Titre original : The Challenge of being a Veela's Mate
Auteur : Triola
Traductrice : PetiteMary
Disclamer : Les personnages sont à J.K. Rowling, l'histoire est à Triola. Je n'agis qu'en tant que traductrice.
Résumé : Harry se réveille ayant l'apparence d'une fille, Drago est possessif, mais étrangement adorable, Hermione crie hystériquement comme la fille qu'elle est, Pansy est plutôt sympathique. Le conte d'un Veela et de son compagnon. Ou était-ce un compagnon et son Veela? Slash HPDM. Pré OdP.
Note de la traductrice
Déjà un an et demie depuis la dernière mise à jour de cette traduction! Suite à la publication du chapitre 13, je suis rentrée à l'université et j'y ai consacré pas mal tout mon temps. J'y suis toujours, donc je ne vous promets pas de mises à jour régulières, mais cette traduction sera bel et bien terminée, un jour ou l'autre.
Chapitre 14 – Un pas en avant, un pas en arrière
Près de trois semaines après la rentrée scolaire, j'étais assis dans la Grande Salle, absorbé par mon nouveau passe-temps préféré : observer Drago. Si j'allais passer le reste de ma vie lié à lui, je devais bien apprendre à le connaître, donc je l'observais. Je l'ai observé alors qu'il tentait tant bien que mal de maintenir notre relation platonique alors que son côté vélane lui criait de me courtiser. Je l'ai observé alors qu'il s'assoyait de l'autre côté de la pièce, se tenant délibérément loin afin que je puisse avoir du temps seul avec mes amis. Je l'ai observé alors qu'il tenait sa langue à chaque fois que Ron l'insultait, pour éviter de me blesser. Je l'ai observé alors que des filles de tous âges se jetaient à ses pieds, et qu'il se contentait de les repousser, continuant à me parler de peu importe ce dont on parlait. Je l'ai observé alors qu'il sautait de joie après avoir reçu une lettre de sa mère disant qu'elle acceptait son compagnon et qu'elle le supporterait à travers tout ça. Je l'ai observé alors qu'il semblait toujours présent quand je tombais. Je l'ai observé alors qu'il me laissait le temps dont j'avais tant beoin. Et je l'ai observé alors qu'il tombait profondément en amour avec moi.
Oui, je sais, ça pouvait sembler très prétentieux, mais c'était vrai. Drago Malefoy s'enfonçait lentement, mais sûrement, dans le gouffre sans fond qu'est l'amour, et j'avais bien peur d'être sur le point de sauter l'y rejoindre. Je sais ce que vous pensez – « Chasse cette pensée! » –, mais vraiment, ce gouffre sans fond commençait à sembler de plus en plus attrayant à chaque jour qui passait. Alors pourquoi ne pas amener les choses au niveau suivant? me demanderez-vous. La vérité, c'est que je flippais. Je flippais à l'idée que, si je le lui disais, il rirait de moi et me dirait que tout ceci n'avait été qu'une blague; je flippais à l'idée qu'il me laisse et que je me retrouve tout seul, mais plus que tout, je flippais à l'idée que lui qu'il ne le fasse pas. Je flippais à l'idée que, lorsque je le lui dirais, il voudrait rester avec moi et demanderait que nous complétions le lien. Et même si je ressentais quelque chose pour lui, je n'étais pas prêt à ça. Donc je me taisais.
Je voyais bien qu'Hermione avait tout compris. Elle essayait de m'entraîner à part en m'envoyant des regards insistants depuis un certain temps déjà, mais je réussissais toujours à trouver une excuse pour m'enfuir. Je devais l'avoir énervée à mort. Toutefois, ça ne pouvait durer éternellement et, alors que Drago et moi nous éloignions de la Grande Salle, elle s'approcha rapidement et m'entraîna dans une salle de classe avoisinante, disant à Drago de ne pas s'en faire et de poursuivre son chemin, que je le rejoindrais dans une minute. Une minute, mon cul, un sermon d'Hermione en prenait au moins dix.
Soupirant profondément, je m'assis sur le bureau, balançant mes pieds d'avant en arrière.
« Qu'est-ce que tu voulais? » lui demandai-je de mon ton le plus innocent, bien que nous sachions tous les deux ce qu'elle voulait, et que je savais ce qu'elle voulait.
« Je ne suis pas d'humeur à tes petits jeux aujourd'hui, Harry, dit-elle en me regardant fixement.
- Je ne sais pas de quoi tu parles » tentai-je, sachant qu'elle ne me croirait pas. Elle ne me crut pas.
