Hey ! :D Voilà le nouveau chapitre centré à 100 % sur le point de vue de Lena ! J'espère qu'il vous plaira !
KmillE822 : Hey ! :) Contente de te revoir avec encore une fois un super commentaire ! :D Je partage ton point de vue pour Kelly haha, ici elle ne va pas servir à grand chose non plus, ce n'est même pas sûr qu'on la revoit dans la suite de la fic mais je me suis servi du personnage pour étoffer un peu le passé d'Alex (qui reste assez flou dans la série) et qui va avoir un certain rôle dans la 3e partie de cette histoire :) Comme tu le dis, peut-être que Kara pourra aider Alex a faire un choix entre Maggie ou Sam... ou pas, je n'ai pas encore décidé là-dessus, tout est encore possible :p J'avoue que le comportement d'Alex est assez enfantin, je suis contente s'il t'as plu, on va dire que ça fait longtemps qu'elle n'est plus ressorti avec quelqu'un qui lui plaisait vraiment et elle a un peu perdu la main XD Hahaha Sam est la patience incarnée dans cette fic, surtout avec Winn mdr pour les retrouvailles avec Alex ça ne sera pas dans ce chapitre mais dans le prochain et peut-être que quelques une de tes questions y trouveront une réponse ;) Ah oui Winn mdr tout un personnage, je rigole beaucoup quand j'écris ses répliques x) mais merci à lui car c'est grâce à lui que Lena et Kara se retrouvent dans la même équipe, qui gagne en plus de ça, j'ai essayé de faire ressortir leur complicité à travers ça pour montrer que le lien entre elles est vraiment fort, je pense que la mission est réussi :) Par contre, pour le Karlena va falloir y aller doucement, enfin je vas déjà te laisser lire ce chapitre et après on en reparlera :p Pauvre petit James qui va encore souffrir un peu dans ce chapitre (oups), alors rupture ou pas rupture? La réponse dans ce chapitre ! :p Encore merci pour ta review, j'ai hâte d'avoir ton prochain avis mais je m'excuse d'avance parce que les chapitres seront de plus en plus long donc pas sûr que tu arrives à faire des réponses plus courtes ;) A bientôt et bonne lecture :D
Chapitre 8
« L'amour n'obéit à aucune règle,
C'est ce qui le rend imprévisible...
Il arrive parfois qu'il naisse,
là où personne ne l'attendait...»
~ Once Upon a Time
Lena sentait le poids du silence l'accablé. Elle était perdue. James s'était enfermé dans un mutisme inquiétant depuis qu'ils avaient quitté l'appartement des Danvers et la brune n'avait pas osé le rompre. Elle ne savait pas vraiment quel comportement adopté, devait-elle respecter la distance qu'il avait mise entre eux ? Ou devait-elle chercher à créer un rapprochement ? C'était un vrai casse-tête et elle était bien loin d'être une spécialiste en relations humaines, pour savoir le résoudre. Elle ne savait pas faire ça, elle n'avait jamais fait ça ! Depuis qu'elle avait fui Metropolis pour venir habiter à National City, elle avait réussi à mettre son éducation Luthorienne au placard, cherchant à devenir une personne des plus banales dans un monde des plus normaux. Elle voulait vivre comme toutes les jeunes femmes de son âge, aller en cours, se faire des amis, trouver l'amour... elle rêvait d'une vie simple et facile, loin du monde frigide d'où elle provenait, loin des trahisons de sa famille, loin des bavures irréparables de son frère... Elle voulait simplement être Lena Kieran, une jeune femme de 22 ans, en pleine découverte de la vie. Mais elle avait beau lutter, parfois ses vieilles habitudes revenaient au galop et ouvrir son cœur lui était encore si difficile. Et pourtant, elle avait envie de le faire, de se montrer présente et réconfortante pour James, comme elle avait su le faire avec Kara juste après sa rupture. Mais c'était différent, ses gestes qui lui avaient été si simples et si naturels avec la blonde, paraissaient si compliqués et si brouillons avec le jeune homme. Il y avait cette barrière invisible qui la retenait, comme un garde-fou au bord d'un précipice empêchant quiconque de chuter dans le vide. Et cette sensation, elle ne la ressentait pas seulement maintenant, alors qu'elle savait pertinemment qu'elle devait avoir une discussion sérieuse avec le photographe, mais elle la subissait à chaque instant passé à ses côtés. Il y avait ces remparts autour de son cœur que James n'avait pas su déconstruire et qui continuait de l'empêcher de se rapprocher de lui comme elle aurait aimé le faire. Elle se sentait inapte à soulager la peine de son petit ami autant qu'elle se savait incapable de tomber amoureuse de lui.
Elle leva son regard en direction du ciel étoilé, admirant avec un intérêt les quelques points lumineux arrivant à scintiller malgré la pollution de la ville. Elle marcha la tête en l'air pendant un temps qui lui sembla durer une éternité, se perdant dans l'immensité de la voie lactée. Pourquoi avait-il fallu qu'elle se rende réellement compte de ce qu'elle ressentait vraiment pour James à cet instant précis ? Pourquoi avait-il fallu que cela arrive maintenant, alors que le footballer avait besoin d'un soutien sans faille ? Elle était si loin de pouvoir le lui fournir.
Elle se sentait si mal, alors que son estomac se tordait de douleur. Elle était anxieuse et elle s'en voulait de ne pas réussir à être la petite amie que James aurait voulu qu'elle soit. Le mal-être qui l'étreignait depuis leur départ de la soirée jeu, ne faisait que la terrasser encore un peu plus lorsqu'elle posait les yeux sur le visage peiné du photographe.
Pourquoi la noirceur de la nuit ne pouvait-elle pas l'engloutir ? Lena avait vraiment envie de disparaitre et de tout oublier. Elle ne voulait pas affronter une fois de plus, un regard rempli de désillusion. Même si dans le cas présent, ce n'était pas Lillian, sa mère adoptive, qui porterait ses yeux brillants de déception sur elle, elle avait la désagréable impression d'avoir échoué. Encore. Et cette fois-ci, la déconvenue était bien plus terrible que toutes les autres fois où elle n'avait pas su se montrer à la hauteur, parce que c'était quelqu'un qui l'aimait et à qui elle tenait vraiment, qui allait la juger.
« Lena ? », la voix enrouée de James la fit sortir de ses pensées.
Son regard se reporta enfin sur le paysage autour d'elle, ils se trouvaient dans le parc près de là où elle habitait. Elle ne s'était même pas rendu compte de tout le chemin qu'ils avaient parcouru durant leur trajet silencieux. Elle n'avait même pas perçu qu'ils avaient ralenti le rythme de leur marche, se retrouvant presque à l'arrêt.
Elle frissonna à cause de la légère brise de ce début d'automne et resserra ses bras sur sa poitrine pour s'aider à garder le peu de chaleur qu'elle disposait. Dans la précipitation elle avait totalement oublié de récupérer sa veste avant de partir, et maintenant qu'ils ne bougeaient quasiment plus, elle sentait le froid la perforer de part en part, ne faisant qu'accentuer un peu plus le sentiment dérangeant qui l'habitait.
James l'attrapa doucement par le bras et la força à ralentir le pas encore un peu plus, jusqu'à s'arrêter totalement lorsqu'ils furent arrivés au niveau d'un banc. Là, il la lâcha et s'installa sur le long siège. Lena l'observa faire, un sourcil levé, tombant sur les prunelles marrons remplies de douleur du jeune homme. La chape de plomb qui s'était abattu sur elle à la fin de leur soirée, ne se fit que plus pesante et la milliardaire avait l'impression de croulé sous le poids de la culpabilité. James ne la regardait certes pas avec le désappointement qu'elle s'était attendu à voir, mais elle n'avait plus aucun doute sur ce qui avait mis le jeune homme dans un tel état. C'était elle et seulement elle. Elle se sentait fautive et c'était horrible parce qu'elle ne savait pas ce qu'elle avait bien pu faire de mal pour l'affecter de la sorte. Certes, elle ne l'aimait pas comme elle aurait dû le faire, ni comme le faisait James. Mais ça, c'était quelque chose qu'elle s'était employée à refouler au plus profond d'elle-même, James ne pouvait décemment pas l'avoir découvert avant qu'elle n'ouvre elle-même les yeux sur la vérité. Si ?
