Bonjour à tous ! J'espère que vous allez bien après la fin de ce confinement ! Je suis heureuse de vous poster la suite de l'histoire !
Réponses aux commentaires :
HeavenQuill : Hello toi ! Encore merci pour ton commentaire. Tu es très perspicace, j'aime ça ! En effet c'est bel et bien Esmée dans la maison des Cullens et par rapport à sa bataille interne tu as vraiment compris ce que je voulais faire alors je suis très heureuse ! ça me rassure en me disant que ce n'est peut-être pas complètement fou mon idée... J'espère que ce nouveau chapitre va te plaire ! Merci pour ton soutien !
Jeni74 : Ah ah ! Je suis contente que le précédent chapitre te plaise ! L'action va monter de crescendo en crescendo à partir de maintenant ! Mais j'avais vraiment besoin de poser le décor autour du personnage pour éviter de trop précipiter les choses et de gâcher un peu l'histoire en invitant trop rapidement les Cullens dans l'histoire de nouveau. Mais ne t'inquiète pas, il y aura d'autres personnages qui viendront entre temps... Merci encore de suivre assidûment l'histoire !
Paupau15 : En effet tu as bien compris les visions et les souvenirs qu'elle voit même si pour elle ce n'est pas évident... Il y a plusieurs raisons pour laquelle les Cullens ne l'ont pas retrouvés dont une très importante ! J'espère que mon explication au moment T te satisfera même si je sais qu'elle peut sembler un peu "bancale" mais j'y crois... Je ne peux pas t'en dire plus pour le moment... Merci encore d'avoir pris le temps de commenter mon histoire et d'être là.
MERO Julie: Bonjour à toi nouvelle lectrice ! Je tiens tout d'abord à te remercier d'avoir pris le temps de lire mon histoire mais surtout de me le dire. Je peux comprendre que tu aies mis du temps à apprécier le OC. Je ne voulais pas qu'elle ne soit une Mary Sue, je la voulais authentique avec ces défauts et ces qualités. Je suis contente qu'elle ait attiré ta sympathie, j'espère que ça continuera ! Merci encore.
Hoperna D Suna : Hello nouvelle lectrice, je t'ai répondu par message privé à ton message. Dis-moi si tu l'as bien reçu et encore merci !
Chapitre 6 : Écliptique
Mon corps expulsa juste de la bile verdâtre dans le lavabo, pendant une demi-seconde j'étais satisfaite de ne pas avoir pris de petit déjeuner. Je me fustigeais aussitôt de ma remarque stupide.
Je ne savais plus si je devais rire ou pleurer de la situation. Je ne réalisais pas totalement qu'à quelques mètres de moi, un policier était allongé parterre… Et sûrement mort.
Mon cerveau fonctionna à cent à l'heure, et la seule conclusion que je tirais de cette situation catastrophique et qu'aucune personne censé n'allait me croire si j'expliquais le déroulement de la situation.
Fuis.
Je pris la décision en moins de 5 secondes. Je mis un sweat à capuche et la veste en cuir abimé que je portais le jour de mon arrivée puis récupérais le sac poubelle de la salle de bain avant de vider son contenu par terre. Je fourrais mes affaires posées sur le lit dans mon sac de fortune avant de me précipiter vers la sortie.
Le carnet.
Je me stoppais aussitôt et me retournais à la recherche du cahier. Il avait glissé sous le lit pendant notre altercation. Je finis à quatre pattes pour le récupérer, un peu plus loin je voyais le corps gisant du policier, brusquement sa tête tourna vers moi. Son regard ensanglanté était submergé par la haine. Je n'attendais pas de voir s'il pouvait de nouveau bouger et me redressais sur-le-champ et couru jusqu'à la porte de la chambre.
Je me suis sentie quand même beaucoup mieux sachant que je ne l'avais pas tué. La seconde d'après je me blâmais de penser que c'était de ma faute.
- Ok concentre-toi ! Me sermonnais-je avant d'ouvrir doucement la porte de ma chambre.
Je glissais ma tête dans l'entrebâillement, tournais mon regard à droite et à gauche avant de m'aventurer dans le couloir vide. A peine fis-je un pas dans le couloir, que je vis apparaître à l'autre bout de celui-ci, le second inspecteur en grande discussion avec Cramwell. Ils se dirigeaient droit sur moi. Ils n'eurent pas le temps de m'apercevoir quittant ma chambre que je me jetais dans la chambre voisine avant de refermer la porte derrière moi.
