Chapitre 22 : Petit à petit

Ils s'embrassèrent lentement et avec réserve. Harry en était presque reconnaissant parce que soudainement les doigts de Snape effleuraient son érection et il poussa un cri. Severus l'embrassa tout de même, ne le laissant pas s'éloigner même un instant tandis que sa main se déplaçait de haut en bas sur le sexe d'Harry. Il glissa ses doigts contre la dureté, les frotta à travers un jean épais, faisant gémir Harry dans les baisers.

Harry s'écarta, se sentant étourdi, son esprit vide d'oxygène, son cœur tambourinant contre sa cage thoracique. Il passa ses doigts dans ses cheveux, puis leva les yeux vers Snape. Il n'avait pas l'air mieux.

« Eh bien, au moins nous savons que tu avais raison. »

« Je ne me trompe pas souvent, » nota Snape en léchant ses lèvres soudainement gonflées et Harry voulait faire exactement cela aussi, de préférence jusqu'à la fin de sa vie. « Alors, en quoi avais-je raison exactement ? »

« C'est merveilleux. Et à couper le souffle. »

« Attends que nous arrivions à la partie sauvage, » nota-t-il presque anxieusement, et étant donné ce que ce baiser leur avait fait, Harry soupçonnait que quelque chose de plus sauvage pourrait le faire souffrir d'une crise cardiaque.

« Je veux juste me pencher en arrière et tomber avec toi, » dit Harry en regardant dans l'obscurité derrière eux. Il aimerait ça. Continuer de tomber avec Snape, ne jamais atteindre le fond, ne jamais lâcher prise.

Les yeux de Snape scrutant son corps en examinèrent chaque centimètre, avant qu'il ne dise presque avec urgence : « Fais-le. »

« Quoi ? »

« Fais-le, penches-toi en arrière. Tu as dit que tu me faisais confiance, vas-y, prouves-le. Penches-toi en arrière. » Il y avait quelque chose, une expression presque maniaque sur le visage de Snape, mais Harry, les jambes toujours autour de la taille de Snape, l'ignora et laissa son corps retomber lentement. Il donna le contrôle à la gravité et se laissa entraîner.

Severus tenait sa taille, pas qu'il en ait besoin, car Harry pouvait parfaitement s'équilibrer assis sur la balustrade tant qu'il s'ancrait à Snape. Seule la moitié de son corps était au-dessus du néant, et étant donné qu'il pouvait se transformer en hibou à tout moment, le danger n'était pas si grand.

Pourtant, alors qu'Harry se tenait là au-dessus de qui sait combien de mètres de vide, les cheveux étant doucement brossés par un courant d'air vagabond, il devait l'admettre, il y avait quelque chose de passionnant là-dedans. Le sang lui monta à la tête alors qu'il ouvrait grand les bras comme il le ferait avec ses ailes.

Pourquoi avait-il voulu apprendre à voler ? Il était parfaitement bien sur un balai. Il était plus rapide qu'un oiseau, remplissait bien son rôle, en particulier son Éclair de Feu. Et pourtant, il aspirait à être seul dans le ciel, par ses propres moyens, soutenu par rien d'autre que par la force de ses propres ailes, glissant avec les vents. La différence était-elle si grande ?

Ça l'était, lui dit une voix. Être là-haut, là-bas dans le monde sans aide. Tomber, dégringoler sans jamais naviguer tout à fait en douceur, laissant les courants l'emmener là où il avait besoin d'être ou se battre contre eux s'il savait que sa maison était dans l'autre sens. Il y avait quelque chose de libérateur à voler de ses propres ailes, quelque chose qu'il n'avait jamais su qu'il avait manqué.

Snape lâcha sa taille, ses mains courant sur la poitrine d'Harry, appuyant juste assez pour qu'Harry sente leur poids mais pas pour le déséquilibrer. Severus se pencha sur lui et Harry était sur le point de reculer, mais le petit signe de tête de Snape l'arrêta.

« Avant même que tu ne penses, » commença Snape alors que ses mains poussaient un peu plus haut la chemise et la veste d'Harry, « que c'est un signe que ton foutu plan idiot fonctionne, laisses-moi te dire que ce n'est pas le cas. »

Un moment de pure confusion traversa Harry, puis Snape embrassa son ventre. Harry se redressa tout de suite.

