Hey ! :D Voilà le chapitre 27 ! Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)
Amaguiz : Hey :) Je suis contente de t'avoir appris un truc haha ! Je peux comprendre que la fin est été frustrante, après je ne me sentais pas d'écrire du M, alors j'ai préféré zappé cette scène là :p Voilà la suite, en espérant qu'elle te plaira !
KmillE822 : Hey :D Comme toujours, je suis ravie de savoir que tu as aimé :) C'est vrai que c'est une fin de soirée mouvementée et sans trop en dire, tu verras que le réveil le sera aussi en quelque sorte... :p Pour ce qui est de la lettre, je n'ai pas lu dans tes pensées haha, seulement prit en compte un de tes précédents commentaires ! C'est vrai que dans ma tête, je m'étais dis que Lillian ne donnerait jamais la lettre à Lena mais après réflexion j'ai changé mes plans ;) Mais il va encore falloir se montrer patiente avant de connaitre la potentielle réaction de Lena ! Merci pour ton commentaire et à tout bientôt :)
Bonne lecture !
Chapitre 27
« Nous aurons des coups durs
des épreuves à passer
c'est compliqué d'aimer
c'est toute une aventure »
~ V.H Scorp
Ce fut son réveil qui s'enclencha qui lui fit ouvrir les yeux dans un grognement de frustration. Kara n'avait clairement pas assez dormi, mais, même si elle n'avait aucune envie de quitter la chaleur des draps, elle ne regrettait pas sa nuit. Loin de là.
Allongée sur le ventre, elle tâtonna sous son oreiller pour attraper son portable qui continuait de sonner, lui rappelant qu'elle devait absolument sortir du lit si elle ne voulait pas arriver en retard au travail. Ce n'était même pas une option. Elle ne devait pas être en retard ce matin ! C'était aujourd'hui que devait paraître son article... Enfin, il était déjà paru depuis un peu plus d'une demi-heure si elle en croyait l'heure affichée sur son écran.
Elle se mit à sourire. Elle se réveillait dans le lit de la femme qu'elle aimait et ses dernières années, passées à trimer, venaient enfin d'aboutir. Elle n'aurait pas pu rêver d'une plus belle journée. Ne lui restait plus qu'à espérer que Lena ne lui tiendrait pas rigueur de la supercherie qu'elle avait montée pour faire publier l'article sur son frère...
En pensant à la brune, son sourire se fit plus grand sur son visage et son cœur se mit à battre un peu plus fort entre ses côtes. Les paupières à nouveau closes, les images de la veille repassèrent en accéléré dans son esprit et Kara se surprit à rougir. Ce que Lena lui avait fait ressentir cette nuit, elle ne l'avait jamais ressenti auparavant. Elle avait eu la sensation que chaque cellule de son corps, était entrée en ébullition, réveillée une à une par les baisers délicats et les caresses sensuelles de la jeune femme. Cela n'avait peut-être été qu'une impression, mais elle avait bel et bien senti les morceaux de son cœur, se recoller. Le vide dans sa poitrine avait disparu. Elle se sentait revivre et tout ça, grâce à Lena. La brune avait toujours été la clé de son bonheur, et aujourd'hui plus que n'importe quel autre jour, Kara en avait la certitude. Vivre sans Lena, n'était plus envisageable. Maintenant, qu'elles s'étaient retrouvées, elles ne se quitteraient plus.
« Juste cinq minutes de plus », déclara la journaliste dans un murmure pour elle-même.
Elle reposa son téléphone sous son oreiller et se retourna, prête à étreindre le corps endormi de la milliardaire à ses côtés. Elle avait besoin de la sentir contre elle, besoin de respirer son odeur et de sentir ses lèvres sur les siennes.
Malheureusement, le bras qu'elle étendit pour attirer la jeune femme contre elle, ne rencontra que du vide. Lena n'était plus dans son lit.
Malgré la déception de ne pas pouvoir profiter d'une dernière étreinte avant de prendre le chemin du journal, Kara ne s'alarma pas plus que ça de l'absence de la brune. Lena avait juste dû se lever avec un peu d'avance et partir travailler plus tôt. La blonde soupira, il était temps qu'elle en fasse de même. Elle s'étira en écrasant un bâillement puis sortit du lit, prête à partir à la recherche de ses habits qu'elle regroupa un à un. Elle remonta la piste jusqu'au milieu du séjour où l'attendaient son blazer et son sac à main, échoués au sol. Elle ne put réprimer le nouveau rictus qui s'esquissa sur ses lèvres au souvenir de la façon dont Lena l'avait débarrassé de ses affaires superflues sans perdre une seconde. Elle rigola ensuite en retrouvant un de ses talons sous le canapé alors que le second était déjà dans sa main depuis plusieurs minutes.
Sa chasse au trésor terminée, elle sentit un sentiment désagréable s'insinuer en elle et effacer sa béatitude précédente. Elle venait de faire le tour de l'appartement et pourtant, elle n'avait trouvé aucune trace de la propriétaire des lieux. Elle était profondément déçue, elle s'était attendue à trouver un mot ou même à recevoir un message de la part de Lena, qui lui aurait certifié qu'elle ne regrettait pas la nuit qu'elles venaient de passer ensemble. Mais il n'y avait rien.
Soucieuse, elle revint sur ses pas, ses orbes azur scannant de nouveau les différentes pièces, néanmoins ses recherches restèrent infructueuses. Le mauvais pressentiment qui s'était infiltrée en elle, s'amplifia. Elle se résigna finalement à appeler la brune lorsqu'elle eut récupéré son portable sous son oreiller, mais tomba directement sur le répondeur de la PDG.
Quelque chose n'allait définitivement pas.
Elle tapa tout de même un rapide message à l'attention de la jeune femme, lui demandant de la contacter dès qu'elle lirait son texto puis prit la direction de Catco, tout en essayant de se convaincre, que Lena n'avait simplement plus de batterie.
Lorsqu'elle arriva dans l'immense open space, tous les regards se braquèrent sur elle. Pendant un instant, elle fut déstabilisée par l'accueil, mais elle se reprit rapidement tandis que ses collègues se mirent à l'applaudir joyeusement.
