Bonjour à tous, me voilà avec la suite de l'histoire. J'ai reçu beaucoup de commentaires ces trois derniers mois. Ce n'est pas facile en ce moment avec tout ce qui se passe mais je ne compte pas abandonner l'histoire.

Alors oui j'ai pris du retard dans la publication mais je suis encore là et je le serai toujours. Entre le travail, les cours, le corona et les changements que j'ai eu dans ma vie ces derniers temps ça m'a pris du temps. Mais ça me touche de voir que vous êtes encore nombreux à suivre l'histoire.

J'espère que ce nouveau chapitre comblera l'attente.


Un grand merci à ma bêta, Mero Julie qui est juste une tueuse ! Ton travail est topissime ! J'espère pouvoir te garder à mes côtés pendant tréééééés longtemps !


Réponses aux commentaires:

Ksyushangel: Thank you again for your comments. I hope you like my inspirations for this new chapters. I can't wait to have your next comeback ! Good reading !

Paupau15 : Ah ah désolé pour l'attente, j'espère que ce nouveau chapitre va combler mon retard. N'hésite pas à me dire tes retours sur ce chapitre !

Amel 21: J'espère que tu vas bien ! Je suis contente de te retrouver dans ce nouveau chapitre ! Et bien je peux te donner quelques infos en plus en privé si tu veux ah ah ! Mais je peux déjà te dire que dans deux chapitres, il va y avoir des retrouvailles... Et dans les deux prochains chapitres des invités vont faire leur apparition. Concernant Bertillon tu vas avoir un aperçu dans ce chapitre mais il y aura davantage de réponses dans les deux prochains chapitres. J'espère que ce nouveau chapitre va te plaire !

Sarah : J'ai bien lu tout tes messages et ça m'aurai fais extrêmement plaisir de te répondre en privé. Je le fais très souvent quand il y a des demandes ou attentes spécifiques mais malheureusement je n'avais pas de moyen de contacter vu que tu es "guest". Si tu te crée un compte je pourrais dès aujourd'hui te tenir un peu plus informé concernant la suite de l'histoire.

Je comprends parfaitement ta frustration concernant le retard de publication. Je dois t'avouer que j'ai fais de mon mieux. Il m'a fallut un peu de temps avant pouvoir me replonger dans l'histoire. Je ne voulais pas publier un chapitre juste pour publier. Quand je publie le chapitre il doit me plaire au moins à 90% sinon j'ai l'impression de bâcler l'histoire...

Je ne compte pas abandonner cette histoire. à la base cette fiction, je l'ai commencé à l'écrire pour moi et ça me frustrerai autant qu'à vous si je devais l'arrêter. Je suis vraiment touché que mon écrit te plaise ! C'est en partir grâce à tes nombreux commentaires que je me suis remotivée à me replonger dans l'histoire.

J'espère avoir répondu à tes attentes. Et merci de prendre le temps de me donner ton avis concernant l'histoire, et merci de suivre cette histoire depuis le début !

LouBooklife : Tu as été très courageuse de tout relire depuis le début ! Je t'avoue que je le fais très souvent pour voir où je peux améliorer les choses ou dans quelles directions je dois aller, éviter les erreurs etc... Quand je relis les premiers chapitres je me dis "oh lalala j'ai vraiment publié ça, ça ne va pas du tout !". Bref je ne suis jamais satisfaite de mon travail.

C'est vrai que dans la première partie je suis vraiment partie en roue libre. J'avais très peur que les lecteurs soient déçus en ne voyant pas l'univers de vampires etc... Mais bientôt, très bientôt (dans deux chapitres) il y aura enfin les retrouvailles tant attendu !

C'était un choix de faire quelque chose de très différent de ce que l'on peut trouver sur le site alors je suis extrêmement heureuse que ça te plaise ! Merci encore de suivre mon histoire avec tant assiduité !

Admiratrice anonyme : Bonjour à toi nouvelle lectrice ! Je tiens tout d'abord à te remercier d'avoir pris le temps de me donner ton avis concernant ma fiction. Je suis très heureuse de voir que l'histoire te plaise ça me touche énormément ! Ne t'inquiète pas, Erica ne va pas se laisser abattre comme ça. Certes ça ne vas pas être facile mais elle va remonter la pente. J'espère que ce nouveau chapitre va répondre à tes attentes ! Bonne lecture !


Précédemment dans All Lost Stars

Erica se réveille amnésique suite à un traumatisme crânien à l'hôpital de Denver. Elle essaye tant bien que mal de guérir et de se souvenir de son passé. Deux inspecteurs de Seattle sont envoyés à Denver pour enquêter sur "l'accident" d'Erica. Après une première visite infructueuse, ils reviennent plusieurs jours plus tard avec de nouveaux éléments pouvant justifier le traumatisme d'Erica. En effet plusieurs disparitions inquiétantes secouent la ville de Seattle. Erica est-elle une des victimes de ses disparitions ?

De son côté Erica prends réellement conscience que quelque chose ne va pas chez elle après avoir découvert dans son cahier donné par sa psychologue des des mots et des dessins dont elle ne se souvient pas d'avoir réalisé. Elle commence peu à peu à être témoin de visions étranges et effrayantes. Elle n'arrive plus a discerner les rêves de la réalité et finit par entendre une voix dans sa tête. Est-elle devenue folle et instable ?

