Wouah j'ai la forme en ce moment :D Encore un nouveau chapitre rien que pour vous ! Vos impressions ? :)
Bonne lecture !
Chapitre 27
Il l'observe de loin, depuis les marches a l'entrée de la porte principale de la prison. Elle brosse son cheval énergiquement pour le débarrasser de la poussière qui macule sa robe auburn. Il fait chaud, le printemps était bien installé et la température grimpait. Il avait entendu Herschel dire a Rick qui ne fallait pas tarder a planter des graines pour le potager afin qu'ils aient des fruits et des légumes cet été. Leurs histoires de jardinage ne l'intéressait pas, c'était pas son truc, mais il se fit la réflexion qu'ils ne devaient finir au plus vite de brûler les cadavres encore présent sur la pelouse. Lui non plus n'avait pas envie de manger des trucs qui avaient poussé dans de la terre souillée par le sang et autres joyeusetés corporelle des rôdeurs morts.
Elle attrapa le seau d'eau posé prêt d'elle et le vida sur le dos de l'étalon qui s'ébroua, éclaboussant sa cavalière. Elle éclata de rire et son rire alla jusqu'aux oreilles du chasseur. Un frison délicieux lui secoua l'échine. Ce qu'il aimait l'entendre rire. Si Merle avait été là, il se serait bien foutu de sa gueule de le voir ainsi. Devenir pantelant a la simple vue d'une fille en train de rire. Ridicule. Pourtant il n'en perdait pas une miette et laissa le son glisser sur lui comme un baume réparateur. Elle secoua ses cheveux trempés et se tourna vers lui.
D'ici il pouvait voir ses fossettes se creuser sur ses joues quand elle lui sourit et leva la main pour lui faire signe. Son sourire accentua le frisson. Depuis qu'ils étaient arrivés a la prison, elle sourirait et riait de plus en plus. C'est bien.
Déjà une semaine qu'ils étaient là et la vie s'installait petit a petit. Après son coup a la tête, Rick l'avait laissé prendre un peu de repos et il en avait bien eut besoin. Après deux jours a dormir beaucoup et manger a sa faim il avait put les aider a aménager leur bloc. Le réfectoire était propre et le garde mangé bien rempli pour un petit moment. Ils avaient trouvé le générateur de la prison avec encore un peu de carburant et les femmes avaient pu faire de grandes lessives de linges. Trois repas par jour, de l'eau chaude dans les douches et des nuits dans des vêtements et des draps propres. Que demander de plus ? Encore qu'il s'en foutait pas mal d'avoir des vêtements propres mais ça faisait plaisir a Théa.
Il avança vers elle, s'allumant une cigarette au passage. Ils arrivaient a la fin de leur dernière cartouche. Ils allaient devoir partir en chercher.
- Ça va cow-boy ? Lança t elle.
Elle tendit la main et lui prit sa cigarette de la bouche, se mit sur la pointe des pieds et lui vola un baiser avant de mettre la cigarette entre ses propres lèvres. Elle tira sur le tabac alors que l'estomac de Daryl essayait de revenir a sa place initial. Elle lui replaça sa clope et recracha la fumée, un air de tout ce qu'il y a de plus innocent sur le visage.
Mais comment ne pouvait elle pas se rendre compte de ce qu'elle provoquait en lui ? Il devait se reprendre avant de se transformer en guimauve.
- Tu as fini avec Glenn ? Demanda t elle en ôtant l'élastique qui retenait sa queue de cheval.
Ses cheveux tombèrent en cascade autour de son visage et de ses épaules. Daryl déglutit. Autant pour la guimauve.
- Hein ?
Elle haussa un sourcil.
- Est ce que tu as fini d'installer les pièges avec Glenn ? Redemanda t elle.
- Heu... Oui, répondit il finalement en se reprenant. Avec un peu de chance on chopera des lapins et peut être des cochons sauvages.
- Un peu de viande nous fera du bien, approuva t elle.
- Oui et j'ai aussi commencé a ramener du bois, ajouta t il. Pour faire une écurie pour ton canasson.
Elle lui sourit.
- T'es gentil.
- Non.
- Bien sur que si, dit elle en glissant ses bras autour de la taille de son partenaire. Merci.
