Hello everypony ! Voici la suite et un gros chapitre en plus ! Un peu difficile a écrire, vous comprendrez en le lisant, d'où le délais un peu plus long que ces derniers jours ;) J'espère avoir été a la hauteur pour les deux grosses scènes qui vont suivre. J'aimerais aussi vraiment connaitre vos impressions s'il vous plait :)

Bonne lecture !


Pilpao galopait tranquillement, chargé de ses deux cavaliers. A travers bois, ils ignoraient les quelques rôdeurs qu'ils croisèrent, ils n'étaient pas là pour ça. Ils préféraient savourer le sentiment de liberté qui s'offrait a eux. Daryl en oublia presque tout leurs problèmes, la fin du monde, le danger perpétuel. Théa accrochée a sa taille, il se sentait plein d'énergie et d'espoir.

La forêt et les étendues vertes laissèrent place au bitume de la route. Il se remit au pas, s'approchant des premières maisons. Un petit village enclavé entre les montagnes. Tout était silencieux et calme.

- Une vrai ville fantôme, dit Théa en rompant le silence.

- Restons quand même sur nos gardes, aucun endroit n'est épargné par l'épidémie.

Pilpao s'engagea dans la grande rue principale, passant un panneau indiquant qu'ils étaient dans le village de Forest Park. L'après midi était déjà bien entamé et le soleil qui jusque là les avaient frappé de ses rayons brulant, laissait peu a peu la place a de gros nuages gris.

- On fait le tour, décida Daryl. Si on ne trouve rien on prendra une maison au hasard pour la nuit et on continuera demain. Il va pleuvoir, je ne veux pas rester dehors pendant la nuit.

Encore moins sous la pluie qui réduirait encore plus la visibilité. L'ambiance dans ce village était assez étrange, a la fois d'un calme olympien mais en même temps on avait l'impression qu'un danger pouvait surgir brusquement de derrière l'un des buissons qui bordaient les allées.

Il n'en fut rien et le malaise que Daryl avait ressentit passa rapidement.

- J'ai faim, gémit Théa dans son dos.

Il entendit effectivement son estomac gargouiller, lui arrachant un sourire.

- On va faire une pause pour grailler.

Il fit tourner le cheval vers une maison et en fit le tour. Dans le jardin ils seront a l'abri des regards et protégés par la haute clôture en bois. Il stoppa et passa une jambe par dessus l'encolure de Pilpao qui s'était mis a brouter l'herbe en friche. Une fois a terre, il tendit les bras vers Théa pour l'aider a descendre a son tour, mais l'amazone fixait quelque chose par dessus les panneau de bois de la clôture.

- Tu viens ? Demanda t il.

- Attend, dit elle en pliant les jambes pour se mettre a genoux sur le dos du cheval. Aide moi.

Il lui prit la main alors qu'elle se mettait debout. Pilpao, nullement gêné, continua d'arracher les hautes herbes alors que sa cavalière se mettait debout sur son dos et qu'elle mis une main en visière devant ses yeux, l'autre tenant celle de Daryl.

- Tu vois quelque chose ?

- Il y a une station essence là-bas, lui apprit elle. En contre bas de la route.

- Tu pense que les cuves ont encore du carburent ?

- Je sais pas mais ça vaut le coup d'aller voir, non ?

- Ouais. Descend avant de tomber.

- Je faisais ça sur un cheval lancé au galop l'année dernière, je vais pas tom...

Mais Pilpao fit un brusque pas en avant pour attraper une marguerite entre ses dents, déstabilisant sa cavalière. Cette dernière perdit bien évidemment l'équilibre et tomba en arrière. Atterrissant dans les bras de Daryl.

- Je savais que tu faisais tomber toutes les filles dans tes bras, rit elle en passant ses bras autour de son cou.

Il leva les yeux au ciel.

Reprenant la route alors que les nuages s'accumulaient toujours plus au dessus de leurs tête. Le ciel était d'un gris menaçant quand ils arrivèrent a la station essence aussi vide que le reste du village.

- Je vais faire le tour, dit le chasseur. Regarde si il y a de l'essence.

Il fit le tour du bâtiment en brique mais toujours aucun signe de rôdeurs et il trouva ça vraiment étrange que ce petit coin tranquille soit vide de danger.

- Daryl ! Cria Théa de l'autre côté. Les cuves sont pleines c'est incroyable !

Il revint auprès d'elle, la mine contrarié.

- Qu'est ce qu'il y a ? Lui demanda t elle.

- C'est bizarre quand même... Aucun rôdeur, personne... On a jamais vu ça.

- On s'en fiche, regarde ! Dès le premier jour on trouve de quoi remplir toutes les voitures et le générateur de la prison pour des semaines !

Mais il n'écoutait pas, scrutant les alentours d'un œil méfiant.

- Daryl ! Arrête de t'inquiéter, y a pas de rôdeurs y a pas de rôdeurs ! Pour une fois qu'on ais sous une bonne étoile profitons en !

- Hum... Grogna t il sans cesser de regarder autour de lui.

- Si on trouve un camion en état de marche on pourrait presque rentrer ce soir. On charge Pilpao dedans et on rempli autant de bidons que possible.

Elle fit exprès de proposer un retour a la prison le soir même pour le provoquer et cela marcha au delà de ses espérances car il tourna vers elle un visage outré.