Le footballer tendit une main pour l'inviter à s'asseoir à ses côtés, la sortant encore une fois de sa léthargie. Elle s'exécuta, se tournant légèrement pour faire face au jeune homme alors qu'elle avait plutôt envie de fuir ses responsabilités.
Un nouveau silence les enveloppa, la faisant frémir autant que le froid de la nuit. James le remarqua et sans hésiter la moindre seconde, retira son manteau pour venir le poser avec délicatesse, sur les épaules de Lena. Machinalement, la jeune femme resserra les pans de la veste autour de son corps, laissant la chaleur du jeune homme ainsi que son odeur, l'entourer. C'était à la fois agréable et atroce. James continuait de prendre soin d'elle alors qu'elle était bien malgré elle, en train de lui briser le cœur. Grâce à lui elle se sentait bien mais aussi si mal. Elle n'en pouvait plus de se perdre dans cette désagréable dualité, elle avait besoin de savoir pourquoi ils étaient tous les deux ici, assis muettement dans un parc. Il fallait qu'elle sache. Elle voulait comprendre ce qu'elle avait fait de mal. Elle voulait en finir une bonne fois pour toutes, qu'il arrête de se montrer si attentionné, qu'il réduise son cœur en poussière comme elle était en train de le faire avec le sien, elle ne méritait que ça. Elle devait souffrir elle aussi.
« Je... », débuta difficilement James, laissant ses paroles se perdre dans l'obscurité.
Lena se tendit. Elle touchait du doigt le dénouement tant attendu, elle allait enfin savoir.
« J'aimerais te parler de quelque chose mais ce n'est pas facile », reprit le jeune homme en laissant sa voix se briser.
Et pendant un instant, Lena décida de mettre ses pensées sur pause et ses doutes de côté. S'il y avait bien un moment où elle se devait d'ouvrir son cœur, c'était bien celui-ci, alors que la fin de leur relation était proche. Parce que quoique James ait à lui dire, leur relation devrait prendre fin ce soir. Si James n'y mettait pas un terme, Lena le ferait, elle avait pris sa décision, elle ne pouvait plus se cacher derrière une façade, plus maintenant qu'elle avait pris conscience qu'elle s'était leurrée sur ses sentiments, James méritait qu'elle soit entièrement sincère. Tant pis si elle ne savait pas s'y prendre, tant pis si ce n'était pas la réaction que le footballer attendait d'elle, elle était déterminée. C'était rapide, voire même très brutal pour Lena, mais il lui était désormais évident que leur couple ne pouvait plus durer.
« Je t'aime... », murmura faiblement James et Lena sentit son cœur s'effondrer jusque dans son estomac. Non, il ne pouvait pas lui faire une déclaration pareille, pas maintenant, pas, alors qu'elle était certaine qu'elle ne voulait plus sortir avec lui. Elle nageait en plein cauchemar, elle se trouvait déjà horrible, mais si elle avouait au photographe qu'elle ne pouvait plus sortir avec lui après cette confidence, elle se considérerait elle-même comme un monstre. Même la bienveillante Kara Danvers, celle qui voyait le bien en chacun, ne voudrait plus l'approcher. Lena en était certaine.
« ... et il est certain que tu m'aimes aussi », poursuivit-il fébrilement, laissant le désarroi envahir toujours plus l'esprit de la brune. « Tu m'aimes mais pas de la même façon dont je le fais, pas de la façon dont j'aimerais que tu le fasses ».
La bouche de la jeune femme s'entrouvrit légèrement pour laisser échapper sa surprise. James était donc bien conscient qu'elle n'était pas amoureuse de lui. Pendant quelques secondes, Lena vacilla, devait-elle se sentir triste de leur rupture qui se profilait ? Ou devait-elle en être soulagée ? Elle n'en avait aucune idée, son esprit refusait de choisir, elle ne voulait pas être l'horrible personne qu'elle avait toujours essayé de ne pas être. Mais malgré ses protestations intérieures, son corps se détendit lentement, alors qu'elle sentait un des très nombreux poids qui l'étouffaient depuis de longues minutes, s'enlever de ses épaules. Et même si sa conscience refusait de l'admettre, la douleur dans son cœur était en train de s'alléger inconsciemment. Elle était ignoble, elle se sentait abjecte. Elle serra fortement la mâchoire alors que ses yeux la piquaient affreusement. Elle n'avait pas le droit de pleurer, ce n'était pas elle qui était censée le faire, mais James.
Mais le jeune homme ne faisait rien de tout ça, se contentant de la fixer avec des yeux brulant de chagrin, sans qu'aucune larme ne vienne ravager ses joues imberbes, continuant à être prévenant et délicat avec elle. Et Lena n'avait qu'une envie, le secouer un bon coup pour qu'enfin il se mette à pleurer. Il ne pouvait pas réagir si sereinement alors qu'il était en train de rompre avec la personne dont il était amoureux. Il se devait d'exprimer sa peine, il devait extérioriser quitte à se mettre en colère comme il l'avait fait chez les Danvers. Lena était parfaitement capable d'encaisser toute la rancœur que le jeune homme devait désormais entretenir à son égard.
« Je pense qu'on ferait mieux de tout stopper maintenant, parce qu'on mérite tous les deux beaucoup mieux que ce que nous offre notre relation actuelle », la voix cassée du footballer brisa de nouveau le calme de la nuit, venant se répercuter avec ses autres paroles, dans le crâne de Lena. Elle commençait à avoir mal à la tête à force de trop réfléchir. Ne pouvait-elle pas se concentrer quelques minutes sur le moment présent ? Elle devait arrêter de ressasser le passé tout comme elle devait arrêter d'essayer de prédire l'avenir. Arriverait ce qu'il arriverait, tant pis si elle finissait par être de nouveau seule lorsque ses nouveaux amis la fuiraient après avoir appris la nouvelle, tant pis si elle finissait elle aussi avec le cœur brisé lorsque Kara déciderait de la sortir de sa vie, tant pis, tant pis, tant pis... elle n'aurait que ce qu'elle méritait... et Sam, elle, resterait. Lena ne devait se focaliser que sur l'étudiante en commerce et sur le futur photographe professionnel. Il n'y avait que ça qui devait compter pour l'instant. Rien d'autre.
« J'ai mis du temps à l'accepter, j'ai préféré me voiler la face plutôt que de l'admettre avant, mais c'était si dur, j'ai été lâche et je suis désolée pour ça », avoua James en détournant le visage sur le côté pour cacher la larme solitaire qui avait réussi à s'échapper de son œil.
Le jeune homme était vraiment à deux doigts de s'effondrer cette fois-ci, mais il continuait de persévérer à faire croire que tout allait bien, que son amour non réciproque pour Lena n'était pas en train d'ébrécher son palpitant toujours un peu plus à chaque seconde.
Lena sentit le soulagement qui s'était lentement frayé une place dans sa poitrine quelques minutes auparavant, la fuir rapidement. La culpabilité fit son grand retour, et la brune se mordit violemment la lèvre inférieure. Elle ne pouvait plus écouter James se fustiger de la sorte, elle devait agir, car elle était l'unique coupable de cette désolante situation.
« Non James, c'est moi, si j'avais su prendre assez de recul sur mes sentiments, on n'en serait pas là, et tu ne serais clairement pas en train de souffrir, je suis la seule fautive », déclara la jeune femme en attrapant la main gauche du footballer pour la garder entre la sienne d'une manière réconfortante. Elle ne savait pas trop quoi faire d'autre, c'était le seul contact qu'elle ne trouvait pas déplacé, le prendre dans ses bras aurait été malvenu de sa part.
« C'était là, juste sous mon nez et j'ai préféré jouer les aveugles Lena, parce que c'était plus simple de croire que tu m'aimais aussi alors que depuis le départ ce n'est pas le cas, tu m'as toujours aimé comme on aime un ami, et tu as toujours tenté de me donner le meilleur de toi-même, mais on ne commande pas l'amour et tu n'as pas à te blâmer pour ça ».
Lena resserra sa prise sur la main du jeune homme, ses pensées étaient de nouveau en train de s'embrouiller et elle n'était pas sûr de comprendre le message caché qu'il essayait de lui faire passer. Elle avait toujours été plus intelligente que la moyenne de gens, c'était sans aucun doute un des traits hérités de la partie Luthor coulant dans ses veines, mais à cet instant précis, son discernement et ses connaissances, ne lui étaient d'aucune utilité. Elle était dépassée par les événements, sa peur, sa peine et son incompréhension, se lisant facilement sur son visage. Elle n'avait plus envie de se cacher derrière son habituelle impassibilité, celle que Lillian l'avait forcé à adopter dès son plus jeune âge et qui lui pourrissait l'existence depuis si longtemps. Elle n'en avait plus rien à faire de se montrer faible, elle voulait simplement être comme toutes les filles de son âge, et aussi comprendre ce qui ne tournait pas rond chez elle. James semblait avoir les réponses à toutes les questions qu'elle se posait.
