Note de la traductrice :
Tout d'abord MERCI pour tous les retours que j'ai eu cette semaine :)
Je vois de nouvelles personnes commenter cette histoire en plus de celles qui fidèlement commentent chaque chapitre et cela me met vraiment du baume au cœur.
Il ne me reste plus qu'une trentaine de page Word à traduire, j'arrive donc bientôt à la fin !
Bonne lecture !
Chapitre 18 : L'odeur du désir
La salle commune était presque vide quand Harry revint. Quelques élèves de cinquième année étaient assis autour d'une pile de livres dans un coin, tandis que Ron était allongé sur le canapé moelleux près du feu. Pattenrond était recroquevillé sur ses genoux, tandis que Ron lisait le Chicaneur.
Harry le rejoignit et se laissa tomber sur l'autre canapé, allongé sur le dos.
« Tu étais encore avec Snape ? »
« Comment le sais-tu ? »
« Tu as toujours l'air secoué après, » dit Ron. Il regarda Harry pendant une longue seconde, puis ajouta doucement : « C'est dur, n'est-ce pas ? »
Harry s'assit immédiatement. « Qu'est-ce que tu veux dire ? » murmura-t-il en tirant sa cape sur ses genoux.
« Le combattre, » précisa Ron et finalement Harry osa reprendre son souffle. « C'est toujours dur pour toi, n'est-ce pas ? Nous pensions que ce serait plus facile avec le temps et la pratique. »
« Oh ça. » Harry soupira, puis se rallongea, s'assurant de couvrir son aine, juste pour être sûr. « Non, c'est en fait beaucoup mieux. »
« Vraiment ? » demanda Ron, dubitatif.
« Ouais, » murmura Harry. « Nous ne nous battons presque plus. »
« Alors, que faites-vous ? »
Harry haussa les épaules, puis leva les yeux vers Ron. « Toutes sortes de trucs. Ce soir, il m'a poussé hors de la tour d'astronomie. »
Ron s'assit tout de suite. « Il a fait quoi ? » Cria Ron, éjectant presque le pauvre Pattenrond qui dut trouver un nouvel endroit moins agité pour dormir paisiblement.
Harry rit en regardant l'expression perplexe de son ami, puis lui parla de sa troisième leçon de pilotage.
« C'est dingue, » grogna Ron. « Complètement fou. »
« Oui ça l'était. » Harry accepta, puis ajouta doucement : « C'était très intense. »
« J'imagine, » dit Ron avec un sourire. « Alors maintenant, tu peux voler ? Tout seul ? »
Harry haussa les épaules. « Je pense qu'il aura encore des leçons étranges qu'il veut m'enseigner, mais oui, je peux. »
« C'est vraiment cool, Harry. Sérieusement. Au début, je n'ai pas compris pourquoi tu l'aidais, mais je suppose que ça en vaut la peine maintenant. »
Harry s'assit et regarda Ron, se demandant s'il devait dire ou non ce qu'il avait en tête. En fin de compte, il décida qu'il s'en moquait.
« Cela aurait valu la peine de l'aider même s'il ne m'avait pas enseigné l'Animagie. »
Ron regarda autour de lui, vérifiant si quelqu'un était à proximité.
« Vous aviez l'air très… proche l'autre jour. Quand nous étions dans la forêt. » dit doucement Ron. Il n'y avait aucun doute.
« Je suppose qu'on peut dire ça comme ça. » Harry répondit avec un haussement d'épaules. « Même si je serais incapable de dire ce qui se passe dans sa tête. »
Ron éclata de rire.
« Je ne sais pas, Harry. Parfois, il semble assez évident. »
« Que veux-tu dire ? » demanda Harry mais Ron se contenta de secouer la tête.
