Bonjour à tous ! Heureuse voir que l'histoire vous plaît toujours autant ! Merci pour vos retours et merci de continuer à suivre l'histoire !
Réponses aux commentaires :
Elieene : Bien joué ! Je t'avoue que je suis assez surprise que quelqu'un ait trouvé le bon personnage. Comment as-tu deviné que c'était lui ? Et que souhaites-tu savoir sur la suite de l'histoire ? Et merci d'avoir pris le temps de jouer le jeu ! J'espère que ce nouveau chapitre va te plaire !
Swanny Hooper : Je viens de lire ton message privé, je suis désolée de ne pas avoir répondu avant mais je n'avais pas reçu de notification. Je regarderai avec plaisir ta traduction sur ton profil et te ferai un retour en privée. Regarde ta boîte sur fan fiction ce soir, il y aura ma réponse. Je suis très heureuse de te voir aussi impatiente ! J'espère que ce nouveau chapitre va te plaire ! Je compte publier un chapitre toutes les 2-3 semaines, cela dépend de mon travail et aussi du travail de ma bêta. Ces corrections et suggestions sont importantes donc je prends le temps qu'il faut pour améliorer le chapitre. Le prochain chapitre va faire des heureuses ! Des retrouvailles sont à prévoir ...
Et oui ta remarque est juste concernant le thème de l'astronomie dans cette partie. Il y a une raison assez "poétique" on va dire. Dans le sens où tous les personnages vont connaître un petit passage difficile comme Bella et Erika. Ils sont tous des étoiles perdues. Ils se sont tous éloignés les uns des autres mais ça tu le verras plus tard.
ksyushangel : I think you're going to love the end oh the chapter... And I hope you will like the rest oh the story ! Looking forward to your return !
MERO Julie : Hey ! Merci de venir commenter, je suis heureuse que tu aimes bosser sur cette histoire avec moi !
Paupau15 : Hum bonne question concernant Bertillon ! En effet il sait certaines choses mais je ne t'en dis pas plus pour le moment... Hum c'est pas exactement une protection mais on reviendra sur la marque un peu plus tard... Ils auront bien une version à eux, ça sera très spécial d'ailleurs ! Merci de continuer à suivre et l'histoire et de prendre le temps de commenter ! J'espère que la suite va te plaire !
Un grand merci à ma bêta MERO Julie, tes corrections et commentaires m'ont font rire ! Tu dois bien t'arracher les cheveux en lisant mes fautes horribles ...
Chapitre 9 : Météorites
Il se releva d'un coup, regardant tout autour de lui comme s'il cherchait quelque chose.
- Où est ton clan ? Me questionna-t-il tout en continuant à guetter les alentours, les sens aux aguets. Il sembla presque sur ces gardes comme si quelque chose allait surgir du désert d'un coup.
- Mon clan ? Répétais-je en butant sur le mot.
C'était clair que ce mec était complètement taré. Je profitais de son inattention pour relever.
- Oui… Où sont les autres ? Demanda-t-il voyant que personne n'allait rappliquer soudainement.
Mens-lui.
- Pas loin, marmonnais-je peu convaincue par ce que je disais tout en époussetant mon jean plein de sable pour me donner un peu plus de contenance.
Tu peux faire mieux.
- J'ai pris un peu d'avance, c'est tout, rajoutais-je avec un plus d'aplomb en le regardant dans les yeux.
Je ne savais même pas de quoi je parlais mais cela sembla fonctionner.
- D'accord. Il devrait faire plus attention à ces affaires. Laisser une fillette toute seule, c'est irresponsable, protesta l'homme tout en me dévisageant.
- Euh… Oui je lui dirais… De faire attention, baragouinais-je abasourdi par cette conversation sans queue ni tête. Je me baissais doucement pour ramasser mon casque par terre tout en continuant à dévisager l'homme aux yeux rouges.
Soudainement son regard se porta sur la route en direction de la ville. Je suivie son regard soucieuse mais je ne voyais ni n'entendais quoi que ce soit d'autre. Au moment où je reportais mon attention sur l'homme celui-ci avait disparus.
Je n'arrivais pas à dormir : je me rejouais sans cesse la scène qui c'était déroulée.
Mon cauchemar avait pris vie dans ma réalité. Un homme aux yeux rouges se jetait sur moi et me déchiquetait la gorge.
Je restais encore perplexe en repensant à l'homme, à son inquiétude que je sois seule. Techniquement, je ne l'étais pas… Jusqu'à qu'il m'isole du reste du groupe. Au final si je réfléchissais bien, il ne m'avait pas fait de mal. Il m'avait fichu une trouille monstre et faillis me provoquer un accident.
Mis à part ces deux éléments, je ne m'en sortais pas trop mal.
J'occultais encore le moment où il apparaissait et disparaissait à volonté ne trouvant aucune explication logique. Je ne pensais pas avoir autant bu pour ne pas distinguer les distances ou les actions.
Et cette histoire de clan ? ça voulait dire quoi ? Une espèce de synonyme pour le mot famille ? Amis ? Une secte peut-être ?
Je finis par m'endormir au lever du soleil. La fatigue, l'alcool et la redescente de l'adrénaline aidant fortement à me plonger dans un sommeil sans rêve pour une fois et j'en étais très reconnaissante.
J'immergeais difficilement sur les coups de 14h quand la chaleur de la pièce devint insoutenable. Je me redressais sans conviction pour prendre une douche dans les vestiaires du gymnase. Etrangement la salle de sport était ouverte pour les habitués, ceux qui étaient vraiment accro au sport. Pour les quelques personnes que je croisais, je lâchais un petit « bonne année » sans attendre de réponses et filais rapidement sous le jet d'eau.
