Un peu de guimauve ça vous dit ? :p Vous allez être servis ! Bonne lecture !


Chapitre 30

Le visage dans son cou, il frottait son nez dans ses cheveux, goutait du bout de la langue la peau sucrée, écoutait le souffle tranquille qui sortait de ses lèvres. Il était bien, le cœur gonflé et l'esprit apaisé. Il avait terriblement chaud, son corps ainsi collé au sien mais pour rien au monde il n'aurait bougé. Il ne quittait son cou que pour picorer ses lèvres et jouer avec sa langue.

Il ne l'avait jamais vu si sereine qu'a cette instant. Son corps alangui et entremêlé au sien avait un gout de paradis. Il avait été inquiet, quand il était redescendu de son petit nuage dans les douches, qu'elle regrette, qu'elle le rejette. Mais au contraire, elle s'était accrochée a lui, le regard empli de reconnaissance mêlé de fatigue. Alors, il les avaient enroulés dans des serviettes et l'avait emmenée dans leur chambre.

Elle s'était rapidement endormie, restant accrochée et blottie contre lui, vaincue par la journée de fou qu'ils venaient de vivre. Mais il avait compris qu'elle venait réellement de tourner une page de sa vie.

Il l'avait regardé dormir un moment, le corps envahit par un flot de sentiments nouveaux. Il ne chercha même pas a comprendre ce qu'ils signifiaient, il se contenta de savourer la plénitude qui se répandait lentement. Allongé sur le dos et la jeune femme endormie sur lui, il repensa au jour ou il l'avait trouvée dans la forêt. Et réalisa le chemin parcouru depuis. Pas une seconde depuis ce jour il n'avait regretté de l'avoir ramenée au camps. Il ne croyait pas en l'âme sœur ( l'amour en revanche il dut bien admettre que oui, a présent il y croyait ) mais dans la forêt ce soir là, quelque chose l'avait poussé a venir en aide a cette cinglée avec son épée et son cheval.
Pas si cinglée au fond, se dit il en souriant tout seul dans le noir de sa chambre. Car quand on savait, qu'on connaissait le passé de Théa, on ne pouvait que se dire qu'elle était incroyablement forte. En fait, il était admiratif de ce petit bout de femme. Car malgré tout, elle avait survécu. Survécu a son enfer dans la troupe, a la perte de son enfant. Survécu a l'apocalypse. Et elle avait encore la force d'aider les autres, de participer a la survie du groupe.
Dans les moments ou la vie leur foutait un peu la paix, il voyait sa nature profonde reprendre le dessus. Elle riait, plaisantait, boudait, se battait avec de la nourriture, se faisait rattraper par son âme d'enfant. C'était cette Théa là qu'il aimait aussi, celle qui lui retournait les tripes juste avec son rire.

Il s'était endormit sur cette pensée, un sourire sur le coin des lèvres.

Ce fut elle qui le réveilla le lendemain matin. Sa petite main glissant et dessinant des arabesques sur son torse. Il ouvrit un œil pour la découvrir face a lui, le menton posé sur sa main et a moitié allongée sur lui. Elle sourit de le voir réveillé mais il referma les yeux et la tira a lui. Elle ne résista pas quand il la renversa sur le matelas et s'installa au dessus d'elle, plongeant dans son cou pour y nicher son nez et respirer son odeur.

- C'est quoi cette obsession bizarre que tu as pour mon cou ? rit elle alors que son souffle lui chatouillait la peau.

Il grogna contre sa gorge et l'explora pendant qu'elle baladait ses doigts dans son dos et ses cheveux, tirant sur les mèches de sa nuque.

Ce matin ils pouvaient pleinement profiter de ces quelques instants rares de calme et de bonheur, sachant que cette journée aussi serait difficile. Ils devaient sécuriser la prison, trouver les brèches, nettoyer les couloirs infestés, enterrer leurs morts...