« — Peu importe, » sourit-il. « Mais c'est une bonne question n'est-ce pas, ce que Ginny a dit l'autre jour. Pourquoi est-il venu vers toi ? Pourquoi ne pas combattre les autres professeurs en même temps ? Le sais-tu ? »
« Non, » admit Harry. « Je n'ai jamais vraiment demandé. Je sais que McGonagall n'était pas assez à elle seule, mais il n'a jamais rien dit sur le fait de combattre plus d'entre eux. »
Ron resta silencieux, mais Harry ne pouvait s'empêcher d'y penser maintenant. Les professeurs réunis devraient suffire à combattre Snape et à le calmer. Harry n'avait vu McGonagall essayer qu'une seule fois, juste après la cérémonie de répartition. Naturellement, ils n'avaient pas pu sortir tout le personnel de la grande salle pour se battre en duel avec Snape, mais avaient-ils essayé plus tard ? Snape ne l'avait pas appelé pendant tout le mois de septembre. Était-ce parce que d'autres avaient essayé ou comme Harry l'avait supposé jusqu'à présent, parce qu'il n'y avait eu aucun incident ?
« Peut-être qu'il en a après toi, » sourit Ron, son ton sinistre. « Peut-être qu'il ne t'a toujours pas pardonné quand tu l'as traité de lâche, ou d'autres trucs. »
« Tu n'es pas sérieux, n'est-ce pas ? » demanda Harry en retour, souriant aussi.
« Tu me connais, Harry, je suis toujours sérieux, » Ron gloussa, puis bailla. « De toute façon, je vais me coucher. Tu viens ? »
Harry fixa le feu pendant encore une minute, puis hocha la tête. « Oui, ça a été une longue journée. »
Les questions ne laissèrent pas Harry dormir cette nuit-là. Il tourna et se retourna dans son lit, réfléchissant. Il avait cru depuis le début qu'il était le seul à pouvoir aider Snape, que l'homme avait besoin de lui, mais et si tout était à propos d'autre chose ? Est-ce que Snape pouvait encore nourrir une sorte d'inimitié envers lui, se pourrait-il qu'il veuille réellement blesser Harry et que c'était la raison pour laquelle ils devaient se battre ? Se pourrait-il que le professeur ait une arrière-pensée avec tout ça ?
L'idée lui retourna l'estomac et Harry se tourna sur le côté sous sa couverture. Cela faisait mal de penser que le battre en duel, le blesser n'était pas seulement une nécessité, ce que Harry pouvait facilement pardonner, mais un besoin de Snape.
Mais ensuite, il se souvint soudainement de l'épouvantard de Snape et encore une fois, tout cela n'avait aucun sens dans sa tête. Snape était prêt à abandonner sa magie pour toujours pour éviter de blesser Harry. Combien de fois Snape l'avait-t-il supplié de partir, lui avait-t-il ordonné de partir, même après qu'ils aient cessé de se battre ? Il pouvait facilement se rappeler l'inquiétude dans les yeux de l'homme à chaque fois que Snape pensait qu'il avait blessé Harry. Cela n'avait aucun sens, Snape ne risquerait pas la vie d'Harry s'il y avait un autre choix.
Il devrait demander à Snape quand il en aurait l'occasion.
Harry s'enfonça dans son oreiller de frustration et se tourna de l'autre côté. Il écouta les ronflements de Ron, essayant de se vider l'esprit pour qu'il puisse enfin s'endormir, mais cela n'aidait pas. Chaque fois qu'il fermait les yeux, il voyait cet épouvantard, entendait ses propres paroles de jugement. Si Snape l'avait choisi plutôt qu'un duel avec quinze autres sorciers, il s'était créé un enfer personnel. Pourquoi ferait-il ça ? Pourquoi ?
Harry soupira de frustration, puis retira lui-même la couverture d'un coup de pied. Il ferma les yeux une fois de plus sur la mauvaise idée que c'était, puis sauta hors du lit et sortit du dortoir. Il descendit les escaliers et traversa la salle commune vide. Les dernières lueurs des braises oranges lui donnaient assez pour voir où mettre les pieds. Puis il sortit du trou du portrait.