Les deux inspecteurs ont pour mission de ramener Erica à Seattle pour résoudre leur enquête. Après une altercation violente entre le plus jeune inspecteur et Erica, celle-ci s'enfuit de sa chambre d'hôpital en laissant le policier au sol blessé et inconscient. Complètement terrorisée et ne comprenant pas ce qu'il s'est passé, elle trouve refuge dans la chambre voisine, chez Monsieur Bertillon.

Durant son séjour à l'hôpital, elle avait développé une amitié étrange avec son voisin de chambre. Un vieil homme à l'apparence tranquille qui cache quelque chose de bien plus sombre. Celui-ci lui propose son aide en échange de son temps. Elle finit pas céder avec méfiance. Pourquoi veut-il aider Erica ?

Après une évasion improbable de l'hôpital, Erica se dirige malgré ses peurs et ses doutes au point de rendez-vous donné par Monsieur Bertillon.

Las Vegas.

Erica va-t-elle se souvenir de son passé ? Qui est la voix qui la guide ? Pourquoi Bertillon lui offre-t-il son aide ? La police va-t-elle rattraper Erica ? Et surtout où sont les Cullens ?...


Chapitre 8 : Exoplanètes

Je me retournais vers l'homme. Il était immense, un grand homme à la peau noir. Il ne portait qu'un petit débardeur et un short de sport laissant apercevoir tous ces muscles développés. Son crâne était rasé et une balafre en forme de croissant de lune se dessinait sous son œil gauche.

Ces yeux me scrutant de haut en bas, les lèvres pincées.

Son expression était clairement hostile. Tout dans son attitude me poussait à m'enfuir en courant. Mais, j'étais presque certaine qui me rattraperait facilement au bout de deux mètres sans même courir.

Je sautais sur mes pieds et fit quelques pas en arrières tout en continuant à juger l'homme. Pouvais-je lui faire confiance ? Il avait bien parlé de Bertillon mais…

- Alors ? Demanda-t-il d'une voix bourrue en s'avançant vers moi.

- Je… Euh…Oui mais… Déglutissais-je difficilement.

J'étais effrayée par cette montagne de muscle. Mes mains étaient crispées autour de ma bouteille. Je pouvais peut-être essayer de m'en servir comme arme…

Il fit un pas de plus vers moi avant de se baisser soudainement, ramasser mon sac avant de faire demi-tour.

- Qu'est-ce que tu attends ? Gronda-t-il de sa grosse voix avant de s'engouffrer par la porte d'entrée du club de boxe.


Il y avait des jours où je me sentais incapable d'affronter le monde extérieure. Le doute et la peur m'accablaient. Parfois j'avais l'impression que rien n'allait changer. Je resterai indéfiniment la patiente de la chambre 213, seule et amnésique.

Et puis il y avait des matins où je me sentais invincible. Je balayais d'un revers de la main mes terreurs nocturnes et où je pouvais affronter la vie et faire face à tout les obstacles qui se dressaient entre moi et le reste du monde.

Les jours négatifs étaient plus nombreux que les positifs mais j'arrivais encore à résister et continuais de me lever jour après jour.

Aujourd'hui était un jour... Différent. Elle tissait sa toile dans le coin en bas à gauche de la fenêtre. Environ un mois qu'elle avait élu domicile ici. Les araignées me donnaient des frissons et une certaine angoisse. Leurs longues pattes et leurs petits corps me dégoutaient profondément.

La première fois que je l'avais vu, j'avais fait un bond en arrière et accompagné d'un cri de terreur.

Carlos était rentré en trombe dans la pièce, les poings en avant, ces jambes parfaitement stables prêt à dégainer un coup fatal à mon assaillant mystère. Un cubain de 1m90 tout en muscle face à une petite araignée de quelques centimètres.

Il sembla désappointé pour ne pas dire déçu en voyant la véritable raison de ma frayeur. Il leva les yeux au ciel avant de quitter la pièce en claquant la porte légèrement énervée.

Je finis par m'habituer à ma colocataire poilue. Elle bougeait rarement de sa toile, continuant à l'agrandir de jour en jour. Je trouvais une certaine fascination à la regarder évoluer au fil du temps.

Il n'y avait pas de rideau à l'unique fenêtre de la pièce où je dormais. Je me réveillais au premier rayon de soleil entre 6h30 et 7h. Une fine couche de sable recouvrait la vitre extérieure et atténuait légèrement la lumière. Je ne m'en plaignais pas.

Bertillon avait fait installer un matelas posé à même le sol, un portant pour y mettre mes habits, une table et une chaise. Une ancienne salle de stockage reconverti en chambre.

Ma chambre et celle de Carlos se trouvaient sous les combles. C'était une véritable fournaise la journée alors je n'y restais jamais. Carlos me prêta un ventilateur mais celui-ci brassait uniquement de l'air chaud du coup la pièce me rappelait un four. Le confort était rudimentaire mais je m'y sentais bien.

Habituellement, après mon réveil, je descendais au niveau de la petite kitchenette réservée au personnel pour déjeuner avant de rejoindre Bertillon.

