Hey :D voici l'avant dernier chapitre de cette histoire ! Je vous laisse lire et je vous retrouve en bas pour les résultats du "vote" pour la prochaine fic ! Enjoy ! :)
Momo00 : Hey, merci d'avoir pris le temps de laisser un petit message :) J'espère que c'était quand même crédible qu'elle lui pose des questions pour gagner un peu de temps, sinon je suis désolée :/
Amaguiz : Haha oui, que de rebondissements j'ai envie de dire :p La folie de Lex va encore frapper dans ce chapitre d'ailleurs ! Merci pour ta review qui fait toujours plaisir ! :)
KmillE822 : Hey :D C'est aussi à ça que serve les commentaires des lecteurs, si je peux m'améliorer et tenter de faire pour que la fic colle le plus aux envies des lecteurs, je le fais ! :) Ah mais répète le autant de fois que tu veux, ça me fais tellement plaisir de lire ça en vrai :D Ca rebooste et ça motive pour écrire la suite ! :D Ahaha ya du juste dans ce que tu prévois, et ya aussi beaucoup de faux (enfin de choses qui ne vont pas se produire :p), j'espère que ça te plaira quand même ! C'est vrai qu'avec la saison 6, j'ai peur que le moral des troupes (de shipper) soit cassé, heureusement qu'il existe les FF quand même, du coup, pour le SuperCorp, adjugé vendu x) En espérant que ma future idée te plaira ;) Aller bonne lecture et à bientôt :)
Chapitre 28
« Le plus important n'est pas ce que tu es
Mais ce que tu as choisis d'être »
~ Fauve
Lena était incapable de tenir en place et faisait les cent pas dans une des salles de réunion des bureaux du FBI, où elle avait été conduite une demi-heure plus tôt. Après avoir mis fin à sa conversation téléphonique avec Winn, les événements s'étaient précipités. L'analyste lui avait confié que Kara, en plus d'avoir publié son article sur Lex, avait aussi fait parvenir un épais dossier de preuves incriminant le Luthor, à son Commandant. Le FBI s'était donc rendu à Strycker's Island pour interroger Lex, mais le directeur de la prison, soulagé de voir les autorités débarquées, avait alors avoué que le criminel s'était échappé six jours auparavant et qu'il avait menacé de le faire tuer, lui et son personnel, s'il prévenait quiconque de son évasion. Lena n'avait pas été si surprise que cela d'entendre que son frère était capable d'un pareil chantage et s'était mise à parler à son tour, apprenant à Winn, que Benjamin Lockwood était décédé, sûrement assassiné par Lex. Le jeune homme l'avait sommé de ne pas bouger et avait envoyé une patrouille de police la chercher pour l'emmener sur son lieu de travail.
Mais voilà, tout ne s'était pas vraiment passé comme Winn l'avait souhaité au moment où l'idée d'envoyé deux agents lui était venu. En découvrant Lena Luthor à deux pas d'un cadavre, un des policiers – seul au moment d'entrer dans l'appartement – avait brandi son arme de fonction dans sa direction et l'avait sommé de mettre ses mains sur sa tête. La milliardaire s'était exécuté, non sans plaider son innocence. Cependant, l'agent de la NCPD, n'avait rien voulu entendre et s'était approché d'elle pour lui passer les menottes. Lena ne devait son salut qu'à Maggie Sawyer qui était arrivée à son tour dans l'appartement, en grognant à son coéquipier qu'elle n'avait trouvé aucune trace d'un quelconque enlèvement dans l'immeuble. En reconnaissant Lena, la policière s'était tout de suite interposée et avait réussi à dissuader son collègue de l'arrêter. Mais c'était trop tard, le mal avait été fait et la PDG de L-Corp, n'avait aucun doute sur ce qui avait poussé le policier à vouloir l'arrêter : son patronyme.
Un Luthor ne pouvait pas être innocent. Ce devait être une évidence aux yeux de tout le monde, puisqu'une fois arrivée au FBI, deux nouveaux agents l'avaient traîné sans sommation, en salle d'interrogatoire. Là-bas, elle avait dû répondre à un vrai déferlement de question, et même si elle n'avait rien fait, Lena s'était senti coupable. Son sentiment s'accentua encore plus, lorsqu'un des agents s'absenta pour revenir, les bras chargés d'un kit de prélèvement pour les résidus de tir. Bien décidée à leur prouver qu'elle n'était pas la méchante de cette histoire, elle les laissa recueillir des échantillons sur ses mains et son visage et retint toutes remarques acerbes lorsqu'on lui demanda ensuite d'ôter ses vêtements et ses bijoux pour un examen plus approfondi. En échange, elle reçut une paire de basket, un jogging et un t-shirt gris bien trop grand pour elle, estampillé du logo du service fédéral. Lena ne s'était jamais sentie aussi mal à l'aise dans des vêtements, mais encore une fois, elle s'était tu et s'était contenté de patienter.
Moins d'une heure plus tard, un des agents étaient revenu vers elle pour l'informer que les analyse étaient toutes revenues négatives et l'avait conduite dans la pièce où elle se trouvait actuellement. Winn l'avait rejointe dès qu'il avait pu se libérer de ses obligations et s'était excusé de la façon dont elle avait été traitée par ses collègues. Elle n'avait rien répondu. Qu'aurait-elle pu lui dire de toute façon ? Elle n'était pas du genre à s'apitoyer sur son sort, surtout pas en public. Si les gens continuaient de l'assimiler à son frère et à sa mère, malgré tout le bien qu'elle s'était employée à faire avec L-Corp, c'était leur problème, pas le sien... Tout du moins, c'est ce qu'elle aurait aimé penser. Au fond, elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir touchée par la représentation que les gens avaient d'elle. Mais elle ne devait pas y penser pour l'instant, il y avait plus important à faire, comme retrouver Kara par exemple.