La Grosse Dame lui cria de ne pas sortir si tard, mais Harry l'ignora. Il était suffisamment tard pour qu'il espère que personne ne soit dehors, pas même les enseignants en patrouille. L'air frais dans les couloirs et la pierre glacée sous ses pieds l'atteignirent rapidement et il se retourna presque pour récupérer ses chaussures et peut-être même sa cape d'invisibilité. C'était une idée stupide et c'était encore plus stupide de ne pas revenir en arrière. Snape n'était peut-être même pas dans son bureau, pire encore, il serait peut-être là et il reprocherait sûrement à Harry d'être sorti si tard.
Il dit le mot de passe à la gargouille, mais elle était à moitié endormie. Harry sauta d'un pied à l'autre sur place alors qu'il attendait une éternité que la statue bouge. Il monta les escaliers deux par deux en courant et tourna à nouveau la poignée de la porte sans frapper. Il était sur le point de s'excuser pour cela, mais ses mouvements s'arrêtèrent au moment où il entra dans le bureau.
Snape était là. Il était assis derrière son bureau ; ses mains reposaient sur ses genoux, sa tête était légèrement tournée, ses yeux fermés. Il dormait. L'expression tranquille sur son visage était presque envoûtante.
« S'il te plaît, ne le réveille pas, Harry, » dit une voix calme au-dessus de lui. Harry reconnut instantanément que c'était Dumbledore. Des yeux bleus scintillants le regardèrent tandis que le professeur expliquait d'un ton doux : « C'est si rare qu'il ait droit à un repos paisible. »
Harry hocha la tête sans un mot, puis se tourna pour sortir. Il regarda par-dessus son épaule et jeta un dernier coup d'œil à Snape.
Il avait l'air si détendu maintenant. Presque comme une personne différente.
Harry ferma doucement la porte et sortit sa baguette de la poche de son pyjama. Il la brandit et sa couverture rouge de Gryffondor apparut de nulle part. Il se dirigea doucement vers Snape et couvrit l'homme. Cela montrait à quel point il dormait profondément car Snape n'ouvrit pas les yeux, ne bougea pas du tout alors qu'Harry le bordait.
Il devrait partir maintenant, pensa Harry, mais au lieu de la porte, ses jambes l'amenèrent à la chaise de l'autre côté du bureau de Snape. Il s'assit, sachant que ce n'était pas bien. Il ne devrait pas être ici. Pas après tout ce qui s'est passé dans la tour d'astronomie. La raison de sa visite était presque oubliée.
Il ne pouvait pas quitter Snape des yeux. Harry l'avait vu comme ça pendant l'été, mais il n'avait jamais remarqué à quel point Snape était différent lorsqu'il dormait. Son froncement de sourcils avait disparu, son front était sans rides d'inquiétude, toute sa posture était décontractée. Sa respiration régulière, ses lèvres légèrement entrouvertes alors qu'il expirait – un… deux… trois… quatre – et inspira à nouveau. Il avait l'air si détendu qu'il fit sourire Harry.
Il l'observa un moment, puis ses yeux commencèrent à se fermer. Il était sur le point de se lever et de partir, il voulut ordonner à ses jambes de bouger, mais elles ne l'écoutèrent pas. Harry dormait déjà profondément.
Il ne rêva pas, du moins les images vives restèrent à l'écart, pourtant il vit quelque chose dans la vaste obscurité de son esprit endormi. Une faible lumière bleu turquoise pulsait calmement devant lui. Ce n'était pas palpitant, cela ondulait au même rythme que la respiration de Snape. La magie de Snape, détendue et calme comme elle le devait. Ce n'était pas une bulle cette fois, juste une forme humaine, exactement comme Snape. C'était beau.
Snape s'agitait dans son sommeil et sa tête roulait d'un côté à l'autre. Harry ne vit que le mouvement magique, mais il était certain que c'était ce qui se passait en réalité. Comment il pouvait savoir cela, voir cela, quand il dormait, cela le dépassait. Était-ce juste un autre rêve ?
