaquez-moi ! »

« Quoi ? » demanda Harry en retour et, dans sa surprise, même son bouclier céda et s'effondra. C'était le pire moment pour Harry de perdre sa concentration, parce qu'un autre sortilège arriva dans sa direction, et il explosa dans le mur près de l'épaule de Harry. L'explosion l'envoya voler à mi-chemin à travers la pièce. Il ressentit une douleur incroyable dans son bras.

« Bouclier ! » ordonna Snape et Harry sentit une pointe de peur dans sa voix.

Harry pouvait à peine voir le visage de Snape à travers toute la poussière, la fumée et la bulle de magie électrique.

« Je vais bien, merci d'avoir demandé, » murmura-t-il en se penchant derrière une autre table à moitié cassée. Il jeta un rapide sort sur son bras ensanglanté, puis conjura un autre bouclier.

« Attaquez ! » Demanda Snape avec urgence, grondant Harry de l'autre côté de la pièce.

Harry fronça les sourcils, prenant quelques inspirations profondes. C'était une chose qu'il ait été jeté dans la pièce et aurait pu littéralement mourir dès la première seconde. Il pouvait pardonner cela, mesures désespérées et tout.

Mais avoir Snape lui crier dessus pour ne pas avoir attaqué un professeur, et en plus ne pas donner une seule raison pour laquelle Harry devait être dans cette pièce à se battre, ce qui semblait être pour sa vie, au lieu d'être dehors en train de manger du canard rôti était quelque chose que Harry trouva exaspérant.

« Je ne peux pas juste vous attaquer, monsieur ! »

« Potter ! » Hurla Snape en retour, furieux. « Bien sûr vous pouvez. Vous l'avez déjà fait, » vint la réponse moqueuse. « Cette fois au moins je le demande ! »

Harry soupira, puis se leva, face à Snape. Il y avait une grimace sur son visage, dont il savait qu'elle ne ferait que rendre Snape encore plus virulent, mais là encore, il doutait que cela puisse empirer.

« Vous le demandez toujours, monsieur, d'habitude vous êtes juste un peu plus subtil, » dit-il avant d'attaquer Snape.

C'était intense. Snape n'avait même pas à se baisser ; la magie électrique prenait en charge la plupart des sortilèges. Il jaillit de la sphère en forme de bouclier et sembla avoir englouti les charmes d'Harry un par un. La baguette de Snape crachait toujours du feu et il fallut quelques instants à Harry pour réaliser que les sorts précédents qui avaient transformé cette pièce en épave ne venaient pas directement de Snape, ou du moins pas intentionnellement. S'il bougeait, sa magie semblait reculer et envoyer une vague de ces boules de feu dans toute la pièce.

Il envoya sort après sort, il envoya tout son arsenal à Snape, mais l'homme ne broncha même pas. Pourtant, il semblait qu'ils accomplissaient quelque chose, car après quelques minutes, Harry remarqua une fissure sur la bulle bleue.

« Vous essayez de le surcharger ! » Cria Harry en s'éloignant de deux boules de magie pure.

« Brillante observation, M. Potter, maintenant s'il vous plaît, taisez-vous et continuez d'attaquer ! » répondit Snape.

Il devait maintenant tenir sa baguette à deux mains, et Harry supposa que c'était la seule issue pour sa magie surchargée.

« Vous rendez les choses trop faciles, professeur, » dit Harry en envoyant deux sorts de désarmement à Snape, mais tous deux furent avalés par la bulle. « Encore quelques mots gentils comme ça et je vais même commencer à apprécier ça. »

L'expression de Snape s'assombrit et une fissure plus grande apparut sur la force semblable à une bulle qui l'entourait. C'était soit à cause des sorts ou plus probablement, Harry rendait Snape de plus en plus en colère à chaque minute. Comment c'était même possible, Harry ne le savait pas, mais il semblait que la haine de Snape pour lui était à peu près aussi intense que sa magie déchaînée.

« Vous feriez mieux de ne pas prendre de points pour cela, monsieur. » Murmura Harry avant de faire monter les tables cassées, les chaises et tous les débris restants dans les airs et de tout envoyer voler sur Snape à la vitesse maximale d'un Attrapeur faisant une feinte de Wronski parfaite. Puis il se baissa derrière son bouclier en attendant le recul d'une attaque aussi brutale.

