Disclaimer : Fairy Tail et ses personnages ne m'appartiennent pas et sont la propriété d'Hiro Mashima.

Note de l'auteure : mon histoire ne prend pas en compte le bébé de Levy et Gajeel dont Hiro Mashima a parlé dans Fairy Tail 100 years Quest.


Chapitre 3

Le stress.

C'était ce que l'attente provoquait.

Au bout d'un moment, Maitre Makarov avait décidé que cela ne servait à rien qu'ils restent autour de Luxus à le surveiller comme le lait sur le feu. Il n'avait demandé qu'à Erza, Mirajane et Gajeel de rester, envoyant les autres chez eux. Personne ne savait quand le jeune homme allait se réveiller, alors cela risquait de durer un moment.

Lucy ne s'était pas fait prier. Elle était inquiète pour son camarade, mais elle était vraiment fatiguée et elle ne rêvait que d'un bon bain et de son lit douillé. Elle fit le trajet jusqu'à son appartement tel un zombie et une fois à l'intérieur, elle ne prit même pas la peine d'allumer la lumière pour se rendre dans la salle de bain. La jeune femme resta une bonne heure à barboter et c'est quand elle sentit qu'elle s'endormait qu'elle se décida à sortir. Elle enfila un débardeur trop grand et une culotte et traina les pieds jusqu'à son lit. C'est à ce moment là qu'elle réalisa que la fenêtre était ouverte alors qu'elle avait fait attention à la fermer avant de partir le matin même. Ses sens soudain en alerte, elle laissa ses yeux parcourir son appartement et avisa rapidement une petite forme recroqueviller sur son canapé.

Souriant à moitié, et plus détendue, elle s'approcha du petit chat bleu qui somnolait et lui chatouilla le ventre.

- Lucy ? gémit il en se réveillant.

- Que fais tu ici, Happy ?

- J'ai laissé Lisanna et Natsu à la maison. Ils faisaient des bruits bizarres. (La jeune femme gloussa). Je peux rester avec toi ?

- Bien sûr ! Viens, allons nous coucher. Demain est un autre jour.

Prenant l'Exceed dans ses bras, elle retourna dans sa chambre et ils s'installèrent au chaud sous les couvertures. Ils s'endormirent presque immédiatement, aussi fatigués l'un que l'autre.

-ooOoo-

Lucy dormait bien. Elle pouvait sentir la présence de Happy à ses côtés. Mais il y avait quelque chose d'étrange, de différent. Même endormie, elle sentait qu'il y avait un truc qui clochait. Gémissant et s'agitant dans son sommeil, elle sentit soudainement les petites griffes de son ami se planter dans son bras. Ce qui la réveilla totalement. Se redressant d'un seul coup, elle fusilla Happy du regard.

- Aïe ! Happy !

Etonnement, l'acolyte de Natsu ne se défendit pas comme à son habitude, ses grands yeux fixés sur quelque chose dans son dos. Fronçant les sourcils, elle se retourna et se figea en apercevant une immense silhouette qui les surplombait. La jeune femme déglutit et repoussa les couvertures avant de se remettre sur ses pieds en faisant attention à ne pas faire de mouvements brusques. Préférant garder une certaine distance de sécurité, elle se mit à parler d'une voix calme et douce.

- Luxus ? (Pas de réponse). Luxus, est ce que tu m'entends ?

Pour unique réponse, elle n'eut droit qu'à un ronronnement. Ce bruit était déjà surprenant quand il venait de Natsu, mais il l'était encore plus quand il provenait de Luxus. Sa respiration s'accéléra et, gardant son calme le plus possible, elle regarda par dessus son épaule.

- Happy, va trouver Erza, Gajeel, Mirajane ou le Maitre et dis leur que Luxus est ici. Ils doivent le chercher. Dis leur aussi que je m'occupe de lui et qu'ils n'approchent pas d'ici.

- Mais, Lucy… (Elle pouvait entendre que le pauvre Exceed était terrifié et inquiet). Tu es sûre ?

- Il ne me fera rien. Et demande à Levy si tu peux rester chez elle. Ou à Mirajane. Je suis désolée que tu ne puisses pas rester ici.

- Ne t'inquiète pas pour moi, ça ira. (Du coin de l'œil, elle le vit se glisser par la fenêtre ouverte). S'il te plait, fais attention.

- C'est promis.

