Hello, voici enfin la suite que vous avez attendu avec impatience si j'en crois vos messages ! Pour m'excuser du retard ( et oui la vie a repris a un rythme d'enfer et je me suis trouvée submergée de boulot ) je vous offre un très très long chapitre ( qui devait être en deux parties initialement ). En espérant qu'il vous plaise !
Vous excuserez les fautes de frappe, j'ai voulu faire vite pour vous offrir la suite ;)
Bonne lecture !
Chapitre 33
- Elle saigne beaucoup, il faut la ramener a mon père ! Théa ? Théa tu m'entend ?
Elle voyait Maggie mais sa voix lui paraissait loin, comme étouffée.
Il était partit. Partit. Comme ça.
Elle essayait de saisir le sens de ce qui venait de se passer sans y parvenir. Il l'avait regardé dans les yeux et elle avait encore une fois plongé dans les deux topazes, dans leurs insondables tréfonds sans pour autant y déceler un indice de ce qu'il s'apprêtait a faire.
" Je croyais que tu avais confiance en moi ! ". Il y avait eu tellement de déception dans sa voix. La situation n'avait aucun sens.
Rick apparu dans son champs de vision mais elle n'arrivait pas a fixer son regard sur lui, tout était flou autour d'elle et le sol tanguait sous ses jambes. Qu'est ce qui s'est passé ?
- Théa !
Elle le sentit lui attraper les épaules et la secouer. Cela ne fit qu'augmenter la douleur de sa tête. Mais ce n'était rien comparé a la douleur dans son cœur. On avait du le lui arracher, l'écraser, le passer sous les roues d'une voiture, le transpercer de milles poignards avant de le remettre dans sa poitrine.
Au minimum.
- Je crois qu'elle est en état de choc, dit la voix de Maggie. Ça saigne encore.
Théa cligna des yeux et les baissa sur sa jambe. Son short en jean était imbibé de sang et une longue coupure courait autour de sa cuisse. Elle vit Maggie appuyer dessus pour stopper l'hémorragie. Elle sentit a peine la douleur et s'en désintéressa.
Elle leva a nouveau les yeux vers la forêt, là où Daryl avait disparut. Fixant les arbres avec espoir, comme si le chasseur allait sortir de derrière l'un d'eux. Mais rien ne se passa. Le fil de la soirée se refit encore dans sa tête, cherchant a quel moment elle avait commis une erreur. La compréhension commençait doucement a s'infiltrer en elle, comme un acide dans ses veines. Elle lutta contre l'évidence, une prière silencieuse qui tournait en boucle dans sa tête mais qui arrivait trop tard. Il était partit.
- Faut qu'on bouge, les hommes du Gouverneur vont nous chercher. Théa ! Il faut que tu te lève.
Son sang battait a ses tempes, assourdissant les paroles de Rick.
- Ça sert a rien, répondit Michonne. La gamine ne t'entend même pas !
Alors que Théa se sentait soulevée du sol et que le visage de Rick apparu au dessus du sien, elle comprit. L'évidence lui frappa le corps avec la force d'un tsunami.
Elle l'avait perdu.
Non ! Elle ne voulait pas partir ! Elle aurait voulu se débattre, elle aurait voulu courir après Daryl, le supplier de revenir, de lui pardonner. Mais elle était vide d'énergie, vide de toute volonté et son corps ne répondit pas.
Putain, il s'était passé quoi ?!
Rick la déposa sur le siège arrière de la voiture et Maggie grimpa a ses côtés, se serrant pour que Michonne puisse aussi monter tout en enroulant un bout de sa chemise autour de la jambe de Théa pour tenter de stopper l'hémorragie. Glenn se mit sur le siège avant et Rick s'installa derrière le volant. Il écrasa les pédales et la voiture bondit a toute vitesse.
- Elle a perdu connaissance ! Paniqua Maggie. Mais ça ne saigne plus, ajouta t elle en soulevant le bout de tissu imbibé de sang qu'elle appuyait contre la blessure a la cuisse.
- Qu'est ce qui s'est passé là-bas ? Demanda Glenn.
- Le Gouverneur a obligé Théa et Merle a se battre, expliqua le Shérif. Un combat a l'épée comme au temps médiéval. Ça avait l'air d'être une sorte de... Distraction pour eux.
- C'est dégueulasse, gémit Glenn.
- Du peu qu'on a pu en voir, elle s'est battue comme une tigresse.
- Alors pourquoi Daryl a dit qu'elle s'était laissée battre ?
- Je ne sais pas, je ne comprend pas non plus.
Il conduisit rapidement jusqu'à la prison, klaxonnant a l'approche de la grille pour qu'on lui ouvre. Heureusement, Carol était a extérieur et leur ouvrit la grille. Il freina en soulevant un nuage de poussière et sauta de son siège.
- Est ce que tout le monde vas bien ? S'enquit Carol. On ne vous voyait pas revenir, nous étions morts d'inquiétude ! Où est Daryl ?
- Il est vivant ne t'inquiète pas, je t'expliquerais plus tard.
Il ouvrit la portière arrière et attrapa le corps inconscient de l'amazone qu'il souleva dans ses bras.
- Ho mon dieu, s'écria Carol. Mais qu'est ce qui s'est passé ?
Son inquiétude grandit en voyant l'état lamentable de Glenn.
Sans répondre a ses questions, Rick, chargé de Théa, avança rapidement vers le bâtiment puis vers la chambre de la jeune femme.
- Herschel ! Hurla t il en déposant le corps inconscient sur le lit.
Il sortit de la chambre, avisant le vétérinaire qui aidait son gendre a se rendre dans sa cellule.
- Je vais bien, lui dit Glenn en se laissant tomber sur son lit en se tenant les côtes. Il faut s'occuper de Théa d'abord.
Herschel trottina avec ses béquilles jusqu'à l'amazone toujours inconsciente sur son lit. Il secoua la tête devant l'état déplorable de la jeune femme.
- Bon dieu, que s'est il passé la-bas ? Elle a perdu beaucoup de sang, encore un peu et je n"aurais rien pu faire. La blessure a frôlé une artère.
- Et où est Daryl ? Demanda a nouveau Carol dont la panique était visible sur ses traits.
Rick se passa une main nerveuse dans les cheveux, le visage crispé.
- Il est partit, expliqua t il. Il a retrouvé son frère et il l'a suivi.
- Quoi ? Comment ça ?
- C'est Merle qui a enlevé Maggie et Glenn.
Carl entra a ce moment dans la chambre de Théa et Daryl. Ses yeux s'écarquillèrent d'inquiétude.