Je le retrouvais toujours dans la grande salle d'entrainement trônant sur son fauteuil en cuir noir, son éternel panama sur la tête.

Il me saluait avec un petit hochement de tête, ne me demandant jamais si j'avais bien dormi. Il connaissait déjà la réponse. Mon sommeil était envahi de cauchemars ou de mauvais souvenirs, je n'arrivais plus à faire la différence. Je voyais des visages mais je ne me rappelais jamais à quoi ils ressemblaient une fois les yeux ouverts.

J'avais bien essayé pendant un moment d'écrire ou de dessiner ce que je voyais dans mes rêves. Mais dès que je me réveillais, les images qui me hantaient perdaient tous leur sens, alors j'avais rapidement abandonné l'idée. Je voyais des créatures dangereuses autour de moi. Souvent l'une d'entre elle m'attaquait et je me réveillais en hurlant mes mains nouées autour de mon cou. Par moment je ne voyais rien, je tombais dans un gouffre sans fond.

Les premières nuits, Carlos restait dans la chambre assis sur la chaise attendant que je me rendorme. Je ne savais pas quoi penser de cette situation au départ. J'étais à la fois reconnaissante et très mal à l'aise de sentir son regard sur moi attendant que je m'endorme de nouveau avant de retourner dormir. Il arrêta de le faire quand Bertillon lui demanda de ne plus entrer après l'avoir surpris à moitié endormis sur un banc dans les vestiaires de la salle de boxe.

Après avoir bu un café, je retrouvais Bertillon souvent dans la salle d'entrainement. Nous restions en général une petite demi-heure l'un à côté de l'autre. Je restais debout à droite de son fauteuil tandis qu'il observait avec assiduité l'entrainement de son poulain fétiche : Ambrose.

Du haut de ses 25 ans l'argentin était une étoile montante de la boxe dans la catégorie des poids lourds. Je ne lui avais que très peu parlé, on se disait bonjour mais nos échanges s'arrêtaient là.

Il était très beau, grand et bien bâti. Des yeux foncés, une peau mate, un sourire légèrement tordu dû à à un mauvais coup et une guérison plus qu'hasardeuse quand il était plus jeune. C'était Bertillon qui me l'avait dit.

Carlos l'entrainait pour les prochaines compétitions, ils espéraient tous qu'il pourrait se qualifier pour participer à la coupe du monde dans deux ans.

Puis, je l'accompagnais à son bureau pour l'aider à faire de la paperasse ou, nous allions tout simplement se promener jusqu'à son café favori : Le Betty's coffee. Il n'y avait jamais personne et le café était infecte. Je compris bien plus tard qu'il n'y allait que pour se rappeler les bons souvenirs avec sa femme, Ela.

Le café avait un petit côté rétro : un carrelage blanc et noir et des fauteuils en simili cuir rouges usés par le temps, légèrement craquelé à certains endroits. Le patron semblait tout aussi âgé que le bâtiment. Râlant toujours pour servir sa boisson insipide avant de traîner derrière son comptoir à écouter une émission sportive quelconque.

J'accompagnais Bertillon dans le silence. Il me parlait de son fils, de ses voyages, de sa jeunesse, sa première rencontre avec Ela… Il avait toujours ce regard un peu vide comme s'il était bloqué dans sa jeunesse, dans une autre partie de sa vie plus heureuse qu'aujourd'hui.

Parfois je le surprenais à me regarder avec un regard curieux et pensif. Comme si j'étais devenue une nouvelle équation à résoudre dont j'ignorais moi-même le résultat.

Je ne disais rien la plupart du temps, j'écoutais, je posais une question ci et là pour entretenir la conversation. Je lui donnais mon temps comme promis. Je finis par apprécier ces moments en dehors du brouhaha du club, de mes pensées sombres et de mon mal être général.

Il y avait six entraineurs au total dans le club mais je ne côtoyais que Carlos et Jiao travaillant à l'accueil. Une ancienne prostituée d'origine Chinoise que Bertillon avait recueilli et désintoxiqué plusieurs années auparavant après qu'elle soit tombé enceinte.

Elle était très jolie. Un peu plus de 35 ans mais son corps avait encore les marques de sa vie passée. Portant des traces de piqûres et cicatrices diverses sur ces bras. Elle avait une apparence frêle de manière générale, presque maladive.

Les rumeurs couraient beaucoup au sein du club, certains disaient que Bertillon l'avait mise enceinte et que par culpabilité il s'occupait de Jiao et de sa fille, Mei, une adolescente de 15 ans. D'autres disaient qu'elle continuait à faire des passes. Je préférais alors éviter d'imaginer les rumeurs qui couraient sur moi. La seule chose dont j'étais persuadée sur Jiao était sa passion pour les bougies parfumées à la cannelle. Bertillon avait horreur de ça mais elle s'enfichait et continuait d'en allumer une tous les jours à l'accueil. Elle disait que ça permettait d'éloigner les mauvais esprits.

L'après-midi, je le consacrais à traîner dans le garage du frère de Bertillon. Il y restaurait avec une petite équipe des voitures et des motos d'occasions pour les revendre. Chaque modèle était unique et original.

