Chapitre 24 : Cousin Steve

Le petit-déjeuner de Ron resta intact, ce qui était assez étrange, mais le plus bizarre était la raison pour laquelle il n'avait rien mangé ce matin. Il fixait Snape.

L'oiseau noir s'était montré chaque nuit depuis mais il n'était plus jamais redevenu humain. Il arrivait quand Ron et Neville dormaient, se reposait quelques heures à côté de la tête d'Harry, puis partait avant l'aube, avant que quelqu'un d'autre que Harry puisse même remarquer sa présence. Neville ne savait rien de lui. Il n'avait même jamais mentionné avoir vu l'oiseau la première nuit. Harry soupçonnait que le sort jaune canari n'était rien d'autre qu'un petit Oubliette.

Harry n'avait pas vu Severus depuis lors. Juste l'oiseau, pas l'humain. Eh bien, ils s'étaient rencontrés ; ils se croisaient dans les couloirs, ils se voyaient aux repas, mais ils ne faisaient pas attention l'un à l'autre. Ils n'étaient jamais seuls. Ils ne parlaient pas. Sans le quiscale qui arrivait chaque nuit, Harry aurait presque douté qu'il n'avait pas rêvé tout cela.

Ça, et Ron.

Il frappa la main de son meilleur ami, qui jouait paresseusement avec son bacon.

« Arrêtes de le regarder, » siffla Harry dans un souffle.

Le regard de Ron revint à Harry. « Désolé, je ne voulais pas. » Commenta-t-il en prenant une bouchée de ses œufs.

Harry toucha sa baguette sur la table et murmura un Muffliato. Le son de leurs camarades se dissolvait en murmures lointains.

« Pourquoi agis-tu si bizarrement à ce sujet tout d'un coup ? Tu n'étais pas paniqué il y a une semaine quand je te l'ai dit ! »

« Je ne suis pas paniqué ! » dit rapidement Ron, ses yeux revenant lentement sur Snape. « Je ne le suis pas. »

« Ron ! » dit Harry. « Tu recommences ! »

Il n'avait même pas besoin de lever les yeux, il pouvait sentir le regard noir de Snape sur eux. Le professeur tamponna le coin de ses lèvres, posa sa serviette sur la table, puis se leva.

« Et bien tu as réussi, » murmura Harry frustré, les yeux de retour dans son assiette, même s'il savait qu'il était trop tard.

Snape venait dans leur direction. Ron baissa également les yeux, tous deux espérant que Snape voulait juste leur faire peur.

Harry annula le sort tout de suite, seulement pour qu'il soit révoqué un instant plus tard. Il pouvait à peine entendre deux mots d'une conversation voisine, elle se fondait déjà dans le bruit général. Puis Snape se pencha sur la table à côté de Ron, les yeux noirs projetant des éclairs et la voix tonnant dans sa fureur silencieuse.

« Avez-vous un problème M. Weasley ? »

Ron s'éloigna de lui, accordant plus d'attention à son assiette maintenant que toute la semaine. « Non monsieur. » Il déglutit.

« Si je vous surprends à me regarder encore une fois, je ne ferai pas que vous oublietter, je réduirai votre cerveau à l'équivalent d'une limace. Me comprenez-vous, M. Weasley ? »

« Les limaces n'ont pas de cervelle… » ironisa Ron très doucement.

« C'est exactement ce que je veux dire, M. Weasley. » siffla Snape. « Alors, suis-je compris ? »

« Oui Monsieur. » Ron acquiesça, n'osant toujours pas lever les yeux vers Snape. À la surprise d'Harry cependant, il n'était pas terrifié, comme il aurait dû l'être. Ron souriait. En fait, il pouvait à peine s'empêcher de rire aux éclats.

« Bien que, comme je le vois, vous pourriez simplement considérer cela moins comme une menace et plus comme une amélioration. » remarqua Severus, fixant le roux du regard.

Ron se mordit la lèvre pour ne pas rire, mais il tremblait. « Non monsieur. » Il tourna lentement la tête vers Snape, le regarda, ses yeux passant du sommet de la tête de l'homme jusqu'à ses bottes puis de nouveau. « C'est juste, vous voyez, c'est mon anniversaire aujourd'hui. » Dit-il avec un sourire stupidement grand sur son visage.

« Et vous souhaitez le passer en retenue ? » demanda lentement Snape.

« Nous allons faire la fête. Ce soir. A la Tour de Gryffondor. Il y aura plein de nourriture et beaucoup d'alcool. »

Les yeux de Snape se plissèrent. Harry enfouit son visage dans ses mains. Il entendit toujours la voix dangereusement basse de Rogue alors qu'il disait : « Me dire ça, M. Weasley, était une chose très, très stupide à faire. Ce qui me fait me demander pourquoi vous voudriez perdre tous les points durement gagnés de Gryffondor et gagner une retenue pour la durée du reste du semestre. »

Le sourire de Ron rétrécit un peu pendant un moment, puis il déglutit et hocha la tête vers Harry.

« Il a besoin de quelqu'un pour l'accompagner. » Il sourit.

« Bon sang, Ron ! » Harry gémit.