Ça lui faisait toujours bizarre qu'on lui dise merci. Avant il n'avait jamais rien fait qui nécessite des remerciements. Maintenant il y avait des tas de personnes qui le remerciait et qui avaient confiance en lui. Il n'était toujours pas sur de le mériter.
Théa lui faisait du bien, le rendait fort pour elle et pour les autres. Et il se demandait souvent ce qu'elle pouvait bien aimer en lui. Ok, il l'avait sauvé plusieurs fois mais elle aussi l'avait sauvé. Il la protégeait et la protégerait toujours. Mais ce n'était pas juste pour ça. Que pouvait elle bien lui trouver ? Il avait sale caractère, il était grossier, renfermé. En plus il était maladroit avec les sentiments, ce qui le rendait trop protecteur, agaçant et rustre par moment.
Mais alors qu'elle se coulait dans ses bras il comprit ce qui le rendait différent a ses yeux. Il avait su gagner sa confiance. Par ce qu'ils étaient pareil tout les deux. Brisés. Il l'avait compris et accepté son passé difficile comme elle l'avait fait avec lui. Mais sous sa force et son courage il la sentait fragile. La vie lui avait trop tapé sur la gueule et même si elle s'accrochait de toutes ses forces parce qu'elle était une survivante, il sentait qu'un jour elle baisserait les bras. Un jour elle n'aurait plus la force. Ce jour là il sera pour elle, pour la relever. Avant il aurait fuit une nana si complexe et si compliquée. Mais pas elle.
Alors il savourait ces moments et ces jours ou elle souriait. Il en profitait a fond.
- Hey les jeunes ! Cria une voix dans son dos, interrompant leur petit moment rien qu'a eux.
Daryl grogna. Vivre a 11 personnes rendait difficile et rares les moments ou ils étaient seuls tout les deux. Ils pouvaient pas leur foutre la paix un peu ? A croire qu'ils en faisaient exprès !
Daryl se retourna pour faire face a Rick. Alors qu'ils avaient tous profité de cette semaine pour se détendre et décompresser, le Shérif était le seul a ne pas relâcher la pression. Il était toujours aussi stressé et aussi inquiet. Théa mettait cela sur le compte de la grossesse de Lori et pensait que Rick ne pourrait se sentir mieux une fois que sa femme aurait accouché sans problème et qu'il sera sur qu'elle et le bébé iront bien. Ce qui n'était pas gagné d'avance.
- J'ai une mission pour vous, leur dit il.
Intéressés, les deux compères écoutèrent attentivement le Shérif.
- Il ne reste que quelques jours de carburant dans le générateur, leur appris t il. Vous pourriez prendre quelques bidons et aller faire un tour en ville pour trouver de l'essence ?
Daryl jeta un œil a Théa. Deux ou trois jours seuls tout les deux a parcourir les routes ? Ne plus être obligés de vivre les uns sur les autres ? Il fallait signer où ?
- Sauf que les voitures aussi sont a secs... Pointa Théa. On les as déjà siphonnés pour le générateur.
- Je sais, j'ai pensé que pourriez y aller a pied ou a cheval ?
Daryl dut se retenir de ne pas taper dans ses mains en sautillant comme un gamin a qui ont venait d'annoncer que Noël était en avance, ça casserait son image de gros dur.
- Ça peut le faire, grogna t il. T'es partante ?
Mais l'amazone faisait la moue, fronçant son jolie nez tacheté de taches de rousseurs.
- Ouais bien sur. Mais je viens juste de finir de nettoyer Pil...
Un gros " POUF " secoua le sol sous leur pieds. Pilpao venait de se laisser tomber et se roulait joyeusement dans l'herbe. Son poil encore mouillé colla efficacement brins d'herbes et poussière sur tout son corps. Il se releva, couvert de boue et un air presque satisfait brillant dans les yeux. Il était encore plus sale qu'avant sa douche.
Théa ouvrit grand la bouche.
- Pilpao ! Cria t elle d'indignation alors qu'une bulle de rire grossissait dans la gorge de Daryl.
Un coup vers le visage hilare de Rick déclencha le fou rire qu'il retenait. Le visage rouge de Théa, vexée, n'aida en rien et les deux hommes se plièrent de rire.
- C'est pas drôle... Bouda t elle.
Ils décidèrent de ne partir que le lendemain matin afin de profiter d'une dernière nuit avant leur périple. Ils ne devaient partir que chercher de l'essence mais tous y allèrent de leur petite liste de courses.
