Bonjour à tous ! Heureuse de vous retrouver avec ce nouveau chapitre. J'espère qu'il va vous plaire !
Mais surtout à partir d'aujourd'hui, une nouvelle personne travaille avec moi pour la correction des chapitres ! Un grand MERCI à MERO Julie qui a fait un travail remarquable sur ce premier chapitre. J'espère pouvoir m'améliorer dans la conjugaisons et l'orthographes à ces côtés ah ah (La conjugaison ce n'est pas gagné en vrai).
Réponses aux commentaires :
Bluemiroir: Merci de continuer à lire et de commenter les chapitres au fur et à mesure, ça me booste pour écrire et poster la suite ! Continue tu ne vas pas le regretter.
HeavenQuill : Ah ah j'aime bien tes hypothèses, c'est très amusant. Je ne dis pas que Bertillon est un gentil agneau mais il y a bien une raison pour laquelle il a décidé de l'aider... Je ne t'en dis pas plus ah ah ! Pour le moment elle ne se souviens pas de Forks mais ne t'inquiète pas, elle y retournera... à un certain moment précis... Je suis contente que ce nouveau chapitre t'ais fais ressentir des émotions ! J'espère que cette suite continueras à te plaire !
Pumsam: Hello et heureuse de te retrouver dans les commentaires ! J'espère que l'histoire continue à te plaire ! ça me fais plaisir que tu me donnes ton avis. Je t'avoue qu'il va falloir t'armer de patience pour la suite mais promis ça vaut vraiment le coup ! Crois moi tu seras surprise ! ( Dans le bon sens)
Erik9322 : Hola nuevo lector ! Eres me primer comentario en espanol, Gracias ! Me alegra que te guste la historia. Hasta Pronto !
Lison Abel : Merci d'avoir pris le temps de me laisser un petit commentaire, je t'ai répondu en message privé. Merci pour ta proposition !
Chapitre 7 : Aphélie
Je ne pouvais plus bouger, je me sentais prisonnière de mon propre corps lorsque l'agent récupéra les billets posés, me tendis mon ticket de bus et me souhaita un bon voyage.
Je restais quelques secondes à côté du guichet complètement abasourdis par ce qu'il venait de se dérouler, mon ticket de bus à la main et mon sac poubelle dans l'autre. Je venais de gâcher 200$ dans un billet direction à Las Vegas et il n'était pas remboursable.
Si je prenais un autre billet maintenant, il ne me resterait quasiment plus d'argent et revendre mon propre billet à la sauvette prendrait trop de temps et d'énergie. Je n'inspirais pas beaucoup confiance à en juger par les regards que j'interceptais en ma direction.
- Tu fais chier… Lâchais-je à moi-même en me regardant dans le reflet du plexiglas.
Si je ne me croyais pas folle il y a encore quelques jours, aujourd'hui c'était bel et bien le cas.
Je vérifiais l'heure du départ sur le billet : 18h30 et une arrivée à 5h du matin le lendemain matin. Puis, je regardais dans la gare l'heure indiquée à la grosse pendule accrochée dans le hall, 12h42.
Il me restait environ 6 heures avant de partir pour Las Vegas, ce qui me laissait le temps de me rafraîchir avant mon long voyage et surtout de me restaurer. Mon ventre commençait douloureusement à me faire mal.
Mais une partie de moi commençait à s'angoisser en pensant que six heures, bloquée à la gare : c'était très long … Plus je restais à Denver dans un lieu publique, plus j'avais de chances d'être arrêté.
Je me forçais à prendre de profonde respiration pour me calmer, faire une crise d'angoisse maintenant n'allait pas m'aider. Je devais catégoriser mes priorités et faire abstraction de tout ce bordel dans ma tête.
Je repérais dans la gare, un café-presse, des toilettes, un Starbucks et plusieurs markets. Je commençais par ces derniers. J'achetais en tout premier un sac à dos noir en tissus épais, une gourde, un duvet et une carte de Las Vegas. Si je devais arriver là-bas, au moins commencer par me préparer. J'achetais ensuite quelques gâteaux secs et des barres énergisantes pour me restaurer durant mon long voyage. Arrivée à la caisse, je rajoutais un petit couteau suisse et une casquette. Me voilà avec le kit complet du parfait voyageur fuyant des ennuis.