Il chassa cette pensée, pour le moment égoïstement il voulait profiter encore du corps chaud contre lui. Pressé contre elle, il avait envie de plus, d'explorer, de toucher, de gouter. La veille il n'avait pas pu, mais maintenant il voulait lui montrer ce qu'il avait au fond du cœur. Parce que c'était plus facile de le montrer que de le dire pour lui.

Mais avant il plongea dans les iris verts.

- Tu me fais confiance ? Demanda t il.

- Je suis a toi.

Un frison violent lui traversa l'échine et il grogna de plaisir. Il descendit un peu, embrassant toute la peau qui était a sa portée, ayant l'impression de partir a la découverte d'une terre inconnue. Elle ne l'avais jamais laissé aller si loin alors il explora, découvrant que son ventre et sa poitrine étaient eux aussi couvert de taches de rousseur mais vides de cicatrices. Il nicha son nez sous chacun de ses seins, mordilla la peau douce, compta les côtes avec sa langue, titilla le nombril. Enhardi, il descendit encore, embrassant les pointes de ses hanches et frotta son nez le long de sa cuisse. Puis il remonta, soufflant dans la toison brune entre ses jambes, une main allant dessiner le contour de l'un de ses seins.
Attentif a ses réactions, il écoutait avec bonheur ses soupirs appréciateurs et se délecta du frison et de la chair de poule qui recouvra sa peau, des jambes qui tremblotèrent et de sa respiration qui se fit courte. Il pouvait presque entendre son cœur battre contre ses côtes.
Elle sentait tellement bon, tellement différent de la puanteur de la mort qui régnait dehors. Il adora se perdre dans cette odeur, oubliant tout, savourant toutes les sensations que chacun de ses râles provoquaient en lui.

- Daryl...

Il remonta, écartant ses cuisses pour s'y faufiler, son corps s'imbriquant encore parfaitement au siens. Elle plongea ses mains dans ses cheveux.

" Elle peut bien parler de mon obsession pour son cou, se dit il. Elle, elle passe son temps les mains dans mes cheveux ! "

Tirant sur ses mèches, elle le remmena vers son visage et il lui dévora la bouche, explorant chaque recoin de sa langue, ravi de la voir répondre au baiser avec enthousiasme. Encore plus quand il la sentit commencer a remuer timidement les hanches, frottant son bassin au sien. Son érection était déjà bien en forme et maintenant elle devenait carrément douloureuse.
Mais il avait envie de jouer un peu, de la faire languir.

Il quitta sa bouche, la faisant grogner de frustration. Grognement qui se transformation en gémissement quand il happa entre ses lèvres le mamelon rose qui se tendait vers lui. Satisfait de la sentir se tendre de plaisir, il joua avec, l'enroula avec sa langue, l'aspira, le croqua même un peu.
Il s'en délecta, surprit de voir a quel point lui donner du plaisir le remplissait de bonheur. Il ne s'était jamais préoccuper du plaisir de ses anciennes partenaire d'une nuit avant, ou très peu. Mais là il voulait pousser le jeu, l'entendre gémir, la sentir se tordre sous ses caresses, l'envoyer au septième ciel.

Il sentait ses mains se crisper dans ses cheveux avant de descendre sur ses épaules. Il imposa la même traitement au deuxième petit bouton rose, sentant que son jeu allait finir par le faire lui même craquer tant il se sentait dur et douloureux.

- Daryl, gémit elle en pressant ses doigts dans ses épaules.

Il remonta a nouveau pour plonger dans les yeux verts. Ils brillaient d'excitation et d'une pointe de gène, son visage était rouge, son souffle court.

- Daryl...

- Qu'est ce que tu veux ? Demanda t il sans quitter son regard.

Elle se mordit la lèvre inférieure et il trouva ça diablement sexy.

- Fais moi l'amour, demanda t elle en enroulant ses bras autour de son cou.

- A vos ordres, Princesse, grogna t il.

Une fois de plus il avait l'impression de toucher du bout du doigt le paradis quand leur deux corps ne furent plus qu'un. Il se découvrait des trésors de douceur et de tendresse. L'amour changeait tout et il avait l'impression de découvrir ce que c'était vraiment. Et vraiment il adorait ça. Bouger a l'unisson, frisonner a chacun des râle de l'autre, sentir la bulle chaude gonfler dans le ventre et leurs cœurs battre en écho.