Quelques minutes ou heures plus tard, Snape bougea à nouveau et dans la vaste obscurité, ne voyant rien d'autre que la lueur bleue, Harry était conscient que le professeur venait juste d'ouvrir les yeux et de le remarquer. Sa magie pulsa une fois, comme lorsque le choc de la surprise frappe le cœur, puis l'ondulation sereine devint de plus en plus forte comme la marée.
Sa forme nette se déforma et Harry sourit presque, reconnaissant ce qui se passait.
Il était encore à moitié endormi, les yeux fermés ne voulant pas se réveiller, alors qu'il tendait la main vers l'avant.
« — Vous brillez à nouveau », dit-il d'une voix rauque et endormie.
Il y eut une seconde d'hésitation, puis Snape prit sa main offerte. Au moment où leur peau se toucha Harry put sentir la magie couler à travers lui comme une rivière. Il soupira satisfait. Cette fois, c'était doux et serein, comme la mer la nuit.
« Que ressentez-vous ? » demanda Snape après un moment, toujours rauque de sa petite sieste.
« Pas de douleur, » marmonna Harry.
Snape retourna au travail, mais il ne lâcha pas Harry même après que sa magie se soit retirée. Le son d'une plume grattant doucement le parchemin emplit la pièce et bientôt Harry se rendormit. Le pouce caressant doucement son poignet n'aurait pu être qu'un rêve. Tout comme les bras qui le soulevaient et le couchaient quelque part et les doigts qui effleuraient ses cheveux. Et ainsi peut-être la voix qui lui murmurait « Bonne nuit ».
OoOoO
Quand Harry se réveilla le lendemain matin, il ne reconnut pas la pièce dans laquelle il se trouvait, mais il soupçonnait fortement que c'était la chambre de Snape – ce qui était une pensée insensée pour commencer la journée. Il trouva ses lunettes sur la table de chevet et les mit pour regarder autour de lui plus attentivement.
Il vit des murs blancs et du bois sombre, un peu comme dans le bureau. Une cheminée était devant le lit et une tapisserie d'un paysage boisé était au-dessus de la cheminée. Une armoire et une commode se trouvaient d'un côté, à côté d'eux la porte de la salle de bain et une porte vitrée qui menait au balcon. De l'autre côté de la pièce, un salon plus petit était aménagé avec un canapé, une table en verre et de nombreuses bibliothèques le long du mur. Une porte secrète était laissée légèrement entrouverte, donc Harry trouverait son chemin.
Ce n'était rien de spécial, sauf qu'il y avait les affaires de Snape partout. Des livres et des magazines étaient éparpillés un peu partout, ouverts, certains avec des marques pages, ou empilés les uns sur les autres. La robe noire de Snape était jetée sur le dos du canapé, une chemise blanche était de l'autre côté du lit, un verre avec un peu de liquide encore dedans était resté sur la table, le cendrier était plein de mégots de cigarettes à côté.
Ce n'était pas en désordre, seulement habité. Harry se leva et se promena, scrutant les livres sur les potions, la loi des sorciers, les sorts, même L'histoire de Poudlard était posée là sur le canapé. Il renifla dans le verre pour découvrir que c'était le whisky que Snape buvait habituellement. Le balcon en pierre à l'extérieur était petit, juste assez pour que deux personnes se tiennent debout et regardent la vue, ce qui était magnifique. Il jeta un rapide coup d'œil à la salle de bain mais n'y trouva rien de spécial. L'air était encore légèrement humide, signifiant que Snape avait pris une douche il n'y a pas si longtemps.
Cette pensée le fit à nouveau regarder les vêtements éparpillés de Snape. Il marcha jusqu'au bout du lit et souleva la chemise blanche. Elle n'était pas chaude, mais elle était suffisamment froissée pour qu'Harry sache que Snape la portait la veille. L'avait-il enlevé ici au bout du lit comme il le faisait probablement d'habitude, même si Harry dormait à seulement quelques mètres de lui ?