Peu à peu, Lena avait vu les proches de Kara arrivée dans la salle de réunion à leur tour. D'abord Kate et Nia, puis James. Sam était arrivée peu de temps après le photographe et avait directement tenté de faire parler Lena, cherchant à savoir pourquoi la brune portait de tels vêtements et pourquoi ils étaient tous ici, mais la PDG s'était murée dans le silence. Comment leur expliquer la raison qui les avait conduits ici ? Comment leur dire que Kara était peut-être morte à l'heure actuelle, assassinée par son propre frère ? Lena n'en avait pas trouvé la force alors elle avait préféré se taire.
Mike était arrivé à son tour et à l'instar de Sam, avait essayé d'obtenir des informations. Il s'était alors tourné vers Winn, mais le jeune homme avait déclaré qu'il n'était pas autorisé à parler pour le moment, de ce qui les avait réunis dans la pièce. Chacun s'était douté que cela devait avoir un lien avec le récent article de Kara, mais personne n'avait réellement idée de la gravité de la situation et c'était sûrement ce qui avait fait fulminé le plus Lena. La situation était critique et les autorités compétentes semblaient prendre un malin plaisir à mettre le plus de temps possible avant de se mettre au travail.
Alex avait été la dernière à les rejoindre. La chirurgienne avait débarqué, le teint blême et l'air épuisé et s'était naturellement dirigée vers Sam pour l'étreindre. Face au silence de ses camarades et se sentant angoissée, elle s'était mise à leur raconter que le directeur de l'hôpital l'avait arrêté en plein milieu d'une opération pour lui dire que deux agents du FBI souhaitaient lui parler. Elle avait alors refusé de leur accorder la moindre minute tant que sa chirurgie n'était pas terminée et c'était pour cela qu'elle avait mis tant de temps à arriver.
Ce ne fut que peu de temps après qu'Alex, ce soit tu pour se blottir dans les bras de Sam, que les choses commencèrent réellement à bouger.
Le Commandant John Jones entra dans la pièce, les surprenant tous. Il se présenta succinctement et Lena, qui n'avait pas cessé de tourner comme un lion en cage jusque-là, se figea enfin, pour le fixer froidement.
« Ce n'est pas trop tôt », grogna-t-elle, décrochant ainsi ses premiers mots depuis sa sortie de la salle d'interrogatoire.
« Hum », le Commandant se racla la gorge et se mit à lisser un pli imaginaire sur son costume. Il avait beau être un haut gradé du FBI, il se sentait soudainement mal à l'aise face à tous ses regards inquisiteurs, braqués sur lui. Surtout que ce qu'il avait à leur dire était loin d'être simple. Il détestait faire ça. Etre celui qui annonçait les mauvaises nouvelles, ou en l'occurrence leur annonçait que Kara était indubitablement en train de courir un grave danger... Tout du moins, si elle n'était pas déjà morte.
« Vous n'êtes pas sans savoir qu'aujourd'hui, Mademoiselle Danvers a fait publier un article très compromettant sur Monsieur Luthor... », reprit-il avec plus d'assurance.
Tous acquiescèrent. Tous sauf Lena – qui s'impatientait – et Alex, qui toujours enlacée contre Sam, luttait du mieux qu'elle le pouvait pour retenir ses larmes. Entendre le Commandant parler de sa sœur, venait de lui faire réaliser que cette dernière devait s'être attirée des ennuis et au vu de l'air grave de l'homme qui se tenait bien droit devant eux, ce devait être de très gros problèmes.
« A 11h23 aujourd'hui, l'agent Schott ici présent, à reçu un coup de téléphone de la part de Mademoiselle Luthor, elle aussi présente », tous les visages se rivèrent alors sur Lena, accentuant son malaise. « D'après Mademoiselle Luthor, qui se trouvait dans l'appartement de Mademoiselle Danvers au moment de l'appel, cette dernière n'était pas présente. Elle a aussi prévenu l'agent Schott, que le corps inanimé de Monsieur Lockwood se trouvait dans l'appartement. Une équipe a donc été dépêchée sur place et une enquête a été ouverte pour le meurtre de Monsieur le Maire. Mademoiselle Luthor a plaidé son innocence et d'après les preuves dont nous disposons pour le moment, il semblerait qu'elle dise vrai »
Un rire amer fusa à travers la pièce et Lena due se retenir de lui cracher sa rancœur au visage. Même après tout ce qu'on lui avait fait enduré et malgré les analyses balistiques qui prouvaient qu'elle n'avait pas tué Lockwood, on continuait de la croire coupable. Et tout ça pourquoi ? A cause de son fichu nom de famille ! Si elle s'était appelé Olsen, Arias, ou bien Kieran, elle n'aurait jamais rencontré ce genre de problème
« De ce fait et pour d'autres raisons que nous ne pouvons pas vous révéler pour le moment, nous avons toutes les raisons de croire que Mademoiselle Danvers a été enlevé par Monsieur Luthor »
Sa conclusion les laissa stupéfaits. Le sanglot qu'Alex réprimait s'échappa d'entre ses lèvres dans un hoquet sonore. S'il était arrivé quelque chose à sa petite sœur, alors qu'elles étaient toujours en froid, la chirurgienne ne se le pardonnerait jamais.
Face à la soudaine vulnérabilité de la jeune femme, le Commandant lui lança un regard compatissant et Sam resserra un peu plus sa prise autour de son corps.
« Soyez assurée, Docteur Danvers, que nous ferons tout notre possible pour retrouver votre sœur », affirma Jones sans penser une seule seconde qu'il pouvait se tromper sur l'identité de la brune. Entre la tenue médicale qu'elle portait et le temps qu'il avait passé durant la dernière heure à étudier les informations qu'il possédait sur la journaliste, cette femme ne pouvait qu'être Alex Danvers, sa sœur adoptive.
La concernée opina mollement.