Il n'y avait jamais eu d'eau chaude dans les douches. Bertillon avait toujours refusé de raccorder l'eau chaude. De cette façon les adhérents ne restaient pas trop longtemps dans la douche. « Ce n'est pas un SPA ici » râlait Bertillon quand un client avait le malheur de critiquer ce fonctionnement. Mais malgré cela, le club avait toujours autant d'adhérents
Ma première douche ici fut un vrai supplice mais j'appris à me laver très rapidement. Avoir les cheveux courts offrait un certain avantage à ce niveau-là.
Je rejoignis Bertillon au garage de son frère situé à quelques rues du club. Il y avait peu de monde dans les rues avoisinantes. Pourtant le club était très proche de l'artère principale de la ville. Je passais dans les petites rues étroites pour gagner un peu plus de temps quand un frisson me traversa de part en part.
Je me retournais aussitôt mais ne vis personne et pourtant l'impression de me sentir observé était là. Je repensais immédiatement à l'inconnu de cette nuit mais je ne le vis nulle part et poursuivit plus rapidement ma route sans m'arrêter une seule fois. Je me fustigeais mentalement de me faire peur toute seule.
Dans les prochaines semaines qui suivirent le nouvel an, je ne revis jamais l'inconnu du désert mais pourtant, cette impression de ne jamais être seule me poursuivis sans cesse. Je dormais encore plus mal qu'auparavant, une angoisse constante me suivait peu importe le moment ou le lieu.
- Tu m'écoutes Elizabeth ? Coupa Bertillon dans mes réflexions.
Je relevais les yeux vers lui, arrêtant momentanément de touiller mon café refroidi depuis longtemps avant de me replonger dans la contemplation de ma tasse et d'hocher la tête. Il souffla bruyamment pour exprimer son mécontentement.
- Tu peux me dire ce qui te tracasse, inutile de nier, je suis peut-être vieux mais pas encore aveugle. Je vois bien qu'il y a quelque chose qui te perturbe. Tu es à cran ces derniers temps, toujours sur le qui-vive… Toujours …
- Tout va bien coupais-je plus froidement que nécessaire. Je suis juste fatiguée c'est tout. Vous n'avez pas besoin de vous inquiéter pour moi, ajoutais-je fermement.
- Bien sûr que je m'inquiète répliqua Bertillon, je m'occupe de toi, je ...
- Et qui vous l'a demandé, hein ? Je ne vous ai rien demandé. Merde je ne sais même pas pourquoi vous faîtes ça pour moi ! Vous vous sentez si seul que vous vous décidez d'accueillir une pauvre fille dans un hôpital sans souvenir et vous vous dit « tiens ça pourrait être fun de l'adopter comme ma fille ?! »
- Elizabeth je … Commença Bertillon, ce n'est pas…
- Arrêtez avec ce prénom, je ne sais même pas pourquoi vous l'avez choisi ! Lâchais-je la colère me submergeant de plus en plus.
- Calme-toi ! Protesta Bertillon impassible en se redressant sur son siège.
- Merde non je n'ai pas envie de me calmer ! Explosais-je en tapant sur la table. Ma tasse de café se renversa aussitôt sur la petite table. Fais chier marmonnais-je en récupérant des serviettes en papiers dans le petit distributeur pour éponger.
Le vieil homme derrière le comptoir nous lança un regard sinistre tout en soufflant bruyamment avant de reporter son attention sur le match de baseball diffusé sur une petite télé.
- Tu n'es pas encore prête à comprendre insista Bertillon en me regardant nettoyer mon accident. Tu te confortes dans ta colère et ta perte de mémoire et puis après ? Bordel, tu as la chance d'être en vie, de…
Calme-toi.
- Prête à comprendre quoi ?! Je comprends beaucoup plus de choses que vous le pensez coupais-je froidement. Comme par exemple…, je fis mine de réfléchir pendant longtemps tout en caressant mon menton de façon théâtral, Oh tiens je sais ! Que vous êtes incapable de vous pardonner la mort de votre fils ou…
- Elizabeth… Prévint Bertillon à voix basse, son regard se fit plus dur soudainement. Ces mains se crispèrent sur la petite table qui nous séparait.
- Ou quoi ? Réfutais-je mauvaise, un sourire ironique aux lèvres.
- Ne t'aventures pas sur ce terrain glissant, je ne t'ai pas accueilli pour me faire insulter riposta sombrement Bertillon, son visage se déformant de plus en plus par la colère qu'il essayait de contenir.
Arrête !
- Tu sais quoi ? Non je n'ai aucune envie de m'arrêter ! Arrête de me dire quoi faire merde ! M'opposais-je à mes deux interlocuteurs. C'est pour ça qu'Ela a préféré se laisser mourir que de rester à vous regarder vous apitoyez sur votre sort, vous êtes aussi pathétiques que…
La claque nous surpris tous les deux.
- Moi… Concluais-je les larmes au bord des yeux.
Je portais une main à ma joue droite, encore choquée par le geste. Je regardais du coin de l'œil Bertillon qui regardait sa main gauche comme si elle ne lui appartenait pas.
Ce geste me ramena aussitôt dans la chambre d'hôpital : ce moment où le jeune inspecteur de Seattle m'avait aussi frappé. Cela faisait longtemps que je n'avais pas songé à lui et à ce qu'il s'était passé.
