Bonjour à tous ! Voilà la suite tant attendue ! J'espère que ce nouveau chapitre va vous plaire !
Réponses aux commentaires:
Elieene: Alors je suis très heureuse que le personnage d'Alistair intervenant dans l'histoire te plaît ! Je trouvais que c'était un personnage important, original et sous-exploité. Il aura un rôle important pour la suite mais je ne t'en dis pas plus ah ah ! Et bien je pense que ce nouveau chapitre va répondre à tes questions ! Merci encore de suivre et de commenter l'histoire avec assiduité !
Paupau 15 : Ah ah désolé mauvaise pioche ! J'espère que ce nouveau chapitre va te plaire ! Merci encore de suivre avec attention cette histoire !
Kwycky : Oui j'aime finir les chapitres dans le feu de l'action, c'est mon côté sadique qui ressort ah ah ! Je suis heureuse que ce tournant de l'histoire te plaise. Je comprends ta frustration dans le fait qu'elle faisait du "sur place" mais j'avais besoin qu'elle traverse un petit passage à vide comme Bella resté à Forks. Elles ont vécu sans le savoir, la même solitude.. Et oui j'aime bien l'idée que ce soit son ancienne vie qui lui tombe dessus sans crier gare ! Merci encore pour ton commentaire et bonne lecture !
Swanny Hooper : Ah ah désolé, ce n'est aucun de ces deux personnages... Mais j'espère que tu seras surprise après avoir lu ce chapitre ! Merci encore de suivre l'histoire et de commenter.
Matalia : Bonjour à toi nouvelle lectrice, je tiens tout d'abord à te remercier d'avoir pris le temps de lire et de me donner ton avis sur l'histoire. Je suis tout à fait d'accord avec toi concernant la mise en place de la deuxième partie mais c'était volontaire. Je voulais qu'Erica traverse la même solitude que Bella dans le livre original mais d'une autre façon. Je suis très heureuse que l'histoire te plaise et j'espère que ce nouveau chapitre va te surprendre ! Bonne lecture !
MERO Julie : Hé hé crois-moi tu n'es pas prête pour la suite, de la torture, de l'attente et des larmes vont être au rendez-vous ah ah ! Tes commentaires de corrections m'ont tué (encore une fois). L'idée que Charlie se dessine une moustache tout les matins me fais rire, que la table du café soit sensible et que Jacob excite Erica est tout à fait normal !
Guest : Chère admiratrice anonyme, je me sens comme une rockstar en lisant tes commentaires ! Je vais bien, merci de demander. j'espère que tu portes bien également. Oui j'aime le personnage d'Alistair. Je trouve qu'il est sous exploité et il aura un rôle a jouer dans la suite de l'histoire ! Il y a une raison sur le silence de Carlisle mais je ne peux pas encore te le dire pour le moment... J'espère que la suite va te plaire ! Bonne lecture !
Un grand merci à ma bêta MERO Julie qui fais comme d'habitude un travail soigné et top! J'ai hâte de te faire lire le prochain chapitre !
Chapitre 11 : Coordonnées galactiques
Je sortais de la voiture quand un homme arriva accompagné d'une belle Harley Davidson.
- Bonjour ! J'ai un petit souci sur ma moto et le garage d'où je reviens m'a envoyé ici expliqua l'homme en s'avançant vers moi.
- Je vais voir avec le patron s'il a un créneau répondis-je en fermant la voiture avant de me tourner vers l'homme.
- Je vous… Erica ? Erica Warks ? Demanda L'homme abasourdis.
Le monde de Elizabeth Bertillon s'arrêta d'un coup.
Pendant une seconde, le bruit ambiant de la loge se figea comme si la bande-son et le film avait buggé. La musique bruyante de la vieille radio fut soudainement silencieuse. L'équipe s'était arrêté de travailler, tous me regardaient surpris, spectateur de ma déchéance. Le monde que j'essayais de rebâtir avec une nouvelle identité jour après jour s'écroula comme un château de cartes. Je n'arrivais plus à penser comme si j'étais à mille lieux d'ici.
Gary fut le premier à réagir, me libérant de cette boucle temporelle infernale. Le temps reprit son cours naturellement ignorant que ma vie ne serait plus jamais la même 30 secondes avant.
- Dit Erica…
Gary buta légèrement sur le prénom avant de s'enjouer et de forcer un sourire qui se voulait naturel.