Il n'eut pas à attendre longtemps. La bulle de magie retenue éclata, et elle se précipita à travers la pièce comme une onde électrique. Cela renversa Harry et fit que les poils sur son bras, du moins ceux qui n'étaient pas coincés dans le sang, se dressèrent tous. L'air semblait chargé d'électricité.

Snape était agenouillé sur le sol, sa peau entière brillait toujours de lumière bleue. Cela le faisait paraître plus pâle que d'habitude, même s'il avait une teinte rose sur les joues alors qu'il haletait à cause de l'effort.

Harry se souleva du sol, le mouvement péniblement dur alors que chaque centimètre de son corps lui faisait mal, et essaya de marcher vers le professeur, mais ensuite Snape leva les yeux, des yeux sombres transperçant Harry à travers ses longs cheveux noirs et il siffla.

« Attaquez. »

Les pas de Harry s'arrêtèrent.

« Je pense que vous en avez assez, professeur, » dit-il doucement.

Snape le regarda, ses lèvres se rétrécissant en un rictus. La lumière bleue pulsait autour de son corps, plus forte à chaque seconde. Harry pouvait sentir l'électricité dans l'air.

« Ai-je l'air d'être fatigué ? » Cracha Snape en s'éloignant du sol, rapide comme un éclair, lançant des sorts à Harry.

La seule chance d'Harry était qu'il l'avait vu venir au moment où les longs doigts de Snape se resserraient sur sa baguette noire. Son bouclier subit la plupart des dégâts, puis il s'éloigna du reste de l'assaut. Il était de nouveau sur pied la seconde suivante, envoyant des sortilèges de désarmement à Snape non verbaux. Il avait appris il y a longtemps qu'il n'avait aucune chance contre Snape s'il continuait à crier les sorts qu'il était sur le point d'utiliser.

C'était presque comme combattre Voldemort, même si Harry savait (espérait) que Snape n'en avait pas après sa vie. Ils esquivèrent et dansèrent loin du sort de l'autre, levèrent des boucliers magiques ou firent flotter des morceaux de table devant eux pour subir les dégâts. Parfois, ils devaient même se mettre à l'abri de leurs propres sorts car certains rebondissaient sur les murs de Poudlard qui étaient imprégnés de magie.

Cela donna une idée à Harry.

« Stupefix ! » cria-t-il, sachant que Snape contrecarrait le sort tout de suite, mais cela lui laissa une seconde pour glisser un sortilège de désarmement au-delà de ses défenses. L'angle était parfait alors que le charme ricochait sur le mur, il heurta le dos de Snape, envoyant sa baguette voler.

Harry l'attrapa en l'air, puis courut vers Snape, qui avait renversé par la force de l'Expelliarmus d'Harry.

« Est-ce que vous allez bien monsieur ? » demanda-t-il en s'agenouillant à côté de l'homme.

« Je vais bien maintenant, M. Potter, merci. » répondit Rogue, respirant lourdement.

La lueur bleue disparut complètement et avec elle, son attitude féroce aussi, semblait-il. Snape avait l'air épuisé alors qu'il s'asseyait.

Harry lui rendit sa baguette, tandis qu'il rendait à la pièce sa forme originelle. Alors que les chaises et les tables se réparaient et que le verre brisé se reformait, Harry tira Snape du sol et le fit asseoir sur une chaise. Il conjura un verre, le remplit d'eau et le pressa dans la main de Snape.

« J'apprécierais grandement, si cela restait entre nous, » commenta l'homme doucement. Son regard évitait Harry qui trouvait cela plutôt dérangeant. Il n'était pas habitué à voir Snape vaincu et il n'avait certainement pas l'impression que c'était ce qui venait de se passer ici.

« Bien sûr monsieur. » Promit-il. « Je vais chercher Madame Pomfresh maintenant, n'est-ce pas ? »

« Ce n'est pas nécessaire, M. Potter. » Snape secoua la tête, mais Harry insista.

« Tout va bien, asseyez-vous et reposez-vous ici. » Dit-il puis se tourna pour partir.

« Pas besoin, » refusa à nouveau Snape, puis il essaya de se lever. « Je vais gérer maintenant. »

Harry le repoussa sur la chaise avec une douceur surprenante étant donné la violence de leur échange récent.