Des yeux noirs étaient braqués sur Ron, qui ne bougea pas. Il continua de regarder Snape avec un sourcil levé. Harry avait le sentiment distinct que ces deux-là avaient leur propre discussion, et encore une fois, il en était exclu.

« Vous êtes fou, Weasley, » dit Snape à la fin et se redressa.

Ron haussa les épaules. « Tout ce que je dis, c'est que la fenêtre sera ouverte. »

« Si j'entends un bruit de la tour Gryffondor ce soir, vous serez tous en retenue. » Snape grimaça. « Bonne journée, M. Weasley. »

« Au revoir, professeur Snape, » sourit Ron.

Snape regarda aussi Harry. Son expression s'adoucit légèrement. « Contrôlez votre ami, Potter. »

« Oh, ne vous inquiétez pas, monsieur. Je vais le tuer. » dit légèrement Harry, lançant un regard mortel à Ron.

« Quelle belle idée, » nota Snape puis son regard se déplaça sur le visage d'Harry. « Vous avez bien dormi, M. Potter ? » demanda-t-il doucement.

Harry ne put s'empêcher de sourire. « Raisonnablement, monsieur. Un oiseau m'a encore réveillé à l'aube. »

« D'horribles parasites, » commenta Snape.

« Je suis de plus en plus friand de celui-ci, en fait, » admit Harry avec un haussement d'épaules désinvolte.

« Oh taisez-vous tous les deux, » grogna Ron dans un souffle.

Snape semblait ne pas l'entendre, son expression restait inchangée et ses yeux noirs ne quittaient pas Harry. Mais ensuite, le coin de ses lèvres se contracta. Il se retourna et s'éloigna, ses robes flottant derrière lui.

Son départ annula également son sort et Harry dut le refaire pour continuer à parler en secret, même si personne n'y prêta attention.

« Tu es fou, Ron ! » Il siffla.

Ron se contenta de sourire, puis haussa les épaules. « Quoi ? »

« Qu'est-ce qui ne va pas avec toi ? » Harry ne pouvait pas arrêter le sourire qui l'envahissait. Bientôt, ils riaient tous les deux.

« Est-ce pour cela que tu as continué à le regarder ? » demanda Harry incrédule, une fois qu'il put à nouveau respirer.

« Eh bien, non, pas vraiment… » Ron gloussa. « C'est juste… tellement bizarre. Je l'ai entendu t'embrasser, Harry ; cela change la perspective d'un homme sur une personne, surtout Snape ! Je veux dire… » Ron secoua la tête, riant toujours.

« Quoi ? » demanda Harry.

« Eh bien, c'est juste que… je ne peux plus le regarder comme avant Harry. Il… a perdu son pouvoir. C'est juste un mec normal maintenant, qui baise mon meilleur ami, » dit Ron sans ambages et bien que ce ne soit pas encore vrai, Harry n'avait pas envie de le corriger. Après tout, il espérait que tôt ou tard ce serait le cas de toute façon. « Et une fois que tu as tiré cette conclusion, tu commences à penser… »

« À propos de quoi ? »

« Eh bien, tu sais… Je continue de voir ces images dans ma tête. Avec toi et lui… Faisant juste les trucs habituels que je fais avec Hermione. Comme vous tenir la main et parler de votre journée, tu sais. Comme tous les couples le font. »

« Nous ne sommes pas un couple, Ron, » déclara Harry.

« Vraiment ? Je sais que tu ne peux pas appeler ça un rendez-vous régulier, mais … vous êtes ensemble, n'est-ce pas ? »

« Eh bien, je veux dire… Ouais, je suppose. »

« Tu vas passer l'été avec lui ? Ou encore avec nous ? Est-ce qu'il va venir nous visiter ? Est-ce qu'il va déjeuner avec nous le dimanche ? Hermione n'arrêtait pas de me harceler à propos d'un double rendez-vous avec Ginny et toi, ce qui était assez bizarre, parce que c'est ma petite sœur, mais maintenant il va venir quand nous descendrons prendre une pinte ? »

« Ron, il ne viendra nulle part, nous ne pouvons pas être vus en public, » lui dit Harry.

« Eh bien maintenant, oui. Mais vous ne garderez pas cela secret pour toujours, n'est-ce pas ? L'école sera finie dans quelques mois, et alors ? » demanda Ron.

« Ron, ce n'est pas comme si j'allais l'épouser ! »

« Ouais, mais tu es amoureux de lui ! »

« De quoi parles-tu ?! »

« Eh bien, je ne sais pas, M. J'aime-de plus en plus cet oiseau-mystérieux-que-nous-savons-tous-être-vous », dit Ron d'un ton moqueur, mais quand même souriant. « Et Snape n'a pas l'air d'être le gars qui fait des câlins non plus. Chaque nuit, il risque son travail pour être avec toi. »

Harry ne savait pas quoi répondre à cela. Il regarda juste Ron.

« C'est stupide, si tu veux mon avis. » dit Ron, calmement.

