Chapitre 6 : Ecchymoses

Note de l'auteur :

Hey, je voulais vous remercier pour tout l'intérêt continu que vous portez à cette histoire. Cela me fait tellement plaisir de voir vos réflexions sur les chapitres, alors continuez !

J'ai pris un peu de liberté avec les règles de l'Animagie, ne m'en voulez pas. Aussi, j'espère que vous ne vous ennuyez pas avec les combats, j'ai essayé de les rendre excitants et un peu différents à chaque fois. Nous arrivons doucement aux bonnes parties, les garçons s'échauffent l'un avec l'autre, alors attendez encore un peu !

Bonnes lecture !


Ce ne fut pas joyeux. C'était pénible et parfois presque effrayant. La magie de Snape n'était pas seulement incontrôlable, elle était sauvage et semblait combattre Harry tout comme Snape le faisait, comme si elle tirait ses pouvoirs de la haine de Snape, mais agissait comme une entité distincte. C'était presque comme combattre deux personnes différentes ; celle qui était heureuse d'en finir aussi vite que possible, et celle qui appréciait chaque combat, les savourait au fur et à mesure qu'ils étaient devenus de plus en plus intenses. Cette dernière partie rendait les choses assez dures pour Harry, mais il tenait bon – pour le moment.

Heureusement, ils n'avaient pas à se rencontrer souvent. Parfois, une semaine s'écoulait avant que Snape ne l'appelle. Leurs combats étaient rapides et désagréables, se terminant le plus souvent par des bleus, que Snape guérirait plus tard. Harry développa une étrange habitude de ne pas parler à Snape d'une petite blessure pour qu'il puisse le sentir après qu'ils se soient séparés. Il ne comprenait pas pourquoi il faisait ça, mais une fois, alors qu'ils passaient du temps en privé, Ginny lui demanda à ce sujet et Harry dut formuler son raisonnement.

« Je pensais qu'il te guérissait, » dit-elle en montrant la légère décoloration autour des côtes d'Harry. Il était à moitié nu. Ils s'étaient embrassés dans une salle de classe inutilisée jusque tard dans la nuit.

Harry haussa simplement les épaules.

« Si tu ne le sens pas après, c'est comme si cela ne s'était même pas produit. »

Ginny lui lança un regard étrange, alors Harry dut s'expliquer davantage.

« Tu sais que je ne peux pas te dire grand-chose, mais… je ne veux pas oublier à quel point c'est important. Je lui dois trop pour ça. »

Elle sembla l'accepter, voire le comprendre complètement. Elle embrassa le bleu violacé, faisant glisser sa langue sur la peau sensible. Elle était assez douce pour ne pas blesser Harry et elle continua ses tendres caresses. Harry sentit soudainement ses lèvres sur sa gorge, traînant à nouveau le long de son cou. Une fois qu'elle eut trouvé sa clavicule, une partie bien cachée généralement par la chemise d'Harry, elle en suça la peau.

« Bon sang, Gin, » grogna Harry, ses hanches se soulevant tout de suite.

Elle sourit en disant : « Encore quelques marques qui devraient te rappeler les choses importantes... »

Harry se contenta de sourire en les retournant. Il s'assura de laisser plein de petites marques qu'elle pourrait ressentir dans les jours à venir.

Avec une main dans sa culotte, il embrassa ses lèvres douces. Les mains de Ginny étaient sur les fesses d'Harry, touchant et frottant doucement. Il se sentait assez excité, mais ils ne pouvaient pas risquer d'aller plus loin, d'ailleurs, il ne voulait pas être avec Ginny dans une salle de classe poussiéreuse pour la première fois. Elle méritait mieux. Pourtant, alors qu'il était allongé sur elle, tout ce à quoi il pouvait penser était à quel point il en voulait plus, il voulait se sentir plus proche d'elle. Elle était si chaude et humide. Les sons nécessiteux qu'elle faisait, son parfum fleuri, ses cheveux doux dans la main d'Harry – elle était si parfaite.

Quand elle jouit, elle mordit l'épaule d'Harry en s'assurant d'appuyer fort sur ses dents. Harry se sentit marqué.