- Du matériel médical, du lait en poudre et des vêtements pour bébé, des draps et des serviettes, des piles... J'ai une tête de coursier ou quoi ?!
Il lisait a voix haute la liste des demandes.
- Des bonbons et des BD .! Qui a demandé ça ?
- Carl, répondit Théa. Il s'ennuie le soir et veux de quoi lire. Et les bonbons c'est moi qui en veut !
- Sérieux ?
- Bah oui pourquoi ? Bon, j'ai faim je vais manger !
Théa s'assit devant l'assiette de spaghetti a la sauce tomate et aux boulettes de viande que lui servit Carol au repas ce soir là. Elle attaqua son plat avec appétit, mettant de la sauce partout sur elle et sur la table. Au diable les bonnes manière, elle avait trop faim, de toute façon qui se souciait encore de sa façon de manger au milieu de l'apocalypse ?
- Tu mange comme un cochon ! Lui dit Carl assis a côté d'elle alors qu'elle s'essuyait la bouche avec sa main.
Elle le regarda en souriant avant de lui maculer le visage de sauce tomate.
- Hey ! S'écria t il alors qu'elle éclata de rire.
Il attrapa une boulette de sa propre assiette et la lança sur l'amazone qui l'évita de justesse. La boulette atterrit sur Lori.
- Carl ! Cria t elle. Tiens toi bien !
Mais Théa attrapa son assiette pour courir autour de la table après avoir déposé une nouvelle poignée de spaghetti sur la tête du jeune garçon. Riant comme des gamins, les deux compères entamèrent une bataille de nourriture et bientôt ils furent couvèrent de sauce tomate. Ainsi que le sol et les tables sous le regard incrédule de Lori. Carol, Beth et Maggie riaient de leurs bêtises. Glenn se joignit a eux après que Théa ai renversé son assiette sur sa tête.
- Vous devriez avoir honte de gaspiller ainsi de la nourriture ! Leur cria Lori.
Pourtant la futur maman souriait et n'avait pas une once de reproche dans la voix.
Dans un coin de la pièce, a l'abri des jets de nourriture, Daryl les regardaient se comporter comme des enfants. Rick s'approcha de lui, perplexe quand a la scène qui se déroulait dans le réfectoire.
- Qu'est ce qui se passe ? Demanda t il.
- Je crois que le soleil leur a trop tapé sur la tête.
Il remarqua le sourire de Rick et se fit la réflexion qu'il ne l'avait pas vu faire ça depuis un sacré bout de temps.
- Théa a un don avec Carl, dit il. Avec elle il retrouve son âme d'enfant. Elle aussi j'ai l'impression.
Daryl se renfrogna un peu. Évidemment, Rick ne savait presque rien du passé difficile de Théa. Que ces moments avec Carl lui permettait de rattraper un peu de ce temps merveilleux qu'aurait du être son enfance. C'était ça aussi qui l'avait séduit chez elle. Cette capacité qu'elle avait a redonner le moral aux autres, lui en premier.
- Daryl, commença Rick. Je voulais te dire merci.
Encore des remerciements, c'était son jour ou quoi aujourd'hui ?
- Pour quoi ?
- Parce que sans toi on aurait jamais réussi a prendre la prison, ni a survivre a l'hiver d'ailleurs.
- Dis pas de connerie, c'est toi qui nous a maintenue en vie.
- Parce tu étais là en renfort. J'ai toujours pu compter sur toi depuis le début malgré que j'ai...
- Que tu es laissé mon frère crever en haut d'un immeuble ?
- Ouais... J'en suis pas fier.
- T'inquiète, je comprend. T'as voulu réparer en te mettant en danger. C'est Merle qui s'est tiré.
- Quand même, merci. Je suis content d'avoir croisé ta route. Tu es précieux au groupe, j'espère que tu le sais.
Il lui donna une tape chaleureuse sur l'épaule.
- Et tu as ramené Théa parmi nous. Demain vous allez encore risquer votre vie pour le groupe mais j'ai confiance en vous. En vous tous.
Il le laissa la dessus. Il ne le montra pas mais Daryl sentit son cœur se gonflé de fierté et de reconnaissance envers le Shérif.