- Que dal ! Grogna t il. Pour une fois qu'on a pas besoin de se taper tout ces empêcheurs de tourner en rond ou de dormir dans une prison c'est pas pour passer a côté ! On rempli autant de bidons et de récipients qu'on peut et on stock tout dans un des baraques. DEMAIN on cherchera un camion et on fera comme tu as dit. En plus on a pas encore cherché tout ce qu'il y a sur ta liste.

- Je croyais que tu n'étais pas un coursier ? Se moqua Théa.

Il ne releva pas sa moquerie et posa son arbalète a terre avant de détacher leur bidons du dos de Pilpao.

- Dépêchons, dit il alors que le ciel se mettait a gronder. Il va se mettre a pleuvoir bientôt et j'ai pas envi d'être trempé.

Raté. Moins de dix minutes plus tard des trombes d'eau se mirent a tomber, les trempant jusqu'aux os rapidement. Daryl enfonça la porte de la première maison afin qu'ils y entassent le carburant dans la cuisine. Le tonnerre gronda et un éclair déchira le ciel noir, faisant sursauter Théa.

- On finira plus tard ! Hurla Daryl sous la pluie battante. Mettons nous a l'abri ça devient dangereux !

Inquiet par l'orage, Pilpao s'engouffra sans résistance dans la maison a la suite de sa cavalière et du chasseur. Ce dernier referma la porte derrière eux alors que le vent se levait.

- Putain ! S'écria t il en secouant ses cheveux trempés. Quel déluge.

Théa dégoulinait d'eau elle aussi, ses vêtements lui collant a la peau et les cheveux plaqués contre son visage.

- Faut toujours que ça tombe sur nous, râla t elle en essorant sa tignasse.

La température baissa rapidement et ils se mirent tout les deux a trembloter de froid. Théa trouva quelques serviettes dans la salle de bain tandis que Daryl tentait d'allumer un feu dans la cheminée, pestant contre ses allumettes humides et récalcitrantes. Enfin l'une d'elle craqua et deux minutes plus tard un feu rougeoyant et réconfortant s'alluma. Tremblante de froid, Théa tendit une serviette a Daryl qui ôtât sa veste et sa chemise pour les faire sécher devant le feu.

- Enlève tes vêtements aussi, lui dit il en passant la serviette sur sa tête. Sinon tu va retomber malade.

Après une brève hésitation, elle déboutonna son jean et le fit glisser sur ses jambes et le jeta devant le feu sur la grille par feu. Son chemisier alla le rejoindre et elle se retrouva en brassière et shorty, grelotante de froid. Daryl finit d'ôter son pantalon et attrapa l'une des couvertures de son sac.


Blottis l'un contre l'autre devant le feu et enroulés dans une couverture, ils se réchauffaient gentiment, le grondement du tonnerre en arrière fond a l'extérieur. Le corps de Daryl était bouillant et Théa se colla a lui autant que possible. La nuit était tombée et seul le feu éclairait le salon en plus des éclairs de l'orage qui illuminaient régulièrement la grande pièce.

Pilpao, rapidement sec, ronflait dans un coin de la pièce, la tête basse et appuyé sur trois de ses jambes.

D'abord agacé par le mauvais temps, Daryl finit par apprécier ce coup du sort. Ils étaient au chauds, seuls et Théa était dans ses bras. Tout comme sa partenaire il n'avait jamais vraiment apprécié les contacts physique. Mais maintenant qu'il se sentait au comble du bonheur avec l'amazone contre lui, il se dit qu'il n'avait tout simplement pas trouvé la bonne personne jusqu'à maintenant. Il se délectait de son odeur et de sa chaleur contre lui. Il explorait chaque centimètre de peau a découvert sans qu'elle ne dise rien. Il avait vraiment gagné sa confiance, se dit il alors qu'elle soupirer de bien être contre lui. Comment un homme avait pu lui faire du mal ? Cette réflexion intérieur amenant a nouveau les images qui le hantaient régulièrement. Il plongea son nez dans ses cheveux, tentant de chasser les images déplaisantes. Inconsciente des tourments qui tournaient dans la tête de son partenaire, Théa sentit une torpeur agréable l'envahir.

- Alethéa ?

- Hum hum ? Répondit elle, prête a s'endormir ainsi lovée dans les bras chauds de son chasseur.

- Je peux te poser une question ?

Elle ouvrit un œil intrigué.

- Si tu me demanda ça c'est que la question ne va pas me plaire.

Il haussa les épaules.

- Sans doute pas. Mais j'aimerais savoir.

- Savoir quoi ?

- Ce qu'il t'a fait.

Théa comprit immédiatement de qui Daryl voulait parler et ses épaules se contractèrent malgré elle. Elle se força au calme en soufflant.

- Pourquoi tu veux savoir ça ? Grogna t elle. Je n'aime pas en parler.

- Je sais. Mais ça me bouffe, j'ai besoin de savoir pour que j'arrête d'y penser.

Elle leva les yeux vers lui. Il avait le visage fermé et les mains crispées autour d'elle.

- C'est si important pour toi ?

Il baissa les yeux vers elle.

- S'il te plais.

Il s'attendait a souffrir en entendant cette histoire et il regrettait d'avoir a lui demander ça sachant que ça serait difficile pour elle, qu'il allait l'obliger a replonger dans des souvenirs douloureux. Il espérait juste qu'elle comprenne les raisons qui le poussait a le lui demander.