Je me relevai d'un coup comme si le siège en simili cuir m'avait brûlé. Je jetais un dernier regard à Bertillon avant de m'enfuir hors du Betty's café. Il ne dit rien ni n'essaya de me retenir.
Je couru loin dans la ville, loin du club, de la loge, du café, loin de tout. Je couru jusqu'à ne plus pouvoir, jusqu'à qu'un point de côté m'empêche de continuer. Les larmes coulant sans discontinuer, je reniflais piteusement et m'essuyais le nez sur le bas de mon t-shirt.
Je pleurais parce que je n'arrivais plus, j'étais arrivée à mon point de rupture. Je m'effondrais contre un mur en brique et me laissais glisser jusqu'au sol dans la poussière.
Déjà six mois c'était écoulé depuis mon réveil et rien n'avait changé dans le fond. Je n'arrivais pas être heureuse d'être en vie. Je n'aimais ni cette vie, ni cette absence de souvenir et encore moins l'envie de continuer à vivre de cette manière. C'était injuste.
J'avais essayé de toute mes forces de me créer une nouvelle vie et pourtant j'étais incapable de me détacher de ce que j'avais perdu.
J'ignorais pendant combien de temps je restais par terre, les bras croisés sur mes genoux à m'apitoyer sur mon sort quand j'entendis des pas s'arrêter devant moi. Je reconnus la paire de Dr Martens en cuir noir et reflet rouge.
- Qu'est-ce que tu fous par terre ? Demanda Mei blasée. Tu sais que tout le monde te cherche ? Ajouta-t-elle en soufflant.
J'haussais les épaules sans relever la tête. J'entendis qu'elle s'arrêta à ma droite avant de s'asseoir à mes côtés. Elle ouvrit une sucette dans un crissement de papier.
- C'est vrai que tu as perdus la mémoire ? Interrogea-t-elle de but en blanc tout en mâchouillant sa sucette.
Je me crispais involontairement à ces mots avant d'hocher la tête rudement.
- Hum ça explique pas mal de chose… Murmura-t-elle pour elle-même. Je pensais que tu couchais avec le vieux lâcha-t-elle avec un bruit de succion.
- Quoi !? Criais-je choquée en relevant la tête.
- Je plaisante ! Rigola Mei. Quoi que, je voulais en être certaine… Poursuivit-elle. J'ai entendu oncle Carlos parler de ton problème de mémoire une fois avec maman.
Il était vrai que personne n'avait osé m'interroger sur mon amnésie et encore moins sur les raisons de ma venue. Moi-même je l'ignorais finalement. Tout le monde semblait avoir des secrets au club.
- Qu'est ce que tu fais ici Mei ? Questionnais-je agacée par le bruit de son mâchouillement insupportable.
Ma colère n'était toujours pas retombée finalement et reposais ma tête sur mes genoux tout en me repliant sur moi-même.
- Oh tu sais, le truc habituel… Je me baladais et tout… Et ma mère m'a appelé pour me dire que tu t'étais pris la tête avec le vieux ou un truc du style… Je n'ai pas tout capté enfin juste l'essentiel quoi. Il te fait chier avec ces morales à la con et maintenant, je suis là, conclut-elle.
Je relevais la tête vers elle, sceptique.
- Ta mère a vraiment dit ça ? J'ai du mal à imaginer Jiao utiliser un langage aussi fleuri ripostais-je ironique.
- Je t'ai fait un résumé sauce Mei répliqua-t-elle en haussant les épaules.
- Avoue… Tu t'es inquiétée pour moi et t'es partie à ma recherche ? Allez dis-le ! Taquinais-je en lui donnant un coup de coude dans les côtes.
- S'inquiéter est un bien grand mot, rétorqua Mei en levant les yeux au ciel. Bref, je t'ai trouvé en te géolocalisant avec ton portable, les autres n'auraient jamais pensé à ça, ils sont tellement… Lent avec la technologie se moqua-t-elle.
En effet en regardant mon portable que Gary m'avait prêté pour mon travail à la loge, je constatais plusieurs appels manqués de Jiao, Carlos et des membres de la loge. Aucun de Bertillon, ce qui ne m'étonnait pas du tout au final.
- T'es plus maligne que tu en as l'air plaisantais-je tout en rangeant mon portable dans la poche de mon jean.
- Je te retourne le compliment dit-elle avec un clin d'œil. Tu as de la ressource et…
- Il t'est arrivé quoi ? Coupais-je en voyant du sang coulé de son nez soudainement.
Je n'avais pas vraiment fait attention jusqu'à là, mais ces cheveux toujours raide semblait avoir affronter une tornade aujourd'hui.
- Oh, ce n'est rien, une dispute avec des gens de ma classe répondit-elle tout en essuyant le nez. Si je te raconte, tu me racontes ? Dit-elle mi-joueuse mi-boudeuse.
- Ok… Répondis-je en levant les yeux au ciel. Alors oui je me suis bien disputée avec Bertillon, j'ai dit des choses blessantes carrément stupides avant de m'enfuir comme une idiote.
- Ah… Ah ! Le vieux il a un sacré caractère hein ? Rigola-t-elle. Je me demandais à quel moment tu allais en avoir marre de le suivre partout comme un petit chien, à l'écouter parler de son passé. Franchement, ce n'est pas cool pour toi.
Je la regardais sans comprendre en haussant un sourcil.