« Je ne comprends pas, qu'est-ce que tu aurais dû voir plus tôt James ? », lui demanda la brune dans un murmure.
James releva enfin la tête pour lui faire de nouveau face. Une étrange lueur animait désormais ses pupilles chocolat, loin de la peine qui les avait longtemps habitées précédemment. Lena se mit subitement à stresser, une de ses jambes s'agitant nerveusement. Pourquoi avait-elle la mauvaise impression que ce que James allait lui révéler, ne lui plairait pas ?
La main libre du photographe se posa sur sa cuisse, l'obligeant à calmer son mouvement compulsif. Un sourire bienveillant vint se frayer une place sur ses lèvres, et même si Lena sentait son cœur battre toujours aussi rapidement entre ses côtes, James avait tout de même réussi à calmer son angoisse grandissante.
« Tes sentiments pour Kara », lâcha-t-il comme si sa réponse relevait plus d'une nette évidence que d'une énorme révélation.
Sous l'effet de la surprise, Lena lâcha la main de son ex petit ami, se reculant de lui comme si leur contact l'avait brulé. Elle secoua fortement la tête, se demandant si elle n'avait pas rêvé les paroles du jeune homme. Il ne pouvait décemment pas lui avoir dit qu'elle aimait Kara, ce n'était pas possible, elle était simplement en train de devenir folle. Ou alors James voulait bêtement se payer sa tête parce qu'elle avait osé lui briser le cœur ? Oui, ce devait-être cela, Lena ne voyait pas d'autre réponse possible.
Jamais, au grand jamais, elle n'avait imaginé la jeune Danvers comme une potentielle conquête. Même s'il y avait eu tous ses regards échangés, ses frissons ressentis et ces gestes tendres prodigués avec un naturel qui l'avait souvent stupéfaite, cela ne voulait absolument rien dire. Elle n'était pas amoureuse de Kara, ce n'était clairement pas possible... James se fourvoyait.
« C'est... J'ai-je... Non », bafouilla Lena qui avait toujours l'impression d'être prise au dépourvu par les propos du photographe.
Elle se sentit rougir bêtement alors qu'elle n'avait pas été capable de réfuter correctement l'idée saugrenue que James s'était fait de sa relation avec la blonde. Elle était ridicule de réagir de la sorte pour une supposition aussi absurde que celle-ci. Elle eut soudainement une nouvelle pensée pour sa mère adoptive. Si Lillian la voyait à cet instant précis, il n'y avait aucun doute, qu'elle serait en train de se railler de sa fille adoptive de la pire des manières. Lena devait se ressaisir et chasser loin de son esprit le visage rayonnant de la cadette des Danvers. Mais elle n'y arrivait pas... Et si James avait raison ? Non, non, non, ce n'était pas possible, il avait forcément tort, il ne pouvait pas en être autrement !
Lena se mit à rire nerveusement, il fallait qu'elle réagisse et qu'elle tente d'argumenter de nouveau, James devait comprendre qu'il se trompait.
« C'-C'est faux », tenta-t-elle encore une fois, sans grande conviction.
Merde ! Pourquoi n'arrivait-elle pas à se montrer plus persuasive ? James lui avait réellement embrouillé l'esprit et elle n'arrivait vraiment pas à se reprendre.
Le jeune homme se mit à rire, laissant la tristesse qui l'avait précédemment habité, de côté. Les joues de Lena s'empourprèrent et elle se maudit intérieurement, regrettant amèrement d'avoir décidé de laisser son masque de Luthor au placard.
« Eh bah Kieran je t'ai déjà vu bien plus éloquente que ça », se moqua le jeune homme en rigolant de plus belle.
« C'est la faute de tes raisonnements insensés », se plaignit Lena en enfonçant un index accusateur sur le torse musclé du footballer. « Moi amoureuse de Kara ? Pff vraiment n'importe quoi ».
D'un geste de la main, elle chassa l'idée loufoque qu'elle avait maintenant bien ancrée en tête.
Le sourire de James se fit encore plus grand, et pendant un moment, la brune oublia presque que le photographe venait de rompre avec elle. Il avait l'air à des années-lumière de sa peine de cœur à rigoler de manière si insouciante et cela rassura Lena. Peut-être que son rétablissement ne serait pas trop difficile ? Peut-être qu'elle avait réussi à ne pas trop faire de dégâts ? Elle l'espérait fortement.
« Quoi ? », répliqua-t-elle en avisant le rictus plus que moqueur de son vis-à-vis. « Pourquoi tu continues à glousser comme ça ? »
« Parce que j'ai vraiment l'impression de faire face à Kara là, tu devrais vraiment te voir avec tes joues rouges et tes mimiques dignes de notre super blonde préférée, c'est à mourir de rire ».
« Génial... », grommela la jeune femme en se sentant de plus en plus irrité par la situation.
Elle baissa la tête, son regard prostré sur le bitume pour éviter de croiser les prunelles chocolat de son ex petit ami. Elle n'avait plus envie de voir son sourire goguenard ni de l'entendre répéter qu'elle aimait Kara. Il avait tort, elle le savait, elle était quand même la mieux placée pour savoir ce qu'elle ressentait réellement. Ce n'était pas quelqu'un d'autre qui allait le lui dire... elle repensa soudainement au temps qu'elle avait mis avant de se rendre compte qu'elle n'aimait pas James et encore une fois la possibilité que le jeune homme ait finalement raison lui titilla l'esprit.
Elle laissa échapper un soupir chevrotant, elle sentait une boule lui nouer de nouveau la gorge. Elle n'allait quand même pas se mettre à pleurer pour si peu ? Mais elle se sentait terriblement perdue, elle ne savait plus quoi penser et l'impression qu'elle perdait le contrôle de ses émotions, ne faisait que renforcer un peu plus son sentiment de mal-être.
« Lena... », souffla doucement James pour attirer son attention. Il n'obtint cependant aucune réponse, la brune préférant continuer de fixer intensément le sol, comme si les réponses au tourbillon de questions qui lui vrillaient le crâne, allaient apparaitre devant ses yeux.
« Lena ? », retenta-t-il. Cette fois-ci, il attrapa le menton de la jeune femme entre son pouce et son index, l'obligeant à lui faire face. Leurs iris se trouvèrent et il décela rapidement les dommages causés par le cataclysme mental qu'il avait provoqué chez la milliardaire. « Je n'ai pas dit ça pour te faire du mal, je pensais vraiment t'aider en essayant de t'ouvrir les yeux, mais si tu me dis que tu ne l'aimes pas, alors très bien, je te crois et je n'insisterais pas... ».
La brune prit un temps de réflexion, emprisonnant sa lèvre inférieure entre ses dents. Que devait-elle répondre ? Maintenant que le doute s'était insinué en elle, elle ne savait plus quoi faire.
« Je-... je ne l'aime pas comme tu l'imagines », déclara-t-elle, incertaine de ses propres propos.
« Très bien », acquiesça le footballer en se remettant sur ses pieds. « Et si je te raccompagnais chez toi ? »
Il lui tendit une main pour l'aider à se relever, que Lena accepta volontiers. L'envie de retrouver son lit et de laisser son esprit se reposer le temps d'une nuit, lui étant des plus attractive.
Appartement Luthor.
Lena était allongée dans son lit, son regard fixant le plafond comme si les réponses à toutes les questions qui avaient émergé à la suite de sa discussion avec James, y étaient inscrites. Elle papillonna des paupières en sentant ses yeux la bruler, elle était restée dans cette position bien trop longtemps. Elle devait bouger, de toute évidence, rester à comater dans son lit de l'aiderait à rien. Dans un grognement, elle se tourna sur le côté, emportant avec elle la couette dans laquelle elle s'était emballée et posa ses iris claires sur son réveil. L'écran luminescent lui indiqua qu'il était presque 11 heures ce qui lui tira un nouveau grommellement. Elle n'avait quasiment pas fermé l'œil de la nuit, ses pensées totalement tournées vers Kara. Est-ce que James avait raison ? Toujours cette même interrogation qui lui taraudait l'esprit et à laquelle, elle n'avait toujours pas réussi à répondre. Elle avait passé des heures à se refaire le film de sa rencontre avec la future reporter jusqu'à leurs derniers moments passés ensemble, arrivant à en tirer une minuscule conclusion qu'elle ne se sentait pas encore capable d'avouer. Elle avait encore besoin de méditer sur le sujet, mais plus maintenant, il fallait qu'elle se focalise sur autre chose, elle en avait besoin.