Elle fronça les sourcils, pas réellement certaine de comprendre ce soudain enthousiasme à son égard.
« Ils ont lu ton article », l'informa une voix derrière elle, répondant ainsi à sa question silencieuse.
Elle fit volte-face pour tomber sur James, un grand sourire plaqué sur le visage et les mains sur les hanches. Il l'observait d'un regard rempli de fierté qui fit s'étirer bien malgré elle, le coin de ses lèvres.
« Ce que tu as fait, c'est juste... Incroyable ! Mieux encore que ce que tu as pu écrire sur Lord », l'acclama vivement le photographe avant de l'attirer contre lui pour une rapide étreinte.
Les joues rouges, elle remercia ses collègues d'un sourire chaleureux et d'un petit signe de la main, puis se reconcentra sur James, la mine redevenue sérieuse.
« Tout le monde n'a que ton nom à la bouche depuis que l'article est sorti, et je ne parle même pas des coups de fils que j'ai déjà reçu de la part d'autres journaux du pays pour avoir l'occasion de t'interviewer », poursuivit l'ancien joueur de football sans se rendre compte une seule seconde que Kara trépignait sur place. Aussi surprenant que ça l'était, elle n'avait aucune envie de parler de son article, ou tout du moins pas maintenant. Tout ce qu'elle souhaitait, c'était de savoir où Lena se trouvait. Elle avait besoin de la voir, là, maintenant, tout de suite !
« C'est super », répliqua-t-elle sans grande conviction.
« Est-ce que ça va ? », s'enquit soudainement son ami, les sourcils froncés.
« Tu sais où est Lena ? »
« Elle est censée s'occuper de la réunion de huit heures, mais elle n'est pas encore arrivée », il jeta un rapide coup d'œil à sa montre avant de poursuivre : « Elle est en retard, panne de réveil, je suppose »
« Elle n'était déjà plus là quand je me suis réveillée », grommela la blonde plus pour elle-même que pour James.
Le photographe eut un temps d'arrêt, les sourcils cette fois-ci arqués dans une expression de surprise. Si Kara avait voulu garder ses activités de la nuit pour elle, c'était loupé...
« Attends, quoi ?! »
« Je... Laisse tomber c'est une longue histoire et je dois absolument trouver Lena. Est-ce que je peux avoir ma matinée ? »
« Prends ta journée s'il le faut, mais tu as intérêt à tout me raconter demain »
« Promis, James, merci »
Elle claqua une bise sur la joue du jeune homme en guise de remerciement, puis après une dernière œillade complice avec lui, elle fit demi-tour, prête à rejoindre L-Corp. Si Lena devait être qu'elle part à une heure pareille, c'était forcément là-bas.
Elle eut à peine presser sur le bouton d'appel de l'ascenseur pour redescendre au rez-de-chaussée de l'immense tour qu'était Catco, qu'une voix masculine l'interpella. Elle se raidit instantanément, avalant sa salive avec une difficulté certaine. Il ne manquait plus que ça.
« Est-ce qu'on peut parler cinq minutes ? », l'implora le nouveau venu.
Elle se retourna pour lui faire face, un rictus contrit plaqué sur les lèvres.
« Je suis désolée, William, je n'ai vraiment pas le temps pour ça »
Sa voix claqua plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu, mais elle n'avait aucune envie de reparler de la soirée Karaoké avec le Londonien, pour le moment. Elle savait qu'elle devait avoir une conversation avec lui, surtout après ce qui avait failli se produire sur scène, mais briser le cœur et les espoirs du jeune homme, ne l'emballait guère. Elle se sentait coupable, surtout après avoir passé tant de temps à lui faire miroiter la possibilité d'une relation entre eux. Elle n'avait certes jamais accepté ses avances, mais elles ne les avaient pas non plus repoussés. Pendant un temps, elle s'était laissé séduire par l'idée que le journaliste était peut-être un homme pour elle, et ce, malgré les objections de Kate. Mais maintenant que Lena était réapparue dans sa vie, la Danvers n'avait plus aucun doute. William n'était absolument pas fait pour elle.
« S'il-te-plaît, Kara »
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent dans un ding sonore. La main de William se resserra sur le bras de la journaliste avant qu'elle n'ait eu le temps d'esquisser le moindre geste pour entrer dans la cage d'acier.
« Je. N'ai. Vraiment. Pas. Le. Temps », grogna la blonde, en sentant la colère la gagner.
Elle profita de la stupeur de son collège face à sa soudaine froideur, pour se soustraire de son emprise et sauter dans l'ascenseur avant que les portes ne se referment.
« Une autre fois, promis », eu-t-elle tout juste le temps de dire avant de voir le visage de son collègue disparaître.
Son ton s'était adoucit, mais elle se sentait tout de même horrible de lui avoir parlé de la sorte. Ce n'était pas elle, elle n'était pas comme ça. Mais ça avait été plus fort qu'elle, elle s'était laissé porter par l'angoisse qui lui tordait l'estomac et ce mauvais pressentiment toujours bien présent au creux de sa poitrine.
A peine sortie du building où elle travaillait, elle héla un taxi et profita du trajet jusqu'à L-Corp pour consulter les nombreux textos qui commençaient à inonder sa messagerie. Elle était heureuse de lire les retours positifs que ses proches faisaient de son article, surtout ceux de Kate et Nia – qui était arrivée en ville la veille et qu'elle avait à peine eut le temps de voir – mais comme pendant les félicitations de James, le cœur n'y était pas. La seule personne qu'elle aurait voulu lire, ne lui avait rien envoyé et la déception l'accabla un peu plus.
Elle exulta presque lorsque le taxi la déposa sur le parvis du L-Corp. Lena était là, elle le sentait au plus profond d'elle. Ne lui restait plus qu'à découvrir pourquoi la milliardaire, faisait subitement la morte.
Sans perdre une seconde, elle se dirigea jusqu'aux ascenseurs de l'immeuble et enfonça le bouton du dernier étage, non sans appréhension.
La montée se fit rapidement et les portes s'ouvrirent directement sur le bureau de la secrétaire de Lena.
« Bonjour, Lena est là ? », demanda-t-elle promptement.
« Oui, mais elle n'accepte aucun rendez-vous aujourd'hui », lui répondit la petite blonde installée derrière son écran d'ordinateur.
