Note de la traductrice:
Coucou tout le monde,
Voici le chapitre suivant j'espère que la suite vous plaira.
Bonne lecture !
Chapitre 5 : Forces égales
Il était près de minuit et les couloirs étaient calmes et vides. La lumière vive de la biche éclairait le chemin, donc Harry n'avait même pas besoin de sa baguette ou même des torches sur le mur. Elle se déplaçait silencieusement sur le sol en pierre, mais les pieds d'Harry faisaient un grand bruit à chaque fois qu'il touchait le sol froid. Il avait peur d'attirer l'attention sur lui, même s'il espérait que seuls les professeurs ou, peut-être, Rusard et Mme Norris arpenteraient les couloirs si tard et sûrement, ils le laisseraient partir, s'ils voyaient son escorte.
Ils n'allaient pas vers le bureau du directeur, et Harry devint inquiet. Où la biche de Snape le menait-elle ? Ils montèrent les escaliers et tournèrent dans un couloir jusqu'à ce qu'Harry ne puisse même plus dire où il était dans le noir.
Puis, soudainement, la biche disparut, apportant une obscurité profonde dans le couloir. Tirant sa baguette, Harry lança Lumos, puis regarda autour de lui.
Les peintures grimacèrent à la lumière de sa baguette, mais une jeune fille en robe bleue s'approcha de son cadre. Harry se dirigea vers le tableau pour l'inspecter.
La jeune fille avait dû être une riche sorcière il y a longtemps. Elle avait un joli collier autour de son cou, et alors qu'elle regardait Harry, elle sourit. Elle était très belle avec sa peau blanche et ses cheveux blonds. Elle regarda sur le côté, puis fit un clin d'œil à Harry.
Harry se tourna pour voir ce qui était là et remarqua une porte. C'était presque invisible, surtout dans le noir et il l'aurait raté, sans la jeune fille. Il s'y rendit, prit une profonde inspiration et l'ouvrit.
Il faisait sombre à l'intérieur, seules quelques torches étaient allumées.
Le point le plus brillant était, comme Harry s'y attendait, Snape. La lumière bleue scintillante était partout sur son corps, brillant de plus en plus sur la peau nue, alors qu'elle semblait légèrement tamisée là où Snape était couvert de vêtements.
Sans qu'on le lui demande, Harry pointa sa baguette sur lui.
« Encore ? » demanda Harry.
« Attaquez, » dit Snape, résigné.
Quand il était enfant et qu'il vivait avec les Dursley, parfois quand ses proches étaient absents, Harry pouvait regarder tout ce qu'il voulait à la télé. Une fois, il avait trouvé une chaîne sportive où il a vu deux hommes faire de l'escrime. Le souvenir lui revint vivement à l'esprit, alors qu'il faisait claquer sa baguette ou la pointait sur Snape, ne pensant qu'aux sorts qu'il utilisait.
Feinte – parade – riposte – c'était aussi simple que cela. Sauf que ce n'était pas le cas. Les attaques de Snape semblaient avoir été chargées d'électricité. Leurs forces étaient plus grandes que ce à quoi Harry était habitué. Même un simple Stupefix qu'il venait de bloquer avec un Charme de Bouclier le fit reculer de quelques mètres.
« Vous dormez, Potter ? » lui aboya Snape avec colère, lorsqu'un de ses sorts passa à côté de la tête d'Harry à quelques centimètres seulement, lui brûlant les cheveux.
« Eh bien, ouais, je préférerais être au lit, monsieur, » admit Harry en se penchant derrière un bureau, jetant plusieurs sorts à partir de là aveuglément. Il avait déjà quelques coupures sur sa main, principalement sur sa paume alors qu'il détournait la magie de Snape en se penchant vers le sol qui était couvert de débris.
Cela ne prit pas aussi longtemps que la dernière fois cette fois. Étant donné qu'il n'avait pas besoin de percer la bulle bleue. Snape devait en fait repousser tous ses sorts puis riposter. Peu à peu, la force de ses sorts diminua et bientôt Harry commença presque à apprécier le combat. Puis ce fut fini.
