Chapitre 15


Harry fixait Hermione depuis quelques secondes. Puis, il finit par soupirer.
- Allons. Et qu'a fait le grand vilain serpent pour te mettre dans cet état ? Tu ne voulais pas de son baiser ?

Hermione rougit une fois de plus et elle roula des yeux.
- Non ! Enfin Si ! Je veux dire j'étais consentante, il ne m'a pas forcé si c'est ça ta question.
- Donc. Tu as aimé le baiser et tu étais parfaitement d'accord.

Bien qu'elle se considère comme une femme raisonnable et mesurée, Hermione avait envie de hurler de frustration face à son ami qui ne semblait pas comprendre son problème. Finalement elle grogna.
- C'est Malefoy ! Ça devrait répondre à ta question sur ce qui ne va pas non ?

Étrangement, à sa réflexion stupide, il n'y eut aucune trace d'amusement chez son ami. Il se rembrunit et se redressa, les sourcils froncés, avant de répliquer froidement.
- Justement, je ne vois pas quel est le problème avec lui ! Nous ne sommes plus à Poudlard il me semble…

Hermione eut un rire nerveux, plein de souffrance.
- Il y a qu'il s'est foutu de moi ! Ça te va ? Il s'est moqué de moi et j'ai stupidement foncé comme une idiote dans ses bras, sans me rendre compte… Sans même me méfier ! Je lui ai fait confiance !

Des larmes brûlantes coulaient sur ses joues, alors qu'elle crachait son mal être à son ami statufié. Ce dernier soupira, et il se leva pour l'attirer contre lui et la consoler.

La jeune femme se reprit rapidement et se détacha de lui, essuyant ses yeux rageusement.
Elle savait que Harry ne se contenterait pas du peu qu'elle avait avoué, aussi, elle se posta devant sa fenêtre, et profita de la vitre glaciale contre son front pour se reprendre. Tournant le dos à Harry, elle se décida à lui raconter de façon bien plus structurée les raisons de sa colère et de son émotion.

- Il… m'a envoyé des fleurs. Bien sûr au début, je ne savais pas que c'était lui. Mais… comme tu l'as dit, il y avait l'adresse du fleuriste et elle s'est fait un plaisir de m'indiquer qui avait acheté ces bouquets pour moi. Et puis, à peu près à la même époque, il a commencé à flirter avec moi. C'était assez discret au début mais… il a réussi à me… déstabiliser. Et puis j'ai découvert qu'il… qu'il était celui qui m'envoyait des fleurs, et il m'a demandé un rendez-vous. Professionnel. Enfin. C'était une demande totalement impersonnelle, et j'ai cru… j'ai été vexée. J'ai cru qu'il me baladait. Mais il m'a embrassé, et invitée à un dîner vendredi.

Harry soupira dans son dos.
- Tu es vexée qu'il ait envoyé un message neutre pour te voir en privé ? Peut-être qu'il ne voulait pas risquer vos réputations respectives ?

La jeune femme haussa les épaules et grogna vaguement.
- C'était peut être la raison. Ou non. Je m'en moque. Ce n'est pas ça le fond du problème, je serais stupide de me préoccuper d'un vague message.
- Pourtant, tu as pris la peine de me le mentionner et de préciser que tu avais été vexée !

Hermione se retourna brusquement et lui lança un regard noir alors qu'il était installé dans son siège, attentif à ses mots.
- Parce que j'ai réellement… peu importe ! Je lui ai renvoyé un rendez-vous sur le même ton. Affaire réglée.

Harry roula des yeux mais jugea plus sage de ne pas commenter plus. Hermione était à fleur de peau et il n'aimerait définitivement pas être la cible de sa fureur.
- Il est venu, et il m'a embrassé. J'ai… bon sang j'ai totalement perdu la tête, je l'ai laissé faire et si Marlène n'avait pas frappé à la porte pour nous interrompre…

Harry eut un rire nerveux et leva la main.
- Trop d'informations. Savoir que vous vous êtes embrassés me suffit, je n'ai pas envie de t'imaginer mettre la main dans son pantalon, ok ?

La jeune femme prit une teinte écrevisse et haussa les épaules nerveusement, mais elle se détendit légèrement à la plaisanterie stupide de Harry.
- Idiot.
- Si tu le dis… Bien. Jusqu'à présent je ne vois pas le moindre problème.

Hermione baissa la tête.
- Je disais que Marlène avait interrompu ce moment et… Et c'était parce que Kingsley pouvait me voir. Ce foutu serpent m'a invité à dîner, et il est reparti. Et Kingsley m'a appris que j'étais chargée d'étudier la demande de libération de Lucius Malefoy.

Harry haussa un sourcil, attendant visiblement plus de détails. Elle croisa les bras sur sa poitrine, agacée.
- Hermione, je ne vois pas le problème…

Elle éclata d'un rire grinçant.
- Il me drague pile au moment où son père pourrait être libéré. Il a du penser que si j'étais… sous l'emprise de mes hormones il pourrait me manipuler à sa guise !

Il y eut un long moment de silence puis Harry éclata de rire. Un rire amusé et sincère, bien loin de la réaction qu'elle avait attendu de sa part.
Elle le laissa se calmer sans un mot, furieuse, prête à lui hurler dessus. Cependant, Harry secoua la tête.
- Oh par pitié. Tu y crois réellement ? Je parie que tu t'es rendue malade en imaginant le pire !

Elle s'empourpra légèrement mais renifla.
- Nous savons tous les deux que nous pourrions faire n'importe quoi pour ceux que nous aimons. Alors nos parents… Si nous ne les avions pas perdu…

Harry soupira et l'attira à lui, jusqu'à la faire asseoir sur ses genoux pour qu'elle se blottisse contre lui.
- Miss Granger, tu es peut être une sorcière à l'intelligence redoutable mais tu es fichtrement mauvaise en ce qui concerne les relations humaines. Crois-moi, Drago Malefoy n'a pas préparé de sombre complot pour te piéger ou t'humilier. J'ai l'impression que tu n'arrives pas à croire qu'il puisse réellement s'intéresser à toi !

Sans bouger de l'étreinte réconfortante de son presque-frère, elle grogna.
- C'est lui qui me traitait de sang-de-bourbe je te rappelle !
- Et c'est toi qui a essayé de me remettre en couple avec Ginny sous prétexte que nos disputes et insultes pouvaient cacher de l'amour ! Même Ron n'était pas convaincu sur ce coup là ! Tu te souviens de ce que tu disais ? Les petits garçons qui tirent les couettes des petites filles pour obtenir de l'attention ?