- Et bien alors ma chère on se fait la belle ? M'accosta Bertillon en rigolant depuis son lit.
- Fais chier… Marmonnais-je entre mes dents serrées en l'ignorant royalement. Je m'avançais en grandes enjambées jusqu'à sa fenêtre espérant trouver une issue de secours ou une échelle mais il n'y avait rien. Putain je suis foutue…
- Attendez… Dîtes-moi ce qu'il.. Commença Bertillon en se relevant de sa position assise avant d'être coupé par des cris venant du couloir.
- Apportez un chariot de réa ! Cria Cramwell
- Hémorragie interne ! Écartez-vous ! Cria quelqu'un d'autre.
- Groupe sanguin ? On le soulève à 3 ! Allez 1 ! 2 ! 3 ! oui voilà ! Oxygène ? Demanda quelqu'un
- Son pouls est faible et irrégulier ! Biper le docteur Moriarty ! On l'emmène au bloc maintenant..
Les cris et les pas s'éloignèrent dans le couloir tandis que je m'approchais de la porte. Je retenais ma respiration pour entendre les moindres sons s'échappant du couloir.
- Où est votre patiente ? Riposta Birmes avec colère.
Je sursautais en entendant la voix de l'autre inspecteur. Il était juste devant la porte de Bertillon. Mon cœur pulsait à cent à l'heure, je me sentais doper à l'adrénaline.
- Je l'ignore riposta Cramwell calmement même si je sentais une certaine tension dans le ton de sa voix. Elle ne doit pas être loin.. Elle est..
- Je crois surtout que vous vous êtes fait berner oui ! Coupa Birmes colérique, Amnésique tu parles ! Regardez ! Il n'y a plus aucune de ces affaires dans sa chambre et qu'est-ce qu'elle a fait à mon collègue ? Hein ! Expliquez-moi ! S'emporta-t-il.
- Calmez-vous ordonna fermement Cramwell. Je vais prévenir la sécurité et nous allons vérifier les caméras de sécurité. On va la retrouver rapidement et éclaircir cette situation. Votre collègue est entre de bonnes mains rassura Cramwell.
J'entendis les deux hommes s'éloigner à leur tour dans le couloir. Je m'appuyais contre la porte avant de glisser jusqu'au sol, je retenais difficilement les larmes qui coulaient le long de mes joues. J'étais fatiguée, perdue et à bout.
- Ma parole ! S'exclama Bertillon. Mais qu'est-ce que vous avez fait ?
Je l'avais oublié… Je relevais la tête vers lui complètement désemparé par les évènements qui s'étaient abattus sur moi depuis 24 heures. Je reniflais bruyamment tout en haussant des épaules. Je ne savais plus quoi dire sans dégrader davantage ma situation. Je me sentais dépourvue face à tout ça. Je n'arrivais plus à distinguer ce qui était réel ou imaginaire voir cauchemardesque…
- Je n'ai rien fais … Je vous le jure ou peut-être que si … Mais je ne l'ai pas fait exprès ou …M'embrouillais-je dans mes explications, mes larmes coulèrent de nouveau, je me mordais les lèvres jusqu'au sang pour m'empêcher de pleurer de façon hystérique.
- On se calme ! On se calme mon petit ! S'écria Bertillon. Moi je vous crois quand vous me dîtes que ce n'est pas de votre ressort ce qui s'est produit. Je vous l'ai dit hier non, vous êtes un agneau, pas un loup.
- Vrai … Vraiment ? Demandais-je entre deux crises de larmes. Vous me croyez ?
- Vous ne le savez pas encore mais vous êtes comme un nouveau-né. Vous n'avez pas de souvenirs de votre passé, pas de rancœur, ni de blessures… Vous pouvez dès aujourd'hui faire comme bon vous semble. Et je peux vous aider proposa Bertillon.
- Comment ? Demandais-je à bout de nerf. Ils ne vont pas tarder à fouiller tout l'hôpital pour me retrouver et je vais sûrement finir ma vie en prison dès qu'ils me tomberont dessus ! Et même si j'arrive par je ne sais quel miracle à quitter l'hôpital sans me faire prendre, je ne sais pas où aller, je n'ai ni argent, ni contact, pas d'endroit où dormir... Enumérais-je au bord de la crise de nerf.