C'était un peu par hasard que j'avais réussi à m'intégrer dans ce garage. Environ deux semaines après mon arrivée, j'accompagnais Bertillon au garage de son frère pour je ne sais plus quelle raison. Bertillon était ressortie pour répondre à son portable. Un homme travaillait sur une moto surélevée sur une table métallique. Posé par terre, une radio crachotait une musique de métal insupportable.

Je m'approchais du véhicule par curiosité, puis l'homme tendit sa main et me demanda sans me regarder différents outils posés sur la table derrière lui à ma gauche. Je lui tendis au fur et à mesure. Au moment où il finit sa réparation et se tourna vers moi, il fut légèrement décontenancé.

- Tu n'es pas Aaron constata-t-il perplexe en haussant un sourcil broussailleux.

- En effet répondis-je incertaine. Je jetais un petit coup d'œil sur la moto derrière lui. Vous faîtes quoi ? Demandais-je curieuse.

Il passa les minutes suivantes à m'expliquer la meilleure manière de démonter le cadre d'une moto sans l'abîmer.

Ce fut de cette manière que je fis la connaissance du frère de Bertillon, Gary. Il accepta rapidement que je vienne pour donner un petit coup de main ou simplement apprendre davantage sur la restauration de véhicules.

Il travaillait avec une petite équipe composée de trois hommes, et d'une femme. Isaac et Aaron, âgés d'une quarantaine d'année. Nolan leur apprentis tout juste majeur et orphelin vivait chez la doyenne du garage, Maddison que tout le monde l'appelait Maddy, 55 ans mais en faisant 10 ans de moins par son énergie et sa chevelure blonde, 100% naturelle comme elle répétait souvent.

Je ne réalisais que des tâches basiques et simples mais j'appréciais ces moments passés dans l'odeur du cambouis avec le son de la radio de mauvaise qualité.

Je partageais mon temps entre la salle de boxe et l'atelier plus communément appelé affectueusement « la loge de restauration » par l'équipe. Ce n'était pas simplement que de la réparation et mettre une jolie peinture me répétait Aaron, c'est de donner une nouvelle âme à chaque véhicule !

Je sentais au fond de moi que ce n'était pas la première fois que je réparais des motos, certaines choses me venaient naturellement. De manière un peu orgueilleuse je sentais que l'équipe de la loge semblait un peu surprise voir impressionnée par mon assimilation rapide.

Alors je m'accrochais à tous ces moments positifs et je les énumérais dans mon journal comme une liste de qualité que je me trouvais jour après jour. Toutes ces petites choses misent bout à bout me permettaient de garder la tête hors de l'eau un jour après l'autre.

Il eut une nuit où je m'étais réveillée avec une sensation très déplaisante, un sentiment de mal être qui me prenait jusqu'aux tripes. J'avais juste envie d'oublier cette horrible oppression le plus rapidement possible, je ne savais plus si j'étais encore coincée dans mon rêve.

J'étais naturellement descendu dans la grande salle d'entrainement. J'avais allumé un des interrupteurs sur le gros compteur au pied de l'escalier et d'un coup, le ring avait pris vie.

Celui-ci était habituellement bruyant, des bruits de sacs et du poing qui se rencontrent, l'odeur de la transpiration, la chaleur presque étouffante sous les lumières artificielles, les cris et les gémissements étouffés grâce au protège dent en plastique.

Tout était beaucoup plus calme et reposant. Je me remplis un verre d'eau dans la petite kitchenette attenante à la salle de boxe avant de me balader pied nu sur le tatami. De grandes affiches et photos décoraient le mur. Je reconnus des acteurs et des sportifs mondialement connus sur plusieurs d'entre elles, serrant chaleureusement la main d'un Bertillon beaucoup plus jeune. J'étouffais la petite voix qui me rappelais vicieusement que j'étais capable de reconnaître Sylvester Stallone mais dans l'impossibilité de me rappeler mon passé.

Puis je levais les yeux au vers le ciel.

« Pour réussir il faut sacrifier ce que tu es, au bénéfice de ce que tu veux devenir »

Une citation peinte en rouge à la main sur le plafond le plus haut de la salle. Je la lisais tous les jours et pourtant je n'arrivais pas à saisir pleinement le sens de cette phrase.

Bertillon s'était contenté de me dire que je n'étais juste pas prête à comprendre avant de reporter son attention sur Ambrose pendant l'une de ces sessions du matin.

Je me promenais entre les différents sacs suspendus à la poutre du bâtiment, mes doigts glissèrent contre le tissu rugueux de la toile des sacs de frappe. A certains endroits le tissu était plus marqué et blanchis à cause des coups répétitifs des boxeurs expérimentés.

Prise d'une envie soudaine je posais mon verre à quelques mètres de moi par terre avant de me diriger vers un des sacs de boxe. Je regardais tout autour de moi craignant qu'une personne surgisse d'un coup. J'essayais de me rappeler de la posture qu'Ambrose prenait avant de se préparer à donner le premier coup.

Les jambes écartées mais pas trop, reculer la jambe dominante en arrière et se placer de profil. Puis fléchir légèrement les genoux tout en montant les mains devant mon visage mais pas trop haut.

Ma position ne me sembla pas trop mal selon mes souvenirs. Je pris une grande inspiration avant de frapper de ma main droite dans le sac. Je finis à genou et étouffais un cri de douleur lorsque mes doigts s'écrasèrent avec force contre le sac. Il se balança de quelques centimètres avant de retrouver sa position initiale.

