TRADUCTION de Begin again with the smallest numbers de summerstorm
L'histoire originale est disponible sur ao3 (Archive Of Our Own)
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Pairing : Mary Crawley/Anna Smith
Résumé : « Vous n'avez pas besoin d'un dandy étranger en qui vous ne pouvez avoir confiance, » déclara doucement Anna. « Vous m'avez moi. »
Begin again with the smallest numbers
Anna était particulièrement attentionnée avec les cheveux de Mary ce soir-là, défaisant les petits nœuds de ses doigts habiles malgré une certaine agitation dont la brune ne pouvait que se sentir coupable. Anna ne partageait aucun tort dans la situation de Mary elle avait aidé Mary quand celle-ci lui avait demandé, c'était tout, et elle n'avait aucune raison de se sentir gênée ou coupable à ce sujet. Elle n'avait rien fait de mal – ce n'était pas dans son lit que quelqu'un avait poussé son dernier soupir.
Une fois les cheveux de Mary libérés de tout ce qui ne devait pas s'y trouver, Anna glissa ses doigts entre les mèches brunes une fois, puis deux, massant doucement le crane de cette dernière. Il y avait une certaine absence dans les gestes d'Anna, comme si cette dernière était ailleurs ou pensait totalement à autre chose.
« J'ai terminé, » annonça Anna, reculant pour laisser Mary se lever. La brune fit le tour de sa chaise et resta de dos comme elle le faisait chaque soir pour qu'Anna puisse défaire les liens et attaches de la quelconque nouvelle robe compliquée que Mary avait choisi de porter pour diner.
Il fallut quelques secondes à Mary pour réaliser qu'Anna n'avait encore fait aucun geste pour lui retirer sa robe et encore quelques-unes avant qu'elle ne se rende compte qu'Anna n'avait pas arrêté de la toucher quand elle s'était levée. Il y avait des mains sur ses épaules, effleurant sans serrer les doigts d'Anna, chaud et délicat, hésitaient au niveau de sa clavicule. Cela faisait frissonner Mary – un frisson très localisé.
Mary grogna silencieusement et roula ses épaules dans les mains de la blonde.
« Lady Crawley, » chuchota nerveusement Anna alors que Mary se retournait.
« Qui a-t-il ? »
Anna ouvrit la bouche pour parler mais aucun mot n'en sortit. Elle n'avait pas retiré ses mains – l'une d'elle avait glissé jusqu'au bras de Mary alors que l'autre repoussait nonchalamment une mèche de cheveux bruns. Après cela, son poignet se posa sur l'épaule de Mary et le bout de ses doigts caressèrent le cou de la brune. Anna regardait ses doigts, pas pour observer ce qu'elle faisait mais comme si elle n'osait pas faire face à Mary.
« Mary, » chuchota Anna comme si elle pensait qu'elle n'aurait pas dû s'adresser à la brune en tant que Lady Crawley plus tôt. Mary aurait aimé que la blonde sache que ça n'avait aucune importance, pas entre elles, et elle était sur le point de le lui dire mais le regard d'Anna était, étrangement, fixé sur ses lèvres maintenant et, soudainement, la bouche de Mary s'assécha. Elle humidifia sa lèvre inférieure et Anna mordit la sienne, la blonde baissa un instant le regard avant de croiser celui de Mary.
La brune inclina la tête, très légèrement, comme pour poser une question. Elle n'était pas sûre que sa question soit claire, étant donné qu'elle-même avait des doutes quant à ce qu'elle demandait. Cependant, aucune réponse ne vint. A la place Anna se hissa sur la pointe de ses pieds, ses doigts glissant derrière le cou de Mary et, doucement, calmement, elle pressa un chaste baiser sur les lèvres de Mary.
Leurs lèvres s'effleurèrent à peine avant qu'Anna ne recule. Mary était heureuse de voir un léger rougissement sur les joues de la blonde mais aucune panique dans ses yeux, même si cela n'apaisait en rien sa confusion. « Vous n'avez pas besoin d'un dandy étranger en qui vous ne pouvez avoir confiance, » déclara doucement Anna. « Vous m'avez moi. »
« Oh, » répondit Mary. Anna retira ses mains des épaules de Mary mais cette dernière attrapa l'un de ses poignets et le pressa contre sa poitrine. « Ce n'est pas le devoir d'une servante, » dit-elle doucement mais clairement.
Anna récupéra sa main. « Je sais, mademoiselle. C'était égoïste de ma part de vous demander cela. »
« Bien sûr que non, Anna, » répondit Mary. « Ce n'est pas ce que je veux dire. »
« Si, » répliqua Anna alors qu'elle secouait imperceptiblement la tête, comme si elle n'y croyait pas elle-même, comme si elle attendait qu'on lui assure que les mots de Mary étaient vrais.
