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Chapitre 10

Un rayon de soleil filtrant a travers les stores du camping car vint tirer Daryl du sommeil. Gêné, il grogna et se tourna sur le côté pour échapper a la lumière. Se faisant, sa main rencontra quelque de chaud sous la couverture. Il ouvrit un œil et tomba sur le visage endormi de Théa, les cheveux étalés sur l'oreiller. Il retira sa main de son bras mais ne put détacher son regard, profitant qu'elle était profondément endormie pour la détailler.
Il suivit la ligne de son nez fin, constellé de taches de rousseurs qui ressortaient sous la lumière du petit matin. Les petites taches couraient sous le regard qu'il savait vert derrière les paupières clauses. Les joues pleines bien que trop pâles qui se creusaient de fossettes quand elle souriait. La bouche entrouverte laissait passer un souffle régulier entre ses lèvres roses. Le visage encadré de ses longs cheveux noirs qui embaumaient l'air d'une douce odeur de vanille. Il se demanda encore une fois comment il était possible qu'elle sente si bon alors que la veille encore ils avaient pataugé dans la rivière et la crasse. Il ne s'attarda pas sur la question, trop absorbé dans la contemplation de l'amazone. Son nez se fronça, chatouillé par une mèche de cheveux qui s'était égaré sur son visage. Il leva une main et écarta doucement le mèche rebelle. Ses doigts frôlèrent la peau douce et elle s'agita dans son sommeil. Il s'immobilisa après avoir retiré sa main. Mais elle se contenta de se tourner sur le côté sans ouvrir les yeux, lui tournant le dos. Dans son mouvement, la couverture glissa et son débardeur remonta dans son dos, dévoilant une peau bronzée. Daryl fronça les sourcils et approcha a nouveau sa main. Il écarta les cheveux et découvrit une marque blanchâtre qui jurait avec le teint mat de son dos. La marque prenait naissance dans le creux des reins pour remonter sous le t-shirt de la jeune femme. Une marque qui semblait horriblement familier au chasseur.

Soudainement de mauvaise humeur, il se leva en douceur du lit sans la réveiller et sortit a l'extérieur après un dernier regard sur la jeune femme endormie.

Comme promis, il improvisa un message qu'il tagua sur le parebrise d'une voiture pour Sophia, se demandant vaguement pourquoi Dale avait trouvé utile d'emmener une bombe de peinture avec lui quand l'épidémie avait commencé. Il déposa également une généreuse quantité de vivre sur le capot de la voiture, au cas ou. Carol l'avait regardé faire sans rien dire mais de la reconnaissance plein les yeux derrière l'inquiétude grandissante. Sa fille allait passer un troisième jour seule dans la forêt et elle ne savait plus a quel saint se vouer mais elle semblait si reconnaissante envers le chasseur qui faisait tout ce qu'il pouvait pour la retrouver.

Décidant de laisser Théa dormir le plus longtemps possible, Daryl s'occupa de Pilpao ce matin la. Il grimpa dans le camion où le cheval avait passé la nuit et lui servit une généreuse quantité de granulé et lui remplis son seau d'eau fraiche qu'il avait été cherché a la rivière. Puis il s'attela a la tache de le brosser, allant jusqu'à démêler les longs crins argentés. Pilpao apprécia la séance et s'appuya contre la brosse que Daryl faisait passer sur son dos.

- T'aime ça, hein ? Dit il.

Il posa la brosse et gratta le garrot directement avec ses doigts. L'étalon tendis l'encolure et alla a son tour gratter délicatement du bout de la lèvre la hanche de son compagnon.

- Tu sais, dit une voix dans son dos. C'est vraiment surprenant qu'il t'aime autant.

Il se retourna et découvrit l'amazone appuyée sur le bas flanc et qui l'observait avec un sourire.

- Ça fait longtemps que tu es là ? Lui demanda t il.

- Suffisamment, répondit elle en s'avançant vers la tête de l'étalon qui accueillit sa cavalière avec un petit hennissement.