« Bien », poursuivit-il une fois certain que la chirurgienne n'allait pas s'effondrer en pleurs. « Nous allons pouvoir passer à l'étape suivante. Chacun d'entre vous va être placé sous écoute, tous vos appels entrants seront tracés et si Luthor venait à contacter l'un d'entre vous, cela nous permettra de le localiser »
A peine eu-t-il terminé son explication, qu'une équipe de techniciens entra dans la pièce, apportant avec eux, le matériel informatique nécessaire à la mise sous surveillance des téléphones de chacun.
La panique gagna rapidement le petit groupe d'amis, alors que les boites d'équipement étaient vidées méticuleusement sur l'immense table de réunion.
« Nous souhaiterions aussi poser des questions à chacun d'entre vous, peut-être que l'un d'entre vous, possède malgré lui des informations indispensables pour notre enquête »
Le regard du Commandant tomba d'abord sur Kate et Nia, installées sur des chaises côte à côté avant de s'arrêter sur Lena, toujours debout, qui l'observait, les bras croisés sur sa poitrine.
« Commençons par vous Mademoiselle Luthor. Je sais que mon équipe vous a déjà interrogé, mais une question essentielle ne vous pas encore été posée »
« Je n'ai rien à cacher Commandant », assura la milliardaire, un air de défi peint sur le visage. L'homme se méfiait d'elle et c'était réciproque. Lena n'avait aucune confiance en lui. Elle n'était pas dupe, il la pensait toujours coupable, et ce, qu'importent les preuves réunies et tout ce qu'elle avait déjà pu raconter précédemment à ses agents. Elle avait tout dévoilé, de sa relation avec Kara au chantage de son frère qui menaçait directement la journaliste. « Alors, dites-moi, sur quoi puis-je vous renseigner ? »
« Sur la localisation de votre frère », déclara-t-il dans un rictus carnassier qui aurait pu la faire frémir si elle ne s'était pas cachée derrière son stoïcisme habituel. « Je suis persuadé que vous savez où il se trouve »
« Je l'aurais déjà dit à vos agents, si c'était le cas ! »
« En êtes-vous sûre ? »
« Qu'est-ce que je gagnerais à protéger mon frère ? », s'énerva-t-elle en s'avançant vers l'homme, d'un pas menaçant.
« En attendant, vous ne niez pas savoir où il se trouve », l'incrimina-t-il dans un sourire satisfait.
« Arrêtez de vous foutre de moi, Commandant ! »
« Et vous, arrêtez de manipuler tout le monde ! », rugit Jones en franchissant la distance qui le séparait de Lena pour se planter à quelques centimètres de son visage. Il la surplombait de toute sa hauteur, mais à aucun moment elle ne trembla, ni ne baissa le regard. Peu importait s'il la blâmait et s'il tentait de la coincer pour ce qu'elle n'avait pas fait, elle connaissait la vérité, elle n'avait rien à se reprocher et c'était tout ce qui comptait.
« STOP ! », hurla subitement Alex, les faisant tous les deux sursauter.
Le Commanda se recula pour dévisager la chirurgienne, outré de l'avoir entendu lui crier dessus de la sorte.
« Lena n'y est pour rien dans cette histoire », clama la brune, en défiant à son tour le Commandant du regard. « Elle et ma sœur ont passé les cinq dernières années loin l'une de l'autre et elles viennent tout juste de se retrouver. Lena ne prendrait jamais le risque de tout bousiller pour aider son frère, jamais ! Lena aime ma sœur, sûrement plus que quiconque ici, présent dans cette salle ! Alors, je vous interdis de la condamner sous prétexte qu'elle porte le même nom de famille que ce putain de taré. Lena n'est pas comme son frère et elle ne sera jamais, c'est compris ? »
Dire que le Commandant Jones était confus aurait été un euphémisme. Il ne s'était clairement pas attendu à se faire remettre à sa place de la sorte, par la sœur de Kara Danvers qui plus est, et maintenant qu'il avait perdu toute l'assurance dont il disposait auparavant, il se sentait comme un petit enfant prit en faute.
Déconfit, il jeta un coup d'œil derrière son épaule. Ses techniciens et ses agents, présent dans la pièce, s'étaient figés dans leurs manipulations et le toisaient, embarrassés. Alex Danvers venait de l'humilié devant ses hommes et il savait qu'il ne pourrait jamais répliquer, sans prendre le risque de perdre sa place au sein du FBI.
« C'est compris », promit-il, penaud.
« Bien », fit Alex en se tournant vers Lena pour lui offrir un petit sourire auquel la brune eut de la peine à répondre tant son choc était grand. Il était vrai qu'Alex lui avait donné son aval pour sa relation avec Kara, mais elle n'avait pas imaginé que la chirurgienne lui fasse à nouveau confiance au point de tenir tête à un haut gradé du gouvernement. C'était surprenant, mais aussi terriblement salutaire.
« Okay, Mademoiselle Luthor, je vais vous reposer ma question : avez-vous une idée d'où votre frère peut se trouver ? »
Le ton de Jones, s'était fait plus doux, presque timide, et Lena aurait très certainement pu en rire si la situation n'avait pas été aussi critique.
« Aucune idée, Commandant »
« Est-ce qu'il n'y pas un endroit qu'il affectionne qui pourrait faire office de planque ? Une maison de vacances ? Même le nom d'une ville ou d'un état pourrait déjà nous aider »
Lena ferma les yeux pour réfléchir. Les Luthor n'ayant jamais possédé de résidence secondaire, Lillian jugeant que les vacances étaient une perte de temps inutile, il n'y avait aucune piste à creuser de ce côté-là. Mais si elle devait donner une ville et un état où Lex irait se réfugier, Metropolis dans le Delaware, était la réponse qui lui venait en premier à l'esprit. Il lui était facile d'imaginer Lex retourner dans la ville qui l'avait vu naître et grandir en tant que personne, mais aussi en tant que meurtrier. Aussi improbable que cela soit, son aîné était un grand sentimental et accordait beaucoup d'importance aux choses qui l'avaient bercé durant son enfance. Pourtant, Lena avait le sentiment que son frère n'était pas parti aussi loin. Non, il était bien plus proche qu'ils ne pouvaient le penser.