« Anna, » dit doucement Mary, attrapant à nouveau le poignet de la blonde et le levant entre elles. Le poids de ce dernier le fit glisser entre les doigts de la brune et, juste comme ça, c'était la main d'Anna que Mary tenait dans la sienne, solidement et légèrement moite. « Anna, si vous faite cela pour moi – si vous le voulez vraiment – vous ne pouvez pas penser à moi comme quelqu'un que vous servez. Ce ne serait pas correct. »
Le regard d'Anna rencontra alors celui de Mary, la curiosité claire dans ses yeux. La blonde pressa ses lèvres l'une contre l'autre avec réticence. Mary pouvait voir et comprendre l'envie qu'elle avait de fuir ce qu'elle avait commencé, mais elle souhaitait surtout qu'Anna ait plus confiance en elle, plus confiance en Mary. Il n'y avait rien que la blonde puisse faire qui ferait que Mary lui tournerait le dos et la brune aurait aimé qu'il y ait quelque chose qu'elle puisse faire pour l'en convaincre.
Mais finalement, après ce qui sembla être une éternité, Anna hocha la tête. « Je ne le ferai pas. » Elle toussa et ajouta. « Laissez-moi vous aider à enlever votre robe. »
« Bien sûr, » répondit Mary en se tournant à nouveau. Les mains d'Anna défirent rapidement les lacets dans son dos mais s'attardèrent sur la peau qui venait d'être dévoilée, ses mains caressant les bras de Mary alors qu'elle faisait descendre ses brettelles. Elle fut aussi attentionnée que d'habitude quand elle rangea la robe, ne revenant vers Mary qu'après l'avoir pendue délicatement dans le placard.
A quelques pas de la brune, cependant, Anna s'arrêta et laissa son regard glisser sur Mary, elle se mordit la lèvre à nouveau alors que ses yeux se perdait dans le vide. Elle cligna rapidement des yeux pour revenir à elle et continua d'avancer, tendant les mains vers la ceinture de la chemisette de la brune. Mary s'attendait à ce qu'elle lui enlève rapidement, comme d'habitude, mais les mains d'Anna ne furent pas aussi rapides cette fois-ci elles restèrent immobiles sur les hanches de Mary, comme si Anna n'avait pas encore décidé quoi faire ou si elle devait faire quoique ce soit.
« Je tiens à vous, Anna, » chuchota doucement Mary. Elle n'avait pas l'habitude de ce genre de confession. « Rien ne changera cela. »
Anna déglutit en levant les yeux vers Mary. « Moi aussi mademoiselle- »
« Pas ici, » interrompit la brune en posant ses doigts sur les lèvres d'Anna. « Ici, je suis Mary. » La blonde cligna doucement des yeux et embrassa les doigts de Mary avant que cette dernière ne les retire.
« D'accord, » répondit Anna et retourna à sa contemplation de la chemisette de la brune. Mary lui laissa du temps elle se doutait que cela devait être plus dur pour Anna que pour elle, étant donné leur différence de position. « D'accord, » marmonna à nouveau Anna, son regard remontant le long du corps de Mary et ses mains se resserrant autour de sa taille. Elle fit un autre pas vers la brune, se retrouvant pratiquement pressée contre Mary, et cette dernière fut surprise, premièrement, d'à quel point elle trouva cela rassurant et réconfortant et, deuxièmement, par le frisson d'excitation qui la parcourue quand les pousses d'Anna caressèrent ses flancs, puis quand les paumes de cette dernière se posèrent sous sa poitrine. Il y avait encore une couche de tissus entre les mains de la blonde et sa peau mais cela ne changeait rien à ce qu'elle ressentait.
Mary inspira rapidement et Anna l'embrassa. Cette fois, le baiser ne fut ni chaste ou bref, il y avait une pointe de courage dans son baiser et Mary lui facilita la tache autant que possible. Elle posa sa main à l'arrière du cou d'Anna et la serra contre elle alors qu'elle entrouvrait ses lèvres pour approfondir le baiser. Quand elle s'écarta, Anna rougissait, de ses joues jusqu'à son cou.
« Nous ne pouvons pas aller plus loin si vous gardez tous vos vêtements, » déclara Mary et la blonde rougit de plus belle. La brune s'écarta, appréciant la façon dont les mains d'Anna la suivirent, s'accrochant à elle avant de la relâcher et tomber le long de son corps. « Je vous ai toujours vu me déshabiller. J'aimerais vous voir vous déshabiller. »
Anna cligna longuement des yeux et répondit, « Comme vous le souhaitez, mademoiselle, » une pointe de gaieté dans sa voix qui fit sourire Mary et tendre la main vers sa ceinture.
Fin