« Severus, qu'est-ce que tu fais ? »

« Eh bien, » dit Snape, poussant légèrement Harry en arrière sur le néant, avant de se pencher après lui et de l'embrasser chaudement. « Heureusement pour toi, j'en ai le goût. »

« Bon sang, » grogna Harry en sentant une main effleurer son érection. « Ce ne sera pas comme la Tour d'Astronomie, n'est-ce pas ? Tu ne me pousseras pas ? Tu ne me laisseras pas partir ? »

Severus leva les yeux vers lui, ses yeux noirs brûlant de désir. « Jamais. »

Le vent de février était froid contre sa peau, mais rien ne pouvait lui glacer le sang. Le corps de Severus sur lui était le meilleur remède contre le temps glacial que n'importe quel sort de réchauffement. Sa bouche contre le sexe d'Harry était suffisamment chaude pour faire fondre la neige en dessous et ces yeux brillants apporteraient sûrement le printemps.

Harry frissonna encore alors que Severus embrassait son ventre. La chair de poule grandit sur sa peau alors que ces lèvres, encore gonflées par leurs baisers précédents, traçaient des lignes sur son ventre. Snape le tenait par la taille, mais son corps était toujours courbé au-dessus de l'abîme sombre comme une arche grecque et ses muscles abdominaux étaient tendus comme la corde d'un arc.

Snape lécha de plus en plus bas, la langue passant sous la ceinture du jean d'Harry. Des dents s'enfonçaient dans cette petite chair molle qu'Harry avait sur ses os, son sexe fit un tressaillement excité et Harry cria, sa voix emportée par le vent.

Il baissa les yeux, le néant en bas l'appelait. C'était presque comme être en apesanteur, à la dérive, mais oh mon Dieu, il sentit le poids – le poids des mains, des lèvres, de la langue et des dents, même le poids des respirations dures exhalées sur sa peau. Tout lui pesait, leur masse n'étant plus qu'une plume chacune qui l'aiderait finalement à voler.

Il essaya de lever la tête, mais elle était trop lourde. Tout le sang et toutes ses pensées, ses doutes et ses peurs de l'avenir comme un fardeau l'attiraient vers le bas, et seules ses émotions, légères comme un oiseau, lui donnaient la force de regarder Severus.

Snape ignorait tout. Harry ne l'avait jamais vu aussi concentré, peut-être même pas lorsqu'il le regardait brasser.

Il se souvint d'un petit garçon qu'il n'avait jamais rencontré, seulement vu dans ses souvenirs, penché sur des livres et un chaudron, rétréci pour que les autres ne le remarquent pas. Il se cachait d'un père violent, des brutes, du monde aussi, si bien qu'en fait personne ne l'avait trouvé jusqu'à maintenant. Cependant, il avait changé dans son exil, avait grandi, avait fait poussé ses ailes, était devenu plus grand, plus fort, plus résistant comme un virus qui attaquait maintenant le cerveau de Harry, réécrivait toute sa structure, le renversait et pourtant créait toujours un Harry qui était plus fidèle à lui-même.

Snape remarqua qu'il était observé et leva les yeux. Il était un homme maintenant – comment pourrait-il ne pas l'être, avec les jambes d'un autre homme accrochées dans son dos, les yeux d'un prédateur dévorant sa proie – mais le garçon était toujours là, s'attardant au bord de sa conscience. Il était derrière chaque peur, chaque mot crié de colère, il était la pétulance, il avait construit un mur pour le garder du monde extérieur. Mais le mur n'était plus intact, il y avait un trou en forme de Harry dedans. C'était aussi ce garçon qui avait détesté Harry. Pas l'homme.

L'homme était différent. Plus calme, plus contrôlé. C'était comme s'ils avaient grandi ensemble, lui et Snape au cours des sept dernières années. Snape était devenu trop grand pour l'enfant. Il était plus courageux que son angoisse, plus fort que ses peurs, plus qu'une somme de souvenirs d'enfance. Il était un homme avec ses propres désirs.