- Elle va mourir ? Demanda t il d'une voix tremblotante.
- Non, le rassura Herschel qui examinait toujours la jeune femme. Je vais recoudre sa cuisse et nettoyer la plaie qu'elle a au visage. Mais j'ai peur d'une commotion cérébral. Elle a une sacré bosse a l'arrière du crane. Elle risque de rester inconsciente un long moment.
Rick recommença a grimacer, inquiet. Il s'en voulait terriblement de la tournure qu'avaient pris les choses. Oscar était mort. Daryl avait foutu le camps. Et Théa était mal en point.
Le Gouverneur n'allait certainement pas laisser passer un tel affront. Il allait répliquer a coup sur. Mais il ignorait quand et comment. Devaient ils partir de la prison ? Pour aller où ?
Il s'agita sur place, posant les yeux sur le visage abimé de Théa qui prenait une affreuse couleur violacé. Il se demanda vaguement si elle n'avait pas une fracture a la pommette et si elle allait garder des séquelles physique.
Cette pensée et le sentiment d'injustice et de culpabilité qui en résultat le mirent hors de lui et il dut sortir de la pièce pour prendre l'air.
- Rick ! L'interrompit Herschel qui leva les yeux des points de suture qu'il était en train de faire. Il faut que je te parle de quelque chose. Nous avons eut... De la visite durant votre absence.
- Je vais te montrer, intervint Carl en sortant le trousseau de clefs de sa poche.
Herschel fit un signe de tête au petit et le laissa gérer cela avec son père. Lui avait du boulot pour rafistoler tout le monde. Maggie qui vint s'enquérir de l'état de son amie se vit se faire subir un interrogatoire poussé par une Carol dans tout ses états. Elle lui raconta les événements de la nuit pour finir sur Daryl les quittant pour suivre son frère.
Carol était abasourdie. Elle ne pouvait pas croire que son ami était partit.
- Et... Et il laisse Théa ? Mais ce n'est pas possible !
- Tu aurais dut voir ça... Il était tellement en colère. La façon dont il lui a crier dessus ! Et Théa, après qu'il soit partit, elle... Elle m'a fait tellement de peine. Elle était comme absente, choquée.
Carol tourna des yeux empli de peine sur la jeune femme inconsciente.
- Pauvre petite...
Carol veilla Théa un long moment après qu'Herschel ai fini de la soigner. Il ne pensait pas ses jours en danger mais gardait une réserve en ce qui concernait sa reprise de conscience. Au fond Carol espérait presque qu'elle resterait endormie, au moins elle ne souffrait pas. Elle adressa des prières silencieuses pour son rétablissement, pour que Daryl aille bien et qu'il leur revienne.
Le calme qui régnait dans la prison était apaisant après la journée angoissante qu'ils venaient tous de passer. Carl avait recueilli des survivants plus tôt dans la matinée. Le petit groupe de cinq personnes était entré dans la prison en passant par un bloc en partit effondré, leur prouvant qu'ils avaient encore du boulot avant de sécuriser l'enceinte a 100%. Si l'une des femmes était morte quelques minutes après son arrivée, mordue par un rôdeur a l'extérieur, les autres se laissèrent enfermer docilement dans une cellule en attendant. Tyreese et sa sœur Sasha s'étaient même montré reconnaissant, appréciant un peu de répit.
Mais au retour de Rick, les choses se gâtèrent et il chassa les nouveaux venus a grand renforts de hurlements. Le reste de leur groupe n'avait su quoi faire face a la colère de leur chef. Ils mirent cela sur sa mauvaise journée et la perte de Daryl mais Herschel lui commençait a s'agacer du comportement de Rick. Mais il ne dit rien, se promettant tout de même d'en parler avec les autres. Daryl n'étant plus là, il devait trouver une autre solution pour temporiser Rick aussi bien que le chasseur arrivait a le faire.
Triste et sentant un profond désespoir l'envahir, Carol était retournée auprès de Théa, veillant sur son sommeil.
L'amazone finit par ouvrir les yeux tard dans la nuit.
- Daryl ? Appela t elle en sortant de l'inconscience.
Carol se pencha vers elle, le cœur serré.
- C'est moi ma chérie. Daryl n'est pas là. Tu te souviens ?
Elle vit parfaitement dans les prunelles vertes le moment ou elle se souvint de la veille. Quand elle se souvint que Daryl l'avait abandonnée.
Un sentiment d'urgence s'empara de Théa. Quel heure était il ? Combien de temps était elle restée inconsciente ? Il devait être loin à présent ! Elle devait le retrouver ! Partir a sa recherche.
Elle repoussa les couvertures, ignorant les cris de Carol la priant de rester allongée.
- Je dois aller le chercher ! Je dois...
Mais sa jambe blessée ne supporta pas son poids quand elle s'appuya dessus et faillit tomber si Carol ne l'avait pas rattrapée.
- Théa tu dois te reposer ! Herschel pence que tu as une commotion, tu dois absolument rester tranquille !
Mais elle repoussa ses bras, s'appuyant sur le mur pour tenir debout et se diriger vers la porte.
- Non, je dois le rattraper, souffla t elle alors que sa tête protesta vigoureusement. Pilpao...
Mais Carol fit a nouveau barrage entre elle et la sortie.
- Tu ne vas certainement pas aller crapahuter a cheval dans ton état. Tu vas te tuer !
- J'EN AI RIEN A FOUTRE ! Hurla l'amazone.
Elle planta des yeux furieux sur son amie alors que la colère coula dans ses veines comme de la lave en fusion.
- JE ME FOU DE CREVER ! Continua t elle. IL EST PARTIT ! ALORS A QUOI BON VIVRE ?!
Folle de rage, elle attrapa la première chose qui lui tomba sous la main, a savoir un livre qui trainait sur le petit meuble qui leur servait de table de nuit, et le lança contre la fenêtre de sa chambre qui explosa a l'impact. Mais cela ne la soulagea pas et elle fit subir le même sort a tout ce qu'elle pouvait attraper. Elle renversa les meubles, retourna le matelas, frappa les murs, ignorant les protestations de sa tête et de sa cuisse. Tout pour faire sortir le trop plein de douleur qui lui écrasait les entrailles. Elle craqua. Elle savait qu'elle perdait facilement le contrôle de ses nerfs quand elle était en colère mais là elle avait dépassé ce stade et c'est une fureur noire qui s'empara d'elle. Une fureur mêlée de trahison et de déception. Elle n'arrivait plus a se contrôler, elle en avait assez. Assez que le sort s'acharne sur elle. Elle voulait que tout s'arrête. Elle en avait assez de la souffrance. Assez d'avoir mal. Elle voulait s'endormir pour ne plus jamais se réveiller. Mais d'abord elle devait tout faire sortir. Sortir le poignard brulant qu'elle avait dans le cœur.