« Tu ferais mieux de ne pas guérir ça non plus, Harry, » dit-elle doucement alors qu'elle s'asseyait, enfilant son soutien-gorge et son t-shirt.

« Quoi ? » Harry rit, jetant un œil à la petite marque rouge.

« Je déteste voir les marques que Snape a faites sur toi. »

« Mon Dieu, Ginny, de quoi parles-tu ? Ce n'est pas une morsure d'amour, » dit Harry en montrant les bleus sur ses côtes.

Elle soupira puis le regarda en s'excusant.

« Je sais. Je suppose que je suis juste jalouse. Entre Wallace et Snape, nous avons à peine le temps l'un pour l'autre. »

« Jalouse ? » Harry fit écho. « De Snape ? » Il aurait dû en rire. « Tu rigoles j'espère ? » Puis il tira Ginny dans ses bras pour un câlin. Il pouvait sentir ses seins doux se presser contre sa poitrine et cela le rendit encore plus dur. Ils n'avaient pas plus de temps cependant, ils avaient déjà bien dépassé le couvre-feu.

Il lui donna un autre baiser et la main de Ginny descendit vers son sexe. Il eut un petit rire nerveux.

« Nous n'avons pas le temps, » souffla-t-il tandis qu'elle le prenait en main.

« Nous n'avons jamais le temps, » dit Ginny, sa voix déçue. Elle donna quelques coups de plus au sexe d'Harry, mais Harry la repoussa finalement.

« Tu vas me rendre fou, si tu continues à faire ça. »

Elle haussa les épaules, « Tu sais où me trouver si tu as besoin de plus. »

Alors qu'ils retournaient dans la salle commune, ils trouvèrent Hermione assise sur l'un des nombreux canapés tandis que Ron ronflait à côté d'elle avec un livre d'Enchantements sous la tête. Hermione pressa un doigt devant ses lèvres pour leur faire signe de se taire.

« Il a beaucoup travaillé aujourd'hui, » murmura-t-elle doucement quand Harry et Ginny se rapprochèrent. Elle regarda Ron fièrement. « Il mérite du repos. »

« Toi aussi, » dit Harry, s'asseyant à côté d'elle, se penchant sur le livre qu'elle lisait. Ce n'était rien lié aux Sortilèges, ou à aucune autre de leurs leçons.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Harry.

Elle lui donna le livre à lire, mais ne dit pas un mot, étant donné que Ginny était là. Elle dut le sentir parce qu'au lieu de s'asseoir, elle ébouriffa les cheveux d'Harry, lui donna un baiser sur le dessus de la tête puis dit : « Je vais me coucher. »

Harry la regarda partir, mais ne dit pas un mot pour la retenir. Il sentit un pincement au ventre, mais ensuite il se tourna vers Hermione.

Elle lui sourit en soutien. « Elle le comprend, Harry. C'est très difficile pour elle, mais elle fait de son mieux pour te donner de l'espace. »

« Je déteste avoir des secrets pour elle, mais j'ai promis à Snape et McGonagall. » dit doucement Harry.

« Tu nous l'as dit. »

« C'est différent, Hermione. Vous avez été avec moi à travers tout, vous savez même pour Snape et ma mère. Je vous dis tout. »

« Tu pourrais être honnête avec elle aussi. » répondit Hermione. « Ce n'est pas comme si elle allait le vendre au Prophète. »

« Je sais ! » dit rapidement Harry, car il savait qu'il pouvait faire confiance à Ginny. Pourtant… « Je sais, je veux juste… » Il s'appuya contre le canapé moelleux et soupira. « Je ne veux pas qu'elle s'inquiète pour moi. Je veux la tenir à l'écart de tout ça. Elle est tellement… parfaite. Et je veux qu'elle reste comme ça. Lui dire tout cela maintenant, c'est comme la salir. »

« C'est une personne, Harry, pas une idée. Elle n'est pas parfaite. Aucun de nous ne l'est. »

« Elle l'est pour moi, » dit Harry.