Décidée à se changer les idées, Lena quitta la chaleur de son confortable cocon, repoussant sa couverture en bas de son lit. Elle prit une grande inspiration et se leva, se dirigeant en premier lieu vers son dressing où elle attrapa un bas de survêtement. Elle quitta ensuite sa chambre d'un pas trainant et rejoignit l'espace de vie de son appartement. Elle récupéra le sweat à capuche que Sam avait laissé trainer sur son canapé et l'enfila rapidement avant de continuer son chemin jusqu'à la cuisine où son bien le plus précieux à cet instant précis, se trouvait. Elle écrasa un bâillement en allumant la cafetière et attendit que la machine se décide à lui offrir la drogue dont elle avait véritablement besoin.
Elle porta son regard sur l'immense baie vitrée de son salon, le soleil était haut dans le ciel et contrastait grandement avec son humeur du jour. Lena se sentait terriblement fatiguée et l'envie de passer sa journée au fond de son lit, la titilla. Mais elle ne comptait pas céder, elle n'avait aucune raison de rester à déprimer de la sorte, elle n'était même pas triste de sa rupture avec James. Un poids s'était réellement ôté de ses épaules et elle avait l'impression de respirer à nouveau. C'était un vrai soulagement et la culpabilité d'avoir brisé le cœur du jeune homme, ne l'atteignait quasiment plus. James lui avait fait comprendre qu'elle n'avait aucune raison de continuer à se flageller pour quelque chose qui était hors de son contrôle. Le footballer était sans aucun doute, une des personnes les plus bienveillantes qui lui ai été donné de rencontrer – après Kara bien sûr – et Lena espérait de tout cœur, qu'il finirait par rencontrer la femme qui saurait le rendre heureux.
Elle se reconcentra sur sa tasse désormais quasiment remplie à ras bord et l'attrapa pour venir la poser sur l'îlot central de sa cuisine. Elle s'installa sur une des chaises de bar présentes et entreprit d'avaler une première gorgée de son breuvage. Son café était brulant mais elle n'en avait que faire, son attention de nouveau déviée sur une certaine blonde aux yeux bleus.
Ce n'était pas possible, elle n'arrivait pas à se sortir Kara de la tête et elle commençait réellement à se sentir frustrer. En temps normal, elle réussissait plutôt bien à tenir les éléments distracteur loin de son esprit, mais là, elle avait l'impression que James lui avait jeté un sort. C'était entièrement de la faute du jeune homme si elle se trouvait dans un état aussi déplorable, elle le maudissait intérieurement.
Elle repoussa son mug un peu plus loin d'elle et enfouit son visage dans ses mains. Comment diable faisait-on pour oublier quelqu'un ? Il devait bien exister une formule magique ou même une technique formidable, non ?
Un bruit sourd provenant de la chambre d'amis la fit sursauter, répondant à la question silencieuse qu'elle venait de se poser. Apparemment, sa meilleure amie avait passé la nuit ici. Encore une fois. Lena trouvait l'obstination de la châtain de plus en plus ridicule, Sam refusait de quitter une bonne fois pour toute sa chambre étudiante sur le campus, qu'elle payait une fortune, pour venir s'installer avec elle. Elle lui avait pourtant déjà proposé plusieurs fois de venir habiter avec elle, mais Sam n'avait jamais accepté, pas parce que l'envie lui en manquait bien au contraire mais plus parce qu'elle ne voulait pas que la Luthor croie qu'elle profitait de sa générosité. Et même si elle ne lui en avait jamais parlé, Lena au fond-elle, s'en doutait. Elle se promit intérieurement de trouver un moyen de faire capituler la jeune Arias, lorsque cette dernière débarqua en trombe dans le séjour.
« Ohlala je suis à la bourre », grogna l'étudiante en commerce pour elle-même en tentant de boutonner correctement sa chemise.
Elle s'apprêta à filer directement en direction de la salle de bain lorsque la présence de Lena accoudé à l'îlot de la cuisine, la fit se stopper net.
« Merde Leny tu m'as fait peur ! », s'exclama la jeune femme en posant sa main sur son cœur qui battait la chamade à cause de la surprise.
En temps normal, Lena se serait fait un plaisir de lui envoyer un petit pic pour charrier son amie, mais là, elle n'en fit rien. Elle n'était vraiment pas d'humeur à plaisanter. Même si Sam avait réussi à détourner bien malgré elle ses pensées, la milliardaire se sentait toujours aussi lasse, et l'envie de retourner se terrer sous sa couette se fit de plus en plus présente. Elle détestait vraiment se sentir comme ça. Ce n'était tellement pas elle, elle n'arrivait plus à se reconnaitre. Depuis quand se prenait-elle autant la tête pour des choses aussi futiles que des relations amoureuses ?
Samantha s'approcha d'elle lentement, ce qui contrasta avec sa précédente précipitation. Son retard pour son rendez-vous, était désormais à des milliers de kilomètres de son esprit, alors qu'elle scrutait d'un œil minutieux, les vêtements de sa meilleure amie.
« Lena ? »
La concernée tourna la tête dans sa direction, relevant un sourcil interrogateur pour l'inviter à poursuivre sur sa lancée.
« Tu portes mon vieux sweat et un...jogging ? La dernière fois que je t'ai vu porté un jogging c'était... », la châtain se tu quelques secondes, prenant le temps de chercher dans ses souvenirs la dernière fois où elle avait vu la brune habillée de la sorte. « Enfaite, je n'ai jamais vu en porter... »
Elle s'interrompit encore une fois, fixant intensément Lena, à la recherche d'un détail sur le visage pâle de son amie, qui lui permettrait de savoir ce qui n'allait pas. Mais comme à son habitude, la brune faisait preuve d'un stoïcisme à toute épreuve, seuls ses cernes la trahissaient.
« Est-ce que ça va ? », lui demanda-t-elle en s'installant à son tour sur une des chaises de bar accolées au comptoir de la cuisine.
Elle se pencha légèrement en avant pour venir attraper une des mains de Lena qui se mordait la lèvre. Devait-elle tout raconter à Sam ? Elle n'était pas sûre de réussir à ne pas craquer.
« Je ne t'ai pas entendu rentrer hier soir », reprit l'étudiante en commerce et pendant un instant, Lena crut qu'elle était sortie d'affaire, que Sam n'allait pas insister. Mais elle s'était trompée. « C'est aller avec James ? Il était vraiment bizarre ».
Lena déglutit difficilement et retira sa main de la prise de sa meilleure amie pour attraper sa tasse et la portée à sa bouche. Pourquoi était-ce si dur de dire ce qu'elle avait sur le cœur ? Depuis la fin de leur soirée jeu, elle avait l'impression d'avoir totalement perdu le contrôle de sa vie. Elle venait de perdre son petit ami et elle commençait sérieusement à se demander si elle n'était pas amoureuse de Kara, c'était totalement n'importe quoi, elle ne pouvait pas raconter ça à Sam, cette dernière allait forcément se rire d'elle.
« A ta réaction j'en déduis que ça s'est mal passé... Leny tu sais que tu peux tout me dire ».
Sam planta ses orbes couleur noisette dans celles de Lena, lui montrant sa détermination et tout son amour et la milliardaire comprit. Quoiqu'elle puisse lui dire, Sam serait là, elle ne bougerait pas et l'écouterait d'une oreille attentive, sans jamais la juger. Elle ne savait pas pourquoi elle avait réussi à douter ne serait-ce qu'une seconde de sa meilleure amie.
« Il m'a plaqué... », avoua Lena d'une petite voix, pas parce qu'elle était triste de cette rupture mais plus parce qu'elle appréhendait la suite de leur conversation.
« Quoi ? », demanda Sam, les sourcils froncés, elle avait l'impression de nager dans l'incompréhension. Elle s'était attendu à beaucoup de choses, mais certainement pas à ça. « Pourquoi il a fait ça ? Il est fou de toi ! »
« Il a compris que je n'étais pas amoureuse de lui... »
« Ooh... je ne pensais pas qu'il ouvrirait les yeux aussi vite », confia Sam en s'adossant avec nonchalance contre le dossier de sa chaise, croisant les bras sur sa poitrine.