- Pourquoi n'iriez-vous pas discuter avec ton ami autour d'un café ? Hein ? Continua-t-il en m'accompagnant vers la sortie du garage. Je vais m'occuper de la moto de monsieur ajouta-t-il tout en poussant gentiment à l'extérieur.
Tellement ma gorge était serrée, j'hochais bêtement la tête ne sachant pas quoi répondre. Je le conduis au Betty's coffee. Le trajet ne dura que quelques minutes et pourtant le café ne m'avait jamais semblé aussi loin.
Mille et une question se bousculaient dans ma tête. J'entendais qu'il me parlait pourtant, tout me semblait irréel. Je fus obligée de me pincer plusieurs fois pour être certaine que je ne rêvais pas.
La voix ne se manifesta pas et je ne pus déterminer si c'était une bonne nouvelle ou pas.
Je me sentais tellement déphasée que je ne pris pas le temps de le prévenir sur le café insipide proposé.
Il devait avoir la trentaine, la peau légèrement matte, un visage carré et des yeux verts. Il s'appelait Maxwell Poppers et il avait été mon médecin à l'hôpital de Forks suite à une chute en moto.
Je ne m'en rappelais absolument pas… Ni de lui, ni l'accident de moto et encore moins de la ville de Forks mais je ne lui dis rien et acquiesçait par un léger signe de tête.
- Quelle agréable coïncidence qu'on se croise à Las Vegas et encore plus dans ce garage ! S'enthousiasma Poppers. Mais d'ailleurs, ce n'est pas encore les vacances scolaires ? Si ?
Je ne dis rien pendant plusieurs secondes. Je ne savais pas si je devais pleurer ou rire. Quelle était la probabilité que cet homme me reconnaisse ? Est-ce que la vie avait décidé de me donner une seconde chance ? Moi qui me lamentais depuis des mois à courir après mes souvenirs perdus et là, aujourd'hui ma vie passée qui me rendait une petite visite à l'improviste.
- Erica ? Tout va bien ? S'inquiéta Poppers les sourcils froncés.
- Oui, je… oui pardon répondis-je en essuyant distraitement une larme qui se formait dans le coin de mon œil droit.
- Est-ce que tu as des problèmes ? Je …
- Non non, tout va bien, je suis vraiment heureuse de vous voir, c'est juste que ce n'est pas facile en ce moment avouais-je du bout des lèvres.
Euphémisme.
- Oh, vraiment ? Tu veux m'en parler ? Ça restera entre nous. Je suis toujours ton médecin, j'ai prêté serment, me rappela Poppers avec un sourire rassurant.
Non.
J'ai eu envie de ne pas écouter la voix pour une fois et de n'en faire qu'à ma tête. C'était l'occasion unique d'en savoir plus sur moi. Je voulais tout lui avouer. De mon amnésie à Denver, de mon traumatisme crânien, des inspecteurs de police, des dessins dans le carnet, des rêves, de la voix dans ma tête qui décidait pour moi, de tout, je voulais tout lui dire…
Mais je ne fis rien. Je gardais ma bouche fermée et ravala mes angoisses.
Fais attention.
- Je suis venue pour rendre visite à mon grand-père, il a subi une opération cardiaque et… J'ai vraiment eu peur de le perdre, expliquais-je maladroitement. L'émotion remplissait éperdument ma voix.
- Quel type d'opération ? Quel âge a-t-il ? Questionna-t-il de manière professionnelle et automatique
- Oh… Euh 72 ans, un triple pontage cardiaque, me rappelais-je, à l'hôpital de Denver.
- Hum… Ce n'est pas une opération facile mais s'il n'a aucune séquelle et qu'il suit parfaitement son traitement alors tout ira bien ajouta-t-il pour me rassurer.
- Merci… Et vous ? Qu'est-ce que vous faîtes à Las Vegas ? Demandais-je très intéressée par sa réponse
- Oh, vous vous rappelez que je voulais m'organiser un road trip en moto ?
J'hochais la tête automatiquement sans me rappeler.
- Eh bien voilà c'est chose faîtes ! J'ai commencé il y a un peu plus de 6 mois environ et depuis une semaine je suis à Las Vegas. Avec cette tempête de sable pfiouu ! Impressionnant ! S'extasia-t-il complètement surexcité
Je continuais mon petit interrogatoire de manière naturelle, faisant mine de s'intéresser à son voyage et glissait de temps à autres une question sur son travail ou la ville de Forks. Géographiquement je n'avais aucune idée de son emplacement.