Et partirent ensemble faire un mini voyage dans ce fameux paradis de leur enfer quotidien.


C'est avec des sentiments partagés qu'ils se levèrent finalement du lit. Heureux de leur nuit et d'avoir franchit un cap très important dans leur relation. Théa en semblait vraiment soulagée, elle laissait ses fantômes derrière elle pour avancer et avoir une chance d'être heureuse. Et elle n'avait qu'à regarder Daryl pour savoir que c'était possible.

Mais le reste de la journée ne serait pas réjouissant et ils le savaient.

Daryl l'embrassa une dernière fois, puisant encore un peu de force et de courage.

C'est avec surprise qu'ils découvrirent Rick présent dans le réfectoire. Il marchait en berçant sa fille doucement au milieu des mines un peu déconfites des autres. L'ambiance n'était pas a la fête et la morosité régnait. Théa jeta un coup d'œil a Daryl.

Finit leur petit nuage, retour a la dure réalité.

Daryl alla leur servir un peu de café tandis que Rick s'approchait d'elle.

- Je voulais te remercier, dit il. Ce que tu as fait pour Lori et ma fille. Tu l'as sauvée, deux fois. A la mettant au monde et en trouvant de quoi la nourir avec Daryl. Merci a tout les deux.

- Faut pas, répondit l'amazone. J'aurais aimé sauver Lori aussi.

- Ouais, je sais.

Il n'ajouta rien mais elle vit le reste dans son regard et sut qu'il lui faudrait un peu de temps mais il reprendrait pied. La petite chose qui s'agitait dans ses bras sera une bonne raison de se battre. Ses yeux se posèrent sur le bébé et elle tendit les bras.

- Je peux ?

Il la lui donna volontiers, devant de toute façon aller se remettre au travail. Il partit avec Glenn et Maggie faire le tour de la prison pour trouver et réparer les brèches. Les prisonniers, Axel et Oscar, allaient les accompagner. Ils les avaient aidés la veille et Rick semblait leur accorder une confiance relative.

Théa s'installa sur l'un des bancs de la table en face de Daryl. Il la regarda sourire et faire des grimaces au bébé, très a l'aise. On voyait qu'elle avait l'habitude de porter et de s'occuper de jeunes enfants. Elle avait été maman après tout. En la regardant embrasser les petites joues potelées, il fut pris d'un doute et une pointe d'angoisse lui souleva l'estomac. Théa avait toujours aimé les enfants en fin de compte, il n'y avait qu'à la voir avec Carl et maintenant avec le bébé. Elle avait perdu son fils. Et si elle en voulait d'autres des enfants ?

Il s'étouffa a moitié avec son café quand l'image de lui changeant une couche lui traversa l'esprit.

- Qu'est ce qui t'arrive ? Lui demanda Théa alors qu'il crachotait.

Il ne voulais pas être père ! En tout cas il ne l'avais jamais envisagé ! Encore moins maintenant que l'apocalypse était sur eux. Puis, malgré lui, il l'envisagea tout de même. Dans quelques années, si ils survivaient et qu'ils parvenaient a vivre a peu prêt normalement dans un endroit où ils seraient en sécurité. Un enfant de lui et de Théa. Si elle le lui demandait...

Il se mit une caque mental quand il sentit une mini esquisse de sourire lui tirer les coins de la bouche. Et puis quoi encore ?!

- Te bile pas, cow-boy, lui dit Théa, comprenant ce qui le perturbait. Je ne peux plus en avoir.

Il aurait dut être soulagé mais il eut juste mal au cœur d'entendre la tristesse dans sa voix.

- Pourquoi ? Demanda t il.

Elle haussa les épaules.

- La naissance de Connor a été difficile.

Il ouvrit la bouche mais il fut interrompu par Herschel qui demanda a le voir.

- Vas y, lui sourit Théa. Je vais m'occuper d'elle et de Carl aujourd'hui. Ça va maintenant.