Harry continua à errer en regardant les choses, portant toujours la chemise. Il savait qu'il repoussait l'inévitable, mais il essaya de résister. Finalement, il s'assit de l'autre côté du lit, qui semblait inutilisé, signifiant que Snape n'avait pas passé la nuit ici avec lui. C'était un soulagement étrange et une déception aussi. Snape n'avait-t-il pas dormi du tout la nuit dernière ? Était-il juste resté sur le canapé ?
Il regarda la chemise dans sa main. Sa main qui la tenait s'éleva involontairement, puis retomba sur le lit. Il était fort, il ne ferait pas ça.
Sa chemise montait sur son ventre révélant légèrement un centimètre de peau nue et la chemise de Snape le toucha. C'était doux. Il se déplaça légèrement pour exposer plus de peau. La chemise était douce contre son ventre. Il laissa échapper un gémissement de frustration, se sentant trahi par son propre corps. Il jeta la chemise de côté et la regarda claquer contre son oreiller.
Il tendit la main pour baisser sa propre chemise, mais quand il toucha sa peau, son esprit sembla avoir oublié ce qu'il voulait faire en premier lieu. Il caressa paresseusement cette bande de peau nue autour de son nombril. Son petit doigt glissa sous son bas de pyjama, puis son annulaire et son majeur suivirent également.
Il retira sa main et remonta un peu plus haut, roula sur le ventre. Il ne pouvait pas faire ça ici. Il ne pouvait faire ça nulle part pour être franc, mais il ne pouvait surtout pas le faire maintenant, ici même. Snape était juste de l'autre côté de cette porte légèrement entrouverte, il pouvait entrer ici à tout moment.
Il pressa son visage contre les couvertures et voulut crier. Il finit par grogner en roulant des hanches.
« — Merde, » marmonna-t-il en se retournant à nouveau.
C'était de l'agonie. De l'agonie à l'état pur. Il cambra le dos et passa la main au-dessus de sa tête pour saisir à nouveau la chemise.
Cela n'arrivait pas. Ce n'était pas réel. Il ne pouvait pas être si idiot.
Il porta la chemise à son nez.
Ce n'était pas réel. Ce ne devait être qu'un rêve.
Il prit une profonde inspiration, inhalant l'odeur. Il pressa fermement la chemise contre son nez et inspira à nouveau. L'odeur de Snape était si claire sur la chemise. Fraiche, pluvieuse, électrique. Harry voulait y goûter. Sa bouche s'ouvrit contre le tissu et il inspira profondément à nouveau.
« Oh mon dieu… » gémit-il alors que sa main droite alla frotter son sexe. Il se toucha par-dessus son pantalon, se disant que c'était assez. Il n'était pas encore dur, il pouvait faire marche arrière. C'était assez.
Ce n'était pas le cas. Il inhala à nouveau l'odeur exaspérante, appuyant fermement sa main vers le bas. Il n'était peut-être pas encore dur, mais il pourrait l'être dans quelques minutes s'il continuait ainsi. Ses hanches se soulevèrent, une partie de son cerveau suggérant qu'il devrait continuer ainsi.
Il força ses mains à s'éloigner de son corps, les fit retomber sur le lit. Il était étendu là, comme s'il attendait quelqu'un, mais il n'arrêtait pas de se dire qu'il attendait juste que son cœur se calme.
Ce n'était pas juste. C'était bon, mais ce n'était pas bien, et Harry connaissait la différence entre les deux. Ses doigts s'enroulèrent autour de la chemise. Il ferma fermement les yeux pour s'empêcher de sentir à nouveau l'odeur de la chemise de Snape. Au lieu de cela, il se retourna et enfouit tout son visage dedans, tandis que ses hanches s'écrasaient contre la couverture.
Il mordit son poing – qu'elle soit recouverte de la chemise était un pur accident, se dit-il. Ce n'était pas comme s'il s'imaginait mordre quelqu'un d'autre à travers la chemise, quelqu'un qui sentait la pluie fraîche un jour d'été et l'électricité.