« Quoi ? »

« — Qu'on ne le voit pas avec toi. Ce n'est plus comme s'il t'enseignait, et tu es majeur. Tu as tué Voldemort, bordel. Tu es mort pour nous, Harry. On penserait que le moins qu'ils puissent faire pour toi est de te laisser sortir avec quelqu'un que tu aimes. »

Harry soupira, repoussant son assiette. « Quand ma vie a-t-elle été aussi simple ? »

OoOoO

Ce n'était pas censé être une grande fête. Ce qui avait commencé comme quelques-uns d'entre eux assis près du feu avec un gâteau et du champagne, qui leur avaient été envoyés par M. et Mme Weasley, s'était rapidement transformé en une célébration plutôt festive en fait. Étant donné que c'était vendredi soir, personne ne semblait vouloir faire ses devoirs, à la place, ils s'étaient tous rassembler pour porter un toast avec Ron.

Ils avaient plus de nourriture que lors de la cérémonie de bienvenue. Des puddings de toutes sortes, des rôtis et des gâteaux d'anniversaire tapissaient toutes les surfaces horizontales. Après avoir sauvé les elfes pendant la bataille de Poudlard, Ron était devenu le héros du personnel de cuisine, ce qui faisait plaisir à son estomac.

Une seule table était sans nourriture et servait de bar à alcools. Hermione, la seule adulte raisonnable parmi eux, avait tracé une ligne d'âge, mais les étudiants plus jeunes avaient vite appris qui étaient les âmes faibles pour mendier une bouteille de bière ou un verre de punch. Elle abandonna bientôt le combat, faisant confiance aux préfets et au préfet en chef pour gérer toute situation pouvant survenir, bien qu'elle ne sache pas grand-chose, tous étaient déjà plutôt ivres – Ron s'en était assuré.

Harry jetait parfois un coup d'œil à la fenêtre ouverte, bien qu'il n'ait aucun espoir qu'un oiseau noir passe à travers.

Ron le remarqua et lui offrit un haussement d'épaules, qui signifiait, " j'ai essayé ". Harry sourit en retour puis but une gorgée de son punch. Il ne voulait pas trop boire. Il avait le premier club de duel le lendemain après-midi, et il ne voulait pas avoir encore la gueule de bois.

« Alors, comment va Snape ? » lui demanda Ginny. Elle était assise juste à côté de lui, sa voix suffisamment basse pour que les autres ne les entendent pas.

Harry sentit un frisson le traverser. C'était la première phrase qu'ils se disaient depuis la rupture. Il se demanda comment Ginny réagirait si elle découvrait qui avait dormi dans le lit d'Harry toutes les nuits de la semaine dernière.

« — Bien, je suppose, » lui sourit-il.

« Je n'ai pas vu son Patronus depuis un moment, » nota Ginny.

« Oui, moi non plus. » Harry hocha la tête.

Ginny le regarda pendant un moment. Elle avait l'air triste. Pas le cœur brisé, plus maintenant. Juste triste. Et légèrement anxieuse.

« Écoute, Harry… il y a quelque chose dont je veux te parler. »

Harry but une autre gorgée de son punch. « Je t'écoute, Gin, » dit-il doucement.

« Pouvons-nous parler en privé ? » Elle fit signe vers la fenêtre ouverte. Personne ne semblait s'y trouver, vu le froid.

Harry se leva, lui tendit la main et sourit. « Bien sûr. »

Elle la prit et ils s'éloignèrent de leur groupe. Harry la regarda alors qu'elle le tirait à travers des masses de gens, s'attardant ou dansant autour. Des cheveux roux brillants coulaient sur son épaule, une taille étroite, de petits doigts qui l'agrippaient durement alors qu'ils se déplaçaient dans la foule.

Harry reconnut calmement qu'il ne ressentait rien du tout pour elle. Il l'aimait, bien sûr, tout comme il aimait Hermione ou Luna.

Elle inspira l'air froid, appuyée contre le rebord de la fenêtre. Harry la rejoignit, pensant que c'était la même fenêtre où il avait embrassé Snape la dernière fois.

Ginny parut soudain anxieuse. Elle s'agita mais n'osa pas regarder Harry.

Harry sourit, lui reprenant la main. Il réalisa vaguement qu'il se sentait plus à l'aise de la toucher maintenant qu'ils avaient rompu, que pendant la majeure partie du semestre alors qu'ils étaient encore ensemble.

« Est-ce à propos de Neville ? » demanda-t-il prudemment.

Ginny lança ses yeux bleus directement vers Harry. Elle ne dit rien.

« C'est bon, Gin, j'ai remarqué que vous traîniez beaucoup ensemble, ces derniers temps. »

« Et ça te convient ? »

« Est-ce qu'il te traite bien ? »

« — Oui, » dit-elle en rougissant.

« Alors, oui. » dit Harry avec un sourire. « Tu le mérites, Ginny. Ce n'est pas parce que je ne pouvais pas te le donner que je ne veux pas que tu sois heureuse. »

Ginny se retourna, s'appuyant le dos contre le cadre. « Tu penses qu'on pourrait redevenir amis ? » Demanda-t-elle d'un ton calme et plein d'espoir.

« Bien sûr, » répondit Harry, ses yeux balayant l'obscurité à l'extérieur, dans l'espoir de voir des plumes irisées dans le ciel. Rien ne bougea là-bas, bien sûr. « Je veux que nous redevenions amis. Et ça ne me dérangerait pas si Neville recommençait à me parler. Il m'évite depuis que nous avons rompu. » Harry sourit.