- T'es sure ?

- Oui, vas y je te dit ! Merci.

Le sourire chaleureux qu'elle lui adressa le rassura et il alla rejoindre Herschel, la laissant cajoler le bébé.

Le vieil homme l'attendait devant les cellules, en équilibre encore instable sur ses béquilles.

- Je voulais te parler de Rick, commença t il. Il va mal.

- Parce que vous iriez bien vous a sa place ? Grogna le chasseur.

- Bien sur que non. C'est normal et nous comprenons tous qu'il perde pied mais ce n'est pas le moment.

- Vous pouvez pas lui foutre la paix un peu ? On a perdu trois membres du groupe, on a tous envi de faire notre deuil.

- Sauf qu'il est notre chef et que c'est lui qui prend les décisions pour nous. C'est triste a dire mais je ne suis pas sur que ses futurs choix seront les bons. Donc j'aimerais que tu prenne les commandes, au moins le temps que Rick aille mieux.

- Vous êtes pas chier quand même ! C'est vous qui avez fait de Rick notre boss alors qu'il a rien demandé ! Et moi non plus j'ai rien demandé ! Moi ce que je vois, c'est que se sont toujours les mêmes qui doivent prendre les décisions difficiles et faire le sale boulot !

Il était un peu dur avec Herschel, il en était conscient. Mais savoir qu'il allait partir a la recherche de Carol probablement transformée en rôdeur le mettait de mauvaise humeur.

- Tu en a fait beaucoup, Daryl, continua Le vieux. Toi et Théa. On a tous vu qu'elle avait vu ou vécu quelque chose de traumatisant hier et je ne parle pas de l'accouchement de Lori.

- Foutez la paix a Alethéa aussi ! S'énerva t il. Aujourd'hui elle a mérité de se reposer et je vous interdit de lui poser des questions !

- Personne n'en a l'intention.

Herschel restait calme face a lui et ça l'agaçait. Mais il était rassuré de savoir qu'il n'allait pas parler a Théa et il s'obligea a se calmer.

- Ok, répondit il. Pour Rick je vais garder un œil sur lui et voir ce qu'il compte faire. Mais aujourd'hui j'ai un travail a faire.

- Fais ce que tu as a faire, approuva Herschel. Je vais veiller sur les autres, qu'ils mangent et qu'ils se reposent.

Daryl lui fit un signe de tête et se mit en route en direction du couloir où il avait trouvé le foulard de Carol. Il passa par le réfectoire pour sortir. Théa donnait le biberon au bébé tout en discutant joyeusement avec Carl. Elle lui avait dit qu'elle s'en voulait de la façon dont elle lui avait parlé la veille mais tout semblait rentré dans l'ordre et il quitta le bâtiment l'esprit un peu plus tranquille après qu'elle lui ai lancé un " Soit prudent ".

La tranquillité fut de courte durée quand il se retrouva dans le couloir du bloc C. C'était le mitard et le couloir comprenait de nombreuse pièces. Il dut inspecter chacune d'entre elle, ayant peur de louper quelque chose.

Il mit plusieurs heures a faire le tour de tout le bâtiment, ouvrant toutes les portes, explorant chaque recoin, une angoisse sourde grandissante dans sa poitrine.

Il appréhendait le moment ou il trouverait le corps de son amie. Et plus le temps passait, plus il était inquiet. Il ne savait pas ce qui serait le mieux. Qu'il retrouve le corps de Carol a moitié dévoré ou de trouver un rôdeur a sa place. Il ne pouvait pas ne pas savoir, ne pas vérifier. Il ne pouvait pas la laisser errer parmi les autres monstres sans repos.

Sauf qu'il ne trouvait rien et les rares rôdeurs sur lesquels il tomba ne ressemblaient pas a Carol.

Enfin, il arriva devant la derrière porte. Il y avait du bruit derrière. Il pouvait entendre une respiration difficile. Un autre rôdeur.