L'Exceed prit son envol et disparut dans la nuit. Lucy reconcentra toute son attention sur l'immense chasseur de dragon qui la surplombait et prit une minute pour l'observer. La lumière était éteinte, mais c'était la pleine lune dehors et elle illuminait l'intérieur de sa chambre, lui donnant une bonne visibilité. Luxus avait visiblement laissé son illustre manteau à l'infirmerie de la guilde, laissant bien voir sa tenue intégralement noire, de ses bottes, à son pantalon et à son tee shirt qui le moulait tellement que cela ne laissait aucune place à l'imagination quant à son physique de rêve. Ses cheveux blonds étaient tous ébouriffés et ses yeux gris étaient presque indiscernables tellement ses pupilles étaient dilatées. Il était clairement dans un état second, totalement à la merci de ses hormones et de ses pulsions.

Lucy écarquilla les yeux en le voyant s'approcher et poser le bout de ses doigts sur l'hématome ornant sa gorge. Il le caressa et la jeune femme fut surprise par la délicatesse de son geste. Luxus n'avait pas la réputation d'être quelqu'un de doux. Quand il se plaqua carrément contre elle, écrasant son torse contre sa poitrine, la Constellationniste se raidit.

- Qu'est ce que tu fait ? murmura – t – elle alors qu'il nichait son nez dans son cou.

Continuant de ronronner, il la fit reculer jusqu'à ce que l'arrière de ses genoux ne bute contre le lit. La blonde se laissa tomber dessus et sentit sa respiration se bloquer dans sa gorge quand il rampa au dessus d'elle, la forçant à s'allonger et la piégeant de son corps. Lucy posa une main entre ses pectoraux – Mavis, ce qu'il était musclé ! – pour tenter de garder une certaine distance entre eux.

- Luxus, tu n'es pas toi même. Il faut que je te ramène à la guilde. (En l'entendant parler de Fairy Tail, il s'abaissa sur elle, l'écrasant presque sous son poids). S'il te plait, Luxus, tu le regretteras demain.

- A moi ! (C'était la première fois qu'il parlait depuis qu'elle était réveillée et il grognait). Tu es à moi !

Visiblement, et même si elle avait du mal à y croire, son instinct de dragon l'avait désigner elle, comme étant sa compagne. Si Lucy avait dû parier sur une mage de Fairy Tail, elle aurait plutôt misé sur Mirajane ou même Kana. Hormis Ever Green, elles étaient les deux femmes de qui il était le plus proche à la guilde. Si on prenait en compte ce qu'il lui avait dit sur la fierté mal placée, Luxus ne lui avait adressé la parole que trois fois. La jeune femme ne savait même pas si le blond était conscient de ce qu'il faisait à l'heure actuelle. Elle avait beau être attirée par lui, elle ne voulait pas qu'il puisse croire qu'elle avait profité de la situation.

Mais quand le chasseur de dragon posa ses lèvres contre les siennes, la jeune femme fut incapable de le repousser plus longtemps et se laissa faire. De toute façon, il était bien plus fort qu'elle et elle ne pouvait pas le forcer à garder ses distances indéfiniment.

Alors qu'ils se retrouvaient nus, peau contre peau, Lucy eut l'impression de respirer pour la première fois de sa vie. Elle était plutôt romantique comme fille et elle n'avait jamais imaginé que les choses se dérouleraient ainsi avec Luxus. Pour être honnête, elle n'avait jamais imaginé qu'il puisse se passer quoi que ce soit avec lui.

Ils étaient si collés l'un à l'autre que la jeune femme aurait été bien incapable de dire où son corps se terminait et où commençait celui de Luxus.

Quand le Chasseur de Dragon commença doucement à descendre entre ses seins, Lucy comprit ce qu'il voulait faire et chercha à l'arrêter en saisissant ses cheveux à pleine main. Elle fut momentanément surprise de leur douceur mais tira un petit coup sec dessus malgré tout. La seule réponse qu'elle obtint fut un grognement qui raisonna contre son ventre plat et qui lui provoqua des frissons.

- S'il te plait, Luxus, murmura-t-elle.

- Est ce que tu me fais confiance ? grogna-t-il.

- Oui, mais…

- Laisse moi faire.

Les mots qu'elle voulut prononcer moururent quand il posa ses lèvres là où personne n'était allé hormis elle et son gynécologue.

Elle n'avait aucune expérience et elle n'était pas naïve au point d'ignorer que Luxus, au contraire, en avait plein. Bien sûr, elle avait lu quelques romances érotiques, histoire de ne pas être totalement ignorante sur le sujet et certaines pratiques avaient titillé sa curiosité et son envie, mais elle n'avait jamais imaginé que sa première fois débuterait avec un cunnilingus.