« — Non, » gémit-il. « Non Non Non Non. » Il gémit et se tourna à nouveau sur le dos.
Il ne pouvait pas faire ça. Il inspira profondément, loin de la chemise, pour clarifier son esprit. Il regarda autour de lui, espérant que quelque chose pourrait le distraire. Ses yeux trouvèrent la porte légèrement entrouverte. Snape pouvait la traverser d'une seconde à l'autre pour réveiller Harry. Cette pensée eut l'effet inverse. Il fut à moitié dur en une minute.
Harry gloussa légèrement, un autre signe de sa folie sûrement, et il frotta son sexe sur son pyjama jusqu'à ce qu'il soit complètement érigé. Il rit, même s'il voulait crier. Il envisagea également de marcher vers Snape comme ça – sa bite dure sortant de son pantalon avec la chemise de Snape dans sa main – juste pour voir la réaction de l'homme.
Au lieu de cela, il tira sa chemise par-dessus sa tête pour ne pas gêner et commença à se caresser avec la chemise. Il utilisa la manche pour dessiner de longues lignes sur son torse puis couvrit sa main avec le tissu doux et se caressa comme ça. Son mamelon était couvert de tissu quand il tordit, et sa respiration s'arrêta. Pourquoi était-ce si bon ?
Son sexe était tendu contre son pantalon, mais tout allait bien. Tout allait bien, tant qu'il ne se touchait pas.
L'instant d'après, sa main était sur son sexe et c'était encore plus que bien. Moralement dévastateur, mais de toute autre manière c'était plus que bien, c'était exquis. Sa main remonta sur le manche rigide d'un mouvement ferme. L'humidité assombrit son pyjama gris alors que la pointe se pressait contre le coton fin.
Harry gémit mais fourra la chemise dans sa bouche. Cela ne l'aidait pas, cela lui donnait juste envie de gémir encore plus, mais au moins il en fut légèrement réduit au silence. Son cerveau connecta l'odeur dans son nez et la main sur sa queue et ses hanches se soulevèrent brusquement. Il poussa dans sa main poing, la tête de son sexe glissant à travers l'anneau serré de ses doigts.
Il roula sur le ventre, baissant son pantalon. Il agrippa un oreiller et le fourra sous son corps juste entre son sexe et le lit.
La tête de Snape reposait là-dessus, pensa-t-il, et Harry tomba sur le lit.
« Je suis un foutu idiot, » marmonna-t-il contre la couverture, les doigts agrippés à la chemise et au drap. Il roula des hanches encore et encore. Son propre corps pressait son érection contre l'oreiller et la friction était époustouflante. Il plongeait comme il le ferait contre un autre corps. Il enfouit son nez dans l'odeur de la chemise et laissa derrière lui sa honte.
Après tout, ce n'était pas la réalité, c'était un rêve – un rêve trop réel, délicieux. Il se redressa sur ses mains. Il baissa les yeux sur son corps et s'observa alors qu'il s'avançait, sa queue glissant sur l'oreiller en enduisant du sperme partout.
« Oh merde… » gémit-il et il recommença.
Il se déplaçait lentement mais fermement, appuyant fort mais ses mouvements restaient langoureux.
Il pouvait à peine voir le bout de son sexe dur frotter contre la taie d'oreiller, le reste de sa hampe était caché par son propre corps. Mais la tête molle était rouge et enflée et elle brillait déjà humide. Il ne voulait pas se toucher, pas encore.
Il leva les yeux et vérifia la porte. Elle était encore légèrement entrouverte, intacte. Personne n'était là, pas une âme, juste les oiseaux dehors sur le balcon.
Il s'assit et enfourcha l'oreiller. Il serra pratiquement la chemise de Snape contre sa poitrine, comme s'il pouvait tenir l'homme lui-même. Il fit un bond en avant, se déplaça contre l'oreiller, le frottant avec un plaisir absolu. Ses hanches roulèrent d'avant en arrière, lentement d'abord puis de plus en plus vite jusqu'à ce qu'il soit presque en train de baiser le coussin.