Il hésita tout a coup. Il n'avait trouvé Carol nul part. Donc il n'y avait que deux solutions. Soit son amie s'était faites dévorée entièrement et se trouvait parmi les reste éparpillés ici et là qu'il avait vu un peu partout. Ou elle était derrière la porte devant lui.

Il hésitait.

Arriverait il a planter son couteau dans le crâne de Carol ?

Oui. Il le ferait. Mais cela voulait pas dire qu'il était pressé de le faire...

Il s'alluma une clope pour gagner du temps et s'assit contre le mur en face de la porte. Il ferma les yeux en tirant sur sa cigarette. L'image de Théa s'imposa immédiatement dans son esprit, lui insufflant un peu de courage. Il avait hâte de la rejoindre mais pour ça il devait finir son boulot. Il écrasa son mégot et se releva brutalement. Sans réfléchir il attrapa la poignée de la porte et l'ouvrit en grand.


- Tu as réfléchit pour lui donner un prénom ? Demanda Théa a Carl.

Ils étaient tout les deux dans la cellule de ce dernier. Le bébé s'était endormit dans les bras de l'amazone qui la berçait dans ses bras.

- Ouais, j'ai eu une idée. Mais je sais pas si ça plaira a mon père.

- Il t'a dit de choisir, non ? Alors peu importe ce que tu as choisit je suis sure que ça va lui plaire. Du moment que c'est pas Bernadette ou Simone, rit elle.

- Ou Marceline, répondit il en riant a son tour.

- Berk ! Y 'a vraiment des gens qui appellent leurs enfants comme ça ?

- Faut croire mais non ce n'est pas ça.

- C'est quoi alors ?

- Bah, j'aimais bien le prénom de ma maitresse a l'école. Elle s'appelait Judith.

- Judith ?

Elle fit mine de réfléchir en voyant l'air inquiet de Carl en attendant son verdict.

- J'adore ! S'écria t elle en souriant. C'est parfait.

Le gamin parut soulagé, ce qui ajouta a son hilarité. Carl se joignit a elle et le bébé s'agita, réveillé par leur rire.

- Qu'est ce qui vous fait rire ? Demanda Rick qui passait par là.

Théa lui sourit et tourna sa fille vers lui.

- Carl a trouvé un prénom, dit elle. Je te présente la jolie petite Judith Grimes.

Rick lui rendit son sourire en posant une main sur l'épaule de son fils.

- Très bon choix.

Son regard retrouva un peu d'éclat quand il regarda sa fille ouvrir de grands yeux noisettes sur lui.

- Venez m'aider ! Hurla une voix.

Ils sortirent de la cellule précipitamment. Dans le couloir ils virent Daryl courir vers eux, un corps dans les bras. Les cheveux court et gris ne leur laissèrent aucun doute sur son identité.

- Elle est vivante ! Cria t il. Il faut de l'eau.

Théa déposa Judith dans les bras de son père et aida Daryl a déposer Carol dans un lit.

- Carl, va chercher Herschel ! Ordonna t elle.

- Elle n'a pas de morsure, annonça le chasseur quand le vétérinaire arriva auprès de sa patiente.

- Elle est déshydratée et épuisée mais sinon elle va bien, les rassura t il.

- Elle était au mitard, expliqua Daryl. Elle était coincée dans une cellule.

Il n'en croyait pas ses yeux ni sa chance. Il avait cru rêver quand il l'avait découverte inconsciente mais vivante dans le noir de la petite pièce.

- C'est incroyable... Souffla t il, encore étonné.

- Tu vas bien ? Lui demanda Théa en glissant une petite main dans la sienne.

- Oui, ça va. J'y crois pas de l'avoir retrouvée.

- Tu l'as sauvée.

Elle lui sourit et il se dit que finalement cette journée ne serait pas si pourrie que ça. La chance semblait peut être être leur côté pour une fois.


Carol resta inconsciente encore quelques heures avant de revenir a elle. Elle ouvrit les yeux sur le visage de Théa.

- Salut, lui sourit elle. Bienvenue parmi les vivants !

- Aïe, pas si fort, j'ai une migraine atroce !