« Ouais, il a un peu peur de ce que tu lui ferais, si tu découvrais qu'il veut sortir avec moi. »

Harry renifla. « Je lui souhaite probablement bonne chance. Ce n'est pas de moi qu'il doit avoir peur. Tu as six autres frères. »

Ginny éclata de rire. Harry ne se souvenait pas de la dernière fois qu'il l'avait entendue rire. C'était tellement mieux comme ça. Pour eux deux.

Il se tourna vers elle et lui tendit la main. « Amis ? »

Ginny lui sourit joyeusement. « Amis », répondit-elle avant de lui serrer la main.

Ils retournèrent vers le reste de leur groupe, Ginny lui donna une dernière brève étreinte, avant qu'elle n'aille voir Neville. Elle se figea cependant, alors qu'elle regardait vers leurs amis.

« Qui c'est ? » Demanda-t-elle surprise.

Harry leva aussi les yeux. Des yeux bleus perçants semblaient le fixer. Ils appartenaient à un jeune homme, probablement du même âge qu'eux, même si Harry ne l'avait jamais vu de sa vie.

Il avait des cheveux roux bouclés en désordre et avait l'air aussi dégingandé que Ron. Sa peau était blanche comme du lait et couverte de taches de rousseur. Il n'était pas étudiant, du moins il ne portait pas les robes habituelles de l'école, mais portait un simple jean noir, une chemise blanche et une veste noire.

« A en juger par l'apparence, » nota Harry avec un sourire, « ton septième frère. »

« Oh tais-toi ! » rit Ginny alors qu'elles se rapprochaient.

« Te voilà, Harry, » appela Ron. « As-tu rencontré mon cousin, Steve ? »

« Steve, » répéta Ginny doucement. « Nous avons un cousin qui s'appelle Steve ?

Harry renifla en prenant la main tendue du gars et la serra. « Bonjour, Steve. Je suis Harry. Ravi de te rencontrer. »

Harry ressentit une étrange sensation de picotement à l'endroit où leur peau se touchait, même si cela n'était peut-être que l'effet du regard intense de Steve.

« Le fameux Harry Potter… » murmura Steve. « Quel plaisir de te rencontrer. »

« Qui es-tu déjà ? » demanda Ginny. « Je n'ai jamais entendu parler de toi. »

« Euh, ouais, » dit Ron. « Tu étais toute petite lors de sa dernière visite. Il vit en… »

« France. » proposa Steve, puis serra également la main de Ginny. « Je viens juste pour une courte visite. »

« Il était en route pour le chalet aux coquillages, » expliqua Ron. « Il avait une lettre pour Fleur, de Gabrielle. Il est passé dire bonjour. »

« Oh, » murmura Ginny. « Comment va-t-elle ? »

« Magnifique, comme toujours, » dit Steve puis se retourna vers Ron. « J'ai presque oublié, joyeux anniversaire… euh… Ron ». Sur ce, il remit une bouteille à son cousin.

« Du Whisky Ogden ? » S'exclama Ron joyeusement, avec un large sourire, tapotant joyeusement son cousin sur l'épaule. « Merci, Steve, tu es une personne adorable. »

Steve ne semblait pas d'accord avec le fait d'être touché si familièrement. Il grimaça à Ron, qui enleva immédiatement sa main.

« La nourriture est par là, » Ron montra les gâteaux et les rôtis, « l'alcool est par ici, » dit-il en soulevant la bouteille dans sa main. « Mais nous avons aussi de la bière et du punch. N'hésites pas à prendre tout ce que tu veux. »

Steve arqua un sourcil puis lança un autre regard intense à Harry. « J'y compte bien. »

Ils se rassirent sur les canapés près du feu. Ginny s'assit à côté d'Harry avec un sourire, mais Steve se tint au-dessus d'elle avec un regard noir jusqu'à ce qu'elle s'éloigne, intimidée. Harry trouva Steve étrangement familier même s'ils ne s'étaient jamais rencontrés avant.

« Donc, tu n'étais pas là au mariage de Bill, n'est-ce pas ? » Demanda Harry à Steve une fois que le jeune homme se fut assis à côté de lui.

« Non, le travail m'a tenu à l'écart, » dit Steve en prenant un verre de whisky à Ron.

« Le travail ? » demanda Harry surpris. Steve n'avait pas l'air beaucoup plus vieux qu'eux. Cependant, à vrai dire, il y avait quelque chose dans ces yeux bleus qui disait à Harry que Steve n'avait peut-être pas eu une vie facile non plus. Il n'avait rien de la gentillesse habituelle des Weasley, il était plutôt formel, mais pas froid.

En fait, il semblait plutôt intéressé par Harry. Il se tournait vers lui pendant qu'ils parlaient, ignorant complètement les autres. Leurs genoux se touchant pourraient presque être juste un accident, sauf que Steve était appuyé sur le dossier du canapé avec un bras dessus et Harry pouvait presque sentir la chaleur de ses doigts dans son cou. Sa peau frissonnait, pas forcément dans le mauvais sens. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas pu toucher Severus, et bien, son corps ne tolérait pas le manque très calmement.