- J'y pense souvent et ça me bouffe, grogna t il.

Elle soupira et tourna a nouveau les yeux vers le feu de cheminée.

- Ok mais a une condition.

- Ce que tu veux, dit il, étonné qu'elle accepte si facilement.

- Après j'aurais moi aussi une question, continua t elle. Tu devra y répondre.

- Ok.

Satisfaite, elle se cala plus confortablement contre son torse attaqua son récit.

- Je le considérais vraiment comme mon père au début. J'étais contente car je n'avais jamais eu de papa avant ça. Et j'aimais Louise comme une mère.

- Et ta vrai mère ?

- Partie quelques jours après que nous soyons arrivées dans la troupe. Je n'ai appris que bien plus tard qu'Hunter lui avait donné de l'argent pour qu'elle parte et me laisse avec eux. Louise ne pouvait pas avoir d'enfant alors a leur façon, ils en ont obtenu un.

- Pas très légal... Grogna Daryl.

- Ma mère a signé les papiers pour céder ses droits parentaux a Hunter et Louise. Nous faisions l'école entre nous donc jamais personne n'a cherché plus loin.

- Ta mère ne te manquais pas ?

- Si, au début. Mais Louise était si gentille. Plus gentille que ma mère, c'était pas compliqué tu me dira, pour ma mère je n'était qu'un poids qu'il fallait nourrir.

- Et ton père ? Tu sais qui c'est ?

- Non, ma mère n'en a jamais parlé. Quand a elle, j'ai appris quand j'avais 12 ans qu'elle était morte d'une overdose peu de temps après m'avoir vendue a Hunter. J'ai retrouvé un article de journal dans son bureau qui en parlait.

Il était étonné qu'elle parle de façon si détachée de sa mère.

- Je n'ai pas mis longtemps avant d'appeler Louise maman. Elle m'a appris a monter a cheval, m'a aimé. M'a montré que la vie s'était autre chose que de vivre dans un appartement crasseux et de ne manger que des pâtes une fois tout les deux jours parce que le peu d'argent qu'on avais partait dans la drogue. J'étais heureuse a cette époque...

Il la sentit se tendre dans ses bras.

- C'est Sylvana, la mère de Pilpao qui a tué Louise. Elle même est morte a la naissance de Pilpao. Je crois que la colère de Hunter s'est reporté sur lui en partie. Ce n'était même pas sa faute a Sylvana. Elle a eut peur, je ne me souviens plus de quoi, elle s'est cabrée et a basculée... Louise est morte sur le coup.

Théa marqua une pause et il lui caressa la main du bout des doigts pour l'encourager et lui rappeler sa présence.

- Bref, je te l'ai dit après ça Hunter a changé. Il a commencé a vraiment boire et j'avais de la peine pour lui. Moi aussi j'étais triste et un soir dans la caravane où je pleurais il est entré dans une colère noire. Je ne me souvient plus très bien mais je sais que j'ai pris une gifle qui m'a a moité assommée. Avec les années c'est devenu de pire en pire. Dès que j'avais le malheur de désobéir, de le provoquer ou de juste le regarder de travers... Il avait toujours une cravache sur lui et je crois qu'il l'utilisait plus souvent sur moi que sur les chevaux. Les autres membres de la troupe ne disaient rien, ils avaient trop peur de perdre leur travail mais j'avais leur soutient le reste du temps. Je crois que sans eux je n'aurais jamais survécus. Je ne compte plus le nombre de fois ou ils ont du me soigner après.

Daryl faisait un vrai effort pour maitriser la colère qui gonflait dans sa poitrine, surtout en sachant que le pire allait venir.

- Et puis un soir ou il avait bu encore plus que d'habitude. Il est venu dans ma caravane. Je t'épargne les détails...

Elle serra ses doigts dans les siens et prit une grande inspiration.

- J'avais quinze ans, j'avais peur. Je ne sais pas su quoi faire ou comment réagir. Je l'ai laissé faire. Les autres fois aussi parce que quand je me débattait c'était encore pire. La seule fois ou j'ai résisté il l'a démis une épaule et je n'ai pas pu quitter ma caravane pendant plusieurs jours a cause de mes côtes cassées. Alors je le laissait faire pour que ça se termine plus vite. Pendant longtemps je me suis demandé ce que j'avais pu faire pour mériter ça, ou se que j'avais pu faire pour qu'il est envi de... Il disait sans arrêt que j'étais a lui et que ça valait bien le pognon que je lui avait coûté. J'étais sa propriété. J'avais pris la place de Louise quelque part. Une fois j'ai osé poser la question. Je voulais savoir si elle aussi il la frappait et la violait. Il m'a répondu alors que je m'attendais a une gifle. Il avait la main facile parfois mais n'avait jamais eu besoin ou eut envi de la violer. Elle était sa femme, elle l'aimait. Alors que moi je me rebellait sans cesse et avant mes quinze ans je le provoquais a tout bout de champs. Il ne s'est jamais remis de la mort de Louise. Je crois que ça la rendu fou.

Elle lui trouvait des excuses en plus... Daryl avala sa salive difficilement et écouta la suite.

- Quand il venait dans ma caravane, c'était toujours tellement violent. Pas forcement dans les coups mais je me sentais piégée, sale et honteuse a chaque fois. Je cherchais une raison a tout cela. Quelque chose qui aurait expliqué pourquoi je méritais ça.