Après mes courses, il ne me restait environ 200$ dollars. Ce qui était peu compte tenu de ma situation plus que précaire. Je rangeais l'ensemble de mes achats dans mon sac à dos et me dirigeais vers les toilettes. Débourser 1$ pour pouvoir entrer dans les toilettes me désola mais j'en avais vraiment besoin. Je fis une toilette rapide au-dessus d'un lavabo, mon teint était terne et de grandes cernes violettes aggravaient mon état pitoyable. J'enfonçais ma casquette sur mon crâne avant de ressortir et de me diriger vers le Starbucks.
Je pris un café et un bagel avant de me hisser sur un des sièges disponibles autour du bar. Je sortie le carnet et la carte de Las Vegas devant moi et glissa mon sac entre mes jambes. Je pris quelques secondes pour apprécier la chaleur émanant du gobelet en carton. Enroulant mes mains glacées autour de celui-ci.
Je restais de longues minutes à regarder dans le vide devant moi. Même si j'essayais de bloquer mes pensées par rapport à tout ce qui se déroulait malgré moi, je ne cessais de rejouer la scène dans la chambre de l'hôpital avec l'inspecteur Eilish. J'éprouvais un mélange de peur et d'incompréhension.
La voix dans ma tête ne m'aidait pas non plus … Enfin … Elle n'essayait pas de me nuire directement mais …
- Ahhh lâchais-je en m'agrippant la tête.
Je commençais sérieusement à devenir dingue. Si je donnais trop d'importances à cette chose, j'étais certaine de finir dans un asile psychiatrique.
Rien ce qui se déroulait depuis mon réveil n'était normal. Soit je décidais de le combattre et de comprendre ce qu'il se passait, soit je l'acceptais…
Je reportais mon attention sur les voyageurs autour de moi. Une pointe de jalousie s'insinua dans mon cœur en voyant des amis rigoler ensemble sans se soucier de rien ou bien des couples s'embrasser légèrement, complètement hermétique dans leur propre bulle de bonheur.
Alors que j'étais seule, sans famille, ni amis ou petit ami à l'horizon. Une vague de tristesse me submergea complètement en pensant à ma vie amoureuse inexistante. Je ravalais difficilement les larmes qui menaçaient de s'écouler à tout moment. Je sentais ma poitrine se comprimer douloureusement.
Je me focalisais sur le carnet, l'ouvris et regardai attentivement les deux dessins. Je connaissais cette maison et cette camionnette mais je n'arrivais pas à m'en souvenir tout simplement me rassurai-je.
Frustrée, je reportais mes recherches sur la carte de Las Vegas tout en buvant le reste de mon café refroidit. Je passais l'heure suivante à alterner entre la carte et ma fascination à observer les gens autour de moi.
Le barista du Starbuck me proposa un autre café voyant que je comptais rester un petit moment sur la chaise. Je l'acceptais volontiers.
Je me focalisais sur mon nouveau gobelet de café quand je finis par relever les yeux vers le grand miroir situé derrière le comptoir. Il était entouré de diverse bouteilles et décorations.
C'est là que je le remarquais. Il se détachait de tous les autres. Je ne voyais pas son visage, seulement son dos. Une carrure développée, des épaules larges, son port de tête était haut, presque hautain. Des cheveux blonds parfaitement coiffés en arrière dans un mouvement naturel.
Il dégageait une telle aura charismatique que c'était impossible de ne pas le remarquer parmi les autres voyageurs. Et pourtant personne ne faisait attention à lui. Les gens se déplaçaient autour de lui sans le voir.
Il ne bougeait pas, debout, juste à quelques mètres derrière moi. Je voulais l'ignorer mais j'en étais incapable, quelque chose m'empêchait de me détourner de lui. Je ne cessais de le fixer dans le miroir, essayant d'imaginer son visage. Je ressentais le besoin inconditionnel d'aller le rencontrer pour au moins lui parler.
C'était presque aussi vital que mon besoin de respirer. Je pris la décision en moins d'une seconde, me tournant vers lui avant de descendre de ma chaise. Il était plus grand que je le pensais et bien plus proche que je ne l'aurai cru.
Je m'avançais jusqu'à lui. Le bruit des conversations, des claquements des tasses et des cuillères entre elles et le raclement des chaises sur le sol me semblèrent lointain… Comme la télévision de l'hôpital, le son était devenu inaudible. Toute mon attention était focalisée sur l'homme.
Mon cœur battait frénétiquement. Je levais une main tremblante vers lui.
- Excuse-moi Monsieur ? Appelais-je en posant ma main sur son épaule.