Il se redressa, mais agrippa l'oreiller, ses cuisses le tenant également fermement. Il poussait vers le haut, l'oreiller pressé contre son abdomen pour qu'il puisse sentir la friction encore plus intensément. Avec la chemise toujours à son nez, son esprit ne le laissa pas oublier un seul instant, à qui il pensait.
Il pouvait sentir la chaleur du corps mince contre lequel il glissait, presque sentir la dure érection se presser contre son ventre. C'était juste la couture de l'oreiller, mais si ce n'était pas réel, cela aurait pu être aussi Snape. Son odeur était là après tout, partout dans la pièce, accrochée aux draps, à l'oreiller contre lequel Harry se frottait.
Il glissa contre l'oreiller avec des poussées prolongées, son corps ondulait tandis que ses hanches roulaient d'avant en arrière. Harry gémit contre le tissu de la chemise, espérant qu'il n'était pas assez bruyant pour que Snape l'entende. Il y avait bien sûr une petite partie de son cerveau qui voulait que l'homme vienne vers lui comme ça, le voit serrer la chemise comme une bouée de sauvetage, alors que ce n'était qu'une corde menant à la damnation et à l'enfer.
Lorsqu'il faillit jouir, il s'arrêta et ralentit. L'oreiller était collant et humide de pré-sperme. Il glissa sa paume sur son sexe, le pressant contre le tissu. Ses hanches roulèrent d'elles-mêmes. Il s'enfonça entre sa main et l'oreiller pendant un moment, lentement et prudemment pour ne pas encore se faire jouir.
C'était insensé, il devrait se dépêcher, ne pas s'attarder alors que Snape pouvait entrer à tout moment. Pourtant, il voulait prendre son temps. Il n'aurait plus jamais une telle chance.
Il avait perdu sa dignité au moment où il avait commencé tout ça, alors il attrapa l'une des manches sans vergogne. Il se sentait si chaud, presque brûlant, alors qu'il l'enroulait autour de sa queue et se branla comme ça pendant un moment.
L'instant d'après, la chemise était de retour dans sa bouche, faisant taire ses cris désespérés alors qu'il jouissait violemment sur l'oreiller et son propre ventre. L'odeur de Snape était mélangée à sa propre odeur capiteuse et elle devenait encore plus excitante. Harry retomba sur le lit, son sexe tremblant.
Il serra la chemise contre lui et essuya le sperme de son ventre avec une manche, puis regarda autour de lui, respirant toujours fort. Il était seul, heureusement. Il avait enfin atteint la hauteur qu'il avait visé la veille.
Il envisagea d'abord de prendre une douche, étant donné qu'il était encore poisseux et en sueur, mais décida qu'il ferait mieux de nettoyer la pièce d'abord. Il attrapa sa baguette sur la table de chevet et lança quelques sorts de nettoyage sur le lit.
Il n'était pas sûr de savoir si c'était de la honte, de la culpabilité ou du dégoût qu'il ressentait, mais il soupçonnait que c'était un mélange des trois. Il s'assura d'avoir enlevé toutes les preuves de l'oreiller puis alla prendre une douche rapide.
Ce fut un ouragan d'émotions et de pensées dans sa tête, mais au moins une révélation lui apparut de tout cela. L'odeur de Snape n'était plus un mystère, c'était juste son savon. Se laver avec lui rendit presque à nouveau Harry dur.
Il enfila rapidement son pyjama puis prit une profonde inspiration. Il était temps d'affronter Snape.
A suivre…
Je sais, je sais. Cette fin de chapitre est toute aussi frustrante que celle des chapitres précédents.
Je ne veux pas vous spoiler et vous dire dans quel chapitre arrivera le moment tant attendu de leur premier baiser, mais sachez que nous en sommes vraiment proche :)
A bientôt pour la suite
Bises
Gaeill