Lena lui lança une œillade, surprise de l'entendre dire ça. La non-réciprocité des sentiments de James était-elle si voyante ?
« Oh chérie, ne soit pas si surprise, je commence à savoir comment tu fonctionnes, je crois même que ce n'était un secret pour personne. Enfin à part pour Kara, c'est bien la seule qui ne s'est jamais prononcée sur votre relation ».
A l'évocation de la future journaliste, Lena se tendit. Ce fut presque imperceptible tant elle s'employa à cacher ce qu'elle ressentait véritablement, mais l'œil maintenant avisé de la jeune Arias, ne loupa pas ce minuscule soubresaut.
« Quelque chose à ajouter sur Blondie ? », questionna avec une innocence feinte, l'étudiante en commerce.
« Rhaaa tu es devin ou quoi ? », râla la milliardaire en sentant qu'elle ne pouvait rien lui cacher.
« Non, tu oublies juste que ce truc de Luthor là... », Sam désigna le visage impassible de Lena d'un vague mouvement de main puis reprit. « ... ça ne marche pas avec moi ».
Sam marquait un point et Lena su qu'elle n'allait clairement plus pouvoir se défiler, elle devait lui raconter tous ce que James lui avait dit. Et peut-être que la jeune femme pourrait l'aider à voir plus clair dans l'enchevêtrement de pensées et de sentiments qui lui tiraillaient le crâne et le cœur. Ses épaules s'affaissèrent d'elles-mêmes et le masque de neutralité qu'elle avait revêtu en entendant la châtain arriver dans la pièce, tomba. Elle ne voulait plus faire comme si tout allait bien alors qu'elle n'arrivait même plus à savoir où elle en était. James lui avait jeté une bombe qui lui avait clairement éclaté au visage et elle n'était pas sûre de s'en remettre. Alors, elle inspira un grand coup et se mit à parler pendant de longues minutes, contant à Sam sa fin de soirée dans les moindres détails, insistant pour une fois, sur ce qu'elle ressentait. Elle se surprit à sentir quelques larmes rouler le long de sa joue, mais elle ne les essuya à aucun moment. En effet, pleurer ne voulait aucunement dire qu'elle était faible, elle se trouvait bien plus courageuse d'ouvrir son cœur de la sorte plutôt que de cacher ses émotions derrière une façade morne et glaciale, comme Lillian avait pu lui apprendre à le faire.
La jeune Arias l'écouta avec bienveillance, appréciant que Lena s'ouvre ainsi à elle. Elle n'avait jamais pris le comportement parfois distant de sa meilleure amie, pour elle mais cela ne l'empêchait pas d'être heureuse de la voir s'éloigner pas à pas de son éducation Luthorienne. Lena était une jeune magnifique, autant à l'intérieur qu'à l'extérieur, et elle méritait vraiment de vivre une vie normale, loin des mauvaises décisions de sa famille. Et Sam, s'était jurée qu'elle ferait tout pour l'aider à obtenir la vie dont elle rêvait, quitte à parfois la forcer à quitter ses vieilles habitudes.
« Et là, il m'a sortie qu'il était certain que j'aimais Kara », termina Lena en affichant une mine quasiment outrée. « De Kara ! Tu te rends compte ? C'est totalement-... »
Et alors qu'elle s'apprêtait à lui dire que les propos de James étaient insensés, Sam la coupa.
« Vrai. C'est totalement vrai ».
Pendant un instant, Lena resta figée. Avait-elle bien entendu ? Où était-ce son imagination qui lui jouait des tours ? Sam ne pouvait pas être d'accord avec James c'était impossible. Elle ne voulait pas y croire.
« La terre à Lena, tu es toujours vivante ? », plaisanta Sam en passant une main devant le visage de la brune pour la faire revenir au moment présent.
Lena cligna plusieurs fois des paupières puis braqua un regard étonné sur sa meilleure amie. Elle avait besoin de savoir si elle nageait en plein délire ou si Sam pensait réellement comme James.
Sam qui décelait facilement les rouages du cerveau de la brune s'activer à plein régime, décida qu'il était temps qu'elle lève se soudain suspense qui s'était installé entre elles. Elle allait enfin pouvoir lui confier les doutes qu'elle avait développés depuis un certain temps maintenant et intérieurement elle s'en réjouissait. Réussir à déstabiliser Lena était quelque chose de quasiment impossible... à part quand Kara rentrait dans l'équation. Elle n'avait jamais vu sa meilleure amie rougir autant que depuis que la jeune Danvers était entrée dans sa vie et elle avait vraiment hâte de réussir à lui faire ouvrir les yeux sur ce qu'elle ressentait réellement pour la jolie blonde.
« Est-ce que tu vas vraiment nier le contraire ? », l'interrogea-t-elle en observant la milliardaire se tasser sur son tabouret.
Les pensées de Lena étaient en train de se mélanger entre elles, elle n'arrivait plus à savoir quoi penser. D'un côté elle était persuadée que Sam était en train de lui faire une énorme blague, mais d'un autre côté, son expression si sérieuse, lui laissait imaginer le contraire. Elle se sentait si frustrée ne pas réussir à se mettre elle-même d'accord sur ce qu'elle ressentait. Elle avait véritablement envie que tout ça prenne fin. Pourquoi James s'était-il senti obligé de parler de ses doutes ?
« Et toi, es-tu vraiment sérieuse en insinuant la même chose que James ? », répliqua Lena en affichant une moue dubitative. Au fond d'elle, espérait vraiment que Sam se moquait d'elle. Elle ne lui en voudrait même pas pour ça, elle serait juste soulagée.
« Lena, ça fait des mois que j'attends le bon moment pour t'en parler, dès votre première rencontre j'ai tout de suite su qu'il allait se passer quelque chose ! »
« Notre première rencontre ? », répéta Lena feignant de ne pas comprendre de quoi voulait lui parler l'autre jeune femme. Elle espérait toujours autant que Sam n'allait pas la conforter dans les idées qu'elle s'était faites durant la nuit concernant cette fameuse rencontre. Bien sûr, elle était consciente que quelque chose s'était passé entre Kara et elle, mais elle préférait nier, c'était tellement plus simple de ranger dans une boîte, le tas de sentiments qui l'avait envahi lors de leurs présentations et de l'oublier dans un recoin sombre de sa psyché. Elle avait préféré opter pour la solution de facilité et Sam, elle, était prête à ouvrir la boîte de Pandore, sans aucune précaution préalable. Lena n'était vraiment pas sûre de vouloir poursuivre cette discussion. Peut-être n'était-il pas trop tard pour fuir ?
« Ooh s'il-te-plait, ne fait pas l'innocente, lorsque vous vous êtes serrées la main j'ai bien cru que vous alliez vous sauter dessus sans vous soucier de notre présence. Tout le monde l'a remarqué mais personne n'a osé parler », argua Sam en affichant désormais un léger rictus en voyant que Lena blêmissait a vue d'œil.
Est-ce que Sam venait de la frapper ? Parce que Lena avait la désagréable impression de s'être prise un uppercut en pleine figure. La vérité faisait mal, vraiment très mal. Si tout le monde l'avait remarqué, il n'était plus nécessaire de tenter de démentir, elle gaspillerait son énergie inutilement. Mais c'était si compliqué à accepter, pourquoi diable cela lui était d'ailleurs si difficile ? Pourquoi n'arrivait-elle pas à admettre l'évidence ? Pourquoi ne s'était-elle pas rendu compte elle-même de ses sentiments pour Kara ? Encore une fois, une nouvelle horde de questions l'assaillit et la brune n'eut à aucun moment l'impression d'avoir avancé dans sa problématique. C'était même pire, et le mal de crâne qui commençait doucement à la lui vriller les tempes, ne l'aidait guère mieux à réfléchir.
« Je... C-C'est... C'est totalement insensé, je ne peux pas être amoureuse de Kara... », bégaya-t-elle en secouant lentement la tête.
« Et pourquoi ça ? Elle est plutôt mignonne, elle est intelligente, drôle, elle a un sourire à tomber par terre... », énuméra Sam en souriant de plus en plus. Elle était en train de gagner sa bataille. « Et le simple fait que je dise ça, te fait rougir. Je pense que c'était plutôt évident, tu es totalement mordu d'elle ».