J'appris que je vivais chez un homme inspecteur de police appelé Charlie Swan et sa fille Isabella et qu'actuellement, j'étais en dernière année de lycée.
Je buvais chacune de ses paroles, notais mentalement les moindres détails qui pouvait me renseigner un peu plus sur ma vie passée. J'avais une montagne de questions en tête.
Pourquoi vivais-je chez cet homme en particulier ?
Où se trouvaient mes parents ? Etais-je suis orpheline ?
Si j'étais encore au lycée, n'étais-je pas mineure ? N'aurais-je pas dû être recherchée ?
A aucun moment il n'évoqua ni la ville de Seattle ou ma cicatrice à la clavicule. Ces deux choses restaient encore un mystère pour moi.
- Quand comptez-vous repartir à Forks ? Demandais-je en lui coupant la parole.
Si mes calculs étaient justes, cela faisait plus de 8 mois que l'on m'avait retrouvé à moitié morte dans la baie de Seattle. Si j'avais rencontré ce médecin les mois précédents à Forks, il n'avait pas été au courant de ma disparition ou de mon accident. Et ça, je ne le comprenais pas.
- Oh euh et bien, Je comptais profiter encore quelques mois de mon année de césure, peut-être descendre vers le Mexique... Pourquoi cette question ? Vous repartez sur Forks bientôt ?
- Euh … Oui certainement dans les prochains jours, j'attends de m'assurer que mon grand-père se remette parfaitement de son opération baragouinais-je en buvant une gorgée de mon café refroidi.
Au même moment, la porte s'ouvrit sur Monsieur Bertillon s'avançant d'un pas déterminée vers notre table. Une fine pellicule de sueur brillait sur son front, il semblait presque essoufflé en arrivant à notre table.
- Quand on parle du loup marmonnais-je malgré moi avec un sourire amer.
- Bonjour ! S'enjoua Bertillon en ôtant son panama sur la tête, un immense sourire aux lèvres.
J'haussais un sourcil devant tant d'engouement, je n'avais jamais vu un sourire aussi faux sauf à l'hôpital. Le jour où il m'avait proposé son aide.
- Bonjour Monsieur… répondis Poppers en se levant, il serra la main tendue du vieil homme.
- Bertillon compléta-t-il l'immense sourire toujours figé sur son visage ridé.
Poppers esquissa une légère grimace de douleur quand Bertillon lui serra avec vigueur et un sourire plus carnassier. La poignée de main dura de longues secondes tandis que mon soi-disant grand-père jaugea le médecin dans le plus grand silence. Il finit par relâcher la main de Poppers et pris place à son tour sur la petite banquette rouge et fit un signe de la main au vieillard derrière le comptoir pour avoir un café.
Poppers resta plusieurs secondes debout un peu perdu avant de se rassoir tout en étirant sa main discrètement.
- Vous avez une sacrée poigne Monsieur Bertillon, avoua Poppers avec un petit rire gêné en touillant son café.
- Ah ah ! Mon grand-père est un sacré personnage ! Ajoutais-je rapidement en lorgnant Bertillon.
Il ne dit rien pendant une seconde, me regardant fixement. Je lui fis un sourire tendu et peu naturelle
- La boxe lâcha-t-il. C'est un bon moyen de s'entretenir ajouta-t-il joyeusement.
- Oh vraiment ? Répondit Poppers intéressé et surpris.
Je relâchais discrètement le souffle que je retenais depuis que Bertillon avait fait une interruption surprise dans le café.
Nous continuâmes à échanger des banalités, Bertillon le conseilla sur différents restaurants et casinos à Las Vegas. J'intervenais le moins possible dans cette conversation à trois et me contentais de sourire et d'acquiesçais de temps en temps.
Poppers nous quitta après une heure de conversation après que le garage l'ait rappelé. Il nous souhaita une bonne fin de journée et le plaisir de me revoir à Forks.
Je me détendis dès que Poppers eut franchi la porte d'entrée. Je me laissai complètement aller dans le siège. Je m'apercevais seulement à quel point j'avais été tendue.
Je n'osais plus regarder Bertillon dans les yeux après tout ce qu'il s'était passé. Cela faisait presque un mois que nous nous évitions et il venait à l'instant de participer à cette grosse mascarade.