« Ça suffit, gronda-t-elle. Tu es tombé amoureux de Malefoy. »
Oh, vraiment? Comme c'est gentil de l'avoir remarqué.
Levant le regard vers elle, je commençai à faire tournoyer une mèche de cheveux qui pendait le long de mon visage. « Peut-être bien » répondis-je en haussant les épaules, tentant de sembler calme, mais m'étant déjà vendu par le tournoiement. Je devais vraiment me débarrasser de cette habitude spécifique.
« Et tu ne le lui as pas dit, fit Hermione en me fixant d'un regard accusateur, me faisant tressaillir.
- Il n'a pas besoin de savoir.
- Es-tu stupide? Bien sûr qu'il doit savoir! N'as-tu rien lu sur les Vélanes? » s'exclama-t-elle, et je relevai aussitôt mon visage vers elle en un soubresaut. Que savait-elle que j'ignorais?
« Que veux-tu dire? » lui demandai-je, à moitié effrayé de ce que la réponse pourrait être.
« Tu as accepté le lien, n'est-ce pas? » demanda-t-elle, et elle continua en me voyant hocher la tête. « En acceptant le lien, tu t'es déclaré disposé à être courtisé par Malefoy. Tu as accepté ses avances et la progression de votre lien. Mais tu ne laisses rien de tout ça arriver, n'est-ce pas? Tu lui as dit que tu veux y aller lentement, et il a répondu en gardant ses distances. Et bien, j'ai des nouvelles pour toi : s'il continue comme ça, il tombera probablement dans un coma d'ici la fin de la semaine! Il a besoin de te courtiser, ou je ne sais ce qui se produira! C'est un miracle qu'il ait tenu bon jusqu'ici, j'ai vu le regard dans ses yeux quand tu es près de lui. Il souffre, Harry, mais il le cache parce que tu as dit que tu avais besoin d'espace! »
Mes yeux étaient grands ouverts et mon souffle s'était coupé alors que digérait ce qu'Hermione m'avait dit. Au cours des deux semaines que j'avais passées à observer Drago, comment avais-je pu ne pas remarquer cela? Étais-je une si horrible personne que je ne remarquais même pas quand quelqu'un souffrait? Comme si elle lisait mes pensées, Hermione me répondit.
« Non, Harry, tu n'es pas une horrible personne. Tu as simplement beaucoup de choses en tête ces temps-ci, c'est tout. »
Comment pouvait-elle savoir ce que je pensais? Je devais le lui demander.
« Comment as-tu su?
- Je connais ce regard, grimaça-t-elle. C'est l'air « tout est de ma faute, je suis une horrible personne », marque de commerce Harry Potter.
Souriant légèrement, je soupirai et cachai mon visage dans mes mains.
« J'ai juste peur » marmonai-je alors qu'Hermione me caressait la tête. Vraiment, parfois je me demandais si elle ne me voyait pas comme un chien.
« Je sais que tu l'es, et c'est tout naturel, c'est ta première relation de couple, après tout. Mais tu ne peux pas laisser la peur t'arrêter. Malefoy t'aime, et il a besoin que tu l'aimes en retour. Et même si tu le laisses te courtiser, tu peux quand même y aller doucement. Harry, je ne te dis pas de sauter dans son lit, je te conseille simplement de lui dire ce que tu ressens. Et de laisser le lien progresser. Laisse-le te tenir la main, t'embrasser sur la joue, t'acheter des fleurs. De petites choses comme ça l'aideront beaucoup, et quand tu seras prêt, vous pourrez aller plus loin. Ne laisse simplement pas ta peur envoyer Malefoy à l'hôpital, d'accord? »
Acquiesçant, je lui lançai un petit sourire.
« Je croyais que tu ne l'aimais pas. Quand es-tu devenu la directrice de la campagne "Aime Drago"?
- J'ai fait quelques lectures sur les Vélanes » répondit-elle vaguement, et je ne pus m'empêcher de laisser échapper un petit rire. Il n'y avait qu'Hermione pour consulter un livre sur la façon dont elle devait se sentir par rapport à quelque chose.
« Est-ce que ça veut dire que tu es complètement en accord avec ce lien? lui demandai-je.
- Eh bien, oui, je m'en approche. J'ai remarqué qu'il n'avait insulté aucun d'entre nous, cette semaine, et s'il fait un effort, je peux en faire aussi. Et pour te dire la vérité, je suis heureuse pour toi. Tu sais, cette affaire de compagnon fonctionne dans les deux sens. Ce n'est pas seulement toi qui es parfait pour lui, il est aussi parfait pour toi.