- Bah ouais, toi, tu te rappelles d'absolument rien et lui, il est là à te saouler avec sa vie enfin plutôt sa vie d'avant … Finit-elle
Je fus assez surprise par la justesse de ces mots. Elle n'avait pas tort. Il me reprochait de ne pas vivre ma nouvelle vie et pourtant lui était incapable de se séparer de son passé. Bizarrement, je me sentais un peu moins en colère que tout à l'heure.
- Concernant mon petit accident… Continua-t-elle en essuyant le sang coulant de son nez avec la manche de son vêtement, je me suis bagarrée avec trois pétasses de ma classe expliqua-t-elle nonchalamment tout finissant de lécher sa sucette goût cerise.
L'odeur de la sucette embaumait son haleine.
- Euh… ça dû être une sacrée bagarre commentais-je maladroitement en regardant la manche de son pull rougis par son sang.
- Oh tu sais c'est habituel, tu es une pute, telle mère telle fille, retourne dans ton pays etc… Les trucs habituels quoi, énuméra-t-elle imperturbable.
- Mais tes profs ne disent rien ? Lâchais-je choquée.
- J'ai l'habitude depuis la primaire tu sais. Ce n'est pas la première fois que l'on m'insulte mais quand on parle de ma mère ce n'est plus pareil… Conclut-elle sombrement. Bon là, j'ai moins de chance, je suis expulsée pendant 1 semaine ! Je n'ai pas trop envie de rentrer à la maison du coup, ma mère va me tuer…
- Je vois… Et les autres filles ? Demandais-je en lorgnant son nez ensanglanté.
- Qu'est-ce que tu crois ? Je les ai éclatés, dit-elle avec fierté.
Je n'ai pas pu m'empêcher d'exploser de rire.
Aucune de nous ne voulais retourner chez sois pour le moment. J'envoyais un message à Carlos lui expliquant que j'étais avec Mei et que l'on ne rentrerait pas pour le moment. Il comprit et nous recommanda de faire attention et de ne pas errer trop tard dans la ville.
Nous avons trainé ensemble dans la ville jusqu'au soir avant de finir dans un bar où Mei connaissait le propriétaire. Il n'y avait pas besoin de voir sa carte d'identité pour savoir qu'elle était bien mineure. Même si elle s'habillait et se maquillait de manière attrayante, son visage restait encore très enfantin.
Le Golden Tikki Bar en néon jaune sur la devanture du bâtiment nous accueillit. Le bar était déjà bien rempli pour un soir de semaine, une musique aux connotations des îles donnait rapidement l'ambiance du bar. On avait l'impression de mettre les pieds au Brésil ou, au moins à quelque chose qui s'y approchait.
Des danseuses exotiques étaient parées de grandes plumes colorées, de perles et de très peu de tissus, et se trémoussaient de façon aguicheuse sur des petits podiums. Leurs tenues ne laissaient aucune place à l'imagination.
Nous nous faufilâmes jusqu'au bar et un des barman reconnu Mei. Elle glissa son sac derrière le comptoir et enleva son sweat blanc, taché de sang laissant place à un crop-top noir où l'on apercevait un piercing noir brillant à son nombril.
Elle surprit mon regard sur son bijou avant de rire.
- Ne dis rien à ma mère, elle n'est pas au courant dit-elle en mimant un chut devant sa bouche avec son index vernis noir légèrement craquelé.
- J'aime beaucoup, commentais-je avec un sourire et un clin d'œil.
- Les tatoueurs et perceurs, ce n'est pas ce qui manque à Vegas !
Le barman prit aussitôt nos commandes. Il céda face à l'insistance de Mei pour avoir un cocktail alcoolisé. Je fis promettre à Mei que ça serait le seul auquel elle aurait le droit. Je ne voulais pas qu'elle finisse ivre. Mais j'étais certaine que Mei avait plus l'habitude que moi de boire…
Après avoir terminé notre rhum coca, on finit par se trémousser sur la piste de danse. Je n'étais pas franchement à l'aise pour danser mais au fur et à mesure des musiques et l'alcool aidant, je me décoinçais au rythme de la musique. Bouger avait les mêmes effets que la boxe. On vivait le moment présent : la musique et l'alcool étourdissaient nos sens, nous empêchant de réfléchir. La chaleur étouffante monta vite et nous nous déhanchâmes de plus en plus.
Deux verres plus tard, la promesse fut vite oubliée comme tout le reste. On dansait, rigolait, transpirait, buvait, chantais à tut à tête comme si on était les seules dans le bar. Un groupe de garçons âgé d'une trentaine nous offrit des shoots, je n'eus pas le temps de refuser que Mei eût déjà engloutis deux d'affilées. Un des garçons commença à danser de manière très insistante contre Mei.
Ce fut à ce moment-là que je me suis dit qu'il serait peut-être temps de rentrer. J'attrapais la main de Mei et prétextais une envie d'aller aux toilettes aux garçons pour qu'on ne s'éclipse rapidement de la piste de danse.
Je récupérais les affaires de ma partenaire derrière le bar, fis un signe de tête au barman avant de me précipiter vers la sortie, la main de Mei emprisonnée dans la mienne.
- Qu'est-ce que tu fous ? Je croyais que tu voulais aller aux toilettes intervint Mei en nous voyant remonter l'escalier vers la sortie.
- J'ai besoin d'air répliquais-je fermement.
- Alors, je reste ici en t'attendant annonça-t-elle tout en essayant de retirer sa main.
- Non ! On rentre, il est tard. Ta mère va me tuer. Mon dieu je suis complètement irresponsable marmonnais-je pour moi-même.