- J'ai fait aussi vite que j'ai pu commença Bertillon, Gary m'a appelé complètement paniqué après la visite surprise de l'homme qui te reconnaissait. Je ne savais pas à quoi m'attendre alors j'ai demandé à Carlos de me rejoindre au cas où…
- Merci coupais-je la gorge serrée, merci d'avoir été là… Merde je n'arrive pas à croire à ce qui viens de se passer…
Il acquiesça solennellement d'un mouvement de tête franc.
- Tu n'avais pas totalement tort, murmura Bertillon brisant le silence qui s'était installé à notre table.
Je lui jetais un coup d'œil sans comprendre où il voulait en venir.
- C'est de ma faute si mon fils est mort… Et tu as raison concernant Ela. Elle n'a jamais pu me pardonner. Oh oui, elle a essayé de toute ses forces mais la colère et la rancœur ont pris le dessus sur tout le reste.
Il fit une pose, se frotta les yeux avant de relâcher ses épaules comme s'il se déchargeait d'un poids.
- Elle est partie, quarante ans dans un mois. Je ne sais même pas où elle se trouve à l'heure actuelle. Était-elle mariée ? A-t-elle fondée une nouvelle famille ? Pense-t-elle à moi autant que je pense à elle chaque jour ? Ce n'est qu'une partie infime des questions que je me pose tous les jours depuis 40 ans.
Je déglutis difficilement, la gorge sèche après son aveu meurtri. Je ne savais même pas par où commencer. Les questions se bousculaient dans ma tête.
- Je croyais qu'elle… Que Ela était morte, répondis-je doucement ne sachant pas quoi dire de plus.
- C'est plus facile de penser de cette façon, confessa-t-il honteux. C'est difficile de se regarder tous les jours dans la glace et de se juger responsable de la fuite de la personne qu'on aime plus que tout.
- Certaines personnes luttent pour reconnaître leur propre culpabilité. Ils sont incapables de justifier le rôle qu'ils ont joués dedans contredis-je. Mais ce n'est pas votre cas ajoutais-je en serrant sa main droite posé sur la table.
Il me serra la main en retour, le visage baissé vers la table, dépassée par l'émotion.
- Pensez-vous qu'une seule bonne action puisse rattraper toutes nos erreurs passées ? Prononça Bertillon avec espoir en me regardant fixement dans les yeux.
Je réfléchis longuement à sa question, repensant au policier agonisant dans ma chambre d'hôpital alors que j'avais lâchement fui. Puis, mes pensées s'envolèrent le soir où j'étais sortie avec Mei.
- Vous savez ce que l'on dit ? Les gens peuvent oublier milles bonnes actions à cause d'une seule erreur. Mais je suis persuadée que l'on peut oublier milles erreurs grâce à une bonne action. C'est à vous de savoir si vous arrivez à vous pardonner, tout simplement, spécifiais-je.
Il hocha de la tête doucement, complètement perdu dans ses pensées.
- Je ne réalise toujours pas ce qu'il s'est passé. C'est complètement surréaliste. Je suis à la fois excitée, soulagée et impatiente… Mais en même temps, je suis complètement terrorisée et inquiète. Je me pose un tas de questions, il y a encore pleins de choses que je ne comprends pas ! Vous vous rendez compte que je vivais chez le shérif de la ville ?
- Il faut que je te dise… Essaya de parler Bertillon mais je ne pouvais pas m'empêcher de vider mon sac.
J'avais vraiment besoin d'extérioriser tout ce que je savais. Toutes les questions qui me submergeaient. Plus je parlais, plus je prenais conscience que j'avais enfin trouver les réponses à mes questions. Ça se résumait à un seul mot : Forks.
- Mon dieu ! Il faut absolument je regarde où se trouve cette ville ! Vous connaissez une ville du nom de Forks ? Je ne sais même pas comment …
- Erica ! Cria Bertillon soudainement me stoppant aussitôt dans mon monologue. Je dois te dire quelque chose avant. Je ne sais pas par où, je …
- D'accord d'accord je vous écoute répondis-je d'une voix que j'essayais le plus apaisante possible.
- Je lui ai parlé, divulgua Bertillon, évasif. Il semblait de plus en plus agité.
- Parlé à qui ? Invitais-je retenant de le secouer pour qu'il m'explique plus rapidement.
- A l'autre… Insista Bertillon énigmatiquement sans me regarder dans les yeux.
- Ok… Je dois deviner, c'est ça ? Ecoutez, soyez plus spécifique parce que là je ne…
- L'autre toi ! Lâcha Bertillon de façon clair.
A moi.