Il en avait entendu assez. Il sentait qu'elle arrivait au bout de ce qu'elle pouvait dire. Il aurait pu lui dire que ce n'était pas de sa faute, que personne ne méritait ça. Mais il préféra l'envelopper dans ses bras.

- Alors tu vois même si je sais que tu ne me forcera jamais, que tu es l'homme en qui j'ai le plus confiance au monde, je ne peux pas faire l'amour avec toi. En tout cas pas pour l'instant, finit elle par dire, le visage collé a son torse. Même si j'en ai très envie.

- Je suis désolé de te faire revivre ça, souffla t il.

Mais elle haussa les épaules et leva le visage vers lui. Il s'attendait a la voir les yeux brillants de larmes ou avec les traits crispés. Mais rien de tout ça, elle avait presque l'air sereine.

- C'est pas grave. En fait, ça fait moins mal d'en parler que je n'aurais cru.

Elle frotta son nez et sa joue contre son torse en soupirant.

- Et puis je suis bien là, en sécurité.

Ils restèrent silencieux un long moment. Daryl rumina tout ce qu'elle venait de lui dire et se rendit compte qu'au final il ne savait pas trop ce qu'il devait faire a présent qu'il savait. A part faire son possible pour la rendre heureuse.


La nuit fut calme et chaude. Et contrairement a ce qu'il avait redouté, aucun cauchemars ne vint perturber leur sommeil. Alors qu'il la regardait dormir paisiblement, il se dit qu'il avait bien fait de lui poser ses questions. Sa colère avait disparut, ne laissant qu'une détermination solide pour lui offrir un avenir aussi heureux que possible. Il y mettrait toutes ses forces.

Allongée sur le ventre et la tête enfouie dans ses bras, elle dormait profondément encore. Appuyé sur son coude, il avança une main vers le dos dénudé de sa compagne. Du bout des doigts, il caressa les marques qui zébraient la peau dorée. Elle frissonna dans son sommeil, la chair de poule recouvrit son dos et sa nuque. Il sourit et posa plus franchement sa main sur la peau pour la caresser. Un son délectable sortit de lèvres de Théa.

- Je sais que tu es réveillé, souffla t il.

- Non, je dors encore, gémit elle sans ouvrir les yeux. Continues...

Il se pencha et alla appuyer sa bouche contre sa nuque. Il la sentie frisonner a nouveau. Sa main continua de parcourir la peau des reins alors que ses lèvres picoraient celle de son cou. Elle se laissa faire, gémissant de bien être et l'odeur de Daryl lui emplissant les narines. Ses cheveux lui chatouillait le cou alors qu'il plantait une dent dans la peau tendre, lui envoyant une décharge dans le ventre.

- Tu sens bon, souffla t il dans sa nuque.

Ses mains et sa bouche explorèrent chaque centimètre de peau auquel il avait accès et se rendit compte a quel point elle avait confiance en lui. Il n'y a pas si longtemps que ça, elle ne l'aurais jamais laissé autant faire. Il la sentait détendue sous ses doigts, frissonnante de plaisir. Il lui avait promis qu'il ne lui demanderais pas d'aller au delà de ce qu'elle pouvait accepter et il respecta sa promesse. Il s'étonnait lui même de sa propre patience et de sa propre tendresse. Il se savait pas capable de faire preuve d'autant d'attention envers une femme.

" Non, pas une femme. CETTE femme " Souffla une voix dans sa tête.

Ses révélations de la veille, bien qu'horrible a entendre, avaient apaisé ses angoisses. Il se sentait juste privilégié qu'elle ai accepté de le partager avec lui, lui prouvant encore une fois sa confiance.

Durant une bonne partie de la matinée, ils trainèrent dans les couvertures devant l'âtre de la cheminée dont le feu était éteint à présent. Ils parlèrent peu mais se câlinèrent beaucoup, profitant de ces quelques heures de légèreté, oubliant leurs problèmes, la peur et la survie, juste quelques heures.

Ils finirent tout de même par se lever, leurs estomacs réclamant un peu de pitance. Le soleil était de retour et leur offrait des rayons chauds et accueillants.

- Au fait, dit il en s'allumant une cigarette. Tu voulais me poser une question aussi ?

- J'avais oublié, répondit elle.

- Et c'était quoi ?

- Pourquoi tu m'appelle Alethéa ?

- Parce que c'est ton prénom, grogna t il en haussant un sourcil.

- D'accord mais tout le monde m'a toujours appelé Théa. C'est quand même plus simple que mon prénom idiot.

- Moi je ne le trouve pas idiot. C'est même l'inverse.

Il ne développa pas et sortit du jardin en fumant sa clope sous son regard étonné. Il aimait son prénom ? Elle sourit et le rattrapa, glissant ses petits doigts dans les siens, un sentiment de plénitude dans le cœur.


Daryl trouva une camionnette et y chargea les bidons d'essence tandis que Théa alla explorer les autres maisons. Ses seuls trouvailles furent dans la seule maison barricadée du village. Des planches de bois clouées aux fenêtres l'intriguèrent et elle s'approcha de la porte. Cette dernière céda facilement et s'ouvrit sur un long couloir poussiéreux. Le silence régnait dans la maison et elle s'avança prudemment. La première pièce était un salon avec des matelas au sol. Quelqu'un s'était visiblement barricadé dans cette maison quelques temps. Mais la couche de poussière sur les draps sales montraient que personne n'était venu depuis un long moment. Elle fourra dans son sac les quelques boites de conserves qu'elle trouva entassés dans un coin. Ainsi que la boite a pharmacie et quelques livres qu'elle trouva. Temps pis pour les BD, Carl devra se contenter de ces livres pour s'occuper le soir. Ce village l'angoissait, tout était trop calme et trop silencieux. Elle avait hâte de rentrer.