« Voyez-vous ça », maugréa la journaliste, peu étonnée de la réponse qui venait de lui être fournie.
Elle n'en avait cependant rien à faire. Cela ne se passerait pas comme ça. Elle ne laisserait pas Lena l'éviter de la sorte.
Poussée par un élan de courage et par la curiosité qui l'habitait, elle se dirigea jusqu'à l'immense porte en bois close, qui la séparait du bureau de la jeune Luthor.
« Hé ! Arrêtez-vous tout de suite », la héla la secrétaire lorsqu'elle vit que la journaliste n'avait aucune intention de faire demi-tour pour quitter l'étage.
Elle se leva brusquement prête à la rattraper. Malheureusement pour elle, elle ne fut pas assez rapide et Kara déboula dans la pièce, l'air passablement énervée, la secrétaire de Lena à sa suite.
« Je suis désolée Mademoiselle Luthor, je n'ai rien pu faire pour l'arrêter », baragouina rapidement la petite blonde, en voyant les traits de sa patronne passer de l'étonnement à la l'indifférence. « Souhaitez-vous que j'appelle la sécurité ? »
« Laissez Mademoiselle Tessmacher, je vais m'occuper de ce problème, toute seule », déclara la PDG en braquant ses deux émeraudes sur Kara. La cadette des Danvers eut soudainement l'impression d'être transpercée de part en part. Lena n'avait pas vraiment l'air ravi de la voir. C'était même tout l'inverse. Et cela eut le don de mettre Kara un peu plus sur les nerfs et de resserrer la boule au creux de son estomac.
La secrétaire acquiesça vivement de la tête et n'attendit pas une seconde de plus pour quitter la pièce, refermant la porte derrière elle sans aucune délicatesse.
« Ce problème, hein », répliqua Kara en répétant les mots de la brune sur un ton empli d'amertume. « Je n'avais pas l'impression d'être un problème cette nuit, bien au contraire »
Lena soupira en se levant de son fauteuil. Elle fit le tour de son bureau pour s'asseoir sur la surface en verre de ce dernier, les bras croisés sur sa poitrine et un regard glacial toujours fixé sur la journaliste.
Kara frémit. Elle se sentait mal à l'aise face à la placidité de la femme qu'elle aimait. C'était comme si la veille n'avait jamais existé, comme si leurs baisers n'avaient jamais eu lieu... C'était blessant... Et incompréhensible. Elle se força cependant à soutenir son œillade désobligeante. Elle ne devait surtout pas flancher maintenant, pas avant d'avoir entendu ses explications.
« Ecoute Kara, ce qu'il s'est passé entre nous hier, était une erreur »
« Une erreur ? Tu te fous de moi ? », rugit la journaliste en s'avançant d'un pas menaçant vers la brune, qui ne broncha même pas.
« Non, ça ne doit pas se reproduire... Plus jamais »
Les poings serrés, Kara prit une grande inspiration dans une tentative vaine de se calmer. Elle devait réfléchir, qu'est-ce qui avait bien pu conduire Lena à lui dire qu'elle regrettait leur nuit ? Il n'y avait pas beaucoup de solutions possibles. Qu'avait-elle fait, entre hier et aujourd'hui susceptible de blesser la jolie brune ?
Et soudain, la journaliste comprit...
« Si c'est à cause de l'article que j'ai écrit, je suis désolée okay ? Je voulais vraiment te le dire, mais j'ai pensé qu'il y aurait conflit d'intérêt et que tu m'empêcherais de le publier »
Tout du moins, elle pensait vraiment avoir compris, mais au vu des sourcils froncés de la milliardaire et de la surprise peinte sur ses traits, Kara su que Lena n'avait pas la moindre idée de ce dont elle lui parlait. A tous les coups, la PDG n'avait pas encore lu le journal du jour et elle venait elle-même, de se tirer une balle dans le pied.
« Je peux savoir de quoi tu parles ? », l'interrogea sa patronne, la mine soudainement sombre.
« Je... Euh laisse tomber, la question n'est pas là, je veux savoir pourquoi tu regrettes notre nuit ensemble et je ne partirais pas avant d'avoir une explication »
« Parce que je me suis leurrée sur les sentiments que je pensais avoir pour toi », souffla Lena en tournant la tête sur la gauche, le regard rivé sur l'étagère fixée au mur, comme si elle était subitement plus intéressante que la journaliste face à elle.
Le sang de la jeune Danvers ne fit qu'un tour. Elle ne voulait pas croire ce que Lena était en train de lui dire. Ça ne pouvait pas être vrai !
« Je croyais que j'étais amoureuse de toi, mais j'ai compris que ce n'était pas le cas... Enfin que ce n'était plus le cas », poursuivit la brune, les yeux toujours prostrés sur le mur de son bureau. « Je t'ai aimé, mais ce n'est plus le cas. Est-ce que tu peux comprendre ça ? »
« Non ! », s'exclama vivement la blonde. « Non, je ne comprends pas, il y a deux jours, tu affirmais être amoureuse de moi, ça ne peut pas avoir changé comme ça, en un claquement doigt ! »
« Je me suis trompée, j'ai fait une erreur et je suis désolée si ce que je te dis te blesse, mais je ne vais certainement pas forcer mes sentiments pour te faire plaisir ! »
Kara dut se mordre furieusement l'intérieure de ses joues pour ne pas se mettre à pleurer. Quelque chose ne tournait décidément pas rond dans cette histoire. Prête à en découdre pour de bon, elle s'avança jusqu'à Lena, brisant les quelques mètres qui les séparaient, pour coller leurs deux corps ensemble. Elle attrapa ensuite le menton de la jeune femme et l'obligea à lui faire face. La PDG se raidit, mais n'esquissa aucun geste pour se dégager, laissant même ses deux émeraudes couler momentanément sur les lèvres rosées de son interlocutrice.
« Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que tu ne m'aimes pas », la somma la journaliste sur un ton qui laissa présager à Lena qu'elle avait tout intérêt à obéir.
Kara l'observa déglutir difficilement puis inspirer profondément.