« Je vous ai dit de vous asseoir et de vous reposer, professeur. Ce n'était pas une demande. » Dit-il fermement avant de se tourner pour quitter la pièce.

« M. Potter, » dit doucement Snape, et avec un soupir frustré, Harry se retourna.

Snape tendait la main, et pendant un instant, Harry pensa qu'il avait oublié de rendre sa baguette à l'homme, mais Snape dit alors. « Votre bras. »

Harry regarda son bras ensanglanté, puis, avec hésitation, comme il ne pouvait pas savoir si c'était déjà une bonne idée que Snape fasse de la magie, il dit juste, « Je peux m'en occuper. »

« Je sais. Donnez-moi juste votre bras, Potter. » Il avait l'air apprivoisé, très différent du Snape habituel. C'était probablement juste à cause de la fatigue.

Quand Harry hésita à nouveau, Snape dit un peu plus autoritairement, « Ce n'était pas une demande non plus. »

Avec un soupir, Harry laissa Snape prendre son bras. Au moment où leur peau se toucha, il y a eu un zip électrique entre eux, probablement juste quelques résidus du combat.

Snape guérit la blessure d'Harry et cela ne sembla pas déclencher de surcharge magique. La lueur bleue resta à l'écart, et Harry en fut très reconnaissant.

« Il y a-t-il d'autres blessures dont je devrais être au courant ? » Demanda-t-il et quand Harry secoua la tête, il fut finalement libéré.

« Je vais… euh… je vais chercher Madame Pomfresh alors. » dit Harry en reculant vers la porte.

« Je serai là, » soupira Snape, se penchant en arrière sur la chaise, croisant ses bras sur sa poitrine. « Assis et reposé. »

Il n'avait pas à aller loin, Madame Pomfresh et le professeur McGonagall attendaient devant la porte. Elles poussèrent toutes les deux un soupir de soulagement quand elles le virent sortir, puis McGonagall le tira dans une demi étreinte surprenante, avant qu'elle ne tienne Harry à bout de bras, des mains de faucon saisissant ses épaules et son regard inquiet évaluant de toute urgence chaque centimètre du corps de Harry à la recherche de blessures.

« Est-ce que ça va, Potter ? » » demanda-t-elle, quand elle ne vit aucune blessure.

« Oui, professeur, » lui assura-t-il. « Mais le professeur Snape pourrait avoir besoin d'un coup de main. »

McGonagall regarda au-dessus de sa tête. Snape devait les observer, car elle lui fit un signe de tête comme si elle était d'accord avec quelque chose, avant de se retourner vers Harry.

« Retournez voir vos amis maintenant, Harry, » dit-elle, le laissant enfin partir. « Et ne parlez à personne de ce qui s'est passé ici. »

Alors qu'Harry traversait dans la Grande Salle vide en se précipitant vers la tour Gryffondor, tout ce à quoi il pouvait penser était qu'à présent, avec un peu de chance, McGonagall et Snape savaient qu'il n'y avait aucun moyen qu'il garde cela secret pour Ron et Hermione.

Comme il l'espérait, ses amis l'attendaient dans la Tour. Avant qu'il ne puisse entrer dans la salle commune, Hermione apparut par le trou du portrait avec une assiette de poulet frit, de canard rôti et de purée de pommes de terre. Ron était juste derrière elle, portant une bouteille de jus de citrouille et un plateau de pudding, bien que la pile de gâteaux, biscuits et desserts devenait de plus en plus petite.

Au loin, tout au fond de la salle commune, Ginny était assise près du feu avec Neville. Elle regarda dans leur direction, et vit Hermione et Ron en sortir, mais ne bougea pas pour les rejoindre. Une partie d'Harry se sentit blessée, se demandant si elle ne se souciait pas du tout qu'il aille bien ou pas. Une autre partie, cependant, était reconnaissante, car si elle s'était jointe à eux, il n'aurait pas pu dire un mot. Ce n'était pas qu'Harry ne lui faisait pas confiance, simplement, il sentait que révéler quelque chose à Ron et Hermione ne rompait pas sa promesse mais le dire à Ginny le ferait.

Il hocha la tête vers elle, puis suivit Hermione.

« Par ici, » dit Hermione, conduisant le trio vers une salle de classe vide, où ils ne seraient pas entendus.