L'Impedimenta qu'Harry lança brisa la force de Snape et le frappa en plein dans la poitrine. Il s'écrasa contre le mur avec un bruit fort puis tomba au sol, immobile, ce qui effraya Harry. Il courut jusqu'à l'homme mais au moment où il atteignit Snape, l'homme était déjà penché sur ses coudes. Il grognait, respirait profondément. Ses yeux étaient fermés, sa tête penchée en arrière comme si la soulever du sol lui donnait le vertige.
Harry s'agenouilla et essaya d'aider Snape à s'asseoir en plaçant une main sur son bras et une autre à l'arrière de sa tête.
Les cheveux de Snape s'accumulèrent dans sa paume alors qu'il essayait de lever la tête. C'était étonnamment doux, comme des plumes.
« Ça va, monsieur ? » demanda Harry alors qu'il tirait doucement Snape vers le haut, le faisant s'appuyer contre le mur.
« Je vais bien, Potter. » grogna Snape, puis finalement ses yeux noirs sans fin s'ouvrirent et il s'éloigna du contact d'Harry. Il se leva, s'appuya un instant contre le mur, puis chercha une chaise pour s'asseoir.
Les dégâts n'étaient pas aussi grave cette fois, mais la salle de classe vide et inutilisée pourrait certainement bénéficier d'une rénovation. Snape leva sa baguette et Harry allait lui dire de ne rien faire, craignant que la lumière bleue scintillante ne revienne, mais au moment où il ouvrit la bouche, la pièce commença à se ranger et deux chaises apparurent.
Snape s'effondra sur l'une d'elles, posant ses coudes sur ses genoux. Il fixa le sol et Harry soupçonna qu'il était temps qu'il laisse l'homme seul.
Au lieu de cela cependant, il tourna l'autre chaise et la chevaucha.
Il attendit patiemment. Il savait qu'il ne partirait pas jusqu'à ce qu'il obtienne des réponses et il était dehors après le couvre-feu avec une permission, donc ce n'était pas comme s'il devait se dépêcher pour une raison quelconque.
Au bout d'un moment, lorsque la respiration de Snape redevint normale, il leva la tête et regarda Harry. Son regard avait toujours l'effet qui faisait penser à Harry qu'il avait raté une ligne en préparant une potion, rendant son travail sans valeur.
« Pourquoi diable êtes-vous toujours là, Potter ? »
« Ah, je ne sais pas. N'obtenez-vous pas un prix ou quelque chose lorsque vous gagnez un duel ? » demanda-t-il légèrement. « Ou vous savez, peut-être que j'attends que vous me disiez enfin ce qui se passe. »
Snape le fixa, et Harry se prépara presque pour un autre combat, mais ensuite Snape prit une profonde inspiration pour se calmer.
« Partez, M. Potter. » dit-il alors d'une voix qui ne semblait que légèrement irritée.
Harry prit cela comme un bon signe. Ses dernières paroles auraient dû lui valoir une année entière de retenue, mais pas ce soir, semblait-il.
« Professeur, » commença-t-il, faisant très attention à ce qu'il disait. « Je suis d'accord pour faire ça, mais ce serait bien de savoir pourquoi vous m'utilisez comme sac de boxe. »
Snape le regarda comme si Harry venait de le gifler. Apparemment, ce n'était pas la meilleure chose à dire.
« Etes-vous blessé ? » demanda le professeur avec insistance.
« Quoi ? Non ! » répondit Harry. « Ce n'est rien. » Dit-il en montrant sa paume à Snape pendant seulement une seconde. Ce n'était vraiment rien. A côté de toutes les marques de brûlures et autres cicatrices qui couvraient son corps, quelques coupures et ecchymoses n'étaient vraiment rien. Même s'il saignait un peu.
« Donnez-moi votre main », ordonna Snape.
Harry s'y attendait presque. Il était peut-être utilisé comme punching-ball, mais Snape s'assurerait qu'il ne soit pas blessé, c'était une évidence. C'était gentil de sa part, pensa Harry. C'était aussi quelque chose qu'Harry pouvait utiliser contre lui.
