Tout d'abord, je remercie vivement Lyra Verin pour son rôle de Bêta. Grâce à ses encouragements, je publie cette petite histoire...

ATTENTION : le rating M est justifié, cette histoire contiendra un lemon.

J'espère que vous aimerez...
Bonne lecture.


Chapitre 1


Hermione Granger, vingt-cinq ans, pouvait être fière de son parcours.

Née-moldu, elle s'était parfaitement intégrée au monde magique. Elle s'était retrouvée au coeur de la guerre, de par son amitié avec Harry Potter. Cependant, ça ne l'avait pas effrayée. Elle avait lutté aux côtés de ses amis, sans jamais douter ou faiblir.

Ils avaient traversé bien des épreuves tous les trois, et ils avaient formé un trio inséparable. Si elle avait toujours vu Harry comme un frère, sans qu'il y ait la moindre ambiguïté entre eux, ça avait été tout de suite différent avec Ron.
Ils s'étaient disputés, souvent. Il l'avait rendue folle, jusqu'à ce qu'elle prenne conscience que quelque part au cours du temps, elle était tombée amoureuse de cet idiot trop attachant.

Ils avaient eu du mal à s'avouer leurs sentiments, probablement parce qu'ils avaient peur de perdre leur amitié. Et puis, lors de la bataille de Poudlard, alors qu'ils ne pensaient pas survivre, ils avaient fini par se déclarer et s'embrasser.

Tous les deux avaient eu une relation tumultueuse, passionnelle. Ils se disputaient, se réconciliaient. Hermione avait choisi de retourner à Poudlard terminer ses études - elle se refusait à ne pas avoir ses ASPIC - alors que les deux garçons avaient accepté l'offre du Ministère et étaient directement devenus Aurors après une formation éclair.

Malgré l'éloignement, sa relation avec Ron avait tenu. C'était probablement l'époque où elle avait pensé que peut être, ils vieilliraient ensemble. Ils avaient vingt ans, et l'avenir leur tendait les bras.

Après Poudlard, Hermione s'était tournée vers la politique. Elle était une idéaliste après tout, et elle était fermement décidée à changer les choses. Elle avait grandi depuis son combat acharné à libérer les elfes de maison, et bien qu'elle ait compris que les petites créatures avaient besoin d'être liées à un sorcier, elle n'abandonnait pas l'idée d'améliorer leurs conditions de vie.

Elle savait parfaitement qu'en tant que née-moldue, elle avait peu de chances de pouvoir prendre part à la vie politique de son monde d'adoption. La politique sorcière était ancrée dans des siècles de traditions, et seuls les Sang-Pur avaient accès aux plus hautes sphères du pouvoir, grâce à leur siège au Magenmagot.
Cependant, la guerre avait tout changé. Son rôle majeur aux côtés de Harry lui avait ouvert des portes et elle serait stupide de ne pas en profiter.

Hermione avait appris. Jour après jour, elle avait oeuvré pour atteindre ses objectifs, pour réaliser ses rêves.

Quelque part en chemin, sa relation avec Ron avait vacillé. Ils avaient des métiers prenants tous les deux, et l'un comme l'autre étaient particulièrement têtu. Hermione avait compris qu'elle devrait rapidement faire un choix entre son couple et sa carrière.
Après une longue nuit à réfléchir, un week-end à pleurer dans les bras de Harry et une cuite mémorable avec ce dernier, elle avait choisi.

La séparation avait été étrangement facile. Les premiers mois, le célèbre trio de Poudlard était légèrement mal à l'aise, puis les choses étaient redevenues comme autrefois. Ils étaient amis après tout, en premier lieu. Ils avaient tellement traversé de choses qu'ils ne pouvaient pas s'ignorer.

Désormais, Hermione avait retrouvé ses deux complices d'enfance, et même si parfois leurs regards s'accrochaient avec Ron, ils savaient qu'ils ne pourraient pas reformer un couple.
Ainsi donc, ils passaient leurs week-ends ensemble, se racontant leurs semaines, désespérant d'être toujours célibataires. Harry avait également rompu avec Ginny, après une énième dispute. Le brun n'en parlait pas mais Hermione avait noté qu'il ne semblait pas vraiment perturbé…

Les premiers mois au Ministère, elle avait détesté voir les portes s'ouvrir devant elle à cause de son amitié avec Harry. Elle s'en était offusquée pendant un de leurs week-end, et ce fut Ron qui se montra le plus pragmatique.
- Profites-en pour atteindre tes objectifs.

La semaine suivante, Hermione avait appliqué le conseil du rouquin. Hors de question de perdre l'occasion de changer les choses pour une stupide question de fierté. Elle avait donc profité de sa célébrité, de sa proximité avec Harry pour atteindre des postes qu'elle n'aurait jamais pu imaginer avoir. Jusqu'à ce hisser au grade envié de Directrice de la justice magique.

C'était une position de pouvoir, épuisante mais stimulante et Hermione s'y épanouissait. Elle découvrait les lois magiques en détail, et elle avait la possibilité d'influer sur leur vote ou leur abrogation. Elle pouvait empêcher les discriminations comme elle en avait toujours rêvé…

La première fois qu'elle se retrouva face au Magenmagot, seule, elle avait été malade d'angoisse. Elle avait fait des cauchemars la nuit d'avant, imaginant le pire. Et lorsqu'elle s'était levée, devant tous ces nobles sangs-purs, qui la fixaient, elle, petite née moldue, elle avait cru qu'elle allait être incapable de parler. Qu'elle allait juste vomir devant eux, prouver que comme le disait la rumeur elle n'était là que par le jeu de ses relations.

La gorge nouée par l'appréhension, ses cheveux soigneusement tirés en un chignon strict et sage, elle avait lissé sa jupe de tailleur d'une main nerveuse, et elle avait avancé jusqu'à la tribune, l'air assuré malgré ses escarpins un peu trop hauts.
Essayant de ne pas se mordiller la lèvre et de ne pas montrer sa peur, tenant fermement son dossier contenant son discours malgré ses mains tremblantes, elle avait laissé son regard parcourir l'assemblée.

Son regard s'était arrêté brusquement, en croisant deux yeux acier qu'elle connaissait. Le regard qui la dévisageait était narquois, comme autrefois, et quelque chose se réveilla en elle. Sa bonne vieille combativité, son envie de lui clouer le bec peut être. Elle ne pouvait pas échouer devant Drago Malefoy.

Elle inclina légèrement la tête, le regard pétillant de malice, comme pour saluer un ancien camarade, mais c'était plus une façon de répondre à son défi. Une façon de lui montrer que quoi qu'il arrive, elle était toujours là, sur son chemin.
Sans quitter des yeux Malefoy, elle ouvrit la bouche et commença à parler.

Pas une seule fois elle n'eut à jeter un regard sur ses feuilles, toujours enfermée dans le mince dossier de carton. Sa voix était claire, autoritaire et elle portait dans la salle, s'assurant l'attention de tous.
Lorsqu'elle eut terminé, elle sourit, victorieuse et retourna à sa place, tête haute. Les applaudissement enthousiastes la surprirent presque et elle rougit légèrement en se rendant compte de ce qui venait de se passer.