- Il ne faut pas compter sur un miracle mais sur la porte de secours à 20 mètres à droite de la chambre, là où les infirmiers vont fumer pendant leur pause. Une fois à 10h et une autre fois à 14h exposa tranquillement Bertillon. Il regarda sa montre posée sur la table à roulette. Il est actuellement 10h06, si vous avez de la chance, la porte est encore non verrouillée.
Je sautais aussitôt sur mes deux pieds, prête à prendre ce risque plutôt qu'attendre une nouvelle occasion qui ne se représentera peut-être jamais.
- Une dernière chose ajouta Bertillon. Il fouilla dans le tiroir de sa petite table de chevet et se tourna vers moi. Tenez dit-il en me tendant une liasse de billets roulées.
- Non ! Non ! Je ne peux pas accepter ! Refutais-je. Vous m'aidez déjà alors que n'importe qui aurai déjà appelé la sécurité pour me dénoncer.
- Ne faîtes pas votre princesse râla Bertillon en levant les yeux au ciel. Ne crachez pas sur de l'argent surtout quand vous en avez autant besoin dans votre situation actuelle.
Il n'avait pas totalement tort. Cet argent était une vraie bénédiction… Je m'avançais doucement jusqu'à son lit et tendais la main jusqu'à lui.
Attends.
Je me figeais aussitôt incertaine.
- Qu'est-ce que vous voulez en échange ? Demandais-je soudainement. Je ne savais pas d'où me venait cette question mais elle me semblait vitale.
Bertillon eut un sourire carnassier qui me fit froid dans le dos.
- Ah ah ! Je vous aime bien, vous êtes vive et intelligente. Vous comprenez vite ! Qu'est-ce que vous pouvez m'offrir ?
Je serrais les dents, le gentil petit vieux de la chambre voisine avait laissé place à un véritable requin.
« Les loups se reconnaissent entre eux »
Ou plutôt à un loup.
De suite sa phrase semblait avoir davantage de sens maintenant que je voyais le véritable visage de Bertillon. Je n'avais aucune envie de céder à son chantage, ni de le supplier pour avoir cet argent.
- Je n'ai rien à vous offrir lâchais-je froidement avant de faire demi-tour.
Plus je perdais de temps ici, moins j'avais de chance de sortir d'ici. Je ramassais mon sac poubelle au sol avant d'ouvrir doucement la porte.
- Du temps spécifia Bertillon. Je me retournais vers lui, suspicieuse. Je veux que vous me donniez un peu de votre temps en contrepartie je vous fournirai tout ce qu'il vous faudra, argent, papier et logement.
- Du temps ? Répétais-je incertaine de ce que cela impliquait.
- Oui concéda-t-il avec un sourire presque triste, son regard s'égara au loin vers la fenêtre.
Je réfléchissais rapidement, je pouvais lui dire oui maintenant pour avoir cet argent et ne jamais le revoir par la suite. Satisfaite de ma décision, je refermais doucement la porte avant de me diriger une nouvelle fois vers le lit.
- C'est d'accord annonçais-je nerveusement. Ma main se crispa sur le sac poubelle essayant de ne pas me trahir sur mes véritables intentions.
- Sage décision répondit-il en me tendant la main pour conclure notre accord. J'attrapais cette dernière, elle était chaude et douce, pas ce à quoi je m'attendais au final. Il me tira en avant avec une force inattendue, me fixa droit dans les yeux. Nous nous retrouvâmes à quelques centimètres l'un de l'autre, à tel point que je pouvais sentir l'odeur de son after shave. Je n'avais jamais porté réellement attention au physique de Bertillon jusqu'à maintenant. Il avait des yeux vert-gris, des fossettes marquées, et il possédait encore beaucoup de cheveux pour son âge, couleur poivre et sel. Derrière le regard de l'agneau innocent, je vois une louve prête à attaquer affirma-t-il presque euphorique.
J'avalais difficilement ma salive accumulée dans ma bouche. Tout ce qui sortait de la bouche de cet homme me donnait des sueurs froides.