Et même si elle était totalement ignorante, elle devait bien avouer que Luxus était doué. Très doué même, constata-t-elle quand son corps s'arqua sous la vague de plaisir intense qui semblait la traverser quand elle sentit sa langue à l'intérieur d'elle. Quand le plaisir devint trop puissant, trop incontrôlable, elle tira sur ses cheveux qu'elle pour le faire remonter, mais il était bien plus fort qu'elle et ne bougea pas.

Luxus n'accepta de remonter vers son visage qu'une fois que l'orgasme l'eut prise en otage, lui donnant l'impression de se briser en un million de petits morceaux. Le jeune homme s'essuya la bouche avec le drap et posa ses lèvres contre les siennes pour l'entrainer dans un baiser digne des scènes les plus hot qu'elle avait pu lire.

Son esprit planait encore sur le nuage de plaisir et d'endorphines sur lequel Luxus l'avait envoyé, mais elle pouvait sentir ses doigts s'aventurer là où il avait posé sa bouche quelques secondes plus tôt. La jeune femme sursauta légèrement quand son doigt se fraya un chemin à l'intérieur d'elle. Elle savait qu'il était bien plus épais qu'un doigt et se demandait comment ils allaient bien pouvoir faire étant donné qu'elle grimaçait déjà de douleur.

Lucy écarquilla légèrement les yeux quand il posa un baiser délicat sur son nez avant de l'embrasser de nouveau. Elle fronça les sourcils quand il murmura :

- Je suis désolé.

L'instant suivant, elle comprit. Luxus ajouta un second doigt et elle eut l'impression que quelque chose se déchirait à l'intérieur de son corps. Pour s'empêcher de hurler, elle planta ses dents dans le muscle épais de son épaule et les larmes coulèrent doucement le long de ses joues.

Le Chasseur de Dragon de la Foudre embrassa tendrement les larmes et continua de lui murmurer des paroles apaisantes.

Lucy savait que la première fois faisait mal, mais elle ne s'attendait pas à ce que la douleur soit aussi puissante.

- Je suis désolé, chuchota-t-il. Je n'ai jamais voulu te faire du mal.

- Je sais, haleta-t-elle en essayant de passer outre la douleur à l'intérieur de son ventre. Ça va aller.

La douleur qu'il lui avait provoquée semblait lui avoir permis de reprendre le dessus sur les hormones qui lui avait brouillé le cerveau.

- Lucy…

- Oui ?

- Je ne peux pas m'arrêter maintenant… Je ne veux pas te faire de mal mais l'appel…

- Je sais… Je peux gérer.

- Pardonne moi.

Pour la première fois depuis qu'il était arrivé chez elle, la jeune femme prit les devants et l'embrassa, tentant de le rassurer. Lucy savait qu'il se serait arrêté dans une autre situation, mais l'appel de la saison des amours était trop puissant et il avait résisté durant trop longtemps.

La Constellationniste tenta de se détendre en le sentant s'appuyer contre l'entrée de son corps, mais l'attente de la douleur était trop présente dans son esprit. Alors qu'elle cherchait à reprendre son souffle, Luxus l'embrassa, utilisant sa langue, ses lèvres et ses dents. Submergée par son odeur et par ce baiser, la jeune femme se détendit et lui laissa la place d'entrer.

La douleur était toujours là, mais moins présente. C'était une brûlure sourde, irritante.

Quand il se mit à se balancer, poussée par un instinct vieux de plusieurs millénaires, Lucy releva les jambes pour remonter ses genoux contre les côtes du colosse. Ce dernier continuait de l'embrasser et alors que la douleur laissait, petit à petit, place au plaisir, la jeune femme se dit que personne ne pourrait lui tenir rigueur d'avoir participé activement.

Ils étaient tous les deux victimes de la situation, ils n'avaient rien demandé et la seule chose qu'ils pouvaient faire, c'était faire en sorte que ce soit agréable.

Elle espérait sincèrement que cette excuse minable qu'elle venait de se trouver lui permettrait de la regarder en face quand elle le croiserait à la guilde à l'avenir.

-ooOoo-

Lucy se sentait bien. En sécurité, au chaud. Elle bougea dans son sommeil et se retourna sur le ventre en serrant son oreiller entre ses bras. Son entrejambe la brûlait légèrement et son ventre la faisait légèrement souffrir, mais en règle général, elle se sentait bien, détendue. C'est à ce moment là que la jeune femme réalisa qu'un poids pesait sur son dos et qu'un souffle faisait voleter les cheveux qui tapissaient son corps.

Réveillée, elle n'osa pas ouvrir les yeux. Elle pensait qu'il serait parti dès qu'il aurait repris ses esprits. Mais il était toujours là, dans son lit. Relever les paupières, c'était prendre le risque de le voir éveillé et de devoir avoir une explication avec lui. C'était peut être lâche, mais la blonde décide de s'accorder le droit de ne pas être courageuse aujourd'hui.