Leur retour a la prison se fit sans encombre et ils furent accueillis par Rick avec enthousiasme, impressionné par le stock de carburant présent dans la camionnette.

- Vous avez bien bossés ! Heureux de vous voir, on étaient inquiets.

- T'en fait pas shérif, répondit Théa en souriant. Daryl était avec moi, il ne risquait rien.

Elle fit un clin d'œil au chasseur qui marmonna quelque chose d'inintelligible en réponse. Elle laissa les hommes se charger de la camionnette après en avoir fait descendre Pilpao qu'elle ramena dans la grande coure.

- Théa ! Cria la voix de Carl un peu plus loin.

Elle répondit d'un signe de la main et ôtât la bride de sur la tête de son étalon qui alla brouter l'herbe tendre un peu plus loin.

- Alors ? Lui demanda Carl assis prêt de sa mère sur l'un des bancs de la promenade. Tu as trouvé quelque chose ? Des BD ?

- Doucement Carl, intervint Lori. Laisse lui le temps d'arriver !

Mais Théa leur sourit et s'assit a leurs côté en ouvrant son sac a dos.

- Pas de BD mais quelques livres, désolée bonhomme.

Le garçon pris les bouquins et les examina avant d'ouvrir le premier et de disparaitre derrière.

- Merci, lui dit Lori. Il avait hâte que vous rentriez.

- Moi aussi, admit Théa. On a trouvé un village pas très loin mais c'était bizarre. Il n'y avait aucun rôdeur, aucun survivants.

- Et tu as trouvé ça bizarre ? S'étonna Lori.

- Mouais c'était... Angoissant. On a tellement l'habitude que tout soit envahit de rôdeurs que trouver un endroit qui ne le soit pas nous a parut étrange. C'était presque a croire que cet endroit avait était épargné par l'épidémie.

Lori lui jeta un regard intriguée.

- Vous trouvez un endroit sans rôdeurs, sans danger et vous avez peur ? S'exclama t elle. Mais c'est complétement idiot !

Avec le recul, Théa fut finalement d'accord avec elle, en fait ils avaient eut de la chance de faire une expédition sans rencontrer de danger.

- Je crois qu'on est devenus trop parano, ria t elle.

- Cette petite escapade semble vous avoir fait du bien, continua Lori en se caressant le ventre. Tu as l'air radieuse.

- Je vous adore mais passer une nuit sans les ronflements de T-Dog et sans Glenn qui parle en dormant nous a fait du bien.

- Surtout d'être tout seuls tout les deux, vous en aviez besoin.

- Oui, surement.

- Vous n'êtes pas fait pour rester enfermer tout les deux. Vous avez besoin d'espace, c'est normal.

- On ne vas quand même pas renouveler l'expérience trop souvent. ce coup ci on a eu de la chance de ne croiser aucun rôdeurs mais ça ne sera pas toujours le cas.

- Daryl a été... Gentil ? Demanda t elle en hésitant sur ses mots.

Théa ria.

- Oui, adorable et aussi grognon que d'habitude !

Elles parlèrent un moment tout les deux, regardant au loin Rick, Daryl et Glenn décharger la camionnette, sereines a l'idée d'avoir de l'eau chaude et de l'électricité pour un long moment dans leur nouveau foyer.

Théa stoppa sa conversation quand elle vit les trois hommes se mettre soudainement a courir a toutes jambes dans leur direction.

Une alarme se mit soudainement a rugir dans l'enceinte de la prison. Un sentiment bien familier d'urgence se fit sentir et la peur coula dans leur veines.

- C'est quoi ce bordel ?! Hurla Théa en alerte.

Elle fut sur ses pieds en un quart de seconde. Mais elle n'eut pas le temps de réfléchir qu'une vague de rôdeurs passèrent le coin du mur.

- Merde ! Cria t elle en tirant sur le bras de Lori. Courrez !

Elle poussa Carl et sa mère en avant et fit face aux rôdeurs, dégainant son épée. Elle en tua trois avant de voir qu'ils avaient amené leurs copains. Trop nombreux pour elle seule. Elle choisi la fuite et rattrapa Lori et Carl.

- Dépêche toi ! Lui cria Lori alors qu'elle lui ouvrit une porte qui menait a l'interrieur de la prison.

Théa s'y engouffra rapidement et Lori referma la porte. Ils se retrouvèrent dans le noir mais des grognements se firent entendre un peu plus loin devant eux. Carl sortit le revolver de sa ceinture mais Théa lui fit baisser les mains.

- Non, chuchota t elle. Si tu tire tu vas tous les attirer ici et le couloir est trop étroit. Prend ça.

Elle sortit son lance pierre et le lui donna avec son sac rempli de billes de pierre.

- Tu bande et tire, ne réfléchit pas, ton œil sait ou ta main doit tirer.

Carl hocha la tête et arma l'élastique tandis que Théa levait son épée, temps pis pour l'étroitesse du couloir, elle n'avait pas le choix.