Alors il éloigna sa chaise de Snape, juste pour qu'il soit hors de sa portée.
« Pas tant que vous ne m'aurez pas dit ce qui se passe. »
Les yeux écarquillés, l'air honnêtement abasourdi, Snape le fixa un instant. Puis il se leva, bien plus vite qu'Harry ne s'y attendait étant donné à quel point il était épuisé il y a un instant. Il réussit à attraper la main d'Harry. Il eut une lueur triomphante dans ses yeux pendant une seconde, mais, alors que leur peau se touchait, il y eut une autre étincelle de magie entre eux, et Harry retira immédiatement sa main.
« Aïe ! », siffla-t-il en levant un peu la main. Pendant un instant, il eut presque l'impression qu'il était brûlé, puis plus rien. Il n'y avait aucun signe d'ampoule et même ses ecchymoses et coupures précédentes avaient disparu.
La baguette de Snape claqua sur le sol. « Je... je suis désolé. » Dit-il, et le ton de sa voix incita Harry à se retourner vers lui.
Snape avait peur, et pire encore, il y avait à nouveau un miroitement bleu autour de lui. Cela effraya Harry aussi.
« Hé, hé, tout va bien », assura-t-il à l'homme. « Vous ne m'avez pas fait de mal. C'était juste inattendu. »
Il tendit la main à Snape pour qu'il l'inspecte. « Vous voyez, vous m'avez guéri. C'était juste un peu plus… intense que ce à quoi je m'attendais. »
Alors que Snape reprenait sa main et l'examinait à la lumière de la torche pour n'y voir aucune blessure, la lumière bleue disparut à nouveau autour de son corps.
Harry fut libéré de la prise de doigts froids, mais Snape ne se rassit pas.
« Est-ce que cela n'arrive que lorsque vous avez peur ? » demanda prudemment Harry.
« C'est comme de la magie accidentelle. » Snape répondit calmement. « Quand mes émotions sont fortes, je n'arrive pas à la contrôler. »
« Oh, cela n'arrive sûrement jamais. Monsieur, vous êtes la personne la plus patiente et la plus calme que je connaisse. » Taquina Harry.
Snape renifla et donna une légère tape à l'arrière de la tête d'Harry, qui se contenta de rire doucement.
« Allez-vous coucher maintenant, Potter. Vous aurez des décisions importantes à prendre demain. »
Harry se leva mais ne partit pas. Il regarda Snape qui tournait le dos à Harry, les bras croisés sur sa poitrine.
« Professeur Snape, je- »
« Je ne vous entends pas vous éloigner, Potter. »
« Monsieur, je viens- »
« Cinq points en moins pour Gryffondor, Potter. » dit calmement Snape. « Si vous ne commencez pas à marcher, ce sera dix. »
« Quoi ? » Harry grogna d'indignation. « Vous devriez me donner des points, pas les prendre ! »
« Et nous en sommes à dix points, » commenta Snape en faisant face à Harry. Il y avait un sourire suffisant sur son visage et bien que la situation ait rendu Harry furieux, il était heureux de revoir son ancien professeur. « Je me demande si vous faites gagner des points à votre maison, M. Potter, ou si vous leur faite seulement perdre. »
Bouche bée, il fit finalement un pas en arrière, puis un autre.
Il était déjà devant la porte, quand il s'arrêta de nouveau et regarda en arrière. Snape haussa un sourcil et dit d'un ton menaçant : « Voudriez-vous que quinze autres points soient ôtés à Gryffondor ? »
« Sûrement pas. » dit rapidement Harry avec un sourire. « Mais si vous avez besoin d'un sac de boxe, vous savez où me trouver. »
Puis il quitta la pièce.
OoOoO
Le lendemain matin, juste après leur leçon de Défense Contre les Forces du Mal, Harry comprit ce que Snape voulait dire quand il parlait de décisions importantes.
« M. Potter, ça vous dérangerait de rester un moment ? » demanda le professeur Wallace une fois la leçon terminée.