- Davantage de lecture? demandai-je dans un sourire, et je m'esclaffai lorsqu'elle acquiesça d'un air penaud. Bien. Et s'il te plaît, continue à me le dire lorsque je fais quelque chose de stupide, ok? »
Elle me jeta un drôle de regard et je rougis légèrement.
« Ok, quand je fais quelque chose d'extraordinairement stupide, alors.
- Ça, je peux le faire, sourit-elle. Mais te le dire à chaque fois que tu fais quelque chose de stupide, ça serait trop pour n'importe qui, même une sorcière de mon niveau.
- Bâtarde prétentieuse, marmonnai-je d'un ton taquin, et je m'enfuis de la salle en riant, une Hermione indignée me pourchassant, m'insultant et me disant de revenir me battre comme un homme. Qui a besoin d'ennemis quand vous avez des amis comme ça?
Hermione me pourchassa jusqu'à ma chambre, puis elle me fit un sourire encourageant et remonta les escaliers, retournant probablement à la bibliothèque. Je pris une grande inspiration pour me calmer, puis je donnai le mot de passe à la Dame et j'entrai. Je jetai un coup d'œil au canapé et y trouvai Drago en pleine lecture. Il semblait y passer beaucoup de temps.
« Est-ce que ça va? Je ne suis pas resté trop longtemps? » demandai-je, comme j'en avais pris l'habitude depuis la fois où il s'était effondré dans la bibliothèque.
Souriant, il secoua la tête. « Non, ça va » répondit-il sans quitter son livre des yeux ne serait-ce qu'un instant.
Acquiesçant, je restai debout au milieu de la pièce. Comme vous l'avez tous compris maintenant, je n'avais jamais été dans une relation de couple auparavant, et je ne savais pas du tout comment procéder. Comment peut-on bien dire à quelqu'un qu'on veut faire passer sa relation au niveau supérieur?! Je savais que Drago n'aurait rien à y redire, mais c'était quand même difficile. Et je ne savais pas comment faire. Est-ce que je me contentais de le lui dire, ou devait-on faire quelque chose de spécial dans une situation comme celle-ci? Je n'en avais aucune idée. Au final, je tranchai en m'approchant du canapé et en m'y assoyant. Beaucoup plus proche de Drago que d'habitude.
Il leva finalement ses yeux du livre et déglutit quand il me vit assis si proche.
« Harry, je ne crois pas que tu devrais… commença-t-il, mais je l'interrompis en me rapprochant davantage.
- Tu ne crois pas que je devrais quoi? »
À présent, il transpirait visiblement et sa bouche était légèrement entrouverte. Je me rappelai de ce que j'avais ressenti quand il m'avait embrassé cette fameuse première nuit et du fait que j'avais réussi à le faire gémir. Je ressentais quelque chose de similaire maintenant, et j'étais fier de pouvoir obtenir des réactions si intenses de sa part.
« Harry, ne me provoque pas. »
La voix de Drago sonnait tendue et je comprenais désormais de quoi Hermione parlait. Ça le tuait de m'avoir aussi proche et de ne pas pouvoir faire quoi que ce soit.
« Je ne te provoque pas » chuchotai-je, convoquant chaque parcelle de mon courage de Gryffondor pour m'approcher et l'embrasser doucement sur la bouche.
Sa réaction fut instantanée. Il m'entoura de ses bras, me rapprochant davantage alors qu'il m'embrassait encore et encore. D'une manière ou d'une autre, je me retrouvai sur ses cuisses et il mit rapidement sa langue dans ma bouche, en explorant tous les recoins. Pas que je m'en plaignais ou quoi que ce soit, j'étais de plus en plus convaincu que cette histoire d'embrassage était quelque chose à quoi je pourrais m'habituer. Après un certain temps, je commençai à manquer d'air, et je m'éloignai à contrecœur.
« Qu'est-ce qui a provoqué ce changement? » demanda-t-il, sa main décrivant des cercles dans le bas de mon dos.
Je ne savais pas quoi répondre, donc je décidai de m'en tenir à la vérité. Mauvaise idée.
« Tu souffrais. »
Ses yeux s'assombrirent instantanément, mais j'étais trop obnubilé par sa main sur mon dos pour le remarquer.
« Tu m'as embrassé parce que je souffrais? » demanda-t-il d'un ton dangereusement froid.
Je le regardai d'un air surpris.
« Eh bien, oui, mais – »
Je ne pus terminer ma phrase qu'il m'avait repoussé de ses cuisses.
« Je ne veux pas de ta pitié » gronda-t-il avant de quitter la pièce, me laissant le regarder partir, confus et me demandant ce que j'avais bien pu dire pour qu'il réagisse ainsi.