Lucy aurait probablement continué à faire semblant de dormir jusqu'à ce que l'un de ses besoins fondamentaux ne deviennent trop pressants, si elle ne l'avait pas senti bouger à côté d'elle. La jeune femme sentit son cœur s'emballer et elle eut envie de se maudire, sachant parfaitement qu'il pouvait l'entendre avec son ouïe de chasseur de dragon. Elle resta immobile pendant qu'elle sentait Luxus se redresser en grognant. Elle fut incapable de retenir le frisson qui la secoua quand il fit glisser le bout de ses doigts le long de sa colonne vertébrale. La blonde l'entendit avoir un petit rire.

- Je sais que tu ne dors pas. (Lucy se força à l'immobilité). Ton cœur bat tellement vite que l'on dirait un lapin qui cavale. (Luxus repoussa les longs cheveux blonds de la jeune femme). Je ne te connaissais pas aussi froussarde.

- Je ne suis pas une froussarde, grogna – t – elle, la tête toujours enfouie dans son oreiller. Je fais juste la grasse matinée.

Le chasseur de dragon de la foudre ricana encore et la força à se retourner sur le dos. Veillant à maintenir le drap sur son corps nu, la Constellationniste posa les yeux sur son visage. Ses yeux gris étaient posés sur son visage, la dévisageant et il leva une main pour écarter les mèches blondes qui lui tombaient dans les yeux. Luxus laissa ensuite descendre le bout de ses doigts le long de sa gorge et le fit glisser le long de ses clavicules.

- Qu'est ce que tu fais ? murmura – t – elle, sans l'arrêter pour autant.

- Je te touche.

- Je vois ça. Pourquoi ?

- Tu n'avais pas l'air de t'en plaindre hier soir.

- Luxus, arrête.

Voulant fuir son contact, elle sortit du lit en emportant le drap avec elle. Ce qui s'avéra être une mauvaise idée puisque le jeune homme se retrouva totalement nu. La jeune femme écarquilla les yeux pendant qu'il souriait de toutes ses dents, pas du tout gêné par la situation alors qu'elle était aussi rouge que les cheveux d'Erza.

- Est ce que tu peux... Est ce que tu peux te couvrir, s'il te plait ?

- Tu as déjà vu tout ce qu'il y avait à voir.

- S'il te plait, Luxus !

Le petit fils du Maitre leva les yeux au ciel, mais attrapa malgré tout un oreiller pour se couvrir. Maintenant qu'il était un peu plus visible, Lucy réussit à reprendre son calme. Elle glissa les doigts de la main qui ne maintenait pas le drap dans ses cheveux.

- Je pensais que tu serais déjà parti.

- Tu aurais préféré ?

- Honnêtement ? Aucune idée. (Elle rougit). Je ne veux pas que tu crois que j'ai profité de la situation, hier soir… Tu n'étais pas dans ton état normal et…

- Tu es intelligente, la coupa – t – il.

- Je te demande pardon ?

- Tu es une femme intelligente et tu as parfaitement compris ce que Gajeel et Levy ont raconté. Tu sais ce que signifie ma présence chez toi.

- Tu as aussi dis toi même qu'avoir une compagne à vie n'était pas fait pour toi. Hier soir… hier soir, tu as juste perdu le contrôle.

- Lucy…

- Je ne suis pas… je ne veux pas être la fille que tu vas voir entre deux missions parce que tu n'as pas le choix. Je veux une vraie relation, avec quelqu'un qui m'aime et qui pourra me donner ce que je veux.

- Lucy…

- Je sais que ce n'est pas ce que tu veux et je ne veux pas te forcer à quoi que ce soit. Alors si tu ne peux pas me donner tout ça, il vaut mieux que nous…

- Est ce que tu vas me laisser en placer une, oui ou non ?!

Surprise par son coup d'éclat, elle rougit et ferma la bouche. La jeune femme avait imaginé que son petit speech aurait permis de lui offrir une porte de sortie qu'il se serrait empresser de saisir. Sauf qu'il était toujours là, aussi nu que le jour de sa naissance, avec uniquement un coussin pour cacher sa virilité. Il était tellement beau que Lucy avait du mal à y croire.

- Je me doute que cela doit te paraître… bizarre et que cela sort de nul part.

- Bien sur que cela sort de nul part ! Depuis que je suis entrée à Fairy Tail, le nombre de fois où tu m'as adressé la parole se compte sur les doigts d'une main ! Comment est ce que je pourrais être ta compagne alors que tu ne sais rien de moi ? Et par Mavis, je ne sais rien de toi !