« Je ne t'aime pas, Kara », murmura-t-elle finalement, d'une voix tremblante, mais son regard bien planté dans celui de la Danvers, comme elle le lui avait demandé.
« Eh bien, je ne te crois pas », confessa la blonde dans un grondement irrité. « Tu peux me dire ce que tu veux, je ne te croirais jamais, et tu sais pourquoi ? »
La milliardaire ne répondit rien.
« Parce que ton regard parle pour toi », reprit Kara alors que Lena fermait brièvement les paupières. « Tu mens, Lena, je le vois. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai vraiment envie de comprendre, alors, c'est le moment ou jamais de t'expliquer. Je peux encore passer l'éponge sur ce que tu viens de dire »
Encore une fois le silence résonna à ses oreilles, alourdissant toujours plus le poids dans sa poitrine.
Exaspérée par le comportement de Lena, Kara la relâcha brutalement pour se reculer de plusieurs pas. La milliardaire la dévisagea, totalement abasourdie par ce manque de délicatesse qu'elle n'avait jamais connu chez la journaliste.
« Très bien, j'ai saisi », cracha avec dédain la blonde à lunettes en se retournant, prête à quitter la pièce.
Elle ne s'arrêta qu'une fois la main sur la poignée de la lourde porte du bureau de la brune.
« Sache que si je t'ai laissé une seconde chance, je ne t'en donnerais pas de troisième »
Ce furent ses dernières paroles, elle quitta ensuite la pièce sans un dernier regard pour la PDG.
Lena sursauta lorsque la porte de son bureau claqua, lui signifiant que Kara était partie pour de bon. Elle étouffa un sanglot, son cœur lui semblait désormais peser une tonne. Elle retourna s'asseoir dans son fauteuil d'un pas traînant. Elle s'en voulait terriblement, et n'avait qu'une seule envie, celle de rattraper la journaliste pour lui crier qu'elle était follement amoureuse d'elle. Cependant, la vue de l'enveloppe décachetée, posée sur son bureau, la retint de justesse. Si elle avait repoussé Kara, c'était pour une bonne raison, elle ne devait pas l'oublier.
Elle essuya ses larmes d'un revers de manche rageur. Elle ne comprenait pas comment tout avait pu basculer si rapidement. Enfin... Peut-être que si, finalement. C'était toujours comme ça. A chaque fois que le bonheur frappait à sa porte, quelque chose arrivait et lui rappelait que la vie n'était pas un conte de fée... Ou tout du moins, qu'elle ne semblait pas avoir le droit à un happy ending. A croire qu'elle était maudite. Mais après tout, elle avait toujours pensé que le nom des Luthor était une vraie malédiction à porter...
Sa théorie s'était d'ailleurs vérifiée une fois de plus, lorsqu'elle s'était réveillée dans les bras de Kara avec la sensation d'être pleinement entière pour la toute première fois de sa vie. Le sourire aux lèvres, elle était sortie du lit avec la ferme intention d'aller leur acheter de quoi petit déjeuner au Noonan's du coin de la rue. Mais le doux rêve dans lequel elle semblait nager s'était rapidement transformé en un horrible cauchemar. Au milieu de l'îlot central de sa cuisine, l'attendait une lettre. Son prénom y était inscrit dans une écriture fine et distinguée qu'elle n'avait eu aucun mal à reconnaître. Un frisson désagréable lui avait traversé l'échine, mais elle l'avait réprimé pour se dépêcher de retourner la lettre et de décacheter le sceau de cire qui scellait le message à l'intérieur. Le mot que lui adressait son frère était court mais clair. Elle devait faire un choix et pas n'importe lequel : donner à son frère le plan du Leviathan – l'arme la plus puissante que leur père ait dessinée mais jamais fabriquée – ou voir Kara perdre la vie. Il ne lui avait alors fallu que quelques secondes pour réfléchir et opter pour la meilleure décision à prendre.
Elle soupira en attrapant l'enveloppe posée devant elle. Son poing se referma sur la lettre que Lex lui avait écrite, la froissant jusqu'à la transformer en une vulgaire boule de papier qu'elle envoya violemment valser à travers la pièce. Elle haïssait son frère plus que tout au monde et elle ne manquerait pas de lui faire payer le choix qu'il venait de lui faire faire. Elle n'avait choisi aucune des deux options disponibles, elle avait fait beaucoup mieux, elle s'en était créer une troisième. Surement la plus douloureuse, mais sans aucun doute celle qui sauverait le plus de vie. Avec une arme comme le Leviathan entre les mains, Lex serait un véritablement danger pour la population mondiale, plus qu'il n'avait déjà pu l'être auparavant. Lena ne pouvait pas laisser une telle chose se produire, et ce, même si cela signifiait qu'elle devait sortir Kara de sa vie pour toujours.
Regarder la jeune femme dans les yeux, lui mentir effrontément et lui briser le cœur volontairement, c'était pire que tout ce qu'elle avait déjà pu accomplir dans sa vie. Rien que d'y repenser, la nausée la gagna. Elle essaya de chasser son mal-être en se levant pour se servir un verre de bourbon. Tant pis s'il n'était même pas dix heures du matin, elle avait besoin d'un remontant pour tenir le coup. Le liquide ambré ne resta pas plus qu'une poignée de secondes dans son verre, avant de disparaître, avalée d'une traite par la milliardaire. Pour autant, l'alcool n'eut pas l'effet escompté et elle se resservit un second verre qui se vida tout aussi vite que le premier. Il fallait quelle chasse Kara de son esprit à tout prix et qu'elle n'oublie pas la raison qui l'avait poussé à prendre une telle décision : protéger la jeune Danvers. C'était tout ce qu'elle souhaitait. Si Lex pensait qu'elles n'étaient pas aussi proches qu'il l'imaginait, alors il n'aurait plus aucune raison de s'en prendre à la journaliste lorsqu'il découvrirait qu'elle avait supprimé tous les plans du Leviathan, à peine quelques heures auparavant.
Oui, elle avait une chance de sauver tout le monde... Elle en était persuadée. Elle le pensait d'ailleurs toujours lorsqu'une heure plus tard, sa secrétaire réapparut timidement dans la pièce, pour lui apporter le journal du jour, comme elle faisait à chaque fois que Lena était présente à L-Corp. Ce ne fut qu'à l'instant où ses yeux se posèrent sur le gros titre de la première page, qu'elle sut qu'elle venait de faire la plus grosse erreur de sa vie.