- Ma mère s'en fout de ce que je fais le soir, elle n'est jamais là de toute façon ! Protesta-t-elle en tirant d'un coup sec sur sa main pour se libérer.
- Moi je ne m'en fous pas ! Mei, tu as 15 ans ! Ces types-là deux fois ton âge dis-je ne désignant les hommes qui nous avait payé des shoots. Ils ne sont pas à la recherche d'un conte de fée !
Elle mordilla son piercing à la lèvre pesant le pour et le contre, finit par acquiescer de mauvaise grâce en remontant l'escalier en direction de la sortie. Au passage elle m'arracha des mains ces affaires et je levais les yeux au ciel face à son attitude d'ado rebelle boudeuse.
Mei s'obligea à marcher plusieurs mètres devant moi pour montrer son mécontentement. Sa démarche était légèrement vacillante, signe qu'elle avait trop bu. Je m'auto flagellais une seconde fois pour ne pas avoir était plus responsable que ça.
Elle se dirigea vers une petite rue m'indiquant entre ces lèvres serrées que c'était un raccourci pour rentrer chez elle, je finis par la rattraper en courant.
- T'as fini de bouder ? Râlais-je l'attrapant par l'épaule gauche pour la stopper.
Elle vomit sur mes baskets en guise de réponse.
- Génial… marmonnais-je en l'aidant à se relever et de secouer mes baskets pour enlever une partie du vomissement.
Ces yeux papillonnèrent plusieurs fois alors qu'un filet de bave s'échappait de la commissure de ces lèvres.
- Mei, ça va ? Paniquais-je sérieusement tout en la secouant légèrement.
- Je me sens super fatiguée marmonna-t-elle à moitié endormie alors qu'elle s'affaissa sur moi.
- Bon euh ok… Mei ne t'endors pas hein ! Fais chier … Putain… Je glissais son bras gauche sur mes épaules et pris le poids de son corps contre moi.
- Hum… Humm marmonna-t-elle d'une marche de plus en plus en chancelante.
J'entendis des rire derrière moi, me retournant difficilement je reconnus deux des garçons appartenant au groupe du bar.
Ne reste pas là !
- Besoin d'aide les filles ? M'accosta un des garçons tout en donnant un coup de coude complice à son voisin de droite.
- Non merci répliquai-je vivement tout en reprenant ma route aussi rapidement que me permettais le poids de ma charge.
- Attends ma jolie ! Allez, soit gentille ! Repris le premier garçon.
Je ne saurai expliquer pourquoi mais une sensation de nausée me cloua sur place. Un malaise grandissant de plus en plus en moi jusqu'à que…
Soit gentille
Souris
Allez soit gentille E…
Je m'agrippais la tête à deux mains tout en hurlant de douleur et relâchais par la même occasion Mei qui s'effondra face contre terre dans une plainte douloureuse. J'entendais les deux garçons s'approcher mais la douleur à la tête était si intense. L'envie de vomir était tellement forte que je n'arrivais plus à rester debout et m'écroulais sur le sol. Je fermais fortement les yeux tout en encaissant la douleur qui me paralysait.
- Hey… ça va ? demanda un des hommes, presque inquiet.
- Laisse, elles sont complètements raides toute les deux commentèrent son ami complètement insensible avec un rire.
- On pou… Sa voix se tut soudainement.
Je sentie qu'on me soulevait telle une poupée de chiffon, j'essayais en vain de me débattre mais la poigne était si solide et glaciale. J'ouvris difficilement les yeux encore abrutis par la douleur.
L'inconnu du désert me portait dans ces bras, je restais complètement figée, abasourdie de le revoir ici, moi, dans ses bras.
Il me déposa par terre contre le mur juste à côté de Mei qui semblait morte. J'oubliais d'un coup la douleur et me précipitais sur elle pour vérifier son pouls.
Elle s'est endormie affirma l'inconnu.
En effet, je penchais mon oreille au-dessus de sa bouche et je sentie une légère respiration suivie d'un ronflement. Le soulagement qui m'envahit était indescriptible. Je relâchais ma tête contre le mur derrière moi et m'autorisais une dizaine de seconde pour me ressaisir avant de faire face mais la douleur et ma nausée étaient encore bien présente.
Je pris le risque de fermer mes yeux juste quelques le secondes, le temps de calmer la douleur. J'inspirais profondément par le nez et expirais par la bouche. Je fis cet exercice plusieurs fois jusqu'à que la pression sur ma tête se soit suffisamment atténuée pour que je puisse de nouveau penser.
J'ouvris les yeux une nouvelle fois.
Il m'observait silencieusement debout devant moi. Ces yeux semblaient encore plus rouges qu'auparavant, presque d'un rouge écarlate ce soir. Il portait exactement la même tenue lors de notre première rencontre.
Tout va bien.
Je ne devais pas flancher maintenant, ce n'était pas le moment. Je refoulais au plus profonde de moi, ce souvenir, cette impression malaisante qui m'avait mis KO. Les coups de poings de Carlos m'avaient déjà mis à mal, mais leur violence n'étaient rien comparé à ce que venait de se passer.
Je me relevais difficilement sur mes jambes tremblantes et regardais rapidement à droite et à gauche cherchant du regard les deux autres hommes. Mais j'étais obligée de constater qu'ils étaient partis.