- Nous pourrions changer ça. Ne plus être des étrangers l'un pour l'autre.

- Je… je… (Elle se passa une main sur le visage). J'ai besoin de prendre l'air.

- Lucy, attends !

Ne prenant pas en compte ses appels, la jeune femme attrapa la première tenue qui lui tombait sous la main et s'engouffra dans la salle de bain. Ce fut la douche la plus rapide de l'histoire des douches. En s'habillant, elle réalisa qu'elle avait pris une vieille robe qui datait de l'époque où elle vivait chez son père, avant qu'elle ne fugue pour tenter d'intégrer Fairy Tail. Franchement, elle n'avait pas du tout envie de porter cette relique de son passé, mais cela voulait dire ressortir de la salle de bain, uniquement vêtue d'une serviette, devant Luxus. Il en était hors de question. Elle enfila la robe noire et s'attacha les cheveux en une tresse épaisse. Elle sortit de la pièce et se jeta presque sur ses bottes montantes, non sans avoir vu que le chasseur de dragon de la foudre avait tout de même réenfilé son pantalon. Il se releva en la voyant et elle se redressa en levant les bras devant elle.

- Non ! Reste où tu es !

- Lucy…

- J'ai besoin de faire un tour… Je reviens plus tard…

- Est ce que tu veux que je m'en aille ?

- Tu peux rester, si tu veux, dit elle ne se sentant pas le cœur de le mettre à la porte. J'ai juste besoin de réfléchir.

Elle attrapa sa ceinture où étaient accrochées ses clés et son sac et sortit. Elle longea le fleuve et prit la direction de la guilde. Quand elle poussa les portes et qu'elle alla jusqu'au bar, elle eut l'impression que tous les regards étaient posés sur elle. La jeune femme prit place sur l'un des tabourets et Mirajane apparut immédiatement devant elle.

- Lucy…

- J'ai besoin de parler.

- Ok, suis moi.

La Constellationniste ne se le fit pas dire deux fois. Elle suivit la barmaid et remarqua que l'ainée des Strauss faisait signe à quelqu'un dans la salle. Elles s'engouffrèrent dans un petit bureau qui devait servir à Mira et Kinana pour faire l'inventaire et les comptes de l'auberge. Levy et Erza entrèrent derrière elles et la rousse referma la porte, les isolant des bruits faits par les autres mages.

- Qu'est ce qui s'est passé hier ? demanda Mirajane.

- Est ce qu'il t'a fait du mal ? ajouta Erza.

- Non, non, répondit Lucy. Il ne m'a rien fait. (Elle enfouit son visage entre ses mains). Nous avons couché ensemble.

Un grand silence s'abattit et quand elle releva la tête, elle vit que ses trois amies étaient stupéfiées.

- Alors, ce serait toi, sa compagne ? dit Levy.

- Crois moi, je suis aussi ébahie que toi ! s'écria la blonde en se mettant à faire les cents pas. Nous ne nous connaissons même pas ! Comment je pourrais être… la femme de sa vie alors que nous ignorons absolument tout l'un de l'autre ! (Levy ouvrit la bouche pour parler mais elle ne lui en laissa pas le temps). Par Mavis, ce matin a été la plus longue conversation que nous ayons jamais eu et il était nu ! Je ne sais même quelle est sa couleur préférée ! (Ce fut au tour de Mirajane d'ouvrir la bouche pour parler, mais Lucy était sur sa lancée). Je ne suis même pas sûre de connaître son âge !

- Lucy, calme toi ! s'écria Erza en lui attrapant les épaules. Tu es entrain de devenir hystérique, il faut que tu respires.

La jeune femme écouta le conseil de sa coéquipière et se laissa tomber sur l'un des fauteuils. Erza s'assit sur l'autre fauteuil pendant que Mirajane et Levy s'appuyaient contre le bureau. La rousse se pencha vers elle et prit ses mains entre les siennes.

- Ecoute moi. Cette nouvelle nous surprend tous. Mais l'instinct de Luxus ne le trompe jamais. Peut être que vous ne connaissez rien de personnel concernant l'autre, mais le dragon de Luxus a reconnu le fait que tu es quelqu'un d'exceptionnel.

- Mais…

- Erza a raison, intervint Mirajane. Vous avez toute la vie pour apprendre à vous connaître. Tu es quelqu'un de génial. Et même s'il a fait beaucoup d'erreur, Luxus l'est aussi. Vous êtes dévoués à la guilde et vous feriez n'importe quoi pour vos amis. Vous avez pleins de points communs.