Il colla sa tête contre elle pour qu'elle le gratte entre les oreilles.

- Pourquoi c'est surprenant ? Demanda t il, curieux.

- Parce que d'habitude il ne laisse personne s'approcher de lui a part moi. Depuis tout petit je me suis occupé de lui, je lui ai donné le biberon a la mort de sa mère quelques jours après sa naissance. Je l'ai dressé, aimé. Mais il n'a jamais laissé personne d'autre s'occuper de lui et encore moins le monter. Sauf les enfants, vas savoir pourquoi, il adore les petits humains. Je n'ai jamais su pourquoi, ça arrive avec les chevaux. Alors ça m'étonne qu'il te laisse faire.

- C'est pour ça que tu me fais confiance ?

- C'est une des raisons. Tu sais je crois que les animaux ont un meilleur instinct que nous pour deviner la nature des autres. C'est peut être pour ça qu'il aime les enfants, ils sont innocents. Alors, si il t'a laissé le monter le jour ou s'est rencontré, c'est que tu es quelqu'un de bien. Ça j'en suis sure depuis le début, tu n'as fait que me le prouver par la suite.

Il la regarda câliner son cheval comme une peluche, amusé de voir le puissant cheval de 450 kilos devenir aussi doux qu'un agneau. Il plongeait franchement son regard dans celui de sa cavalière. Il y avait quelque chose entre ces deux la, se dit il. Leur complicité transpirait la confiance. Pourtant, il ne se considérait pas comme quelqu'un de bien. Il n'avait jamais rien fait de bien dans sa vie. Et puis l'apocalypse leur était tombée sur le coin de la gueule. Mais même au début de l'épidémie, avec son frère il s'était contenté de s'enfuir vers les montagnes, passant devant des dizaines de personnes qui se faisaient dévorés vivants. Ils avaient fuit les hurlements, la terreur et la mort sans un regard en arrière, sans lever le petit doigt pour aider ces gens, ces enfants. Quand il y repensait, la première fois qu'il avait fait quelque chose pour quelqu'un d'autre que lui même, c'était le jour ou il était tombé sur cette drôle de fille a la chasse. Le jour ou il l'avait sauvéeA et ramenée a son campement, qu'il avait partagé sa nourriture et ses clopes avec elle.

Inconsciente des tourments et des questions qui s'entremêlaient dans l'esprit de son ami, Théa farfouilla dans le coffre du camion et en sortit un petit sac en toile. Elle l'ouvrit et sortit une brosse a cheveux, des élastiques et un petit flacon. Elle ramena ses cheveux sur son épaule et vaporisa un peu du contenu du flacon sur ses mèches noires. L'air s'embauma de vanille et Daryl découvrit enfin le secret de Théa pour que ses cheveux sentent si bon.

- Fichus cheveux ! Râla t elle en tirant sur les nœuds avec sa brosse. Je vais les couper, a quoi ça sert de les garder longs en pleine apocalypse ? C'est pas comme si j'avais encore des spectacles a présenter. Et j'aurais bientôt plus de démêlant !

- Non ! s'écria Daryl.

Théa tourna des yeux surpris vers lui, étonnée de son ton.

- Enfin je veux dire, continua t il. Non, ne les coupe pas, ça... Ça te vas bien...

" Mais qu'est ce que tu raconte ?! Depuis quand tu fais dans la guimauve ?! Casse toi avant qu'elle ne te prenne pour un débile profond ! "

Il fit demi tour et sortit du camion sous les yeux ébahis de Théa.

Elle ne comprit pas non plus pourquoi il ne lui adressa plus la parole de toute la matinée. Au départ pour la ferme des Green, Daryl descendit la moto de son frère du camion et l'enfourcha. Il prit la tête de leur convoi et s'engagea sur la route. Perplexe, Théa ne dit rien et ne chercha pas non plus a engager la conversation avec Daryl. Si il ne voulait pas lui parler elle n'allait quand même pas le supplier ! Mais elle se demandait bien pourquoi... Ce qu'il lui avait dit dans le camion ce matin ressemblait pourtant a un compliment, non ? Alors pourquoi lui ferait il la tête ? Lui en voulait il de l'avoir fait tomber dans l'eau cette nuit ? Elle ne comprenait pas, ni pourquoi il ne la regardait même plus ni pourquoi cela l'ennuyait autant !