Une fois qu'ils furent assis et qu'Harry eut pris une bouchée du canard pour calmer son estomac qui grondait, il leur raconta tout à partir du moment où il était entré dans la pièce et avait vu Snape.

Au moment où il termina son histoire, toutes les assiettes étaient vides. Ron avait un peu aidé dans cette tâche.

« Je ne sais pas ce qui ne va pas avec lui, » dit Harry, probablement pour la millionième fois. « Mais c'était effrayant. »

« Je parie que c'était le cas, » frissonna Ron. « Être dans la même pièce que Snape est assez effrayant, mais être la cible de sa baguette… »

« Je n'ai jamais entendu parler de quelque chose comme ça… » commenta Hermione en réfléchissant.

Harry était certain qu'elle préparait déjà un voyage à la bibliothèque.

« Je suis curieux de savoir quelle excuse Snape va donner. » dit Ron en se levant et en s'étirant. Il bâilla et Harry aussi. « Si ce Wallace l'a vraiment maudit, je ne sais pas ce qu'il fout encore ici. »

« Snape n'aurait jamais dû le laisser enseigner ici, » grogna Harry.

« Je suppose que nous découvrirons demain ce qui s'est passé, » dit Hermione, agitant sa baguette et renvoyant les assiettes sales et les verres vides dans les cuisines.

« Ouais… Allons au lit, » acquiesça Harry, ravalant un autre bâillement. « Oh, ont-ils dit quelque chose d'important après la Fête ? » demanda Harry.

« Oh ouais, » sourit Ron. « La forêt interdite est interdite à tous ceux qui ne souhaitent pas mourir d'une mort horrible. L'aurais-tu deviné ? »

En riant, ils retournèrent dans la salle commune vide. Harry voulait dire bonne nuit à Ginny, mais elle n'était pas là. Hermione proposa d'aller l'appeler, mais Harry secoua la tête. Il était trop fatigué, ses muscles lui faisaient mal à cause de tous les sauts et roulades intenses.

Pourtant, quand il alla finalement se coucher et qu'il fut allongé dans leur dortoir à écouter les ronflements de ses camarades de classe, le sommeil lui a échappa pendant des heures. La seule chose qui le calma était qu'il aurait des réponses le lendemain.

OoOoO

Le lendemain matin, Harry se réveilla plein d'énergie. Il était anxieux mais excité de découvrir ce qui se passait et si Snape allait bien. Il pensa aller voir le professeur à l'infirmerie et se moqua presque de lui-même, se rappelant le début de l'été quand c'était ainsi que commençaient toutes ses matinées. Puis il réalisa que Snape semblait aller bien après le combat, même s'il était épuisé, alors il était probablement autorisé à dormir dans sa propre chambre.

Alors à la place, il attendit Ginny, se sentant un peu coupable de l'avoir laissée seule la nuit dernière, et ils descendirent pour prendre le petit déjeuner ensemble. Elle ne posa pas de questions sur l'incident, et Harry en fut très reconnaissant. Elle ne semblait même pas en colère contre lui. C'était comme si elle comprenait qu'Harry ne pouvait pas en parler.

Quand ils entrèrent dans la Grande Salle, les yeux d'Harry cherchèrent immédiatement Snape mais l'homme n'était pas présent. Sa chaise à haut dossier entre le professeur McGonagall et le professeur Chourave était vide et l'estomac d'Harry fit un petit tressaillement contrarié. Se pourrait-il que Snape se soit retrouvé à l'infirmerie ?

Harry pouvait à peine manger, mais pour rassurer Ginny, il mâcha un toast beurré. Hermione et Ron les rejoignirent peu de temps après, Ron remplissant son assiette de pancakes, tandis qu'Hermione et Ginny commençaient déjà à parler des leçons.

Harry regarda McGonagall avec impatience. Bientôt elle se lèverait et viendrait lui parler, n'est-ce pas ? Elle termina son petit-déjeuner, discuta avec Vector puis Hagrid. Pendant qu'ils parlaient, Hagrid regarda Harry, qui avait le sentiment distinct qu'il était le sujet du matin.

Quand Hagrid remarqua qu'Harry les regardait, il fit un signe de la main, son sourire couvert par sa barbe, mais ses yeux noirs de scarabée brillaient. Harry lui rendit son sourire, puis McGonagall regarda aussi dans sa direction. Elle ramassa quelques papiers sur la table et commença finalement à marcher vers Harry.