« Mademoiselle Luthor ? », l'interpella le Commandant face à son manque de réponse.
« Tenter le manoir de ma famille, à Metropolis. Je sais que c'est à l'autre bout du pays, mais s'il a quitté National City, il y sera forcément passé. Peut-être même que ma mère sait ce qu'il compte faire »
Jones la lorgna fixement quelques secondes, tentant intérieurement de savoir s'il pouvait lui faire confiance comme le lui affirmait Alex, puis, jugeant que l'information pouvait les mener à quelque chose de concret, il se tourna vers Winn.
« Agent Schott, contactez le bureau de Metropolis et mettez-les au courant de la situation, qu'ils envoient une équipe sur place au plus vite »
« A vos ordres, Monsieur », acquiesça l'analyste avant de s'échapper de la pièce d'un pas pressé.
« Un autre endroit qui vous vient à l'esprit ? », demanda le Commandant en se reconcentrant sur Lena. « S'il était resté en ville, où penseriez-vous qu'il irait ? »
La jeune femme se mordit la lèvre inférieure, jetant un rapide coup d'œil à Kate qui tendait son portable à un des techniciens. Apparemment, les hommes de Jones avaient terminé de mettre en place le dispositif permettant de localiser leurs appels. Consciente qu'elle était en train de divaguer, elle secoua la tête pour se remettre les idées en place et tenta de réfléchir le plus vite possible. Un endroit en ville où Lex pouvait se trouver ?
« Je n'en sais rien »
« Réfléchissez bien, Mademoiselle Luthor », la pressa le Commandant, retrouvant ses manières bourrues. « Est-ce LuthorCorp était établis ici avant de devenir L-Corp ? Peut-être se cache-t-il dans un entrepôt de votre firme ? »
Au mot « entrepôt », un flash de lucidité la traversa. Elle se raidit, mais essaya de ne rien montrer de son trouble. Lorsqu'elle avait métamorphosé l'entreprise de son père, elle avait dû fermer de nombreux entrepôts de stockage, qui servaient auparavant à distribuer dans tout le pays, les armes que l'entreprise fabriquait. Elle ne se souvenait pas précisément des lieux où se situaient chaque dépôt, mais elle se rappelait qu'il y en avait au moins trois sur la côte Ouest.
« Rien ne me vient en tête, LuthorCorp s'est développé dans plusieurs grandes villes, mais pas à National City », mentit-elle.
Dans le doute, elle ne pouvait pas se permettre de dire ce qu'elle pensait savoir au FBI. Leur parler de ses hangars désaffectés, pourraient aussi bien les conduire sur une fausse piste qu'à la cachette de Lex. Et si elle se trompait, cela leur ferait perdre un temps précieux et coûterait peut-être la vie à Kara.
« Okay... Merci pour votre coopération, Mademoiselle Luthor »
« Une dernière chose », elle le retint juste avant qu'il ne fasse demi-tour.
« Oui ? »
« Est-ce que je peux retourner à L-Corp maintenant que vous savez tous ? J'ai une réunion très importante à 15 heures, je ne peux pas me permettre de la louper »
Les yeux plissés suspicieusement, Jones sembla peser le pour et le contre. Sans répondre, il tourna les talons et se dirigea vers un de ses agents, attablé devant un ordinateur portable. Il se pencha à son niveau et lui murmura quelque chose aux creux de l'oreille. La femme acquiesça puis tourna la tête en faisant signe à Lena de la rejoindre.
« Si vous voulez bien donner votre portable à l'agent Vasquez », l'invita poliment le Commandant.
Lena obtempéra en grimaçant. Elle aurait dû se douter que Jones ne la laisserait pas s'en aller sans mettre son téléphone sur écoute.
L'agent brancha le portable de la milliardaire sur son ordinateur pour y télécharger un premier logiciel. Lena soupira et laisse ses yeux dérivés vers James, Alex et Sam qui discutaient ensemble. La chirurgienne semblait avoir retrouvé un peu espoir et la PDG en fut soulagée. Vasquez profita de son moment d'inattention pour installer un second programme. Le chargement fut rapide et lorsqu'il fut terminé, elle lança un bref signe de tête en direction de son patron pour l'informer qu'elle avait réussi à faire ce qu'il lui avait demandé. Ce dernier se remit à sourire.
« Mademoiselle Luthor, votre téléphone est prêt », l'informa-t-il, la laissant venir récupérer son bien. « Vous pouvez maintenant disposer, et si votre frère venait à vous contacter, ne faites rien d'irresponsable, laissé nous gérer la situation. C'est bien compris ? »
« Parfaitement, Commandant »
Il n'ajouta rien, et Lena pu prendre la direction de la sortie. Elle eut cependant, à peine atteint le coin du couloir qui le mènerait vers l'extérieur, qu'une voix féminine la héla.
« Kate ? », s'étonna la brune après avoir fait volte-face.
« Attrape ! »
Lena où tout juste le temps de comprendre ce qu'il se passait que Kate lui lança un trousseau de clé. Elle réussit à les attraper in extremis puis releva la tête en direction de la seconde milliardaire pour la détailler, perplexe.
« Ce sont les clés de ma voiture de location », lui expliqua la Kane après avoir rigolé face à la moue de son interlocutrice. « Elle est garée devant l'immeuble de Kara. Il y a un sac de voyage dans le coffre, prends-le et arrange-toi pour avoir son contenu sur toi, lors de ton rendez-vous de 15 heures »
Lena acquiesça, un rictus sur les lèvres. Les deux femmes échangèrent un regard complice et la PDG recula d'un pas.