« Je n'en ai peut-être pas l'air, mais je suis beaucoup plus âgé que toi, Potter. » Dit Steve.

« Que fais-tu ? » demanda Harry.

« J'enseigne. »

« Vraiment ? A ton âge ? »

« J'ai commencé tôt. »

« Alors, comment sommes-nous liés exactement ? » demanda Ginny de l'autre côté de Steve.

Steve roula des yeux avant de se tourner vers sa cousine. « Des cousins très éloignés. »

Ginny souffla, pas que Steve l'ait remarquée. Il regardait déjà à nouveau Harry.

« Alors, Steve, » dit Harry. « Tu enseignes à Beauxbâtons, alors ? »

« Bien sûr, » dit Steve, ne se souciant pas beaucoup du sujet.

« J'enseigne aussi en quelque sorte, » lui dit Harry quelque peu fièrement. « Eh bien, j'aide pour le moment. Défense contre les forces du mal. »

« Est-ce que tu aimes ça ? » demanda Steve. Ses yeux bleus brillaient.

« Ouais, » sourit Harry. « J'aime vraiment beaucoup. »

« C'est bon à entendre. As-tu déjà pensé à aller au-delà de l'assistance ? D'après ce que j'ai entendu dire, tu serais excellent là-dedans. »

Harry souffla. « Tu es la deuxième personne à me le suggérer cette semaine. »

« Beaucoup d'entre nous ne peuvent pas se tromper », déclara Steve, les lèvres courbées. Il ne souriait pas beaucoup, mais c'était toujours un jeune homme assez beau.

« Je veux être Auror depuis que j'ai quatorze ans, » admit Harry. « Je n'ai jamais vraiment pensé à autre chose. »

« Crois-moi, Potter, tu détesteras être un Auror. Trop de règles que tu ne suivras jamais. »

Harry éclata de rire. « J'ai l'impression que tu me connais déjà trop bien. »

« Et pourtant, il y a encore des côtés de toi que je n'ai jamais vus. »

« Eh bien, je l'espère. Nous ne nous connaissons que depuis dix minutes. » Harry sourit.

Steve lui rendit son sourire en levant son verre. « Voici les dix meilleures minutes de ma journée. »

Harry sentit une rougeur lui monter au cou, mais il trinqua néanmoins avec Steve.

Soudain, une fille de sixième année, si Harry se souvenait bien, se tenait au-dessus de lui avec un sourire gentil et timide.

« Salut Harry, » dit-elle timidement. « Est-ce que… tu veux danser ? »

« Non, merci Emma, » dit Harry, mais elle lui prit la main et commença à le tirer du canapé.

« Oh, allez, Harry, ce sera amusant. »

Avant qu'Harry ne puisse refuser poliment, il sentit soudain une paume glisser vers son genou. Puis Steve dit d'une voix peu amicale : « Il est occupé, Miss Macintosh. »

Ses yeux légèrement paniqués examinèrent la main sur la jambe d'Harry, comment elle pressait légèrement la cuisse d'Harry avant qu'elle n'halète, « Oh… » puis laissa finalement tomber la main d'Harry.

« Tu peux partir maintenant. » Lui dit Steve et elle détala rapidement.

Harry regarda la main sur sa jambe avec un mélange de fureur froide et de confusion, étant donné que son corps stupide était très impatient de répondre au toucher insistant. Il lança un regard à Ron, jetant un coup d'œil entre la main et son meilleur ami d'une manière suggestive, mais Ron se contenta de sourire et de hausser les épaules.

Harry saisit les doigts errants de Steve et le laissa retomber sur les genoux de son propriétaire.

« Je peux m'occuper d'elles, » dit Harry d'une voix réservée.

« Sans aucun doute, » dit Steve. « Je n'aime toujours pas que les autres touchent à ce qui m'appartient. »

Harry rit sèchement, « Je ne t'appartiens pas, Steve. » dit-il puis se leva. « Maintenant, si tu veux bien m'excuser. »

Il s'éloigna, en manque d'air frais. Il se dirigea vers la fenêtre ouverte, regardant l'obscurité. Severus lui manquait. C'était une idée ridicule, mais c'était vrai. Il voulait s'asseoir à côté de l'homme, tout comme Hermione était assise à côté de Ron. Main dans la main, ou juste en se touchant légèrement, ou même pas en se touchant du tout, mais en s'assurant toujours que tout le monde dans la pièce comprenne qu'il n'était pas seul.

Si Severus ne venait pas ce soir, il irait là-bas à la place. Cela faisait une semaine et il lui manquait. Il voulait juste parler. Même si cela finirait par être autre chose, tant pis.

Un verre de whisky apparut sur le rebord de la fenêtre à côté de son coude et un corps se pressa contre son dos. Pendant un instant, il s'autorisa à imaginer que c'était Severus. Il soupira profondément.

Quand le moment fut terminé, il se retourna et pressa sa baguette contre la gorge de Steve. Le jeune homme ne cligna même pas des yeux.