- Tu sais, ajouta Levy, j'ai appris pleins de choses sur Gajeel depuis que nous sortons ensemble. Tu n'apprends pas les mêmes choses quand tu es juste camarades de guilde.

- Sauf que toi, tu étais amie avec Gajeel. Et toi, (Elle pointa Erza du doigt), tu connaissais Jellal depuis l'enfance. Moi, je ne sais RIEN de lui, hormis le fait qu'il est le petit fils du Maitre et que son père était le Maitre de Raven Tail.

- Je ne sors pas avec Jellal, murmura Erza.

- Oh, je t'en prie ! s'exaspéra Lucy. Nous savons tous que vous vous retrouvez dès que vous en avez l'occasion.

- Je croyais que nous parlions de Luxus et toi, se défendit la mage aux armures.

- Elle a raison, dit Mirajane, avant de se tourner vers la rousse. Mais nous finirons par avoir cette conversation.

- Où est il en ce moment ? demanda Levy en souriant.

- Chez moi. Je lui ai dis qu'il pouvait rester.

- La période de rut dure deux semaines, reprit la Mage des mots. Durant ce temps là, il ne pourra pas rester loin de toi plus de quelques heures avant de se mettre à ta recherche. Vous pourriez en profiter pour discuter et apprendre à vous connaître.

- Je ne sais pas…

- Lucy, si tu le fous à la porte, il reviendra. Vous serez obligés de parler à un moment ou à un autre. Il faut t'y préparer.

- Je suis tellement fatiguée.

- C'est sûr que tu as dû avoir une nuit mouvementée, la taquina Mirajane.

- Je suis morte de rire, ironisa Lucy. Au fait, tu as eu des nouvelles de Lisanna et Natsu ?

- Je lui ai déposé des vêtements chez Natsu ce matin. Elle allait bien. Elle va rester chez lui durant les deux semaines, du coup, j'ai proposé à Happy de rester avec Elfman et moi.

- C'est gentil, merci. Je m'en suis voulue hier. Il était venu se réfugier chez moi et j'ai dû le mettre à la porte au milieu de la nuit.

- Ne t'inquiète pas pour lui, la rassura la barmaid. Il va dormir dans la chambre de Lisanna et je suis allée lui acheter du poisson pendant ma pause. Happy sera traité comme un prince.

- Mille mercis.

- Rentre chez toi, dit Erza. Repose toi et discute avec Luxus. Nous nous occuperons des questions que les autres mages pourraient avoir.

- Merci.

La jeune femme se leva et elles sortirent toutes les quatre. Alors que la blonde allait sortir de la guilde, Levy l'arrêta.

- Si jamais tu as besoin d'aide ou même de parler contacte moi, d'accord ?

- J'y penserai. Merci, Levy.

La Mage des mots lui fit un petit sourire et la blonde retourna à son appartement. Alors qu'elle glissait la clé dans la serrure, elle eut un temps d'arrêt. Lucy savait ce qui l'attendait à l'intérieur. Luxus serait là, à patienter qu'elle rentre pour discuter. Une foule d'émotion se bousculait à l'intérieur de sa tête. Elle voulait qu'il soit parti pour fuir cette conversation, mais en même temps, elle voulait qu'il soit là, pour le voir. La jeune femme finit par déverrouiller la porte et entra. Le chasseur de dragon de la foudre était assit à son petit bureau qu'elle utilisait pour écrire et semblait plonge dans la lecture de quelque chose.

Par Mavis, il était entrain de lire son manuscrit !

Lucy laissa tomber son sac et se précipita vers lui, pour lui arracher le paquet de feuilles.

- Qu'est ce que tu fais ?! Ne lis pas ça !

La Constellationniste pressa les feuilles contre sa poitrine et recula jusqu'à un placard où elle tira un tiroir pour les y fourrer.

- Je suis désolé, dit Luxus en levant les mains en signe de paix. Je ne savais pas que c'était interdit. C'était posé là et…

- Ce n'est rien… Ma réaction était excessive.

- C'est le livre que tu écris ? Je crois avoir entendu Levy ou Gajeel dire que tu en écrivais un nouveau, se justifia – t – il en voyant son air surpris.

- Oui. J'ai promis à Levy qu'elle serait la première à lire le premier jet.

- Alors je ne dirai rien, sourit il. Tu sais que j'ai lu le premier ?

- Vraiment ? s'étonna Lucy en s'asseyant sur son canapé.

- Oui. J'ai beaucoup aimé.

- Merci.

La jeune femme resta silencieuse et regarda Luxus se lever pour venir s'asseoir à côté d'elle. Elle l'observa et ne put s'empêcher de toucher la cicatrice en forme d'éclair qui barrait son œil droit. Vu ce qu'ils avaient fait la nuit dernière, toucher sa cicatrice était l'attouchement le plus pudique qu'ils aient eu en 24 heures. Le jeune homme enroula ses doigts autour de son poignet.