« Merci », lui dit-elle dans un souffle empli de gratitude, même si elle n'avait aucune idée de ce qui se trouvait dans son sac. Le simple fait qu'elle souhaite l'aider et qu'elle n'ait pas mis en péril sa couverture, lui était suffisant pour être reconnaissante.
« Aller file, mais surtout fait attention à toi »
« Promis »
Elle rangea les clés dans la poche de son jogging et quitta les bureaux du FBI.
Comme lui avait demandé Kate, Lena avait fait un crochet dans la rue de Kara et après avoir s'être appropriée le contenu du sac, elle avait décidé de piquer le SUV de location. Elle serait ainsi plus libre de ses mouvements, que si elle devait se balader à travers toute la ville en taxi. Satisfaite, elle était retournée à L-Corp et s'était ruée sur son ordinateur, le tout sous le regard interloqué de Eve. Il ne lui avait fallu que quelques clics pour ré-ouvrir les anciens dossiers appartenant à son père et quelques manipulations de plus pour afficher sur l'écran du PC, la liste des entrepôts de stockage ayant appartenu à LuthorCorp. La chance lui avait souri, en deux minutes à peine, elle avait réussi à isoler le lieu des trois dépôts présents sur la côte Ouest. Les deux premiers se situaient respectivement à Portland et San Francisco, mais Lena avait pris la décision de les écarter, les jugeant trop loin de National City. Ne lui avait alors resté, que le dernier dépôt, situé au abord du désert californien, à une bonne heure de route du centre-ville. Elle n'avait pas mis beaucoup de temps avant de se décider sur ce qu'elle avait à faire. Naturellement, elle s'était dirigée vers le coffre-fort présent dans son bureau, en avait sorti le pistolet que son frère lui avait offert pour ses seize ans, l'avait glissé sous son t-shirt et avait rejoint la voiture de location garée dans le parking de l'immeuble, au pas de course.
« Dans 500 mètres, votre destination se trouvera sur la droite », annonça la voix robotique de son GPS, sortant brusquement Lena de ses pensées. Elle n'avait pas vu le temps passer, focalisée sur son objectif : retrouver Kara.
Elle ne perdit pas une seconde et se gara sur le bas-côté, ses pneus soulevant un épais nuage de poussière lorsqu'ils s'enfoncèrent dans le sable. Elle grogna mais profita du temps que mettaient les particules pour retomber au sol, pour récupérer son arme dans le vide-poche. Elle la cacha dans son dos, la coinçant dans l'élastique de son jogging, puis descendit du véhicule, son portable en main. L'écran affichait une photo de l'entrepôt qu'elle avait pris soin de photographier sur son ordinateur, avant de prendre la route. Il ne lui restait plus qu'à le trouver parmi la multitude de hangars que comprenait la vaste zone industrielle devant laquelle elle se trouvait.
L'endroit n'étant pas grillagé, elle put vaquer facilement à ses recherches. Elle longea plusieurs bâtiments, lisant chacune de leurs devantures. Si elle se fiait aux noms inscrits sur les façades des deux premières lignes de baraquements, les entrepôts étaient rangés par ordre alphabétique. Elle trottina jusqu'à la rangée des « L » et ne ralentit que lorsque ses yeux se posèrent sur l'enseigne de LuthorCorp, vissée sur un des dépôts à cent mètres devant elle. Elle prit le temps d'observer les lieux tout en avançant jusqu'à lui. Les grandes portes du hangar étaient closes, mais les fenêtres situées au premier étage, étaient illuminées par une faible lumière, lui indiquant qu'il était bel et bien occupé par quelqu'un. Ne lui restait plus qu'à découvrir par qui, même si elle s'en doutait déjà.
Elle fit le tour complet de l'entrepôt à la recherche d'un passage pour entrer à l'intérieur. L'opportunité se présenta lorsqu'elle arriva sur le flanc droit du bâtiment. Une porte y était maintenue entrouverte par un parpaing. Un sourire se glissa sur son visage tandis qu'elle rejoignait l'entrée, ses pas crissant sur le sable que le vent avait soufflé sur le macadam. Intérieurement, elle pria pour que personne ne l'entende et se faufila à travers l'ouverture. Elle arriva dans un couloir plongé dans l'obscurité. Elle tâtonna pour trouver un mur contre lequel s'appuyer et s'en servit pour avancer dans le noir sans tomber. Sa progression fut silencieuse, seulement entrecoupée par sa respiration. Cette dernière se fit d'ailleurs plus sifflante, lorsqu'après avoir fait un coude, le couloir déboucha sur une pièce éclairée par les lueurs d'une télévision. Lena tendit l'oreille, aux aguets. Le son de la télé avait, semblait-il, été baissé au minimum, car elle n'entendait quasiment rien du programme diffusé. Jugeant qu'elle pouvait s'aventurer dans la pièce sans craindre d'être agressé, elle se remit en marche. La silhouette d'un homme endormi se détacha dans le faible halo lumineux. La milliardaire le reconnut rapidement pour l'avoir déjà vu au côté de son frère lorsque Lex n'avait pas encore cédé à ses pulsions meurtrières. Otis était installé sur une chaise, les jambes étendues sur une table et ronflait doucement, un paquet de chips ouvert, posé sur son torse. S'il était censé faire le guet, c'était raté.