Ses cris et les hurlements de Carol la suppliant d'arrêter alertèrent Rick qui ne dormait pas et il se précipita dans la chambre. Il voulu lui attraper les bras mais elle retourna sa rage contre lui et le gifla durement.
- POURQUOI TU L'AS PAS RETENU ?! QU'EST CE QUE CA POUVAIT TE FOUTRE QUE MERLE VIENNE ICI ?! IL SERAIT LA SI TU AVAIS LAISSE PISSER POUR UNE FOIS DANS TA VIE !
Elle se mit a le frapper et il se laissa faire un peu avant de réellement lui bloquer les bras pour l'empêcher de se faire mal. Elle s'effondra en pleure dans ses bras. Rick regarda Carol avec peine et culpabilité. La mère de famille avait les yeux emplis de larmes et les bras croisés sur sa poitrine.
- Calme toi, souffla le Shérif a l'amazone. Assied toi.
Elle se laissa faire en reniflant, s'essuyant le nez et les yeux avec sa main.
- Pourquoi il est partit, Rick ? Gémit elle. J'ai pas tué son frère alors pourquoi ?
- Je sais pas Théa. Je sais pas, je n'ai pas compris moi non plus.
- J'avais peur qu'il m'en veuille si je tuais Merle. Je voulais pas le perdre. J'ai laissé Merle me battre. Je préférais mourir que de le perdre. Mais quand j'étais a terre et que Merle allait me tuer, Daryl a hurlé. Il lui a hurlé de ne pas me tuer. Alors j'ai repris le combat et je l'ai désarmé. Vous êtes arrivés a ce moment là. Alors pourquoi il est en colère après moi ?
Carol et Rick ne purent lui donner d'explications, se contentant de l'entourer alors qu'elle étouffait ses pleures dans ses mains, impuissants. La colère était partie, ne restait que la douleur et la peine qu'elle évacua en de longues larmes brulantes avant de s'effondrer d'épuisement.
La colère avait disparue. Enfin pas tout a fait. Elle était toujours là mais dirigée autre part. Vers lui même.
Il était assis devant un petit feu de camps dans la forêt. A côté de lui son frère jubilait et il se demandait comment il pourrait lui faire fermer sa grande gueule.
- Arrête de faire cette tête frangin ! Râla t il. C'est mieux comme ça ! On a pas besoin d'eux.
Pas besoin d'eux ? Alors pourquoi y avait il un trou béant dans sa poitrine ? Il n'avait pas besoin d'eux, il avait besoin d'elle.
Il ne l'avait quittée que depuis quelques heures et déjà il était au supplice.
A présent il regrettait. Il regrettait son coup de colère et maudit son sale caractère. Mais il avait eut la plus grosse frayeur de sa vie. Quand Merle l'avait mise a terre et qu'il avait abattu son épée vers son cœur. De sa vie il n'avait ressentit pareil terreur. Et comme a chaque fois qu'il avait peur, il devenait con. Il était devenu fou de rage quand il avait réalisé qu'elle s'était laissée faire. Il avait vu lui. Il avait vu Excalibur s'écarter volontairement. Elle avait laissé Merle la tuer pour ne pas a avoir a le tuer elle même.
Il n'avait pas compris pourquoi. Pas au début. Au début il lui en avait voulu. Il lui en avait voulu d'être égoïste d'avoir choisi de le laisser seul. Qu'une fois de plus elle avait baissé les bras et choisi de mourir plutôt que de se battre et de rester avec lui. Par la suite il avait été vexé qu'elle ai cru qu'il pouvait lui en vouloir. A présent il se rendait compte que l'égotiste c'était lui.
Il lui avait reproché d'avoir dut faire un choix impossible. Choix qu'on lui avait imposé. Rien de ce qui s'était passé n'était de la faute de l'amazone. Et pourtant il lui avait hurlé dessus. Cela avait été plus fort que lui. Il avait eut si peur...
Il regarda son frère du coin de l'œil. Si on lui avait demandé de choisir...
Il se mordit la lèvre et chercha ses clopes dans sa poche. Il en alluma une quand l'évidence lui sauta aux yeux. Si il avait du choisir entre Merle et Théa il n'aurait pas hésité une seule seconde et aurais planté un carreau dans la tête de son frère.
Il aimait son frère mais Théa était toute sa vie a présent. L'amazone s'était insinuée au plus profond de lui et avait laissé une marque indélébile et éternel. Il aurait sacrifié Merle pour elle, car il se savait incapable de vivre sans elle a présent.
Elle, elle avait fait le choix de se sacrifier elle même, incapable de prendre le risque qu'il la rejette. Ce qu'il avait pourtant fait. Il l'avait envoyée au diable alors qu'elle avait montré un courage incroyable. Montrant un altruiste dont beaucoup seraient incapable.
C'était stupide ! Stupide mais courageux.
Mais putain tellement débile ! Son frère était un gros con qui ne méritait pas qu'on meure pour lui ! Mais comment aurait elle pu le savoir ? Elle qui n'avait eut pour seule famille qu'un enfant qu'elle avait perdu moins de trois ans après. Un fils pour qui elle donnerait probablement tout pour le revoir. Alors évidemment, il supposait qu'elle n'avait voulu lui ôter la chance de retrouver le dernier membre de sa famille.
Il grogna contre lui même. C'était facile maintenant de réaliser cela. Ça l'était moins ce matin quand son corps et sa tête était remplie de colère et encore choqué de la peur qu'il avait eut.
Il écrasa sa cigarette et en alluma une autre. Comment allait il faire a présent ? Il voulait retourner a la prison mais Rick ne laissera pas Merle y mettre un doigt de pied.
Il allait probablement devoir affronter la colère de Théa en rentrant. Il frissonna a cette idée, elle allait le transformer en purée. Bien fine. En supposant qu'elle soit en état de le faire.
Il était inquiet pour elle. Merle l'avait sacrément amochée et le joli visage allait en porter les traces un long moment. Il pria silencieusement pour que la jeune femme aille bien.
- Quand t'auras fini de faire la gueule tu m'enverra un fax ! S'écria Merle a coté de lui.
Daryl lui lança un regard venimeux.
- Tu devrais gueuler encore plus fort, y a des rôdeurs qui t'on pas entendu a l'autre bout du pays !
- Ho, ça va ! Depuis tout a l'heure tu tire une tronche a faire peur a un mordeur ! Sourit frangin, on s'est retrouvés !