Je fulminais contre celui-ci, secouais ma main avant de reprendre ma position initiale plus déterminée à réussir cette fois-ci. Au moment où je m'apprêtais à réaliser une nouvelle tentative, une lourde main s'abattit sur mon épaule me stoppant dans mon élan tout en me provoquant un hurlement de peur.

- Je peux savoir ce que tu fais ? Demanda Carlos dans ton bourru en me lorgnant de haut en bas de façon sceptique.

- Euh… Je enfin… Je n'arrivais pas dormir, marmonnais-je gêner de mettre fait prendre en flagrant délit…

De quoi d'ailleurs ? Je ne le savais pas moi-même.

- Donc tu décides de te casser les doigts contre un sac de boxe ? Réfuta Carlos sérieusement.

- Pas vraiment… Je voulais me changer les idées, baragouinais-je penaude tout en balançant du bout de mes doigts endoloris le sac de boxe

Il recula de quelques pas tout en me regardant sous toutes les coutures comme s'il me voyait vraiment pour la toute première fois.

- Hum… C'est possible mais il faudra te donner un peu de mal et je ne serai pas gentil conclu Carlos d'un ton satisfait, sa cicatrice de demi-lune souriant à sa place sous les spots lumineux de la salle.

- Qu'est-ce qui est possible ? Demandais-je complètement perdue en le regardant de travers.

- La boxe ! Rétorqua Carlos. Je veux bien t'apprendre à boxer et puis ça ne fait jamais de mal à une femme de savoir se défendre ajouta Carlos ravi.

- Non mais je voulais juste savoir ce que ça faisait de frapper dans un sac et puis, ne perds pas ton temps avec moi à essayer de…

- Ecoute je vois bien comment tu regardes les sportifs le matin surtout le petit Ambrose…

Je rougis légèrement à sa déclaration

- Je ne suis pas dupe, je sais que tu veux essayer. Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi tu ne l'as jamais demandé.

- Je ne voulais pas abuser de la générosité de Monsieur Bertillon, murmurais-je gênée. Il m'accueille ici et je ne sais toujours pas pourquoi. Tout le monde est avenant et agréable avec moi et ne pose aucune question alors je ne sais pas… Tu vois, je ne veux pas...

- Même si tu ne sais pas pourquoi tu es là, tu es quand même venue et c'est ça le plus important. Peu importe ton passé et les actions qui t'ont mené à cet instant précis. Aujourd'hui tu es là, demain tu seras peut-être ailleurs. Concentre-toi sur ta vie maintenant. Si Monsieur Bertillon ne t'a pas dit pourquoi tu étais là, c'est parce que tu n'es pas encore prête. Allez ! Assez parler ! Me coupa-t-il en voyant que j'ouvrais une nouvelle fois la bouche pour le contredire. Place à l'art de la boxe ! Se réjouit Carlos en tapant bruyamment dans ces mains.

Il partit dans une petite pièce attenante à la grande salle et revint avec une paire de gant de boxe rouge et un rouleau de bande en tissus élastique. Posant les gants par terre, il déroula ensuite le petit rouleau et pris le temps de bander mes mains tout en m'expliquant le procédé. Tout en ne cessant de me répéter que de frapper dans un sac sans protection ni échauffement était complètement stupide.

Une fois protégée, il me montra plusieurs exercices d'échauffement que je réalisais avant de finir par des étirements.

- Bon allez maintenant tu peux commencer à apprendre à boxer. Vas-y place toi.

Je repris la même posture qu'auparavant.

- Mouais… Ce n'est pas terrible à croire que t'avais les yeux fermés pendant que tu regardais Ambrose ou alors, que tu te concentrais sur autre chose, marmonna Carlos pour lui-même.

Je ne décidais de rien ajouter à mon humiliation.

- Ton pied là plus en avant et celui de derrière doit être légèrement relevé. En générale, cette posture permet d'attaquer avec ton côté dominant et de protéger avec l'autre. Tu dois fléchir les genoux ! Non pas comme ça ! Ma grand-mère a plus de souplesse que toi, ma parole ! Voilà c'est déjà mieux. Pourquoi tu as tes mains devant le visage comme ça ? On ne joue pas à cache à cache ! Tu gardes les épaules et les coudes en position basse. Bien, ça c'est la posture de garde.

Ne pas être gentil était un euphémisme.

Voilà comment c'était déroulé mon tout premier cours de boxe à trois heures du matin. Je finis par m'écrouler dans mon lit deux plus tard et ne me réveiller qu'à midi. J'appris par la suite en rejoignant Bertillon dans l'après-midi, qu'ils avaient parié au bout de combien de temps je céderai à « l'appel de la boxe » comme disait Carlos.

Tout absolument tout était matière à parier à Las Vegas. Du plus basique comme se faire un tatouage ou faire un régime, au plus fou et improbable, comme rester un mois dans une salle de bain ou de se faire des implants mammaires en étant un homme et de les garder 3 ans juste pour de l'argent…

C'est Bertillon qui avait gagné le pari et je ne sus jamais combien ils avaient misé.