« Je ne pense pas que ce soit par accident que je me sois retrouvé à côté de toi à l'aube. Je ne pense pas que ce soit Poudlard ou le destin non plus. Mais ce n'était pas un hasard. Cela ne pouvait pas être juste un hasard. » Murmura Harry.

« C'est une pensée profonde à avoir dans un moment comme celui-ci, » dit Snape, les lèvres tendues, juste un petit peu. Mais il ne nia pas. Il baissa les yeux pendant un moment, un sourcil se leva alors que son regard se déplaçait sur le corps d'Harry puis revint à son visage. « Je fais peut-être quelque chose de mal si tu peux encore penser à de telles choses. »

Harry sourit puis il regarda l'homme, comment ose-t-il penser qu'il pourrait y avoir quelque chose de mal à cela. Puis il rit. Il rit fort et heureux. Assis sur une balustrade, cambré à mi-chemin au-dessus d'un abîme, il se contenta de rire comme un fou. Ses larmes coulèrent, il les essuya. Severus le regarda, hypnotisé. Qu'est-ce que c'était, sinon du bonheur ?

Harry se pencha, captura les lèvres de Severus, elles étaient à lui, faites pour lui, juste pour lui. Il embrassa avec intention, il embrassa doucement, délicatement. Des larmes roulaient encore sur ses joues.

« Que ce passe-t-il ? » demanda Snape, comprenant l'importance du moment tout en se déplaçant sur une ligne parallèle avec lui, le ratant d'un cheveu seulement.

« Pas grand-chose, » répondit Harry. Je suis juste en train de tomber amoureux de toi. Lentement. Petit à petit. Tu le verras bientôt.

Snape embrassa une larme. « Veux-tu que je m'arrête ? » murmura-t-il, offrant doucement une issue.

Arrêter ? C'était impossible. Le dragon dans son ventre était déchaîné maintenant, libéré de sa cage et même si Harry voulait la refermer, il doutait de pouvoir jamais le rattraper.

« Non, Severus. » Il utilisa le prénom consciemment, mettant juste un peu d'emphase dessus. « Je ne veux pas que tu arrêtes. »

La petite pression des pouces sur ses hanches lui dit de se pencher en arrière. Il confiait son corps à cet homme avec une facilité presque effrayante. Pourquoi n'avait-il jamais eu peur ? La logique disait qu'il aurait dû au moins être un peu prudent avec Snape, il restait un Serpentard dans l'âme, mais il lui faisait confiance depuis la fin de la guerre. Était-ce la vérité ? Les souvenirs ? Une partie de sa magie chez Snape ?

Leur regard se connecta à nouveau. Qu'est-ce qui l'attirait vers Snape ? Qu'est-ce qui l'avait attiré vers le Prince de Sang-Mêlé ? Son intelligence ? Ses ténèbres ? Son esprit ? Ils auraient pu être amis depuis le début. Harry aurait admiré Snape. Mais c'était mieux ainsi. Il savourait l'intensité de toutes leurs rencontres. Il savourait le goût de la colère de Snape sur le bout de sa langue, comme il le faisait maintenant avec ses baisers.

Harry regarda avec un amusement incrédule sa ceinture se décrocher, le bouton de son jean s'ouvrir. La fermeture éclair s'abaissa.

Il rit. Un tel pouvoir immense résidait en cet homme, il pourrait détruire des murs, des vies, conquérir la moitié du monde à l'aide de celui-ci, pourtant c'était pour cela qu'il l'utilisait ? Déshabiller Harry ? Scandaleux.

Il y en a une autre. Une autre partie de moi est en train de tomber pour toi, pour ton stupide cœur. Comment oses-tu m'éloigner de moi-même. Faut-il être égoïste ? Il ne restera rien ici à moins que tu ne me donnes. Juste petit à petit. Ou tout à la fois.

Severus pouvait être fier de lui. Des pensées traversèrent l'esprit d'Harry au moment où sa bouche affamée s'abaissa sur le dessus de son sexe. Il se pencha en arrière, laissa les bras puissants supporter son poids.

Tu pourrais aussi bien. J'ai plus de moi en toi maintenant que j'en ai en moi.