- Tu parle d'une raison de sourire. Je t'ai peut être retrouvé mais j'ai perdu bien plus.
- Tu parle de cette greluche ? Celle a qui j'ai mis sa fessée a Woodbury ?
- Fais gaffe Merle, gronda Daryl. Il y a des sujets sur lesquels je n'ai pas d'humour.
- Et cette jolie paire de gros nénés en est un ? Se moqua l'ainée des Dixon.
Daryl lui fit un sourire acerbe mais Merle eut la bonne idée de changer de sujet.
- Alors on fait quoi ? On va où ? Demanda t il en s'allongeant sur les feuilles au sol. Je commence a avoir la dalle moi.
Daryl ne répondit pas et replongea dans ses mornes pensées, cherchant comment il allait pouvoir retourner a la prison l'air de rien et imposer Merle au groupe.
Le lendemain il en était encore a se demander en combien de morceaux Théa allait le découper quand il la reverrait.
Ils marchaient dans le sous bois, cherchant quelque chose a se mettre sous la dent. Discrètement, Daryl les faisait dévier de leur route, dessinant un large cercle pour revenir sur leurs pas et se rapprocher de la prison sans que Merle ne s'en rende compte. Mais son frère avait beau être un gros con, il n'était pas débile et bien qu'il ne soit pas un excellent pisteur comme lui pouvait l'être, il avait tout de même un bon sens de l'orientation. Il les faisaient donc dévier très doucement, quitte a mettre plusieurs jours pour rejoindre la prison. Cela lui laisserais le temps de réfléchir a comment faire pour faire accepter son frère au reste du groupe. Il espérais que les esprits se seront calmés d'ici là. Mais il ne devait pas non plus trop tarder, conscient que le Gouverneur voudrait se venger. Son cœur se serra douloureusement sous l'inquiétude.
- Putain j'en ai ma claque de la forêt ! L'interrompit Merle. Elle est où cette putain de rivière ? J'ai faim et je cracherais pas sur du poisson.
- On peut aussi retourner en ville pour fouiller les maisons... Proposa Daryl.
- C'est ce que tes petits copains t'on appris ? A piller les maisons et a vivre comme un clochard ?
Daryl rongea son frein et se contenta de grogner. Il avait presque oublié a quel point Merle pouvait être pénible et cinglant. Et encore il n'en était qu'à l'échauffement. En supposant qu'il parvienne a rejoindre la prison, l'ambiance risquait d'être explosive. Malgré lui il imagina une scène entre lui et Théa. Il en frémit d'horreur...
- Je te rappel quand même que c'est de ta faute si on en est là ! Répliqua tout de même Daryl. Quelle idée d'embarquer Glenn et Maggie !
- J'ai fait mon boulot.
- Et pourquoi tu voulais tuer Michonne d'abord ?
- Je faisait mon boulot, répondit il encore une fois.
- Ouais, vachement ton genre d'obéir sans poser de questions, douta le chasseur.
- Ce mec je lui devais la vie, râla Merle. Quand ils m'ont trouvé j'étais a moitié mort. Parce que ton Shérif chéri m'avait menotté en haut d'un putain d'immeuble ! Mais je comprend t'inquiète pas ! C'est vrai qu'entre ton grand frère et une greluche avec de jolies miches moi aussi j'aurais choisi d'avoir une chatte a disposition pour me vider les couilles de temps en temps. C'est que ça courre pas les rues ces temps ci.
A deux doigt de foutre son poing dans la gueule de Merle, il fut interrompu dans sa rage par des cris au loin. Il s'immobilisa et se tourna en directions des cris.
- Y'a des gens, souffla t il en ôtant son arbalète de son dos pour la pointer devant lui.
- Et alors ? On s'en tape.
Mais Daryl ne l'écouta pas et s'élança en avant.
- Putain Daryl tu fais chier ! Râla Merle avant de suivre son cadet.
Le chasseur galopa discrètement en zigzagant entre les arbres jusqu'à tomber sur un pont. A présent qu'il était tout prêt il entendait parfaitement les pleurs d'un bébé parmi les cris. Il ne se posa pas plus de questions et couru au secours de la famille attaquée par des rôdeurs.
Le père et son fils tentaient d'éloigner les monstres d'une voiture rouge dans laquelle était enfermée une femme serrant un nourrisson dans ses bras en hurlant de peur. Mais l'homme ne semblait pas très doué avec l'arme a feu qu'il manipulait maladroitement entre ses mains et les rôdeurs s'accumulaient autour d'eux.
Il décocha un premier carreau dans la tête de celui qui avait attrapé le bras de l'adolescent au moment ou il allait planter ses dents dans la chair. L'homme s'adressa a lui en une langue qu'il ne comprit pas. Des mexicains probablement.
- Je comprend rien mec ! Hurla t il en plantant son couteau dans l'œil d'un autre rôdeur.
L'homme sembla comprendre que le chasseur voulait les aider car il lui fit un signe de tête. Daryl se tourna vers les hurlements de la femme dans la voiture. Un cadavre avait réussi a casser la vitre et tentait de rentrer la tête dans l'habitacle.
Les pleurs du bébé firent grimacer Daryl et il se jeta sur le monstre. Il le tira en arrière de toutes ses forces pour le jeter au sol avant d'écraser sa tête avec son pied.
- Ça te ferais un deuxième trou de balle de me filer un coup de main ?! Hurla t il a son frère qui regardait la scène d'un air blasé.
- Si tu insiste petit frère, souffla Merle. Mais ça sera pas gratuit.
Jouant du poignard accroché a son moignon, il se joignit a Daryl pour tuer ce qui restait des rôdeurs. Deux minutes plus tard, une quinzaine de cadavres recouvrait le petit pont de pierre.
La femme dans la voiture pleurait toujours en serrant son bébé contre elle et Daryl eut un pincement au cœur. Il pensait a sa petite dure a cuire. L'envie de retourner a la prison se fit plus pressant. Il ne pouvait pas laisser son groupe seul face au Gouverneur. Si il arrivait quelque chose a l'un d'entre eux il ne se le pardonnerait jamais. Judith et Carl. Carol, Maggie, Beth, Glenn et Herschel. Rick. Et Théa...
Il dut fermer les yeux et serrer les paupières pour retenir des larmes de dégout. Il se dégoutait de les avoir abandonnés.
Un nouveau hurlement lui fit rouvrir les yeux. Il découvrit Merle qui avait ouvert la portière arrière de la voiture pour fouiller dedans. Le père voulu s'interposer mais l'ainée des Dixon pointa son révolver sur lui.
- On ne bouge pas ! Cria t il. On vous a aidé ! Ce n'est pas gratuit !