Une poignée de spaghetti atterrit sur sa chemise, lui éclaboussant le visage au passage. Il leva des yeux furieux vers Théa, couverte de sauce tomate et de pâtes qui se cacha sous la table en riant.
Il se jeta dans la bataille.
Les cheveux poisseux de sauce et les vêtements devenus rouge, Théa se dirigea vers l'étage dans l'idée débarrasser de la nourriture qui la couvrait, les joues encore douloureuses d'avoir autant rit. Elle jeta ses vêtements sales dans un coin et s'enveloppa d'une serviette blanche avant de se rendre aux douches. Dans le couloir elle croisa Daryl qui montait changer de vêtement lui aussi.
Nue sous sa serviette, elle sentit son regard la détailler avec envie.
- Si tu as besoin d'aide pour te frotter le dos ou autre chose hésite pas ! Lança t il, l'œil lubrique.
Elle ne répondit pas et le regarda disparaitre dans leur chambre.
Un étrange sentiment désagréable s'insinua dans son cœur, remplaçant sa bonne humeur. Ce malaise l'accompagna jusque dans les douches et ne la lâcha pas durant tout le temps qu'elle se lava. Jusque dans la chambre vide ou elle enfila une tenue pour la nuit. A savoir un short et un t-shirt de Daryl.
L'odeur du chasseur lui emplit le nez quand elle passa la tête dans le vêtement. Elle aimait cette odeur de tabac froid et de cuir, plus quelque chose bien a lui qui ressemblait a l'odeur de la forêt au petit matin.
Elle enroula ses bras autour d'elle pour se rassurer et tenter de chasser le malaise qui lui serrait le cœur.
Elle sentait l'excitation de Daryl qui grandissait de jour en jour. Si il y avait bien une chose que Hunter lui avait appris, mis a part la violence, c'était que les hommes avaient des besoins. Le sexe en faisait partit. Elle redoutait ce moment avec Daryl et en même temps elle avait hâte. Elle était humaine et elle aussi était excitée par les avances du chasseur et découvrait les sensations délicieuses qu'il déclenchait en elle chaque fois qu'il posait les mains sur elle. Ho comme elle aimait ça quand elle était seule avec lui et qu'ils se câlinaient dans leur chambre. Avec les semaines, elle l'avait laissé aller de plus en plus loin. Le laissant balader ses mains et ses baisers toujours plus loin. Mais rien a faire, il arrivait toujours un moment ou la peur reprenait le dessus et tout son corps se crispait et rejetait l'homme pourtant doux. Rien a voir avec ce que Hunter lui avait pourtant fait subir.
Elle avait peur qu'un jour il se lasse d'attendre et de le perdre. Se pourrait il qu'un jour il ai marre d'elle et s'éloigne ? Les jolies filles ne courraient pas les rues en ces temps d'apocalypse mais ils n'étaient pas les seuls survivants sur terre et peut être qu'un jour il tomberait amoureux d'une autre fille. Une fille plus disponible, moins torturée et moins abimée qu'elle même ne l'était. Son corps était souillé, rendu sale par la violence et les bas instincts d'un monstre qui l'avait détruite un soir l'année de ses quinze ans. Presque chaque soir du reste de sa vie n'avaient été que douleur et humiliation. Jusqu'au jour presque béni de l'apocalypse ou enfin elle avait put se libérer de son joug. Elle avait honte de penser ainsi. L'épidémie avait provoqué des millions de morts, détruit des vies et des familles. Mais pour elle, ce fut une libération. Et l'apocalypse lui avait amené le valeureux prince charmant sur son cheval blanc qu'elle avait tant attendu pour qu'il vienne la sauver de son bourreau les soirs ou elle gisait seule sur le sol de sa caravane, brisée et honteuse.
Ce prince n'était pas charmant, il était grossier mais il était beau a en crever. Il n'avait pas non plus de cheval blanc, juste une moto. Et il ne l'avait pas sauvée de son tortionnaire, ça elle l'avait fait toute seule. Mais il l'avait sauvée d'une autre manière. En la comprenant, en la respectant, en la protégeant et surtout en l'aimant.
Elle laissa retomber ses bras en soupirant.
- T'as une sale tête, dit une voix dans son dos. Un problème ?
Elle sursauta en se retournant.
- Tu m'as fait peur, dit elle a Daryl qui entra dans la pièce.