À la plus grande déception d'Harry, Wallace n'était pas l'horrible professeur qu'il attendait qu'il soit. Il était assez strict et donnait presque autant de devoirs que McGonagall, mais c'était compréhensible, étant donné que son sujet était l'un des plus importants. Mais ils n'apprenaient pas seulement les sorts, ils les pratiquaient régulièrement, et pour autant que Harry l'entende, Wallace était parfaitement heureux de donner des leçons supplémentaires à tous ceux qui sentaient qu'ils avaient besoin de plus de pratique. Il était drôle, et Harry s'amusait pendant les cours, ce qui ne lui était pratiquement pas arrivé depuis que Lupin avait été professeur à Poudlard.
Wallace avait passé le premier mois du semestre à amener tout le monde au même niveau. Étant donné le genre de professeurs qu'ils avaient eu précédemment, il s'était assuré que tout le monde était au niveau qu'ils étaient censés être, avant de continuer avec les sorts les plus avancés. Lancer un sort de manière non verbale semblait toujours être un problème pour certains élèves, mais à part ça, Harry était surpris de la performance des autres, étant donné que ce n'était pas la Défense qu'ils avaient étudiée l'année dernière, mais juste la Magie Noire.
Le professeur Wallace attendit que tout le monde sorte de sa salle de classe avant de faire un léger sourire à Harry et de dire : « Alors, M. Potter, vous souvenez-vous de notre conversation de la première semaine d'école ? »
Harry hocha la tête. Il avait été voir Wallace après leur première leçon ensemble, mais ils n'étaient d'accord pour parler des choses que lorsqu'elles devenaient plus pertinentes. Il semblait que le moment était venu.
« Très bien », poursuivit Wallace. « La prochaine leçon sera entièrement consacrée au lancer de sorts non-verbaux. Nous passerons en revue tous les sorts que vous avez appris au cours des six dernières années ; le casting non verbal sera autorisé uniquement. »
Tout en parlant, il s'appuya contre son bureau. Les manches de sa chemise blanche étaient retroussées, mais son tatouage était à peine visible sur sa peau plus foncée. Ses dreadlocks étaient ramenées en un chignon sur le dessus de sa tête. Il avait un air désinvolte et Harry ne pouvait soudainement pas dire comment cet homme pouvait être le même que celui qui se disputait avec Snape à l'infirmerie.
« Dites-moi, M. Potter, pourquoi Miss Holloway a-t-elle un problème avec les sorts non verbaux ? » demanda Wallace.
Le premier instinct d'Harry était de dire « comment diable suis-je censé le savoir », mais ensuite il réalisa qu'il avait en fait remarqué pourquoi.
« Parce qu'elle prête trop d'attention à son mouvement de baguette. Elle essaie continuellement de le faire aussi parfaitement que vous. »
« Comment la corrigeriez-vous ? »
« Vous ne pouvez pas juste lui dire de ne pas trop se soucier de sa baguette, n'est-ce pas ? » demanda Harry.
Wallace rit : « Non, j'ai peur, que ce ne soit pas le cas. »
Harry réfléchit un moment, puis dit : « Je lui demanderais de fermer les yeux. Si elle ne peut pas le voir, elle ne se souciera pas que le mouvement ne soit pas une copie parfaite de ce que vous ou quelqu'un d'autre faites. »
« Qu'est-ce qui vous fait penser que le sort fonctionnerait toujours ? »
« C'est le cas pour moi, » dit simplement Harry.
« C'est facile pour vous, vous êtes un sorcier exceptionnel, M. Potter. » Wallace dit nonchalamment. Cela fit encore légèrement rougir Harry. « Mais le point fort de Miss Holloway, ce sont les potions. »
Cela fit rire Harry. Lorsque Wallace haussa un sourcil interrogateur, et Harry dit : « Cela explique pourquoi elle essaie de vous copier. Les potions vous obligent à tout faire à la ligne. C'est pourquoi j'étais nul. » La phrase lui échappa avant qu'il ne puisse s'arrêter, mais Wallace ne fut pas dérangé par son langage.