Je reportais de nouveau mon regard sur l'individu. Je ne savais pas quoi dire, il ne semblait pas me vouloir de mal et pourtant je ne me sentais pas en sécurité. Inconsciemment je me plaçais devant Mei, mon action ne passa pas inaperçu aux yeux de l'homme.
- Qu'est-ce que vous faîtes là ? Demandais-je perplexe, la nausée encore présente.
Il ignora ma question et s'avança vers moi. Automatiquement je me remis en position de garde mais l'homme m'esquiva habilement et se baissa pour soulever Mei.
- Hey ! Qu'est-ce qu .. Protestais-je surprise.
- Tu n'as pas les capacités pour porter l'enfant, fillette me réprimanda l'homme avant de continuer de marcher dans la ruelle.
Il me fallut cinq secondes avant que l'information n'atteigne mon cerveau, je le rejoignis en courant aussi vite que possible.
- Attendez-moi ! Hurlais-je complètement paniquée de le voir emmené Mei loin de moi. Ce n'est pas le bon chemin ! Hey !
Il ne se retourna pas et continua sa route initiale tout en portant Mei sans aucune difficulté.
Je décidais de le suivre comprenant qu'il n'en faisait qu'à sa tête. Nous marchâmes l'un à côté de l'autre dans le plus grand silence. Ce n'était pas un silence pesant c'était juste… bizarre. Je ne cessais de lui jeter des petits coups d'œil vérifiant qu'il ne lâche pas Mei soudainement ou pire qu'il a jette sur la route. Toute mon attention était focalisée sur l'inconnu et Mei que j'en oubliais mon malaise antérieur.
Il marchait d'un pas robotique, son visage était inexpressif presque comme s'il s'ennuyait de la situation actuelle.
J'étais tellement concentrée sur l'homme à mes côtés et toutes les questions qui me traversaient l'esprit que je ne remarquais pas tout de suite que l'on était déjà presque arrivé au niveau du club de boxe.
Je me figeais brusquement en comprenant que l'inconnu en savait beaucoup trop. Il continuait à marcher sans se préoccuper de mon débat interne.
- Hey ! Attendez une seconde ! Comment ?... Je couru une nouvelle fois pour le rattraper. Comment savez-vous où j'habite ? Demandais-je le souffle court à force de courir toutes les cinq minutes pour le retrapper.
La panique se faisant ressentir clairement dans ma voix.
Il s'arrêta brusquement, se tourna d'un quart de tour vers moi, la tête de Mei vacilla légèrement et de la bave mélangée à du vomi coula en mince filet sur le manteau de l'homme. Je n'osais rien lui dire de peur qu'il ne la lâche soudainement écœurer. Mei se réinstalla plus confortablement dans ces bras dans un soupir de contentement.
- C'est une petite ville, répondit-il simplement avant de repartir dans la direction du club.
- Hein ? Non mais attendez une minute là ! Rooh mais arrêtez-vous ! Je ne marche pas aussi vite que vous et puis vous n'avez pas répondu à ma question ! Râlais-je pour la dixième fois.
- Tu n'as pas répondu à la mienne non plus me contredit l'homme imperturbable continuant de marcher machinalement.
- Quoi ? Quelle question ? Ripostais-je incrédule.
- Le lieu où se situe ton clan. Tu as la morsure dit-il en désignant du menton ma clavicule. Tu ne peux pas me mentir affirma-t-il.
- Ecoutez, je vais être honnête avec vous, annonçais-je complètement dépassée par la tournure de la conversation.
Il se stoppa une nouvelle fois trop brusquement et a tête de Mei se cogna dans le biceps de l'homme tout en lâchant une plainte douloureuse avant de sombrer une fois de plus. Il se tourna complètement vers moi attendant que je poursuive.
- Bon euh… ça là, dis-je en dévoilant la morsure, je n'ai strictement aucune idée de son origine. A l'hôpital, ils n'ont pas su me l'expliquer mais vous… Vous savez ce que c'est ? N'est-ce pas ?
Ces yeux me fixèrent intensément comme s'il essayait de détecter si je mentais ou pas. Il releva la tête vers le ciel avant de secouer la tête.
- Je comprends mieux pourquoi je n'arrive pas à le trouver murmura-t-il pour lui-même.
- Trouvez qui ? Soufflais-je clairement saouler par l'homme mystère.
- Un… Ami lâcha-t-il énigmatiquement avant de poursuivre une nouvelle fois sa route.
Arrivés à une centaine de mètre du club de boxe, il déposa Mei par terre avec une délicatesse que je ne lui soupçonnais pas chez lui, avant de se retourner vers moi. J'avais vite renoncé à l'idée de lui courir après et marchais dorénavant à mon propre rythme.
- Je sens une grande irritation qui émane de toi dit l'homme imperturbable.
- Non, tu crois ? Répliquais-je mi-amer mi-ironique tout en me baissant pour jeter un coup d'œil à Mei. Elle dormait encore profondément.
- Elle doit boire de l'eau et manger un aliment substantiel pour éliminer complètement la drogue de son organisme, exposa posément l'homme mystérieux
- Quoi ?! De la drogue ? Quand ? Qui ? … M'écriais-je en sautant sur mes deux pieds.
Aussitôt que je posais les questions, les réponses me sautèrent immédiatement aux yeux. Les garçons du bar nous avaient apporté des shoots avec de la drogue dedans et Mei en avait bu deux sur les quatre proposés…
- Quelle idiote j'ai été murmurais-je horrifiée par la cruelle vérité. Nous avions échappé de peu à …
Arrête.