Plongée dans ses pensées, elle suivait sans faire attention le camping car au volant de son camion. Elle entra dans les terres des Green sans s'en rendre compte et fut surprise de découvrir une grande maison devant elle quand le camping car se gara sous une rangée d'arbres. Elle l'imita et descendit, regardant tout autour d'elle. Une grande maison qui avait l'air confortable occupait le centre d'un immense espace verdoyant. Une petite écurie, une grange, des enclos et du bétail. Le domaine n'était clôturé qu'avec de simples barrières de bois mais cela suffirait a arrêter un ou deux rôdeurs qui pourraient s'aventurer dans le coin.

Sur le perron de la maison les attendaient tout un groupe de personnes. Rick, Lori, Glenn, T-Dog, Andréa et Shane s'avancèrent vers eux. Théa observa ceux restés devant la maison. Il y avait un vieil homme qui les regardait d'un air méfiant, pas franchement ravi de voir toute une troupe de gens débarquer sur sa pelouse. Il y avait aussi deux jeunes filles, une blonde et une brune. La blonde semblait très jeune, encore une ado, elle les regardait avec curiosité. La brune ressemblait beaucoup au vieil homme et avait le même regard dur. Théa reconnu l'inconnue qui avait débarqué a cheval pour emmener Lori dans la forêt. Il y avait aussi un jeune homme, pas beaucoup plus vieux que la blonde. Et une femme d'un certain age, très mince, mais qui semblait indifférente a leur venue, le regard un peu perdu.

Rick arriva a leur hauteur, il était blanc comme un linge, les traits marqués par l'inquiétude et la peur.

- Comment va Carl ? Demanda Dale.

- Il va s'en tirer, souffla Lori.

- Que s'est il passé ?

- Un accident de chasse, répondit Rick. Un bête accident de chasse.

Il souriait mais semblait nerveux, il désigna les personnes derrière eux.

- C'est grâce a Herschel qu'il va bien, dit il. Et aussi a sa famille. Et puis Shane, ajouta t il en se tournant vers son ami, de la reconnaissance plein les yeux. Carl ne s'en serait pas tiré sans Shane.

Quelque chose sur Shane perturba Théa avant de comprendre que c'était sa coupe de cheveux. L'adjoint s'était rasé la tête et portait des vêtement beaucoup trop grands pour lui. Elle le vit rentrer sa tête dans ses épaules et détourner le regard quand Rick le remercia, visiblement très mal a l'aise. Elle vit que Daryl avait lui aussi remarqué la gêne de Shane car son regard ne quitta pas l'adjoint durant un bon moment.

Il y eu quelques effusions entre eux, certains se prirent dans les bras, se montrant leur soutient et leur soulagement. Effusions qu'évita habillement Daryl, bien que personne ne chercha vraiment a lui faire un câlin, ils tenaient trop a la vie pour ça ! Théa en revanche n'échappa pas aux bras de Lori qui l'emprisonna au moment ou l'amazone tentait de s'éclipser. Théa accepta le câlin mais ne fut a pas a l'aise, peu habituée a ce genre de démonstrations.

- Carl m'a demandé si tu allais bien, lui dit Lori. Il s'inquiétait pour toi.

- Moi aussi je m'inquiétais, répondit Théa. Comme nous tous. C'est un petit gars super.

- Il t'aime beaucoup aussi, ajouta Lori. Je suis contente de pouvoir lui dire que tu es arrivée a la ferme saine et sauve.