Il se concentra plutôt sur les sensations.

Severus embrassa la tête de son sexe. Il avait un travail assez facile, il était parfaitement souligné à travers l'étirement de son jean. Il traîna sa bouche sur toute la longueur, traîna, lentement, langoureusement. Taquinant la chair. Il suça, juste un peu, mais Harry sentit quand même le dragon s'enrouler dans son estomac.

La magie de Snape retira son pantalon, et une fois découvert, son sexe jaillit exigeant l'attention de ces lèvres. Snape ne l'avait pas encore touché, pas avec ses mains du moins. Elles restèrent sur la taille d'Harry, le bout des doigts s'enfonçant dans le bas de son dos alors qu'il était maintenu à mi-chemin au-dessus du néant, des morceaux de lui tombant progressivement.

Ses yeux noirs sans fin le caressaient du regard. Harry pouvait le sentir. Peut-être que c'était de la magie aussi, ou juste de son imagination, il était assez riche en endorphine et en adrénaline pour avoir des hallucinations. Ils erraient sur sa hampe, hésitaient sur la pointe. Puis revinrent sur le regard vert d'Harry, s'assurant qu'il regardait, puis, alors seulement, Snape donna un petit coup de langue, pas plus qu'un test, goûtant un échantillon de la marchandise.

« Bon dieu, » gémit Snape, « Tu es plus délicieux que le Baiser de la Mort. »

Le corps d'Harry frissonna. Son esprit était tellement concentré sur ce petit mouvement que le reste du monde fut oublié. Puis Snape lécha à nouveau, plus longtemps, faisant glisser sa langue jusqu'en haut, comme un enfant mangeait de la crème glacée fondante par une chaude journée d'été. Ils n'étaient pas des enfants, c'était une nuit d'hiver, mais Harry fondait tout de même.

« Putain de Dieu ! » s'écria Harry.

Severus rit, juste un petit rire dans cette voix profonde de velours, mais les oreilles d'Harry résonneraient avec pour les jours à venir. Encore un morceau perdu.

« Je sais que tu as déjà fait ça avant, » dit Snape, mais bien sûr, ses mots signifiaient beaucoup plus. Il y avait là une question cachée.

« Pas comme ça, » répondit Harry. « Pas avec toi. »

« Y a-t-il une différence ? »

C'était là, l'enfant, le petit garçon, l'insécurité en lui, les doutes qui lui parlaient, lui chuchotaient des choses fausses dans sa tête.

« Bien sûr, » dit doucement Harry. « Une grande différence. »

Les lèvres se tordirent et le petit garçon disparut, retourna dans les cachots. L'homme resta et le mur autour de lui s'effondra. Le trou de la taille d'un Harry était devenu grand comme un troll des montagnes. Harry lui rendit son sourire.

Les lèvres, ces belles lèvres revinrent à son sexe. Elles l'embrassaient, dérivaient, caressaient. Comment ? Ginny l'avait sucé et c'était bon. Snape ne l'avait même pas pris dans sa bouche, et c'était mieux. Des lèvres douces glissèrent sur le bout de son sexe, un coup, un baiser, un souffle chaud contre lui et Harry supplia.

« Oh s'il te plaît, oh mon Dieu s'il te plaît. »

La chaleur sauvage enveloppa sa queue. Seul le choc l'empêchait de jouir sur le coup. Snape suça, légèrement, la langue pressée contre la tête molle. Il la déplaça, la glissa à l'intérieur de la fente, aspira le pré sperme.

« Putain de merde ! » Le dos d'Harry menaçait de se briser.

Plus Severus s'enfonçait, plus Harry tombait. Infini et éternel. L'obscurité était si vive qu'elle devint lumière. Turquoise et bleu, vibrant, tout autour d'eux. Ses yeux étaient ouverts. Il n'y avait pas de magie. Et pourtant, il pouvait la sentir, partout. Briller, apporter de la lumière, apporter de la chaleur.