Il y avait même un petit sourire au coin de ses lèvres, alors qu'il demandait : « Et ? »
« Et la Défense n'est pas comme ça. Vous pouvez lancer un sort à partir d'un livre, l'exécuter parfaitement, mais s'il n'y a aucune intention derrière, rien ne se passera. Comme avec le Cruciatus – vous devez vraiment le vouloir. »
Wallace considéra Harry pendant un moment, puis lui sourit finalement.
« Ce n'est pas seulement la gloire après tout. Vous avez une compréhension plus profonde, même si c'est encore principalement instinctif. »
Cela surprit Harry que Wallace doute de lui, mais il se sentit légèrement fier de pouvoir prouver sa valeur à l'homme.
« Je vous propose un marché, M. Potter. » dit Wallace. « Vous pouvez rester à l'écart du prochain cours, car vous m'avez prouvé maintes et maintes fois que vous connaissez également les sorts et les incantations non verbales. Mais, si vous vous présentez ce vendredi, je vous laisse m'assister pendant la leçon. Si, à la fin de la leçon, Miss Holloway peut lancer un Bombarda de manière non verbale, vous gagnez vingt-cinq points pour votre Maison. »
Harry s'autorisa aussi un sourire. « Merci Monsieur. »
« Je n'ai pas fini, » dit Wallace avant qu'Harry ne se tourne pour partir. « Si vous réussissez, cela ne me dérangerait pas de vous avoir comme assistant permanent. Le professeur Snape m'a dit que vous aspiriez à devenir Auror. »
« Oui Monsieur. » Harry hocha la tête.
« Si vous le souhaitez, je pourrais vous donner du matériel supplémentaire à étudier qui vous aiderait à m'assister pendant les cours, et ils seraient également utiles pour votre formation chez les Aurors. Je sais parfaitement combien d'énergie vos ASPIC demandent, et je promets de ne pas vous surcharger. »
« Si cela ne vous dérange pas que je demande, pourquoi feriez-vous cela, monsieur ? »
« Vous êtes un jeune homme brillant, Harry. Vous avez un immense potentiel en vous. En tant qu'enseignant, ma tâche est d'améliorer non seulement ceux qui ne peuvent pas lancer un sort non verbalement, mais aussi d'offrir un défi à ceux qui ont vaincu un Seigneur des Ténèbres. »
Harry étudia le professeur Wallace avec méfiance. Il ne voulait pas aimer l'homme, mais il semblait faire tout pour changer l'opinion initiale d'Harry sur lui.
« Je sais que je me suis montré un peu hostile plus tôt cet été, » dit alors soudainement Wallace et Harry voulut le réfuter, mais Wallace ne le laissa pas faire. « Ne vous inquiétez pas. Notre opinion n'est peut-être pas la même sur certains sujets, mais laissez-moi vous dire la même chose que le professeur Snape m'a dite. Ne laissez pas vos émotions personnelles vous empêcher d'aider les autres - ou dans ce cas, même de vous aider vous-même - à s'améliorer. »
Harry se tenait là devant Wallace. Il ne pensait pas à l'offre du professeur, mais à ce qui avait poussé un homme apparemment décent comme lui à attaquer une personne malade sans baguette, même si cette personne avait la Marque des Ténèbres sur elle.
« Je ne vous aime peut-être pas encore, monsieur, » dit honnêtement Harry, en regardant les yeux bruns profonds et gentils. « Mais je serais heureux d'apprendre de quelqu'un comme vous. »
Wallace rit puis tapa dans ses mains. « Plaisir partagé, M. Potter. »
OoOoO
Le même soir, alors qu'Harry faisait ses devoirs de métamorphose, un hibou apparut à la fenêtre de la salle commune. Une fille de première année cria, effrayée par le coup fort du hibou sur la vitre, mais laissa ensuite entrer l'oiseau. Il vola directement vers Harry, laissa tomber une lettre sur ses genoux, puis partit aussi vite qu'il était venu.
Harry retourna la lettre dans sa main, mais il n'y avait aucun nom dessus, pas même le sien.
Hermione l'examina aussi, puis haussa les épaules et dit : « Ouvre-la. »
Juste pour être sûr, Harry sortit sa baguette, puis brisa le sceau et ouvrit l'enveloppe. Il y avait un petit morceau de parchemin à l'intérieur. C'était court et précis.