- Je crois qu'il faut que nous parlions, dit Lucy. Que nous apprenions à nous connaître.

- Je crois que tu as raison.

Luxus posa son front contre le sien en fermant les yeux.

Et pour la première fois depuis le début de toute cette histoire, elle se sentit apaisée.

-ooOoo-

Ils avaient décidé de déjeuner avant de discuter. Après avoir fait la vaisselle, ils étaient retournés dans le canapé. Il y avait tellement de choses qu'ils ignoraient sur l'autre que Lucy ne savait même pas par où commencer. Alors, elle posa la première question qui lui passa par la tête.

- Ta couleur préférée ?

- Pardon ?

- Quelle est ta couleur préférée ?

- C'est vraiment la première question que tu veux me poser ?

- Il faut bien commencer quelque part, n'est ce pas ?

- C'est vrai, rit Luxus. Je dirais que c'est le jaune.

- La couleur de la foudre.

- Ça doit jouer. Et toi ?

- Le bleu.

- Pourquoi as tu rejoint Fairy Tail ?

- J'avais vu Mirajane dans le Weekly Sorcerer. Il y avait tout un article qui parlait de la guilde. Ça disait que les mages y étaient comme une grande famille. Et j'avais terriblement besoin d'une famille.

- Je suis désolé…

- Pour quoi ?

- Pour avoir refusé de venir vous aider quand Phantom Lord a attaqué. Et pour la Bataille de Fairy Tail.

- C'est du passé, Luxus. Plus personne ne t'en veut pour tout ça.

- Je vous ai obligé à vous battre les uns avec les autres. J'ai…

- Arrête. (Lucy posa sa main contre sa joue). Ce qui compte vraiment, c'est tu ais été là après. Contre Hadès. Aux Grands Jeux. Contre Tartaros. Contre Arbaless. Ce que tu as fait pour tes amis… C'est ça qui compte réellement.

- Tu es trop gentille pour ton propre bien.

- Fairy Tail est une famille. Et tu fais parti de cette famille.

- Parce que je suis le petit fils du Vieux.

- Non. (Elle posa son index sous son pectoral gauche, là où se trouvait sa marque de la guilde). Pour ça. Tu n'es pas seulement le petit fils du Maitre. Tu es avant tout Luxus, l'un des mages le plus puissant de la guilde.

- La puissance, c'est surfait.

- Dit celui qui a contribué à la mort d'Acnologia, ricana Lucy en se laissant aller contre l'accoudoir dans son dos.

- Ironique, venant de la part de celle qui a lancé Fairy Sphère, rétorqua – t – il en posant les jambes de la jeune femme sur ses cuisses.

- Cela n'aurait pas été possible sans tous les autres, rougit – t – elle, tant pour la position que pour le compliment.

- Sans oublier tu as été capable de réécrire le livre de Natsu pour lui sauver la vie. Seule une mage puissante pouvait faire ça.

- Tu es au courant pour E.N.D ? blêmit elle.

C'était censé être un secret. Très peu de personne à la guilde était au courant. Il y avait Gray, Happy et elle, puisqu'ils avaient travaillé de concert à la réécriture du livre, Erza, qui avait empêcher le Mage de glace et le chasseur de dragon du feu, alors totalement incontrôlable dans sa forme de démon, de s'entretuer, et le Maitre. Même Wendy, qui faisait pourtant partie de leur équipe, ne savait rien. Comment Luxus l'avait appris, c'était un mystère.

- Le Vieux m'en a parlé. Il pensait que je devais le savoir, étant l'un des rares mages de la guilde assez puissant pour le combattre.

- Personne d'autre n'est au courant ?

- Personne. Il n'a pas jugé utile de prévenir Gildarts étant donné qu'il n'est presque jamais là. Natsu en parlera surement à Lisanna.

- Je suis sûre qu'elle ne dira rien. Pourquoi me regardes tu ainsi ? demanda – t – elle en le voyant la dévisager.

- Pour rien. J'admire ta dévotion pour la guilde.

- Tu y es dévoué, toi aussi. Même si tu as fait parti de Blue Pegasus pendant un an.

- Par Mavis, personne ne me laissera oublier ça ! C'était il y a presque quatre ans !

- N'y compte pas trop, rit la blonde. T'imaginer faire les petites danses à la gloire de Ischiya est l'un des passes temps favori de Kana.

- Elle ferait mieux d'arrêter de picoler, celle là.