Ils avancèrent rapidement en silence mais rencontrèrent très vite les premiers rôdeurs.

- Putain mais d'où ils sortent ! Râla l'amazone. On avait tout sécurisés !

Carl rata ses premiers coups mais comprit vite comment faire et fit un carnage.

- T'es super Carl ! L'encouragea l'amazone. Continues !

Elle dégageait le passage aussi mais les mouvements de l'épée étaient entravés par la petitesse du couloir. Et elle qui se plaignait de ne pas avoir vu de rôdeurs durant leur ravitaillement... Elle aurait mieux fait de se taire...

Elle espérait que les autres avaient put se mettre a l'abri. Elle avait tout juste eu le temps de voir Rick, Daryl et Glenn courir vers eux avant qu'ils ne doivent battre en retraite. Des rôdeurs étaient aussi a leur trousse probablement. Mais comment était ce possible ? La prison était sécurisé ! Les morts n'avaient pas put entrer seuls, c'était impossible ! Inquiète pour eux et les autres, elle continua de découper, trancher, décapiter tout ce qui passaient a la portée de son épée.

- Ici ! Cria Lori en désignant une porte.

Elle la poussa et l'ouvrit en grand. Carl et Théa la passèrent, la refermant au nez des rôdeurs qui se mirent a pousser dessus.

- Et merde ! Gémit Théa en voyant les bras des rôdeurs empêcher la fermeture de la porte.

Elle eut beau pousser, impossible de refermer ! Carl vint a son renfort mais les rôdeurs s'agglutinèrent derrière.

Un cri déchirant lui parvint derrière elle. Lori s'était mis a hurler en se tenant le ventre.

- Maman ! Cria Carl sans lâcher la porte. Qu'est ce qui t'arrive ?

- Putain, putain, putain ! Râla Théa.

Ils devaient refermer la porte d'urgence pour qu'elle puisse venir en aide a Lori qui dut s'appuyer sur le mur pour tenir debout.

- Carl ! Hurla Théa. Pousse aussi fort que tu peux !

Elle recula, laissant Carl pousser tout seul et leva Excalibur. D'un coup elle trancha les membres dépassant et la porte se referma immédiatement.

Sans perdre un instant elle alla au prêt de Lori qui se tenait toujours le ventre en soufflant.

- Je crois que le bébé arrive, gémit elle, le visage déformé par la douleur.

Évidemment, se dit Théa. Ça ne serait pas drôle si le bébé avait décidé de naître a un moment moins dangereux et avec Herschel a proximité... Maudissant le destin, Théa soutint Lori et avança.

- Il faut t'emmener a Herschel, lui dit elle. Ça va aller.

Lori se laissa trainer péniblement, tenant a peine sur ses pieds tant les contractions étaient fortes. Ce n'était pas normal, les contractions ne devraient pas êtres déjà si rapprochées et si fortes. Le cœur battant par l'urgence, Théa enfonça une autre porte et y poussa Lori. Un cul de sac !

- Et merde !

Elle s'apprêta a faire demi tour mais Lori s'effondra.

- J'y arriverais pas, gémit elle. Le bébé arrive.

Accrochée a Théa elle se remit a hurler. La panique la prit a la gorge et Théa sentit une énorme nausée secouer son estomac.

- Accroches toi aux tuyaux, lui dit elle. Et respire.

Elle fit ce qu'elle lui demandait et s'employa a respirer profondément. Voyant l'amazone hésiter elle pris les devant.

- Tu peux m'aider a enlever mon pantalon, t'inquiète pas.

Alors ça s'était un comble, grogna Théa dans sa tête. C'est Lori qui la rassurait alors qu'elle était sur le point d'accoucher et elle elle avait peur de lui ôter son fichu jean ! Elle secoua la tête, se donna une claque mental et s'attaqua aux boutons. Tout en tirant sur le vêtement, elle tourna la tête vers Carl qui les regardaient d'un air choqué.

- Carl, lui dit Théa. Ça va aller, tu m'entend ? Ça va aller !

Elle même ne croyait pas a ses propres paroles ! Comment cela pouvait il aller ?! Elle n'était pas médecin et encore moins gynéco ! Si il y avait un problème elle ne saurait quoi faire.

" Ok, calme toi. Chaque chose en son temps "

- Allonge toi, je vais regarder où en est ton col.

Une fois au sol Théa enfonça aussi délicatement que possible sa main entre les jambes de Lori.

- J'ai envi de pousser, gémit cette dernière.

Mais Théa secoua la tête.

- Tu n'es pas assez dilatée, ne pousse surtout pas !

- Tu sais ce que tu fais, hein ? Demanda Lori.

Théa fixa les yeux épouvantés de son amie. Elle était morte de peur et elle même ne devait pas avoir meilleure mine. Elle s'employa pourtant a la rassurer.

- J'ai fait pouliner de nombreuses juments mais ça s'arrête la, répondit elle honnêtement. Mais je sais que la nature est bien faite et je sais que ton corps saura quoi faire ! Fais confiance a ton corps !

Lori hocha la tête, un peu rassurée avant de gémir a cause d'une nouvelle contraction. Théa ôtât sa main du corps de Lori, les doigts plein de sang.

Putain c'était VRAIMENT la merde !

- Lori arrête de pousser, il y a un problème !