Lena avait de la peine à croire que cet imbécile puisse être le bras droit son frère, mais c'était tout à son avantage. Elle le contourna, toujours en tâchant d'être silencieuse et tenta de trouver de quoi assommer le jeune homme. Inutile de prendre le risque de le voir se réveiller lorsqu'elle tenterait de libérer Kara – si la journaliste se trouvait sur place. La pièce s'avérait être une petite cuisine, sûrement utiliser par les anciens employés de son père, pour se restaurer. Elle en fit rapidement le tour et ne trouvant pas d'objet assez lourd, elle rebroussa chemin, attrapa la brique servant de cale porte et retourna dans le réfectoire. Elle se plaça devant Otis qui n'avait pas bougé d'un poil, arma son bras et lui porta un coup au visage. La tête du jeune homme dodelina sur le côté et la brune, sut qu'elle avait réussi à le mettre hors-course.
Elle attrapa ensuite le rouleau de gros scotch qu'elle avait repéré auparavant sur la table, fit basculer les pieds du brun sur le côté pour les remettre au sol et entreprit de l'attacher à sa chaise. Une fois que ce fut chose faite, elle rejoignit un nouveau couloir, beaucoup plus court que le précédent et déboula sur les quais de chargement. L'endroit était vide et si vaste qu'elle avait l'impression d'entendre les battements de son cœur y résonner dans un écho lugubre. Peu rassurée, elle porta sa main à son dos et récupéra le pistolet, qu'elle brandit devant elle. Elle marcha jusqu'à un escalier tout en métal et entreprit de monter à l'étage, persuadée que si Kara était ici, elle devait de se trouver dans un des bureaux que comprenait l'entrepôt. Les marches grincèrent sous à chacun de ses pas, et Lena se cramponna un peu plus à son arme.
L'étage était découpé entre plusieurs bureaux – tous verrouillés, semblaient-ils – et une immense mezzanine où elle se trouvait désormais. La petite ampoule au plafond peinait à éclairer l'endroit comme il fallait, pourtant Lena réussie tout de même à distinguer une masse informe à quelques mètres devant elle. Elle s'approcha prudemment, son souffle bloqué dans sa gorge, prête à appuyer sur la détente au moindre mouvement suspect de la silhouette. Mais cette dernière ne bougea pas, pas même lorsque la milliardaire se précipita sur elle, une fois qu'elle fut assez proche pour la reconnaître. Kara était là, recroquevillée sur elle-même, assoupie – ou assommé, Lena n'aurait pas su dire – les mains attachées à un vieux tuyau de gaz, par un épais serflex en plastique noir.
Soulager de retrouver la journaliste, Lena se remit à respirer, déposa avec précaution son arme au sol et s'agenouilla devant elle. Avec tout autant de douceur, elle attrapa le visage de la jeune femme entre ses mains, lui ôta le bout de scotch qui lui barrait la bouche et l'ausculta rapidement du regard. Malgré la faible luminosité de la pièce, la PDG pu apercevoir la longue traînée de sang qui s'était échappé de l'arcade ouverte de la journaliste et l'énorme bleu qui avait commencé à lui colorer la tempe. Elle sentit son sang bouillonner dans ses veines, Lex allait payer pour le mal qu'il avait fait à Kara ! Mais avant, il fallait à tout prix qu'elle la réveille et qu'elle la libère de ses entraves.
« Kara », l'appela-t-elle pour essayer de lui faire reprendre conscience.
Malheureusement, sa tentative fut vaine et Lena préféra dépenser son énergie sur les liens qui entravaient les poignets de la journaliste. A tous les coups, c'était Otis qui avait dû l'attacher. Le serflex n'était pas serré au maximum et la brune n'eut aucun mal à passer un doigt entre le morceau de plastique et les avants bras de la jeune femme. De son index, elle tira de toutes ses forces et sentit le collier de serrage céder légèrement. Elle n'avait pas encore la place pour libérer entièrement Kara, mais au moins, elle pouvait glisser un second doigt et tirer plus fort. Elle réitéra son geste précédent, et fit coulisser les liens de quelques crans. Ce n'était toujours pas suffisant. Elle soupira bruyamment. Elle commençait réellement à perdre patience et le stress de voir quelqu'un surgir d'un des bureaux, l'angoissait de plus en plus.
« Aller Kara, réveille-toi ! », s'exaspéra la milliardaire en tentant une nouvelle fois de la dépêtrer de ses liens.
La journaliste laissa échapper un murmure indistinct d'entre ses lèvres. Elle était toujours dans les vapes, mais Lena sentit son cœur faire une embardée dans sa poitrine, gonfler par l'espoir de la voir se réveiller. Elle délaissa le Serflex, et attrapa la Danvers par les épaules.
« Kara ! Bordel, réveille-toi ! »
Elle la secoua vigoureusement, n'hésitant pas à l'appeler une quatrième puis une cinquième fois. La blonde papillonna des yeux, peinant à les ouvrir en grand, comme si ses paupières avaient pesé une tonne. La voyant reprendre connaissance, Lena se saisit à nouveau du visage fatigué de la jeune femme et caressa délicatement ses joues blêmes, de ses pouces.
« L-Lena ? », marmonna la journaliste d'une voix pâteuse.
« Oui Kara, je suis là, je vais te faire sortir d'ici, toute cette histoire est bientôt terminée »
Elle eut tout juste le temps de finir sa phrase qu'un bruit sourd se fit entendre dans un des bureaux à sa droite. Elle écarquilla les yeux, soudainement paniquée et appliqua son index sur les lèvres de Kara, lui intimant de se taire. Elles attendirent en silence, leurs respirations haletantes se mélangèrent et leurs regards se plongèrent l'un dans l'autre. Lena n'eut besoin d'aucun mot pour comprendre ce que la journaliste essayait de lui faire comprendre à travers ses orbes azures. Elle était à la fois surprise et reconnaissante de la voir se tenir face à elle.
Le bruit résonna à nouveau, plus fort et plus proche encore. Le soulagement que Lena avait pu apercevoir dans les yeux de Kara, se mua en peur et elle fut bien incapable de savoir quoi faire pour l'apaiser. Il était de toute façon trop tard, une porte s'ouvrit brutalement dans son dos. Décontenancée, Lena chuta sur ses fesses et Kara, toujours attachée, ferma rapidement les paupières, prête à faire semblant d'être toujours inconsciente. La brune, entendant quelqu'un s'avancer vers elles, récupéra son pistolet et commença à reculer à même le sol pour s'éloigner le plus possible de la blonde.