Le père ne bougea plus et regarda Merle se remettre a fouiller parmi leur maigres réserves de nourriture, jetant sans ménagement au sol tout ce qui ne l'intéressait pas. Boite de lait en poudre y compris.
Le sang de Daryl ne fit qu'un tour. C'était pour ça qu'il avait abandonné sa famille ? Pour un enculé qui ne pensait qu'a sa gueule ? Capable de voler une famille avec des enfants.
Il leva son arbalète qu'il pointa dans le dos de son frère.
- Sort de là, grogna t il.
- J'espère que ce n'est pas a moi que tu parle petit frère, menaça Merle.
- Je t'ai dit de sortir de là ! Cria Daryl.
Merle obtempéra en levant les mains mais les yeux plein de défis, parfaitement conscient que son frère ne tirerait pas sur lui. Le chasseur fit signe aux mexicains de monter en voiture et de se tirer. Les deux hommes ne se firent pas prier et la voiture s'éloigna deux minutes plus tard.
Daryl n'avait toujours pas baissé son arbalète, fixant son frère avec colère. Ce dernier finit par baisser les mains.
- Et bah vas y, tire ! Le provoqua t il.
Daryl grimaça et baissa son arme.
- T'es pas bien de pointer ce truc sur moi !
- T'avais pas a faire ça.
- On les a aidé, ils nous devaient des remerciements !
- Pas du tout ! Ils étaient morts de peur.
- Donc maintenant tu aide les gens parce que tu as un grand cœur ? Se moqua Merle en se marrant. C'est encore ton Shérif qui t'a appris ce genre de conneries ? En risquant ta vie ?
- Y AVAIT UN BÉBÉ ! Hurla Daryl.
- Ha ? Parce qu'autrement tu les aurais laissé se faire bouffer c'est ça ?
- Fais ce que tu veux, cracha t il. Moi je rentre chez moi.
Il tourna les talons et commença a s'enfoncer dans le sous bois.
- Et c'est où chez toi, hein ? Râla Merle en le suivant. Avec ton pote Rick ? Celui qui m'a menotté en haut d'un toit et qui m'a obligé a me mutiler ?
- On est revenu te chercher le lendemain, connard ! Et c'est de ta faute si tu t'es retrouvé dans cette situation ! Tu n'es qu'un fou furieux ingérable ! Tu les as mis en danger et tu t'étonne qu'ils aient riposté ?
- Tu m'as pris pour une demoiselle en détresse ? Tu croyais que j'allais attendre bien sagement que tu vienne me sauver les miches ? Je suis pas ta gonzesse !
- Malgré tout ils ont voulu que je reste avec eux, même si j'étais le frère d'un salopard !
- C'est moi ta famille, Daryl ! Qu'est ce que tu crois qu'il va se passer le jour où il devront choisir entre toi et leur vie ? Tu crèvera comme un chien !
- C'est ce que tu crois, répondit le chasseur en lui faisant face. Pourtant pas plus tard qu'hier l'une d'eux a voulu se sacrifier pour sauver son sale cul merdeux !
- Quoi ? Tu parle encore de cette morveuse ? Elle n'avait aucune chance, je l'ai mise au tapis.
- Elle s'est laissé faire ! Sinon crois moi que tu serais mort au bout de trente seconde face a elle !
- C'est ça qui te fait bander chez elle ? Parce qu'elle sait jouer avec un couteau ?
- Attention, grogna le chasseur. Fais gaffe a ce que tu dit.
- Ho, le petit Daryl est amoureux ! C'est trop mignon ! Comment tu l'a appelé dans l'arène ? Ta femme ? Vous êtres marié ? Je pourrais être le parrain de vos enfants ?
Daryl ne devait pas se laisser gagner par sa rage qu'il sentait grimper dans sa poitrine. Mais ce fut au prix d'un effort surhumain qu'il ne sauta pas a la gorge de son frère.
- Mon pauvre Daryl, ils t'on vraiment retourné la cervelle.
- Moi je crois plutôt qu'ils me l'ont remis a l'endroit. Rick nous a maintenu en vie tout l'hiver, le groupe est soudé, on est une famille !
- T'es pas de leur sang ! Il n'y a que moi ici qui tient a toi !
Daryl lui lança un regard plein de pitié.
- Non, l'amour toi tu ne sais pas ce que c'est. Tu dis que tu tiens a moi mais tu ne t'ai jamais préoccupé de moi quand on étais petits. Tu t'es tiré dès que tu l'as pu !
Le visage de Merle se ferma et ses mains se mirent a trembler.
- Tu ne sais pas pourquoi je suis partit. Il fallait que je parte. Tu sais pas...
En colère, Daryl jeta au sol son arbalète et son sac a dos avant de déboutonner sa chemise.
- Tu crois ? Tu crois que je ne sais pas ce qu'il te faisait ?!
Il se retourna et présenta son dos strié de cicatrice a son frère.
- Moi aussi j'y passais ! Cracha t il. Et plus souvent que tu ne le crois ! Et c'est devenu pire quand tu es partit de la maison en me laissant seul avec ce fou !
Il refit face a son frère qui avait le visage choqué. Apparemment il ne savait vraiment pas que leur père se servait aussi bien de lui que de son petit frère comme punching-ball dès qu'il avait trop bu.
- Je savais pas... Souffla t il. Il fallait que je parte, j'aurais fini par le tuer sinon...
Daryl décida finalement qu'il ne servait a rien de discuter avec son frère, il ne comprendrait pas ce qui le poussait a rester loyal a Rick et son amour pour l'amazone. Il voulait aller retrouver Théa, la serrer dans ses bras, rentrer chez lui.
- Je rentre, claqua t il. Fais ce que tu veux.
Théa de réveilla un peu plus tard dans la journée, la tête lourde et les yeux gonflés. Elle était seule dans sa chambre, seule avec sa peine.
En grimaçant, elle se retourna sur le matelas, posant les yeux sur l'oreiller vide a côté d'elle. Des larmes lui picotèrent les yeux alors qu'elle passait une main sur le tissu. Elle attrapa l'oreiller et le serra contre elle. L'odeur de Daryl était encore forte, ce mélange de cuir, de tabac et de ce petit truc bien a lui qu'elle n'arrivait toujours pas définir, comme l'odeur qu'il y avait dans l'air au petit matin des jours d'été.
La morsure de la trahison lui compressa un peu plus la poitrine et elle repoussa le coussin. Toujours en grimaçant, elle se redressa dans le lit. Elle ne pouvait pas rester couchée, elle ne ferait que ressasser ses idées noires. Elle devait se lever, faire quelque chose, elle ne savait pas encore quoi.