Elle termina sa phrase en se mettant à rire, laissant la milliardaire cacher les rougeurs sur son visage à l'aide de ses mains.
« Et même si tu avais raison, je n'ai aucune chance », souffla Lena d'un air dépité.
« Je crois que tu te trompes, je suis certaine que Kara ressent la même chose pour toi, elle n'en a juste pas encore conscience », contra la châtain. « Un peu comme toi avant que James n'ouvre sa bouche, elle a besoin d'un coup de pouce elle aussi, mais je ne pense pas que cela soit une bonne idée qu'il vienne de moi, peut-être qu'Alex pourra-... », elle se stoppa soudainement, un éclair de lucidité passant dans son regard. « Merde Alex ! J'ai rendez-vous avec elle, j'étais déjà en retard, quelle horreur ! »
L'étudiante en commerce bondit de sa chaise, prête à filer en direction de la sortie à moitié habillée, mais une nouvelle fois elle se s'arrêta sur place, avisant le regard larmoyant de sa meilleure amie. Elle ne pouvait décemment pas abandonner Lena maintenant, pas alors qu'elle n'avait pas encore digéré les derniers événements.
« Je- Je vais l'appeler et lui dire que j'annule, je reste avec toi ! », déclara-t-elle avec fermeté.
Et même si Lena était touchée de la voir si préoccupé par son état, elle ne pouvait pas laisser Sam passer à côté de sa chance de passer un peu de temps avec Alex. Elle savait très bien que la châtain attendait ça depuis un moment, et elle ne pourrait pas s'empêcher de culpabiliser si elle la contraignait à rester vers elle.
« Non, va la rejoindre, je crois que j'ai besoin d'être un peu seule pour réfléchir », avoua la brune en reprenant sa tasse entre ses mains. Son café était devenu froid et elle grimaça juste à l'idée de devoir le boire.
« Tu es sûre ? »
« Oui Sam, vas-y, je t'appellerais si vraiment ça ne va pas ».
Lena lui offrit un sourire. Il était certes petit, mais il était véritablement sincère et Sam décida qu'elle pouvait se permettre de rejoindre Alex. La jeune Luthor était forte, elle n'en avait aucun doute, et elle finirait par assumer pleinement ses sentiments pour la cadette des Danvers, ça aussi en avait la certitude. Il lui faudrait juste un peu de temps, mais personne ne comptait la stresser, surtout pas elle.
Elle la remercia en venant poser un baiser sur sa joue, puis commença à s'activer pour rattraper l'énorme retard qu'elle avait accumulé. Il était certain que la Danvers allait lui faire passer un sale quart d'heure mais elle finirait par trouver un moyen de se faire pardonner.
Lena l'observa faire de nombreux aller-retour entre la chambre d'amis et la salle de bain, amusée. Si elle était belle et bien amoureuse de Kara, Sam devait l'être tout autant d'Alex, il ne pouvait pas en être autrement.
C'est sur cette pensée, qu'elle la regarda enfiler une paire de bottines à talon. Lorsque ce fut chose faite, la jeune Arias revint vers elle en courant presque pour venir l'embrasser une seconde fois en guise d'au revoir. Elle n'eut pas le temps de prononcer le moindre mot que sa meilleure amie avait déjà quitté son appartement. Décidément les deux Danvers avaient vraiment un drôle d'effet sur elles, s'en était presque déconcertant.
Lena laissa échapper un léger rire alors qu'une envie étrange, l'envahit soudainement. Il fallait qu'elle aille se préparer à son tour, elle devait rendre une petite visite à Kara. Même si quelques minutes auparavant elle avait vraiment souhaité rester seule chez elle pour réfléchir, l'idée de pouvoir confronter ses possibles sentiments à la réalité, était bien plus appétente que celle de se morfondre dans son canapé.
Son poing en suspension dans les airs, juste devant la surface de la porte d'entrée de Kara, Lena se demanda si rendre visite à la jeune Danvers, était vraiment une si bonne idée. Elle avait pris cette décision sur un coup de tête, fonçant à toute vitesse dans son dressing pour attraper un jean et un t-shirt dans le seul but de venir ici le plus rapidement possible. Elle n'avait même pas pris la peine de prévenir la jeune femme, peut-être avait-elle envie d'être seule ? Ou peut-être n'était-elle, même pas chez elle ? Elle devait surement être en train de réconforter le cœur meurtri de James. Prise d'une hésitation, elle se demanda s'il ne valait pas mieux qu'elle fasse demi-tour. Mais l'étrange sensation qu'elle ressentait dans le creux de son estomac, lui hurlait son envie de voir le visage rayonnant de son amie.
Lena resta stoïque encore quelques secondes, perplexe quant à la marche à suivre, puis, portée par une pulsion invisible, elle toqua sans réfléchir.
Il était désormais trop tard pour faire marche arrière, elle attendit alors une réponse de Kara, son cœur battant la chamade entre ses côtes, si fort qu'elle pouvait le sentir pulser jusqu'à ses oreilles. Elle se sentait de plus en plus ridicule, depuis quand avait-elle perdu le contrôle de ses émotions à ce point-là ? Depuis quand venir voir Kara était-il devenu un acte si anxiogène ?
Lena secoua fébrilement la tête, cette situation s'était transformée en un capharnaüm sans nom. Mais il fallait qu'elle se ressaisisse, elle entendait des pas de l'autre côté de la porte, signe que Kara se rapprochait d'elle de plus en plus. Elle prit une grande inspiration et revêtit une expression détachée juste au moment où la blonde fit tourner la clé dans la serrure pour lui ouvrir.
Instantanément, les prunelles vertes de Lena tombèrent sur le visage fatigué de Kara, qui s'éveilla de stupeur avant d'enfin s'égayer d'un véritable sourire lorsque son cerveau eut assimilé la présence de la brune.
« Lena ! », s'enthousiasma la future journaliste en arborant un sourire qui semblait s'agrandir à chaque seconde s'écoulant.
La milliardaire se sentit fondre intérieurement, alors qu'elle laissa son regard vaquer devant-elle. Kara semblait tout droit sortir de sa douche, ses longs cheveux blonds mouillés ondulant jusqu'à son t-shirt blanc qui même s'il n'était pas transparent, ne laissait pas beaucoup de place à l'imagination. La blonde ne portait pas de soutien-gorge et lorsqu'elle le constata, Lena sentit sa bouche s'assécher instantanément. Inconsciemment elle se mordit l'intérieur de la joue alors que son ventre se contractait d'une douce manière. Ce n'était définitivement pas une bonne idée d'être venu ainsi confronter ses sentiments. Parce qu'à cet instant précis alors qu'elle était face aux faits, la jeune Luthor ne pouvait plus nier l'évidence. James et Sam avaient eu raison. Elle n'était peut-être pas à cent pourcent certaine d'être amoureuse de la jeune femme, mais Kara lui faisait bel et bien ressentir quelque chose. Quelque chose bien loin de l'amitié. Et maintenant qu'elle en avait véritablement conscience, elle ne savait pas vraiment comment réagir. Se taire et faire comme si de rien n'était, lui paraissait être le meilleur comportement à adopter, se confier à Kara semblait être beaucoup trop prématuré, même la brune savait qu'elle allait avoir elle-même besoin d'un certain temps pour digérer la nouvelle.
« Lena ? Ça va ? », la voix douce de la jeune femme, la fit sortir de l'immense vague de pensée qui menaçait de la submerger.
« Oh euh oui », bégaya-t-elle soudainement mal à l'aise. « J-Je ne te dérange pas ? »
« Non pas du tout, entre ! », s'exclama joyeusement Kara, en se décalant pour laisser entrer la milliardaire dans son appartement. « Je suis contente de te voir ».
« Moi aussi », souffla doucement Lena en s'avançant jusqu'au salon de son amie, cette dernière la suivant de près.
Une fois, installées toutes les deux sur le canapé, Lena chercha du regard, de quoi occuper ses yeux, elle n'avait plus vraiment envie de les reposer sur l'autre jeune femme parce qu'une horde de pensées de moins en moins correctes tentait de s'insinuer vicieusement dans son esprit. Cette situation était en train de se détériorer à une vitesse folle et Lena se trouvait de plus en plus ridicule. Depuis quand elle agissait comme une ado prépubère ? C'était absurde ! Mais maintenant qu'elle se rendait compte que Kara était loin de la laisser indifférente, elle n'arrivait plus à faire abstraction de ses sentiments et le regard que la blonde posait sur elle ne l'aidait guère à faire autrement.