Mes doigts se crispèrent en touchant l'homme. Il était froid et dur comme de la glace. Mon souffle se coupa quand son visage se tourna vers moi.
Ses yeux cramoisis me gelèrent sur place.
Je me réveillais en sursaut sur le petit comptoir en bois et renversais le reste de mon café froid sur le carnet.
- Fais chier… Marmonnais-je encore secoué par mon rêve tout en ramassant rapidement le gobelet.
Je ne pus pas m'empêcher de jeter à un coup d'œil dans le miroir pour voir si l'homme était là mais il n'y avait personne. Deux sentiments opposés me tiraillèrent à ce constat : du soulagement et de la déception en même temps.
Essayer de me remémorer cet étrange rêve me donnait un sentiment de mal à l'aise et d'une douleur sourde dans la poitrine. Une douleur invisible mais réelle depuis mon réveil à l'hôpital. Cette souffrance avait toujours été présente mais j'en prenais conscience que maintenant.
Je secouais la tête et me forçais à oublier ce rêve.
Je récupérais plusieurs serviettes dans le petit distributeur en métal pour éponger les pages de mon carnet tout en grommelant. Je jetais distraitement un œil pour vérifier l'heure à la grosse horloge quand je vis qu'il était 17h52 ! Je sautais hors de la chaise et fourrais le reste de mes affaires dans mon sac avant de courir jusqu'aux arrêts de bus en dehors de la station.
Je me plaçais dans la file d'attente pour monter dans le bus, mon billet à la main quand j'entendis au loin des sirènes de police. Le bruit était de plus en plus fort. Une vague de panique déferla sur moi, ma gorge se bloqua. Je refusais de tourner ma tête vers les sirènes redoutant de voir débarquer l'inspecteur.
Il ne restait plus que deux personnes devant moi pour accéder au bus. Les sirènes arrivèrent jusqu'à la gare avant de dépasser celle-ci. Je ressentie un tel soulagement que je cru que j'allais pleurer de joie. Je jetais pratiquement mon billet au visage du conducteur avant de monter précipitamment dans le bus. Il y avait encore beaucoup de places disponibles, je m'installais au milieu du car près d'une fenêtre. Je retirais ma veste en cuir, toutes ces émotions m'avaient donné chaud. Je glissais mon sac sous mon siège et décidais de garder ma casquette au cas où…
Je regardais par la fenêtre vérifiant sans cesse si la voiture de police n'allait pas faire demi-tour finalement. Après ce qu'il me semblait être les plus longues minutes que j'avais connu, le car referma ses portes et démarra dans vrombissement.
Les 12 heures de car furent à la fois longues et très rapides. Mon cerveau ne cessait de réfléchir à ce que je devrai faire une fois arrivée à Las Vegas et une infime partie était excitée par cette aventure. La partie rationnelle de mon subconscient me soufflait constamment que ma vie était complètement à la dérive et pourtant, c'était cette vérité qui me permettait de garder les idées claires. Je me sentais confiante, forte, quasiment inébranlable.
Si j'avais survécu à un traumatisme crânien, à la perte de mon identité alors je pouvais surmonter cette nouvelle épreuve. Si j'étais en vie aujourd'hui, c'est pour une raison.
Le chauffeur de bus me sorti brusquement de mes résolutions internes en nous annonçant notre arrivée à Las Vegas au micro. Les derniers voyageurs qui somnolaient encore se réveillèrent au fur à mesure. Je me redressais sur mon siège afin d'apercevoir la ville. Au loin déjà, les lumières colorées éclairaient le ciel à plusieurs kilomètres autour. Dans la faible aube du matin, nous apercevions les silhouettes des bâtiments.
« Welcome to Fabulous Las Vegas Nevada » indiquait le célèbre panneau blanc et lumineux.
La ville qui ne dormait jamais portait bien son nom, il y avait beaucoup de monde dans les rues. Des garçons ivres, des filles dansant et riant comme des folles, des gens pressées de rentrer dormir ou au contraire des gens venant à peine de se lever. Des files incessantes de taxis devant les bars et clubs attendant patiemment les clients fêtards.
Tout dans cette ville était artificiel malgré tout mon regard était incapable de se détacher des grands casinos, des fontaines lumineuses ou de la tour Eiffel miniature. C'était la première ville que je visitais depuis mon réveil.
Le bus s'arrêta au milieu de la grande ville à quelques rues de l'avenue principale. Je remis ma veste et ramassa mes papiers de gâteaux avant de descendre du bus.