- Oh … Et donc ? Répondis-je doucement pas aussi surprise que je ne l'aurai cru.
Hum… C'était donc peu probable que l'on soit tous les deux fous.
- Je... Je ne savais pas comment aborder le sujet… Je … Mon dieu c'était complètement surréaliste comme situation confessa Bertillon, le soulagement transperçait sa voix. J'ai essayé des dizaines de fois de t'en parler à Toi ! Enfin juste toi et pas … Enfin tu m'as compris. Je ne savais pas si je devenais fou ou si j'avais imaginé toute cette scène dans ma tête mais elle a continué à me parler après ton arrivée ici ! Avoua -t-il presque hystérique
- Calmez-vous ! C'est bon, expliquez-moi depuis le début…
Le soleil était quasiment couché quand Bertillon finit par m'expliquer tout ce qu'il savait.
- Donc si je résume bien, vous avez parlé pour la première fois à l'autre quand nous étions à l'hôpital. Je m'étais endormi pendant que vous étiez entrain de faire un mot-croisés dans ma chambre. Il hocha la tête. Et je me suis réveillée, j'ai pris mon carnet et votre crayon dans votre main et je me suis mise à écrire dedans ?
- C'est bien ça, confirma Bertillon. Sur le coup, j'ai été surpris et puis, j'ai vu ton regard … C'était si … Intense.
Je vis son corps frissonner à ces mots comme s'il revivait la scène.
- J'ai tout de suite compris qu'il y avait un problème, que c'était différent. Je ne sais même pas comment le décrire pour être honnête, chuchota-t-il plongé dans ces souvenirs.
- Je vois… Murmurais-je encore sonnée par cette révélation. Et ensuite, vous m'avez parlé et c'est l'autre qui vous a répondu c'est bien ça ?
- Elle avait arrêté d'écrire dans le carnet soudainement. Elle semblait se refermer sur elle-même comme si elle était blessée et n'arrêtait pas de chuchoter des mots très rapidement. J'ai cru au début que c'était une prière ou quelque chose comme ça… Je me suis approchée et j'ai entendu une phrase. Toujours les même sans discontinuer expliqua Bertillons.
- Quelle phrase ? Demandais-je l'angoisse me tordant de plus en plus le ventre. J'avais l'impression de vivre un film d'horreur en réel.
- « Elle est danger, aidez-la » répéta Bertillons sûre de lui en me fixant droit dans les yeux.
- Putain… Lâchais-je horrifiée.
J'eu chaud d'un coup, mes mains devinrent moites, mon cœur s'emballa à tout rompre. J'avais carrément l'impression d'être possédée.
- C'est exactement ce que je me suis dit et puis, elle a tourné brusquement la tête vers moi… Elle était si désemparée, si brisée que je lui ai répondu que je l'aiderai. Je n'ai pas vraiment réfléchi sur tout ce qu'il venait de se passer… J'ai juste réagi par instinct… L'instant d'après, elle s'est effondrée sur le lit. J'ai cru que tu étais morte. Il se tut quelques secondes encore secoué par ce souvenir. Puis je t'ai entendu respirer doucement, tu dormais.
- Je crois que j'ai besoin de quelques secondes pour assimiler tout ça… J'ai beaucoup de choses à encaisser entre la rencontre de Poppers et vous… C'est waouh … Tentais-je d'expliquer entre deux respirations forcées pour me calmer.
- Je comprends m'assura Bertillon. J'ai essayé de faire de mon mieux pour t'aider mais je …
- Je sais, le coupais-je. Il faut que j'arrive à me faire une raison sur ce qui m'arrive c'est tout.
Ma folie semblait bizarrement logique maintenant que j'apprenais toute la vérité. Tout s'avéra pleins de sens : la confiance que je lui avais accordée, ma venue ici, son aide infini, sa protection, ces moments où il m'observait silencieusement attendant que la voix lui parle de plus bel.
J'ignorais s'il existait d'autres personnes dans mon cas. J'ignorais si c'était le destin qui avait placé Bertillon sur ma route et me guider jusqu'à Powell.
Je n'avais pas encore mes souvenirs mais je gagnais de l'espoir de les retrouver bientôt.
- Elle a continué à vous parler, c'est bien ça ? Repris-je avec espérance.
- Oui, quelque fois. Je voyais ton regard changé et je savais qu'elle était là. Elle me remerciait la plupart du temps et me répétait que tu n'étais pas encore prête à te rappeler. Que tu devais patienter encore un peu. Ces interventions ne duraient que quelques secondes alors tu ne t'en rendais pas compte...