Personne ne regardait dans leur direction, pourtant Harry murmurait toujours : « Si tu me touches encore une fois, je me fiche que tu sois un Weasley et je te jetterais hors de la tour, tu comprends ? »

Steve sourit, mais ses mains se retirèrent.

« Tu as l'air d'attendre quelque chose, Potter. Je me demande ce que cela pourrait être. » dit Steve d'une voix dangereusement basse. « Un petit oiseau peut-être ? »

C'était trop proche de la vérité et Harry n'aimait pas du tout ça. Sa baguette s'enfonça plus profondément dans la peau d'un blanc laiteux. Steve se mordit la lèvre inférieure et gémit légèrement.

« Dégages de moi, » siffla Harry.

« Utilises ta tête, Potter. Ne m'obliges pas à le dire ; cela enlève le plaisir. » dit Steve en attrapant son verre.

« Je vais te jeter dehors, » déclara Harry.

« Je peux voler, » dit Steve facilement et prit une gorgée. « Ton dévouement aveugle m'a surpris dès le début, Potter. Je n'ai jamais rien attendu de toi et pourtant tu donnes et donnes encore. Tu me fais confiance puisque tu connais ma véritable allégeance. Tu as confiance en moi quand je n'en ai plus. Et maintenant tu me restes même fidèle ? Qu'ai-je fait pour te mériter ? »

Harry fixa les yeux bleus inconnus. Son cœur lui criait dessus, lui disant la vérité, mais son esprit refusait de l'accepter.

« Toi… ? Comment… ? »

« Retourne-toi », demanda Steve, mais il n'attendit pas. Il saisit la main d'Harry, retira la baguette de sa gorge, puis tourna Harry et le pressa contre le rebord de la fenêtre.

« Dis mon nom. » Steve grogna à voix basse.

Ce n'est pas Steve. C'est toi. Tu triches. D'abord un oiseau, maintenant ça. Comment oses-tu ?

Harry repoussa le corps, « Ce ne peut pas être vrai, » gémit-il.

« Ta forme Animagus est un harfang des neiges, la mienne est un quiscale à ailes de voile. Dis mon nom. »

« C'est impossible… »

« Vraiment ? Je ne suis peut-être plus le maître des potions résident, mais je n'ai jamais arrêté de brasser des mélanges comme le Polynectar ou le Veritaserum que je garde toujours à proximité. Dis mon nom. »

« Non, » gémit Harry alors qu'il laissait le corps se frotter contre lui. « Non, non, non, ça ne peut pas être… Tu ne peux pas… oh mon Dieu… »

Une bouche pressée contre sa gorge suça avidement sa peau.

« Quel autre détail veux-tu que je dise pour prouver qui je suis ? Que je fume avec toi sur mon balcon ? Que je dors avec toi toutes les nuits ? Que je veux te sentir, te toucher, te goûter à nouveau ? Tu sais qui je suis. Dis mon nom, Harry. »

« Oh mon Dieu, S-Severus, » dit Harry en fermant les yeux. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »

« Ça, » dit Snape et il embrassa Harry.

Tout était faux. Il y avait des cheveux courts et bouclés dans sa main, les doigts qui tenaient son menton n'étaient pas osseux, mais épais, le corps derrière lui était aussi beaucoup plus musclé. Même son odeur était différente. Tout allait mal, mais c'était toujours lui. Harry pouvait le dire. Il embrassait de la même manière que Severus, il ressentait la même chose qu'avec Severus.

« Pourquoi fais-tu cela ? » Harry souffla contre les lèvres inconnues de Severus. « Tu as perdu la raison ? »

« Je ne peux plus prétendre à la raison, » dit Severus, agacé. « Bien que je pense que nous pouvons tous les deux nous mettre d'accord sur le fait que j'ai perdu l'esprit. »

« Ouais, bien sûr, blâmes-moi, » sourit Harry. Il regarda par-dessus son épaule. Des yeux bleus le regardaient. Il frissonna. « C'est tellement bizarre. »

Severus passa cinq doigts dans ses cheveux bouclés. « Est-ce si mauvais ? »

« Tu es roux, Severus. » Harry renifla. « Où as-tu même eu ce visage ? »

« C'est juste un pauvre type que j'ai rencontré à Pré-au-Lard aujourd'hui. »

« Et d'où vient le cousin Steve ? »

« Ne me demandes pas. Weasley a réalisé qui j'étais au moment où je suis entré. Il a commencé à me présenter comme un parent. Je l'ai juste laissé faire. C'était plus facile à expliquer qu'un élève que personne n'avait jamais vu. »

Snape le serra dans ses bras par derrière. Ils se balançaient doucement au rythme de la musique qui les entourait. Harry laissa sa tête retomber sur l'épaule de l'autre homme.

« Ça fait mal que tu me rejettes. » dit doucement Severus.