Je m'étirais pour soulager mes muscles endoloris par le long voyage. Le bus ne s'était arrêté que deux fois : une fois pour un changement de chauffeur et la seconde parce qu'une femme s'était sentie mal.
Je récupérais la carte au fond de mon sac ne sachant pas trop où je devais me rendre. Je n'eus pas le temps de tergiverser quand je vis un gros point rouge dessiné sur la carte. Je ne savais pas à quel moment je l'avais dessiné. Je lus « rue Schiff Drive » en petit sur la carte. C'était bien l'adresse que m'avait indiqué Bertillon hier. J'avais fait tout ce chemin, c'était un peu idiot de ne pas aller jusqu'au bout…
- Putain … Marmonnais-je en remettant mon sac à dos sur les épaules avant de me diriger d'un pas décidé à l'adresse indiqué. Je continue à te suivre mais si c'est bizarre on se casse, ok ? Parlais-je à haute voix.
Seul le silence me répondit mais je n'étais plus surprise. La voix se manifestait toujours au moment critique. Je soufflais de dépit une nouvelle fois avant de poursuivre ma route.
Marcher à travers la ville fut plus agréable que je ne l'aurai cru. Certes le point de rendez-vous n'était pas à côté mais en suivant scrupuleusement la carte et en m'aidant des monuments au bord de la route, je réussis à me diriger sans encombre. J'évitais de m'approcher des groupes de personnes alcoolisés et marchais à côté de femmes.
Par instinct je me sentais plus en sécurité parmi elles.
Après plus d'une heure de marche à travers la ville lumineuse, j'arrivais enfin au point de rendez-vous de Bertillon. Je commençais à me demander si je ne m'étais pas tromper d'adresse quand mes pas s'arrêtèrent devant un club de boxe.
« Mayweather boxing club » lus-je sur le devant du bâtiment. La façade était blanche et orange, bien entretenu avec un large parking juste devant où se trouvait quelques voitures. Je revérifiais plusieurs fois l'adresse mais il n'y avait aucune erreur. J'étais au bon endroit.
Qu'est-ce que je ferai d'un club de boxe ? Bertillon avec son âge avancé, c'était trompé d'adresse ? Ou l'avait-il fait sciemment ? Toutes ces questions se bousculaient dans ma tête. Je regrettais aussitôt d'avoir confié mes espoirs à cet inconnu.
La confiance que j'avais retrouvé quelques heures plutôt c'était aussitôt envolé en moins de deux secondes. Je finis par m'asseoir par terre, fatiguée, en colère et désespérée de me retrouver dans cette ville où tout était trop grand pour moi. Je posais mon sac à dos à côté de moi et récupérais ma gourde presque vide.
J'étais tellement occupée à me lamenter sur mon sort que je n'entendis ni ne vis l'homme s'arrêter derrière moi.
- C'est toi la fille de Bertillon ? Demanda une grosse voix grave avec un accent.
Je me retournais vers l'homme. Il était immense, un grand homme à la peau noir. Il ne portait qu'un petit débardeur et un short de sport laissant apercevoir tous ces muscles développés. Son crâne était rasé et une balafre en forme de croissant de lune sous son œil gauche agrémentait la dangerosité de l'homme.
Ses yeux me scrutèrent de haut en bas, ses lèvres pincées.
Son expression était clairement hostile. Tout dans son attitude me poussait à m'enfuir en courant. Mais j'étais presque certaine qu'il me rattraperait facilement au bout de deux mètres sans courir.
Je sautais sur mes pieds et fit quelques pas en arrières tout en continuant à jaugeant l'homme. Pouvais-je lui faire confiance ? Il a bien parlé de Bertillon mais…
- Alors ? Demanda-t-il d'une voix bourrue en s'avançant vers moi.
- Je… Euh... Oui mais... Déglutissais-je difficilement tellement j'étais effrayée par cette montagne de muscle.
Mes mains étaient crispées autour de ma bouteille. Je pouvais peut-être essayer de m'en servir comme arme… Il fit un pas de plus vers moi avant de se baisser soudainement, de ramasser mon sac et de faire demi-tour.
- Qu'est-ce que tu attends ? Gronda-t-il de sa grosse voix avant d'entrer par la porte d'entrée du club de boxe.
À suivre...
Voilà, qu'en pensez-vous ? Le prochain chapitre sera très spécial !
Encore Merci Julie pour la correction et les remarques sur ce chapitre !