- D'accord… Mais aujourd'hui quelqu'un m'a reconnu, repris-je en caressant la tasse vide.
- Oui… Je ne sais pas quoi te dire avoua Bertillon. Je ne sais pas ce qu'elle en pense …
- Elle est inquiète, révélais-je sans faire attention.
- Oh … Tu l'entends ? Me questionna Bertillon surpris.
- Quelques fois… Pas tout le temps. Elle se manifeste quand il y a un problème on va dire, expliquais-je maladroitement en repensant à toutes les fois où elle intervenait sans que je le veuille. C'est bizarre je sais…
- Hum… Je me suis un peu renseignée sur ce qui t'arrive, confia Bertillon. Je pense que tu as développé une sorte d'autre personnalité qui te protège en quelque sorte, tenta d'expliquer Bertillon incertain.
- C'était aussi ma théorie déclarais-je. Je ne sais pas ce qui s'est passée à Seattle… Peut-être avec les révélations que j'ai eu du docteur Poppers je vais enfin pouvoir comprendre tout ce bazar.
- Que comptes-tu faire ? M'interrogea Bertillon après un moment.
- Je dois me rendre à Forks et comprendre ce qui m'est arrivée. Je ne peux pas rester ici sachant d'où je viens maintenant. Même si elle n'est pas d'accord, elle n'a plus le choix dis-je avec conviction.
Après quelques recherches sur internet, je trouvais facilement la minuscule ville de Forks dans l'Etat de Washington. Elle comptabilisait 3 532 habitants : tout le monde devait se connaître dans une ville aussi petite, comparée à Las Vegas avec plus de 640 000 habitants.
Cette comparaison déclencha une nouvelle question : dans une ville aussi petite, une disparition devait sûrement faire la une des journaux locaux… Mais non, il n'y avait absolument rien.
Mei resta à mes côtés durant toutes mes explorations virtuelles. Je recherchais d'autres informations que je ne disposais pas sur l'ordinateur portable de Jiao tandis que Mei surfait sur le net avec son portable.
Il en ressorti que je n'avais ni Facebook, Instagram ou Twitter. Mei poussa ses recherches jusqu'à un éventuel blog mais je n'existais pas sur la toile, de même que pour Isabella Swan.
Je voyais bien que Mei était sceptique concernant mon manque de visibilité sur internet mais ne commenta pas comprenant l'urgence de la situation.
Je trouvais en revanche quelques informations sur Charlie Swan, le Sherif chez qui je vivais. C'était un homme dans la quarantaine, avec une épaisse moustache et air sérieux constant sur le visage Je ne ressentis aucune animosité en regardant une des photos où il apparaissait en uniforme. La voix resta muette et je vis cela comme un bon signe
Mei essaya de me convaincre d'appeler le bureau du Sherif mais je l'en dissuadais, ayant encore en mémoire la phrase que la voix avait répété à Bertillon. Si j'étais réellement en danger alors je préférais me faire discrète jusqu'à avoir le dénouement de toute cette histoire.
Je finis par acheter un billet d'avion sous l'insistance de Bertillon voyant que je n'arrivais toujours pas à me décider. Carlos se proposa pour m'accompagner mais je refusais. Je ressentais le besoin d'y aller seule.
L'aéroport le plus proche se situait dans la ville de Port Angeles, à environ 1h de Forks. Je louais par la même occasion une voiture pour pouvoir faire le trajet entre les deux villes. Je partais dans 2 jours.
Ces deux derniers jours à Las Vegas fut comme une grande fête interminable. L'équipe de la loge et du club voulurent s'assurer que je garde de nouveaux souvenirs avant mon départ. Du saut au parachute, au Roller Coaster dans l'hôtel New York, en passant par la tyrolienne qui reliait les deux hôtels les plus mythiques de Las Vegas, j'eu le droit à une multitude d'activités. Evidemment, nous respectâmes le passage obligatoire de tout habitant de Las vegas et profitâmes des machines à sous. Hélas, impossible pour moi de gagner.
Mei finit par me convaincre de me faire un tatouage. Je choisis le motif d'une petite guêpe à l'arrière de ma nuque en l'honneur de mon surnom « Wasp » pour mes exploits en boxe. Ce fut l'ultime souvenir de toutes mes aventures à Las Vegas. La douleur fut brève voire quasi-inexistante et je fus très satisfaite de voir la guêpe prendre place sur ma peau.