- T'as pas répondu a ma question.
Elle se mordit la lèvre. Devait elle lui faire part de ses inquiétudes ? Il s'avança et tira sur sa lèvre pour l'ôter d'entre ses dents.
- L'abime pas, j'en ai encore besoin.
Il se pencha et remplaça ses doigts par sa bouche. Il y avait tant de tendresse dans son baiser alors que sa langue se mêlait a la sienne que ça la rassura un peu.
- Dis moi, redemanda t il en rompant le baiser.
- On va passer du temps seuls tout les deux dans les jours qui viennent... Commença t elle en fuyant son regard.
- Oui, et ?
- Et je sais que tu t'es déjà montré très patient avec moi et j'aimerais vraiment de donner ce que tu veux mais je...
Sa voix se cassa et elle baissa la tête. Il comprit où elle voulait en venir et s'empressa de la rassurer.
- Princesse, tu sais que je ne t'obligerais jamais a faire quelque chose contre ta volonté ?
Il l'obligea a le regarder en lui relevant le menton.
- Tu le sais ?
- Oui. Mais un jour, tu en auras marre d'attendre.
Elle vit son visage se fermer et un éclat de colère brilla dans les yeux bleus.
- Jamais.
Elle fut surprise de sa véhémence et il se radoucit. Passant une main sur son visage qu'il glissa jusqu'à sa nuque pour la rapprocher de lui.
- Je sais qu'un jour tu me laissera te montrer ce que je ressent pour toi.
Parce qu'il n'avait pas les mots pour le dire. Il devra lui montrer. Lui montrer la force de ses sentiments et surtout que le sexe pouvait être autre chose que la douleur et peur qu'il voyait briller dans ses yeux.
- Et puis si jamais ce jour n'arrive jamais, continua t il en haussant les épaules. Chacun de tes baisers me combleront jusqu'à la fin du monde.
Elle lui sourit. Putain d'où est ce qu'il sortait toute cette guimauve ? Pas grave, ça avait marché parce qu'elle souriait a nouveau.
- C'est déjà la fin du monde, souffla t elle contre sa bouche.
Après une reposante ( et sage ) nuit ils se préparèrent a leur départ. Remplissant leur sac a dos de vivre et d'eau. S'armant jusqu'aux dents. Des bidons accrochés au paquetage qu'ils poseront sur Pilpao.
Daryl finissait de tailler une dernière flèche pour son arbalète quand Carol vint lui amener le colt de Théa.
- Tiens elle a encore oublié de le prendre, lui dit elle. Je sais qu'elle n'aime pas s'en servir mais on ne sait jamais.
- Merci, répondit il en glissant l'arme dans son sac.
- Comment ça va vous deux ?
- Ça va.
- Deux jours tout seuls tout les deux, continua t elle. Ça va être chouette.
- Deux ou trois.
- Encore mieux.
Il leva des méfiants vers elle.
- Pourquoi tu me demande ça ?
Elle haussa les épaules.
- Disons que je m'inquiète.
- Y a pas de quoi. On va très bien se débrouiller.
- J'en suis sure, ce n'est pas pour ça que je m'inquiète.
- Alors pour quoi ?
Il vit choisir ses mots avec soin et il attendit qu'elle veuille bien cracher le morceau.
- Je sais, par expérience personnelle, a quel point ce que Théa à vécu peut détruire. Je sais que toi aussi tu sais.
Il se renfrogna, il n'avait pas envie de parler de ça alors qu'il était de bonne humeur.
- Carol, tu ne sais pas tout.
- Non mais je devine. J'en ai vu des filles comme elle dans les centres pour femmes battues. Des filles qui refusent qu'on les touchent, qui ne font confiance a personne. Son père ne faisait pas que la battre n'est ce pas ?
- Ce n'était pas son père ! Grogna Daryl maintenant franchement énervé.
- Non, c'était son violeur.
Il s'agita, nerveux.
- Pourquoi tu me parle de ça ?!
- Parce que je veux être sur que tu sais ce que tu fais. Tu vas être seul avec elle pendant plusieurs jours.
- Qu'est ce que tu crois ? Que je vais lui sauter dessus ? Ça va pas ou quoi ? Jamais je lui ferait ça !