Faire du sport me fit un bien fou, j'eus l'impression de décharger toute ma colère et ma rancœur dans un sac de boxe au travers de mes poings. Je ne serai jamais aussi douée qu'Ambrose ou Sylvester Stallone mais je m'appliquais tous les jours, après la fermeture officielle de la salle, à travailler sur mon jeu de jambes, mon cardio et ma précision.

Après un mois d'entrainement, j'eus le droit à un « compliment » de la part de Carlos.

- Tu es assez vive pour te déplacer et éviter les coups mais il serait peut-être temps de les rendre, tu ne crois pas ?

Ce jour marqua un tournant dans ma vie : les combats devirent ma routine sans oublier les coups résonants et les bleus s'imprimant sur ma peau. Je ne savais pas d'où me venait cette détermination et cette volonté à me relever coup après coup mais je continuais. Peu importe si j'avais mal. Je me disais que j'avais un petit côté masochiste pour apprécier cette douleur.

C'était l'unique moment où je ne pensais à rien à part réussir à décocher un coup à mon adversaire.

Nous ne fêtâmes pas Noël de manière traditionnelle, mais selon les coutumes locales. C'est-à-dire en allant jouer au casino. Ce fut la première fois que je pénétrais dans un casino, j'en étais persuadée. Toutes ces lumières, le bruit des pièces, les cris de joie, l'adrénaline et la peur de perdre étaient bien trop inoubliables.

Je pu profiter pleinement des festivités grâce à Bertillon et à des faux papiers.

Il me fit faire un permis, carte d'identité, passeport et même un permis pour un port d'arme. J'étais assez sceptique quant à l'utilité de ce dernier mais il ne démordait pas : tout bon patriote américain a le devoir de se protéger, lui et son foyer.

J'avais officiellement 21 ans, l'âge idéale pour vivre toutes les expériences que Las Vegas pouvait offrir.

Je n'ai rencontré qu'une seule fois le faussaire de Bertillon, J. Jenks. Il avait la cinquantaine, petit, chauve et bedonnant. Ce n'était pas l'image que je me faisais d'un criminel pour être tout à fait honnête.

Il ne posa aucune question concernant mes papiers. Je fis des photos le jour du rendez-vous. Bertillon donna une grosse enveloppe épaisse en contrepartie des papiers et c'était tout. J'étais un peu sceptique sur la fiabilité des papiers mais j'étais extrêmement reconnaissante d'avoir enfin une vraie identité. Je fus surprise en lisant le nom inscrit sur mes papiers mais ne commenta pas.

Elizabeth Bertillon, née le 15 octobre 1993. J'avais officiellement 21 ans. L'âge parfait pour aller au casino.

Au moment où la femme passa ma carte d'identité dans le scanner de son ordinateur, j'eue une montée d'adrénaline qui retomba aussitôt qu'elle me rendit ma carte avec un sourire et me laissa entrer.

Accompagnée des frères Bertillon, de l'équipe de « la loge de restauration » et de Carlos, je passais mon tout premier Noël dans un casino. Bertillon me glissa 1 000 $ dans ma poche avant de m'ordonner de tout jouer, c'était ça Las Vegas. Tout ou rien.

J'avais joué aux machines à sous, à la roulette et au blackjack sans vraiment comprendre les règles. Il me resta qu'un jeton rouge de 5$ à la fin de la soirée que je décidais de conserver en souvenir de ce noël mémorable.

Je rejoignis les autres perdants accoudés au bar et Isaac me glissa aussitôt un verre avec un liquide de couleur ambre avec deux glaçons. Monsieur Bertillon fit des gros yeux à Isaac mais celui-ci l'ignora en justifiant que c'était mon premier noël à Las Vegas et pas le dernier espéra-il en souriant.

Je me contentais de sourire ne sachant pas ce que me réservait l'avenir, avant de boire une première gorgée du verre. Du whisky reconnu-je rapidement, le liquide me brûla un peu la gorge mais à mon plus étonnement j'appréciais la richesse et l'ampleur de l'arôme. Après avoir finis mon verre j'en redemandais aussitôt un autre en appelant le barman sous le rire d'Isaac et de Gary.

- Je savais que tu allais apprécier les bonnes choses de Las Vegas, s'enthousiasma Issac en trinquant avec moi.

- Joyeux noël ! S'écria Carlos en arrivant en hurlant, les mains chargées de jetons colorés. Je paye la prochaine tournée !

Après ce soir-là, j'eu l'impression d'obtenir ma place au sein de cette famille un peu excentrique.

Aujourd'hui après plus de deux mois mois au sein de ce club, je participais aux préparatifs pour fêter le nouvel an façon Las Vegas. Une sortie nocturne en buggy était prévue en plein milieu du désert avec des feux d'artifices : « les plus gros que tu n'auras jamais vu » me répétait sans cesse Nolan en préparant les véhicules dans la loge.

Jiao avait eu les feux d'artifices par un de ces cousins ou quelque chose comme ça. Je ne pensais pas que ces feux là étaient légaux mais qu'importe à Las Vegas : tout était permis.

Nous partions à cinq sur trois Buggies. Nolan, Carlos, Jiao et sa fille Mei, et moi. Après moult recommandation de la part de Bertillon, nous filâmes tous direction du désert Mojave qui s'étendais tout autour de Las Vegas. La vallée de la mort n'était pas trop loin, j'espérais pouvoir aller là-bas un jour.