Mais c'était plus fort qu'elle et son corps pousser de lui même.

- Arrête Lori s'il te plais !

Elle perdait trop de sang. A ce rythme elle allait se vider en quelques minutes. Déjà son visage devenait cireux et sa respiration difficile.

- Comme pour Carl, souffla t elle. Tu va devoir me faire une césarienne...

L'horreur souffla dans chaque fibre de son corps et son estomac se révulsa.

- Lori... Je ne peux pas faire ça ! Tu n'y survivra pas ! Je n'ai pas d'anesthésie, ni d'instruments.

- Tu as un couteau. Je refuse de laisser mon bébé mourir.

Une terreur sourde s'empara de l'amazone. Ce que lui demandait Lori était au delà de ses forces ! Elle entendais la respiration saccadée de Carl derrière elle. Elle ne pouvait quand même pas découper sa mère sous ses yeux. Pourtant, malgré elle sa main sortit son couteau de sa ceinture sans y penser.

- Lori... La seule césarienne que j'ai jamais faite sur un cheval s'est très mal finie... Pilpao a survécus mais pas sa mère... Ne me demande pas ça.

- Tu n'as pas le choix, soit nous mourrons tout les deux soit je meure mais mon bébé vivra. Je refuse qu'il meure, je t'en pris...

Lori attrapa sa main et la serra dans la sienne.

- S'il te plais, fais le pour le bébé. Je sais que tu sais ce que ça fait de perdre un enfant, s'il te plais, sauve le mien !

- Comment... ?

- Une mère en reconnais une autre, Théa. J'ai confiance en toi, tu vas y arriver.

La mort dans l'âme, Théa accepta. Lori pris le temps de dire au revoir a son fils alors que l'amazone tentait de reprendre le contrôle de ses membres tremblants. Enfin, Lori tourna son visage blanc vers elle.

- Vas y.

Théa ravala ses larmes et envoya son estomac se faire foutre. Sa main ce fit plus ferme sur son couteau et elle serra les dents.

- Carl, dit elle au jeune garçon qu'elle entendait sangloter. Retourne toi.

Mais a peine posa t elle le couteau sur la cicatrice de césarienne ayant servie a la naissance de Carl et qu'elle coupa les premiers centimètres de peau que Lori hurla de toute la force de ses poumons, vite rejoint par Carl.

- Pardon Lori, souffla Théa avant d'envoyer son poing dans la mâchoire de la jeune femme de toutes ses forces, l'assommant promptement.

- Qu'est ce que tu fais ?! Hurla Carl.

- Il vaut mieux qu'elle soit inconsciente, répondit Théa en reprenant son couteau. Elle ne souffrira pas. Ne regarde pas !

Elle trancha dans la peau et la chair, ignorant le flot de sang qui inonda ses mains. Mains qu'elle plongea dans la plaie et dans le ventre de Lori. Elle chercha quelques secondes parmi les entrailles avant d'attraper une petite jambe. Le cœur toujours au bord des lèvres, elle tira doucement dès qu'elle ut une bonne prise, tentant de faire abstraction des sanglots déchirants de Carl dans son dos. Doucement, le bébé sortit du ventre de sa mère. Un bras, une tête et un autre bras. Théa ôtât rapidement sa veste et enroula le petit corps dedans puis massa doucement la poitrine du bébé. Enfin le premier cri sortit. Il respirait !

- C'est une fille, souffla t elle.

Rapidement elle coupa le cordon et serra le bébé contre elle avant de poser deux doigts dans le cou de Lori. Aucun pouls ne battait, l'hémorragie l'avait vidée de son sang et son cœur n'ayant plus rien a pomper, s'était arrêté.

- Je suis tellement désolée, Lori... Carl ! Il faut partir !

Ils devaient partir d'ici avant que les rôdeurs ne les retrouvent. Mais Carl ne bougea pas, il fixait le corps sans vie de sa mère.

- Carl, viens mon grand. On ne peux plus rien faire, je suis désolée.

- Je sais.

Le petit faisait vraisemblablement un effort incommensurable pour ne pas se remettre a pleurer. Au bout de son bras son révolver tremblait entre ses doigts. Arme qu'il pointa vers la tête de sa mère.

- Tu n'es pas obligé de le faire, je peux m'en occuper.

- C'est ma mère, répondit il. C'est a moi de le faire.

Au moment ou il appuya sur la détente, Théa vit disparaitre a jamais son âme d'enfant de ses yeux.

- Ça va aller Carl, lui murmura t elle une fois sortit de la pièce, abandonnant sur place le corps de Lori. Tu es très courageux, je suis fière de toi.

Il serrait fort sa main dans la sienne tandis qu'il traversaient les couloirs sombres. L'alarme s'était arrêté et le chemin était libre. Le bébé avait cessé de pleurer aussi mais Théa le sentait bouger contre elle. Elle devait rejoindre le reste du groupe et priait fort pour qu'aucun autre ne soit mort dans cette attaque soudaine. Elle ne se demandait même plus comment les morts avaient pu entrer dans la prison, elle était trop choquée par ce qu'il venait de ce passer et trop inquiète pour Daryl.

Elle pria pour ne croiser aucun rôdeurs, elle ne pourrait les affronter avec un bébé dans les bras. Elle devait déjà mobiliser toute sa concentration pour ne pas faire tomber le bébé de ses bras tremblant.