« Merde, tu sais que je ne voulais pas dire ça. Je veux dire… »

« Je sais. »

« Je ne te rejetterais jamais. »

« Tu as intérêt, Potter, » souffla Snape. « Je me regarde dans le miroir et je ne me reconnais plus. Qu'est-ce que tu m'as fait ? »

Harry sourit, caressant le bras autour de lui. « Rien, c'est toujours toi. »

« Vraiment ? Je suis actuellement dans la tour Gryffondor, déguisé en roux. Je viens ici tous les soirs et je dors ici sous ma forme Animagus. Est-ce le Severus Snape que tu connais ? »

Harry gloussa légèrement. « Une partie de lui, j'espère, oui. » Il se retourna et regarda dans les yeux étrangement familiers. « Le regrettes-tu ? »

« Dieux non. Venir ici a peut-être été l'idée la plus ridicule de ma vie, mais par coïncidence, c'est aussi la meilleure partie de ma journée. »

« Qu'est-il arrivé ? » demanda Harry, se souvenant de la lettre de Wallace au ministère.

« J'ai passé toute ma journée à essayer de convaincre de vieux fous que je ne suis pas, en fait, un fou furieux. Je chasserais Wallace avec grand plaisir s'il n'était un si bon professeur. Pourquoi ne pouvons-nous pas laisser le passé à sa place : derrière nous ? »

« Il est bon, » admit Harry. « Mais si je devais choisir, je préférerais que tu restes plutôt que lui. »

« Toi et Minerva êtes tous les deux comme les petits diables sur mon épaule, » nota Severus avec gaieté. « Mais je ne peux pas être égoïste, je dois penser à ce qui est le mieux pour les étudiants. »

Harry resta silencieux, ne sachant pas vraiment quoi répondre à cela. Il savait que rien ne pourrait convaincre Snape de renvoyer Wallace juste parce qu'il ne l'aimait pas. Wallace était un bon professeur, génial même, presque tous les étudiants l'aimaient. Quand il n'était pas si déterminé à faire virer Severus, même Harry l'aimait beaucoup.

« Merci, » soupira Snape puis il embrassa l'épaule d'Harry. « J'avais besoin de ça. De toi. » ajouta-t-il doucement.

« N'importe quand, » murmura Harry, sentant un petit rougissement lui monter au cou.

Severus s'écarta puis prit la main d'Harry dans la sienne. « On y retourne ? »

« Tu te voudrais volontiers passer une soirée avec mes amis ? » demanda Harry incrédule, mais souriant.

« Steve apprécie leur compagnie et il ne me reste environ qu'une demi-heure de toute façon. » Severus haussa les épaules, puis se penchant légèrement plus près d'Harry, il murmura, « De plus, Miss Macintosh et autres doivent comprendre à qui tu appartiens. »

Harry gloussa, essayant de réprimer la chaleur qui se répandait dans sa poitrine. « Et à qui serait-ce ? »

Même s'il y avait des yeux bleus qui le regardaient, l'intensité du regard était la même. Snape se rapprocha, les lèvres luxuriantes caressant celles d'Harry. Ce n'était pas un baiser, pas encore, juste une caresse ; douce et retenue. « A moi, » grogna-t-il, puis captura finalement les lèvres d'Harry.

Il l'embrassa profondément et sensuellement, le réclamant. Sa langue se pressa dans la bouche d'Harry, dansant, glissant humide contre lui et faisant picoter la peau d'Harry. Il pouvait sentir le goût fumé du whisky lui brûlant la langue, sa gorge tout comme l'alcool le ferait.

Le baiser fut aussi court qu'intense. Cela laissa Harry à bout de souffle, frissonnant.

« Allons-y, » dit Snape d'un air suffisant puis il tira Harry à travers la foule. Harry suivit aveuglément, l'esprit toujours dans une brume lubrique.

Personne ne leur prêta beaucoup d'attention à leur retour. Ginny et Neville étaient déjà partis, si Ron remarqua la rougeur d'Harry, il ne fit aucun commentaire. Seule Hermione haussa un sourcil surpris quand elle remarqua leurs doigts entrelacés, puis détourna le regard en souriant à elle-même.

Ils se réinstallèrent sur le canapé. Tout en parlant avec animation du Quidditch, Ron leur versa deux un verre de la bouteille d'Ogden qui se vidait rapidement puis les fit planer vers eux au-dessus de la table. Severus prit les boissons dans les airs et en tendit une à Harry. Son corps se détendit dans le canapé alors qu'il buvait une petite gorgée.

À la surprise d'Harry, Severus fut bientôt impliqué dans une discussion assez animée avec Hermione sur les droits des elfes de maison. Alors qu'il lui expliquait les traditions, il croisa les jambes, la main tombant sur la cuisse de Harry avec désinvolture. Le toucher nonchalant fit sourire Harry et en retour, il s'appuya sur le dossier du canapé et commença à caresser les cheveux bouclés et roux, souhaitant que ce soient de longues mèches noires avec lesquelles il pourrait jouer.

Il fallut quelques minutes à Severus pour réaliser où se trouvaient sa propre main et celle d'Harry, mais il semblait que la démonstration publique d'affection ne le dérangeait pas, du moins pas tant qu'il ressemblait à Steve. Il continua à caresser doucement la jambe d'Harry, alors qu'il discutait avec Hermione.

Il était presque onze heures quand Snape donna une tape ferme à la jambe d'Harry et dit : « Je devrais y aller. »

Harry se leva avec lui. « Je vais te raccompagner. »

Ron se leva et contourna la table. « Content que tu aies pu venir, Steve, » sourit-il puis tendit la main à Snape.