Mécaniquement, elle attrapa une serviette propre et boitilla jusqu'aux douches pour laver le sang et la crasse dont elle était encore maculée.
Elle alluma l'eau chaude, fermant rageusement son esprit aux images qu'il tentait sournoisement de lui envoyer de la première fois qu'elle avait fait l'amour avec Daryl dans cette même douche.
Elle fit vite, frottant ses bras et ses jambes, débarrassa ses cheveux de la poussière et ignora les protestations de sa tête douloureuse. Elle s'attarda néanmoins devant le miroir, observant son triste reflet dans la glace. La moitié de son visage était bleu, presque violet suite au coup qu'elle avait pris a la pommette. Sa lèvre fendue, la longue coupure qui barrait sa cuisse en deux sur laquelle Herschel avait fait une dizaine de points de suture. Elle grimaça et se détourna.
Puis elle s'habilla dans sa chambre, enfilant un nouveau short et un débardeur propre avant de descendre difficilement les escaliers.
Elle trouva le reste du groupe en grande conversation autour des tables de la cantine. Les conversations s'arrêtèrent net quand ils la virent arriver.
- Ne vous gênez pas pour moi, leur dit elle. Et ne me regardez pas ainsi s'il vous plait, je vais bien.
Mais les regard peinés et inquiets ne disparurent pas alors elle les ignora. Elle fit un petit sourire a Carl qui était le seul a la regarder avec bonne humeur, heureux de la voir sur pieds. Elle s'assit aux côtés du jeune garçon après avoir pris la petite Judith dans ses bras. Sans plus prêter attention au reste de son groupe, elle se mit a gazouiller au bébé comme si de rien n'était. Si Carl l'accompagna dans son déni ( dieu bénisse ce petit ) en jouant avec elle et le Judith, Rick lui s'approcha doucement d'elle.
- Tout vas bien, Théa ? Demanda t il avec précaution comme si il avait peur d'un nouveau coup de colère.
Théa soupira, elle n'arriverait jamais a avancer si tous la traitaient avec pitié ou comme une petite chose fragile qu'il fallait consoler. Ce serait un rappel permanent et ça faisait trop mal. Non, elle préférait le déni, enfouir au plus profond d'elle même ce qu'elle ressentait. C'était lâche mais plus facile. Si elle avait était seule, comme l'hiver dernier après qu'elle ai cru a la mort de Daryl; alors elle se serait effondrée dans ses pleures et aurais laissé doucement sa peine la détruire. Mais elle avait une famille a présent et elle leur resterait loyal. Elle ne pouvait laisser Judith et Carl, elle ne les abandonnera pas comme Daryl venait de le faire. Hors de question.
Alors elle leva un visage faussement serein a Rick. Il ne serait pas dupe mais il comprendrait sa démarche.
- Oui, ça va. Ça va aller t'en fais pas Shérif.
C'était faux ça aussi mais elle ne pouvait pas faire mieux a l'heure actuelle. Le sourire qu'elle adressa a Rick devait ressembler a une grimace mais l'homme posa une main sur son épaule et la serra quelques secondes. Son soutient lui fit du bien, aussi discret soit il et c'était très bien comme ça.
- Excuse moi pour la gifle hier, ajouta t elle.
- C'est rien, t'avais raison. J'aurais du le retenir.
Elle ne voulait pas partir sur ce terrain alors elle retourna a ses babillages avec le bébé, attrapant le biberon que lui tendit Beth avec un sourire.
Elle passa la journée avec Judith, trouvant un réconfort apaisant en cajolant le bébé. Elle n'adressa la parole a personne a part Carl, évitant les tentatives de discutions de Carol. A la fin de la journée, elle alla retrouver Pilpao qui broutait les haute herbes dans la courre. L'étalon l'accueillit avec un ronflement de bienvenu et colla sa tête contre elle.
- Toi tu ne m'abandonnera jamais, hein ? Souffla t elle dans ses crins.
Alors qu'elle versait encore quelques larmes contre lui, elle apercu Rick qui patrouiller a l'extérieur de la grille, un air préoccupé sur le visage. Il était sur le sentier de la guerre, inquiet de la riposte du Gouverneur qui ne saurait tarder. L'air hagard qu'il trimballait tout le temps avec lui lui donnait un air fou et elle eut de la peine pour lui. Il n'avait même pas pu prendre le temps de faire le deuil de sa femme. Elle essuya rageusement les dernière traces de larmes. Elle ne pouvait pas se laisser aller. Elle avait perdu Daryl et son cœur hurlait de douleur. Mais au moins le chasseur était vivant quelque part. Le Shérif n'avait pas cette chance pour Lori. Elle se sentait toujours responsable de sa mort, au moins autant que lui.
Ce monde allait les rendre fous.
Un coup de feu l'interrompit dans ses pensées et fit sursauter Pilpao. En alerte et sans prendre le temps de voir d'où venait le tir ou si il avait touché quelqu'un, elle sauta sur le dos de Pilpao et le lança au galop en direction de la prison pour le mettre a l'abri.
En arrivant elle vit avec horreur Axel au sol, le crâne percé d'une balle.
- Qu'est ce qui se passe ? Hurla t elle a Carol qui se tenait près du prisonnier.
- Je sais pas !
D'autres coups de feu retentirent autour d'eux et Théa eut juste le temps de voir Rick plonger au sol parmi la végétation. Carol, Pilpao et Théa se mirent a l'abri du bâtiment alors que les tirs pleuvaient autours d'elles.
- Reste là, ordonna l'amazone a Carol. Je dois aller aider Rick il est dehors !
D'autres tirs retentirent venant cette fois de la prison. Maggie et Glenn ripostaient du haut de la tour de garde. Michonne se joignit a eux, cachée derrière le bus qui barrait l'entrée de la grille.
Théa profita d'une accalmie pour se faufiler discrètement jusqu'au grillage et passa de l'autre côté alors qu'un énorme bruit grondait au loin sans qu'elle ne sache ce que s'était. Elle aperçu en revanche un véhicule tout terrain près de la forêt. Le Gouverneur se tenait là, une mitraillette entre les mains, entouré de plusieurs de ses hommes.
Elle se cacha derrière un arbre et sortit Excalibur de son fourreau, cherchant Rick des yeux.
Le grondement s'intensifia et elle reconnu le moteur d'un gros véhicule lancé a pleine vitesse. Moins de dix secondes plus tard, une grosse camionnette déboula et alla fracasser les deux grilles d'entrée de la courre pour stopper sa course au milieu de l'herbe. Un silence n'annonçant rien de bon s'installa et elle attendit la suite, le cœur palpitant.