Hermione soupira puis tapota doucement sa cuisse. « Parlons du livre plutôt ? »

Harry hocha la tête, « Oui, s'il te plaît. »

« Très bien », dit-elle. « Donc, ce n'est pas très informatif, c'est plus sur la magie accidentelle pendant l'enfance et les conséquences de la répression de la magie dans l'enfance. Ce qui se passe avec Snape est différent, cependant. Si ce qu'il pense est vrai et que Poudlard lui a rendu plus de magie, la solution est simple. Il doit réapprendre à contrôler sa magie. »

« Hermione, » dit Harry. « Tu n'as pas vu cette magie… C'est… plus puissant que tout ce que je n'ai jamais vu. »

« C'est peut-être le cas, » répondit Hermione. « Mais cela n'a pas d'importance. Il y a des cas où un sorcier ou une sorcière doit s'adapter à de nouveaux pouvoirs. Comme lorsque tu es devenu le maître des reliques de la mort, par exemple. Ou bien lorsque des personnes utilisent des potions pour gagner plus de magie ou d'énergie. C'est dangereux, mais c'est faisable. »

« Les Reliques n'ont jamais eu de tels pouvoirs. » déclara Harry.

« Si elles l'avaient, mais tu es encore jeune et tu t'es facilement adapté au changement. De plus, tu n'utilises pas la baguette. Le professeur Snape n'a pas de baguette qu'il peut simplement poser et ne pas utiliser lorsque la magie est trop difficile à contrôler. »

« Alors, comment peut-il prendre le contrôle ? »

« Je ne sais pas, » admit Hermione.

« Le toucher, » dit doucement Ron depuis le canapé. Ils le regardèrent tous les deux et il bâilla bruyamment. « Quand j'ai trop faim, que je suis trop excité ou trop anxieux et que je n'arrive pas à me concentrer, je te touche Mione. Juste ta main… Tu as des mains vraiment douces et me concentrer sur autre chose m'aide beaucoup. »

« Merci, Ron, c'est un exemple très étrange mais… » Hermione réfléchit une seconde puis haussa les épaules. « Pas une mauvaise idée. »

« Pouvons-nous aller nous coucher maintenant ? » bailla à nouveau Ron.

« Alors, si Snape peut se concentrer sur autre chose que sa magie pendant que nous nous battons... »

« Vous n'aurez peut-être même pas besoin de vous battre. »

« Ce serait bien, » dit Harry. « Il m'a presque battu à plusieurs reprises. Il est tellement en colère. »

« Nous sommes là pour toi, Harry, » dit Hermione en lui tapotant la jambe. « Nous allons nous entraîner avec toi, comme nous le faisions avant le tournoi des trois sorciers. »

La tête de Ron retomba sur l'oreiller. « Oh super, cette fois, je ne vais pas juste être abasourdi, n'est-ce pas ? » Il gémit. « Ce sera bien pire. »

« Mais tu aideras ? » demanda Harry à son meilleur ami.

« Qui ne voudrait pas être battu par Harry Potter, mon pote ? » Ron sourit.

OoOoO

Harry était assis à son bureau, regardant la froide matinée de novembre par la fenêtre. Un petit oiseau sautait devant lui sur la table en gazouillant. C'était un hérisson avant et Harry l'avait transformé avec succès.

La salle de classe était maintenant très bruyante, car des oiseaux de toutes sortes volaient et gazouillaient partout. La plupart des étudiants, comme Harry, réussirent à transformer leurs mammifères à quatre pattes en oiseaux, mais il y avait encore des chatons, des rats et des blaireaux qui couraient partout.

La leçon était presque terminée tandis que McGonagall donnait des devoirs supplémentaires de dernière minute à ceux qui avaient échoué leur transformation. Pour cette fois, Harry pouvait se pencher en arrière et se détendre.

En regardant le ciel nuageux, il réalisa à quel point voler lui manquait. Son balai était sous son lit, intouché depuis des mois maintenant. Chaque fois qu'il prenait son Eclair de Feu, Ginny ou quelqu'un était juste à côté de lui, lui demandant d'aller voler ensemble, ou de jouer au Quidditch. Bien que le jeu lui manque, maintenant qu'il n'était plus dans l'équipe, cela ne signifiait plus grand chose pour lui. Il regardait toujours les matchs bien sûr, avec Ginny comme capitaine de l'équipe de Gryffondor, il n'était même pas questions de ne pas y aller.