Je récupérais prestement ma main alors qu'il s'esclaffait et me lança la liasse de billets roulés. Je fourrais l'argent dans la poche intérieure de ma veste en cuir avant de tourner les talons sans même le remercier. Je me sentais déjà suffisamment humiliée comme ça.
- 4020 Schiff Drive, Las Vegas. Je t'attendrais là-bas dans deux jours. Ne te perds pas en chemin… M'avertit Bertillon froidement avant de m'ignorer et de récupérer ses mots croisés sur sa table de chevet.
Je le regardais complètement abasourdi. Il croyait vraiment que j'allais me rendre à Las Vegas juste parce qu'il me l'avait demandé… Enfin menacé ?
- Qu'est-ce que tu attends ? L'heure tourne ma chère dit-il en tapant sa montre avec son indexe. 10h15 déjà ! J'espère que tu es une femme chanceuse… Ajouta-t-il avant de rire.
Je me précipitais jusqu'à la porte de la porte de la chambre et l'ouvris rapidement et m'engouffrais dans le couloir, j'entendais encore au loin le rire bruyant de Bertillon. Je n'avais plus le temps de faire attention, je devais sortir et vite. Je comptais dans ma tête le nombres de pas dans ma tête jusqu'à vingt et aperçus quelques mètres plus loin la fameuse porte de sortie de secours. Je priais chaque divinités sur Terre pour qu'elle soit encore ouverte. Je pris une grande inspiration comme si ça allait changer quelque chose et appuyais sur la poignet.
La porte s'ouvrit sans aucun problème. Elle donna accès sur un petit escalier en métal avec une petite terrasse où trônaient deux chaises en plastique l'une en face de l'autre et un cendrier posés parterre remplis de mégots de cigarettes à côtés. L'odeur du tabac était encore assez présente dans l'air.
- Hey vous ! S'exclama une voix derrière moi
Je me retournais rapidement pour voir un homme appartenant aux personnels soignants à en juger d'après sa tenue bleue d'hôpital. Il arriva droit sur moi depuis le couloir. Je ne réfléchis pas plus longtemps et fermais rapidement la porte, pris les deux chaises pour bloquer cette dernière même si je n'étais pas certaine que ça fonctionnerait réellement. Ma seule référence était les films diffusés sur la vieille télévision du foyer de l'hôpital.
On n'entendait absolument rien et la qualité était vraiment mauvaise mais il y avait toujours du monde dans cette salle. La solitude dans les chambres étaient pesantes par moment et le manque d'activités flagrantes.
Je dévalais à toute vitesse l'escalier métallique, sautant parfois deux par deux les marches. Il grinça bruyamment sous mon poids durant ma course. J'évitais de trop à l'idée qu'il puisse s'effondrer d'une minute à une autre. Celui-ci me conduisit au parking privé du personnels, je longeais les voitures, j'entendis au loin derrière moi des bruits sourds et des pas dans l'escalier. Je refusais de me retourner et me concentrais pour trouver le moyen le plus rapide de quitter l'hôpital. Je repérais très facilement le grand portail de sortie mais celui-ci était haut et ne s'ouvrait qu'avec un bagde en voyant les deux petites bornes devant et derrière le portail blanc. Un haut muret lisse entourait le reste du parking. Je n'avais pas d'autre solution que de sauter au-dessus de celui-ci. Je me préparais à prendre de l'élan afin de passer quand une voiture se présenta à l'entrée du parking. Ma bonne étoile ne semblait pas me quitter pour le moment.
Je couru jusqu'au portail sans perdre une seconde.
- Arrêtez-vous ! Cria l'homme en blouse bleue, je tournais légèrement la tête sans pour autant m'arrêter de courir.
Il n'était qu'à une centaine de moi et il courait vite, très vite. Je redoublais d'efforts. L'adrénaline de la course et la peur me permettaient de garder la tête froide et de décupler mes forces durant un court laps de temps.
- N'ouvrez pas le portail ! Hurla-t-il à la voiture mais c'était trop tard, le conducteur venait tout juste de biper son badge. Le portail s'ouvrit avec une lenteur exagérée accompagnée d'une sonnerie stridente et d'une lumière orange.
J'atteignis enfin le portail. Ce fut les plus longues secondes de toute ma vie. Le conducteur sorti au même moment de sa voiture ne comprenant pas la situation.
- Ed ! Ne la laisse pas passer ! Cria mon poursuivant au conducteur.