Rick fit les présentations avec la famille d'Herschel. La blonde et la brune étaient ses filles, Beth et Maggie. Patricia et Jimmy. Ils apprirent également que le responsable du coup de fusil qui avait blessé Carl était mort lors d'une expédition visant a récupérer du matériel pour opérer le petit garçon. Shane et lui avaient risqué leur vie pour sauver celle de Carl, malheureusement, seul Shane avait pu en réchapper.

Il furent tous invités a participer a une petite cérémonie en l'honneur d'Otis, mort en héros pour sauver Carl. Herschel récita un joli discours très élogieux que Daryl n'écouta pas. Son regard ne lâchait pas Shane qui se décomposait a mesure que la cérémonie s'éternisait. Et quand Patricia, la femme d'Otis, lui demanda de dire quelques mots, il ne réfréna que tout juste sa panique.

- S'il vous plais, insista Patricia. Vous avez partagé les derniers moments de sa vie. J'ai besoin de l'entendre. J'ai besoin de savoir qu'il n'est pas mort pour rien...

Shane se lança alors dans un long récit, expliquant les événements qui avaient mené au sauvetage de Carl mais a la mort d'Otis. Une belle histoire de sacrifice, ou un homme sauva la vie d'un autre au prix de la sienne pour une cause juste. Théa avait l'impression que l'adjoint en faisait un peu trop, malgré la peine que l'on entendais dans sa voix qui était bien réelle. Elle tourna le regard vers Daryl dont les yeux n'avait pas lâché Shane une seconde. Trouvait il lui aussi que quelque chose clochait dans son discours ? Shane termina son récit en remerciant Otis sans qui il ne serait pas là aujourd'hui et Carl non plus.


Herschel se révéla être un hôte plutôt accueillant bien que méfiant. Il les autorisa tout de même a s'installer sur ses terres a proximité de la maison et a l'ombre des arbres. En échange, les membres du groupe s'engagèrent a respecter certaines règles. Ne pas utiliser d'arme a feu chez lui en tout premier lieu. Rick accepta sans sourciller, négociant tout de même l'autorisation que Shane, Daryl et lui même restes armés au cas ou. Dale restera également armé comme sentinelle. Andréa protesta vivement quand Shane et Rick lui demandèrent de leur donner son arme. Argumentant que tous n'étaient pas logés a la même enseigne. En disant cela, elle désigna l'amazone dont l'épée était toujours fermement accrochée a sa taille. Cette dernière haussa un sourcil dans sa direction, défiant la blonde venir elle même lui retirer Excalibur des mains.

- Tu veux vraiment aller lui dire qu'elle doit nous donner son cure dent ? Dit Shane a Andréa. Moi j'irais pas.

- Elle te couperais la main juste pour avoir osé demander, ria Rick.

Andréa rendit les armes, littéralement, mais lança un regard colérique a Théa qui lui tira la langue quand elle eut le dos tourné. L'amazone vit même Rick lui faire un clin d'œil.

En début d'après midi, les recherches pour retrouver Sophia s'organisèrent. Maintenant qu'il avaient un point de chute, il sera plus facile d'être efficaces. Maggie leur fournie une carte de la région et Rick répartit les tâches.

- Non, pas vous Rick, intervint Herschel. Vous avez donné votre sang plusieurs fois pour votre fils. Par cette chaleur vous ne tiendrez pas le coup. Et vous Shane vous ne devriez pas forcer sur votre cheville blessée, dans le cas contraire vous risquez de vous handicaper pour des mois !

- Il ne reste plus que moi, dit Daryl en se penchant sur la carte. Je vais longer la rivière et commencer par là. Il y a tout un bras de la rivière qu'on a loupé. Si Sophia est allé par là alors nous étions a des kilomètres d'elle.

- Je vais venir avec toi, tenta Théa.

Elle voulait discuter avec lui, elle voulait comprendre les raisons pour lesquelles il se montrait soudainement si distant avec elle.

- Non, intervint sèchement le chasseur. Aides les autres a monter le camps, dit il sans la regarder. Pour le moment je vais juste faire un repérage.