Pourtant, il souhaitait autre chose. Il se demanda, en regardant le petit oiseau, ce que cela ferait de voler sans aide. Être là-bas et voler aussi vite que son propre corps pouvait le conduire et pas seulement comme un balai en était capable.

L'idée resta dans sa tête pendant près d'une semaine. Il ne pouvait s'empêcher de regarder les oiseaux chanteurs autour de la forêt et regardait, hypnotisé, les hiboux qui venaient chaque matin dans la Grande Salle, portant des lettres.

Après leur leçon de Métamorphose suivante, il rassembla son courage et resta en arrière.

« Oui, M. Potter ? » dit McGonagall alors qu'elle replaçait les oiseaux sur lesquels ils avaient travaillé dans leurs cages.

« Je me demandais, professeur, que faut-il pour que quelqu'un devienne un animagus ? »

McGonagall haussa un sourcil, mais elle semblait prendre Harry au sérieux. Avant de répondre, elle rassembla tous les oiseaux, elle s'assit et montra une chaise pour qu'Harry s'assoie également.

« Cela dépend, M. Potter. En général, beaucoup de pratique, et encore plus de paperasse. » Elle regarda Harry pendant quelques secondes puis demanda : « Êtes-vous intéressé ? »

« Je pense que oui, professeur. » répondit Harry.

« L'Animagie est un domaine très avancé, M. Potter. Plus avancé que tout ce qu'on vous enseigne ici. Cela étant dit, je doute fortement qu'il vous faille plus de quelques mois pour y parvenir. Si vous vous mettez vraiment à la tâche, bien sûr. »

« Mais pour papa et Sirius, il a fallu... »

« Des années, oui. » McGonagall hocha la tête. « Ils avaient onze ans quand ils ont commencé, et ils n'avaient personne pour les instruire. Vous, Harry, vous êtes beaucoup plus âgé, expérimenté et puissant que votre père ou votre parrain ne l'ont jamais été. Et vos pouvoirs ne feront que grandir, surtout compte tenu de vos leçons supplémentaires avec le professeur Wallace et… »

« Et les combats défiant la mort que j'ai avec le professeur Snape, » répondit Harry avec un sourire.

McGonagall souffla, mais hocha la tête.

« Oui en effet. Se transformer en animal n'est pas difficile. Cependant, revenir en arrière est plus exigeant et c'est la raison pour laquelle tant de personnes évitent complètement cette branche de la magie. Plusieurs sorciers et sorcières ont tenté l'Animagie de manière incorrecte et sont restés coincés sous leur forme animale, oubliant finalement qu'ils étaient autrefois humains. C'est pourquoi il est essentiel que vous ayez un instructeur, qui puisse vous identifier et vous transformer en humain si vous avez un problème pour le faire vous-même. »

« Voudriez-vous m'aider, professeur McGonagall ? » demanda Harry avec hésitation.

« Cela dépend, M. Potter. Quel genre d'animal aimeriez-vous devenir ? »

« Je ne suis pas encore tout à fait sûr, » dit Harry.

« Il est servile de choisir une forme en fonction de ce que vous aimeriez faire. Ma forme de chat me permet une vision nocturne, une excellente audition et des mouvements silencieux, tous très utiles pendant la première et la seconde guerre, sans parler de toutes les autres actions que le professeur Dumbledore m'a fait faire. Et cela rend aussi facile de se faufiler parmi les enfants qui se conduisent mal. » Ajouta-t-elle avec un petit sourire narquois.

« Je pensais à quelque chose qui pourrait voler, professeur. Une chouette peut-être ? Ou un oiseau moqueur. »

« Les hiboux sont de grandes créatures. Ils peuvent parcourir de nombreux kilomètres sans avoir besoin de se reposer ou d'être nourris. Les oiseaux moqueurs, je ne le recommanderais pas à moins que votre objectif ici ne soit de chanter joliment. »

Harry rit, « Non, je voudrais voler. »

« Vous voudrez peut-être regarder des aigles, des faucons ou même des pigeons. Il est très important d'avoir une image claire de ce que vous voulez, avant même de tenter une transformation. »

Harry hocha la tête. « Alors, vous m'aiderez ? » demanda-t-il avec empressement.