- N'y compte pas trop non plus.

- Blue Pegasus était juste le temps de patienter que Fairy Tail se reforme. (Lucy baissa les yeux en se tordant les doigts). Pose ta question. Tu en meurs d'envie.

- Tu n'as jamais voulu rejoindre Raven Tail ? Même si c'est une guilde clandestine, c'est là que se trouve ton père…

- J'y suis allé, quand j'ai été banni, avoua-t-il. Je pensais que mon père m'accueillerait à bras ouverts, mais…

- Ça n'a pas été le cas ?

- Si, en quelque sorte. Jusqu'à ce qu'il apprenne que je ne détenait aucune information concernant Lumen Histoire. A l'époque, je ne savais pas ce que c'était, alors je n'avais rien à lui apprendre. Et je n'ai pas voulu lui livrer d'autres informations sur Fairy Tail.

- Tu aurais pu…

- J'aurais pu… Mais cela aurait anéanti le peu de chance que j'avais d'être un jour réintégré à la guilde. J'ai préféré partir.

- Est ce que tu sais ce qu'il est devenu ? Depuis ta victoire écrasante contre leur équipe aux Jeux…

- Officiellement, la guilde a été dissoute.

- Mais ?

- Mais Jellal m'a dit qu'elle existait toujours, à nouveau dans la clandestinité.

- Tu crois qu'il pourrait tenter quelque chose ?

- C'est une possibilité. Crime Sorcière les tient à l'œil.

- C'est une bonne chose.

- C'est lui qui m'a fait cette cicatrice. (Il toucha son œil droit). Il était en colère contre moi parce qu'il me trouvait trop faible. C'était juste avant qu'il ne m'implante ma lacrima.

- Je crois que nous nous faisons concurrence pour les pères pourris, n'est ce pas ?

- Le tien a au moins eu le mérite de reconnaître ses erreurs.

- C'est vrai, mais ça n'excuse pas tout.

- Mais ça aide… Qu'aimerais tu faire maintenant que vous avez terminé la légendaire quête de cent ans ? demanda – t – il pour changer de sujet.

- Partir à la recherche de la clé d'Aquarius.

- Explique.

- Quand Brandish des Spriggan Twelve a essayé de m'étrangler, Aquarius est venue à mon secours et m'a révélé que sa clé était réapparue quelque part sur le continent. Je lui ai promis de la retrouver.

- Aquarius, c'est quel esprit ?

- Celui du Verseau.

- Tu possédais la clé du Verseau. Je n'ai jamais compris comment tu l'avais perdu.

- Je ne l'ai pas perdu à proprement parlé. (Portant la main à ses clés, elle sortit celle brisée d'Aquarius). Je l'ai brisé durant la Bataille contre Tartaros. Cela m'a permis d'invoquer le Roi des Esprits. C'était le seul moyen de battre les démons des livres de Zeleph et de vous libérer.

- Le Roi des Esprits, hein ? C'est bien ce que je disais, une mage puissante.

Touchée, Lucy baissa les yeux en rougissant. C'était agréable de discuter avec Luxus. Il n'en donnait pas l'air au quotidien, mais il savait écouter et semblait vraiment intéressé par ce qu'elle disait.

- Quel âge as tu ? lui demanda – t – elle pour dissiper le malaise qu'elle ressentait.

- Et bien, d'après mon certificat de naissance, j'ai trente trois ans. Mais physiquement, je n'ai que vingt six ans. Et toi ?

- Vingt ans. Ou vingt sept. Je ne sais plus trop.

- Cette sieste de sept ans a un peu brouillé les cartes.

- Sacrément, même.

Alors que Lucy allait le lancer sur un nouveau sujet, Luxus posa ses lèvres contre les siennes. C'était brutal et passionnel, à l'image des baisers que l'on pouvait trouver dans les livres d'amour. La jeune femme glissa ses doigts dans les cheveux blonds du chasseur de dragon et alors qu'elle sentait sa langue glisser contre la sienne, il la tira vers lui, l'asseyant sur ses genoux. Aussi soudainement qu'il avait commencé à l'embrasser, il s'arrêta.

- Je suis désolé, haleta – t – il, la respiration saccadée. J'ai de plus en plus de mal à maitriser mes pulsions.

- Ne t'excuse pas, murmura la Constellationniste. J'aime quand tu m'embrasses.

Lucy avait du mal à croire que c'était elle qui venait de dire ça. Voulant noyer le poisson, elle prit l'initiative et l'embrassa à son tour. Et pendant qu'elle sentait Luxus lui retirer sa robe, elle se dit qu'ils avaient assez discuté et que le reste pouvait largement attendre encore un peu.