- Tu es sur de pouvoir t'en sortir tout seul ? Demanda Rick.

- Je m'en suis toujours mieux sortit tout seul ! Dit il en levant finalement les yeux vers Théa.

Elle ne le montra pas, mais la jeune femme fut terriblement blessée par ses paroles. Indifférent, le chasseur balança son arbalète sur son épaule et s'éloigna. Le silence s'installa sur les personnes encore présent autour de la carte.

- Théa, commença Rick. Il ne le pensait pas...

Triste, Théa tourna les talons sans laisser le temps a Rick de finir sa phrase. Elle s'attela a la tache de monter les tentes avec Lori et Carol. Les deux femmes n'osèrent pas ouvrir la bouche tant le visage de l'amazone était fermé. Quand vint le tour de la petite tente de Daryl, Théa pris l'initiative d'aller la monter légèrement a l'écart du reste du camp, pensant que le chasseur apprécierait un peu de solitude. Il l'avait clairement fait comprendre un peu plus tôt après tout.

- Dites, intervint Dale. On va avoir besoin d'un coup de main...

Le vétéran les amenas près de l'un des puits présent sur les terres d'Herschel. Une odeur pestilentielle s'en échappait, ainsi que des grognements qui ne laissaient pas de place au doute quand a l'origine de la puanteur. Théa se pencha vers le fond du puits et découvrit le rôdeur le plus répugnant qu'elle avait vu jusqu'à maintenant.

- Ça fait combien de temps qu'il est là dedans ce con ?! Encore un peu et il va lui pousser des branchies et des écailles !

- On fait quoi ? Demanda T-Dog. On lui tire une balle dans la tête ?

- Non, répondit Shane. Si il n'a pas encore contaminé l'eau, lui tirer une balle dans la tête c'est le meilleur moyen de le faire.

- Donc il faut le sortir de là... Comment on fait ?

Glenn fut d'office désigné pour servir d'appât. Il fut donc amarré a une corde et commença a descendre dans le puits. Shane, Théa, Andréa, T-dog, Maggie et Dale étaient tous cramponnés a l'autre bout de la corde, prêts a remonter le jeune coréen a tout moment.

- C'est pas une bonne idée... Grogna Théa, en sueur.

- T'en avais une meilleure peut être ? Rétorqua Andréa.

- Non, mais on a même pas pris cinq minutes pour en discuter !

- Arrêtez de vous bouffer le nez toutes les deux ! Râla Shane. Concentrez vous sur la corde !

- Je suis d'accord avec Shane, cria la voix de Glenn depuis le fond du puits. J'ai pas spécialement envie de me faire croquer aujourd'hui !

- T'inquiète mon pote, répondit Shane. On va te remonter en un seul morceau !

- Vivant le morceau si possible...

- T'en ai où Glenn ? Demanda Dale.

- J'y suis presque ! Il ne me reste plus qu'à lui passer la corde autour !

Ils le sentirent s'agiter au bout de sa propre corde.

- Ça y est ! Remontez moi, maintenant !

- Allez tirez ! Cria Shane.

Ensemble, ils reculèrent, remontant Glenn centimètres par centimètres. Mais un craquement sinistre résonna dans la prairie.

- Attendez ! Hurla Théa. Ça va lâcher !

La pompe du puits qui leur servait de poulie se décrocha du sol. Glenn se retrouva brusquement dans le vide quand ils furent tous tirés en avant, perdant leur appuis sur le sol. La chute de Glenn ne fut stoppé que parce que T-Dog retrouva appuis avec ses pieds contre le puits.

- REMONTEZ MOI ! Hurla Glenn.

Ses jambes battaient dans le vide a la portée du rôdeur qui tentait de les attraper.

- TIREZ ! Hurla Shane. Remontez le.

Entremêlés les uns sur les autres, ils peinèrent a tirer sur la corde, cette dernière leur brulant les doigts et les mains. Même a six ils ne parvenaient pas a trouver suffisamment d'appuis pour sauver Glenn. L'explication venait du rôdeur qui avait réussi a choper l'une des jambes du jeune coréen et qui tirait de son côté. Il devint vite évidant qu'ils n'y arriveraient pas.