- Désolée.

Elle l'aida a se redresser dans le lit et le tendit une bouteille d'eau. Carol la vida d'un trait avant de regarder autour d'elle.

- Qu'est ce qui s'est passé ?

- Andrew, expliqua l'amazone. Il a voulu se venger et ça a foutu la merde. Apparemment tu t'es retrouvée coincée au mitard. Daryl t'a retrouvée ce matin.

- Toujours le même qui vient a mon secours, sourit Carol. Il va bien ?

- Lui va bien oui.

Carol examina la mine déconfite de Théa et comprit.

- Qui ? Je sais déjà pour T-Dog, il est mort pour me sauver la vie.

Théa se mordit la lèvre et se tortilla sur le lit sur lequel elle s'était assise.

- Lori...

- Ho, non... Gémit Carol.

Théa lui raconta sans entrer dans les détails, la voix emplie de tristesse.

- Le bébé va bien, finit elle. C'est une petite fille.

Carol tendit une main pour prendre la sienne et la serra.

- Je suis sure que tu as fait ce qu'il fallait.

Tout le monde lui disait ça... Mais elle ne parvenait pas a s'en convaincre. Mais ça passerait. Avec le temps. En voyant Judith grandir.

- Rick est anéantit, continua t elle. Il essaye de garder pied mais je crois qu'il va vraiment mal. Je ne sais pas comment l'aider...

- Tu ne peux pas ma chérie. Tu as sauvé sa fille et je crois que c'était la seule chose a faire pour qu'il se batte. Rick est fort, il y arrivera.

- Tu semble toujours si sure de toi et si confiante.

- Il en faut bien une qui reste optimiste, non ?

Théa sourit.

- Oui, j'imagine que oui. Heureusement que Daryl t'a retrouvée alors sinon on risquait de tous finir en dépression par excès de pessimisme !

Elles rirent ensemble et cela leur fit du bien.

- Carl a appelé sa petite sœur Judith, lui apprit elle. Tu verra elle est magnifique.

- Vous avez trouvé de quoi la nourrir ?

Le visage de Théa se ferma brusquement et elle détourna le regard.

- Oui on a trouvé.

Pour changer de sujet elle se pencha pour attraper le plateau repas qu'elle avait préparer pour Carol.

- Tu dois avoir faim ! Je t'ai fait un sandwich.

- T'es mignonne.

Elle croqua avec appétit dedans en lui demandant comment elle avait trouvé le pain.

- On a trouvé une machine a pain quand on est partis avec Daryl. On avait déjà ce qu'il fallait dans la cantine de la prison, farine, levure, céréales et Beth a réussi a faire du pain. On a aussi trouvé beaucoup d'essence.

Carol n'était pas dupe, elle avait bien vu que Théa avait esquivé le sujet du lait pour bébé et elle se demanda bien pourquoi.

- Tu peux me parler tu sais, lui dit elle.

- Te parler de quoi ?

Elle s'agita sur le lit, mal a l'aise.

- Je vois bien que tu as quelque chose sur le cœur. Ce n'est pas bon de le garder uniquement pour toi. Ça va te bouffer.

- Je ne crois pas qu'en parler va m'aider non plus. Ça ne changera rien.

- Je pense que si, ça te soulagera.

Théa considéra Carol un instant. Si il y en avait bien une qui pouvait la comprendre c'était bien elle. Peut être était ce a cause de sa nuit avec Daryl mais elle se sentait prête a partager son secret avec elle.

- J'ai perdu un enfant, il y quatre ans environ.

La peine fut visible sur le visage de Carol mais elle ne parut pas surprise.

- Tu avais deviné ? Demanda Théa.

- Une mère en reconnais une autre.

- C'est ce que m'a dit Lori avant de mourir...

- Et plusieurs fois tu m'a dit comprendre ce que je vivais a la mort de Sophia. Ce n'était pas difficile a deviner.

Théa hocha la tête et plongea une main dans la poche intérieur de sa veste. Elle en sortit la photo que Daryl avait récupérée dans sa caravane et la lui tendit.