Mei essaya de négocier auprès de Jiao un tatouage mais celle-ci refusa.
La veille de mon départ, on fit un grand repas en mon honneur. On avait installé de grandes tables dans le gymnase. Le club ferma ses portes plus tôt que d'habitude : pour « raison exceptionnelle » expliquait un petit panneau à l'entrée. On commanda des pizzas et bu des bières tout en parlant de choses futiles. Je ne fis pas de discours larmoyant, ni de remerciements excessifs car ce n'était pas nécessaire. Ce départ n'était pas un adieu.
Je pris vraiment conscience de la chance que j'avais eu de les connaître et d'avoir pu vivre à leurs côtés sans que personne ne me juge ou ne me pose de question. C'était ça Las Vegas : on vivait au jour le jour sans se prendre la tête.
Ces deux derniers jours furent à la fois très longs mais aussi très court. Si j'étais impatiente de débarquer à Forks et de retrouver mes souvenirs, je prenais conscience de ce que j'avais gagné en ayant perdue mes souvenirs. La psy à Denver aurait été fière que je trouve enfin quelque chose de positif dans ce qui m'arrivait.
Tout le monde m'accompagna à l'aéroport et je promis à Bertillon qu'au moindres problèmes je l'appellerai. Il me rappela encore une fois que je pouvais revenir si je n'avais pas de réponses à mes questions, je pouvais revenir ici. La porte du club me restera toujours ouverte. Je fondis en larmes en embrassant une dernière fois chaque membre de cette joyeuse troupe. Mei me donna un paquet rectangulaire soigneusement emballé qu'elle me fit promettre d'ouvrir dans l'avion.
Une fois passé le contrôle à l'aéroport, je me retournai une dernière fois vers la joyeuse bande qui me saluai au loin. Les joues ruisselantes de larmes, je fis de grands signes tout en serrant contre moi le sac à dos refermant mes quelques possessions.
Pendant les deux heures de vols, je découvris avec joie le cadeau de Mei. Un album photo rempli et des petits mots drôles, touchant et affectueux de la part de mes amis. Je me sentais beaucoup moins seule d'un coup. Cela me permis de décompresser et d'éviter de faire une crise de panique dans l'avion.
Toutes mes angoisses ressortaient au fur et à mesure qu'on approchait de Port Angeles. Je ne savais pas si j'allais trouver toutes les réponses à mes questions mais j'espérais au moins trouver quelques pistes.
Une fois à Port Angeles, je pus goûter au déplaisir d'une chute de température d'au moins de 10°C. Je m'emmitouflai dans ma veste de moto, vissai ma casquette sur tête et enfilai des gants avant de me diriger jusqu'au petit stand de location de voiture. Le seul du petit aéroport finalement.
Après vérification de mes faux papiers, il me donna les clés d'un 4x4 noir contre une caution de 500$. J'avais loué le véhicule pour une semaine ne sachant pas encore combien de temps je comptais rester à Forks.
Je rentrai les coordonnées de la ville de Forks dans le GPS de la voiture et me mis en route sans attendre. Je me retenais de dépasser la limitation de vitesse, il ne manquait plus que je me fasse arrêté pour excès de vitesse.
Durant le vol, j'avais plus ou moins concocté un plan. Je comptais rouler dans les différents quartiers de Forks jusqu'à que je retrouve le porche de la maison dessiné sur mon carnet. Enfaite, c'était clairement la seule piste que je détenais.
Je me forçais à me focaliser uniquement sur la conduite mais mes pensées dérivaient sur Alistair. Je ne l'avais pas revu depuis la tempête de sable. Une autre piste qui n'avait pas abouti finalement. J'espère que, cette fois, j'allais avoir enfin des réponses.
Le panneau « Bienvenue à Forks » me mis une pression supplémentaire : j'avais l'impression de me rendre à mon exécution. Je ralentis fortement et m'éloigna de la seule route principale pour essayer la première rue à droite. Je dépassais des petits commerces et m'engageais dans un premier petit quartier de maison.
Je roulais tout doucement, zieutant à droite et à gauche chaque maison, essayant en vain de reconnaître le porche. Le carnet ouvert sur le siège passager, je comparais les maisons mais malheureusement, beaucoup se rassemblait. Les mêmes agencements ou couleur ne m'aidaient pas à trouver la bonne maison.