Et alors, elle comprit ce que Kara avait tenté de lui dire en lui parlant d'article et de conflit d'intérêt, un plus tôt. La jeune Danvers venait de déclarer publiquement la guerre à son frère en l'accusant d'être à la tête d'un nouveau trafic d'armes depuis Strycker's Island.
Son cœur loupa plusieurs battements et le stress s'empara d'elle si soudainement que la brune eut l'impression ne plus pouvoir respirer. Kara était en danger, et tout ce qu'elle avait entreprit pour la protéger depuis sa découverte de la lettre, n'avait strictement servi à rien.
Elle quitta son fauteuil de bureau d'un bond, attrapa son trench-coat accroché au porte manteau à l'entrée de la pièce et fonça jusqu'aux ascenseurs de l'étage sans même se soucier d'expliquer à Eve ce qu'il se passait.
Elle devait parler à Kara et tout lui expliquer. Elle n'avait pas une minute à perdre.
1 heures plus tôt.
Kara rentra chez elle, furieuse, triste et fatiguée. Elle se déchaussa rageusement dans un soupir chagriné et envoya ses talons cogner contre le mur de l'entrée. Pendant un instant, elle avait hésité à retourner travailler, mais James lui avait laissé sa journée et elle savait qu'elle n'arriverait jamais à se concentrer après le nouveau coup bas que venait de lui faire Lena. Elle n'avait pas envie d'y croire, son instinct lui disait qu'il fallait qu'elle creuse et qu'elle découvre ce qui se cachait derrière ce soudain changement de comportement chez la brune. Mais y avait-il vraiment quelque chose à découvrir ? Peut-être était-elle simplement aveuglée par ses sentiments pour la jeune femme et qu'elle n'arrivait pas à voir la vérité en face ? Peut-être que Lena ne lui avait pas menti et qu'elle ne l'aimait tout simplement plus... ?
Elle n'était pas sûre de se remettre si la dernière solution venait à se confirmer, surtout pas après la nuit qu'elles avaient partagée. Cela n'avait fait que la conforter dans ce qu'elle ressentait pour la brune. Elle ne voulait pas perdre tout ça...
Elle tapa rageusement du poing sur l'îlot de la cuisine avant de se ressaisir et de prendre de grandes inspirations pour se calmer. Heureusement pour elle, Kate et Nia semblaient être sorties prendre leur petit-déjeuner en ville, cela lui laissait un peu de temps pour remettre ses idées en place et récupérer un semblant de contenance.
Elle fila dans sa chambre pour passer une tenue plus confortable puis rejoignit le salon pour mettre en route sa console de jeux. Lancer quelques grenades sur des hordes de zombies l'aiderait sûrement à calmer ses nerfs. Elle se laissa tomber dans le canapé, manette en main et lança son jeu.
Elle eut à peine le temps de commencer sa partie, que quelqu'un toqua à sa porte. Elle hésita à aller ouvrir. Kate et Nia avaient le double de clé, ce n'était donc pas elles. L'image d'une Lena, penaude et souhaitant s'excuser, s'imposa à son esprit, de toute façon, elle n'attendait personne d'autre. Son cœur se gonfla d'espoir et elle se leva d'un bond, se précipitant à travers son living-room, sans prendre la peine de mettre son jeu en pause.
N'obtenant pas de réponse assez rapidement, la personne qui l'attendait se mit à tambouriner contre la porte, si fort que pendant l'espace d'une seconde, Kara crut que les gonds allaient sauter. Elle se figea, Lena ne ferait jamais ça. Qui que soit la personne qui souhaitait la voir, ce n'était clairement pas la milliardaire. Son cœur s'emballa violemment de peur. Elle eut soudainement un mauvais pressentiment. Le deuxième de la journée. Cela commençait à faire beaucoup...
Derrière elle, son personnage mourut dans un cri de douleur guttural et elle sursauta, ayant déjà oublié qu'elle était en plein milieu d'une partie.
« Mademoiselle Danvers, vous êtes là ? »
C'était la voix d'un homme, qu'elle ne reconnut pas, étouffée par le bois de sa porte d'entrée. Il avait certainement entendu le glapissement bruyant son avatar à travers la cloison et Kara s'en voulut d'avoir trahis sa présence aussi stupidement.
« Qui êtes-vous ? », osa-t-elle finalement demander d'une voix forte avant de s'approchée rapidement de l'entrée.
Elle se colla à la porte qu'elle laissa close en attendant la réponse de l'homme qui ne tarda pas à arriver.
« Benjamin Lockwood », s'identifia-t-il, laissant Kara quelque peu dubitative, que faisait le maire devant chez-elle ? « Ouvrez-moi, s'il-vous-plaît ! »
« Pourquoi je ferais ça ? », demanda-t-elle, méfiante. Après tout, elle venait de faire publier un article où figurait son nom, l'impliquant ouvertement dans les activités illégales de Lex. Elle avait donc toutes les raisons du monde ne pas lui faire confiance.
« Je dois vous parler, c'est urgent », l'implora-t-il. « Votre vie est en jeu »
Kara se mordit la lèvre, indécise quant au choix à faire. D'un côté, elle avait peur, mais d'un autre côté, elle était curieuse de connaître les informations dont il semblait disposer.
Après avoir rapidement pesé le pour et le contre dans sa tête, elle se décida à lui ouvrir, prenant bien soin de laisser la petite chaîne de sécurité, verrouillée. Elle lança un coup d'œil dans l'ouverture étroite qu'elle venait de créer et tomba sur le visage de Lockwood, visiblement tendu. Son front luisait de sueur, ses cheveux d'habitude toujours si bien coiffés, tombaient devant ses yeux et sa chemise n'était même pas boutonnée comme il fallait. Quoi qu'il avait à lui dire, cela semblait important, il n'avait pas menti.
Elle se résigna à faire glisser la chaînette et à ouvrir la porte en grand pour lui faire face. Elle recula de deux pas, l'autorisant à entrer dans son appartement d'un petit mouvement de tête.