Les porte arrières de la camionnette s'ouvrirent brusquement et une horde de rôdeurs en jaillit. Une vingtaine de cadavre s'éparpillèrent tout autour du véhicule. Mais Théa ne s'y intéressa pas, préoccupée par les grognements qu'elle entendait dans son dos. Le bruits du combat avait attiré tut les rôdeurs aux alentour et elle les entendait approcher, coupant a travers la forêt, bien plus nombreux que ceux présent dans la courre.
- Fais chier ! Râla t elle en voyant le Gouverneur remonter en voiture avec son équipe avant de foutre le camps. La voie étant libre, Rick sortit de sa cachette et se lança a l'assaut des rôdeurs qui sortaient de la forêt.
Armé d'un simple et unique révolver, il ne pourrait pas tous les avoir. Théa courra aussi vite qu'elle le put avec sa jambe encore blessée, abattant les monstres sur son passage pour rejoindre le Shérif. Ils sortaient encore par dizaines quand elle arriva a sa hauteur et qu'elle en décapita un avant qu'il ne plante ses dents dans l'épaule de Rick.
Durant plusieurs minutes, ils luttèrent avec acharnement, soutenus par les armes a feu de leur camps qui tiraient depuis la prison. Mais ils allaient vite se faire submerger a ce rythme ! Le bref répit que Michonne leur apporta en joignant son sabre a son épée ne dura pas, les cadavres formait un mur solide et compact devant eux. Ils furent bientôt acculés contre la grille, cernés. Théa décapitait a tour de bras mais n'était pas assez rapide et l'un des rôdeurs se jeta sur elle.
Les dents claquèrent a deux millimètres de son nez quand le monstre stoppa brusquement son mouvement et qu'une flèche apparue au milieu de son front.
Le cœur cognant contre ses côtes, elle laissa le monstre tomber a ses pieds et leva ls yeux.
Derrière le mur de rôdeurs, Daryl et Merle faisaient un carnage parmi eux. Les monstres se retournèrent vers eux, laissant le champs libre a leurs armes.
Théa ne s'attarda pas sur le retour inopiné du chasseur et continua le massacre.
De longues minute plus tard, le dernier rôdeur tomba et ils purent contempler les morts a leur pieds. Triste spectacle macabre.
Mais Daryl n'en avait que faire, il ne pouvait détacher ses yeux du visage abimé de l'amazone. Cette dernière lui lança un regard venimeux et tourna les talons.
- Alethéa ! Cria le chasseur. Attend !
Il courru pour la rattraper, notant avec douleur qu'elle boitait. Merle l'avait vraiment abimée.
Il lui attrapa un bras qu'elle lui arracha des mains en se retournant vers lui.
- Ne me TOUCHE PAS ! Cracha t elle.
Il eut un mouvement de recul
- Alethéa, je...
Il n'avait pas les mots. Pourtant il avait préparé un joli discours tout le long de la route du retour, peaufinant ses arguments, prêt a la supplier si il le fallait. Mais tout ces jolis mots avaient disparus de son cerveau maintenant qu'il était face a elle et qu'elle le regardait avec colère.
- J'ai jamais voulu partir, finit il par dire. Dès l'instant ou j'ai tourné les talons j'ai voulu revenir.
- Pourquoi être partit dans ce cas ? Cracha t elle, les dents serrées.
- Parce que j'ai eu la frousse de ma vie ! Tu as faillit mourir.
- Ce n'est pas la première fois, railla t elle en croisant les bras.
- Sauf que la j'ai littéralement vu une épée s'abattre vers ton cœur, elle ne s'est arrêtée qu'a deux centimètres. Je te jure sur ce que j'ai de plus cher et c'est toi en l'occurrence, que j'ai vraiment eut Peur.
Elle entendit le P majuscule dans sa voix mais ne décolérait pas pour autant.
- Quand j'ai peur, je devient con. Je te demande pardon Alethéa. Je n'ai pas réussi a gérer la trouille que j'ai eu et comme d'habitude j'ai réagit comme un abrutit, j'ai eu tord. Je ne voulais pas te faire de mal, il faut que tu me crois. Je me fiche de Merle, c'est toi qui compte plus que tout pour moi. T'es ma femme.
Il approcha son visage du sien, plongeant dans les yeux verts qui lui avaient tant manqués. Les siens hurlaient leur peine, suppliant, cherchant l'étincelle d'amour qu'il avait l'habitude de voir briller dans ceux de Théa. Mais le petit éclat qui alluma les iris verts n'était pas de l'amour mais une colère noire, froide et implacable.
La gifle qui lui brula la joue ne lui fit pas autant mal que le rejet qui en résultait.
Tremblante de rage et la mâchoire serrée, elle se redressa face a lui, la colère lui rougissait les joues mais sa voix fut forte et assurée.
- Trop tard.
FIN !
Non je rigole ! Je vous met la suite direct !
Elle tourna les talons et s'éloigna sans un regard en arrière.
Le chasseur posa sa main sur sa joue brulante, soufflé, atterré, alors qu'une douce panique gonflait dans sa poitrine.
- Alethéa ! Cria t il en courant après elle alors qu'elle entrait dans la courre.
Mais elle l'ignora et sifflota. Pilpao débarqua au petit galop. Il comprit qu'elle s'apprêtait a prendre la fuite.
Il en était hors de question ! Il ne la laisserait pas se sauver pour éviter la discussion ( ou ses supplications ) et voulu attraper les rênes de Pilpao. Mais ce dernier coucha les oreilles contre son crâne et ouvrit une bouche pleine de dents dans la direction, claquant les mâchoires a deux centimètres de ses doigts.
- Hey ! Sursauta t il.
Théa en profita pour sauter sur le dos de son étalon.
- Au revoir, Daryl, dit d'une voix froide.
- Attends ! Essaya t il en avançant vers elle.
Mais elle talonna Pilpao qui partit au galop, hors de sa portée. Il la vit se diriger vers le portail alors qu'une tonne de pierre lui tombait dans l'estomac.
- Putain de merde !
Il fit demi tour et se mit a courir vers le bâtiment de la prison. Mais il n'y entra pas et en fit le tour le plus vite possible. Il sauta sur sa moto et mit le contact. Le moteur grondant lui redonna un peu de courage et il écrasa l'accélérateur. La moto bondit en avant et il traversa la cour a toute vitesse.
Il devait la rattraper a tout prix, lui expliquer, la supplier si il le fallait.