Harry sauta de son siège et s'avança vers elle.

« Bonjour professeur. »

« Bonjour, M. Potter. » Elle sourit les lèvres serrées. Elle lui tendit quelques papiers et Harry baissa les yeux plein d'espoir, mais ce n'était que les horaires. Le sien était au-dessus, puis celui de Ginny et Hermione, puis celui de Ron puis quelques autres personnes dans leur dortoir.

« Kingsley a essayé de vous exempter de Défense contre les forces du mal, mais nous voulons spécifiquement que vous assistiez à ce cours. Vos connaissances pratiques sont peut-être très avancées, mais vos connaissances théoriques sont en retard. » Expliqua-t-elle.

« Oui, je l'ai dit à Kingsley. » acquiesça Harry.

« J'ai parlé au professeur Wallace et il est prêt à vous dispenser des leçons impliquant des sorts que vous connaissez déjà, cependant, il dit que cela ne le dérangerait pas de vous donner des cours supplémentaires, si vous étiez prêt à l'aider en retour. D'après ce que j'ai entendu dire, ce ne serait pas la première fois que vous enseignez. »

« Attendez, le professeur Wallace veut que je l'assiste pendant ses cours ? »

« Il serait avantageux pour les classes d'avoir plus d'un professeur pour les aider à exécuter un sort. Vous n'auriez pas besoin d'assister pendant les parties académiques, à moins que cela ne vous intéresse. Mais il faudrait que vous en parliez avec lui, j'en ai peur. » Elle baissa les yeux sur les feuillets qu'elle tenait toujours, puis ajouta : « Vous pouvez lui parler demain après votre premier cours, ou si vous ne pouvez pas attendre, rendez-lui visite dans sa classe après le déjeuner aujourd'hui. Il aura alors du temps libre. »

« Oh… » fut tout ce qu'Harry put dire.

« Pourriez-vous distribuer les horaires à vos camarades ? » dit-elle en hochant la tête vers les papiers dans la main d'Harry, puis elle se dirigea vers un groupe de Gryffondors de première année sans attendre de réponse.

« Professeur ? » Harry l'appela, confus.

« Oui, M. Potter ? »

Harry se rapprocha et baissa la voix. « N'allons-nous pas parler du professeur Snape ?

Elle renifla, ses lèvres se serrant. « Il n'y a rien à dire, Harry. »

« Où est-il ? Est-il malade ? » demanda Harry.

« Malade ? Certainement pas. »

« Pourquoi n'est-il pas… » Harry regarda vers la table des professeurs, désespéré et se demandant s'il avait juste raté Snape pendant la première demi-heure.

Le professeur suivit son regard, puis dit : « Le directeur est très occupé, M. Potter. Il a déjà pris son petit déjeuner. » Puis elle s'éloigna, comme si la discussion était close.

Harry n'eut aucune explication ce jour-là, ni même cette semaine-là. En fait, il ne reçut aucune explication concernant l'incident pendant un mois et à ce moment-là, avec toutes les leçons et devoirs, il avait presque oublié qu'il y avait eu un incident avec Snape.

Il regardait Snape pendant le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner. Il le regardait lorsqu'ils se rencontraient dans les couloirs, mais il n'y avait aucune lumière bleue autour de Snape, aucune électricité lourde dans l'air lorsqu'il apparaissait. Snape était son lui habituel, morose et strict, effrayant les premières et deuxièmes années chaque fois qu'il parcourait les couloirs.

Puis lors d'une soirée tranquille, la première semaine d'octobre, alors qu'Harry était assis sur le tapis moelleux de la salle commune, sa tête appuyée contre le genou de Ginny, un Patronus apparut. Il n'y avait qu'une poignée de personnes autour, la plupart à moitié endormies sur leurs livres et aucun d'entre eux ne remarqua le Patronus en forme de biche.

Ginny leva les yeux, même elle ne savait pas de qui il provenait. Harry le reconnu instantanément bien sûr. Il le reconnaîtrait n'importe où, comme son propre cerf.

La biche ouvrit la bouche et une voix grave dit : « Viens avec moi. »

A suivre


A bientôt pour la suite

Bises

Gaeill