« Merci », murmura-t-il du bout des lèvres, la main posée sur la poignée de la porte toujours ouverte.
« Alors ? », s'impatienta la blonde.
« J'ai lu votre article, et il faut que vous sachiez que je suis innocent »
Kara ricana. Elle avait les preuves que ce qu'il lui disait était faux. Il avait collaboré avec Lex, et l'avait soutenu de plusieurs façons, que cela soit en organisant de simples réunions ou en aidant à la distribution des armes dans tout le pays. Quoi qu'il pouvait dire, il n'était pas innocent.
« Je sais ce que vous dites, mais vous n'avez déterré qu'une partie de la vérité me concernant... », poursuivit Lockwood, anticipant la réponse de la journaliste. « Luthor me fait chanter, si je ne l'aide pas, il menace de tuer ma femme et mon fils »
« Et l'argent qu'il vous donne ? Quand on fait chanter quelqu'un, on ne lui verse pas de salaire tous les mois, Monsieur le Maire », répliqua Kara qui avait de la peine à le croire.
« Ce n'est qu'un plus pour s'assurer que je ne lui fasse pas faux bond. J'ai besoin de cet argent, surtout après la faillite de l'entreprise de mon père. Toutes nos économies sont passées dans le payement de ses dettes. Avec l'argent de Lex, mon fils a une nouvelle chance d'aller à la fac quand il en aura l'âge »
Il passa une main dans ses cheveux pour se dégager le front et Kara le scruta toujours aussi perplexe. Elle avait envie de le croire, envie de voir en lui l'homme bien qu'elle pensait qu'il était quand elle avait voté pour lui aux élections municipales mais, elle avait encore tant de doutes, surtout après ce qu'elle avait découvert en enquêtant sur Lex.
« Vous disiez que ma vie était en danger ? », se contenta-t-elle de répondre, ne souhaitant pas lui dire qu'elle ne le croyait pas. Elle n'avait aucune envie de le voir s'énerver. Il était foutu, sa carrière venait d'être ruinée, il allait sans aucun doute passer les dix prochaines années de sa vie en prison et tout ça à cause d'elle. Alors qui sait ce qu'il aurait été capable de lui faire, si elle en venait, une fois de plus, à le contrarier ?
« Je suis rentrée par effraction dans l'appartement de Mademoiselle Luthor, cette nuit », avoua-t-il, en faisant un nouveau pas dans l'entrée, obligeant Kara à reculer instinctivement.
« Pourquoi ? »
Sa voix était ferme et maitrisée, mais intérieurement, elle était horrifiée. Elle n'osait même pas imaginer à quel moment il s'était faufilé chez Lena... Et tout ça sans qu'elles ne s'en rendent compte. Est-ce que la brune était au courant ?
« Je devais déposer une lettre à l'attention de Mademoiselle Luthor. Lex voulait monnayer votre vie en échange de vieux plans d'armes dessinés par leur père », son sourire s'agrandit soudainement en quelque chose de plus lubrique et l'estomac de Kara se retourna. « Aller savoir pourquoi, mais j'étais persuadé que Lena ne risquerait jamais votre vie... sauf que maintenant tout a changé »
Est-ce que Lena l'avait vendu ? Non, elle ne voulait pas y croire. La brune ne ferait jamais une chose pareille ! Elle repensa au comportement de la jeune femme un peu plus tôt, à la distance qu'elle avait mise entre elles, aux paroles qu'elle lui avait lancées et à ses yeux brillants d'amour qui l'avaient convaincu qu'elle mentait... Lena l'avait repoussé pour la protéger. Kara n'en avait plus aucun doute maintenant.
« Crachez le morceau Lockwood, pourquoi est-ce que tout a changé ? », s'énerva-t-elle en voyant que le maire semblait prendre un malin plaisir à la faire mariner.
« Qu'importe que Lena lui donne les plans, après avoir lu votre tribune, les ordres ont changé : Lex veut vous voir morte », révéla-t-il sur un ton sombre.
Kara frémit. Elle s'était attendue à des représailles, mais pas aussi rapidement. Est-ce que le Maire était venu ici pour faire le sale boulot ? Elle sentit l'angoisse lui tordre le ventre. Si c'était le cas, elle n'avait que très peu de temps pour réfléchir à un plan qui lui permettrait d'échapper à la mort.
Son téléphone, qu'elle avait posé sur la table basse, sonna. L'envie de se ruer sur son portable et de prendre l'appel pour prévenir son interlocuteur du problème qu'elle rencontrait, la traversa. Elle dut lutter pour rester concentrée sur Benjamin. Le moindre faux pas pourrait lui coûter la vie.
« Est-ce que vous êtes venue pour me tuer ? », s'enquit-elle craintivement.
La mine fermée du Maire, s'adoucit et un sourire apaisant égaya ses lèvres. La peur qui étreignait la journaliste, se fit un peu moins présente et elle se laissa à espérer que Lockwood soit réellement venu la prévenir que Lex voulait la tuer. Elle le vit ouvrir la bouche pour parler, mais les mots moururent au fond de sa gorge dans un gargouillis lugubre. Ses traits se déformèrent et le regard emplit de douleur qu'il lui lança avant de tomber raide mort à ses pieds, l'épouvanta. Sous le choc, elle tituba en arrière. Ses pieds se prirent dans un tapis et elle chuta sur les fesses.
« Non, mais moi par contre je suis là pour ça », se manifesta la voix grave d'un homme qu'elle se rappelait avoir déjà entendu durant les réunions qu'organisait le Maire, au Black Canary.
Interpellée, elle délaissa le cadavre de Lockwood pour remonter ses deux saphirs sur son meurtrier, debout dans l'entrée, un pistolet silencieux tendu devant lui. Vêtu d'une veste en cuir, d'un jean taché de graisse et d'une paire de grosses boots noire, l'homme aux cheveux de jais, la fixait d'un regard carnassier. Elle n'eut pas besoin de plus le détailler pour le reconnaître, c'était Otis Graves, l'un des sbires de Lex.