- Accrochez vous ! Cria Théa.

Elle lâcha la corde, obligeant les autres a redoubler d'effort.

- Mais qu'est ce que tu fais ? Grogna Shane.

Théa porta ses doigts a sa bouche et émit un long sifflement qui résonna dans la ferme. Moins de 20 secondes plus tard, Pilpao arriva a fond de train et stoppa des quatre fers prêt de sa cavalière. Sans attendre, Théa enroula l'extrémité de la corde autour de l'encolure de l'étalon et la noua fermement.

- Yah, Pilpao !

Sur son ordre, le cheval tira a son tour sur la corde, poussant aussi fort que possible sur ses jambes. Cela fonctionna car ils sentirent la corde remonter doucement quand Théa tira a nouveau avec eux. Mais beaucoup trop doucement.

- IL VA ME BOUFFER ! Hurla Glenn dont les jambes étaient toujours prisonnières du rôdeur.

Il s'agitait autant qu'il le pouvait pour se dégager mais cela n'aidait pas ses camarades. Lâchant a nouveau la corde, Théa couru jusqu'au puits et sortit son lance pierres.

- Non ! Hurla Shane. Tu va contaminer l'eau !

Mais elle l'ignora et tira. La petite pierre transperça la tête boursoufflée du rôdeur qui relâcha Glenn en s'effondrant au fond de l'eau. Libéré, Glenn put se faire hisser jusqu'à la surface sans encombre. Il attrapa la main que Théa lui tendait et se tira hors du puits pour s'effondrer sur le sol, hors d'haleine.

- Ça va ? Lui demanda l'amazone. Il t'a mordu ?

- Non, souffla Glenn. Non, mais c'était tout juste !

- C'est malin, dit Andréa en se penchant vers l'eau. Maintenant il n'y a plus qu'a condamner ce puits !

- Ne soit pas injuste, Andréa, dit Dale en s'essuyant le front. Théa lui a sauvé la vie.

- Nous avons d'autres puits sur la propriété, dit Maggie. Celui ci ne servait que pour le bétails.

- Tu vois ? Ce n'est pas grave. L'important c'est que Glenn aille bien.

- Ouais... Merci, dit celui ci en levant la tête vers Théa. On peux quand même le sortir, ajouta t il. Il est toujours attaché je crois.

- Oui, il vaut mieux. Allez encore un peu de courage tout le monde ! Dit Shane en prenant la deuxième corde.

Cette fois cela fut plus facile. Pilpao fournit un dernier effort pour tirer le cadavre du puits. Malheureusement, la décomposition du corps et son séjour dans l'eau depuis des semaines avait rendu son corps fragile et boursoufflé qui se déchira littéralement en deux, déversant tout ses intestins dans le puits...

- Tout ça pour ça... J'avais dit que ce n'était pas une bonne idée, souffla Théa en libérant l'encolure de Pilpao.

- On ne t'a pas demandé ton avis toi, répondit Andréa.

Bon, elle commençait doucement a lui courir sur le haricot la blondasse.

- Si t'as un problème avec moi, il te suffit de le dire ! S'écria t elle en faisant face a Andréa.

- Puisque tu en parle ! J'ai...

Mais elle fut interrompue par Dale qui s'interposa entre les deux femmes. Dommage, se dit Théa. Elle aurait bien besoin de se défouler un peu et la blondinette ferait un bon punchingball !

- Ça suffit les filles ! Dans un groupe on doit se soutenir et pas se faire la guerre !

Andréa finit par reculer.

- Continue de faire ta maligne, dit elle a Théa. Daryl te fait peut être confiance mais ce n'est pas le cas de tout le monde ici !

- Je ne vous ai jamais demandé de me faire confiance, rétorqua Théa. Tout comme moi je n'ai pas confiance en vous.