« Non. » dit McGonagall et les espoirs d'Harry s'effondrèrent. « Ma spécialité, ce sont les mammifères. Je pourrais vous apprendre à devenir un mammouth ou une souris, mais se transformer en oiseau nécessite un processus d'apprentissage différent. De plus, vous aurez également besoin de quelqu'un pour vous apprendre à voler. »

« Oh, » dit Harry déçu.

McGonagall étudia ses ongles puis demanda nonchalamment : « Pourquoi ne demandez-vous pas au professeur Snape ? »

« Quoi ? »

« Sa forme Animagus est un oiseau, Harry. Il pourrait facilement vous aider. » Puis ses yeux capturèrent quelque chose derrière Harry et elle gloussa. « Quand on parle du loup. »

Harry se retourna et vit la biche lumineuse s'approcher prudemment d'eux.

« Viens avec moi, » dit-elle de la voix grave de Snape, et Harry sauta de son siège immédiatement.

« Soyez prudent, M. Potter, » cria McGonagall après lui.

OoOoO

Une fois de plus, la biche le ramena dans la salle de classe où Snape l'avait appelé pour la première fois. A présent, Harry savait qu'ils étaient près de la tour Serdaigle. Heureusement, tout le couloir était vieux et inutilisé. Il n'y avait personne autour, même maintenant alors que c'était au milieu de la journée.

Lorsqu'il tourna au dernier virage, il fit un signe de la main à la sorcière souriante portant la robe bleue du tableau. Elle lui fit un signe de la main en rougissant légèrement. Harry pensa qu'elle devait être une Serdaigle célèbre. Il ne s'attarda pas, mais alla droit à la porte et l'ouvrit.

« Baguette ! » le pressa tout de suite Snape au lieu d'un accueil, non pas que Harry ait besoin d'un avertissement maintenant pour sortir sa baguette. Il attaqua Snape avant même que l'homme ne puisse dire un autre mot.

Snape s'écarta du sort d'Harry, levant un sourcil. Harry pouvait presque voir la magie bleue s'élever autour de lui comme une force impénétrable. Comme un animal de compagnie, qui était prêt à attaquer quiconque oserait blesser son maître. La pensée fit se demander à Harry si Poudlard considérait le directeur comme cela : son maître. Ou peut-être était-ce l'inverse.

Puis un sort lui effleura le bras, et il réalisa que ce n'était peut-être pas le moment de penser à de telles théories.

« J'ai besoin que vous soyez meilleur que ça, Potter, » le prévint Snape en faisant tournoyer sa baguette dans sa main.

Harry leva un bouclier et dit : « Je n'aimerais pas être à la place de la personne qui a réussi à vous énerver à ce point. »

« Pas que votre situation soit meilleure en ce moment, » grogna Snape alors qu'il lançait sort après sort au visage d'Harry.

Harry appuya sur son bouclier, comme s'il le lançait vers Snape. Les sorts et le bouclier se heurtèrent à mi-chemin et explosèrent comme une bombe. Harry espérait un effet comme celui-ci, il était à présent en sécurité derrière une table.

« Ça va ? » s'écria Harry derrière sa cachette de fortune.

Snape se tenait dans les décombres, la poussière s'installant autour de lui. La lumière bleue brillait sur son corps, et Harry eut le sentiment distinct qu'il était ravi. Snape aussi avait un sourire étrange sur le visage.

« Vous combattre devient de plus en plus exigeant, Potter, » dit Snape. « Je sais que mon objectif est de m'épuiser, pourtant, je ne peux pas le nier, je ressens le besoin de gagner. »

Harry se leva aussi, souriant.

« Vous pouvez certainement essayer. » Dit-il, puis l'instant d'après il envoya la table voler à la tête de Snape. Il avait l'impression que son rêve d'enfant se réalisait. Il pouvait maudire Severus Snape autant qu'il le voulait, et il n'aurait jamais de retenue pour ça.