Venez dans mon bureau.
Il n'y avait même pas de signature, pas que Snape en ait besoin, Harry reconnaîtrait ses petites lettres n'importe où. Il les avait suffisamment étudiés en sixième année.
Comme il n'y avait pas d'heure exacte mentionnée dans la lettre, il supposa que cela signifiait maintenant. Alors il se mit à ranger toutes ses affaires, embrassa Ginny, au cas où il s'agirait d'une autre bataille avec Snape et qu'il reviendrait tard, puis se dirigea vers le bureau du directeur.
Le couvre-feu n'avait pas encore commencé, mais il ne rencontra pas beaucoup d'étudiants. Une fois devant la statue, il réalisa qu'il ne connaissait pas le mot de passe.
« Dumbledore ? » Essaya-t-il, espérant qu'il n'est pas été changé depuis.
À sa grande surprise, la gargouille s'anima et s'écarta, mais il s'avéra que c'était le professeur McGonagall qui sortait du bureau du directeur.
« Oh, Potter, vous êtes là. Bien, il vous attend. »
Sur ce, elle escorta Harry jusqu'au bureau de Snape.
Il n'y avait pas eu beaucoup de changement ici depuis l'époque de Dumbledore, peut-être que plus de livres occupaient les étagères et moins de bibelots dans la pièce. Snape était assis derrière le grand bureau en train d'écrire une lettre, mais quand il remarqua Harry et le professeur McGonagall, il replaça sa plume dans l'encrier et se pencha en arrière.
« Bonsoir, » dit Harry avec hésitation.
Il avait l'impression d'avoir fait quelque chose de mal, mais pour autant qu'il s'en souvienne, il était plutôt sage ces jours-ci. À moins qu'il ne s'agisse de l'offre de Wallace. Se pourrait-il que Snape n'apprécie pas l'idée qu'Harry aide le professeur de Défense ? L'homme savait sûrement que cela ne signifiait pas qu'il se rangeait du côté de Wallace concernant ses opinions sur les ex-Mangemorts.
Prudemment, Harry regarda Snape, puis McGonagall.
« Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? » Demanda-t-il calmement à sa directrice de maison.
McGonagall leva les yeux au ciel, puis dit, « Je vous laisse faire, Severus. Et rappelez-vous, quoi qu'il arrive, restez calme. Certains de ces bibelots sont vraiment anciens, pour ne pas dire chers. »
Harry éclata presque de rire, parce que ce petit coup semblait mettre Snape plus en colère que la présence d'Harry.
« Asseyez-vous, M. Potter, » dit Snape, tandis que McGonagall les quittait.
« Est-ce à propos de l'offre du professeur Wallace ? » demanda Harry de manière préventive.
Snape fronça les sourcils.
« Absolument pas. Ce que vous faites pendant votre temps libre ne me concerne pas. À condition, bien sûr, que ce soit dans les règles de l'école. »
« Mais vous n'approuvez pas ? » Insista Harry. Pourquoi c'était important, il n'en était pas certain.
« Ce que je n'approuve pas, ce sont des élèves trop confiants en dehors de leur classe, M. Potter. » dit Snape et soudainement Harry eut le soupçon que l'idée d'assister les cours de Défense n'était pas entièrement l'idée de Wallace. « Mais ce n'est pas pour ça que je vous ai demandé de venir ici ce soir, » dit Snape en soupirant. « Un verre ? »
« Quoi ? »
« Voudriez-vous boire un verre ? »
« Vous me demandez de prendre un verre, ici ? »
« Non, mais j'ai besoin d'un verre et le professeur Dumbledore a toujours eu la gentillesse de me rappeler qu'il n'est pas poli de boire seul quand on a de la compagnie. »
Harry leva les yeux vers ledit sorcier qui ronflait doucement dans son portrait, bien que le coin de ses lèvres soient relevées comme s'il faisait un rêve agréable.
« Euh, bien sûr. Du thé s'il vous plaît. » dit Harry finalement.
Snape roula des yeux.