A l'aller, j'étais sur le buggy avec Nolan comme conducteur. Son chapeau de cowboy était bien vissé sur sa tête d'où s'échappait son éternel mèche bleu électrique. Il avait un léger accent espagnol et une tendance à mâcher ces mots quand il parlait.

Parfois je ne saisissais pas tout ce qu'il disait mais c'était ça qui était comique. Surtout quand il devait s'adresser aux clients par téléphone. Je ne comptais plus le nombre de fois où il finissait par s'énerver avant de leur raccrocher au nez.

Après avoir suivi pendant longtemps la route principale en sortant de la ville, nous filâmes à travers le désert en direction d'une destination inconnue. Mei avait embarqué avec elle une petite enceinte et se chargeait de faire le dj.

Après plusieurs minutes, nous nous arrêtâmes pas loin d'une falaise. Carlos fit un feu avec le bois qu'il avait apporté et Jiao déroula plusieurs duvet et plaid tout autour du feu. Nous fîmes tourner les chamallows et une bouteille de whisky. Seule Mei ne toucha pas à l'alcool et se contenta de soda.

C'était le stéréotype de l'adolescente rebelle, des Docs Martens toujours au pied. Un air passablement blasé sur son joli visage. Trop de crayons noirs autour de ces yeux et un piercing sur la lèvre qu'elle ne cessait de mâchouiller quand elle était agacée.

Elle tenta plusieurs fois d'amadouer sa mère mais celle-ci resta inflexible et finis par s'énerver en lui parlant en chinois. Je ne pas compris un seul mot de ce qu'elle avait dit mais c'était suffisamment menaçant pour que Mei se contente de sa boisson sans alcool.

Nous restâmes de longues heures, chantant, buvant, rigolant, à parler de tout et de rien. Nous étions complètement seuls. Nous nous allongeâmes pour regarder les étoiles tout en continuant à boire. Là, c'est Sirius, elle est dans la constellation du Grand Chien, c'est la plus brillante des étoiles. Au-dessus d'elle c'est le chasseur Orion et là … Dis-je en pointant du doigt les différents astres qui nous éclairaient.

- Comment arrives-tu à les différencier ? Me coupa Nolan, j'ai déjà du mal à trouver la lune blagua-t-il

Je ne répondis rien encore sonné par mes propres connaissances, j'arrivais à dissocier les étoiles et connaître leurs histoires sans réfléchir. Tout m'était venu si naturellement…

- Comme un souvenir… Murmurais-je pour moi.

- Quoi ? Répondit Nolan perdu.

- Rien ! Coupa Carlos inflexible. Notre petite Lizzie est cultivée contrairement à certain… dit-il en lançant une œillade à Nolan avant de rire.

Ce dernier se jeta sur Carlos dans l'espoir de … Je ne savais pas trop. En moins d'une seconde, Nolan se retrouva la tête dans le sable et les fesses vers le ciel. Nous explosâmes de rire devant la tentative inutile de Nolan et continuons à fêter notre nouvel an ensemble en allumant les feux d'artifices.

C'était magnifique, les lumières colorées explosant dans le ciel, illuminant le désert silencieux tout autour de nous. Ce moment resterait dans ma mémoire j'en étais persuadée.

Il était plus de quatre heures du matin quand nous décidâmes de repartir en direction de Las Vegas. Mei et Nolan dormait à poing fermés et je commençais à fatiguer aussi.

Nolan monta avec Carlos au retour et Jiao repartit avec sa fille. Je rassurais Carlos en lui disant que je saurai parfaitement conduire le Buggy toute seule.

Après avoir rejoint la route principale, nous apercevions les lumières éternelles de Las Vegas au loin. Je décidais de lancer mon tout premier pari de celui qui arrivait le premier dans la ville. J'eus à peine le temps de finir ma phrase que les deux autres buggies filèrent à toute allure à travers le désert.

J'accélérais à mon tour pour rattraper mon retard, le vrombissement du monteur le casque sur ma tête, je lâchais mon tout premier cris extatique en appuyant sur l'accélérateur.

Les deux autres buggies étaient à plusieurs dizaines de mètres devant moi. Quand d'un coup une silhouette sombre traversa la route. Je freinai brusquement de toute mes forces par automatisme, le véhicule se déporta sur le bas-côté dans une vague de poussière.

Mes mains encore crispées sur le volant, encore choquée par mon arrêt brutal. Mon cœur battant la chamade et les jambes flageolantes, je sortis tant bien que mal du véhicule. Je tremblais de partout en essayant, en vain de calmer mon rythme cardiaque. Je fis quelques mètres sur la route tout en ôtant mon casque mais je ne vis rien. Je jetais un coup d'œil en direction des deux autres buggys mais ils étaient déjà très loin, sûrement presque arrivé dans la ville.

Au moment où je retournais à mon buggy, un homme était là. Tout juste à quelques mètres de moi.

Sa main gauche posé sur le capot du buggy, sa tête légèrement chancelante. De longues mèches de cheveux foncés faisaient barrage à son visage. Il mesurait environ 1m80, portait un long manteau en cuir autrefois beige, noirci sur le bas aujourd'hui. Un jean épais foncé et des chaussures renforcées complétaient la tenue.