Lex ne tarda pas à faire son apparition, s'immisçant entre sa sœur, assise au sol et la journaliste, pelotonnée contre le mur auquel elle était adossée.
« Lena chérie, j'étais sûr que tu viendrais », déclara l'aîné des Luthor en tournant le dos à la blonde.
Il arborait cet air supérieur que Lena lui avait souvent vu et qu'elle détestait tant. Il devait être persuadé d'avoir gagné. Il les tenait toutes deux. Et pendant un instant, la brune fut convaincue qu'il avait toutes les raisons du monde de penser qu'elles avaient perdue. Mais ça, c'était avant de voir Kara se redresser et commencer à se tordre les poignets pour essayer de se libérer. La milliardaire dû lutter pour réprimer le sourire qui menaçait de l'effleurer. Lex était tellement imbu de lui-même qu'il n'avait pas imaginé, une seule seconde que Kara puisse simuler sa perte de connaissance.
« Je t'ai connu plus parlante », lui fit-il remarquer dans se départir du rictus orgueilleux qui ne voulait plus le quitter.
Il avança d'un pas, se rapprochant d'elle d'une façon presque menaçante. Paniquée, elle n'hésita pas à lever son arme et à la pointer sur lui.
« Reste où tu es ! », lui ordonna-t-elle dans un cri terrifié, tout flegme l'ayant quitté.
Lex se mit à rire à gorge déployée.
« Franchement Lena, menacer ton frère avec une arme qu'il a lui-même crée, c'en est presque risible », il fit une courte pause, la dévisageant avec une lueur folle dans les yeux. Lena le vit glisser une main dans la poche intérieure de son costume et en sortir un revolver semblable en tout point au sien. « Mais si tu veux jouer, on peut le faire »
Ses yeux couleur acier se firent soudainement plus froid et Lena sentit un frisson désagréable lui remonter dans le dos lorsqu'il la mit en joue. Elle déglutit avec difficulté. Lex était prêt à tout pour arriver à ses fins, mais serait-il capable d'aller jusqu'à tirer sur sa propre sœur ? La brune avait un doute. Au fond, Lex tenait à elle, tout du moins, elle l'espérait fortement.
« Un dernier mot avant de mourir, sœurette ? »
Ce fut la douche froide. Lex allait vraiment la tuer. Elle tourna la tête sur le côté, refusant de le voir appuyer sur la détente. Du coin de l'œil, elle aperçut Kara en train de forcer sur ses liens avec hargne.
Elle tira sur le serflex, une fois.
D'un mouvement habile du pouce, Lex fit sauter le cran de sûreté de son arme.
Deux fois.
Le plastique entailla la peau de Kara et le sang coula le long de ses avants bras.
Trois fois.
La journaliste se mordit la lèvre inférieure pour étouffer le gémissement de douleur qui avait failli lui échapper.
Quatre fois.
Le morceau de plastique céda.
Kara ne perdit pas de temps et bondit sur ses pieds, prête à sauter sur son kidnappeur. Elle fut cependant brutalement stoppée dans son élan, en proie à un violent vertige. Elle se rattrapa de justesse au tuyau de gaz qui l'avait maintenu prisonnière jusqu'à présent, et lutta contre la nausée qui la menaçait, les yeux clos.
« Pourquoi ? », demanda prestement Lena qui avait vu Kara chanceler. Elle essayait autant de grappiller du temps que d'attirer l'attention de son frère sur autre chose que le bruit qu'avait fait Kara. « Pourquoi est-ce que tu fais tout ça ? »
« Pour te faire ouvrir les yeux Lena. Bon sang, l'amour est une faiblesse, quand est-ce que tu le comprendras ? », rugit son frère. « Tu gâches tout ton potentiel, et tout ça pour qui ? Pour cette blondasse qui ne vaut même pas mieux que son connard de cousin »
Sur ses mots, l'homme commença à se tourner pour désigner Kara qu'il pensait assoupie, du bout de son canon, mais avant qu'il n'ait pu réaliser une rotation complète, il fut percuté par la journaliste qui le ceintura à la taille et envoyé abruptement sur le sol. Son arme lui échappa et vola dans les airs avant de retomber à quelques mètres de lui dans un écho métallique.
Profitant que son frère soit sonné par le choc, Lena se releva en vitesse et attira Kara contre elle pour la serrer brièvement dans ses bras.
« Aller vient », Kara l'attrapa par la main et la traîna derrière pour la presser à se sauver.
« Attends », la somma Lena, fermement ancrée sur ses jambes.
« Qu'est-ce que tu fais ? On n'a pas de temps à perdre », s'impatienta la blonde, en regardant Lex se redresser sur ses coudes et grommeler des paroles incompréhensibles.
Elle était à bout de souffle, ses jambes tremblaient prête à fléchir sous son poids et sa tête lui faisait un mal de chien. Elle n'allait pas tenir debout encore longtemps, Lena devait vraiment se dépêcher si elle voulait sortir d'ici en vie.
« Non ! », se récria la brune, en lui lâchant la main. Son regard était rivé sur son frère et empli d'une colère qui ne demandait qu'à sortir. Elle leva à nouveau son pistolet et le pointa sur le crâne de son aîné. « Si on part d'ici en le laissant vivant, il ne cessera jamais de nous traquer et il finira par trouver un moyen de nous séparer »
« Ne dis pas n'importe quoi Lena, les flics le retrouveront et il retournera en prison ! »
En guise de réponse, elle abaissa le chien de son arme et Kara comprit qu'elle n'en démordrait pas. Lena souhaitait réellement tuer son frère.