- Il s'appelait Connor.

- Il est magnifique, sourit Carol en regardant la photo. Il te ressemble tellement.

- Oui, il n'a rien pris de son père, heureusement pour lui.

- Et son père est...

- L'homme a qui j'appartenais oui.

- Tu ne lui appartenais pas, Théa. Tu n'appartiens a personne.

- Hunter n'aurait pas été d'accord avec toi, répondit elle. Il en avait rien a foutre de son fils. Comme toi, a la naissance de Connor, j'aurais cru qu'il se calmerait. Mais il ne s'était déjà pas calmé pendant ma grossesse. Ça n'a rien changé, il était toujours aussi violent. C'était même pire. Il se servait de lui, menaçait de lui faire du mal si je ne lui donnait pas ce qu'il voulait.

- Pourtant tu m'as dit qu'il ne te touchait plus depuis 3 ans au CDC.

- Connor avait une anomalie cardiaque, son cœur fatiguait vite. Je n'ai pratiquement pas travaillé pendant deux ans, ne participais plus aux spectacles, Connor avait besoin de surveillance et de soin constant. Ça rendait Hunter fou.

Il avala sa salive avant de continuer.

- La nuit où Connor est mort, les médecins ont dit qu'il avait fait une crise cardiaque dans son sommeil. L'un des médecins a vu les bleus que j'avais sur les bras et m'as dit que parfois des " accidents " pendant une grossesse pouvait engendrer des problèmes sur le bébé, des problèmes comme un cœur malade. Hunter était responsable de la mort de mon fils. Je crois que c'était ce qu'il essayait de me dire... Le soir même il est venu dans ma caravane, complétement bourré.

- Le soir même ?! Quel enfoiré !

- Je lui ai cassé le nez.

Elle eut un pauvre sourire.

- La tête qu'il a fait ! Ça faisait des années que je ne protestait plus. Il ne s'y attendait pas. Il n'a plus jamais réessayé.

Carol lui prit a nouveau la main et lui sourit.

- Je suis fière de toi, lui dit elle. Moi je n'ai jamais eu ce courage avec Ed.

- Ed n'a pas tué votre enfant.

- C'est vrai mais j'aurais du mieux la protéger.

- On fais tous ce qu'on peux pour protéger nos enfants.

- Oui.

Carol regarda a nouveau la photo.

- Tu l'a gardé depuis tout ce temps ?

- Non. Quand l'apocalypse a commencé et que la panique s'est répandue dans la troupe je n'ai rien pu emporter a part mon épée et Pilpao. Judith avait besoin de lait et je savais que j'en trouverais dans la caravane de ma collègue. On y est allé avec Daryl. On est tombé sur Hunter, transformé en rôdeur.

Elle ne décrit pas la terreur sourde et le choc qu'elle avait ressentit. La panique et la peur l'avait paralysée et elle n'avait pu que se mettre a hurler devant la vision d'horreur. Jamais elle n'aurait cru que cet homme pouvait lui faire encore plus peur que la première nuit ou il était venu pour la violer.

Elle secoua la tête pour chasser cette image.

- Heureusement Daryl était là. Il m'a encore sauvée.

- Le valeureux héro qui sauvent sa princesse en détresse, ria Carol pour détendre la jeune femme. On croirait un compte disney.

- Mais c'est quoi cette obsession pour les disney ?! Daryl est pareil !

Leur fou rire fut libérateur et Théa se sentit plus légère après ça. Carol avait eut raison, elle n'aurait pas dut garder ça pour elle si longtemps.


La résurrection soudaine de Carol remit du baume au cœur a tout le monde et apporta un regain d'énergie.

Leur petite vie s'installa gentiment et la prison devint vite un endroit confortable pour vivre. Tout s'organisa gentiment, occupant les esprits. Des repas et des nuits régulières leur redonnèrent des forces. Rick s'isolait beaucoup, préférant chasser et passer du temps a l'extérieur. Daryl le garda a l'œil comme il l'avait promis a Herschel mais le Shérif ne fit rien de déraisonnable ou de dangereux. Alors ils le laissèrent tranquille et virent les efforts qu'il faisait pour garder la tête hors de l'eau. Il s'accrochait pour son fils et sa fille, reconnaissant de pouvoir déléguer un peu les décisions aux autres.