Celui-ci remonta dans sa voiture et s'avança avec sa voiture afin de me bloquer l'accès. Je me retrouvais bloquer entre la voiture, le portail qui s'ouvrait toujours trop lentement et l'homme qui arrivait à ma hauteur.
Le portail était à peine ouvert d'un mètre et le voiture ne me laissait qu'une seule possibilité.
Ne réfléchis pas !
Je couru jusqu'à la voiture et monta sur le capot, grimpa sur le toit avant de sauter de l'autre côté. A ma droite je vis un bus arriver de l'autre côté de la rue et se stopper à un arrêt. Je mis mes dernières énergies pour atteindre le bus. Sans regarder, je traversais la route, mes poumons me brûlaient, mon cœur battait furieusement dans ma poitrine, mes muscles me tiraient le long de mes jambes. C'était la première fois depuis des semaines que je courais aussi vite. Je fis de grand signe au bus dans l'espoir qu'il m'attende avant de repartir.
Je grimpais précipitamment par la porte arrière du bus juste avant que les portes ne se referment derrière moi et m'écroulais sur les sols, peinant à respirer. Un point de côté se manifesta douloureusement. Quelques personnes me jetèrent des regards perplexes mais personne ne s'approcha pour m'aider.
Je me relevais tant bien que mal sur mes jambes tremblantes, récupérais mon sac poubelle à tombé à pied. Je jetais un coup d'œil derrière moi, le bus s'était éloigné de l'hôpital et j'apercevais au loin les deux hommes sur le trottoir passablement très énervés. J'esquissais un petit sourire d'auto satisfaction à mon évasion réussie. Je m'approchais difficilement du conducteur alors que le bus continuait sa route.
- Mer… Merci Monsieur peinais-je à articuler entre deux respirations précipités. Vous allez où ? Demandais-je tout en lui tendant un billet de 20 $ de la liasse pour payer le trajet.
- Mon terminus est la gare routière de Denver m'informa-t-il tout en me rendant la monnaie.
- D'accord merci … Murmurais-je tout en m'écroulant sur un des sièges. Je posais ma tête contre la vitre glacée, les flocons commencèrent à tomber, s'écrasant sur les vitres du bus un à un avant de fondre lentement. Je fermais quelques instants les yeux et me forçais à ne plus songer à l'inspecteur Eilish, ni au reste de mes problèmes. J'étais si exténuée après ma course poursuite, les bénéfices de l'adrénaline avaient complètement quitté mon corps.
- Hey mademoiselle ! Réveillez-vous, nous sommes arrivés appela une voix.
J'ouvris difficilement les yeux, incertaine du lieu où je me trouvais. J'eue l'étrange impression de n'avoir fermé les yeux qu'une seule seconde.
- On est au terminus m'indiqua le conducteur dans son rétroviseur intérieur.
Je récupérais le sac poubelle tombé à pied contenant mon peu d'affaires. Je le remerciais avec un signe de tête encore trop engourdie par mon réveil pour parler avant de sortir du bus.
La neige tombait de plus en plus, et le froid commençait à se ressentir au travers de ma veste de moto. Je rabattis la capuche de mon sweat sur ma tête et me fondis dans la masse grouillante de personnes.
A une dizaine de mètre de l'arrêt de bus, un grand panneau indiquait Colorado station Denver. J'entrais rapidement dans la gare recherchant un peu plus de chaleur. Beaucoup de monde se bousculer pour entrer et sortir, des valises, des cris, des embrassades. J'avais l'impression d'être arrivé dans une fourmilière. Je me sentais oppressé par toute cette foule. Je m'éloignais de la cohue en longeant le mur le plus proche. La tranquillité et le silence de l'hôpital me manquait soudainement.
Je pris appuie contre celui-ci avant de regarder le tableau d'affichage des départs. Je pouvais prendre un train ou un bus mais pour aller où ? Me fustigeais-je aussitôt. Je regrettais pendant une seconde mon départ de l'hôpital.
Je glissais mes mains dans la poche intérieure de ma veste pour en sortir la liasse de billets, je me tournais légèrement pour éviter d'attirer l'attention afin de compter ce que Bertillon m'avait donné. La somme totale me permettrait de savoir la limite de mes déplacements.
500 $ ! Je recomptais trois fois de suite pour être sûre.