Il voulait crier mais il fredonna en frissonnant. Il voulait crier, mais il ne pouvait pas. Sa bouche était ouverte, mais aucun son n'en sortait, quand ce fut finalement le cas, ce fut juste : « Severus … »

Les sons dans ses oreilles, sales, excitants ; les yeux qui le pénétraient, sauvages et enflammés ; comment cela pouvait-il évoquer en lui une plus grande brûlure que cette immense magie ?

Snape le lâcha, Harry tomba, des mains saisirent ses cuisses. L'emprise de la mort les ouvrit plus largement tandis que Severus l'entraînait profondément dans sa gorge. Harry était dans les airs, ne flottant rien de plus que sur des plumes dans le vent. Le bas de son dos touchait à peine la balustrade. Le monde bascula.

« Putain d'enfer, » haleta-t-il. Le néant était au-dessus, les étoiles étaient au-dessous ; les étoiles et Severus.

Sa tête pulsait, trop de sang arrivait. « Oh mon Dieu, s'il te plaît, » cria-t-il dans l'obscurité. Son sexe pulsait aussi, Severus bougeait, la chair râpeuse contre sa hampe, frottant le bout, suçant.

« Oh putain ! »

Harry jouit, s'envolant progressivement dans l'abîme au-dessus de lui. Et Severus l'avala, petit à petit, chaque goutte. Il pouvait le sentir, pas seulement sa magie, quelque chose d'autre à l'intérieur maintenant aussi.

Oh mon dieu oui, le mien. En toi, comme un virus, tu vois ? Tu le sentiras aussi.

Immobilité, perfection et chaos tout autour. Bruit, bourdonnement aigu et silence, profond et résonnant. Avait-t-il perdu la tête ? S'était-il perdu ?

Qu'est-ce que tu es en train de me faire ? Pourquoi est-ce que tu me fais ça ? Qu'ai-je jamais fait pour te mériter ? Pour mériter ça ? Ta confiance ? Tes ailes ? Pourquoi, Severus, pourquoi ?

Quand il revint à lui, il était entre ses bras, tendres et doux, des mains douces lui caressaient le dos.

« Qu'est-il arrivé ? »

« Trop de sang est arrivé dans ma tête. »

Tu es arrivé. N'ose pas croire que c'était autre chose.

« Est-ce que tu vas bien ? »

Harry rit. Il rit incrédule, heureux. Bienheureux. Il regarda Severus.

« Comment peux-tu demander cela ? Tu viens de me sucer jusqu'à l'oubli. »

Severus renifla. Il regarda Harry. Il sourit, pas seulement des lèvres serrées, mais un vrai sourire, les yeux pétillants, les fossettes apparentes. Cela fit friser les orteils d'Harry.

« Il viendra un temps, » dit lentement la voix grave, douce au début, s'assombrissant progressivement, « pas la première fois, mais il viendra un temps, où je te baiserai à cru. »

Le souffle d'Harry s'accéléra. Tout son corps fredonnait d'accord.

« Je vais te faire sentir chaque éclair en moi, chaque piqûre électrique de ta magie qui coule en moi. C'est la tienne, autant que la mienne et tu mérites de le sentir. »

« Nous méritons tous les deux de ressentir cela, » dit Harry puis l'embrassa profondément.

« Restes cette nuit, » souffla Snape contre ses lèvres.

Il voulait aussi tomber, Harry pouvait le dire. Ses peurs et ses doutes, les murmures lui disant des mensonges, qui bourdonnaient dans son esprit comme des coléoptères agaçants par une nuit calme. C'était dangereux. Il partirait. Et qu'est-ce qui se passerait si cela arrivait ? Si tout n'était qu'une blague ? Pouvait-il l'aimer ? Harry pouvait presque entendre les sombres murmures de la conscience de Snape.

« Oui, » dit-il à Severus et avec un peu de chance sa conscience l'entendrait aussi.

Ils rentrèrent à l'intérieur, se douchèrent – séparément. C'était étrangement domestique. Harry était déjà au lit au moment où Snape sortit de la salle de bain avec de la fumée derrière lui, tourbillonnant comme ses robes, grises et non noires maintenant. Il portait un vieux pyjama gris usé, à manches longues, avec des boutons – toujours des boutons. Harry venait de remettre son boxer, il n'avait pas peur d'avoir froid cette nuit.