- Ho mon poussin je sais bien, répondit elle en posant une main sur son bras pour le calmer. Elle te fais tellement de bien, tu mérite ce qu'il y a de mieux. Je voulais juste te dire que si vous avez besoin de parler de ça je suis là.
- Je t'interdit de lui parler de ça ! Cria t il.
- Daryl, il faudra bien ça sorte. J'aime Théa moi aussi, garder toute cette douleur au fond de soi ce n'est pas bon.
- Elle fera comme elle en a envie !
Il en avait assez. Il tourna les talons et sortit a l'extérieur. En colère, il plongea une main dans sa poche et alluma sa dernière cigarette.
De quoi elle se mêlait ?! Ce n'était pas parce qu'il s'était confié a elle cet hiver pendant la disparition de Théa que cela lui donnait le droit de se mêler de leurs affaires. Et pourquoi elles croyaient toutes les deux qu'il n'était qu'un gros pervers qui allait sauter sur sa copine a la première occasion ?! Il avait déjà dut rassurer Théa a se sujet la veille.
Il avait toujours exécré le viol. Il avait en horreur cette bassesse propre a l'être humain et pensait que les violeurs devaient être traité avec la même violence qu'ils avaient fait subir a leur victimes.
Il avait toujours vu le sexe comme une façon de soulager ses instincts, sans amour ni attachement envers ses partenaires d'une nuit. Mais jamais il ne lui serait venu a l'esprit de le faire contre leur volonté.
Mais avec Théa s'était différent. Avec elle, il voulait prendre son temps. Pour la première fois de sa vie il voulait faire l'amour a une femme et pas juste baiser. Mais ce que Théa avait vécu, ça le bouffait de l'interrieur. Mais qu'avait elle vécu exactement ? Il ne le savait pas. Elle était restée assez vague a ce sujet et n'en avait pas reparlé après le lui avoir avoué a la ferme. Du coup des tas d'images et de scénarios tournaient dans sa tête quand il y pensait. Ça le bouffait.
Il ne voulait pas en parler a sa compagne pour ne pas rouvrir les plaies qui commençaient doucement se refermer au fur et a mesure qu'elle s'ouvrait aux autres. Il en avait parlé a Carol cet hiver. Ça lui avait fait du bien a l'époque, de décharger un peu ce qu'il avait sur le cœur.
Alors qu'il arrivait a la fin de sa clope, il regrettait d'avoir était désagréable avec Carol. Elle voulait juste l'aider comme elle l'avait déjà fait. Il s'excuserait plus tard. Pour le moment il avait du boulot.
Lui qui était de bonne humeur le matin même se sentait maintenant un peu agacé et avait hâte de partir. Il croisa Théa qui allait chercher son cheval.
Elle en revanche avait vraiment l'air ravie et il croisa ses doigts aux siens en descendant dans la coure.
Il siffla et Pilpao trottina jusqu'à lui, venant fourrer son nez dans ses poches pour y dénicher quelque chose a se mettre sous la dent.
- J'ai rien espèce de glouton, râla le chasseur en lui grattant les oreilles. On trouvera surement de quoi te remplir le ventre en route. Allez canasson, il est temps d'y aller.
Mais l'étalon coucha les oreilles sur son crâne et fit mine de lui tourner le dos.
- Qu'est qu'elle a cette tête de mule encore ? Grogna Daryl en regardant Théa qui ajustait son sac a dos.
- Je t'avais dit qu'a force de le traiter de canasson tu allais finir par le vexer, expliqua t elle.
Daryl leva les yeux au ciel en soufflant.
- C'est des conneries.
Il avança la bride qu'il avait dans la main vers la tête de Pilpao mais ce dernier leva haut son encolure.
- A ta place je m'excuserais, lui dit l'amazone.
- Et puis quoi encore ? Râla le chasseur. C'est un cheval ! Je vais pas le supplier de me laisser monter sur son foutu dos !
Non mais vraiment ! Il adorais cette bestiole mais il n'allais quand même pas s'excuser ! Et puis il ne comprendrais même pas.
- C'est toi qui voit, continua Théa en haussant les épaules. Moi je te dit qu'il ne te laissera pas monter si tu le traite de canasson. Il a horreur de ça.