Quelques femmes qui faisaient leur sport à l'extérieur me dévisageaient avec insistance voyant que je m'arrêtais pratiquement à chaque maison. Je finis par quitter ce premier quartier craignant que l'une d'elles n'appellent la police par peur que je sois un cambrioleur ou pire…
Après deux autres quartiers à rôder à la recherche de la maison, je commençai sérieusement à avoir faim. Il était plus de 13h et ça faisait presque 3h que j'étais partie de Port Angeles. Je me préparai à faire demi-tour à la recherche d'un restaurant quand je cru apercevoir quelque chose de familier au bout de la rue.
J'ouvris le carnet à la page suivante, et là dessinée grossièrement, la vieille camionnette à plateau... J'accélérais avant de freiner brusquement devant la maison. Il y avait bien une vieille camionnette à plateau rouge garée juste devant le garage mais il y avait aussi une autre voiture noir beaucoup plus luxueuse et moderne aux vitres teintées.
Je me garai rapidement sur le trottoir d'en face, pris le carnet et descendis de la voiture : les dessins semblaient correspondre. Je m'avançais en trottinant jusqu'à la vieille boîte aux lettres, la peinture blanche s'écaillait par endroit pour révéler de la rouille mais il n'y avait aucun nom inscrit.
- Sans déconner… Le facteur, il retient les noms de tout le monde ou quoi ? maugréais-je à haute voix.
Je m'avançais jusqu'au pied des marches menant à l'entrée mais j'hésitais à aller toquer. Je ne savais pas si c'était vraiment la bonne adresse bien que j'étais un peu près certaine que c'était ici. Je n'arrivais pas à déterminer l'endroit était familier ou pas. Tout se bousculait dans ma tête. Je pris une grande inspiration avant de monter la première marche.
La porte d'entrée s'ouvrit soudainement avec force et je me retrouvais à quelques mètres de deux jeunes femmes en grande discussions suivi de près par un garçon à la peau hâlé et très musclé. Il ne portait qu'un short en jean et rien d'autre. Son visage était complètement fermé presque haineux en regardant l'une des filles, la plus petite au cheveux court.
Tous s'arrêtèrent en me voyant au pied des marches. Il dût se passer environ une seconde avant que l'une des filles, la plus grande aux cheveux bruns et longs ne se précipite sur moi .
- Erica ! Cria-t-elle en renfermant ces bras autour de moi.
Elle s'accrocha à moi comme à une bouée de sauvetage. Elle me serrait aussi fort qu'elle pouvait avant d'exploser en larmes.
- Mon dieu, tu es là ! Tu es vraiment là ! Ne cessa-t-elle de répéter sans s'arrêter de pleurer.
Je refermais mes bras sur elle avec quelques secondes de retard encore un peu sonnée par cet accueil plus que chaleureux. Jamais je ne m'étais imaginée que ça se déroulerai de cette manière même dans mes rêves les plus fous. Et malgré moi, je pleurais à mon tour. J'étais enfin rentrée chez moi. Tout ira bien à partir de maintenant.
- Je… Je croyais… Je ne t'ai pas vu… Je ne comprends murmura la deuxième femme déboussolée. Elle secoua la tête complètement perdue avant de m'offrir un sourire rayonnant de joie. Je suis si heureuse de te revoir Erica conclu-t-elle en descendant rapidement les marches pour nous rejoindre.
Elle semblait presque glisser sur les marches tellement elle se déplaçait avec grâce.
Elle était magnifique, une peau parfaite, un nez aquilin et une voix surréaliste. La première femme se détacha de moi et la seconde me fis une accolade rapide. Elle me surprit par sa force. J'eu l'impression d'être compressée contre un mur de glace.
- Je suis désolée mais on doit se mettre en route ! Continua la femme à la voix parfaite. Allez en voiture ! On parlera sur le chemin. Tu as un passeport ? Me demanda-t-elle rapidement avec gravité
- Euh…. Ah oui... J'en ai un mais …
- Parfait ! Allons-y ! Edward est en danger, nous devons nous rendre en Italie pour empêcher les Volturi de l'exécuter, annonça-t-elle avec en force en se dirigeant vers la voiture luxueuse tandis que la deuxième parlait avec le garçon à moitié nu.
Je finis par détourner mon regard de son corps après avoir enregistrer ce que la femme me racontait.
- En Italie ? Répétais-je complètement hébétée.
C'était officiel, ma vie était une vaste blague.
à suivre...
Alors ! Qu'en pensez-vous ?