« Tu as froid ? », lui demanda avec bienveillance la future journaliste.
Lena ne comprit pas tout de suite pourquoi Kara lui posait une telle question, et l'interrogea en soulevant un sourcil.
« Je ne sais pas, tu frissonnes, j'en déduis que tu as froid », lui expliqua Kara en rigolant.
Merde ! Son propre corps était en train de la trahir et Lena ne se voyait vraiment pas lui avouer la vérité, surtout pas maintenant. Elle finit par acquiescer, serrant instinctivement ses bras contre son corps dans une tentative vaine de se réchauffer pour appuyer ses futures paroles.
« Oui un peu, je crois que je suis fatiguée ».
Kara lui offrit un sourire compatissant et après avoir tapoté gentiment la cuisse de Lena, se leva.
« Ne bouge pas, je vais aller te chercher un pull ».
Lena n'eut pas l'occasion de protester que l'autre jeune femme avait déjà filé en direction de sa chambre. Elle resta seule à peine quelques secondes, mais cela lui fut suffisant pour remarquer que la console de jeux de son amie était allumée et qu'une des manettes trainait sur la table basse, signe qu'elle avait dû l'interrompre en pleine partie ou juste avant qu'elle ne la lance. Elle se mit à sourire intérieurement, elle venait de trouver un moyen de focaliser son esprit autre part que sur Kara.
Quand cette dernière revint, Lena constata que Kara avait elle-même passé un sweat et elle se sentit soudainement soulagée. Elle allait enfin pouvoir regarder la jeune femme sans avoir à lutter pour rester fixée sur son visage.
La blonde se réinstalla à ses côtés en lui tendant un pull gris beaucoup trop grand pour elle, estampillé du logo de leur fac. Lena la remercia et n'attendit pas une seule seconde pour le revêtir, laissant l'odeur de l'adoucissant utilisé par les sœurs Danvers, l'envelopper, lui donnant l'impression qu'elle était en train de serrer Kara dans ses bras. Son cœur se mit à palpiter un peu plus fort dans sa poitrine et la milliardaire sue qu'elle était en train de s'enliser de plus en plus dans ses propres sentiments. Elle venait sans aucun doute d'atteindre le point de non-retour et elle ne savait pas si elle devait en être heureuse ou se sentir terrifiée.
Elle chassa une nouvelle fois, ses pensées déplacées de son esprit et se reconcentra sur son amie qui s'était mise à jouer avec un des coussins du canapé.
« Et si on se faisait une partie ? », proposa-t-elle en désignant la manette devant elle, d'un mouvement de tête.
« C'est vrai ? Tu veux ? », lui demanda pleine d'espoir Kara qui devait sans aucun doute penser que la brune se moquait d'elle. A part Winn et parfois Alex, personne ne jouait avec elle. James avait toujours préféré sortir jouer au foot quel que soit le temps à l'extérieur plutôt que de s'enfermer devant un écran, et Mike préférait s'amuser avec ses crayons. La vérité c'était que le dessinateur était vraiment nul et que, ne voulant pas l'admettre, il choisissait toujours de dessiner plutôt que de jouer avec la blonde. Et même si Kara avait rapidement compris le manège de son ex petit ami, elle avait toujours été triste de ne pas pouvoir partager avec lui une de ses passions.
« Bien sûr », affirma Lena en lui offrant un sourire quasiment aussi resplendissant que le sien.
« Génial ! », répliqua la blonde avec un tel engouement que la brune se sentit fondre toujours plus pour la jeune femme. Kara avait cet air enfantin, peint sur le visage, celui qui avait toujours fait craquer Lena, et la jeune femme eut soudainement l'envie de l'attraper par les épaules pour l'entrainer dans une étreinte. Elle résista de justesse alors que la future journaliste se levait pour aller récupérer l'autre manette posée près de l'écran de télévision.
Elle lui fourra la manette entre les mains et se pencha pour attraper la télécommande de la télé, laissant Lena observer l'objet qu'elle tenait désormais avec une moue dubitative, ses pouces caressant timidement les boutons.
« Bon alors pour jouer à deux on ne va pas avoir beaucoup de choix », commença Kara en parcourant des yeux les différentes propositions s'offrant à elle sur l'écran. « Tu préfères tuer des zombies ou des-... »
Elle s'arrêta soudainement lorsqu'elle avisa Lena en train de triturer nerveusement sa manette.
« Laisse-moi deviner, tu ne sais pas jouer ? »
Lena pinça ses lèvres pour lui offrir un sourire contrit.
« Je n'y ai jamais joué, les jeux vidéo étaient proscrits à la maison... »
L'image du visage de sa mère adoptive s'imposa d'elle-même dans son esprit. Jamais Lillian Luthor ne leur aurait permis de s'amuser devant un écran, ni de s'amuser tout court d'ailleurs. Sa marâtre avait toujours eu à cœur de leur pourrir leur enfance, enfin surtout la sienne, Lillian avait toujours considéré Lex comme un demi-dieu, le laissant s'occuper comme bon lui semblait. Mais pour Lena, tout avait toujours été différent... Sa belle-mère lui avait fait vivre un enfer, mais maintenant qu'elle s'était éloignée de son emprise nocive, elle se sentait revivre et elle comptait bien profiter de sa nouvelle vie.
« Il n'est jamais trop tard pour apprendre ! », s'exclama Kara avec ferveur, ne tentant pas de lui poser plus de question sur son enfance. Elle avait compris depuis longtemps que la brune n'aimait pas trop s'étendre sur sa famille. Elle connaissait le minimum, Lena avait fui sa ville natale pour avoir une chance de s'épanouir loin de ses parents et de leur richesse colossale, et ça lui suffisait amplement.
Lena rigola doucement, Kara n'avait pas tort, il n'était pas trop tard pour rattraper le temps qu'elle avait perdu au sein de sa famille démoniaque. Elle regarda la blonde lancer un jeu de guerre, en se demandant intérieurement si elle allait se ridiculiser dès la première partie.
« Tu verras, c'est assez simple à utiliser », poursuivit Kara en tapotant la manette que Lena avait posée sur ses genoux.
Elle se reconcentra ensuite sur la télévision pour préparer rapidement leur partie. L'écran se divisa en deux et le paysage d'une ville ravagée par des bombes apparue sous leurs yeux. Lena fixa les immeubles à moitié écroulés et les voitures accidentées encombrant la fausse rue où son personnage se trouvait, d'un œil ébahi. Les graphismes étaient incroyables, elle avait vraiment l'impression de faire face à un vrai paysage, tout ça avait l'air si réel.
« Les règles sont simples elles aussi, on est chacune dans deux équipes différentes et le but est de comptabiliser le plus de mort adverse avant la fin du temps réglementaire », lui expliqua la jeune femme dont la partie de l'écran se mit à bouger alors qu'elle utilisait avec dextérité sa manette pour faire avancer son personnage au milieu des gravats. « Reste où tu es, je te rejoins et je te montre comment jouer ».
La blonde tua plusieurs des membres de l'équipe de Lena à une vitesse fulgurante, surprenant la brune. Kara donnait véritablement l'impression d'avoir fait ça toute sa vie.
« Ça a l'air franchement sympathique comme jeu », rigola-t-elle fébrilement alors qu'un de ses coéquipiers se prenait une balle en pleine tête, pour finir par s'écrouler au sol dans une mare de sang.
« Juste après ma rupture, j'imaginais la tête de Mike sur chacun de mes adversaires », plaisanta Kara en provoquant un véritable éclat de rire de la part de Lena.
« Eh bien, qui aurait cru que la douce Kara Danvers était en fait une véritable psychopathe », répliqua la milliardaire en déclenchant à son tour le fou rire de sa voisine.
Lena sentit son cœur faire une embarder dans sa poitrine alors que le son enfantin du rire de Kara résonnait agréablement à ses oreilles.
« Hé ! », protesta la jeune femme en lui assenant un petit coup de poing dans l'épaule. « C'est faux, je suis un ange, et j'avais juste besoin d'extérioriser ma rage sur quelqu'un qui n'était pas physiquement présent ».
Lena roula des yeux en s'esclaffant à son tour, frottant son bras endolori, Kara avait bien plus de force qu'elle ne le pensait.