- Vous voyez ! S'écria Andréa en levant le doigt vers l'amazone. Pour le moment nous lui sommes utiles mais le jour ou elle devra choisir entre sauver le groupe ou sauver sa peau elle n'hésitera pas !

- Andréa, intervint Shane. Je suis pas spécialement ravi qu'elle soit là mais admet quand même que ce n'est pas la dernière a venir nous aider quand on a besoin. et Rick semble lui faire confiance. Et j'ai confiance en Rick.

Théa regarda Shane, surprise qu'il prenne sa défense.

- Alors toi aussi tu es de son coté ?!

- Hey, je ne suis du coté de personne ! Tout ce que je veux c'est garder tout le monde en vie le plus longtemps possible !

Andréa lança un regard haineux vers Théa qui soutint son regard sans sourciller.

- Je préfère encore me tirer ! Finit elle par dire avant de tourner les talons.

- Ce sont toujours les plus gênés qui partent, rétorqua Théa en souriant.

La blonde s'éloigna d'un pas rageur et Shane fit face a Théa.

- Tu devrais mettre un peu d'eau dans ton vin !

- C'est ça, et tu veux pas que je lui embrasse les pieds aussi ? Répondit elle en tournant les talons.

Mais Shane lui attrapa le bras.

- Si tu veux rester il va falloir que es l'esprit d'équipe !

Théa arracha son bras de la prise de Shane et dégaina son épée d'un mouvement rapide. Elle la pointa sur l'adjoint.

- Ne pose plus jamais la main sur moi ! Grogna t elle d'une voix menaçante. Je ne veux de mal a personne ici, mais si toi ou Andréa vous voulez vous en prendre a moi alors soyez prêt a en assumer les conséquences !

Elle abaissa son arme et le remis dans son fourreau. Elle regarda encore quelques seconde le visage surprit de Shane pour être sure que le message était bien passé avant de lui tourner le dos. Elle était sur les nerfs


Le soleil était presque couché quand Daryl revint au campement. Il se rendit directement au camping car et tomba sur Carol qui venait de finir de nettoyer e véhicule.

- Je voulais que tout soit propre quand Sophia reviendra, expliqua t elle.

Daryl regarda autour de lui en hochant la tête.

- J'ai faillit ne pas reconnaitre le camping car en rentrant.

Carol lui fit un pauvre sourire. Il se racla la gorge et plongea la main dans sa poche. Il en sortit une bouteille de bière dans laquelle il avait posé une jolie fleur blanche. Il posa la bouteille devant Carol.

- Une fleur ? Demanda t elle.

- C'est une rose Cherokee, expliqua t il. La légende dit que quand les soldats américains ont chassés les indiens de leur terre. Sur le sentier des larmes, les mères cherokee pleuraient de voir mourir leur enfants. A cause de la faim, de la soif, du froid et des maladies... Alors les anciens ont prié, ils ont prié pour que les esprits leur envoi un signe qui aiderait les mères a surmonter leur chagrin. Leur redonner courage et espoir. Le lendemain, ces roses ont poussés là où les mères avaient pleuré. J'en ai trouvé tout un parterre pas très loin prêt de la rivière. Je ne pense pas que mon frère le mérite mais celle la, je suis sur qu'elle a fleurie pour ta fille...

Carol regarda le chasseur, très émue de son geste et des efforts qu'il fournissait pour retrouver sa fille.

- Merci, Daryl...

Il fit un geste de la tête vers elle et s'apprêta a partir quand le bruit d'un cheval au galop attira son attention. Il regarda par la fenêtre du camping pour voir Théa s'éloigner au galop. Carol suivit son regard.

- Elle est triste tu sais, dit elle. Elle n'a rien dit mais je crois que cela lui fait du mal que tu sois fâché contre elle.

- Je suis pas fâché, grogna t il.

- Mais c'est ce qu'elle croit et elle ne comprend pas pourquoi. Elle te ressemble beaucoup sur un point.

- Lequel ?

- Elle est plus sensible qu'elle ne veux bien le montrer.