Son arrogance lui coûta cher. Presque littéralement, Snape renversa les rôles en quelques minutes, et bientôt Harry se retrouva face à une chaise qui volait vers lui. Il sauta hors de son chemin, mais derrière lui, la moitié d'une table l'atteignit à une vitesse alarmante. Il recula et tomba, et l'instant d'après, ses côtes le piquaient comme l'enfer. Il réussit à toucher l'endroit exact qui était encore meurtri d'il y a une semaine, et la douleur était tout à coup presque insupportable. Instinctivement, il toucha l'endroit le rendant encore plus douloureux et sa baguette tomba de sa main.

Avec cela, son bouclier s'effondra également.

Les yeux fermés, il attendit le coup suivant, s'attendant à la douleur, mais elle ne vint jamais. Lorsqu'il osa enfin ouvrir les yeux, il vit le bureau planer à quelques centimètres de son visage. Il brillait aussi de lumière bleue. Snape tendait la main vers lui comme s'il venait de l'attraper en l'air, même s'il était encore à plusieurs mètres. Puis Harry regarda Snape jeter le lourd bureau en bois comme un jouet en plastique en n'utilisant que sa magie.

« Waouh, » souffla Harry impressionné, mais l'instant d'après, son sang se glaça dans ses veines.

Snape bougea et au lieu du bureau, sa magie attrapa Harry et le jeta contre le mur. Il pouvait sentir la puissance électrique tout autour de lui le rendant incapable de bouger. C'était comme résister à l'attraction d'un aimant.

Avec quelques pas, Snape était face à lui, soulevant la chemise d'Harry.

Il ne regarda les hématomes violets qu'une seconde, puis ses yeux se posèrent sur Harry. Il y avait une tempête très dangereuse dans le regard sombre et étant sans baguette, c'était la première fois, Harry avait vraiment peur de Snape.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » siffla Snape. L'électricité craquait autour de lui, électrisant aussi Harry. Ce n'était pas douloureux, juste très inconfortable.

« Ce n'est rien. »

La magie de Snape réapparut, et Harry sentit qu'il était éloigné du mur de quelques centimètres juste pour être à nouveau projeté contre lui.

Soudain, là où se trouvait la bouche de Ginny il n'y a pas si longtemps, maintenant trois doigts froids s'enfonçaient dans sa peau meurtrie. Le contact de Snape brûla la peau d'Harry et il cria, essayant de se soustraire à la douleur.

Snape ne le laissa pas faire. Presque cruellement, il enfonça encore plus son doigt dedans.

« Je le savais, » cracha-t-il. « Je l'ai fait la semaine dernière. »

« Lâchez-moi ! » grogna Harry.

« Ai-je raison, Potter ? » cria Snape d'un ton menaçant.

« Peut-être, » dit Harry, essayant de se libérer. « Je ne sais pas. »

Snape grimaça comme s'il pouvait sentir les mensonges sur Harry.

« Je vous avais demandé si vous étiez blessé, Potter, et vous aviez dit que vous alliez bien, » siffla-t-il finalement.

« Je vais bien, » dit Harry, secouant avec colère sa tête de gauche à droite car pour le moment c'était la seule partie de son corps qu'il pouvait bouger. La magie de Snape comme une corde le tenait immobile.

Les trois doigts s'enfoncèrent à nouveau dans ses côtes et il cria.

« Vous n'avez pas l'air bien pour moi ! » hurla Snape. « Vous n'aviez pas l'air bien pour moi il y a deux minutes, quand vous étiez allongé au sol sans baguette, une table vous fonçant droit dessus ! »

Harry fixa les yeux noirs et ne détourna pas le regard. Snape respirait profondément et bientôt, Harry put sentir sa magie s'éloigner comme des vagues se calmant après une tempête. Enfin, il pouvait bouger ses bras et son corps, mais il n'y avait toujours nulle part où aller alors que Snape le dominait.

« Pourquoi pensez-vous que j'insiste pour vous guérir ? » demanda finalement Snape, son ton empli d'une fureur silencieuse.