« Me voilà soulagée, notre chère Kara préfère s'en prendre à des-... », Lena n'eut pas l'occasion de terminer sa phrase, un nouveau coup de feu, beaucoup plus fort que les précédents, la fit sursauter. Son écran de jeu devint soudainement noir avant que la rétrospection de sa mort ne se déroule sous ses yeux ahuris. La blonde venait tout juste de lui tirer une balle en pleine poitrine et se tordait de rire à ses côtés en voyant sa mine outrée.
« Apprends-moi à jouer que je puisse te faire ravaler tes moqueries », ragea Lena alors que son personnage réapparaissait à l'écran, pile à l'endroit où il venait de mourir.
Kara suffoqua, toujours aux prises de son fou rire, mais lorsqu'elle croisa le regard noir de son amie, elle se figea, peinant à reprendre une respiration normale.
« Okay, okay », abdiqua-t-elle en reprenant correctement sa manette dans ses mains. « Fais comme moi ».
Lena s'exécuta, plaçant ses index à l'arrière de la manette et ses deux pouces sur chacun des joysticks.
« Avec le pouce gauche tu fais bouger ton personnage, et avec le droit, tu diriges la caméra », commenta Kara en montrant l'exemple à la brune qui l'imita avec beaucoup moins d'adresse qu'elle. Elle bougea ses doigts un peu trop rapidement, et son personnage fit un tour complet sur lui-même sans avoir bougé de sa place initiale.
La blonde se mordit férocement la lèvre inférieure pour se retenir d'éclater de rire une fois de plus et se rapprocha de Lena pour venir se saisir de sa manette, plaçant ses mains sur celle de la brune, qui se sentit bouillonner intérieurement. Elle avait soudainement très chaud, et le pull que Kara lui avait prêté, lui sembla de trop mais elle s'interdit de l'enlever, refusant de briser le contact avec la jeune femme.
« Il faut que tu sois un peu plus délicate », l'informa la jeune Danvers en exerçant une légère pression sur le pouce gauche de Lena, abaissant le joystick vers le haut, pour faire avancer son personnage jusqu'à un abri de bus retourné à cause de la déflagration d'une bombe. « Voilà, maintenant, il faut que tu penses à faire bouger ta caméra dans le même sens que ton personnage sinon tu ne verras pas où tu iras et tu risques de ne pas apercevoir tes ennemis ».
Lena s'amusa alors à faire plusieurs aller-retour entre l'endroit où elle était ressuscitée et le militaire incarner par Kara, qui s'était posté juste à côté de l'abris-bus. La blonde lui expliqua ensuite comment sauter, se mettre à couvert et recharger son arme et Lena s'attela à la tâche avec beaucoup plus de facilité.
« Bon maintenant revient te poster en face de moi, je vais t'apprendre à tirer », débuta Kara en observant Lena manier son soldat avec aisance. « Le but va être de tirer dans la vitre de l'abris-bus, si tu la touches, elle devrait exploser, sinon, on recommencera jusqu'à ce que tu y arrives ».
Lena acquiesça, affichant une mine si concentrée, qu'une légère ride se forma entre ses deux sourcils. Kara la regarda, attendrit puis commença à lui dicter la nouvelle marche à suivre.
« Avec ton index gauche, tu vas appuyer sur la touche L2 pour viser, n'oublie pas d'orienter correctement ta caméra », Lena obéit, suivant à la lettre les consignes que lui donnait la future journaliste. « Maintenant, fait attention et appuie sur R2 pour tirer ».
Kara quitta Lena du regard pour observer l'écran, ne voyant alors pas le fin rictus qui s'immisça sur les lèvres pleines, de la brune. Lena, d'un coup de pouce contrôlé, fit tourner sa caméra de quelque millimètre sur la droite, son viseur venant désormais pointé le personnage de Kara qui n'eut pas le temps d'agir lorsqu'elle comprit la bassesse dont allait faire preuve son amie. La brune appuya méticuleusement sur la touche à l'arrière de sa manette, scellant le destin funeste du militaire devant elle, qui s'écroula au sol, le torse perforé par les balles de sa mitraillette.
Kara tourna lentement son visage dans la direction de la milliardaire, portant sur elle ses deux saphirs, outrés.
« Miss Kieran, vous êtes le diable incarné », souffla-t-elle en dévisageant la jeune femme qui s'était mise à rigoler avec la même intensité que la blonde lorsqu'elle lui avait tiré dessus par surprise.
Le personnage de Kara réapparue à l'écran, elle se trouvait désormais dans un coin de la carte opposé à Lena, il fallait qu'elle se dépêche de la retrouver pour avoir une chance de se venger.
« Tu voulais la guerre, tu vas l'avoir », ricana Kara en fonçant à toute allure à l'endroit où Lena venait de l'abattre.
La brune, toujours en pouffant de rire, décida qu'il était temps pour elle de se déplacer, avançant parmi les débris comme elle le pouvait, tuant certains de ses ennemis avec ses maigres bases. Elle tenta d'échapper à Kara en se trouvant une cachette dans un cratère au sol créé par une bombe, mais malheureusement pour elle, la blonde finit par la retrouver, et ne lui laissa aucune chance de se défendre.
« Il faut croire que l'élève a dépassé le maître plus vite que prévu », gloussa Lena alors que l'écran de la télévision affichait sa victoire pour la troisième fois d'affilée.
Kara dépitée, posa sa manette de jeu sur la table basse en soufflant.
« Est-ce qu'il y a un domaine où tu n'excelles pas ? », répliqua-t-elle, en commençant à bouder, croisant ses bras sur sa poitrine, signe qu'elle ne voulait plus jouer.
« Dans les relations amoureuses », répondit Lena, du tac au tac, sans avoir le moins du monde prit le temps de réfléchir.
Kara qui s'était mise à fixer un point invisible devant elle, détourna le regard pour aviser la moue soudainement attristée de son amie. Ses lèvres s'ornèrent d'un sourire bienveillant alors qu'elle décroisait les bras pour venir attraper une des mains de Lena.
« Les ruptures sont des choses qui arrivent Lena, ce n'est pas parce que cette fois-ci ça n'a pas fonctionné pour toi, que ça fonctionnera pas une prochaine fois », déclara-t-elle avec douceur, exerçant une pression sur la paume de la brune, qui sentit ses joues s'échauffer.
« Tu veux dire que tu es au courant pour... », la voix rauque de la jeune Luthor se brisa avant qu'elle ne puisse terminer sa phrase. Elle avait tellement peur de la réaction de Kara, comme elle se l'était imaginé hier soir lors de sa rupture avec James, elle s'attendait presque à ce que la jeune femme se mette à lui hurler dessus pour lui dire qu'elle était une horrible personne.
« James est mon meilleur ami, il m'a appelé après t'avoir raccompagné et j'ai passé la nuit à le réconforter. Il m'a obligé à le laisser seul parce qu'il savait que tu aurais surement besoin de moi. J'étais rentrée depuis moins d'une heure quand tu es arrivée ».
« Et tu ne m'en veux pas ? », demande timidement Lena, même si, à sa grande surprise Kara ne paraissait pas énervée, elle voulait s'assurer que tout était okay entre elles.
« Pourquoi je t'en voudrais Lena ? Tu n'allais certainement pas te forcer à l'aimer, il finira par s'en remettre, on s'en remet toujours, et il trouvera la fille qui lui correspond, comme tu trouveras la personne faite pour toi ».
Et face à la sagesse dont fit preuve Kara, Lena ne put se retenir d'attirer la jeune femme contre elle, laissant son cœur se gonfler d'allégresse et palpiter de façon irraisonnée entre ses côtes. Kara était véritablement une perle, le soleil de sa vie et Lena ne pouvait plus nier l'évidence alors même qu'elle la serrait de plus en plus fort dans ses bras. Elle éprouvait bel et bien quelque chose pour la jeune Danvers, quelque chose qui se rapprochait grandement de l'amour.
« Je suis tellement heureuse de t'avoir dans ma vie... », lui souffla-t-elle dans le creux de l'oreille.
Bon et bien, James ne fait plus partie du tableau et en prime, il a aidé (avec Sam d'ailleurs) Lena à ouvrir un peu les yeux sur ses sentiments pour Kara ! On progresse... enfin, pas si sûr que ça, rien est encore joué, bien loin de là :p Prochain chapitre dimanche, avec du Karlena (bien sûr), un brin de jalousie et un James toujours aussi adorable avec notre cher Luthor ! Portez vous bien et à bientôt ! :)