Severus le regarda pendant un moment puis le secoua fermement. « Merci de l'invitation », dit-il, puis d'une voix plus basse, il ajouta : « Je cacherais l'alcool si j'étais vous. Minerva est en route. »

« Quoi ? » demanda Ron sans comprendre.

« Est-ce que vous pensiez honnêtement que je laisserais mes élèves gambader en état d'ébriété ? Surtout les Gryffondors ? » Il sourit. « N'attendez pas de faveurs de ma part, Weasley. »

Ron se contenta de ricaner. « Je n'oserais jamais, monsieur. »

Harry et Severus sortaient du trou du portrait quand ils entendirent Ron rompre la fête. La Grosse Dame était heureusement profondément endormie pour qu'Harry puisse se pencher et donner un petit baiser à Severus.

« Est ce que tu reviens ? » demanda-t-il doucement.

Severus secoua la tête. « J'ai du travail à faire. Je serai probablement debout toute la nuit. »

« Je pourrais venir aussi, » suggéra Harry avec un sourire timide. « Nous pourrions fumer une cigarette. »

Les cheveux roux étaient toujours là, mais des yeux noirs le regardèrent tandis que Severus disait d'une voix sombre, « Corriges-moi si je me trompe, mais j'ai la folle suspicion que ce n'est plus seulement ma cigarette que tu veux goûter. »

Le sourcil d'Harry s'arqua. « Ce n'est pas seulement ta cigarette depuis un moment maintenant, Severus. »

Severus pressa son front contre celui d'Harry. « Vous êtes un homme difficile à résister, M. Potter. »

« Eh bien, peut-être que vous ne devriez pas me résister alors, professeur Snape. » proposa Harry.

« Eh bien, peut-être que je ne le ferai pas, » murmura sombrement Severus.

Harry s'abandonna presque à un autre baiser à couper le souffle lorsqu'il entendit des pas, puis une voix aiguë l'appela : « M. Potter, le couvre-feu est passé depuis longtemps. »

Severus s'éloigna alors que le professeur McGonagall s'approchait d'eux.

« Allez professeur, je suis juste à l'extérieur de la salle commune. » Harry gémit.

« Je ne suis pas celle qui établit les règles, Potter, vous devrez en discuter avec le professeur Snape, j'en ai peur. »

Harry ricana et jeta un coup d'œil à Snape. Il semblait avoir grandi de quelques centimètres au cours des dernières minutes et même ses cheveux étaient aussi un peu plus foncés et plus longs.

« Donc, à moins que vous ne vouliez perdre quelques points, retournez dans vos dortoirs tout de suite, » dit McGonagall. « Vous aussi, monsieur… » Elle regarda Snape une fois puis deux fois, confuse. « Je suis désolé, mais qui êtes-vous ? »

Snape laissa échapper un soupir de soulagement en murmurant : « Steve. Et je m'en vais. » Il regarda Harry, les lèvres légèrement courbées, et dit « Bonne nuit », avant de tourner les talons et de s'éloigner. Harry était surpris que McGonagall ne comprenne pas qui il était juste en le regardant marcher.

« Qui était-ce, Potter ? »

« Juste un petit oiseau qui ne voulait pas dormir tout seul, » sourit Harry. Il vit des cheveux mi- longs flotter, de plus en plus longs à chaque pas avant que Snape ne tourne un coin et ne disparaisse.

McGonagall s'éclaircit la gorge et Harry la regarda.

« — Eh bien, » dit-elle en rougissant légèrement. « Quoi qu'il en soit, vous feriez mieux de ne pas faire la fête, M. Potter. » Elle tourna la tête vers la salle commune.

« Je n'appellerais pas ça une fête, » sourit Harry. « Nous étions juste assis à manger du gâteau. »

Les lèvres s'amincissant, les sourcils arqués, McGonagall le fixa, mais Harry continua de sourire. Il était plutôt de bonne humeur. « Vous voulez entrer ? » s'enquit-il.

Il prononça le mot de passe et la Grosse Dame s'avança. Aucun bruit ne venait de la salle commune.

« Si je trouve ne serait-ce qu'une seule goutte d'alcool là-dedans, M. Potter… » l'avertit-elle.

Harry lui tendit simplement la main pour l'aider à grimper.

« De l'alcool, professeur ? Jamais ! »

« Oh s'il vous plaît, M. Potter, » elle le regarda, ses yeux roulant, mais il pouvait voir ses lèvres se courber en un sourire.

Ron les attendait de l'autre côté. Seuls quelques autres s'attardaient encore, heureusement, ils semblaient tous sobres.

« Voulez-vous une part de gâteau ? » demanda joyeusement Harry une fois qu'ils furent à l'intérieur de la salle commune.

McGonagall ricana, mais l'ignora et regarda autour d'elle, ses yeux balayant la pièce, mais elle ne trouva aucune preuve d'une fête.

Ron lui tendit une assiette. « Allez, professeur, c'est un très bon gâteau. »

Elle souffla, mais ses yeux s'adoucirent. « Oh pourquoi pas… »

A suivre…


A bientôt pour la suite

Bises

Gaeill