Daryl sous-estimait l'intelligence des chevaux et celle de Pilpao encore plus. L'étalon détestait ce mot et réagissait mal a son entente. Cela avait toujours était ainsi depuis tout petit. Surement dut a l'attitude d'Hunter envers lui. Le chef de la troupe avait toujours eut une dent contre le poulain, fils de la jument qui avait tué sa femme par accident. Sans doute le cheval avait il associé ce mot a quelque chose de désagréable puisque l'homme l'avait toujours désigné sous ce colifichet. Ajouté a son caractère aussi mauvais que celui de Théa qui l'avait élevé... La jeune femme eut un frisson désagréable a ces souvenirs.
Elle secoua la tête pour se reconcentrer sur la scène amusante devant elle. Pilpao s'éloignant de Daryl qui se mit a lui courir après mais qui abandonna au bout de quelques mètres. Il revint vers Théa en bougonnant et balança la bride aux pieds de sa compagne.
- Débrouille toi, grogna t il. Je vais pas lui courir après !
Amusée, elle ramassa la pièce de cuir et sifflota a son tour. Le cheval vint docilement devant elle et baissa la tête pour qu'elle lui passe la bride.
- Soit gentil avec Daryl mon beau, tu sais bien qu'il t'aime.
Elle plongea une main dans sa poche et en sortit un morceau de sucre qu'elle tendit a Daryl pour qu'il le donne au cheval. Mais le chasseur, vexé de la voir se faire obéir si facilement, sauta sur le dos de l'étalon.
- On va voir qui est le chef, dit il en attrapant les rênes.
- Je ferais pas ça a ta place...
Mais il enfonça ses talons dans les flancs du cheval. Ce dernier réagit immédiatement et Daryl ne comprit pas comment il se retrouva les fesses par terre. Pilpao s'ébroua joyeusement, son célèbre coup-de-cul-spécial-gros-con fonctionnait toujours aussi bien. Technique qu'il avait perfectionné a l'époque ou Hunter avait voulu le dresser pour les spectacles avant d'abandonner quand il avait comprit qu'il n'arriverait jamais a rester plus de deux minutes sur le dos de l'étalon.
- ÂNE BÂTÉ ! Hurla Daryl en se relevant.
" Putain, la honte ! " Se dit il, le visage rouge de colère. " Et l'autre elle se marre ! Comme d'habitude ! "
Théa tentait d'étouffer son rire dans sa main sans y arriver et des larmes de joies brillaient dans ses yeux.
- Je t'avais prévenu ! Ria t elle. Il a très mauvais caractère.
- Autant que sa maitresse ! Répondit il. Tu l'as mal élevé cette carne !
Elle laissa libre court a son rire, c'était trop drôle. Il attendit patiemment qu'elle cesse de se moquer en croissant les bras et en tapant du pied. Si elle n'était si belle a rire ainsi il aurait fait demi tour et les auraient planté là elle et son poney.
Elle finit par se calmer et tendit a nouveau le morceau de sucre au chasseur.
- Cesse de bouder et donne lui ça. Après il te laissera peut être monter.
" Comment ça peut être ?! "
De mauvaise volonté, il attrapa la sucrerie et la tendit a l'étalon qui redressa les oreilles. Le cheval prit délicatement le sucre entre ses dents et le mâchonna tranquillement.
- C'est bon maintenant ? T'as fini de faire ta star ? Grogna le chasseur.
En réponse, Pilpao fourra son nez contre son visage et lui souffla dans les cheveux.
- Je crois que tu es pardonné, lui dit Théa en souriant.
Comme pour le confirmer Pilpao fit un pas de coté et présenta son dos a Daryl. Grommelant dans sa barbe, l'archer sauta a nouveau a cheval. Il attendit quelques secondes, s'attendant a encore se faire envoyer au tapis mais Pilpao resta tranquille.
Théa, les yeux toujours brillants d'amusement, n'en rajouta pas devant le visage encore vexé de Daryl. Il lui tendit la main pour l'aider a grimper derrière lui. Une fois a cheval, elle posa un baiser dans la nuque de Daryl pour lui rendre le sourire.
- Au moins deux jours tout seuls, souffla t elle. Je suis contente.
Il tourna la tête vers elle et lui offrit un sourire radieux comme il en faisait peu. Son cœur rata un battement.
Le chapitre suivant arrivera lui aussi presque aussi vite :p
A bientôt et n'oubliez pas la petite review ça fait toujours plaisir !