- Je ne sais pas quoi vous dire… à part merci infiniment d'avoir été là ce soir, je ne sais pas si j'aurai pu me débrouiller toute seule ajoutais-je en le regardant reconnaissante.
Il parut légèrement surpris voir déconcerté par mes remerciements avant de se détourner de moi, perdu une nouvelle fois dans ces pensées.
- Bon je crois que je vais la ramener maintenant avant qu'elle ne se réveille une nouvelle fois annonçais-je après un silence qui me semblait trop long.
Je me baissais et porta maladroitement Mei dans mes bras, il ne restait que quelques mètres sans oublier les escaliers … Je pris une grande inspiration pour me donner du courage.
L'homme ne bougea pas d'un pouce mais je sentais son regard vif dans mon dos.
- Au fait, dis-je en me retournant légèrement, vous vous appelez comment ?
Dire que Jiao était en colère fut un euphémisme. Elle était si en colère qu'elle ne parla pas. Mei fut privée de sortie pendant un mois et condamnée à nettoyer tous les soirs le gymnase et le vestiaire.
Me sentant coupable, je l'aidais. Nous ne reparlâmes pas de la soirée, elle ne se souvenait que vaguement du bar et de notre ballade nocturne mais c'était tout. Je préférais garder pour moi le reste des évènements de la soirée. Surtout comment annoncer à une fille qu'elle avait évité une agression ? Je ne dis rien sur cet évènement ni sur l'homme qui nous avait aidé pour le moment.
Je ne me sentais pas encore totalement prête à parler de tout ce qu'il s'était passé.
Je ressentie le besoin après mon « malaise » dans la ruelle de l'extériorisé complètement, j'avais noirci plusieurs pages dans mon carnet pour décrire avec précision ce que je croyais avoir vu et entendu. C'était une liste de mots les uns à la suite des autres mais cela me fit un bien fou. C'est comme prendre une bonne douche après une séance de boxe.
C'était un souvenir. J'en étais certaine mais il était trop instable et négatif que je préférais le mettre de côté pour le moment mais cela me donnait malgré tout un peu d'espoir pour la suite.
Bertillon ne m'adressa pas la parole suite à notre altercation. Ce constat me toucha plus que je ne l'aurais cru. Mais j'étais trop fière pour m'excuser auprès de lui, ne démordant pas qu'il avait aussi sa part de responsabilité.
Carlos essaya de me changer les idées en organisant des combats de boxe contre de nouveaux adversaires.
Je n'étais pas toujours vainqueur mais je progressais. Mes adversaires, femmes ou hommes me félicitèrent pour ma détermination et ma vitesse. Au bout de plusieurs combats, on m'affubla du surnom de « Wasp ». Je frappais et me déplaçais comme une guêpe sur le ring selon Ambrose, témoin de mes matchs. On redoutait mes coups, parfois vicieux mais bien placés.
J'évitais Bertillon autant qu'il m'évitait aussi. Gary, son frère essaya de nous réconcilier mais en vain.
Le mois de Mars fut marqué par une tempête de sable inattendue frappant Las Vegas en fin de soirée. Effectuant une balade dans la vallée de la mort en Buggy accompagnée de Nolan et de Maddy. Nous nous apprêtions à repartir quand l'immense vague de sable nous tomba dessus sans crier gare.
J'entendis comme un bourdonnement lointain, il eut une légère vibration sur le sol. Sur le coup, je pensai à un tremblement de terre ou quelque chose comme ça et puis le ciel se couvrit brutalement jusqu'à ce qu'on ne puisse plus apercevoir le soleil couchant.
Une bourrasque de vent me fit tomber au sol quelques secondes après. Le sable s'agrippa à mes cheveux, gifla mon visage, piqua mes yeux et pénétra dans ma bouche. Je ne voyais absolument plus rien. J'entendis au loin les cris de Nolan et de Maddy mais ils me semblèrent inatteignable.
Je fermais fermement les yeux contre le vent et le sable. Et d'un coup plus rien, j'avais l'impression de voler. Le vent cessa aussi vite qu'il était arrivé.
J'ouvris les yeux un à un, ne sachant pas où je me trouvais. Je n'étais plus dans la tempête de sable mais dans une petite alcôve dans la roche. Je ne fus pas surprise de le voir là, au bord de l'alcôve, son visage porté vers l'extérieure. Je me relevais tout en ébouriffant mes cheveux courts recouvert de sable.
Après avoir enlevé le plus gros sur mes vêtements, je m'avançais d'un pas presque serein vers lui.
- Merci Alistair… Murmurais-je doucement en m'arrêtant à sa hauteur.
Il tourna sa tête vers moi, ces yeux rouges me fixant avec intensité avant de se détourner et de reporter son attention sur l'extérieure. La tempête continua de faire rage à l'extérieur, le bruit du vent s'engouffrait dans la petite grotte faisant des bruits déformés et amplifiés, comme le cri d'un énorme monstre.
- Maddy et Nolan … Commençais-je inquiète pour mes compagnons.
- Sont en sécurités coupa Alistair certain.
Je ne cherchais pas à le contredire ni à savoir d'où venait cette certitude. Au fond de moi, j'éprouvais une confiance qui me dépassait.
- Pourquoi es-tu seule ? Me demanda Alistair avec condescendance.
- Je ne le suis pas répondis-je doucement en lui jetant un coup d'œil complice. J'ignorais d'où me venait l'envie de le taquiner.
- Ces personnes avec qui tu vis et travaillent, ce n'est pas eux...