« Enfin, rectification, je suis plutôt venu te chercher pour te ramener à Luthor, histoire qu'il puisse lui-même te tuer »
Il se mit à rire comme un diable et le cœur de Kara s'emballa d'une façon désagréable. Si Lex voulait la tuer de ses propres mains, cela voulait dire qu'elle avait visé juste depuis le début : le Luthor avait trouvé le moyen de s'évader de prison... Sa situation était donc encore plus grave que ce qu'elle avait imaginé.
Prise de panique, elle se mit à reculer sur le sol, essayant de mettre le plus de distance possible entre son agresseur et elle. Elle ne s'arrêta que lorsque son dos heurta la table du salon, l'empêchant de s'éloigner plus. Otis se moqua en la voyant acculée, mais se stoppa net lorsque le portable de la blonde se remit à sonner.
Ils échangèrent un rapide coup d'œil, chacun comprenant ce que l'autre avait en tête et alors que Kara se retournait pour se saisir de son téléphone posé juste derrière elle, le brun se rua sur elle tout en veillant à éviter le cadavre de Lockwood dont le visage baignait désormais dans une mare de sang.
En le voyant se rapprocher d'elle à toute vitesse, Kara du faire un choix. N'étant pas sûre de pouvoir décrocher à temps si elle se saisissait de son smartphone, elle le délaissa à contre cœur et roula sur le côté, évitant de justesse le coup qu'Otis allait lui porter. Elle profita du bref moment de latence que son agresseur lui offrit en frappant le vide, pour se remettre debout. Tenant tout juste sur ses pieds à cause de ses membres tremblants, elle sauta sur le canapé puis enjamba le dossier pour atterrir difficilement de l'autre côté, laissant ainsi le sofa les séparer.
« En plus d'être solide, tu es coriace, blondinette », grommela le brun en se redressant. Prit dans son élan précédent, il avait failli tomber sur la table basse.
Voyant qu'Otis était en train de scanner la pièce du regard pour trouver une façon de l'attraper, Kara se rapprocha lentement du guéridon à sa droite, où était posée une lampe en céramique que ses parents lui avaient offert pour son entrée à la fac.
« Solide ? », l'interrogea-t-elle en tentant de faire diversion pour qu'il ne s'aperçoive pas que ses doigts se refermaient sur le pied de la lampe. En même temps, elle avait envie d'entendre la réponse du brun parce qu'elle ne comprenait pas pourquoi il lui disait cela.
« Yep, t'es une vraie fille d'acier. Franchement, je pensais vraiment pas que tu allais survivre après être passée sous les roues de ma voiture, j'te tire mon chapeau, poupée »
Kara manqua de lâcher son arme de fortune face à la surprise de la révélation. Elle avait l'impression qu'une enclume venait de lui tomber sur la tête. Ça ne pouvait pas être vrai, n'est-ce pas ?
Otis ricana en voyant l'air hébété dessiné sur son visage.
« C-C'était vous ? », questionna-t-elle malgré l'évidence de la réponse qui allait lui être donnée.
« Ooh, tu pensais réellement que c'était un accident ? », il rigola de plus belle et Kara sentit les petits cheveux de sa nuque se hérisser d'effroi.
Elle avait passé cinq ans de sa vie à croire qu'elle avait survécu à un banal accident de la route alors que Lex avait simplement tenté de l'assassiner. Mais pourquoi vouloir sa mort ? A 22 ans, elle n'avait encore rien tenté contre lui, il n'avait aucune raison de vouloir la tuer.
Décelant la soudaine fébrilité de la journaliste, Otis fit un pas en arrière avant de s'élancer brusquement en avant, sautant à son tour sur le canapé pour le faire basculer au sol, lui permettant ainsi de se trouver du même côté de la pièce que Kara.
Affolée de le voir si près d'elle, la blonde lui balança sa lampe en pleine figure, mais le jeune homme qui l'avait vu arriver, l'esquiva facilement. La lampe se fracassa au sol dans un bruit de bris de verre, désagréable.
« Pourquoi ? Pourquoi vouloir me tuer il y a cinq ans ? », demanda-t-elle en longeant le mur d'un pas rapide pour rejoindre la salle à manger. Si elle réussissait à distancer Otis, elle réussirait peut-être à rejoindre l'entrée et à s'enfuir de son immeuble.
« Tu me poses vraiment la question ? », railla-t-il en s'élançant à sa poursuite.
Kara acquiesça et le voyant arriver derrière elle, elle se mit à renverser les chaises rangées sous la table à sa droite pour l'empêcher d'avancer. Otis grogna, mécontent de la voir résister autant et envoya valser les chaises de l'autre côté de la table.
« Moi qui te pensais plus maline que ça, je suis déçu », il fit semblant d'être désabusé, puis reprit : « Mais si tu veux vraiment tout savoir, Lex ne supportait pas de voir sa petite sœur être amoureuse de toi »
Kara allait de surprise en surprise. Lex était encore plus fou que ce qu'elle pensait. Aller jusqu'à vouloir la tuer, tout ça parce que Lena l'aimait, c'était bien plus que dingue. Elle comprenait désormais le désir que la brune avait eu de vouloir changer d'identité et de recommencer une nouvelle vie. Avec une famille pareille, elle aussi, aurait souhaité s'émanciper et se faire passer pour quelqu'un d'autre.
« Maintenant que tu as toutes tes réponses, arrête-toi », lui ordonna le sous-fifre de Lex en brandissant son pistolet dans sa direction.
« Ou sinon quoi ? », le défia-t-elle en faisant un pas de plus. « Vous allez tirer ? »
Otis hésita le temps d'une seconde et Kara tira profit de ce court laps de temps pour regagner l'entrée. Elle allait sauter par-dessus le corps sans vie du Maire de National City lorsqu'une balle frisa son oreille gauche pour venir se loger dans un pan du mur derrière elle. Elle se figea, stupéfaite de voir que l'homme avait tiré. Elle resta immobile à peine une fraction de seconde, mais ce fut déjà trop. Le brun profita de son moment d'inattention pour déferler sur elle et tenter de la projeter au sol. Elle essaya tant bien que mal de garder son équilibre face à la violence du choc, mais ses pieds heurtèrent les jambes de Lockwood, elle ne put rien faire lorsque tomba à la renverse. Sa tête heurta lourdement le parquet sous elle et pendant un court instant, des points lumineux clignotèrent devant ses yeux.