Évidemment la vie ne lui fit même pas ce petit cadeau et des cadavres surgirent au détour d'un couloir. Elle freina des quatre fers, prête a faire demi tour. Mais Carl arracha sa main de la sienne. Elle le sentit s'emparer de son épée et la sortir de son fourreau. En hurlant, il la fit voler et découpa promptement en deux le premier rôdeur. Carl ne fit pas de quartier et les autres monstres subirent le même sol. La rage et la colère qui brillait dans les yeux du petit garçon lui fit presque peur quand il se retourna vers elle, une dizaine de rôdeurs a ses pieds. L'épée ballante a son côté, trop lourde pour lui maintenant que la rage refluait.

Théa lui un signe de la tête et l'intima a avancer.

Enfin un peu de lumière les guida vers la sortie. Elle entendait des voix derrière la porte devant elle et accéléra le pas. Elle poussa la porte et fut éblouie par la lumière.

Un vent de soulagement souffla a l'intérieur de Daryl en voyant sa compagne sortir du bâtiment. Mais son sourire se fana rapidement. Théa s'avança vers eux, couverte de sang et serrant un petit paquet gigotant contre elle. Le visage ravagé de douleur, elle fixait Rick avec ses yeux brillants de larmes alors que des petits pleures de bébé sortaient du paquet.

- Elle est où ? Demanda Rick, visiblement choqué. Elle est où ?!

Théa secoua négativement la tête et il virent nettement le sol s'ouvrir sous les pieds du Shérif. Il voulu entrer dans la prison par la porte que venait de prendre Carl et Théa mais l'amazone l'en empêcha.

- Tu n'as pas besoin de voir ça, Rick. Je suis désolée.

Rick s'effondra aux pieds de son fils qui se tenait droit et immobile, mais toute la peine du monde brillait dans ses yeux.

Enfin, Théa tourna la tête vers Daryl et il vit un éclair de soulagement passer dans son regard. Il courra vers elle et un sanglot s'échappa de sa gorge quand il passa ses bras autour d'elle.

- J'ai du faire naitre le bébé, pleura t elle dans son cou. Elle me l'a demandé. Elle m'a supplié.

- Je suis sur que tu as fait ce qu'il fallait, murmura t il a son oreille.

Elle s'écarta, avala sa salive et ses larmes.

- Tu n'as rien ? Demanda t elle.

- Non. J'ai juste eu la frousse que tu soit blessée. Les rôdeurs ont tout envahit. On a trouvé le grillage ouvert. C'était volontaire... Je vous ai vu entrer dans la prison, on étaient a votre recherche.

La peur faisait trembloter sa voix.

- Je vais bien, répondit elle d'une voix assurée avant de se tourner vers Herschel. J'ai du faire une césarienne a Lori a sa demande. Elle perdait trop de sang, le bébé serait mort lui aussi si je ne l'avais pas fait.

Elle confia le bébé dans une paire de bras sans regarder de qui il s'agissait puis s'enfuit en courant. Daryl voulu la suivre mais Herschel lui attrapa le bras.

- Vous devriez la laisser, lui conseilla t il.

Mais Daryl arracha son bras et lui lança un regard coléreux.

- Elle a besoin de moi ! Grogna t il.

- Oui, bien évidemment. Mais vous devriez lui laisser quelques minutes.

Daryl obtempéra a contre cœur et regarda Théa disparaitre au coin d'un des bâtiments.

Elle couru un moment avant de se sentir suffisamment loin des autres. Elle s'arrêta, essoufflée et se laissa tomber assise contre le mur. Elle ferma les yeux et tenta de maitriser sa respiration pour ne pas laisser libre court a sa panique. Ses mains tremblaient et chacun de ses battements de cœur étaient douloureux. Prête a finalement s'offrir une jolie crise de panique, les yeux fermés et les points serrés sur ses paupières a s'en faire mal. L'odeur du sang sur elle la révulsa et un long sanglot lui déchira la gorge. La scène se rejouait dans sa tête, cherchant par tout les moyens de changer ce qui venait de se passer. Mais rien ne ramènerait Lori a la vie ou ne changera le fait qu'elle venait d'ouvrir a vif le ventre de son amie et sous les yeux de son fils. Cette image allait la hanter jusqu'à la fin de sa vie.

Elle était si heureuse le matin même... Comment la vie pouvait elle basculer a ce point en quelques minutes ?

Elle se fit violence pour ravaler sa panique, ça ne servait a rien de craquer et ça lui ferait encore plus mal. Elle ne rouvrit les yeux que quand elle entendit des pas s'approcher d'elle. C'était Carl.

Immédiatement elle lui ouvrit les bras et il s'y laissa tomber avant de fondre en larmes.

- Ça va aller, bonhomme, chuchota t elle a son oreille. Tu vas y arriver, tu n'es pas tout seul.

Il s'accrochait a elle, étouffant ses pleurs dans son t-shirt.

- Ta petite sœur va avoir besoin de toi, continua t elle en le berçant. Je sais que tu es fort, tu l'as déjà prouver.

Elle releva la tête en entendant de nouveaux pas. Elle regarda Daryl s'assoir a ses côtés, apportant son soutient silencieux.

Putain de vie.


Le chapitre suivant est déjà en partie écrit mais j'ignore la date de sa publication. Ça peut être demain comme la semaine prochaine :p

N'hésitez a me laisser vos impressions en review et a très vite !