« Je veux dire du whisky, du vin ou autre, Potter. »
« Oh, » dit Harry. « Du whisky, alors. »
C'était quelque chose de nouveau et d'inattendu, et cela fit penser à Harry que ce dont Snape voulait parler devait être soit très inconfortable pour lui, soit très important. Ou les deux.
Snape se leva et versa du whisky dans deux verres en en donnant un à Harry. Ses doigts étaient encore très froids comme après un duel et Harry se demanda si cela signifiait qu'il pouvait s'attendre à ce que la lumière bleue apparaisse à tout moment.
« De quoi s'agit-il, monsieur ? » demanda-t-il en prenant une gorgée. Cela lui brûla la gorge comme l'enfer, mais ce ne fut pas aussi désagréable que dans son souvenir.
Snape s'assit, avala son whisky d'un seul coup puis laissa échapper : « J'ai besoin de votre aide. »
Compte tenu de leur passé, ou plus probablement du passé de Snape avec James Potter, Harry comprenait pourquoi il était difficile pour Snape de dire cela. D'un autre côté, cependant, Snape lui avait sauvé la vie de nombreuses fois, et Harry avait passé des heures à faire la lecture à son corps inconscient pendant l'été. Le fait qu'après tout ça, Snape ait encore envie de se trahir lui-même et tout ce en quoi il croyait juste en disant cette phrase, rendait Harry très ennuyé.
Harry se sentit en colère et déçu, mais il dit seulement : « Très bien, continuez. »
« C'est tout ? »
« Quoi ? » demanda Harry en retour, laissant apparaître son agacement. « Est-ce que vous vous attendiez à ce que je jubile et que je me moque ou autre ? »
« Oh oui, j'ai momentanément oublié quel homme adulte vous êtes maintenant. » Répondit Snape sans trace de sérieux dans sa voix.
« Amusant, n'est-ce pas ? Qui penserait qu'une guerre et tuer des gens étaient une promenade de santé. » dit sèchement Harry.
Dans le silence assourdissant, il but une autre gorgée. Après quelques secondes gênantes, Snape s'excusa finalement.
« Je suis désolé, » dit-il et à la plus grande surprise d'Harry, cela sonnait réellement authentique. « C'est exactement pourquoi je crois que vous ne pourriez pas m'aider. »
« Avec cette chose bleue autour de vous. » Appuya Harry.
« Cette chose bleue est ma magie, M. Potter. Elle est devenue instable. »
« Pourquoi ? »
« Nous ne pouvons que soupçonner pourquoi. Quand j'ai restauré la magie du château, cela a vidé mes pouvoirs. Lorsque nous avons été attaqués, cela a encore empiré les choses. Il semble qu'après que je sois devenu inconscient, Poudlard ait puisé dans ma magie pour s'aider davantage à se guérir. C'est la raison pour laquelle il m'a fallu plus d'un mois pour me réveiller. Cependant, depuis que je suis revenu, j'ai l'impression d'avoir plus de pouvoir qu'avant. Plus de puissance que je ne saurais contrôler. C'est ce dont vous avez été témoin. »
Snape leva sa main poing en l'air puis l'ouvrit. Sur sa paume était posé un globe turquoise de magie, vibrant comme de l'électricité.
« Il semble, M. Potter, qu'une fois guéri, Poudlard m'a rendu plus que ce qui a été pris. »
Snape sembla pensif pendant un moment, puis il ferma sa paume et la sphère disparut. Les yeux d'Harry s'écarquillèrent. Il se souvenait parfaitement qu'une boule comme celle-là était capable sans effort de percer un trou dans un mur, pourtant Snape gérait l'immense quantité d'énergie comme si ce n'était rien.
« Ce que vous avez vu le 1er septembre a été le pire incident à ce jour. Je peux le réprimer pendant un certain temps, mais si ma magie n'est pas contestée d'une manière ou d'une autre, elle se transforme en cette bulle de force dévastatrice. Le professeur McGonagall a essayé de passer à travers, mais elle n'a pas réussi. »
« Mais ce n'est pas le cas avec moi, » dit Harry en hochant la tête. « C'est pourquoi vous êtes venu directement me voir hier. »
« Exactement. Je crains que, contrairement au professeur Wallace, je ne puisse rien offrir en retour de vos services, sauf que je m'occuperai de vos blessures après nos combats, ce qui, je le sais, est très peu. »
« Je vais le faire, » dit facilement Harry.