Daryl et Théa pouvaient enfin prendre le temps de se découvrir pleinement et le chasseur apprécia la nouvelle Théa. Plus détendue, moins crispée, plus confiante et surtout plus câline. Il n'avait de cesse d'explorer son corps et bientôt il le connu par cœur, chaque grain de beauté, chaque tâche de rousseur, toutes ses courbes et les endroits les plus sensibles. Il découvrit qu'elle était très chatouilleuse et se fit un plaisir d'en abuser. Elle souriait et riait plus souvent. Lui même se découvrit moins râleur, moins renfermé et moins désagréable avec les autres.
Elle passait aussi beaucoup de temps a s'occuper de Judith dès qu'elle le pouvait. Redécouvrant les plaisirs d'être mère même si Judith n'était pas sa fille. Donner un biberon la remplissait de joie. Il aimait bien lui aussi le faire de temps en temps mais se sauvait en courant quand il fallait changer la couche. Il aimait beaucoup sa petit dure a cuire mais il ne fallait pas trop lui en demander.

Ils étaient a la prison depuis trois semaines déjà et aucun incident ne vint perturber leur petit quotidien. Il commençait presque a se faire chier.

Heureusement, il vint le moment ou ils devaient repartir en ravitaillement et il s'empressa de se proposer. Accompagné de Théa, Glenn et Maggie ils prirent une voiture et allèrent explorer le centre ville a la recherche de vêtements pour bébé, de nourriture et de munitions, ces dernières venant a manquer.

Glenn et Maggie partirent de leur côté pour maximiser leurs chances de trouver quelque chose. Théa les regarda s'éloigner en souriant.

- Tu crois qu'ils sont venus juste pour pouvoir faire des cochonneries loin des oreilles d'Herschel ? Ria t elle.

La chambre du couple jouxtait celle du vétérinaire et ce n'était pas pratique pratique pour les câlins. Souvent ils s'isolaient dans l'une des tour de surveillance pour être tranquilles.

- Je sais pas mais je trouve que c'est une idée brillante, répondit le chasseur en lui attrapant les hanches pour la coller a lui.

Elle le laissa l'embrasser et glisser ses mains sous son chemisier.

- Arrête espèce d'obsédé, on a du boulot, lui dit elle sans pour autant le repousser, pire elle balada même ses propres mains sur son torse.

Il ne se lasserait jamais de son goût et se délecta de sa langue qui joua avec la sienne.

Ils firent quelques trouvailles. Judith aurait de quoi manger pendant un mois après qu'il découvrit plusieurs boites de lait en poudre dans une ancienne garderie.

- Je vais mettre tout ça dans la voiture.

- Ok, je regarde la dernière pièce et je te rejoint.

Il venait de déposer son fardeau a l'arrière de son pick up et se retourna vers la boutique quand un mouvement le fit s'immobiliser. Tout les sens aux aguets, il ne bougea pas, glissant discrètement sa main vers son couteau de chasse. Il le sentit avant de le voir. Mais il n'eut pas le temps de sortir sa lame que quelque chose lui frappa les jambes et il s'étala au sol. Il se retourna aussi vite que possible sur le ventre et tendit la main vers son arbalète qu'il avait posé contre le pick up. Mais ce qui l'avait fait tombé shoota dans son arme et l'envoya un peu plus loin, hors de sa portée. Il se tourna a nouveau sur le dos.

Aveuglé par le soleil il ne put qu'apercevoir une silhouette fine levée très haut ce qui lui sembla être une épée au dessus de sa tête. La seconde suivante la lame étincelante s'abattit et il regarda la mort fondre sur lui.


Ouh la vilaine de s'arrêter comme ça au moment critique :p

A très vite en espérant que l'histoire vous plait toujours autant !