- Putain … Marmonnais-je coupable. Je ressentais la sensation d'avoir vendu mon corps au diable et j'ignorais encore la raison.
Je me tournais de nouveau vers le tableau d'affichage réfléchissant sur mes minces options. Rester à Denver était une possibilité, la ville était grande et je pouvais m'y cacher jusqu'à que ça se tasse mais au fond je n'en avais pas très envie.
Mais surtout je n'avais aucune garantie qu'il n'y aura pas d'autres policiers me recherchant depuis que … Ma gorge se serra soudainement repensant au moment où Eilish s'était effondré d'un coup parce que… Parce que… J'avais parlé ? Qu'est ce qui c'était passé dans cette chambre ? Une envie de vomir me saisissant soudainement et je me précipitais dans la première poubelle à ma portée avant de rejeter le faible contenu de mon estomac.
Quelques voyageurs me jetèrent des regards interloqués et dégoûtés avant de s'éloigner de moi. Mon apparence ne devait pas être très flatteuse dans mes habits un peu trop grands et mon sac de fortune à la main.
Je fis rapidement une liste mentale de ce que je devais faire dans l'immédiat. Choisir une destination, acheter un billet, me rafraîchir dans les toilettes et surtout acheter à manger. A ce rythme-là je finirais de nouveau à l'hôpital si je faisais un malaise.
Est ou Ouest ? Petite ou grande ville ? Et après ? Je dors où ? Comment gagner de l'argent ? Comment survivre tout simplement ? Toutes ces questions me traversèrent la tête en quelques secondes et je sentais déjà pointer une crise de panique.
- Allez ne réfléchis pas, agit ! Me répétais-je à haute voix en me dirigeant droit au guichet pour acheter mon billet.
Les quelques voyageurs patientant devant moi m'offrait encore un peu de temps avant de choisir une destination finale. A force de relire le panneau d'affichage, je finis par apprendre les destinations par cœur, cinq possibilités s'offraient à moi. Le plus tôt était celui pour Los Angeles. J'excluais en tout premier Las Vegas pour des raisons évidentes selon moi. Il me restait Los Angeles, Phoenix, Albuquerque et Kansas City.
Penser à la ville de Phoenix me donnait un sentiment de malaise soudain et décidais de le retirer de mes options. J'hésitais avec la ville de Los Angeles et celle de Kansas City. Los Angeles offrait beaucoup de possibilité par sa taille et son climat favorable. Je pourrais trouver un travail quelconque le temps de savoir quoi faire ensuite…
- Mademoiselle ? Appela le guichetier derrière son plexiglas.
- Oh bonjour ! Désolé ajoutais-je en trottinant jusqu'au comptoir. Je voudrais un billet de bus pour L… Ma voix se stoppa d'un coup. Je portais ma main à ma gorge, j'avais l'impression d'avoir la gorge nouée. Ma voix semblait avoir disparue soudainement.
- Pardon ? Je n'ai pas compris la destination. Pouvez-vous répéter s'il-vous plait ? Demanda l'homme en haussant un sourcil.
- Lo.. Je toussais fortement, incapable de dire la destination.
Arrête.
La terreur que je ressentie à ce moment précis était décuplé par rapport à ce qui c'était passé dans la chambre de l'hôpital. Une sueur froide s'écoula le long de mon dos réalisant que c'était la voix qui m'empêchait de parler librement.
- Mademoiselle ? Vous vous sentez bien ? S'inquiéta le guichetier.
Je le regardais avec des yeux complètement effarés alors que ma bouche s'ouvrit sans mon consentement.
- Las Vegas… Répondit difficilement la voix sortant de ma bouche. Tandis que la main droite plaqua lourdement les dollars sur le comptoir.
Je ne pouvais plus bouger, je me sentais prisonnière de mon propre corps alors que l'agent récupéra les billets posés, pianota sur son ordi et me tendis mon ticket de bus avant de souhaiter un bon voyage.
à suivre...
Voilà j'espère que ce nouveau chapitre vous a plu ! Dîtes ce que vous en avez pensé ! Je publierai le prochain chapitre plus rapidement maintenant que le situation commence peu à peu à devenir normal.
Je recherche un bêta pour m'aider dans la correction des chapitres, si vous en avez envie dîtes-le moi en message privé ou en commentaire ! Merci !