« Je ne sais pas, » dit Harry d'un air de défi, sachant très bien que même si à d'autres moments il pouvait s'en tirer avec une petite joute verbale, ce n'était certainement pas un de ces moments.

Il s'y attendait presque lorsque Snape attrapa ses épaules et le poussa contre le mur, encore une fois. Sa force physique n'était pas moins intense que sa magie.

« Parce que quand vous êtes blessé, vous êtes plus enclin à faire des erreurs, et je ne laisserai pas votre sang entacher mes mains, vous comprenez ça, Potter ? » siffla-t-il à quelques centimètres d'Harry.

À ce stade, il pulsait de magie qui zappait la peau d'Harry toutes les deux secondes. Snape se retourna alors, ramassa la baguette du jeune homme et la pressa contre la poitrine d'Harry.

« Je pourrais ressentir le besoin de gagner, Potter. Mais je ne veux pas. » Dit-il. « Me comprenez-vous ? »

Les deux secondes suivantes, la signification de Snape arriva finalement à Harry, provoquant une sensation de dépression et d'enfoncement dans son ventre. Les joues chaudes de honte, il dit doucement : « Oui. »

« Me comprenez-vous ?! » Lui hurla Snape de nouveau.

« Oui ! » cria Harry en retour, sa colère étant soudainement égale à celle de Snape.

Le professeur traversa ensuite la pièce, sa cape ondulant derrière lui et prit à nouveau la pose de duel.

Dix minutes plus tard, tout était fini. Harry s'était battu plus vicieusement que jamais auparavant, utilisant tous les trucs désagréables dans ses manches. Leur combat n'avait jamais été aussi sauvage.

Au moment où ils eurent fini, il était couvert de coupures et de bleus, mais Harry était content de voir que Snape n'avait pas l'air dans un meilleur état. Il y avait une coupure sanglante sur sa lèvre inférieure et une plus longue et plus profonde sur sa tempe. Alors qu'il était allongé sur le sol, le sang coulait lentement dans ses longs cheveux noirs. Harry ne pouvait que deviner combien de blessures il cachait sous ses robes.

Il se dirigea vers son professeur et tomba à genoux, fatigué comme s'il venait de jouer au Quidditch tout le week-end.

« Ne vous endormez pas, » dit-il à Snape qui avait les yeux fermés. « Nous n'avons pas encore fini. »

Snape ouvrit les yeux et Harry souleva sa chemise.

Sans un mot, Snape s'assit un peu plus, puis toucha à nouveau le bleu. Cette fois, les trois doigts étaient doux et prudents, mais Harry siffla tout de même.

« Mon Dieu, vos mains sont froides… » murmura-t-il dans un souffle. Puis Snape retira ses mains et les frotta l'une contre l'autre plusieurs fois. Par la suite, son toucher fit encore brûler la peau d'Harry et il baissa les yeux s'attendant à voir des éclairs bleus passer entre les doigts et ses côtes, mais il n'y avait rien.

Snape examina sa blessure, puis plaça toute sa paume dessus. Harry regarda Snape fermer les yeux, puis inspirer lentement, se concentrant. Alors qu'il exhalait, une sensation électrique et chaude commença à se répandre dans le corps d'Harry, partant de la main de Snape vers ses côtes. Il pouvait le sentir effleurer son cœur de manière inoffensive, se répandre tout autour de son corps comme un feu qui ferait fondre la froideur hivernale dans ses os.

Harry laissa échapper un souffle tremblant, ses yeux se fermant. Il tremblait presque.

« Ça ne vous fait pas mal, n'est-ce pas ? » demanda Snape à voix basse.

« Non, » soupira Harry, les yeux s'ouvrant enfin. Il baissa les yeux sur son corps, mais il n'y avait aucun signe de blessure. Pas de bleus, pas de coupures, rien. Il soupçonnait que même les marques d'amour de Ginny avaient disparu. « Depuis quand peut-on guérir d'un simple toucher ? »

« Depuis maintenant, » répondit Snape presque silencieusement, alors que sa tête retombait contre le mur. Il avait l'air complètement épuisé.