« Vous ne comprenez pas, Potter, » dit Snape. « Je ne peux pas garantir votre sécurité. Vous avez ressenti ce pouvoir. Je ne peux pas le contrôler. Ce que je vous demande de faire va à l'encontre du bon sens. Vous ne pouvez pas l'accepter. »
« Je pensais que votre travail ici était de me convaincre de faire ça, » rit Harry.
« J'ai besoin que vous compreniez parfaitement ce que je vous demande de faire. »
« Alors, dites-moi ce que c'est exactement. »
« Me combattre jusqu'à l'épuisement. C'est comme un chaudron bouillant. Je peux y faire face pendant un certain temps, mais j'ai besoin de quelqu'un pour m'aider à éteindre le feu en dessous, avant qu'il n'explose. » Son visage s'assombrit alors qu'il ajoutait : « Et vous devez être prêt à vous protéger au cas où le chaudron vous exploserait au visage. »
« J'ai une condition, » dit Harry après avoir pris un moment pour y réfléchir. « Vous venez à moi tout de suite. C'était beaucoup plus facile hier soir parce que vous n'aviez pas encore essayé de refouler votre magie. Alors, dès que vous commencez à briller, vous m'appelez, accord ? »
« Vous ne pouvez pas accepter cela, Potter, votre vie sera en danger à chaque fois que nous nous rencontrerons. »
Confus, Harry se pencha en avant sur le bureau et regarda l'homme dans les yeux.
« Je ne comprends pas, professeur. Avez-vous besoin de mon aide ou non ?
« J'ai besoin de votre aide, Potter, mais cela ne veut pas dire que j'aime ça. »
« Quelle est l'alternative ? » demanda Harry. « Vous partez ? De toute évidence, vous ne pouvez pas rendre la magie à Poudlard, sinon nous n'aurions pas cette conversation. Vous ne pouvez pas aller voir quelqu'un d'autre, car ils seront blessés. Vous n'avez pas besoin d'aimer ça, mais vous devez accepter que je suis le seul à pouvoir vous aider. Et je le ferais avec plaisir. »
Snape regarda Harry pendant un moment, mais quand il ne sembla pas changer d'avis, Snape hocha la tête.
« Jour et nuit, peu importe l'heure qu'il est, vous venez me voir tout de suite, » dit à nouveau Harry.
« Ne vous inquiétez pas, M. Potter. Je ne mettrai personne en danger. »
« Je sais, » déclara Harry. « Je demande ceci pour être sûr que vous ne vous mettrez pas en danger non plus. »
L'expression de Snape était illisible, et il ne dit rien. Au lieu de cela, il leur versa un peu plus de whisky.
Ils trinquèrent, puis il dit doucement : « Et ainsi, il semble qu'Harry Potter soit devenu mon égal. »
Harry rit en prenant une gorgée.
« Cela vous dérange ? »
Snape but son verre et frissonna.
« Pas autant que je le pensais. »
Dans le silence, alors qu'Harry sirotait son verre, Snape regarda par les fenêtres sombres. Ses longs cheveux noirs brillaient à la lumière des bougies. Une pensée vint à Harry et il sourit par-dessus le bord de son verre.
« Qu'est-ce que vous pourriez trouver d'amusant dans tout cela ? » Grogna Snape, les yeux sombres sur Harry l'instant suivant.
« Juste, l'ironie, monsieur. » Harry sourit. « C'est la deuxième fois de ma vie qu'un sorcier aux cheveux noirs et de sang-mêlé avec la Marque des Ténèbres sur le bras me considère comme son égal. Avec le premier cela s'est terminé par une guerre et ma mort, j'espère que ce sera un peu plus joyeux cette fois. »
« Je ne peux rien promettre. » Vint la réponse amère de Snape.
A suivre…
A bientôt pour la suite
Bises
Gaeill