Daryl ne répondit rien et regarda l'amazone prendre la direction de l'endroit où il avait trouvé les roses. L'avait elle entendu raconter l'histoire ?

- Vas la rejoindre, lui dit Carol. Il faut profiter des gens qu'on aime tant qu'ils sont encore là.


Daryl retrouva la jeune femme au bord de la rivière. Son instinct avait eu raison, elle était assise au bord de l'eau, entourée de roses cherokee qu'elle caressait du bout des doigts. Elle sursauta quand il s'approcha d'elle. Elle tourna un visage inondé de larmes vers lui. Elle pleurait. Et cela ne lui plut pas du tout... Elle se dépêcha de s'essuyer le visage pour faire disparaitre les traces de larmes.

- Qu'est ce que tu veux ? Lui demanda t elle. Je croyais que tu étais mieux tout seul !

Il ne répondit pas et s'assit prêt d'elle. Il resta un moment sans rien dire, lui laissant le temps de reprendre contenance.

- Tu as entendu quand j'ai raconté la légende des cherokee a Carol ? Demanda t il finalement.

Elle renifla a nouveau avant de répondre.

- Ouais... Je voulais pas vous déranger, je voulais juste savoir si tu allais bien.

- Et tu es venue ici ?

Elle haussa les épaules. Il la regarda. Elle fuyait son regard et avait le nez tout rouge.

- Hum... Fit il sans insister.

Il sortit son paquet de cigarettes et en glissa une entre ses lèvres avant d'en proposer une a Théa. Elle accepta la clope sans le regarder et l'alluma avant de tirer fort dessus.

- Je ne suis pas fâché contre toi, dit il.

- Tu fais ce que tu veux, répondit elle. Je m'en fiche.

Il ignora sa réponse et continua.

- Je suis pas doué pour parler, dit il. Encore moins pour comprendre ce que je ressens. J'ai voulu mettre un peu de distance avec toi mais je ne suis pas fâché. Au contraire...

" Effectivement c'est plus claire comme ça tête de con... " Se dit il. Il n'était VRAIMENT pas doué... Elle finit par tourner la tête vers lui et il eu une vue plongeante sur ses yeux émeraudes, encore rouges d'avoir pleurer.

- Pourquoi ? Demanda t elle.

" Parce que ! C'est comme ça et puis c'est tout ! Pourquoi faut il qu'elle pose la question ?! "

- Parce que les gens auquel je tient on tendance a mourir en ce moment. Et ça fait mal...

" Alors ça c'était vraiment guimauve ! Putain de merde je suis qu'une gonzesse ! "

Elle ne dit rien mais il vit les coins de sa bouche esquisser un sourire. Ils finirent leurs cigarettes et il se leva.

- Vaut mieux rentrer, il va faire nuit.

Il lui tendit la main et l'aida a se relever. Quand elle fut debout et face a lui, il leva une main et essuya la dernière trace de larme qu'elle avait encore sur la joue.

- J'aime pas te voir pleurer, dit il.

Il eut du mal a détacher son regard du sien mais il s'y obligea, trop tenté qu'il était de s'y perdre pour toujours.

- On rentre a cheval ? Proposa t il pour détendre l'atmosphère.

Elle cligna des yeux, semblant reprendre pied avec la réalité.

- Si tu veux.

Elle siffla et Pilpao sortit de derrière un bosquet d'arbre. Il s'installa derrière elle sur le dos de l'étalon et ils reprirent la route vers le campement.

- Tu as déjà rêver de voler ? Lui demanda t elle.

- Quoi ? S'étonna t il.

- Accroche toi !

Il referma ses bras juste a temps autour de la taille fine. Pilpao démarra a fond de train et fila a toute vitesse a travers la grande étendue verte. Cramponné a Théa, il sentit un puissant sentiment de liberté s'emparer de lui.

C'est tout les deux mort de rire qu'ils s'arrêtèrent prêt de la tente du chasseur.


A bientôt pour la suite ;)