- D'où provient mes cicatrices ? Cassais-je brusquement voulant éviter que l'on s'éloigne du sujet qui me tracassait depuis notre dernière rencontre.
Si je voulais enfin des réponses à mes questions, c'était le moment.
- Si tu ne t'en souviens pas alors c'est la meilleure chose qui puisse t'arriver dans cette vie fillette murmura Alistair presque soulagé.
- Non ! Claquais-je la gorge nouée par le chagrin qui m'envahissait aussitôt. Non, je ne l'accepte pas. Tout le monde me répète à longueur de journée que tout est mieux pour moi de telle ou telle manière mais non, vous n'avez aucune idée de ce que c'est de tout perdre.
J'étouffais de mon mieux le chagrin qui menaçait de sortir mais déjà les premières larmes s'échappaient de mes yeux et bientôt, je pleurais sans discontinuité avant de m'effondrer au sol.
- Je suis si fatiguée de faire semblant, je veux juste que tout s'arrête. Je ne supporte plus de me sentir aussi mal. De ne pas comprendre d'où me viens cette douleur…
Mes derniers mots furent complètement inaudibles entre mes larmes salées et mes reniflements.
- Je n'ai plus de famille annonça sans fioriture Alistair. Mon père a trahi sa propre famille jusqu'à ces enfants pour ces intérêts personnels… Pour assouvir une vengeance… Confessa-t-il meurtrie. L'humain est son propre ennemi, il ne voit ces limites qu'une fois qu'il les a franchis, conclu-t-il amèrement.
Je reniflais bruyamment, mes larmes s'étaient arrêtées aussi vite qu'elles étaient apparues. Je me redressais sur mes jambes.
- La tempête est finie, annonça soudainement Alistair. Je vais te ramener auprès de tes amis.
Il tendit ces bras vers moi comme une invitation.
Je m'approchais de lui, il glissa ces bras autour de moi avec beaucoup de douceur avant de ma soulever sans efforts.
- Ferme les yeux me conseilla-t-il.
Ce que je fis aussitôt. Je ressentis comme une chute d'ascenseur qui ne dura qu'une seconde. Quand j'ouvris de nouveau les yeux, je me trouvais à quelques mètres de mon buggy. Le sable l'avait partiellement recouvert et le soleil avait complètement disparu.
- Je te dirai tout ce que tu veux savoir mais tu as le droit de changer d'avis, proposa Alistair avec espoir.
J'hochais la tête doucement, la gorge encore nouée.
- Je reviendrai dans quelques jours alors, conclu Alistair le visage de marbre. Nous sommes tous différents fillettes. Nous ne sommes pas aussi plaisants que tu puisses l'espérer me répondit-il énigmatiquement.
J'entendis au loin le bruit d'un moteur et vis apparaître au loin le second buggy de Nolan et Maddy. Alistair avait disparu entre temps.
Sa dernière annonce me glaça. Il m'avouait une demie-vérité que j'avais encore du mal à accepter. J'y songeais depuis plusieurs jours mais j'ignorais encore la finalité. Pour le moment.
La vague de sable mesurait plus de 80km de large expliqua la télévision le lendemain matin. Elle avait traversé une partie de la ville de l'Est à l'Ouest. Les images filmées par des amateurs étaient impressionnantes.
Heureusement, il n'y avait eu aucune victime à déplorer pour le moment. Seulement des dégâts matériels sur des poteaux électriques : une partie de Las Vegas fut plongée dans le noir pendant plusieurs jours d'affilés. C'était si exceptionnel, presque étrange en voyant habituellement cette ville illuminer le ciel et le désert.
Il fallut plusieurs jours à la ville pour déblayer les rues pleines de sables et rétablir le courant. C'était presque un avant-goût d'une scène apocalyptique.
Au bout d'une semaine, je ne revis pas Alistair. J'avais beau me balader le soir dans les rues avoisinante du club ou du garage dans l'espoir qu'il apparaisse comme à son habitude, je ne perçus aucune trace de lui.
J'avais un goût amer. Je me sentais trahis. La voix me soufflait de patienter mais j'étais déjà à bout.
- Tu t'occupes de celui-là chérie m'accosta Aaron me sortant de ma rêverie tout en me jetant les clés de la Mustang accidentée. Gare-la à côté de la Corvette de Monsieur Berny.
- Ah oui oui ! Répondis-je en attrapant maladroitement les clés lancées.
Suite à la vague de sable, le garage avait été pris d'assaut. Il y avait eu ce jour-là l'exposition universelle des voitures de collection américaine au centre de convention de Las Vegas. Beaucoup d'entre-elles n'avaient eu que de légers dégâts, des rayures, du sable plein le moteur etc… Le garage tournait à pleins régimes pour répondre au mieux les attentes des clients.
Je sortais de la voiture quand un homme arriva accompagné d'une belle Harley Davidson noire.
- Bonjour ! J'ai un petit souci sur ma moto et le garage d'où je reviens m'a envoyé ici expliqua l'homme en s'avançant vers moi, ses grosses lunettes de soleil et son casque de moto camouflant une partie de son visage.
- Je vais voir avec le patron s'il a un créneau répondis-je en fermant la voiture avant de me tourner vers l'homme.
- Je vous… Erica ? Erica Warks ? Demanda l'homme abasourdi en retirant ses lunettes de soleil.
Le monde d'Elizabeth Bertillon se figea d'un coup.
à suivre...
Ah ah ! Alors vous pensez que c'est quel personnage qui reconnait Erica ? Dîtes-moi en commentaire !