Poussant la moto a fond il s'engagea sur le sentier menant a la forêt. Si l'amazone était resté sur le sentier elle aussi il la rattraperais en quelques minute, même lancé au grand galop, son cheval serait toujours moins rapide que son engin.
Mais les minutes passèrent sans qu'il ne croisse personne. L'adrénaline coula dans ses veines, étouffant la panique et la peine de son cœur qui battait lui aussi a toute vitesse.
Et si elle n'avait pas pris cette direction ?
En plein doute, il accéléra encore. L'espoir s'éteignait quand il aperçu du mouvement devant lui. La croupe de Pilpao apparu au détour d'un virage, galopant comme un fou sur le sentier, sa cavalière couchée sur son encolure.
Elle ne se retourna pas mais il savait qu'elle savait qu'il était derrière elle. Il la voyait talonner son étalon dont le grondement des sabots sur le sol parvenait presque a recouvrir celui du moteur de la moto. Il se lança a sa poursuite, cherchant a la rattraper et a la dépasser.
Facile, en quelques secondes il était déjà a sa hauteur mais elle ne tourna toujours pas la tête vers lui et poussa son cheval. L'encolure recouvert d'écume et les oreilles couchées sur son crâne, Pilpao bondit en avant mais ne parvenait pas a distancer la moto.
- Arrête toi ! Hurla Daryl.
Mais elle l'ignora et la colère monta au nez du chasseur.
- ARRÊTE TOI !
Il lâcha d'une main le guidon de sa moto pour la tendre vers les rênes du cheval. Mais elle s'écarta brusquement de lui, lui lançant un regard scandalisé.
Ils jouaient a un jeu dangereux, Pilpao pouvait trébucher et se rompre le cou avec celui de sa cavalière. Lui pouvait perdre le contrôle de sa moto et les percuter, le sentier étant parsemé de cailloux et de trous.
Mais aveuglée par la colère, Théa continua sa course folle.
Elle ne ralentit même pas quand plus loin sur le sentier apparu un arbre qui barrait la route, tombé en travers du chemin. Avec horreur il la vit se redresser et tendre les rênes, accélérant encore, préparant son cheval a sauter l'obstacle.
- Tu vas trop vite ! Hurla t il, les mains sur les freins de sa moto. Tu vas vous tuer !
Mais elle ne l'écouta pas et Pilpao banda les muscles alors que Daryl écrasait ses freins. La moto dérapa sur le sol mais stoppa avant de percuter l'arbre. Quand il releva les yeux vers eux l'étalon avait déjà décollé et volait au dessus du tronc.
Elle le sentit avant de voir. Emporté par son poids et sa vitesse, Pilpao bascula quand ses antérieurs se posèrent au sol de l'autre côté. La morsure du bitume fut terrible et elle sentit les points de suture de sa cuisse se rouvrir quand elle roula durement au sol. Sa course se stoppa quelque mètres plus loin.
La colère laissa place a la panique quand elle releva une tête douloureuse vers son cheval qui était encore au sol.
- NON ! Hurla t elle. Pilpao !
Ignorant Daryl qui escaladait le tronc d'arbre pour les rejoindre, elle accouru au près de son cheval qui relevait la tête a son grand soulagement. Il se redressa et se remit debout sur des jambes tremblantes. Elle se jeta a son cou
- Pardon, pardon, pardon, pleura t elle contre la crinière argenté. C'est ma faute, pardon, j'ai était stupide.
Soulagé de les voir debout, Daryl s'approcha d'eux et posa une main sur l'épaule de Théa. Elle ne se déroba pas mais continua de renifler dans les crins.
- Alethéa... Il va bien.
Elle finit par se retourner et planta son regard verts plein de larmes dans le sien. Il n'y avait plus de colère, juste une infinie tristesse.
- Je t'ai tout donné Daryl, dit elle en relâchant son cheval. Je t'ai donné ma confiance et tu sais que je ne la donne a personne.
- Je sais, répondit il, piteux.
- Je t'ai donné mon cœur, mon âme et mon corps.
Sa voix trembla un peu sur le dernier mot.
- Tu m'as trahie.
- Je ne voulais pas...
- Tu m'avais promis, je t'ai fait confiance.
- Je te demande pardon Alethéa, je m'en veux tellement...
- Tu m'as fait mal.
La culpabilité lui écrasa encore les épaules et il eut envi de se jeter a genoux devant elle.
- Sauf que tu vois, continua t elle. Tu t'es immiscé si loin et si profondément en moi...
Il releva les yeux vers elle, incertain de comprendre ce qu'elle cherchait a lui dire. Il la vit les lèvres tremblante et les yeux humides.
- Tu as eu peur, je comprend ça. On fais tous des erreurs.
En disant cela elle tourna les yeux vers Pilpao et passa une main tremblante sur son encolure trempé de sueur. Une minuscule étincelle d'espoir s'alluma dans le cœur de Daryl. Elle replongea les yeux dans les siens.
- Tu es revenu et je t'aime au delà de toute raison.
Il avait envi de se jeter dans ses bras et de la serrer contre lui mais il n'osa pas bouger, de peur qu'elle ne change d'avis.
- Je te pardonne.
Et d'elle même elle tomba dans ses bras. Il lui attrapa le visage entre ses mains et l'embrassa follement. Il eut l'impression que ses pieds se décollaient du sol tant ce baiser lui fit du bien. Sa langue qui se mêlait a la sienne envoya une vague de soulagement dans son corps, le faisant gémir contre sa bouche. Il ne pouvait pas la lâcher, il avait peur que cette bulle de bonheur disparaisse. Mais elle fini par reculer, collant son front au sien.
- Mais si tu recommence, gronda t elle en serrant les poings sur le col de sa chemise. Je te transforme en purée et te jette en pâture aux rôdeurs. Vu ?
- Vu.
Il l'embrassa a nouveau et elle enroula ses bras autour de son cou et tira sur ses cheveux pour approfondir le baiser. Il se fichait bien de ses menaces car il n'avait pas du tout l'intention de partir a nouveau.
Théa goutait les lèvres tant aimées avec gourmandise et soulagement. A quoi bon lui en vouloir ? Il était là, sincère dans ses excuses et toujours aussi amoureux. Elle pouvait bien lui pardonner, elle l'aimait bien trop. Et elle comptait bien profiter de ce cadeau du ciel sans retenue.
Et voilà nos deux amoureux se sont retrouvés ! J'espère que la réconciliation vous aura plu et que vous pardonnerez son comportement a Daryl. C'est vrai quoi, moi je le comprend le pauvre :p
Je sais pas vous mais moi je suis curieuse de voir comment cela va se passer entre Théa et Merle, niak niak...
A vos reviews !