« Ce n'est pas toi Lena, ne fais pas ça », la supplia-t-elle en rassemblant toutes les forces dont elle disposait encore pour se dresser entre l'homme toujours au sol et le canon du pistolet.
Le ricanement dédaigneux de Lex ricocha sur les murs pour venir la frapper dans le dos, lui glaçant le sang.
« Oh que si, c'est exactement ce qu'elle est, une Luthor, prête à tout pour éliminer qui osera se dresser sur son chemin »
« Ne l'écoute pas, tu sais que tu vaux bien mieux que ça, Lee », riposta Kara, en plantant ses yeux dans ceux de la femme qu'elle aimait. Mais la milliardaire, ne la regardait même pas, ses prunelles de jade vissé sur son frère et voilée par toute la haine qu'elle lui vouait.
« Allé Lena, tu as ça dans le sang, on le sait tous les deux, alors vas-y, TUE-MOI ! », l'exhorta Lex.
La prise de Lena sur la crosse de son revolver se fit plus forte et Kara sut que la jeune femme allait finir par flancher et tirer sur son frère.
« On ne naît pas mauvais, on le devient », l'intercepta Kara alors que la main libre de la brune se refermait sur son épaule, prête à l'éloigner hors de son champ de visé. « Et toi, toi tu as toujours tout fait pour faire le bien autour de toi, tu tentes de sauver des vies au quotidien avec ta recherche sur le cancer, tu-... Tu m'as sauvé également, aujourd'hui, mais aussi il y a cinq ans. Tu m'as permis de garder la tête hors de l'eau quand tout allait mal. Tu as aussi sauvé Sam d'une certaine façon, tu as toujours veillé sur elle et sur Ruby, tu t'es assurée qu'elles ne manquent jamais de rien et qu'elles aient une vie la plus belle possible. Lex ne ferait jamais une chose pareille, il n'y a qu'une personne avec un bon fond qui serait capable de ça et TU AS un bon fond, Lena, qu'importe ton nom de famille ou l'ADN que tu partages avec ce cinglé ! »
Lena se mordit férocement la lèvre inférieure, maintenant incertaine sur ce qu'elle devait faire. En quelques mots, Kara venait de balayer toutes ses certitudes. Son regard quitta momentanément Lex en train de rire silencieusement, pour tomber dans les orbes azure de la journaliste. Ses yeux brillaient de sincérité et d'amour, néanmoins, elle ne put s'empêcher d'être effrayée par le futur de leur relation. Elle avait failli tuer son frère ! Ce n'était pas anodin. Est-ce Kara continuerait à la regarder de la sorte, une fois toute cette histoire terminée ?
« Tu le penses vraiment ? Même après ce que j'ai failli faire ? »
« J'en suis convaincu, Lee », affirma Kara, en glissant ses mains sur ses poignets, l'obligeant à baisser son arme tout en délicatesse. « Tu es une belle personne, et j'ai hâte de pouvoir passer le reste de ma vie avec toi »
Le sourire qui s'étala sur le visage de la jeune femme, fit chavirer le cœur de la milliardaire. Ce qu'elle lui disait était chargé d'une promesse d'un futur ensemble et elle ne prendrait certainement pas le risque de gâcher cette nouvelle chance que Kara lui offrait. Surtout pas après l'avoir entendu lui scander qu'elle n'aurait jamais le droit à une troisième chance. Elle lui sourit à son tour. Tout allait enfin rentrer dans l'ordre.
Et tout aurait pu rentrer dans l'ordre tandis qu'elle laissait son revolver à Kara. Mais ce fut, sans compter sur le drôle de bourdonnement qui s'insinua dans leurs tympans. Au début discret, le bruit s'amplifia et fit dévier l'attention des filles sur ce qu'il se passait en contrebas. Une douzaine d'hommes armés, venait d'envahir le quai de chargement et commençaient à se mettre en position, certains pour entamer des négociations, d'autres, prêt à tirer si nécessaire.
Lex profita de ce moment d'inattention pour se jeter sur son pistolet. Lena le vit faire et eu tout juste le temps de pousser Kara pour éviter qu'elle ne se retrouve dans le viseur de son frère, que ce dernier pressa sur la détente.
La dénotation déchira le silence qui s'était rétablit dans l'immensité du hangar, suivit de près par une seconde déflagration tout aussi foudroyante. Lex tomba raide mort, face la première sur le sol, abattu par un des agents du SWAT. Lena, elle, tituba puis bascula en arrière dans une expression horrifiée, ses mains posées sur sa poitrine, là où la balle de son frère l'avait atteinte.
Un cri résonna alors. Celui de Kara. Puis plus rien. Le calme revint et Lena sombra dans les ténèbres.
Voilà, quand ce n'est pas Kara qui est a deux doigts de mourir, c'est Lena ! Elles ne sont vraiment pas douées ces deux là... ou alors c'est moi qui suis trop sadique ? A voir x)
Concernant le vote, vous avez été unanime pour le ship de ma prochaine fic, ça serait du SuperCorp ! Merci a tous/toutes ceux/celles qui ont pris le temps de laissé un petit message pour me donner leur avis ! :D Du coup, je ne vais pas encore trop en dire sur cette prochaine fic, jusque Kara sera Kryptonienne et qu'une partie de l'histoire se passera au lycée... mais je préviens d'avance et je le redirais sûrement, je ne pourrais pas garantir un rythme de publication beaucoup plus régulier que celui que j'ai actuellement, j'espère que vous comprendrez et que ça ne vous fera pas fuir...
Aller j'arrête de vous embêter, rdv au plus vite pour le dernier chapitre ! Pensez à vous acheter une boite de mouchoir d'ici là, on sait jamais, on est pas à l'abri d'un happy ending Kara/William... je blague bien sûr x) (ou pas 😈)
Portez vous bien et à bientôt :D