Ce fut ce moment-là que choisit Otis pour fondre sur elle, s'installant sur ses hanches pour la bloquer par terre. Elle essaya de se débattre, en vain. Il la surplombait de tout son poids et ses bras bloqués entre son propre corps et les cuisses de son agresseur, l'empêchait de le frapper. Il rigola en constatant qu'elle ne pouvait plus rien faire, totalement prisonnière de son emprise puis se remit à parler :
« Je ne peux peut-être pas te tuer, mais je peux au moins faire ça »
Joignant le geste à la parole, il éleva son pistolet en l'air et lui assena un immense coup de crosse dans le visage. Les lumières qu'elle avait précédemment vues, ne furent rapidement plus qu'un lointain souvenir lorsqu'une vague de ténèbres s'abattit sur elle avec violence.
Elle venait de perdre connaissance.
15 minutes plus tard.
Lena déboula dans le hall de l'immeuble de Kara aussi vite que sa paire de talons le lui permettait. Elle grimpa les trois étages qui la séparaient de l'appartement de la journaliste sans passer par la case ascenseur et s'octroya une courte pause une fois arrivée dans le couloir désiré. Elle avait le souffle court, peu habituée à courir autant et son cœur battait si fort entre ses côtes, qu'elle en avait mal à la poitrine. Sans parler de la boule au creux de son estomac qui ne l'avait pas quitté depuis qu'elle avait pris la décision de quitter Kara. Elle ne savait pas comment elle arrivait encore à tenir sur ses jambes. Surement à cause de l'adrénaline qui s'était emparée d'elle au moment où elle avait compris que sa journaliste préférée était en danger...
Penser aux risques qui menaçaient Kara, la fit se remettre en marche, pourtant, elle se stoppa net à peine quelques mètres plus loin, tétanisée par la découverte qu'elle venait de faire. La porte d'entrée de l'appartement de la Danvers était ouverte en grand sur le corps sans vie d'un homme qu'elle ne reconnut pas tout de suite.
Elle dû se faire violence et faire preuve de beaucoup de courage pour avancer de nouveau et franchir le seuil de la porte. Là, un peu plus près, elle reconnut le mort sans même voir son visage. Elle retint un haut-le-cœur et se força à se pencher pour examiner le corps. Lockwood avait été assassinée d'une balle à l'arrière de la tête. A la façon dont il était tombé, il n'avait même pas dû voir l'identité de son agresseur... Etais-ce Kara qui l'avait tué ? Lena aurait parié que la blonde était incapable d'une telle chose.
Elle se redressa et observa alors le chaos régnant autour d'elle. On aurait presque dit qu'une tornade était passée dans le loft de la jeune femme. Tout était sans dessus-dessous, et témoignait qu'il y avait eu lutte.
« KARA ? », appela Lena, sans grande conviction.
Elle n'obtint comme seule réponse que l'écho de ses battements de cœur qui venaient de redoubler face à l'angoisse qui s'insinuait vicieusement en elle.
Elle continua son inspection du lieu sans bouger pour autant. Ses yeux passaient d'un endroit à un autre, à la recherche du moindre indice qui pourrait lui indiquer l'état dans lequel se trouvait actuellement Kara. Tout ce qu'elle espérait, c'est que la journaliste soit saine et sauve.
Ses deux émeraudes s'étaient bloquées sur une balle nichée dans le mur côté cuisine, lorsque la sonnerie d'un téléphone la fit sursauter.
Elle trouva rapidement la provenance du bruit et se dirigea précautionneusement jusqu'au salon, où l'écran du portable de la blonde, affichait le nom de celui qui essayait de la joindre : Winn. Malgré son envie de répondre, Lena ne fit aucun mouvement pour se saisir du petit appareil. L'appel se termina, et fut temporairement remplacé par la horde de notifications que Kara avait reçue. Lena y jeta un rapide coup d'œil. Winn avait déjà tenté de la joindre cinq fois...
Elle ne perdit pas plus de temps, et attrapa son propre téléphone dans la poche de son Trench. L'analyste au FBI, décrocha au bout de deux sonneries et ce ne fut qu'en entendant sa voix, que Lena se rendit compte qu'elle retenait sa respiration depuis que le cellulaire de Kara s'était mis à sonner une minute plus tôt.
« Ah, Lena, tu tombes bien, j'allais justement t'appeler-... », l'avertit Winn, en guise de salutation.
« Winn, écoute je-... », Lena le coupa avant d'être elle-même intercepter par son ami.
« Ecoute Lena, je ne sais pas vraiment comment te dire ça... », bredouilla le jeune homme à l'autre bout du fil. « ... Mais je ne vais pas y aller par quatre-chemins : Lex s'est évadé de Strycker's Island »
L'annonce la décontenança et le temps d'un instant, elle eut la sensation que le sol se dérobait sous ses pieds. Son souffle devint sifflant et sa tête tourna. Prise d'un violent vertige, elle se rattrapa de justesse à un des fauteuils toujours debout dans le séjour, avant d'annoncer à son tour :
« J-je crois qu'il a enlevé Kara... »
Bon j'espère que vous m'en voulez pas trop :/ ça aurait été trop beau que tout se passe bien et sans problème pour le Karlena... mais bon voyez le bon côté des choses, elles sont toujours amoureuses l'une de l'autre et si Kara ne se fait pas tuer par Lex, les filles pourront avoir un happy ending ! x)
Enfin trêve de plaisanteries, j'espère que vous aurez apprécié ce chapitre malgré ce nouveau rebondissements !
Comme d'habitude, je vais faire au mieux pour vous sortir la suite au plus vite !
Sinon, j'ai un petite question : je commence sérieusement à penser à l'après Let Me Love You (il ne reste plus que 2 chapitres), est-ce que vous aimeriez lire une autre fanfic supercorp (sachant que j'ai quelques idées pour de potentielles nouvelles fics sur ce ship) ou est-ce que le supercorp ne vous parle plus du tout ? (Si c'est le cas, n'hésitez pas à me parler d'un ship que vous aimeriez lire)
Je remercie d'avance celles et ceux qui prendront le temps de me répondre !
En attendant je vous embrasse et vous dit à bientôt pour la suite ! :D