Harry ne pouvait pas détacher ses yeux de l'homme. Un tel pouvoir, on devait se demander quel effort il avait fallu à Snape pour le retenir même maintenant.

Il conjura une petite serviette et fit couler de l'eau dessus avec sa baguette. Il l'essuya doucement sur la cicatrice ensanglantée de Snape et le fait qu'il n'ait même pas bronché, juste ses yeux légèrement ouverts montrait à quel point il devait être fatigué.

Harry nettoya la coupure, puis la guérit avec un sort rapide avant qu'elle ne recommence à saigner. Puis il passa ses doigts dans les longs cheveux de Snape, essayant de sentir les taches de sang et les nettoya aussi. Les longues mèches noires étaient ridiculement douces, comme de la soie. Comme celle de Ginny, presque encore mieux.

Quelques instants plus tard, Harry se surprit à fixer les lèvres ensanglantées de Snape. Ses doigts flottaient à quelques centimètres au-dessus de la chair rose, et il dut se secouer pour se souvenir de ce qu'il voulait faire. Il prit le coin de la serviette mouillée et essuya aussi le sang frais qui s'y trouvait.

Il ressentait le besoin de dire quelque chose mais en même temps, il appréciait le silence confortable.

« Je suppose que ce n'est pas le bon moment pour vous demander de m'apprendre l'Animagie ? » murmura-t-il finalement.

Les lèvres de Snape se retroussèrent sous les doigts attentifs d'Harry.

« Compte tenu de nos efforts passés, ce ne sera jamais le bon moment pour me demander de vous apprendre quoi que ce soit. Je ne sais pas si vous avez remarqué, Potter, mais nous ne nous entendons pas vraiment bien. »

Harry haussa les épaules, passant sa baguette sur les lèvres de Snape, qui semblaient s'entrouvrir légèrement au contact étranger.

« Ça ne semble plus aussi mauvais, » commenta-t-il légèrement. « Surtout lors de nos petites… séances. »

« Le but de ces séances, comme vous les appelez, c'est qu'on se batte. Ce serait exactement la chose que nous devrions essayer d'éviter, si je vous apprenais quelque chose. De plus, apprendre l'Animagie exigerait que vous me fassiez confiance. Un trait hautement impossible à atteindre. »

Cela fit rire Harry, et Snape ouvrit finalement les yeux et le fixa.

« Je ne serais pas ici, si je ne vous faisais pas confiance, professeur, » dit-il à Snape, regardant dans les yeux noirs froids.

« Toujours, » dit Snape en s'asseyant, puis en se levant, tirant également Harry vers le haut. « Je pense qu'il serait plus avantageux pour vous de demander au professeur McGonagall. »

« Je l'ai déjà fait. Elle a dit qu'elle ne pouvait pas m'aider, parce que je ne veux pas être un mammifère. »

« Je suis désolé, M. Potter, mais je ne peux pas vous aider. »

Harry ramassa son sac par terre puis se dirigea vers la porte.

« Ne vous inquiétez pas, professeur, » sourit-il à Snape, malgré sa déception. « Je comprends. Vous en avez déjà assez dans votre assiette. »

Il était presque hors de la pièce, quand Snape demanda doucement : « Qu'aimeriez-vous être ? » Il y avait quelque chose d'étrange dans sa voix.

Harry se retourna et alors qu'il prononçait ces mots, il était tout à fait certain que c'était en effet ce qu'il avait voulu depuis le début.

« Un hibou, monsieur. Un harfang des neiges, comme Hedwige. »

Il quitta la pièce, faisant un signe de tête dehors à la sorcière du portrait, puis se dirigea vers sa prochaine leçon. Il était très en retard pour les Potions, mais il supposait que Slughorn serait au courant de la raison.

Soudain, il entendit des pas derrière lui et il se retourna. Il n'avait jamais vu le professeur Snape courir après qui que ce soit.

« M. Potter, » appela Snape avant de soupirer. « Dimanche soir, à sept heures, dans mon bureau. Soyez ponctuel, ou vous deviendrez une horloge et non un hibou. »

A suivre…


A bientôt pour la suite

Bises

Gaeill