Il avait l'allure du parfait vagabond. Un vagabond très silencieux… trop peut-être, notais-je.

Ne bouge pas.

Je sursautais légèrement en entendant la voix s'exprimer soudainement. Je ne l'avais pas entendu depuis que j'avais débarqué à Las Vegas. Comme si elle attendait le moment propice pour revenir à la charge. Deux mois que la voix était silencieuse et si elle se manifestait à ce moment, ce n'était pas bon signe du tout.

Je refusais de céder à la panique. Je lisais et entendais suffisamment d'histoire de disparition et de meurtres à Las Vegas pour comprendre que ce type pouvait être un tueur en série voir pire…

Je lâchais mon casque par terre, et me mis de suite en position de garde, le bruit eut au moins l'effet d'attirer l'attention de l'homme.

Je fus surprise de voir son visage. Il était beau, vraiment très beau. Des traits fins, une barbe naissante, des yeux sombres. Je n'eus pas le loisir de le contempler davantage qu'il apparut devant moi soudainement. Je tombais littéralement sur les fesses dans un cri de terreur totale.

Je commençais mentalement à prier toutes les divinités du monde pour que quelqu'un vienne me sauver. J'étais paralysée, les yeux écarquillés à essayer encore de comprendre comment quelqu'un pouvait se déplacer aussi vite.

Il se baissa à ma hauteur, légèrement accroupi, un air perplexe sur son visage. J'eus tout le déplaisir de l'observe de plus près.

Rouge. Les pupilles de l'homme étaient rouges.

J'avais déjà vu des gens à Las Vegas s'habiller de façon excentrique, avec des couleurs de cheveux pouvant faire pâlir de jalousie un arc en ciel. Des tatouages sur tout le corps, des yeux de toutes les couleurs mais jamais de cette couleur-là.

Cet homme n'était pas comme les autres habitants ou touristes de Las Vegas et pour une fois, la voix était d'accord avec moi. Je n'osais même plus respirer de peur que ce me soit fatal.

- Tu es terrorisée, je le sens. J'entends ton cœur pulser de manière incontrôlée, énuméra l'inconnu d'une voix douce et calme. Et pourtant, tu n'as pas fui, poursuivit la voix d'un ton grave. Tu étais prête à te battre contre moi.

Il pencha la tête sur le côté comme s'il découvrait un problème jusque-là insoluble.

- Je voudrais savoir pourquoi ? Me demanda-t-il innocemment presque naïvement.

Je ne savais même pas quoi répondre à ça. Il avait parfaitement résumé ma situation. Est-ce que c'était un de ces types complètement taré qui prenait son pied à foutre les jetons rien qu'en parlant ? Si c'était le cas, il réussissait parfaitement.

Il avança sa main gauche, je me crispais aussitôt et fermais les yeux par reflexe prête à encaisser le premier coup… Qui ne vint jamais. Je sentis le bord de l'encolure de mon t-shirt se baisser légèrement. Ces doigts froids caressèrent doucement ma cicatrice à la clavicule, j'ouvris aussitôt les yeux, surprise face à son geste inattendu et je lâchais à contre cœur une légère plainte à son contact glacial.

Il se releva d'un coup, regardant tout autour de lui comme s'il cherchait quelque chose.

- Où est ton clan ? Me questionna-t-il tout en continuant à guetter les alentours, les sens aux aguets. Il sembla presque sur ces gardes comme si quelque chose allait surgir du désert d'un coup.

- Mon clan ? Répétais-je en butant sur le mot.

C'était clair que ce mec était complètement taré. Je profitais de son inattention pour relever.

- Oui… Où sont les autres ? Demanda-t-il voyant que personne n'allait rappliquer soudainement.

Mens-lui.

- Pas loin, marmonnais-je peu convaincue par ce que je disais tout en époussetant mon jean plein de sable pour me donner un peu plus de contenance.

Tu peux faire mieux.

- J'ai pris un peu d'avance, c'est tout, rajoutais-je avec un plus d'aplomb en le regardant dans les yeux.

Je ne savais même pas de quoi je parlais mais cela sembla fonctionner.

- D'accord. Il devrait faire plus attention à ces affaires. Laisser une fillette toute seule, c'est irresponsable, protesta l'homme tout en me dévisageant.

- Euh… Oui je lui dirais… De faire attention, baragouinais-je abasourdi par cette conversation sans queue ni tête. Je me baissais doucement pour ramasser mon casque par terre tout en continuant à dévisager l'homme aux yeux rouges.

Soudainement son regard se porta sur la route en direction de la ville. Je suivie son regard soucieuse mais je ne voyais ni n'entendais quoi que ce soit d'autre. Au moment où je reportais mon attention sur l'homme celui-ci avait disparus.

à suivre...


Alors que pensez-vous de ce chapitre ?

Et surtout à votre avis, qui est l'homme ? Dîtes-moi en commentaire. Vous avez le droit qu'à une chance !

Si vous trouvez je vous enverrai un message privée et répondrais à une question concernant l'histoire ou ce que vous voulez. C'est un petit avant-goût des prochains chapitres !