Severus essuyait ses cheveux avec une serviette et Harry ressentit soudain le besoin absurde de le faire asseoir entre ses jambes et de le laisser brosser ces longues mèches.

« C'est trop long. Je vais devoir les couper, » nota Severus quand il remarqua l'attention.

« N'y pense même pas, » dit rapidement Harry depuis le lit. Il croisa les bras sur sa poitrine quand il remarqua le sourire narquois de Snape.

Il lâcha la serviette qui retourna toute seule dans la salle de bain. Il vint se coucher, s'assit sur le bord du lit, dos à Harry. Il semblait qu'il rassemblait du courage pour grimper sous les couvertures, mais pourquoi, Harry ne pouvait pas comprendre. Harry lui laissa une minute. Cela devait être la décision de Severus. Il ne voulait pas le forcer, peu importe combien il voulait tendre la main et le toucher, combien il voulait s'agenouiller derrière lui et enrouler ses bras autour de l'homme.

« Pourquoi est-ce si difficile ? » dit finalement Snape. « Alors que je te veux ici. »

Qui es-tu ? Comment se fait-il que tu sois si honnête ?

« Je peux partir, » proposa Harry. Il pouvait donner du temps. Il pourrait.

« Ne t'avise pas. Je veux ceci. »

« Alors, viens ici. »

Snape se tourna vers lui, une jambe déjà sur le lit. Petit à petit. Tout irait bien.

Severus soupira en frissonnant. C'était un homme qui, s'il se laissait tomber, tomberait fort. Et Harry voulait être là quand cela arriverait.

« Je… » Snape déglutit. Des yeux noirs regardèrent Harry. « Je te veux ici. » Répéta-t-il, mais pas aussi passionné qu'avant, plus pensif. Il goûtait autant aux mots qu'à l'idée elle-même.

Qu'est-ce que ça fait, Severus, de le dire ? Est-ce libérateur ?

Harry laissa tomber sa main sur le lit, la laissa retomber près de Severus. Il était là, une béquille, s'il le fallait. Severus l'observa, la paume, immobile, juste là, tremblant à peine. Il tourna un peu plus. Il ne le saisit pas comme un noyé saisit une corde. Il le toucha avec hésitation, le bout des doigts voletant, sentant.

Il n'y avait pas d'électricité, pas d'étincelles. Tout était timide, mais beau. Seulement le bout de ses doigts frôla ses doigts au début, se précipitant sur la paume d'Harry, juste pour revenir au sommet. Severus prit la béquille finalement, ne tenant que les doigts d'Harry dans sa main, pas complètement, juste un peu pour l'instant.

Il leva les yeux. Il était nerveux. Timide.

Timide.

Il viendra un moment où je te baiserai à cru – L'homme qui lui avait dit cela, qui l'avait regardé dans les yeux et avait prononcé ces mots le regardait maintenant timidement.

Qui es-tu ? La question était de nouveau là.

« Severus… » murmura Harry. Il n'osait rien dire d'autre. Juste le nom. Le nom du garçon et de l'homme aussi. Il n'y avait pas l'un sans l'autre. Soit il les convainquait tous les deux, soit aucun des deux ne viendrait.

Snape se pencha sur le lit, déposa un baiser au milieu de la paume de Harry, puis y pressa le côté de son visage. Il s'enroula autour de la main d'Harry comme un enfant niché près de la chaleur du feu ou du corps de sa mère.

Harry se rapprocha, leva la tête sur sa poitrine. Severus le laissa faire. Il ne s'écarta pas, se laissa juste prendre, être tenu, embrassé.

« Nox, » murmura Harry, accueillant la douce couverture de l'obscurité.

Des bûches craquèrent dans la cheminée et il caressa Severus jusqu'à ce qu'il s'endorme. Il caressa ses cheveux jusqu'à ce que toutes les petites boucles soient complètement lissées et qu'elles soient sèches et douces comme des plumes irisées.

Harry était peut-être celui qui avait appris à voler. Pourtant c'était Severus, semblait-il, qui petit à petit regagnait sa liberté.

A suivre…

Il fait chaud non ?


A bientôt pour la suite

Bises

Gaeill